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Le PCR demande la réunion de la Conférence territoriale

Face à une crise toujours plus grave

Manuel Marchal / 9 octobre 2018

Hier en conférence de presse, le PCR a affirmé son soutien aux manifestations de l’intersyndicale qui auront lieu aujourd’hui à Saint-Denis et à Saint-Pierre et a demandé aux décideurs politiques de prendre leurs responsabilités en convoquant une Conférence territoriale élargie aux syndicats et aux maires afin de débattre d’un projet réunionnais face aux problèmes réunionnais, base d’une future négociation avec Paris.

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Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, et Yvan Dejean, porte-parole.

Ouvrant la rencontre avec les journalistes, Yvan Dejean, porte-parole du Parti communiste réunionnais, estime qu’ « il faut arrêter avec cette politique spectacle, la population trinque, les problèmes restent entier et il faut arrêter les diversions ».
Maurice Gironcel présente l’intitulé de la conférence de presse : « la crise n’a pas pris de vacances, quelle rentrée politique ? ». Pour le secrétaire général du PCR, « il suffit de se référer aux événements d’août et septembre, la situation s’est aggravée dans tous les domaines ». Les revendications salariales, les retraites, les minima sociaux sont au cœur des préoccupations, poursuit-il, « les plus précaires subissent encore plus cette aggravation ». Concernant l’emploi, plus de 180.000 personnes sont inscrites à Pôle emploi, précise le PCR, « c’est un nouveau record, il n’y a aucune embellie ».

« Aucune embellie »

La question des prix est un autre point d’inquiétude. Sur le coût de la vie de plus en plus cher, Maurice Gironcel souligne le scandale du prix des pièces détachées à La Réunion, jusqu’à deux fois plus élevé qu’en France. Dans un domaine aussi sensible que la construction, un journal la semaine dernière titrait sur un coût moyen 39 % plus cher qu’en France, dont les enduits à 250 %. « Le prix excessif des matériaux impacte sur un secteur qui connaît une crise grandissante », souligne le secrétaire général du PCR, « déjà 10.000 emplois ont été supprimés ». Il constate aussi que le prix des livres est 15 % plus élevé à La Réunion, alors que la lutte contre le fort taux d’illettrisme passe par l’incitation à la lecture.
Maurice Gironcel revient également sur l’étude récente publiée par l’INSEE sur la pauvreté. « La Réunion est le département de la République qui connaît le plus la pauvreté. Aucune commune de La Réunion n’est épargnée. 40 % des Réunionnais sont sous le seuil de pauvreté », souligne-t-il.

Soutien à l’intersyndicale

Le PCR note aussi que 2018 sera une des années où la récolte de canne à sucre sera la plus basse. Selon les planteurs, la diminution est comprise entre 20 à 25 %, avec des pics supérieurs à 50 %. D’où une hausse du nombre de planteurs qui abandonneront la canne.
Dans le domaine de l’environnement, l’ONF a tiré la sonnette d’alarme. Cette administration n’a plus les moyens de juguler la progression des espèces invasives, et a du mal à entretenir les sentiers de randonnée. Le risque est grand de voir disparaître les espèces endémiques, et de voir l’UNESCO retirer le label Patrimoine mondial à Pitons cirques et remparts attribué à La Réunion.
Les mesures du gouvernement (baisse de l’allocation logement, suppression de l’APL accession avec des effets immédiats sur les artisans et Bourbon Bois, les ponctions sur les retraités, baisse drastique des contrats aidés) ont aggravé la situation. Pour toutes ces raisons, le PCR soutient l’initiative de l’intersyndicale pour la journée du 9 octobre.

« Problèmes réunionnais, solutions réunionnaises »

D’autres menaces sont à l’horizon, poursuit Maurice Gironcel. Pour les agriculteurs, ce sont les accords de partenariat économique. L’attaque contre le salaire des hospitaliers est une autre illustration d’un « système au bout du rouleau ».
« Aux problèmes réunionnais, des solutions réunionnaises », déclare Maurice Gironcel. Au lieu de se tourner vers Paris, « nous Réunionnais que proposons-nous ? » Pour sauver notre forêt, suffirait-il de quémander quelques emplois aidés à Paris ?
Le PCR rappelle une proposition : créer un grand service dans l’environnement pour sauver la biodiversité, « jardiner nos forêts » pour les sauver. « C’est ici qu’il faut trouver la solution ». Pour l’emploi, le coût de la vie et la politique des revenus, c’est la même chose.
Le PCR refuse que l’on prenne les hospitaliers comme boucs-émissaires. « Personne n’accepterait qu’on lui dise du jour au lendemain qu’à la fin du mois, le salaire soit diminué ». Cela pose le problème de la rémunération. Le PCR met en avant un préalable à respecter : faire une étude sur la formation des prix à La Réunion. « A quoi sert l’Observatoire des prix ? », d’où la nécessité d’une étude allant de l’usine à l’étagère dans le magasin. « C’est à partir de là qu’il faut élaborer une politique des revenus à La Réunion, pour tout le monde, y compris les minima sociaux », réaffirme le secrétaire général du PCR qui ajoute : « ne laissons pas Paris faire à notre place » quand Paris veut faire des économies sur notre dos pour ses intérêts.
La même problématique se pose pour les Accords de partenariat économique, « à nous Réunionnais d’exiger une étude d’impact et la présence de Réunionnais qui défendent nos intérêts dans les négociations de ces accords » afin de sanctuariser des produits estimés essentiels pour La Réunion.

« Pas besoin de demander à Paris »

Le PCR revendique un plan global et cohérent permettant de concilier l’appartenance à l’Europe tout en préservant les intérêts de La Réunion dans son intégration géographique. « Il serait irresponsable de se tourner vers Paris, nous proposons la réunion d’urgence de la Conférence territoriale, instance légitimée par les textes, avec la Région, le Département, les parlementaires, élargies aux forces vives de La Réunion notamment les syndicats et les maires.
Sa mission serait de faire le bilan depuis 1946, d’établir un constat sur la situation actuelle, qui devrait aboutir sur la nécessité d’une nouvelle politique. « Cette Conférence territoriale élargie aurait comme but d’élaborer un plan de développement durable et solidaire intégrant l’insertion régionale ». « Pas besoin de demander à Paris pour réunir cette conférence territoriale », précise Maurice Gironcel.
Yvan Dejean précise que cette instance peut demander des adaptations de la loi notamment.
Pour le PCR, « il est incohérent de réclamer plus de responsabilité, d’émancipation… si nous Réunionnais ne prenons pas les nôtres ». « Compter sur Paris par les temps qui courent, nous risquons d’attendre longtemps », conclut le secrétaire général du PCR, évoquant le remaniement ministériel qui va occuper les esprits en France.

Résultats contrastés d’une élection imprévue

Pour sa part, Yvan Dejean est revenu sur le résultat de l’élection législative partielle dans la 7e circonscription. Invité à commenter le score de Gilles Leperlier, le porte-parole du PCR rappelle tout d’abord que ce scrutin était « une élection imprévue ». « Le PCR a pris des coups très durs ces dernières années et continue de se reconstruire », poursuit-il, « en 2017, le PCR n’avait pas de candidat dans cette circonscription, en 2018 il a choisi de miser sur des jeunes ». Yvan Dejean souligne que « les résultats sont contrastés, et ouvrent quelques perspectives sur différentes communes pour 2020 et après ».

M.M.



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  • Créer des postes, on peut par exemple, en vrac, en cette journée nationale de lutte pour l’emploi ;

    - rendre l’île autonome en énergie avec un mix entre le vent, les courants d’eau en mer, car l’hydraulique terrestre est soit-disant saturé, le soleil et surtout, comme depuis longtemps ailleurs, la géothermie (voir au Japon, en Nouvelle-Zélande, Islande et même à Paris avec la maison de la radio depuis 1963 et la prison chauffées ainsi !).
    - développer les circuits courts pour l’alimentation, relancer la culture du cacao, des épices, accroitre celle de la vanille, 1200 Tonnes seulement pour toute la planète !, c’est pas assez, l’industrie la remplace par la vanille chimique, donc pas terrible), le Bio. Créer des jardins partagés, aider les jeunes agriculteurs à s’installer. En oubliant les méthodes "conventionnelles" en réalité productiviste avec les entrants chimiques : engrais, pesticides comme pour la canne à sucre hélas en ce moment.

    - remettre le projet de train sur les rails, 8 années après, perdues. Encourager les citoyens à utiliser les transports publics qui, ensuite, le plus tôt possible, seront gratuits, comme dans une vingtaine de villes françaises, aucune à la Réunion, la dernière, Dunkerque, les autres, voir sur internet.

    - protéger la Réunion, la nettoyer pour lui donner une image qui attirera les visiteurs, car hélas, les plages, les ravines, les montagnes sont assez sales, pas qu’avec des détritus bio qui s’en iront tout seul non, je pense aux plastiques, aux cannettes, aux électroménagers, aux pneux, vecteurs en plus des maladies dues aux moustiques.
    Arrêter d’importer des plastiques à usage unique comme les assiettes, barquettes, couverts, gobelets, emballages,coton-tiges....

    - promouvoir une industrie durable, qui pense à l’avenir et pas seulement au profit le plus immédiat.

    Bonne continuation avec ce soir, "C dans l’air" sur France 5 qui a comme sujet, actualité oblige : " Remaniement, manifs : ça patine ! " Aie. Arthur qui tousse en vélo en attendant le changement positif enfin, de partout.... Il n’est pas raisonnable de poursuivre ainsi comme on subit tous les jours, c’est certain. On prépare une planète invivable pour nos enfants, nés ou à naitre !

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