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Le PCR et le centenaire du Parti communiste chinois : « Choisir le peuple et l’histoire »

Relations entre les peuples

Parti Communiste Réunionnais / 5 juillet 2021

Le 25 juin dernier, le PCR a adressé au PCC sa « Contribution du Parti communiste Réunionnais au centenaire du Parti communiste Chinois ». Voici le texte de ce document.

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La délégation du PCR reçue en Chine en 1985.

Le Parti Communiste Chinois a 100 ans. Il mène la seule expérience d’une gouvernance directe de 1,4 milliard d’habitants. Il appelle [1] à la construction d’une communauté de destin de l’Humanité. Les anciennes puissances qui ont dominé le monde durant 5 siècles, jusqu’aux génocides, ont désormais du mal à suivre la cadence.

La lutte des classes

L’Histoire de l’Humanité est jonchée d’expériences plus ou moins heureuses jusqu’au jour où Marx fit la découverte que c’est la résultante de confrontations de classes sociales. Avec son ami Engels, il démontra qu’il n’y avait pas de fatalité. Il conclut à la nécessité d’unir les opprimés pour accélérer l’avènement d’une société nouvelle.

Le Manifeste du Parti communiste (1848), publié en Europe, en donna un aperçu et devint très vite un outil de référence pour élever le niveau de compréhension, organiser la lutte collective et la solidarité internationale. La même année, à La Réunion, notre jeune société réunionnaise était encore soumise à l’esclavage et le Code Noir par la France ; l’abolition de l’esclavage intervient le 20 décembre 1848. Dans les conditions de notre histoire, le Parti Communiste Réunionnais est fondé en 1959, avec comme objectifs principaux : l’amélioration des conditions de vie de la population, la reconnaissance du peuple réunionnais et la solidarité entre les peuples.

Le premier test d’un pouvoir à direction communiste a eu lieu en Russie en 1917. Lénine en a tiré des leçons pour compléter la théorie et la pratique de Marx et Engels. Le Parti communiste Chinois a été fondé en 1921. Il a appliqué les recommandations de Marx pour analyser les réalités chinoises et élaborer des stratégies de luttes spécifiques, d’un genre nouveau. Il a nourri une importante littérature théorique et pratique qui complète les œuvres connues. Un homme apparaît comme la figure historique de l’expérience chinoise, Mao Ze Dong. Il a doté son parti d’une armée populaire qui lui a permis de libérer le pays en 1949, unifier son peuple multi-ethnique et effacer l’humiliation de l’occupation occidentale et japonaise. Une nouvelle longue marche pouvait commencer : l’exercice inédit d’un pouvoir révolutionnaire populaire.

La longévité du PCC

La longévité du Parti Communiste Chinois repose sur son attachement au peuple. Il agit comme un visionnaire, un guide et un contrôleur. Il n’a pas d’intérêt particulier. Par le peuple et pour le peuple, n’est pas un slogan. C’est le choix d’une démocratie qui se construit avec le temps. Tout est subordonné au Parti communiste : la nation, l’État et l’armée. Le Parti est au service du peuple à qui il procure les conditions de vie les meilleures et la sécurité maximale face aux tentatives de déstabilisation étrangère.

La fierté des Chinois réside dans le retour aux premières loges de puissances mondiales et dans l’accomplissement de prouesses économiques, sociales et technologiques. La plus populaire des réussites est d’avoir éradiqué la pauvreté, en 2020, abrégeant la souffrance des citoyens pauvres avec 10 ans d’avance sur le calendrier de l’ONU, en 2030. Cette promesse faisait partie de la mission fondatrice du PCC. Le revenu disponible a doublé entre 2010 et 2020. Plus de 400 millions d’habitants sur 1,4 milliard disposent d’un niveau de « revenu intermédiaire ». En 2018, 150 millions de Chinois ont voyagé dans le monde, générant ainsi 277 milliards de chiffre d’affaires.

La Chine contribue pour 30 % dans la croissance mondiale. Les missions spatiales témoignent d’une grande maîtrise de l’art aéronautique. Pour la symbolique, 3 chinois vivent dans l’espace durant les festivités officielles du centenaire. L’adhésion populaire au gouvernement dépasse 93 % et le soutien du public à la lutte pour la probité des membres du Parti atteint 97 %. La direction issue d’une sélection sévère est plébiscitée. L’indice de satisfaction est encore plus élevé après la victoire sur le coronavirus. On parlera longtemps de la bataille décisive de Wuhan, en janvier 2020. Grâce à ce tournant, l’économie a gardé une croissance de 2,3 % en 2020 et pourrait atteindre 8 % en 2021, selon le FMI.

L’excellence chinoise

En 2017, le XIXe Congrès relevait que « la contradiction principale à laquelle faisait face la société chinoise avait évolué, alors que le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère ». Cette conclusion est le fruit de l’observation, l’étude, la recherche et le développement d’une société précise [2].

Le constat est que « La Chine a répondu aux besoins fondamentaux de plus d’un milliard de ses citoyens, a garanti en général une vie décente à son peuple et réalisera bientôt l’édification intégrale de la société de moyenne aisance »… « Alors que les forces productives sociales en Chine se trouvent dans leur ensemble à un niveau beaucoup plus élevé et que notre pays est au premier rang mondial dans de nombreux domaines en termes de capacités de production, le problème du développement déséquilibré et insuffisant se pose avec acuité et est considéré de surcroît comme le principal handicap pour satisfaire l’aspiration croissante de la population à une vie meilleure ».
Il est donc urgent de réfléchir à « un changement historique touchant à la situation d’ensemble. Le Parti et l’Etat doivent agir en s’adaptant à de nombreuses nouvelles exigences qui en découlent ».

En 2020, dans un contexte complexe et défavorable (en particulier, crise sanitaire et guerre commerciale des États Unis), la Chine avance le concept de « double circulations ». Il s’agit de renforcer la consommation intérieure par la production de biens de qualité, tout en s’ouvrant au monde pour favoriser la relance globale mondiale et partager la prospérité.

Le 17 janvier 2017, Xi Jinping est invité à faire le discours d’ouverture du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, dont c’est la 47e édition. Dans un discours magistral, il délivre une analyse optimiste du monde et de son pays. L’auditoire est subjugué et il fait applaudir le Parti communiste Chinois. Il présente la mondialisation des échanges comme irréversible dans la perspective de réalisation d’une communauté de destin de l’Humanité. Il offre un plan stratégique de développement et des objectifs précis.

Trois ans après, deux applications concrètes sortent de 8 à 12 années de discussions.

Le 15 novembre 2020, sous l’égide de l’ASEAN, 15 pays, incluant la Chine, créent le RCEP (Regional Comprehensive Economic Partnership) la plus grande zone de libre-échange qui prévoit la suppression de taxes douanières sur 90 % des produits destinés à un marché de 2 milliards de consommateurs.

Le 30 décembre 2020, un pacte d’investissement a été conclu avec l’Union Européenne.

Des forces de résistances à ce mouvement d’ensemble se font jour, aux États Unis et en Europe, mais n’offrent aucune alternative globale, en particulier aux pays émergents. Après avoir initié la mondialisation du commerce, en 1995, elles se replient sur leurs acquis comme des civilisations en déclin, dans une vaine tentative de contrer le développement fulgurant de la Chine.

Pourtant, les enjeux deviennent planétaires et la prise de conscience nécessite un esprit de coopération qui n’exclut pas la concurrence. L’Asie et l’Europe seront de plus en plus connectées, constituant un continuum géographique. Actuellement, chaque jour, 40 trains de marchandises font la navette entre diverses régions chinoises et des villes en Europe. Le phénomène va s’amplifier car il est plus écologique que le bateau et réduit d’un tiers le temps de livraison.

La Réunion en phase

Le Parti communiste Réunionnais suit avec attention le développement de la Chine et les opportunités ouvertes.

Une longue tradition d’échanges existe entre le PCR et le PCC. Paul Vergès, en particulier, a rencontré Mao et Zhou En Laï. En 1985, la partie chinoise, tirant les conclusions de 20 ans sans contact, invita une délégation réunionnaise qui a été reçue par Hu Yaobang. Les discussions ont porté sur les récentes décisions de la politique de réforme et l’ouverture, impulsées par Deng Xiaoping ; l’URSS existait encore. Le dernier déplacement officiel d’une délégation réunionnaise date de 2005, emmenée par Elie Hoarau.

Sous la Présidence régionale de Paul Vergès, le Consulat de Chine a été obtenu et installé ainsi que la première classe Confucius. Des accords de coopération ont été signés par Paul Vergès à Tianjin. Deux écoles portent le nom de « Île de La Réunion », dans la région de Jing De Zhen. C’est le fruit de la solidarité Réunionnaise suite aux grandes inondations du fleuve jaune, en 1998. Le PCR était présent aux cérémonies de rétrocession de Hong Kong et lors du 80e anniversaire du PCC. Des délégations chinoises participaient régulièrement aux festivités de notre journal Témoignages. En 2018, l’un des nôtres, Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan, a participé au séminaire international en Chine à l’occasion du bicentaire de Karl Marx. La Réunion se trouve à proximité de la future zone de libre-échange de l’Union Africaine et sur l’axe du grand projet « la Ceinture et la Route ». Elle peut bénéficier de nombreux investissements prévus par la BAII [3] et participer à des projets d’intégration régionale.

Enfin, La Réunion est située sur l’axe des échanges des grandes idées qui agitent le monde et la Chine : la démographie, le climat, la mondialisation, l’innovation technologique, les inégalités.

Conclusions

Nos générations ne remercieront jamais assez nos aînés de nous avoir ouvert le chemin de la compréhension de l’histoire et de la lutte pour la prospérité des peuples. Le Parti communiste Chinois expérimente une voie originale pour articuler les intérêts nationaux et la construction de la communauté de destin de l’Humanité. Nous souhaitons aux camarades chinois d’engranger encore plus de victoires. Bon centenaire !

Contribution du PCR sous la responsabilité de Ary Yée-Chong-Tchi-Kan [4]

[1Il y a un siècle, la population mondiale était évaluée à 1,8 milliard d’habitants, concentrés pour l’essentiel dans les pays occidentaux développés. Aujourd’hui, le PCC doit s’occuper quotidiennement de 1,4 milliard d’individus.

[2Lire notamment « De la contradiction » Mao

[3Banque Asiatique des Investissements dans les Infrastructures (2014).

[4Membre de la délégation qui a rencontré Hu Yaobang, en 1985