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Le PCR pour une Europe de la paix et de la proximité

Élections européennes du 26 mai

Manuel Marchal / 3 mai 2019

Ary Yée Chong Tchi Kan rappelle que le projet européen était un projet de paix au lendemain de la guerre. Aujourd’hui l’UE est au bord de la désintégration, donne une image de désordre à cause d’une politique qui fait la part belle à la finance et à la destruction des emplois. Le PCR milite pour une Europe de la paix et de la proximité, afin de reconstruire une nouvelle relation proche des préoccupations de la population.

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Le PCR rappelle que dans le cadre actuel, les protections de l’économie réunionnaise sont menacées, comme le rappelle la suppression du quota sucrier et du prix garanti.

La première élection au Parlement européen eut lieu en 1979. Paul Vergès était sur la liste de Georges Marchais, cette coopération PCF-PCR a permis son élection. Ceci a ouvert une brèche dans l’organisation de la fraude pour empêcher Paul Vergès d’avoir une représentation nationale pendant 30 ans, rappelle le responsable communiste, de ce moment est sorti un film « Maloya pour la liberté ». 40 ans après cette élection, l’avenir de l’Europe est en question avec notamment le BREXIT, et la menace d’une nouvelle crise économique grave en 2020. « Aucune analyse et aucun bilan sur ce qui s’est passé : pourquoi le BREXIT ? Y en aura-t-il d’autres ? », déplore le responsable communiste.

Protections en danger

Ary Yée Chong Tchi Kan rappelle que La Réunion est intégrée à la France depuis 1946, puis à l’Europe. « L’intégration entraîne la concurrence libre à l’intérieur d’un marché et l’enfermement dans un ensemble normatif communautaire. Cela conduit à la destruction de l’économie productive par de puissants monopoles », explique-t-il, « la tâche de Paul Vergès était d’obtenir un régime dérogatoire pour La Réunion. Ainsi naquit le statut de RUP défini par des critères s’appliquant à La Réunion et à d’autres régions dans des situations voisines. Cette situation permet à la France de soutenir certaines activités en dérogeant au droit commun communautaire », dit-il en substance.
Mais ce filet de protection est remis en cause par l’adhésion de l’Europe à l’OMC, c’est-à-dire au marché unique mondial, depuis 1995. L’Union européenne signe des accords commerciaux, accords de partenariat économique (APE), avec des ensembles régionaux afin d’accélérer la nouvelle intégration. Cela entraîne le démantèlement de toutes les barrières qui freinent la libre concurrence. Exemple typique : l’Europe a voté la fin du quota sucrier, « nos protestations n’ont servi à rien ». « Aujourd’hui, nous savons que le prix du sucre réunionnais est mis en concurrence sur le plan mondial, ce sera difficile de tenir », indique Ary Yée Chong Tchi Kan. Pour le moment, l’Europe a autorisé l’État français à compenser par une subvention, mais la logique de ne plus subventionner les productions finira pas s’imposer.

Pas d’information sur l’avenir

Le 3 mai 2015, Paul Vergès avait tenu une conférence de presse pour dire qu’au cours des 5 prochaines années, La Réunion sera intégrée à une vaste zone de libre-échange avec les signataires de l’APE. C’est la fin des RUP, quel sera le concept qui permettra à La Réunion de tenir le pari de la double intégration, concilier la garantie des acquis sociaux et l’intégration de La Réunion dans son environnement géographique ?
« Comment imaginer le dépassement des RUP ? », interroge Ary Yée Chong Tchi Kan. « Comment en partant des préoccupations de la population, trouver un concept permettant comme porte de sortie ? ». Car un peu plus ou un peu moins de crédits européens ne changera rien, souligne le PCR, il s’agit d’apporter des réponses structurelles.
« Nous ne connaissons rien des négociations des APE », car c’est l’Union européenne qui est seule compétente. « Nous allons connaître les conséquences sans être du tout impliqués dans la négociation ».
Autre exemple : « l’Europe a donné un délai pour l’octroi de mer jusqu’en 2020, car elle considère que c’est un obstacle à la concurrence ». « De quoi allons-nous causer aux élections, les gens qui vont aller voter ne sont au courant de rien de ce qui se passe sur ce point », constate le secrétaire aux relations internationales du Parti communiste réunionnais.
Pour le PCR, il faut que les Réunionnais aient droit au chapitre dans le domaine décisionnaire. Cela peut se faire sous la forme d’une assemblée ayant la compétence de la mer, et de la discussion avec les pays voisins. D’où la nécessité de mettre au cœur de la campagne une analyse et une démarche qui puisse intéresser la population sur son avenir. C’est le concept de l’Europe de la proximité : « discuter nous-mêmes de nos affaires quand nous sommes impliqués ».

La question chagossienne

Sur l’Europe de la paix, le PCR met en avant la question chagossienne. La Cour internationale de justice a reconnu la responsabilité de la Grande Bretagne, État européen, dans la déportation du peuple chagossien à cause de la construction de la base de Diego Garcia. L’Europe peut-elle continuer à fermer les yeux sur la responsabilité d’un État européen qui a fait expulser tout un peuple de son pays ? Ary Yée Chong Tchi Kan rappelle que Paul Vergès était intervenu à ce sujet sur la citoyenneté des Chagossiens. Ils ont été considérés comme Britanniques et peuvent désormais disposer d’un passeport de ce pays.
La France est membre de la COI et fait partie de l’Europe, elle doit répondre à la demande des Chagossiens et se battre pour cela, souligne le PCR.
Par ailleurs, quand il y a 20000 reconduites à la frontière à Mayotte, il faut trouver une solution à cela. « L’humain doit être au centre des préoccupations de l’Europe. En tant que citoyens participant aux élections européennes, nous avons la responsabilité de poser le problème de la relation humaine dans notre voisinage », ajoute Ary Yée Chong Tchi Kan,
« et pourquoi l’Europe finance-t-elle l’OTAN, organisation militaire, plutôt que de mettre cet argent au service de la paix ? »
En articulant tout cela, le PCR pense à un nouveau concept préservant les avantages sociaux issus de la situation actuelle, avec une nouvelle façon de faire dans l’intégration de La Réunion dans sa réalité géographique.

M.M.