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’Le sort des T.O.S. est en train de se décider’

Conférence de presse du Parti communiste réunionnais

Témoignages.re / 24 février 2005

Le P.C.R. a tenu hier une conférence de presse, rapidement organisée pour commenter sur le vif trois événements de l’actualité brûlante : le mouvement lycéen, la grève des dockers et le séjour de la ministre de l’Outre-mer, Mme Brigitte Girardin.

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Avec Élie Hoarau, secrétaire général du PCR, trois jeunes responsables issus du renouvellement des instances en cours de validation : Monica Govindin, Sylvie Mouniata et Fabrice Hoarau.
Le "large succès" des manifestations lycéennes contre la loi Fillon a révélé "l’inquiétude des lycéens, en même temps que leur volonté de se faire entendre", a commenté Monica Govindin, en soulignant l’ampleur des oppositions à cette réforme, "critiquée jusqu’au sein de la majorité gouvernementale". Une loi au contenu ravageur, a décrit la jeune militante portoise. "On ne peut pas parler d’un texte insignifiant puisqu’il met en jeu l’avenir même des jeunes", a-t-elle dit.
Et apparemment, les jeunes l’ont bien senti et se sont très largement mobilisés. Les “dérapages” de mardi ? "C’est un prétexte pour ne pas aborder le problème au fond". Et le problème de fond, c’est l’inquiétude grandissante des jeunes devant l’avenir que leur préparent les gouvernants d’aujourd’hui.
L’élue portoise a dénoncé "les jeunes mis sous surveillance" et le chômage auquel sont réduits leurs aînés, même bardés de diplômes. Quel avenir auront-ils, eux, si ce sont maintenant les diplômes qu’on dévalorise ? "Il y a eu un recul du ministre sur la réforme du Bac mais le refus du dialogue est toujours là", a constaté Monica Govindin, en saluant le "geste citoyen" des jeunes. "Un pouvoir qui tourne le dos à sa jeunesse est un pouvoir qui n’a pas beaucoup d’avenir", a-t-elle conclu, en disant que "personne ne peut accepter que la jeunesse soit traitée ainsi".

Concertation générale

Les “toujours jeunes” maintenant... Après deux jours de grève sur les docks, les ouvriers du port de La Pointe des Galets étaient hier en négociation à la Direction du travail, au moment ou Fabrice Hoarau a exprimé le point de vue de son parti sur le problème pointé par les dockers (voir en page 2) . "Plutôt que de faire de longs discours sur la “préférence régionale”, il y a là un cas typique de choix à faire pour former la jeunesse de La Réunion, plutôt que de faire venir des “spécialistes” de l’extérieur", a-t-il dit.
"Le problème posé est lié à la modernisation du port et il faut moderniser le port. Il a besoin d’outils spécifiques demandant une maintenance de haute technicité", a-t-il résumé. Mais le choix des acconiers de s’adresser à une société extérieure a fait lever la colère des ouvriers du port. Pourquoi ne pas suivre l’option prise par la Région pour la route des Tamarins, ou par Bois-Rouge avant l’extension de la centrale thermique ? Le jeune militant a conclu son intervention sur ce point en proposant l’organisation d’une concertation générale associant les acteurs portuaires concernés, le concessionnaire du port et la Région.

"Il reste une petite fenêtre"

Enfin, Elie Hoarau a pris le relai pour commenter la visite de la ministre de l’outre-mer, sans plus de considération pour "le caractère politicien" du séjour. "Il est manifeste qu’elle est venue “resserrer les boulons”, après les échecs enregistrés par sa majorité dans l’ensemble de l’Outre-mer". De ce point de vue, il ne fallait pas s’attendre à du nouveau, a commenté Élie Hoarau, en observant que c’était "la première cause de l’insatisfaction générale des syndicats".
Ce qui pourrait bien voir du nouveau en revanche, c’est la question du transfert des personnels non enseignants de l’Éducation nationale. "Le sort des T.O.S est en train de se jouer en ce moment", a insisté Élie Hoarau, qui a fait un rappel de l’historique de la question depuis 2002.
Le PCR estime que, dans l’impasse où cette question a été fourvoyée par l’imbroglio juridico-politique de la majorité gouvernementale et le recours des députés PS au Conseil constitutionnel, "il reste une petite fenêtre", a dit Élie Hoarau. C’est celle qui permet à La Réunion de proposer une solution spécifique, puisque le conseil constitutionnel a distingué la situation prévalant à La Réunion, de celle que connaissent les autres DOM. Il faut juste que les élus réunionnais montrent une fois de plus qu’ils peuvent s’entendre sur l’essentiel. Et il faut en finir, ajoute Élie Hoarau, "avec les réflexes conditionnés". "Si tout le monde joue le jeu, les TOS obtiendront satisfaction", a-t-il conclu.
Une lueur d’optimisme dont le mouvement social a bien besoin, au moment où d’autres, “à gauche” jouent les Ponce-Pilate et voudraient livrer les TOS à l’incurie de la majorité gouvernementale.

P. David


L’Intersyndicale et la F.C.P.E.
dénoncent les violences contre les lycéens

Dans un communiqué publié hier, "l’Intersyndicale de l’éducation (FNEC-FP FO, FSU, SAIPER-PAS 974, SUD éducation, SGPEN-CGTR, SGEN/CFDT, UNSA éducation) et la FCPE, dont la Coordination des parents d’élèves et éducateurs de Saint-Denis, réunies le 23 février, tiennent à dénoncer les violences dont les lycéens ont été victimes lors de la manifestation pacifique du 22 février pour le retrait de la loi Fillon".
"Nous protestons énergiquement contre cette répression policière. Par ailleurs, nous continuerons à leur apporter notre soutien pour toutes les actions pacifiques qu’ils envisagent d’organiser pour la défense de leurs revendications légitimes",
ajoutent l’Intersyndicale et la FCPE.