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Les avocats dans la rue pour dénoncer la réforme

Réforme des retraites

Témoignages.re / 17 septembre 2019

Opposés au futur "système universel" de retraites voulu par le gouvernement, les avocats ont défilé en masse le 16 septembre dans la capitale. A La Réunion, ils étaient nombreux devant la préfecture.

A Paris, ils étaient accompagnés de professionnels du soin (médecins, infirmiers, etc.) et du transport aérien (pilotes, hôtesses, stewards), soucieux comme eux de conserver leurs "régimes autonomes".

Selon les organisateurs, 20.000 manifestants (10.500 selon la police), essentiellement des robes noires, des blouses blanches et des pilotes en uniforme, ont défilé à l’appel du Conseil national des barreaux (CNB), rejoint par d’autres organisations professionnelles au sein du collectif SOS Retraites.

Parti de l’Opéra à Paris peu après 14h00 en direction de la Nation, le cortège muni de pancartes clamant "une retraite, pas la traite" ou encore "retraite plus chère, justice précaire". Les manifestants se sont dispersés à la Bastille, en raison de la forte affluence ayant entraîné du retard dans le déroulé du parcours autorisé, d’après les organisateurs.

"Nous n’avons jamais été aussi nombreux", s’est réjouie la présidente du CNB Christiane Feral-Schuhl. "Nous disons non à la nationalisation de nos régimes autonomes, non au régime universel", a-t-elle résumé.

De son côté, le Dr Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), a assuré que "nous ne sommes pas des régimes spéciaux, nos caisses sont bénéficiaires et nous entendons les garder". Ce dernier différencie les caisses de retraites des indépendants de celles de la SNCF, de la RATP et des industries électriques et gazières, déficitaires et renflouées chaque année par l’Etat.

"On sera dehors pendant un an s’il le faut", a prévenu Ghislaine Sicre, la présidente de Convergence infirmière. Tous dénoncent le futur "système universel" préconisé par le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye.

En effet, pour eux ce système entraînera automatique une forte hausse des cotisations des indépendants. "Le doublement des cotisations n’a jamais été une option", a répondu l’entourage de Jean-Paul Delevoye auprès de l’AFP, rappelant que l’augmentation des cotisations doit être "partiellement" et "significativement compensée" par une baisse de la CSG.

Les manifestants s’inquiètent aussi de l’avenir des réserves financières de leurs caisses, qui vont disparaître. Celle des avocats atteint 2 milliards d’euros et 7 milliards pour les médecins. Ces derniers craignent une "spoliation", voir un "hold-up" de leurs caisses par l’Etat.

Pour contenir la fronde, le Premier ministre Édouard Philippe a chargé Jean-Paul Delevoye de rencontrer "d’ici le 15 octobre" les représentants des 42 régimes amenés à s’éteindre, pour "dresser un état des lieux" et "fixer un calendrier de travail".

"Il y a des solutions pour chacune des professions", avec "des durées de transition adaptées", assure jean-Paul Delevoye qui, avec la garde des Sceaux Nicole Belloubet, recevra mardi à 16H30 les responsables du CNB, de la CNBF et de la Conférence des bâtonniers.

Dans le même temps, la concertation avec les partenaires sociaux va reprendre "jusqu’au mois de décembre" pour tenter de trouver un accord sur l’âge de départ ou la durée de cotisation.

Et des "consultations citoyennes" s’étaleront de fin septembre à "la fin de l’année", le projet de loi devant être adopté "d’ici l’été prochain", a assuré Édouard Philippe.

En attendant, le dialogue passera aussi par la rue : Force ouvrière et la CGT manifesteront respectivement samedi 21 et mardi 24 septembre.