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Max Banon : « L’heure du rassemblement contre la casse sociale a sonné »

Après les élections législatives dans la 4e circonscription de La Réunion

Témoignages.re / 27 juin 2017

Max Banon était le candidat présenté par le PCR dans la 4e circonscription. Il tire un premier bilan de sa campagne.

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Mardi soir, Max Banon et sa suppléante Aurélie Minatchy ont organisé une rencontre conviviale pour saluer la contribution de tous ceux qui ont participé à la campagne et penser aux combats à venir. L’occasion de tirer les premiers enseignements de la campagne qui vient de s’achever.

Que pouvez-vous dire de ce résultat ?

Comme les autres camarades présentés par le PCR, c’était la première fois que je participais à une élection sur mon nom propre. Je salue le résultat de Julie Pontalba et de Gilles Leperlier qui ont permis au PCR de devenir la troisième force politique dans leurs circonscriptions.

Je tiens à féliciter le travail de tous les militants et les sympathisants qui se sont engagés dans la campagne. Je remercie également les électeurs qui nous ont fait confiance.

Pour nous, ce résultat est d’abord celui des nombreux porte-à-porte et des réunions que nous avons tenues. Nous sommes dans une circonscription où Saint-Pierre représente plus de la moitié des électeurs, et Saint-Joseph une bonne partie. Aussi il a fallu constamment se battre pour réussir à faire entendre notre voix. Car à Saint-Pierre, si la droite pouvait apparaître divisée sur le papier, elle a clairement fait bloc derrière le premier adjoint de Michel Fontaine.

Etait-il possible de faire mieux ?

Notre résultat au premier tour est aussi la conséquence des divisions. Un mois avant ce scrutin, Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle à La Réunion. Il était le candidat soutenu par le PCR. Au premier tour, contrairement à Saint-Denis, nous n’avons pas réussi à nous entendre sur une union. Avec Corine Bédier, investie par la France Insoumise, nous avons mené notre campagne chacun de notre côté sans nous attaquer, mais la dispersion des candidatures n’a sans doute pas permis de maintenir la dynamique.

Je remarque qu’outre Saint-Denis, les forces de progrès ayant soutenu Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle ont présenté des candidatures uniques dans la 2e et la 5e circonscription, et le résultat a été positif avec l’élection de deux députés.

Au second tour, avec l’union autour de Virgine Gobalou, nous avons fait des progrès mais cela n’a pas suffit à renverser la situation. Je pense qu’il était possible de faire mieux, à condition de nous rassembler autour d’une seule candidature au premier tour.

Je tiens à féliciter Jean-Hugues Ratenon pour sa brillante victoire. Les “sans voix“et les “oubliés“réunionnais ont en sa personne un porte-voix à l’Assemblée nationale.

Il faudrait aussi que les sections du PCR de cette circonscription se réunissent et tirent les leçons qui s’imposent. Pour moi, le résultat du candidat PCR de la 4e circonscription est un résultat par défaut, l’objectif n’a pas été atteint.

Que retenez-vous de cette campagne ?

C’est la confirmation d’une situation sociale dramatique que je rencontre lors de mes combats syndicaux. Ce système n’a plus d’avenir, il n’arrive pas à créer suffisamment d’emploi et à faire reculer les inégalités.

Le mot d’ordre de responsabilité du PCR trouve là toute sa pertinence. Il propose en effet de tout remettre à plat et de reconstruire une société où se seront les Réunionnais qui seront au centre des décisions. À nous de rechercher des propositions, de construire un projet de développement et de le mettre en œuvre. C’est la démarche qui a été engagée après le 2e tour avec tous les partenaires politiques qui ont appelé à voter pour Virginie Gobalou.

Mais cela ne se fera pas en un jour. La campagne électorale m’a permis d’expliquer ce projet. Elle m’a aussi donné l’occasion d’informer la population sur les menaces immédiates qui pèsent sur elles.

C’est-à-dire ?

Je pense surtout au projet dit de « réforme du Code du Travail ». Ce Code du Travail, c’est le résultat de plusieurs décennies de lutte pour arracher des avancées telles que la journée de 8 heures, les congés payés, le respect des libertés syndicales, les 35 heures, le SMIC. Tout cela est en danger. Le gouvernement veut aller plus loin encore que la loi El-Khomri en étant encore plus expéditif. Cette fois, ce ne sera pas le 49-3 mais les ordonnances avec comme échéance le mois de septembre.

Ce Code du Travail, c’est le fruit du combat de nos aînés. La responsabilité de notre génération, c’est de le préserver et de l’améliorer pour que les jeunes puissent avoir une situation meilleure que la nôtre.

Il y a déjà trop de chômage à La Réunion, ce n’est pas en facilitant les licenciements que le problème sera réglé, bien au contraire.

Aussi la bataille est loin d’être finie. À nous de réussir à nous rassembler pour que le mouvement social puisse faire échec à son projet. L’heure du rassemblement contre la casse sociale a sonné.



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Messages






  • Chapeau pour ce bilan et ces projets de combat à partir d’une remise à plat.

    Il faut aussi revoir la communication (tant à La Réunion qu’en métropole). Par exemple s’il faut poursuivre l’affichage (mais en diminuant fortement le nombre et le coût), il est nécessaire de développer fortement les réseaux numériques et devenir les numéros un sur ce sujet. C’est le rôle de ce qui s’appelait jadis "secrétaire à la propagande", aujourd’hui par exemple "groupe propagande".

    A méditer : redynamiser le Front de Gauche avec les Ratenon, Vergès, Bello et autres.

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