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Municipales : progrès du PCR et défaite de Didier Robert

Second tour d’un scrutin hors-norme

Manuel Marchal / 29 juin 2020

Le second tour des municipales a été marquée par le renforcement du PCR qui a gardé la Mairie de Sainte-Suzanne et a désormais des élus dans plusieurs majorités d’autres communes. Ce scrutin est également celui de la large défaite de Didier Robert à Saint-Denis, ainsi que de plusieurs candidats qu’il soutenait, et cela à un an des élections régionales.

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Le second tour des élections municipales se déroulaient hier dans 17 communes à La Réunion. Ce vote est marqué par de nombreux changements à la tête des Mairies au terme d’un scrutin hors-norme en raison de l’épidémie de coronavirus.

16 points d’abstention en plus

La première donnée de ce second tour des municipales est la confirmation de la crise du système démocratique en place à La Réunion. Le taux de participation s’établit à 54 %, soit une baisse de 16 points par rapport à 2014. Le COVID-19 peut avoir incité des électeurs à ne pas se déplacer. Mais l’assouplissement des conditions nécessaires à l’établissement d’une procuration, et le fait que La Réunion soit encore relativement épargnée de la pandémie peuvent relativiser cet impact. Le taux de participation suit une tendance inquiétante, et cela d’autant plus que les municipales sont les élections qui mobilisent le plus à La Réunion. Pour ne pas que les élections ne concernent qu’un électeur sur deux, il est grand temps de se donner les moyens pour faire de cette question une priorité.

Certitudes établies bousculées

La seconde donnée est le sens du vent du changement qui a renversé hier des certitudes établies dans plusieurs communes. C’est la défaite de Jean-Marie Virapoullé à Saint-André, de Daniel Gonthier à Bras-Panon, notamment. Ailleurs dans l’île, les équipes sortantes distancées au premier tour n’ont pas réussi à inverser la tendance. C’est le cas à Saint-Paul, à Cilaos et à Saint-Benoît notamment.
Cette situation peut surprendre compte tenu du déroulement de la campagne électorale interrompue par le confinement. Durant cette période, des candidats ont accusé des maires sortants de profiter de cette situation pour prendre une longueur d’avance sur leurs adversaires. Les résultats observés hier montrent que cet aspect est lui aussi à relativiser.

Progrès du PCR

Pour le Parti communiste réunionnais, cette élection marque un renforcement. A Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel est réélu à la tête d’une liste soutenue par le PCR. A Saint-Denis et à Saint-Joseph, le PCR est dans la nouvelle majorité municipale. A Saint-Paul, le PCR a participé activement à la campagne victorieuse de la liste conduite par Huguette Bello. Pour la première fois, le PCR fait partie de la majorité de deux communes de la CINOR sur trois.
Pour le Parti communiste réunionnais, cette élection marque également l’arrivée aux responsabilités, dans des majorités municipales où il n’était pas représenté, de nouveaux cadres comme Julie Pontalba et Mathieu Raffini à Saint-Denis, et David Lebon à Saint-Joseph.

Défaite de Didier Robert

Enfin, ce scrutin confirme une tendance au déclin pour Didier Robert. Depuis la manifestation du 19 novembre 2018 qui avait débouché sur l’envahissement de la Région par des jeunes de Saint-Denis au début du mouvement des gilets jaunes, le président de Région est sur la pente descendante. A Saint-Denis, il a subi un échec personnel, avec à peine 40 % des suffrages contre près de 60 % pour la liste Saint-Denis pour tous conduite par Ericka Bareigts et soutenue par le PCR.
Ailleurs dans l’île, des candidats qu’il soutenait ont été majoritairement défaits. Au Tampon, ville où Didier Robert était maire, Nathalie Bassire fait moins de 40 %. A Saint-Paul, la coalition conduite par Alain Bénard est aussi à moins de 40 % contre plus de 60 % pour la liste conduite par Huguette Bello soutenue par le PCR.
Cela place le chef de file de la Région dans une situation délicate à un an des prochaines régionales. Car manifestement, la dynamique n’est pas dans son camp.

M.M.



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Messages






  • La compétition électorale débouche toujours sur la victoire pour certains et la défaite pour d’autres mais en réalité ce qu’il faut regarder surtout c’est l’évolution globale du corps électoral, mais malheureusement avec seulement 45% de participation pour l’ensemble de la nation il est difficile de faire une analyse sérieuse de l’évolution du corps électoral et de dire quel est sa véritable répartition politique dans le pays et tirer des conclusions pour sa gestion .

    Pour ce qui concerne la Région Réunion le taux de participation plus élevé globalement permet d’avoir une vision un peu plus claire de l’évolution du corps électoral même si cette participation reste très basse dans la plus grosse commune. Mais malgré tout en comparant cette élection aux scrutins précédents , on peut constater que la répartition des électeurs entre la gauche et la droite n’a pas beaucoup bougé . Depuis de nombreuses années on constate que environ 60% de l’électorat se situe à gauche et 40% à droite .Et si on additionne les suffrages obtenus dans cette élection municipale par les divers candidats selon leur étiquette politique on constate que la répartition entre la droite et la gauche n’a pas beaucoup changé . La gauche est toujours majoritaire mais elle ne l’emporte pas automatiquement lorsqu’elle n’arrive pas à s’unir .

    En 210 Monsieur Robert a gagné les élections régionales face à Paul Verges avec seulement 42% parce que les socialistes ont voulu absolument présenter une liste . Si la victoire de la gauche a été possible dans ce scrutin des municipales c’est surtout parce qu’il y a eu liste d’union entre communistes et socialistes et que la droite n’a pas réussi à s’unir dans certaines communes et que certains candidats de droite ont trahi leur étiquette pour garder des responsabilités .pour gagner d’autres combats à venir ;

    On peut parler de victoire et de défaite mais dans des nouvelles élections on pourra avoir des résultats différents si tous les partis politiques parviennent à présenter des listes d’union et si la participation électorale est plus importante. Grâce à sa stratégie d’union le PCR reste une force politique capable de travailler alors qu’il était en perte de vitesse . Mais il ne doit pas oublier que la défaite de ses adversaires les obligera à revoir leur stratégie pour l’avenir et qu’l ne doit pas s’endormir sur ses lauriers, et surtout que ceux avec qui il s’est marié vont demander le divorce sans indemnités compensatoires dès qu’ils auront l’occasion . D’une manière générale les alliances politiques ne durent pas très longtemps et profitent toujours aux plus forts ou aux plus malins .

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