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Ngozi Okonjo-Iweala, première femme africaine à diriger l’OMC

Première femme noire à la tête de l’OMC

Témoignages.re / 17 février 2021

Née au Nigeria, Ngozi Okonjo-Iweala, a été confirmée comme nouvelle dirigeante de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Lorsqu’elle prendra ses fonctions le 1er mars, elle sera la première femme et la première Africaine à diriger l’organisme mondial du commerce.

Ngozi Okonjo-Iweala est née en 1954 à Ogwashi-Ukwu, dans l’Etat du Delta, au Nigeria. Elle a obtenu une licence d’économie à l’université de Harvard en 1976 ainsi qu’un doctorat en économie et développement régionaux au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1981.

De 1982 à 2003, puis de 2007 à 2011, elle a mené une carrière de 25 ans à la Banque mondiale, où elle a occupé différents postes. Après son départ en 2003, elle a été ministre des Finances du Nigeria de 2003 à 2006.

En 2006, Ngozi Okonjo-Iweala a été ministre des Affaires étrangères durant un court miment, devenant la première femme à occuper ces deux postes dans l’histoire du Nigeria. Entre 2007 et 2011, elle retourne travailler à la Banque mondiale, où elle a été directrice générale chargée des opérations, devenant ainsi le numéro deux du prêteur mondial.

En 2011, elle a été reconduite dans ses fonctions de ministre des Finances et de ministre coordinatrice de l’Économie du Nigeria, jusqu’en 2015. Un an plus tard, Ngozi Okonjo-Iweala est candidate à la présidence de la Banque mondiale.

De 2016 à 2020, elle a présidé le conseil d’administration de Gavi, un partenariat mondial public-privé pour la santé dont l’objectif est de promouvoir l’immunisation dans les pays pauvres.

En 2020, elle a été nommée envoyée spéciale de l’Union africaine pour mobiliser le soutien financier international en faveur de la lutte contre le COVID-19 et envoyée spéciale de l’Organisation mondiale de la santé pour l’accès à l’accélérateur d’outils contre le nouveau coronavirus.

Actuellement, elle siège également aux conseils d’administration de la banque britannique Standard Chartered et de la société américaine Twitter, et est conseillère auprès de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII).

Ngozi Okonjo-Iweala espère apporter un nouveau souffle à une organisation affaiblie qui doit renouer avec l’objectif d’améliorer les niveaux de vie des populations et favoriser l’accès des pays pauvres aux vaccins contre le Covid-19.

"Je pense que l’OMC est trop importante pour être ralentie, paralysée et moribonde", a déclaré cette dernière dans un entretien à l’Agence France Presse. "Ce n’est pas juste". Ngozi Okonjo-Iweala compte traiter en priorité la production et l’accès aux vaccins dans le monde entier.

"Je pense que l’OMC peut contribuer davantage à la résolution de la pandémie de Covid-19 en aidant à améliorer l’accès des pays pauvres aux vaccins", a expliqué cette dernière. "Il est vraiment dans l’intérêt de chaque pays de voir tout le monde se faire vacciner", a-t-elle ajouté.

L’économiste a expliqué qu’"au lieu de passer du temps à discuter, nous devrions regarder ce que fait le secteur privé" avec des accords de licence, pour permettre la production de vaccins dans plusieurs pays, citant le cas du laboratoire britannique AstraZeneca en Inde.

L’OMC a besoin de renouveau pour changer les choses, juge-t-elle. Or cette dernière souhaite que l’OMS résiste à la tendance au protectionnisme qui s’est amplifiée avec la pandémie, afin que le libre-échange puisse contribuer à la reprise économique.