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PCR : appel à discuter ensemble d’un projet réunionnais

Maurice Gironcel invité à prendre la parole lors de la conférence-débat sur Paul Vergès

Manuel Marchal / 11 avril 2018

Hier soir à l’Université, André Oraison tenait une conférence-débat intitulée « Triptyque institutionnel de Paul Vergès ». Elle portait sur trois réformes pour lesquelles Paul Vergès s’était battu en utilisant son mandat de sénateur : la création du congrès des élus départementaux et régionaux, celle d’une collectivité territoriale unique à La Réunion et la suppression de l’amendement Virapoullé.

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À la tribune aux côtés d’André Oraison, Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR.

À la tribune aux côtés d’André Oraison, Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR a ouvert les débats. Il est revenu sur la genèse de la loi du 19 mars 1946, qui a abolit le statut colonial à La Réunion. « Le choix de nos prédécesseurs était juste ». C’était une loi de décolonisation, et aussi d’intégration et d’assimilation. « Mais cette loi avait des effets pervers », a rappelé le secrétaire général du PCR. Elle a construit une société néo-coloniale marquée par la domination de monopoles. Ces derniers permettent de recycler les fonds publics en bénéfices privés qui quittent ensuite La Réunion. Manifestement, la promesse du 19 mars n’était pas tenue car l’égalité était refusée. C’est sur la base de l’analyse de ce blocage et des moyens à mettre en œuvre pour y remédier que fut créé le PCR, organisation politique réunionnaise qui revendique le droit à la responsabilité des Réunionnais. Maurice Gironcel a rappelé qu’avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir en 1981, le PCR a choisi de soutenir l’intégration sans assimilation tout en indiquant que tôt ou tard, cette intégration atteindrait ses limites. C’est aujourd’hui l’heure du bilan, a dit en substance Maurice Gironcel : « l’intégration à une puissance située à 10.000 kilomètres ne marche pas. Il n’y a plus de marge financière pour aller plus loin. L’application mécanique ne marche pas. Il faut faire autre chose ».

Pour le PCR, la solution est d’aller vers plus de responsabilité et plus d’autonomie avec une collectivité unique dotée de compétences et d’un fonds de développement.

« Le moment est venu pour rassembler ceux qui veulent un nouveau cadre qui passe par la responsabilité des Réunionnais. Les décisions ne peuvent plus venir de 10.000 kilomètres. Les Réunionnais sont les mieux placés, il faut leur donner la possibilité de décider », a souligné Maurice Gironcel.

Au cours du débat, il a rappelé que dans le cadre des Assises des Outre-mer, le PCR a fait part de ses propositions d’évolutions pour La Réunion en se basant sur la responsabilité. « Des propositions qui ne sont pas à prendre ou à laisser mais à discuter », a souligné le secrétaire général du PCR. Il a renouvelé l’appel aux forces vives à saisir ce moment pour discuter ensemble d’un projet pour La Réunion et de le défendre d’une seule voix auprès du gouvernement.

M.M.