Actualités

Pour le respect des droits des peuples

Roger Orlu / 1er février 2019

Quelle est une des questions essentielles à se poser face à la crise économique, sociale, environnementale, culturelle et institutionnelle que traverse La Réunion ? Cette question est-elle suffisamment évoquée dans les débats autour des actions menées entre autres par les militants des Gilets Jaunes contre les injustices des exploiteurs, pollueurs et autres commandeurs du pays ?

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises cette problématique en citant les réflexions de nombreux penseurs réunionnais mettant l’accent sur le problème fondamental, comme par exemple Maximin Boyer, qui dans son chant "La Rényon ni èm" déclare avec force : « Asé lèss lé zot désid pou nou ! ».

- Manifestation de Gilets Jaunes réunionnais devant l’entrée du Port Est le 24 novembre 2018 -

En effet, quel est le pouvoir de décision du peuple réunionnais sur tout ce qui le concerne, dont le coût de la vie, la fiscalité, les revenus, le respect de notre environnement et tous les droits humains essentiels de nos compatriotes ?

Cela nous fait penser à la célébration, le 10 décembre dernier, du 70ème anniversaire de l’adoption par les nations du monde entier de la Déclaration universelle des droits de l’homme afin de construire un monde meilleur. Et dans le premier numéro 2019 du Mouvement de la Paix dans le Bas-Rhin ("Alsace Info Paix"), il est notamment souligné à ce sujet que cette déclaration universelle de 1948 « consacre le droit à la paix, au développement, à un environnement sain et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Ce droit essentiel est-il respecté concernant le peuple réunionnais et qui s’en préoccupe dans le monde politique à La Réunion et en France ?

Qui décide quoi à La Réunion ?

Il se trouve que de plus en plus de Réunionnais ont avec raison le sentiment qu’ils sont méprisés et infériorisés par les décideurs, au point qu’ils sont de plus en plus nombreux à protester en criant : « pran pa nou pou dé kouyon, nou lé kapab, rèspèkt anou ! ».

Et l’on sait à quel point le génie collectif réunionnais, illustré par la créativité, la résistance, l’inter-culturalité et la solidarité de notre peuple depuis sa naissance il y a 366 ans, nous donne la possibilité de nous unir pour assumer la responsabilité dans la gestion du pays. Nous devons donc nous rapprocher les uns des autres, sans exclusive, pour dialoguer et aller ensemble dans ce sens afin de faire respecter les droits de notre peuple.

D’ailleurs, le Parti Communiste Réunionnais donne une dimension internationale à cette vision de notre avenir lorsque, dans un communiqué publié le 26 janvier dernier à propos du coup d’état militaire lancé au Venezuela contre le président Maduro avec le soutien de Donald Trump, il déclare notamment : « Le PCR dénonce cette nouvelle ingérence américaine dans un pays souverain et demande le respect du Droit International. Il faut éviter l’aggravation de la souffrance du peuple et ouvrir le dialogue intra-vénézuélien. C’est au peuple vénézuélien et à lui seul de régler ses problèmes internes ». D’où notre rappel de cette question essentielle à La Réunion : qui décide quoi à La Réunion, au service de qui et de quoi ?

Roger Orlu