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Productivité exceptionnelle des travailleurs réunionnais et chômage de masse

Nouvel indicateur d’une société en pleine crise

Manuel Marchal / 16 octobre 2019

25,3 milliards d’euros de chiffres d’affaires, et 7,4 milliards de valeur ajoutée produits par les entreprises réunionnaises en 2017, c’est la principale conclusion d’une étude de l’INSEE parue la semaine dernière. Ce résultat souligne que La Réunion n’est pas un petit marché et montre surtout la productivité exceptionnelle des travailleurs réunionnais. Car pour produire toutes ces richesses, le système en place n’a besoin que de la moitié des Réunionnais en âge de travailler.

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Le chômage de longue durée est souvent ce qui attend les jeunes qui sortent de l’école.

Les débats suscités par la volonté du Groupe Bernard Hayot de racheter Vindemia mettent surtout l’accent sur la crainte de la création d’un monopole à l’issue de la plus importante opération de fusion-acquisition de l’histoire économique de notre île. Mais il est à noter qu’un tel projet ne peut exister que s’il existe un marché susceptible de justifier une mise aussi importante.

Une étude commandée par l’Observatoire des prix des marges et des revenus a ainsi mis en évidence que le marché de la grande distribution alimentaire représente 2 milliards d’euros par an et est en constante augmentation. Cette partie émergée de l’iceberg donne une idée de l’ampleur de l’argent disponible à La Réunion.

Productivité record

La semaine dernière, l’INSEE a publié le résultat d’une étude portant sur l’année 2017. Elle estime que sur 12 mois, les entreprises réunionnaises ont eu un chiffre d’affaires de plus de 25 milliards d’euros, et dégagé plus de 7 milliards d’euros de valeur ajoutée.
Ce résultat doit s’apprécier au regard des effectifs concernés. L’INSEE note tout d’abord que 75 % des sociétés concernées n’ont pas de salarié, et que les 25 % restant employaient 94600 personnes en équivalent temps plein.

Ce nombre de salarié représente 50 % du nombre de demandeurs d’emploi, et environ 25 % de la population active. Rappelons que dans notre île, la précarité concerne une large couche de la population, puisqu’environ 40 % des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté. Cela signifie que les travailleurs réunionnais ont un taux de productivité exceptionnel d’une part, et que d’autre part, ce système peut se permettre de laisser la moitié de la population en dehors d’un emploi durable pour arriver à ce résultat.

Société en crise

Ceci témoigne d’une société malade, en pleine crise, où les gains de productivité obtenus au cours des dernières décennies n’ont absolument pas été utilisés pour le progrès social, mais qu’ils ont contribué à diviser encore plus la société réunionnaise. Pas étonnant dans ces conditions que l’importation du mouvement des gilets jaunes a produit une mobilisation aussi importante et durable.

Avec un chiffre d’affaires de plus de 25 milliards, et plus de 7 milliards de valeur ajoutée, voici une base sur laquelle il est possible de travailler pour aller vers une société moins inégalitaire. C’est la confirmation que de l’argent en abondance existe à La Réunion, et que tout cela peut être utilisé différemment pour aller vers le plein emploi.

M.M.



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  • A la Réunion, on entend des fois que le tau de chômage est de 35%, voire même 65 chez les "18-25 ans", et que l’on a du mal à trouver de la main d’oeuvre spécialisée, d’où les venues de travailleurs de métropôle ou de l’étranger, déplacements mieux payés évidemment que s’ils restaient chez eux. La Réunion prouve qu’elle a bien besoin d’eux, compétents. Sinon, ils ne viendraient pas si loin. Des jeunes diplômés, sont aussi sous employés comme un étudiant en BTS réduit à êre ouvier chargé de changer les pneus, métier dévolu à un CAP, BEP. Un gâchis ne trouvez-vous pas ? Il faut encourager les jeunes à partir, à aller là où on a besoin d’eux, et tant pis si ce n’est pas possible ici. Ils doivent savoir que les patrons ont le choix et qu’il faut savoir se vendre, c’est à dire aussi, avoir un bon savoir-être, être prèt à quitter son domicile, son cocon familial. Bref, oser se bouger, se préparer à aller voir ailleurs. Volontairement, et en plus, ça ouvre l’esprit ! Quitter le département-région, pour plus de dignité, quitte à revenir seulement pour les congés payés, comme tant d’autres, déjà dans le passé. Transformer un inconvénient en avantage. Des étudiants sont même partis au Canada, au Québec francophone précidémment, et ne semblent pas se plaindre, de la manière de vivre là bas. Malgré le froid, la volonté y est, ils se sont installés, adaptés, intelligents. Sans doute aussi ils sont ravis de revenir sur "leur" île. Parfois, avec le temps, ils ne la reconnaissent plus, car entre temps, des constructions, aménagements ont été réalisé qui à la fois rendent service mais aussi défigurent le paysage. Penser aux routes, lotissements, NRL, carrières grands surfaces commerciales, ponts...Vive le mouvement, la débrouillardise, le changement, il est grand temps, osez oté ! Arthur.

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