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Quel rassemblement ? Quelle gouvernance pour La Réunion ?

9e Congrès du PCR – 5 février 2017 à Sainte-Suzanne

Yvan Dejean / 18 janvier 2017

Les thèses soumises à la réflexion des adhérents pour le 9e congrès du Parti Communiste Réunionnais qui se tiendra le 5 février à Sainte-Suzanne évoquent la nécessité du rassemblement. Elles évoquent aussi le problème de la gouvernance dans notre pays. Je voudrais apporter ma contribution dans la réflexion sur ce thème.

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La filière canne joue son avenir, 18.000 emplois en jeu. C’est un élément d’une crise globale face à laquelle le PCR milite pour le rassemblement et une nouvelle gouvernance. (phoyo Toniox)

1 : Le rassemblement

En 1959, lors de la création du PCR, le Parti considérait que le régime colonial pourtant officiellement aboli en 1946 était toujours en vigueur à La Réunion. Les plus anciens se souviennent du climat politique de l’époque : répression, fraude, etc. Pour faire face à cette situation, le Parti Communiste Réunionnais appelait déjà au rassemblement des Réunionnaises et des Réunionnais et donc pas seulement des communistes.

Ce rassemblement, rappelons-le, était déjà mis en œuvre en 1946 quand il s’est agit de changer de régime à la fin de la seconde guerre mondiale. Ce rassemblement a abouti à la loi de 1946. Il était l’œuvre du CRADS qui regroupait des communistes comme Raymond Vergès, Léon de Lépervanche ou des personnalités dites de droite comme Georges Repiquet, Fernand Collardo, etc. Ainsi, l’idée du rassemblement n’est pas nouvelle pour les communistes réunionnais. Elle s’inscrit même dans la culture de notre Parti.

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Rassemblement du CRADS au Jardin de l’État en 1946- ou 1947. Les communistes étaient parmi les principaux initiatiateurs du CRADS.

Aujourd’hui, nous n’avons plus à voir comment mettre fin au régime colonial, la situation est fondamentalement différente, mais cette situation est préoccupante et elle interpelle tous les Réunionnais. Il s’agit comme chacun le sait d’un taux de chômage record, d’un niveau de pauvreté important, d’un nombre de personnes frappées d’illettrisme qui ne baisse pas et des difficultés à se loger pour un grand nombre d’entre nous. De plus, cette situation va s’aggraver avec les dangers à venir comme la fin des quotas sucriers, les conséquences de la signature des Accords de Partenariat Economique avec les pays voisins d’Afrique.

Il en résulte une opinion de plus en plus large qui considère que pour régler les problèmes actuels et pour faire face aux défis à venir que le cadre actuel a atteint ses limites et qu’il convient de le dépasser.

Le PCR considère que le moment est venu de réunir tous ceux et toutes celles qui considèrent que les choses ne peuvent plus continuer comme avant et qu’il faut changer. Raisons pour lesquelles nous appelons au rassemblement. Comprenons-nous bien : il ne s’agit pas d’un appel à rassembler à l’intérieur ou derrière le Parti. Il s’agit d’un appel à toutes les forces vives pour qu’elles se rassemblent autour d’un projet, d’un programme et d’un objectif partagé à élaborer en commun. Un tel rassemblement sur des bases et des objectifs précis est une nécessité absolue si l’on veut éviter une aggravation de la situation qui est déjà très grave. Nous disons également que c’est maintenant qu’il faut faire ce rassemblement puisque dans quelques mois s’installera en France un nouveau pouvoir. Il faut que La Réunion lui parle d’une même voix. C’est maintenant que ce nouveau pouvoir en France doit entendre cette voix et non pas à la fin de son mandat car il sera alors trop tard.

2 : De la gouvernance

De la gouvernance pour quoi faire ? Si, comme le disait le Général de Gaulle, c’est pour inaugurer des chrysanthèmes alors ce n’est pas la peine. Par contre, s’il s’agit pour le peuple réunionnais de gérer les affaires de son pays, il convient d’une part qu’il ait des compétences pour le faire, et d’autre part un mode de gouvernance qui permet au peuple d’exercer ses droits.

En matière de compétences, il convient d’élargir celles dont disposent aujourd’hui les collectivités réunionnaises. Les Antillais et Guyanais ainsi que les Corses ont des champs de compétences bien plus important que les Réunionnais. Cela n’est pas acceptable. Comme disait Laurent « nou lé pas plus, nous lé pas moin, respecte à nou ». Cela acquis, les instances de décisions, qu’elles soient municipales ou territoriales, doivent être représentées par tous les courants de pensée et représentatives de la composition du peuple réunionnais. D’abord paritaire, ensuite professionnelles, sociales, etc. Ce qui suppose un mode de scrutin à la proportionnelle intégrale. La dispersion des responsabilités par l’existence de plusieurs assemblées ne permet pas l’efficacité attendue des institutions, pas plus qu’elle n’offre une bonne lisibilité aux citoyens. C’est pourquoi nous préconisons l’existence d’une assemblée unique. Ainsi, compétences élargies, assemblée unique délibérant dans le cadre de ses compétences et élue à la proportionnelle intégrale, lisibilité plus claire, telles sont nos exigences pour un peuple réunionnais responsable. Cette assemblée, si elle doit être opérationnelle, doit disposer d’un fond de développement.

Rassembler pour la responsabilité afin d’aller vers le développement sont les thèmes majeurs qui seront débattus lors de notre 9 ème Congrès.

Yvan Dejean



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  • Les réunionnais se rassemblent derrière plusieurs partis politiques selon leur conception de leur intérêt général . Le PCR peut revendiquer l’autonomie politique comme il l’a déjà fait par le passé , mais je doute qu’il arrive à rassembler la majorité des réunionnais sous sa bannière sur ce mot d’ordre . l’autonomie politique est une condition indispensable pour le développement de la réunion , mais pour cela il faut que la constitution de la république soit modifiée, notamment les dispositions de l’article 73 qui donne aux autres départements d’outremer des Antilles et de Guyane la possibilité d’adapter la législation nationale à leurs spécificités locales mais qui refuse cette possibilité à l’île de la réunion.
    même si tous mes partis politiques de la réunion qu’ils soient de droite ou de gauche revendiquent ce droit , il ne pourront pas avancer tant que la constitution ne sera pas modifiée. Le sénateur Paul verges avait bien compris l’importance de cette étape pour le développement de la réunion et il a demandé au gouvernement de faire le nécessaire depuis plusieurs années , mais sa demande n’a jamais été entendue malgré les réformes de la constitution qui ont eu lieu au cours de ces dernières années.
    Les instances politiques nationales ont toujours fait la sourde oreille à cette revendication fondamentale . Si les élus réunionnais sont convaincus que le développement de leur île passent par une plus grande autonomie politique , il faudrait qu’ils se montrent plus agressifs pour faire valoir leur revendication de modification de l’article 73 de la constitution . l’un des moyens efficace est que chaque parti politique inscrive cette revendication à leur programme , pourquoi ne pas envisager un rassemblement des partis sur une plateforme commune qui réclamerait avec vigueur la prise en compte de leur revendication par les autorités nationales et bien entendu par tous les candidats à l’élection présidentielle et si on ne les écoute toujours pas d’utiliser le moyen qui a toujours été utilisé pour obtenir une avancée des droits sociaux , celui de la grève .l’élu politique local a une double casquette , il agit en qualité de représentant de la population qui l’a élu mais aussi en tant qu’agent de l’état lorsqu’il assume de fonctions nationales comme l’organisation des élections.
    A l’occasion des élections qui s’approchent , d’abord l’élection présidentielle, puis les élections législatives , ils pourraient utiliser ce droit de grève et refuser d’organiser les élections au moment venu s’ils n’ont pas l’assurance que l’article 73 de la constitution soient modifié de manière à leur permettre d’accéder à une véritable autonomie politique dans le cadre d’une assemblée unique regroupant les élus du conseil général et ceux du conseil régional dans une assemblée unique qui seraient autorisée à légiférer dans certains domaines qui ne relèvent du droit régalien et qui permettraient de mieux conduire la réunion sur les chemins qui leur semble le plus adapté à son progrès . Ce serait peut être un précédent qui démontrerait que la démocratie française passe d’abord par l’écoute de la population où qu’elle se situe , en France métropolitaine ou en outre mer notamment lorsqu’elle a suffisamment de force pour parler d’une seule voix . C’est en ce sens que j’entends le mot rassemblement , celui d’une convergence des sentiments et des opinions qui existent dans chaque parti politique de la réunion mais que seul le parti communiste ose mettre en avant actuellement . Il est temps que tout le monde se réveille et fasse front commun à l’oppression institutionnelle contenue manifestement dans la rupture de l’égalité de droit qui est imposée aux réunionnais par l’article 73 de la constitution tel qu’il est rédigé et appliqué actuellement .

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