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Route en mer : le signal de la reprise en main par l’Etat

Emmanuel Macron face à l’incapacité de la Région Réunion de mener à bien un projet devenu pharaonique

Manuel Marchal / 23 octobre 2019

A la veille de son arrivée à La Réunion, Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse à Mayotte durant laquelle a été abordée un sujet concernant La Réunion : la route en mer. A La Réunion, il est attendu sur d’autres sujets tels que la lutte contre le chômage et contre la vie chère avec à l’ordre du jour une grève générale demain et une manifestation entre le Jardin de l’Etat et la Préfecture.

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C’est à Bois-Blanc, contre le projet de carrière, qu’eut lieu la plus grande manifestation jamais organisée à La Réunion sur le thème de la protection de l’environnement.

Emmanuel Macron est arrivé hier dans notre région, à Mayotte. Comme il fallait s’y attendre, la question de l’immigration était le sujet le plus attendu concernant Mayotte. Mais il a anticipé son séjour en évoquant une question qui n’est pas à l’ordre du jour de ces séquences officielles à La Réunion : la route en mer.

Le président de la République a en effet insisté sur la question des matériaux, et sur la nécessité de faire des études pour voir comment sortir le chantier complètement dans l’impasse, justement parce qu’il a été lancé sans que les matériaux nécessaires ne soient disponibles à La Réunion.

« Le chef de l’Etat a insisté sur l’importance de s’assurer de l’approvisionnement en matériaux avant d’entamer tout chantier. Des études commenceront donc en ce sens dans les prochains mois, a annoncé Emmanuel Macron », explique Réunion Première, « nous sommes échaudés par le chantier de la Route du Littoral à La Réunion où nous n’avons collectivement pas su être au rendez-vous, et parfois aussi la production et les acteurs locaux », a déclaré le président de la République.

Cette prise de position raisonne comme le signal d’une reprise en main de la situation par l’État. Cela ne peut que traduire l’incapacité de Didier Robert à mener à bien un chantier de cette envergure. Et oui, n’est pas Paul Vergès qui veut !
Le séjour réunionnais d’Emmanuel Macron permettra sans doute de confirmer cet accompagnement renforcé de l’État d’une collectivité, la Région, placée au coeur des difficultés à cause de la décision de Didier Robert de privilégier l’intérêt d’une corporation, les transporteurs, au détriment de l’intérêt général comme le rappelle le choix technique d’une digue pour supporter la route.

Gageons que les études annoncées par le président de la République intègrent l’indispensable expertise financière, technique et environnementale du chantier de la route en mer afin de déterminer une alternative susceptible de réaliser la sécurisation de la liaison Saint-Denis/La Possession à un coût acceptable pour le contribuable.

M.M.