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Transports : mettre fin à 11 ans d’immobilisme

Régionales : l’occasion de sortir de l’impasse du tout-automobile à La Réunion

Témoignages.re / 15 juin 2021

La question des transports était à l’ordre du jour des deux débats télévisés ayant invité les 11 têtes de liste aux élections régionales. La nécessité d’une expertise du chantier de la route en mer a de nouveau été rappelée par Ericka Bareigts.

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Voici 11 ans, l’arrivée de Didier Robert à la tête de la Région Réunion a entraîné un changement dans la politique des transports. La priorité a été donnée au développement de l’automobile alors que le chantier du train était abandonné. 11 ans plus tard, la population perd de plus en plus de temps dans les embouteillages, alors que la part des transports collectifs dans les déplacements inter-urbains, compétence de la Région Réunion, est marginale par rapport à l’automobile.
Cette politique fait des gagnants. Ce sont notamment tous les intermédiaires qui concourent à la vente à La Réunion de plus de 20.000 véhicules neufs par an, ou qui bénéficient des profits de l’importation de plusieurs centaines de millions d’euros de carburant. Avec la croissance démographique de La Réunion et un aménagement du territoire obligeant à se déplacer, la situation ne pourra pas s’améliorer.

Voici 11 ans, l’alternative à cette crise inévitable était le train. Lors des élections régionales de 2015, tous les candidats avaient inscrits un réseau ferré dans leur programme. Didier Robert a été réélu notamment sur cette promesse. 6 ans plus tard, le premier rail est encore loin d’être posé. Dans le même temps, la Région Réunion a engagé les Réunionnais dans un chantier impossible à finir faute de matériaux disponibles : la seconde partie de la route en mer reste bien virtuelle entre La Possession et la Grande Chaloupe.
Dans ces conditions, la première préoccupation est de tout remettre à plat. Cela suppose de connaître précisément l’état d’avancement du chantier de la route en mer. Depuis que les crédits affectés à la construction du train ont été réaffectés par la Région et l’État à la route en mer, une expertise technique, financière et environnementale est demandée, tout d’abord par le PCR et l’Alliance, puis aujourd’hui par de plus en plus de personnes soucieuses de la bonne utilisation des fonds publics et de la protection de l’environnement. Cette revendication est portée par Ericka Bareigts, tête de liste de Nouvel Avenir pour La Réunion, liste soutenue par le PCR.

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Des questions importantes sont en effet sans réponse.
Sur la base d’un coût initial de 1,6 milliard d’euros en 2010, et qui ne devait pas être dépassé selon Didier Robert, où en sommes-nous ?
Combien la Région Réunion risque-t-elle de payer si les entreprises bénéficiaires du marché gagnent leur recours contre le maître d’ouvrage du chantier ?
Combien va coûter la recherche d’une alternative à une digue impossible à réaliser ?
Après avoir subi une baisse de près de 250 millions d’euros de son budget en 2020, la Région Réunion a-t-elle les capacités financières d’assumer seule les dépassements inévitables sur un tel chantier ?
Ce sont autant de réponses qui conditionnent la stratégie à définir. Chaque jour, l’inadaptation du tout-automobile à la réalité de la géographie réunionnaise pénalise toute la population. Il ne faudra donc pas attendre la fin hypothétique de la route en mer pour relancer la reconstruction du train à La Réunion. Sur la base de l’intérêt général de 850.000 habitants, il sera donc nécessaire de rechercher les financements nécessaires pour tenter de raccourcir les délais.
Le plan de relance de l’Union européenne peut être un levier. Près de 135 millions d’euros ont été attribués à la Guadeloupe dans ce cadre, ils serviront à appuyer des projets de développement, comme une école d’ingénieurs. Ce plan de relance peut amorcer la reconstruction du train, un chantier qui sera beaucoup plus rapide que la route en mer et qui pourra être mené à bien sans avoir à ouvrir de nouvelles carrières ou à importer des roches de Madagascar.

M.M.



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  • Les transports, sujet important, primordial car lié à l’avenir, au travail, celui des jeunes qui même diplômés, sont ici soit en attente, ou bien sous employés et donc aussi sous-payés sans réelle perspective ("c’est ça ou rien", "d’autres attendent la place si vous démissionnez")), difficile dans ses conditions d’avoir des ambitions et quel gâchis pour la société, les parents qui auront financés les études pour rien au final), espérons que l’avenir sera meilleur. Pourquoi ainsi ne pas lier les projets structurels à ceux professionnels ? Personnellement, je suis pour le retour du train, enfin un TER péi électrique cette fois, qui reliera Ste Rose tant qu’on y est à St Joseph, il permettra de gagner du temps, de moins polluer surtout s’il utilise les énergies renouvelables qui sont disponibles ici, géothermie comprise comme depuis déjà longtemps en Nouvelle-Zélande, Islande, Japon, Guadeloupe aussi bientôt. Finir la NRL pour qu’elle puisse soutenir les voies ferrés, mais au fait, est-il exact que la route actuelle celle de 1976 devrait être détruite à terme ? Quelle sera alors la destinée des gravats ? Vendus, recyclés pour d’autres chantiers, balancés à la mer comme des déchets ? Merci de bien vouloir nous donner votre avis sur mes propositions, vive le changement, des nouveaux aux manettes, en lieu et place des anciens qui voudraient encore rester. Qui saurait combien d’appartements, de villas de fonction ont été attribué aux élus ? Idem pour leurs voitures, assurances comprises. On comprend alors aisément que ces gens-là, ne veulent surtout pas quitter pareille situation, à nos frais, petits amuses gueules et voyages en avion "classe affaire" compris, pas vraiment fraternel, altruiste tout ça non ? C’est injuste dans une île au 40% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, tout simplement. Arthur.

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