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Un indépendantiste élu président de Kanaky Nouvelle-Calédonie

L’élection de Louis Mapou est un « jour historique » pour le FLNKS

Manuel Marchal / 9 juillet 2021

Pour la première fois depuis les Accords de Matignon en 1988, et à quelques mois d’un référendum sur l’indépendance du territoire, c’est un indépendantiste qui est le président du gouvernement de Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’agit de Louis Mapou, de l’Union nationale de l’indépendance, membre du FLNKS, élu mercredi. Les indépendantistes dirigent déjà le Congrès, qui est l’assemblée du Pays.

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Il existe au sein de la République un territoire où plus de 80 % des électeurs inscrits se déplacent pour aller voter, c’est la Kanaky Nouvelle Calédonie. Cette participation de plus de 80 % a été atteinte lors de la dernière consultation sur l’avenir institutionnel du pays. Avec un score de 47 %, l’indépendance était en progrès par rapport au précédent scrutin sur ce sujet.
Lors des élections qui ont suivi, les indépendantistes du FLNKS allié à l’Eveil océanien ont constitué une majorité au Congrès, l’assemblée. C’est donc un membre du FLNKS qui dirige cette institution.

Accord sur l’essentiel

Mais un blocage subsistait au niveau du gouvernement depuis le 17 février. Une divergence existait entre deux partis du FLNKS : l’Union calédonienne et l’Union nationale de l’indépendance. Elle s’était notamment manifestée par l’absence de l’UNI dans la délégation qui a rencontré les plus hautes autorités à Paris le mois dernier.
Un accord la semaine dernière a mis fin aux divergences. Jeudi, le gouvernement s’est réuni pour élire son président. 6 voix en faveur de Louis Mapou, 4 voix pour le président sortant Thierry Santa et 1 vote blanc de la part de Joseph Manauté de Calédonie ensemble.
« Cette élection démontre à nouveau que l’UC sait prendre ses responsabilités dès lors qu’il s’agit de sortir le pays de ses difficultés », affirme l’Union calédonienne, « le pays a besoin d’un exécutif de plein exercice pour traiter les problèmes des Calédoniens et pour que la campagne pour la troisième consultation se déroule dans les meilleures conditions ».
« Il reste cinq mois pour trouver la solution. Une solution de dialogue, une solution dans la collégialité, puisque nous l’avons défendue. Je rajouterai qu’il y a beaucoup de difficultés. Il y a de fortes inégalités. Il faut bien poser les choses. Si ce gouvernement collégial à majorité indépendantiste pouvait être une lueur d’espoir pour les gens, on aura déjà gagné beaucoup. », a déclaré pour sa part le nouveau président du gouvernement de Kanaky Nouvelle-Calédonie.
Les battus disent pour le moment refuser une vice-présidence, refusant d’apporter leur « caution » à un gouvernement dirigé par un indépendantiste.

Voie originale de décolonisation

Pour le FLNKS, c’est un jour historique. Ce 8 juillet 2021 marque également la commémoration d’un anniversaire : le 8 juillet 1983 s’étaient ouvertes en France les discussions entre le Front indépendantiste, le RPCR opposé à l’indépendance et le gouvernement représenté par son secrétaire d’État à l’Outre-mer.
Le 12 décembre aura lieu le 3e référendum prévu dans le cadre des Accords de Nouméa. Les rencontres de Paris montrent une évolution des dirigeants de la France sur cette question. Tout d’abord, les discussions ont indiqué que la France n’organisera pas la partition du pays sur le modèle des Comores, si le pays devient indépendant, ce sera entièrement avec toutes ses ressources naturelles. La France a aussi travaillé à présenter des propositions pour un accord d’association avec le futur Etat indépendant.
En Kanaky Nouvelle-Calédonie, un processus original de décolonisation se poursuit, dans un pays où les représentants de la population ont eu la possibilité de refuser l’importation du coronavirus sur leur territoire, et donc d’éviter une crise sanitaire et les drames causés par les décès.

M.M.



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  • Espérons que les armes alliées à l’alcool, ça ne fait jamais bon ménage, ne sortiront pas des sacs, comme dans les années 80 nommées "les années des évènements", une grande majorité participe, tant mieux, on y verra mieux, tout le monde semble concerné indépendance ou pas ? On verra bien le résultat des urnes. Respect. Personnellement, je ne comprends pas pourquoi, parmi ceux qui préfèrent rester attacher à la France, aucun ne propose, ne pense même à proposer le changement de TOM à DOM, comme Mayotte pour là bas, Ainsi, la SS ferait son apparition, ainsi que la Française de jeux, pour le tiercé et les lotos, puis le PACS, les 35H, le SMiG, edf, la Poste etc...Bon we zot tout, Arthur.

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