Co-développement

« Il faut corriger le tort historique que la Grande-Bretagne a fait subir au peuple chagossien »

Rencontre à Londres des chefs d’Etat du Commonwealth. Le Labour Party interpelle Theresa May :

Alain Dreneau . Georges Gauvin / 17 avril 2018

Le Comité de solidarité Chagos-La Réunion a rendu public hier une note d’information sur une rencontre des chefs d’État du Commonwealth à la veille de laquelle le Labour Party a mis sur la table la question de la déportation du peuple chagossien. Voici le contenu de cette note.

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La rencontre du 7 février 2018 entre Jeremy Corbyn et la représentation chagossienne (Olivier Bancoult et Sabrina Jean) : un soutien déterminé.

Une rencontre des Chefs d’Etat du Commonwealth – il s’agit d’une organisation intergouvernementale composée, pour la plupart de ses 53 membres, d’anciens territoires de l’Empire britannique – vient de s’ouvrir à Londres. Elle se tient du 16 au 20 avril. Un tel rassemblement des responsables gouvernementaux d’aussi nombreux et importants pays, à l’implantation géographique aussi diversifiée de par le monde, constitue un événement politique majeur de l’actualité internationale de cette année 2018.

Le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth sera bien évidemment présent à Londres pour participer à cet événement. Au programme des rencontres figure un tête-à-tête entre Pravind Jugnauth et la Première ministre britannique Theresa May. La question brûlante des Chagos est l’un des deux dossiers prioritaires, avec le Brexit, qui sera à l’ordre du jour entre les deux Premiers ministres (l’Express du 14 avril). “Brûlante”, parce que nul n’ignore que le dossier du drame chagossien est en procédure d’examen par la Cour internationale de Justice, suite au vote de l’assemblée générale des Nations–Unies le 22 juin 2017. Le gouvernement de Londres se retrouve dans une position de moins en moins tenable, et Theresa May risque de faire l’amère expérience de son discrédit croissant face à ses pairs du Commonwealth. Il est fort probable que les Chagos vont faire l’objet de débats au cours de la semaine.

Depuis plusieurs mois, Olivier Bancoult, le dirigeant du Groupe Réfugiés Chagos, avait pointé l’importance de ce rendez-vous à la résonance internationale. Il s’en était entretenu le 7 février dernier à Londres avec le leader du Labour Party (parti travailliste) Jeremy Corbyn, qui lui avait confirmé le soutien qu’il apportait à la revendication chagossienne d’un retour et d’une réinstallation aux Chagos (“Témoignages” du 10 février 2018). Ce soutien vient de se concrétiser avec éclat par une déclaration en date du 12 avril provenant de la secrétaire aux affaires étrangères du parti travailliste, Emily Thornberry.
Dans cette déclaration relayée par le “Guardian”, elle enjoint la Première ministre britannique de saisir l’occasion des rencontres du Commonwealth pour « s’excuser pour les erreurs britanniques historiques » commises à l’encontre des Chagos et des Chagossiens. Non seulement « s’excuser » mais « les corriger » : « Nous devons écouter nos partenaires, en particulier ces 33 pays du Commonwealth – conduits par Maurice – qui ont voté en juin de l’année dernière la décision de déférer la Grande-Bretagne devant la Cour internationale de Justice. Et nous devons corriger le tort historique que notre pays a fait subir au peuple chagossien ».

Le combat continue pour Olivier Bancoult et les Chagossiens, encouragés par des soutiens qui s’élargissent et se renforcent.

Pour le Comité Solidarité Chagos La Réunion
Georges Gauvin
Alain Dreneau