Union européenne

4 milliards d’euros pour la Grèce

Crise en Europe

Céline Tabou / 10 juillet 2013

Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de verser 4 milliards d’euros à la Grèce, sous certaines conditions. L’aide versée par la zone euro et le Fonds monétaire international, devrait s’élever au total à 6,8 milliards d’euros.

2,5 milliards proviendront du fonds de soutien de la zone euro et devraient être versés fin juillet, et 1,5 milliard des banques centrales européennes. Celles-ci devraient restituer des intérêts sur la dette grecque, ont précisé les ministres dans un communiqué de presse, après une réunion à Bruxelles.

Une aide totale de 6,8 milliards d’euros

En plus des 4 milliards prévus, 500 millions d’euros du fonds de soutien de la zone euro et 500 millions d’euros des banques centrales seront versés en octobre, auquel s’ajoutent 1,8 milliard d’euros du FMI, qui se prononcera fin juillet. « J’ai toutes les raisons de penser qu’un déblocage de 1,8 milliard d’euros aura lieu fin juillet  », a déclaré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, qui a assisté lundi à la réunion de la zone euro.

«  Nous avons demandé au ministre grec de renforcer les dispositions concernant la réforme de l’Etat, de faire en sorte que les administrations priorisées soient celles qui correspondent à de vrais besoins des services publics, réduire aussi le volume de l’administration en Grèce, qui est tout à fait excessif  », a indiqué Pierre Moscovici, le ministre français des Finances. En contrepartie de ces aides, le gouvernement devra réduire le secteur public, a expliqué le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, lors d’une conférence de presse. Tandis que «  les versements d’octobre dépendront de l’avancée des privatisations » , a indiqué ce dernier. Le gouvernement devra concrètement supprimer 4.000 emplois publics d’ici à la fin de l’année et imposer des mutations à 25.000 agents de son administration pléthorique.

Des efforts faits d’après la zone euro

La Grèce a  « fait des efforts supplémentaires pour mettre en place les réformes structurelles et budgétaires » , ont indiqué les ministres de la zone euro. Ces réformes ont été décidées en échange de l’aide bien que certaines se font  « lentement ». C’est pour cette raison qu’ « il est temps d’accélérer le rythme des réformes en Grèce » , a affirmé le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Olli Rehn. Les experts de la troïka ont expliqué que « l’avenir reste toutefois incertain », en raison des « retards dans la mise en œuvre de la politique dans certains domaines ».

Cependant ces réformes ont un impact direct sur la vie des Grecs, et notamment des fonctionnaires municipaux qui sont en grève depuis lundi 8 juillet. Ces derniers protestent contre les projets du gouvernement de supprimer des milliers de postes afin de sécuriser les versements des bailleurs de fonds internationaux du pays. Cette grève de 24 heures a été lancée par le syndicat POE-OTA de la fonction publique territoriale, après l’annonce du gouvernement de lancer un plan de mobilité où seraient placés 12.500 salariés du secteur public local.

Céline Tabou