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Jean-Hugues Ratenon et la hausse décidée par le préfet
16 septembre 2009, par

Les services de l’Etat ont lancé dans la presse réunionnaise une campagne de communication qui vise à légitimer la récente décision prise par le Préfet d’augmenter le prix des carburants et de la bouteille de gaz. Décryptage avec Jean-Hugues Ratenon.
Si l’on en croit la communication préfectorale, la transparence est acquise depuis la publication des rapports, notamment celui de la Haute Autorité de la Concurrence. Qu’en est-il selon vous ?
- C’est un argument qui ne tient pas… Parce que c’est justement le défaut de transparence qui est très clairement pointé par les rapports dont il est question. La transparence n’existe presque pas : on ne connaît toujours pas le mécanisme de formation des prix. On ne connaît pas le rôle des traders dans la spéculation sur les produits pétroliers et les conditions de leur acquisition à Singapour.
De plus, on ne sait rien de la nature ni de l’intensité des liens entre les pétroliers et les stations-service. Y a-t-il des passerelles ? Quelles sont les marges bénéficiaires véritables ? Sur tous ces points, l’opacité demeure complète. Il est vrai qu’un peu plus de transparence a été conquise à la suite des mobilisations de la population réunionnaise. Mais dire que les conditions réelles et acceptables de la transparence sont acquises aujourd’hui, c’est tout simplement faux.
Toujours selon le même document, l’Etat s’est engagé à partir d’avril 2009. Quel commentaire vous inspire cette déclaration ?
- Si l’Etat s’est « engagé », c’est surtout parce qu’il y a eu des mouvements de masse pour “l’engager”. L’engagement, c’est l’accord Etat-COSPAR ; la baisse et le gel des prix qui ont été obtenues alors sont avant tout la conséquence de la grande mobilisation du 5 Mars.
Mais lorsque le Préfet a décidé d’augmenter à nouveau le prix des carburants, a-t-il consulté le COSPAR ? Non.
En conséquence, on se pose des questions : le Préfet dit avoir négocié avec les élus, les acteurs sociaux, etc… ? De qui s’agit-il ? Où et quand ont eu lieu ces fameuses négociations ? En réalité, il semble que l’Etat cherche à faire porter le chapeau aux acteurs locaux, et la « concertation » dont il parle a surtout eu lieu avec les pétroliers…
Quelles seront, selon vous, les conséquences de la décision préfectorale ?
- Une dégradation du pouvoir d’achat : pour les plus pauvres, la hausse de la bouteille de gaz va constituer une lourde charge. Les travailleurs, ceux qui recherchent un emploi, vont également ressentir les effets de cette hausse. D’autre part, on peut craindre que cette décision fasse repartir les prix à la hausse. Je ne sais pas si le Préfet a bien pesé toutes les conséquences de cette décision.
Propos recueillis par Geoffroy Géraud
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