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Paul Vergès et la nouvelle situation à la suite des élections
6 octobre 2009, par

Les résultats des élections d’hier font que l’on ne pourra plus réagir comme avant. À moins d’un mois des décisions que prendra le gouvernement lors du Conseil interministériel sur l’Outre-mer, c’est une nouvelle étape qui s’ouvre. Le projet porté initialement par la Région et le Département est en train de devenir celui des collectivités locales qui représentent au plus près les Réunionnais. Ce sont des propositions réunionnaises qui sont désormais renforcée. Car dimanche, en élargissant leur rassemblement autour des candidats élus en mars 2008, les Réunionnais ont montré leur volonté d’être respecté.
Le président de la Région a tiré hier plusieurs enseignements de dimanche. Tout d’abord, c’est une participation plus grande des électeurs. Ensuite, tous les auteurs des recours ont vu leur score régresser par rapport à mars 2008.
Pour Paul Vergès, « c’est la confirmation de la ligne politique que nous avons » : face à la gravité de la situation, rassembler au maximum les Réunionnais, au-delà des clivages politiques.
Un autre aspect souligné par le président de la Région est le rôle décisif joué par les militants locaux. Aussi bien à Saint-Paul qu’à Saint-Louis, le président de la Région note que le mot d’ordre "vous avez les moyens de gagner" s’est vérifié dans la réalité, ce qui est un encouragement pour les échéances ultérieures. Désormais dans chaque commune, les militants savent qu’« il y a un collectif suffisant qui peut agir et emporter la victoire ».
La victoire des militants locaux
C’est un désaveu infligé à ceux qui pensent que c’est de Paris que vient l’appui décisif. Tous ceux qui ont fait appel à des émissaires parisiens ont été battus. Et d’ailleurs, « pourquoi sont-ils intervenus aussi pesamment pour un résultat aussi négatif ? », interroge Paul Vergès.
Et à partir de ce résultat positif, la traduction immédiate est la « consolidation du rassemblement ». Une union qui s’effectue en rapport avec un contenu.
« Ces résultats interviennent dans une situation excessivement grave », poursuit Paul Vergès, « les problèmes demeurent ».
La gravité de la situation a provoqué le lancement des États généraux. Et la conclusion de cette initiative approche, a rappelé Paul Vergès, évoquant le Conseil interministériel fin octobre-début novembre, puis les annonces du président de la République en novembre et ensuite la traduction dans la loi de ces annonces.
Dans ce contexte, le défi est de passer d’une consultation municipale à un enjeu de niveau supérieur : comment porter au plus haut niveau les propositions réunionnaises ?
Le temps de la décision
Paul Vergès rappelle la démarche initiée par le Conseil général et la Région. Au moment où les huit ateliers des États généraux présentaient la synthèse locale, les deux assemblées travaillaient à un document conjoint qu’elles allaient adopter. Dès son adoption, ce texte a été présenté aux communes, et plusieurs d’entre elles ont déjà voté favorablement pour ce document qui devient le projet de la majorité des institutions réunionnaises, représentative d’une très large majorité des Réunionnais.
Ce "plan cohérent" est donc une contribution clé adressée au gouvernement. « La plus grande humiliation, c’est que le gouvernement prenne les décisions sans tenir compte de ce qu’ont dit les Réunionnais », souligne Paul Vergès. Chaque jour, le plan présenté par la Région et le Département voit ses soutiens s’élargir, de nouvelles collectivités locales adhèrent à ce mouvement qui ne cesse d’amplifier la solidarité des Réunionnais autour d’un projet commun.
Fin octobre, au moment où sera venu le moment de décider, le gouvernement devra se positionner sur chaque proposition, et expliquer pourquoi il est contre au cas où elle n’est pas retenue. À partir de cette réponse, chacun pourra en tirer ses conclusions. Ce mois est donc décisif, et la dynamique issue des scrutins exprime la volonté des Réunionnais de se faire respecter.
Manuel Marchal
Nouvelle économie, nouvelles instances
La question de la gouvernance est posée dans le cadre des États généraux, et plus largement dans la réforme des collectivités territoriales lancée également par le gouvernement. Se pose alors la question de la sacralisation du Conseil général, puisque ce dernier a un mode de désignation à l’inverse de ce qui se fait en France. En effet, au lieu que le conseiller général soit l’élu de plusieurs communes, c’est la commune qui comprend plusieurs cantons.
Par conséquent, du fait de sa composition, le Conseil général de La Réunion peut difficilement échapper à des préoccupations municipales.
La réforme remettrait en cause les places, précise le président de la Région. Paul Vergès est persuadé que le consensus se fera, le plus tôt possible. L’émergence d’une nouvelle économie amène de nouvelles instances, dit-il. Quant aux défenseurs du statu quo, ils refusent l’assemblée unique tout en proposant la création d’une Région de l’océan Indien comprenant La Réunion et Mayotte. Or, Mayotte sera gérée par une assemblée unique. Combien de temps perdurera cette contradiction ?
Maturité de l’électorat
Du côté des auteurs des recours, la volonté d’union n’était pas la même que du côté des forces de progrès, notamment à Saint-Paul. Les ralliements de dernière minute ont eu l’effet inverse qu’escompté, affirme Paul Vergès. Cela est dû à la lucidité du corps électoral qui arrive à distinguer les paroles des actes.
Et à Saint-Paul, certains ont fait entre les deux tours le contraire de ce qui était proclamé durant toute la campagne. Résultat, au deuxième tour, la fusion des listes d’Alain Bénard et de Cyrille Melchior obtient moins de voix que la somme des deux listes au premier tour, alors que la participation a augmenté.
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