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Aménagement du territoire
26 octobre 2007, par

Hier, au Conseil municipal de Sainte-Suzanne, le Maire a affirmé la volonté de rendre obligatoire le recours à l’énergie solaire pour les nouvelles constructions. Une contribution pour atteindre l’autonomie énergétique en électricité d’ici 2025.
Le Port a ouvert la voie, Sainte-Suzanne lui emboîte le pas. Hier, au Conseil municipal de Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel a présenté le projet ville solaire. Une série de propositions pour favoriser le recours aux énergies renouvelables dans l’aménagement de la commune et faire des économies d’énergie. Depuis 2006, la commune travaille en partenariat avec l’ARER (Agence Régionale de l’Energie Réunion) pour définir une stratégie énergétique, et le projet “Sainte-Suzanne, ville solaire” s’inscrit dans cette continuité. Sainte-Suzanne parle bien de mettre en place « une centrale solaire et d’économie d’énergie répartie sur son territoire, comme un acte d’urbanisme réglementaire et opérationnel », toute proportion gardée. Car « nous n’avons pas le même ensoleillement, précise Pierre Agon, Directeur de l’aménagement et du cadre de vie, mais l’objectif est de mettre en place un ensemble d’actions pour atteindre l’autonomie énergétique d’ici une dizaine d’années ». Ces actions vont dans le sens du PRERURE de la Région, fondé sur le recours massif aux énergies renouvelables.
Assurer les besoins en énergie
« Il s’agit d’organiser la gestion d’un bouquet multi-énergies décentralisées sans Gaz à Effet de Serre (GES). Les deux objectifs poursuivis, d’autonomie énergétique à l’horizon 2025 en énergie électrique, et 2050, pour toutes les énergies, visent à garantir la sécurité d’approvisionnement en énergie de l’île et à l’effacement de toutes les émissions de gaz à effet de serre de l’industrie de l’énergie réunionnaise. Il s’agit d’un incontournable dispositif d’atténuation au changement climatique en cours », souligne le rapport examiné en Conseil municipal.
Ville charnière entre l’Est et le Nord de l’île, Sainte-Suzanne est une commune qui se densifie, avec l’augmentation de sa population, la construction de logements, d’écoles, l’installation d’activités commerciales et industrielles. L’attractivité de la ville va certainement s’accroître avec l’arrivée du tram-train en 2012, le développement des transports en commun. Il faut donc prévoir, anticiper les besoins en énergie et les concilier avec les impératifs de développement durable. Pierre Agon rappelle ainsi que « la ville dispose déjà d’un parc de 30 éoliennes dans les Hauts de Bellevue, qui produisent suffisamment d’électricité pour alimenter près de 30.000 personnes ». A ceci s’ajoutent l’installation prochaine de 2.500 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit du centre d’enfouissement technique des ordures ménagères, l’utilisation de biogaz actuellement en expérimentation et une première école HQE (Haute Qualité Environnementale) à Bras-Pistolet. L’établissement Les Goyaviers fonctionne en effet à l’énergie solaire et récupère l’eau de pluie.
Un comité de pilotage avec le soutien de l’ARER
Les propositions de la commune sont les suivantes. Il s’agit de rendre obligatoire le recours à l’énergie solaire thermique sur les constructions neuves ainsi que l’application du référentiel PERENE qui fixe les règles de confort thermique pour les constructions. Ces règles seraient dans les documents du PLU (Plan Local d’Urbanisme). La commune propose de financer la centrale solaire urbaine en partie grâce aux compensations carbones et aux Certificats de maîtrise de l’énergie, d’où la nécessité de mesurer précisément la quantité d’émissions de gaz à effet de serre. Pour concrétiser ce projet de ville solaire, la commune a bien conscience qu’il faut sensibiliser la population et travailler ensemble. Elle propose ainsi « d’inviter les architectes, aménageurs, constructeurs, promoteurs, bailleurs de logements, maîtres d’œuvre, entreprises et industriels à renforcer leurs équipes, en termes d’effectifs, de savoir-faire et de compétences dans les domaines de la maîtrise de l’énergie, du solaire, de la gestion de l’eau et du confort thermique des constructions », et d’inciter « les industriels et chercheurs à lancer au plus tôt sur le marché des toitures intégrant les fonctionnalités d’isolation, de production d’eau chaude solaire et d’électricité solaire ». Pour préparer les citoyens à ce changement, Sainte-Suzanne demande aussi au Rectorat d’intégrer dans le cursus d’éducation l’ensemble des considérations sur le développement durable.
Enfin, un comité de pilotage doit voir le jour avec l’appui de l’ARER pour mettre en œuvre ce projet. Sainte-Suzanne invite les autres villes à engager une démarche similaire.
Edith Poulbassia
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