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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>10 decembre 1967 - 10 decembre 2020, nous n'oublierons pas</title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/hommage/10-decembre-1967-10-decembre-2020-nous-n-oublierons-pas,100011</link>
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		<dc:date>2020-12-10T02:58:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 10 d&#233;cembre 1967, le journalier Edouard Savigny a &#233;t&#233; assassin&#233; devant la mairie de St Andr&#233;, son seul tord....&#234;tre un militant communiste. Nous laisserons les faits parler d'eux m&#234;mes et reprenons ci dessous, le texte d'Eug&#232;ne Rousse publi&#233; dans les 7 martyrs. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce journalier agricole de 54 ans a &#233;t&#233; tu&#233; le 10 d&#233;cembre 1967 par des nervis pr&#232;s de la Mairie de Saint-Andr&#233; lors d'&#233;lections marqu&#233;es par des fraudes grossi&#232;res et massives. Quatre des cinq personnes impliqu&#233;es dans cet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/culture/hommage/" rel="directory"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton100011-20bf5.jpg?1780807853' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 10 d&#233;cembre 1967, le journalier Edouard Savigny a &#233;t&#233; assassin&#233; devant la mairie de St Andr&#233;, son seul tord....&#234;tre un militant communiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous laisserons les faits parler d'eux m&#234;mes et reprenons ci dessous, le texte d'Eug&#232;ne Rousse publi&#233; dans les 7 martyrs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_63893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/pcr-logo-4-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/pcr-logo-4-2-44ca9.jpg?1780807853' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce journalier agricole de 54 ans a &#233;t&#233; tu&#233; le 10 d&#233;cembre 1967 par des nervis pr&#232;s de la Mairie de Saint-Andr&#233; lors d'&#233;lections marqu&#233;es par des fraudes grossi&#232;res et massives. Quatre des cinq personnes impliqu&#233;es dans cet assassinat ont &#233;t&#233; acquitt&#233;es par la Cour d'Assises de Saint-Denis ; la derni&#232;re s'en est tir&#233;e avec une l&#233;g&#232;re peine de prison avec sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on pouvait le craindre, la journ&#233;e du 10 d&#233;cembre 1967 d&#233;bute tr&#232;s mal &#224; Saint-Andr&#233;. Avant l'ouverture du scrutin municipal et cantonal, des nervis bien connus se postent aux abords des bureaux de vote, poussant des cris hostiles aux mandataires de la liste communiste sans que l'imposant service d'ordre ne daigne intervenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que ces gros bras s'emploient par leurs vocif&#233;rations &#224; effrayer les &#233;lecteurs, des repr&#233;sentants de la droite ultra paradent au balcon de l'H&#244;tel de Ville. Quant &#224; Paul Verg&#232;s, candidat tant aux Municipales qu'&#224; la Cantonale partielle de ce jour, chacune de ses apparitions devant un bureau de vote ou sur la place de la mairie provoque des clameurs, des insultes et des d&#233;monstrations mena&#231;antes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expulsion de Paul Verg&#232;s, bourrage des urnes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Afin que le scrutin se d&#233;roule dans le calme, le leader communiste s'entretient en d&#233;but d'apr&#232;s-midi avec le pr&#233;sident de la d&#233;l&#233;gation sp&#233;ciale &#224; l'&#233;tage de l'H&#244;tel de Ville. Il lui demande notamment de faire disperser les groupes d'individus ext&#233;rieurs &#224; la commune, dont il prend soin de donner les noms et qualit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour toute r&#233;ponse, le pr&#233;sident de la d&#233;l&#233;gation sp&#233;ciale signe une r&#233;quisition ordonnant au Directeur de la police de s'emparer de la personne de Paul Verg&#232;s et de l'expulser de la commune de Saint-Andr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette expulsion ill&#233;gale de Paul Verg&#232;s de Saint-Andr&#233; sera &#233;videmment interpr&#233;t&#233;e par les nervis comme un signe d'encouragement. Dans l'apr&#232;s-midi, sous l'&#339;il des &#8220;forces de l'ordre&#8221;, comme ils l'avaient fait lors des scrutins pr&#233;c&#233;dents, notamment celui du 15 septembre 1957 apr&#232;s la mort du docteur Raymond Verg&#232;s, ils envahissent certains bureaux de vote, permettant ainsi le bourrage des urnes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Assomm&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais bien avant l'assaut donn&#233; aux bureaux de vote et peu avant l'arrestation et l'expulsion de Paul Verg&#232;s, les nervis n'avaient pas h&#233;sit&#233; &#224; recourir &#224; un crime odieux pour que la mairie de Saint-Andr&#233; reste aux mains des &#8220;nationaux&#8221; face aux &#034;s&#233;paratistes diaboliques&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La sc&#232;ne, d'une rare sauvagerie, se passe en fin de matin&#233;e. Apr&#232;s avoir vot&#233; et avant de rentrer chez lui &#224; Mille Roches, &#201;douard Savigny, un journalier agricole de 54 ans, de constitution plut&#244;t fragile, &#233;prouve le besoin de se reposer &#224; l'ombre des banians se dressant aux abords de la mairie. C'est alors que le drame se noue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq individus, supporters notoires du candidat &#8220;officiel&#8221;, rep&#232;rent Savigny, auquel ils ne pardonnent pas d'avoir mis sa cour &#224; la disposition de Paul Verg&#232;s pour des r&#233;unions &#233;lectorales. Ce paisible travailleur, rapidement cern&#233;, tente de s'enfuir. Rattrap&#233; par ses poursuivants, il est jet&#233; par terre et assomm&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;pos&#233; par l'ambulance &#224; 100 m&#232;tres de chez lui, Savigny se tra&#238;ne en g&#233;missant jusqu'&#224; son domicile, o&#249; il s'effondre sur un fauteuil pour ne plus se relever. Il laisse derri&#232;re lui et sans ressources une veuve et un orphelin de 14 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Justice complice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te diligent&#233;e par le Parquet de Saint-Denis aboutit rapidement &#224; l'inculpation de 5 personnes impliqu&#233;es dans cet assassinat. Le proc&#232;s des assassins de Savigny se d&#233;roule devant la Cour d'Assises de Saint-Denis le jeudi 12 septembre 1968. Le juge Lambert &#8212; qui n'avait pas cach&#233; sa sympathie pour Michel Debr&#233; &#8212; pr&#233;side les d&#233;bats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; l'appel de l'avocat g&#233;n&#233;ral demandant aux jur&#233;s de &#171; mettre un terme &#224; ces pratiques violentes les jours d'&#233;lection &#224; La R&#233;union &#187;, c'est un verdict d'une extr&#234;me indulgence que la Cour rend dans une grave affaire : quatre acquittements et une condamnation &#224; une peine l&#233;g&#232;re assortie du sursis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un tel verdict ne pouvait que constituer un encouragement &#224; ceux qui s'obstinaient &#224; l'&#233;poque &#224; dresser des obstacles sur la voie du suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'&#233;tait il y a 100 ans, une &#233;pid&#233;mie de grippe espagnole d'une rare violence ravageait La R&#233;union</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/c-etait-il-y-a-100-ans-une-epidemie-de-grippe-espagnole-d-une-rare-violence-ravageait-la-reunion,95297</link>
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		<dc:date>2019-04-01T07:06:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voyons les faits dans leur ordre chronologique. D&#232;s novembre 1918, date de la fin de la 1&#232;re Guerre mondiale, les d&#233;put&#233;s de La R&#233;union Georges Boussenot et Lucien Gasparin interviennent aupr&#232;s du gouvernement fran&#231;ais pour h&#226;ter le retour dans l'&#238;le des d&#233;mobilis&#233;s r&#233;unionnais afin de leur &#233;pargner les rigueurs d'un hiver suppl&#233;mentaire en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt; Ils insistent sur &#171; la n&#233;cessit&#233; de rendre &#224; la terre des vieilles colonies auxquelles on r&#233;clame un gros effort de production, la main (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH81/arton95297-43ebb.jpg?1780807854' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voyons les faits dans leur ordre chronologique. D&#232;s novembre 1918, date de la fin de la 1&#232;re Guerre mondiale, les d&#233;put&#233;s de La R&#233;union Georges Boussenot et Lucien Gasparin interviennent aupr&#232;s du gouvernement fran&#231;ais pour h&#226;ter le retour dans l'&#238;le des d&#233;mobilis&#233;s r&#233;unionnais afin de leur &#233;pargner les rigueurs d'un hiver suppl&#233;mentaire en Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils insistent sur &#171; la n&#233;cessit&#233; de rendre &#224; la terre des vieilles colonies auxquelles on r&#233;clame un gros effort de production, la main d'&#339;uvre qui leur manque&#8230;. &#187;. Ils demandent aussi qu'un effort soit consenti afin que La R&#233;union, qui a subi de dures privations pendant la guerre, soit ravitaill&#233;e d'urgence en riz.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le retour des d&#233;mobilis&#233;s dans leur &#238;le&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Satisfaction est donn&#233;e dans des d&#233;lais raisonnables &#224; nos deux parlementaires. Courant f&#233;vrier 1919, une centaine de militaires r&#233;unionnais d&#233;mobilis&#233;s d&#233;barquent au port de la Pointe des Galets du &#171; Ville d'Alger &#187; et de &#171; L'&#238;le de La R&#233;union &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre bonne nouvelle : le mois suivant, un bateau russe nomm&#233; &#171; l'Orel &#187; fait route vers La R&#233;union en transportant dans ses cales 1.800 tonnes de riz. Ayant quitt&#233; Sa&#239;gon (capitale de l'Indochine) le 5 mars, ce bateau est attendu &#224; La R&#233;union, o&#249; il arrive le jeudi 27 mars 1919. Une importante pr&#233;cision : &#224; bord de &#171; l'Orel &#187; &#8212; dont le commandant se nomme Affananieff &#8212; se trouvent le docteur Immerlichvily et son interpr&#232;te l'aide-aspirant Althausen, car il s'agit d'un croiseur, un bateau de guerre transportant des passagers. Ce qui n&#233;cessite la pr&#233;sence d'un m&#233;decin &#224; bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me o&#249; &#171; l'Orel &#187; quitte Sa&#239;gon, un luxueux paquebot, le &#171; Madona &#187; quitte Marseille avec &#224; son bord 1.400 soldats r&#233;unionnais. Le &#171; Madona &#187;, dont la presse locale rend r&#233;guli&#232;rement compte de la travers&#233;e, est signal&#233; &#224; Port-Sa&#239;d le 14 mars, &#224; Diego-Suarez le 27 mars et il arrive &#224; La R&#233;union le dimanche 30 mars 1919.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant sa venue &#224; La R&#233;union, le &#171; Madona &#187; a transport&#233; &#224; Dakar des tirailleurs s&#233;n&#233;galais d&#233;mobilis&#233;s. Dans le grand port du S&#233;n&#233;gal, le paquebot a &#233;t&#233; lest&#233; avec de &#171; la terre rouge provenant d'un cimeti&#232;re o&#249; des indig&#232;nes avaient &#233;t&#233; enterr&#233;s au cours d'une &#233;pid&#233;mie &#187;, de grippe probablement. De retour &#224; Marseille, avant de prendre la direction de La R&#233;union, le paquebot aurait &#171; compl&#233;t&#233; son lest avec du sable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; cette journ&#233;e du 30 mars 1919, attendue avec impatience par des centaines de familles r&#233;unionnaises, dont la plupart sont pr&#233;sentes aux abords du chenal ou sur les quais du port, laissant &#233;clater leur joie de revoir enfin l'&#234;tre cher parti depuis de longues ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charg&#233; du contr&#244;le sanitaire aux fronti&#232;res, le docteur Charles Renaudi&#232;re de Vaux est lui aussi pr&#233;sent dans cette foule. Au nom de la municipalit&#233; portoise dont il est membre depuis le 5 mai 1912, au nom &#233;galement du docteur Jules Auber, pr&#233;sident du Conseil g&#233;n&#233;ral, il prononce le &#171; discours de bienvenue aux poilus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mission remplie, le m&#233;decin du Port quitte le &#171; Madona &#187; sans se douter qu'il vient de participer au premier acte d'un drame qui le bouleversera et le fragilisera &#224; un point tel qu'il n'y survivra que quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, d&#232;s que les dockers commencent &#224; enlever le lest du &#171; Madona &#187;, ils ont tous des naus&#233;es, se mettent &#224; tousser et &#224; cracher du sang ; ils ne tardent pas &#224; &#233;prouver des difficult&#233;s &#224; respirer, &#224; ressentir des courbatures, &#224; avoir des diarrh&#233;es, de violents maux de t&#234;te et de la fi&#232;vre. Les premiers d&#233;c&#232;s surviennent au tout d&#233;but du mois d'avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le docteur Renaudi&#232;re de Vaux y voit une relation avec le travail effectu&#233; par ces dockers. Il s'&#233;tonne que le m&#233;decin du &#171; Madona &#187; (un m&#233;decin r&#233;unionnais, le docteur K Ebel) n'ait mentionn&#233; aucune anomalie dans le journal de bord qu'il lui a pr&#233;sent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son inqui&#233;tude fait place &#224; l'angoisse lorsqu'il se rend compte que les d&#233;tenus de la prison de Saint-Denis, appel&#233;s &#224; remplacer les dockers, souffrent des m&#234;mes sympt&#244;mes que ces derniers et sont dans la stricte obligation de regagner leur prison avant d'&#234;tre dirig&#233;s vers l'h&#244;pital colonial du camp Ozoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que la liste des morts s'allonge avec une tr&#232;s inqui&#233;tante rapidit&#233;, notamment au Port et &#224; Saint-Denis, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du gouvernement, le docteur Brochard, s'obstine &#224; affirmer qu'il n'y a pas de grippe espagnole &#224; La R&#233;union mais &#171; une &#233;pid&#233;mie de grippe simple localis&#233;e &#224; la prison de Saint-Denis &#187;. Les journaux sont charg&#233;s de la diffusion de cette information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les responsables de la sant&#233; publique &#224; La R&#233;union ne peuvent nier que &#171; l'&#233;tat sanitaire est &#233;pouvantable au Port &#187;. Alors que dans cette commune le nombre de d&#233;c&#232;s ne d&#233;passe pas habituellement 2 ou 3 par semaine, ce nombre est de 11 dans la journ&#233;e du 14 avril et atteint 16 et 31 respectivement dans les journ&#233;es du 17 et 19 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Saint-Denis, &#224; la mi-avril, c'est plus de 100 cadavres qu'on transporte quotidiennement au cimeti&#232;re de l'Est, contre une dizaine habituellement ; des cadavres souvent abandonn&#233;s aux portes du cimeti&#232;re, faute de main d'&#339;uvre pour les jeter dans les fosses communes toutes proches. Dans le reste de l'&#238;le, &#224; l'exception des Hauts, la situation est &#233;galement pr&#233;occupante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagation de l'&#233;pid&#233;mie est d'autant plus rapide que la majorit&#233; de la population vit dans un affreux d&#233;nuement, partiellement imputable &#224; la guerre, et que la saison chaude qui s'ach&#232;ve a &#233;t&#233; exceptionnellement dure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Port, ville morte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La petite ville du Port, qui compte quelque 3.500 habitants, offre &#224; la mi-avril un spectacle de d&#233;solation. Les 15 commer&#231;ants d'origine chinoise et l'unique commer&#231;ant indien ont ferm&#233; leurs portes presque simultan&#233;ment, ainsi que les 2 pharmacies. Dans les rues constamment balay&#233;es par la brise, des meutes de chiens et des porcs fam&#233;liques contribuent activement &#224; la dispersion des immondices qui ne sont plus ramass&#233;es. Le march&#233; et l'abattoir ainsi que l'&#233;glise ne sont plus ouverts au public, qui ne peut acc&#233;der qu'&#224; la mairie, o&#249; le directeur de l'unique &#233;cole de gar&#231;ons, Pierre Rivi&#232;re, remplace &#233;lus et personnel communal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leurs maisons (g&#233;n&#233;ralement des taudis) o&#249; ils se sont calfeutr&#233;s, les Portois s'emploient &#224; combattre le fl&#233;au &#224; l'aide de grogs au rhum, d'huile de ricin, d'huile gomenol&#233;e, de camphre&#8230; En d&#233;pit des pr&#233;cautions prises, la terrible grippe frappe inexorablement la plupart des foyers, n'&#233;pargnant pas les familles ais&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but avril, les morts sont inhum&#233;s dans le grand cimeti&#232;re du Sud de la ville. Mais la d&#233;cision est rapidement prise par le directeur du Chemin de fer et Port de La R&#233;union (CPR) d'enterrer les victimes de la grippe dans un terrain d'un demi hectare du quartier de la &#171; Butte Citronnelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus d'un mois, l'unique v&#233;hicule de la commune, une charrette tir&#233;e par des d&#233;tenus, est affect&#233;e au transport des cadavres, que des familles abandonnent parfois au pas de leurs portes. Ces d&#233;tenus passent chaque matin dans les rues de la ville et frappent aux portes de tous les foyers. Celles qui ne s'ouvrent pas sont enfonc&#233;es. Les morts qui y sont retir&#233;s sont envelopp&#233;s dans un sac de vacoa et entass&#233;s dans la charrette apr&#232;s identification. On a des raisons de penser que cette derni&#232;re formalit&#233; n'a pas toujours &#233;t&#233; scrupuleusement remplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que s'effectue le ramassage des morts, l'unique m&#233;decin du Port, le docteur Charles Renaudi&#232;re de Vaux, qui fait aussi fonction de maire, accompagn&#233; de l'infirmier Pastol, se fait transporter au chevet des malades. Sollicit&#233; de toutes parts &#224; une &#233;poque o&#249; l'on ne dispose pas de t&#233;l&#233;phone, le d&#233;vou&#233; docteur finira par s'aliter &#224; son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devine alors le d&#233;sarroi de la population, qui ne peut plus compter que sur le docteur Immerlichvily, le m&#233;decin du croiseur russe &#171; l'Orel &#187; qui avait d&#233;j&#224; eu l'occasion d'accompagner son confr&#232;re du Port. Malgr&#233; le handicap de la langue, il est permis de penser que le m&#233;decin russe a d&#251; sauver pas mal de vies humaines. Ce dont on est certain, c'est que sans l'&#233;quipage du bateau russe, le nombre de victimes de la grippe espagnole aurait &#233;t&#233; bien plus &#233;lev&#233; au Port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des personnes, interrog&#233;es il y a plus de 50 ans par le signataire du pr&#233;sent texte, se souviennent toutes &#171; qu'&#224; la mairie, les marins russes distribuaient chaque jour du potage pr&#233;par&#233; &#224; bord de &#8216;'l'Orel''. Ces marins distribuaient &#233;galement du lait, tr&#232;s rare &#224; cette &#233;poque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cyclone qu'on n'attendait plus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Portois en sont &#224; se poser la question de savoir &#224; quel moment prendra fin leur calvaire lorsque, dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 mai 1919, un vent violent, accompagn&#233; de trombes d'eau, s'abat sur la ville, emportant les toitures et provoquant de graves inondations. Force est de constater qu'il s'agit bien d'un cyclone. Ce qui est inhabituel pour un mois de mai. Est-il besoin de dire que dans tous les foyers, la panique est alors &#224; son comble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre toute attente, dans les jours qui suivent le passage du cyclone, l'&#233;pid&#233;mie est en nette r&#233;gression. Les malades reprennent des forces, le soulagement est g&#233;n&#233;ral. Progressivement, les portes des maisons s'ouvrent et les rues s'animent. Fin mai, la vie reprend son cours habituel dans la cit&#233; maritime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, le &#171; Madona &#187;, dont l'escale ne devait durer que quelques heures, quitte Le Port le 13 avril, s'abstenant d'emporter dans ses cales les 4.000 balles de sucre attendues &#224; Marseille. &#171; L'Orel &#187;, qui devait repartir le 8 avril, ne l&#232;vera l'ancre que le 21 mai. Au cours de cette longue escale, le gouverneur Duprat, venu au Port, adressera au commandant et &#224; l'&#233;quipage du bateau russe ses vifs remerciements &#171; pour le pr&#233;cieux concours apport&#233; aux Portois pendant l'&#233;pid&#233;mie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil municipal du Port se r&#233;unit le 13 juin. La Mairie &#233;voque les terribles &#233;preuves subies par les Portois. Il d&#233;plore le d&#233;c&#232;s d'un grand nombre de ses concitoyens, qu'il chiffre &#224; 400, dont Maurice Couderc, conseiller g&#233;n&#233;ral du Port et bras droit du maire depuis 1904, ainsi que le d&#233;c&#232;s de son fils &#226;g&#233; de 17 ans. Il rend aussi hommage &#224; Charles Renaudi&#232;re de Vaux, qui est &#171; au-dessus de tout &#233;loge &#187;, et il ajoute : &#171; &#192; notre livre d'or, inscrivons les noms de Affananieff, commandant de &#8216;'l'Orel'', du docteur Immerlichvily et de son interpr&#232;te Althausen &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se referme une page douloureuse de notre histoire. Une page qu'il convient d'ouvrir p&#233;riodiquement pour que les R&#233;unionnais n'oublient pas leur pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Daniel Lallemand est mort, c'est un grand R&#233;unionnais qui vient de nous quitter &#187;</title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/hommage/daniel-lallemand-est-mort-c-est-un-grand-reunionnais-qui-vient-de-nous-quitter,95262</link>
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		<dc:date>2019-03-22T01:49:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Parti communiste r&#233;unionnais PCR</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Hommage d'Eug&#232;ne Rousse&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton95262-2f74d.jpg?1780807854' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La nouvelle du d&#233;c&#232;s de Daniel Lallemand, survenu ce lundi 18 mars 2019 &#224; midi, m'a beaucoup afflig&#233;. Et cela d'autant plus qu'un entretien t&#233;l&#233;phonique avec son &#233;pouse d&#233;but mars m'avait persuad&#233; que l'issue fatale n'&#233;tait pas imminente. Connaissant Daniel depuis pr&#232;s de 70 ans, pendant lesquels de solides liens d'amiti&#233; se sont tiss&#233;s entre nous, je me fais un devoir de lui rendre l'hommage qu'il m&#233;rite &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60806 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/daniel_lallemand.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/daniel_lallemand-a5237.jpg?1780807854' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Daniel Lallemand est n&#233; &#224; L'Entre-Deux le 10 juin 1925. Sa m&#232;re, receveuse des PTT, r&#234;vait pour lui d'une brillante carri&#232;re dans la fonction publique. Il en avait les moyens. Apr&#232;s des &#233;tudes primaires dans diff&#233;rentes &#233;coles du Sud de l'&#238;le, il franchit les portes de l'unique lyc&#233;e de La R&#233;union : le lyc&#233;e Leconte de Lisle, o&#249; il a comme condisciples Jacques et Paul Verg&#232;s, Raymond Barre, Damase Legros pour ne citer que les plus connus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'obtention du baccalaur&#233;at et 12 mois de service militaire effectu&#233; au Port, il entreprend &#224; Paris des &#233;tudes sup&#233;rieures de lettres, qui seront couronn&#233;es de succ&#232;s. En 1949, il d&#233;croche notamment une licence d'allemand. &#192; Paris, il est charg&#233; chaque ann&#233;e de l'accueil des &#233;tudiants r&#233;unionnais ; d'ailleurs il est cofondateur de &#171; l'association des &#233;tudiants r&#233;unionnais et du comit&#233; de liaison des associations d'&#233;tudiants coloniaux &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces structures qu'il fonde et anime lui permettent d'avoir, &#224; son retour &#224; La R&#233;union, l'exp&#233;rience n&#233;cessaire &#224; une insertion rapide dans le monde associatif r&#233;unionnais (syndicat, parti politique&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; La R&#233;union, o&#249; il obtient un poste de professeur en 1953, il adh&#232;re rapidement &#224; la F&#233;d&#233;ration r&#233;unionnaise du PCF, dont il devient un militant exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un militant politique exemplaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enseignant, Daniel est particuli&#232;rement bien plac&#233; pour faire le constat suivant : en d&#233;pit des investissements lourds effectu&#233;s dans l'&#233;difice scolaire r&#233;unionnais, celui-ci ne produit que des r&#233;sultats d&#233;cevants dont les victimes sont g&#233;n&#233;ralement les &#233;l&#232;ves d'origine modeste. Pour lui, aucun doute n'est permis. Les in&#233;galit&#233;s scolaires sont pour l'essentiel imputables aux in&#233;galit&#233;s sociales. Ce sont celles-ci qu'il faut combattre. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'occuper la plus grande place possible sur la sc&#232;ne politique, en commen&#231;ant par combattre la fraude &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette lutte visant &#224; aboutir &#224; des scrutins honn&#234;tes, Daniel n'a recul&#233; devant aucun sacrifice. Je le revois devant le bureau centralisateur de Saint-Andr&#233; &#224; l'occasion des municipales du 15 septembre 1957. Il demande aux CRS mass&#233;s aux abords des bureaux de vote d'interdire l'acc&#232;s &#224; la cour aux gros bras porteurs de galets. Devant le silence total de ces curieux responsables de l'ordre et de la s&#233;curit&#233;, Daniel se place lui-m&#234;me au portail afin de dissuader les nervis de s'en approcher. Il est rapidement cern&#233; par ces derniers, qui le blessent s&#233;rieusement, sous les yeux des CRS et des gendarmes. Il se voit oblig&#233; de quitter son poste pour se rendre &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 d&#233;cembre 1957, jour des &#233;lections municipales &#224; La Possession, il se rend seul et &#224; pied au Bras de Sainte-Suzanne, o&#249; fonctionne l'unique bureau de vote du cirque de Mafate, qui n'a pas encore ouvert ses portes &#224; midi. L&#224; aussi, il doit dresser un constat d'&#233;chec total. Il opte alors pour le recours &#224; d'autres moyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 novembre 1962, jour des &#233;lections l&#233;gislatives, il est mandataire de son parti dans un bureau de l'Ecole Centrale, le 9e bureau dionysien, pr&#233;sid&#233; par Maurice Chane-Kune, adjoint de Gabriel Mac&#233;. Au moment du d&#233;pouillement, il surprend le pr&#233;sident remplissant &#224; l'encre une liste d'&#233;margements. Il bondit et passe sa main sur la liste fra&#238;chement &#233;marg&#233;e, en signe de protestation. Il est aussit&#244;t arr&#234;t&#233; et conduit au commissariat ; un peu plus tard, il se pr&#233;sente au tribunal correctionnel, o&#249; il est condamn&#233; le 20 avril 1964 &#224; 6 mois de prison (avec sursis), &#224; une amende de 100.000 francs et &#224; la perte de ses droits civiques pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; un arr&#234;t qui d&#233;cr&#233;dibilise la Justice. Une Justice qui n'h&#233;site pas &#224; condamner celui qui d&#233;nonce une fraude alors que le Conseil Constitutionnel devait annuler les &#233;lections du 18 novembre en soulignant qu'elles ont &#233;t&#233; truqu&#233;es dans 2 circonscriptions sur 3. Ce qui devait provoquer de nouvelles &#233;lections le 5 mai 1963 et permettre &#224; Michel Debr&#233; d'entrer &#224; l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au PCR, Daniel Lallemand si&#233;geait au Secr&#233;tariat, la plus haute instance du parti, o&#249; il se fait remarquer par son assiduit&#233;. Il si&#233;geait &#233;videmment aussi au Bureau politique et au Comit&#233; central de son parti. Au sein de ces instances, il soulignait notamment l'importance de combattre avec &#233;nergie la politique &#233;conomique du gouvernement &#224; La R&#233;union ; une politique qui peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e comme suit : transfert de capitaux publics &#224; La R&#233;union et retour d'une grande partie de ces capitaux en France sous forme de capitaux priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : faute de tenir compte de l'avis des R&#233;unionnais partisans d'investissements dans les secteurs cr&#233;ateurs d'emplois p&#233;rennes, le d&#233;veloppement &#233;conomique de l'&#238;le n'est pas assur&#233; et le ch&#244;mage gagne du terrain. Il convient d'avoir alors en t&#234;te ces mots du chanteur qu&#233;b&#233;cois F&#233;lix Leclerc : &#171; le meilleur moyen de d&#233;truire un homme c'est de le payer &#224; ne rien faire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ordonnance du 15 octobre 1960 avant la lettre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le combat que m&#232;ne Daniel Lallemand pour le respect des droits les plus &#233;l&#233;mentaires de ses compatriotes irrite fortement le pr&#233;fet de La R&#233;union, Jean Perreau-Pradier, qui s'emploie &#224; &#233;loigner de La R&#233;union l'enseignant &#171; rebelle &#187;. Une opportunit&#233; s'offre au pr&#233;fet en 1960.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; sa demande et pour des raisons qui lui sont personnelles, Daniel Lallemand enseigne &#224; Marseille pendant l'ann&#233;e scolaire 1959-60. En mai 1960, il demande et obtient sa mutation pour La R&#233;union. Avec femme et enfants, il est en transit &#224; l'h&#244;tel lorsque le 9 ao&#251;t, juste avant de prendre l'avion, un t&#233;l&#233;gramme du minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale l'informe que l'arr&#234;t&#233; le mutant &#224; La R&#233;union est annul&#233;. Deux jours plus tard, il re&#231;oit un arr&#234;t&#233; le maintenant &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ses d&#233;marches en vue de rentrer &#224; La R&#233;union &#233;tant vaines, il demande fin ao&#251;t 1960 &#224; enseigner au Dahomey. L&#224; aussi, tout se passe bien ; il obtient sans difficult&#233;s les autorisations n&#233;cessaires pour se rendre au Dahomey. Il est sur le point de quitter la France lorsqu'une lettre du minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale lui apprend que son d&#233;tachement au Dahomey n'est pas possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Iris, l'&#233;pouse de Daniel, enseignante elle aussi, demande alors &#224; servir &#224; La R&#233;union, o&#249; r&#233;sident ses parents &#226;g&#233;s et malades. Satisfaction lui est donn&#233;e. Afin de l'accompagner, Daniel se met en cong&#233; de convenances personnelles. Et c'est avec un grand soulagement que toute la petite famille foule le sol de La R&#233;union le 24 f&#233;vrier 1961.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mars 1961, Iris est &#224; son poste &#224; Saint-Denis, tandis que Daniel obtient du vice-recteur l'autorisation de remplacer un professeur en cong&#233; pour une dur&#233;e de 6 mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s tant d'&#233;preuves, quelle satisfaction de se retrouver dans son &#238;le, se disent les &#233;poux Lallemand. Mais le 20 mai 1961, Iris re&#231;oit du vice-recteur une lettre l'informant qu'il se trouve dans l'obligation de la remettre &#224; la disposition de l'inspection acad&#233;mique de la Haute-Savoie, o&#249; elle exer&#231;ait avant son retour &#224; La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une radiation arbitraire des cadres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le vice-rectorat ne r&#233;pondant plus &#224; ses courriers, Iris s'adresse au tribunal administratif de La R&#233;union, qui lui donne enti&#232;rement raison le 4 avril 1962. Mais entre temps, elle sera rest&#233;e durant des mois sans poste et donc sans traitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que son &#233;pouse se d&#233;fend avec une remarquable &#233;nergie, le sort de Daniel est r&#233;gl&#233; comme suit : le minist&#232;re met fin &#224; son cong&#233; de convenances personnelles, bien qu'il en ait demand&#233; et obtenu le renouvellement.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'ayant pu obtenir du prof d'allemand qu'il se mette &#224; genoux, le pouvoir a recours une fois de plus &#224; l'arbitraire : sans qu'aucune proc&#233;dure disciplinaire n'ait &#233;t&#233; engag&#233;e contre lui, un arr&#234;t&#233; minist&#233;riel dat&#233; du 25 novembre 1961 le radie des cadres des enseignements classiques et modernes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fin novembre 1961, Daniel Lallemand adresse au minist&#232;re de l'Education nationale une longue lettre qui se termine ainsi : &#171; le poste que vous m'enlevez aujourd'hui, le peuple r&#233;unionnais demain me le rendra&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre consacr&#233; pendant une quinzaine d'ann&#233;es &#224; &#171; T&#233;moignages &#187;, dont il est r&#233;dacteur en chef pendant la clandestinit&#233; de Paul Verg&#232;s, et apr&#232;s avoir travaill&#233; pendant cette p&#233;riode dans un coll&#232;ge priv&#233; et donn&#233; des cours particuliers &#224; son domicile, Daniel Lallemand devra attendre l'&#233;lection de Giscard d'Estaing &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique et la rentr&#233;e de septembre 1976 pour &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233; dans l'&#201;ducation nationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le grave pr&#233;judice qui lui a &#233;t&#233; caus&#233; demeure car il n'a pas b&#233;n&#233;fici&#233; d'une reconstitution de carri&#232;re qui lui aurait permis d'avoir une retraite &#224; taux plein. Sans risques d'erreur, on peut affirmer que Daniel Lallemand a &#233;t&#233; victime de l'ordonnance du 15 octobre 1960 &#8211; plus connue sous le nom d'ordonnance Debr&#233; &#8211; avant la lettre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que tous les proches de Daniel veuillent bien trouver ici l'expression des sinc&#232;res condol&#233;ances de ses camarades de combat, en particulier celles et ceux qui, en raison de leur &#226;ge, n'ont pu tous assister &#224; ses obs&#232;ques ce mercredi 20 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Message d'Eug&#232;ne Rousse au Rassemblement du 19 mars 2019 &#224; Sainte-Clotilde</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/actualites-politiques/message-d-eugene-rousse-au-rassemblement-du-19-mars-2019-a-sainte-clotilde,95213</link>
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		<dc:date>2019-03-16T05:34:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Parti communiste r&#233;unionnais PCR</dc:subject>
		<dc:subject>PCR 60 ans</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cher-e-s ami-e-s, mon &#233;tat de sant&#233; ne me permet pas de me joindre &#224; vous &#224; l'occasion de la c&#233;l&#233;bration du 60&#232;me anniversaire d'un &#233;v&#233;nement qui a marqu&#233; fortement l'histoire de La R&#233;union. Il s'agit de l'&#233;lection municipale du 15 mars 1959 &#224; Saint-Denis, o&#249; 2 listes de candidats sont en pr&#233;sence : celle de Paul Verg&#232;s et celle de Gabriel Mac&#233;. Je propose de vous dire qui est Gabriel Mac&#233;. C'est un notaire de Saint-Denis qui pendant la Seconde Guerre mondiale a servi avec z&#232;le le r&#233;gime du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/actualites-politiques/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s politiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/parti-communiste-reunionnais-pcr" rel="tag"&gt;Parti communiste r&#233;unionnais PCR&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/pcr-60-ans" rel="tag"&gt;PCR 60 ans&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton95213-31997.jpg?1780807854' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60634 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/pdf/1959-03-18-saint-denis.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH755/1959-03-18-saint-denis-3-665b0.jpg?1780807854' width='500' height='755' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cher-e-s ami-e-s,&lt;br class='autobr' /&gt;
mon &#233;tat de sant&#233; ne me permet pas de me joindre &#224; vous &#224; l'occasion de la c&#233;l&#233;bration du 60&#232;me anniversaire d'un &#233;v&#233;nement qui a marqu&#233; fortement l'histoire de La R&#233;union. Il s'agit de l'&#233;lection municipale du 15 mars 1959 &#224; Saint-Denis, o&#249; 2 listes de candidats sont en pr&#233;sence : celle de Paul Verg&#232;s et celle de Gabriel Mac&#233;. Je propose de vous dire qui est Gabriel Mac&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un notaire de Saint-Denis qui pendant la Seconde Guerre mondiale a servi avec z&#232;le le r&#233;gime du Mar&#233;chal P&#233;tain. Apr&#232;s la chute de la 4&#232;me R&#233;publique en 1958, avec le m&#234;me z&#232;le, il servira le r&#233;gime gaulliste, persuad&#233; qu'il pourra enfin &#233;tancher sa soif de mandats &#233;lectifs. Il ambitionne alors d'&#234;tre maire de Saint-Denis et d&#233;put&#233; de la 1&#232;re circonscription de La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gabriel Mac&#233; est donc t&#234;te d'une liste aux municipales des 8 et 15 mars 1959 &#224; Saint-Denis. Au 1er tour de scrutin, les &#233;lecteurs le placent en queue de sa liste. Pour le 2&#232;me tour, il se dissimule au 17&#232;me rang de sa liste, qui est alors conduite par le Dr Pierre Lagourgue. En fait, c'est Gabriel Mac&#233;, avec le soutien actif du pr&#233;fet Jean Perreau-Pradier, couvert par le Premier ministre Michel Debr&#233;, qui prend seul toutes les initiatives relatives au scrutin du 15 mars.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, c'est lui qui organise le guet-apens de l'h&#244;tel de ville consistant &#224; refouler dans la rue de Paris vers le Jardin de l'&#201;tat les &#233;lecteurs venus assister &#224; la cl&#244;ture du scrutin, alors qu'&#224; 200 m&#232;tres de l&#224;, ils sont arr&#234;t&#233;s brutalement par des CRS arm&#233;s de matraques, de mousquetons et de grenades lacrymog&#232;nes. C'est dans ce pi&#232;ge que s'est trouv&#233; Paul Verg&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vers 20 heures, celui-ci s'&#233;tait rendu &#224; la mairie pour protester notamment contre la r&#233;tention des r&#233;sultats. Tous les acc&#232;s &#224; la mairie &#233;tant ferm&#233;s sur ordre de Gabriel Mac&#233;, il fut oblig&#233; de se replier avec la foule vers la rue Mar&#233;chal Leclerc o&#249; se trouvaient les CRS. Reconnu par ces derniers, Paul Verg&#232;s fut assomm&#233; et laiss&#233; pour mort sur un trottoir &#224; la hauteur du cabinet du Dr Achile Berg. De l&#224;, il fut transport&#233; au commissariat, puis chez lui par ses proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi Gabriel Mac&#233; qui est responsable de la trag&#233;die de Sainte-Clotilde. C'est lui qui a donn&#233; &#224; Calp&#233;tard &#8211; l'un de ses gros bras &#8211; l'ordre de se rendre au bureau de vote de Sainte-Clotilde, arm&#233; d'un r&#233;volver de gros calibre n'entrant que partiellement dans l'une de ses poches. &#192; son arriv&#233;e &#224; Sainte-Clotilde, les cris de &#171; vive Verg&#232;s ! &#187; l'ont irrit&#233; &#224; un point tel qu'il a fait feu sur la foule, tuant &#201;liard Laude et blessant gri&#232;vement Pascal Ba&#239;kiom, 2 jeunes adolescents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est scandaleux, c'est que les CRS, pr&#233;sents en nombre sur les lieux, n'aient pas arr&#234;t&#233; Calp&#233;tard qui put retourner &#224; l'h&#244;tel de ville et f&#234;ter la &#8216;'victoire'' de Mac&#233; aux c&#244;t&#233;s de ce dernier, qui ne pouvait pas ignorer le crime de son homme de main. Une &#8216;'victoire'' qui aurait d&#251; &#234;tre une s&#233;v&#232;re d&#233;faite, si le verdict des urnes avait &#233;t&#233; respect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, ces &#233;lections municipales du 15 mars 1959 ont &#233;t&#233; annul&#233;es. Mais le 6 novembre 1960, date des nouvelles &#233;lections municipales, Gabriel Mac&#233; retrouvait &#8211; gr&#226;ce &#224; la fraude &#233;lectorale &#8211; son fauteuil de maire de Saint-Denis. Quant &#224; Calp&#233;tard, il eut &#224; r&#233;pondre de son double crime aux Assises si&#233;geant dans une salle du mus&#233;e L&#233;on Dierx &#224; Saint-Denis, le palais de justice ayant &#233;t&#233; incendi&#233; le 5 d&#233;cembre 1958.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parti civile pour les parents des deux jeunes de Sainte-Clotilde, l'avocat Jacques Verg&#232;s, venu de Paris, s'&#233;tonne que Calp&#233;tard soit seul sur le banc des accus&#233;s, alors que ses complices, connus de tous, ne sont pas inqui&#233;t&#233;s. Jacques Verg&#232;s souligne que la volont&#233; de tuer est &#233;vidente chez Calp&#233;tard et qu'il faut lui infliger une peine suffisamment lourde pour que La R&#233;union cesse d'&#234;tre un pays de graves violences &#233;lectorales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tueur s'en tire avec une peine de 5 ans de prison ; 5 ans qu'il passe &#224; l'APECA (Association pour la Protection de l'Enfance &#8211; Centre d'Apprentissage), &#224; La Plaine des Cafres. Autant dire qu'il b&#233;n&#233;ficie, aupr&#232;s de jeunes qu'il est charg&#233; de &#171; r&#233;&#233;duquer &#187;, de longues vacances, pay&#233;es par les contribuables ; des vacances agr&#233;ables lorsqu'on le voit parader chaque soir au milieu des habitants de La Plaine des Cafres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, maire de Saint-Denis n'est pas un mandat suffisant pour Gabriel Mac&#233;, qui r&#234;ve maintenant de devenir d&#233;put&#233;. Le 18 novembre 1962, il se pr&#233;sente &#224; l'&#233;lection l&#233;gislative dans la 1&#232;re circonscription du pays (Saint-Denis &#8211; Sainte-Rose). Il a pour adversaires le Dr David Moreau et Paul Verg&#232;s. Son &#233;lection, marqu&#233;e par des actes de &#171; gangst&#233;risme &#187; (le mot est du &#8216;'JIR''), lui ouvre toutefois les portes de l'Assembl&#233;e nationale. Mais cette &#233;lection ayant &#233;t&#233; invalid&#233;e, son si&#232;ge de d&#233;put&#233; sera occup&#233; &#224; compter du 5 mai 1963 par Michel Debr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux l&#233;gislatives de mars de 1967, Mac&#233; se fait parachuter dans la 2&#232;me circonscription du pays (La Possession &#8211; L'Entre-Deux), o&#249; il est &#233;lu. Sa mort, survenue le 12 f&#233;vrier 1968, met fin &#224; une carri&#232;re politique marqu&#233;e par un exceptionnel cumul de mandats, par des positions ultra-conservatrices et anti-communistes en faveur du syst&#232;me n&#233;o-colonial instaur&#233; &#224; l'encontre de la loi Verg&#232;s-De L&#233;pervanche du 19 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20 d&#233;cembre jour f&#233;ri&#233; : loi vot&#233;e &#224; l'unanimit&#233; de l'Assembl&#233;e nationale</title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/20-decembre-jour-ferie-loi-votee-a-l-unanimite-de-l-assemblee-nationale,94697</link>
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		<dc:date>2018-12-19T04:34:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>20 d&#233;cembre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;2018 : 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, 35e anniversaire du vote de la loi faisant du 20 d&#233;cembre un jour f&#233;ri&#233; -3-&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/" rel="directory"&gt;Culture et identit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/20-decembre" rel="tag"&gt;20 d&#233;cembre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94697-3176d.jpg?1780807854' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La troisi&#232;me partie de l'article d'Eug&#232;ne Rousse revient sur les d&#233;bats &#224; l'Assembl&#233;e nationale qui ont conduit &#224; l'adoption unanime de la loi reconnaissant la cr&#233;ation d'un jour f&#233;ri&#233; le 20 d&#233;cembre &#224; La R&#233;union, date anniversaire de l'abolition de l'esclavage dans notre &#238;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58066 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/1-sainte-suzanne-20-decembre.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/1-sainte-suzanne-20-decembre-6570e.jpg?1780807854' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;- L'examen de projet de loi par l'Assembl&#233;e nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi adopt&#233; par le S&#233;nat vient en discussion &#224; l'Assembl&#233;e nationale le 17 d&#233;cembre 1982. S'il a fallu pr&#232;s de sept mois pour que le texte du projet passe d'une Assembl&#233;e &#224; l'autre, c'est de l'aveu du d&#233;put&#233; de droite Victor Sabl&#233; parce que le S&#233;nat l'a &#171; bloqu&#233;&#8230; pendant un certain temps &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela pr&#233;cis&#233;, au terme du d&#233;bat du 17 d&#233;cembre &#224; l'Assembl&#233;e nationale, les d&#233;put&#233;s se prononcent pour le projet de loi tel qu'il a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par le gouvernement, apr&#232;s avoir entendu notamment le rapporteur Ren&#233; Rouquet, le secr&#233;taire d'&#201;tat Henri Emmanuelli, les d&#233;put&#233;s antillais Victor Sabl&#233; et Aim&#233; C&#233;saire, ainsi que le d&#233;put&#233; r&#233;unionnais Jean Fontaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de sa longue intervention, le rapporteur de la Commission des lois de l'Assembl&#233;e nationale expose les raisons pour lesquelles il ne peut se ranger &#224; l'avis du S&#233;nat, avec lequel il est en d&#233;saccord total sur quatre points essentiels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) La date de r&#233;f&#233;rence pour la c&#233;l&#233;bration de l'abolition de l'esclavage. Le choix de l'ann&#233;e 1848, date &#224; laquelle l'abolition est devenue effective dans toutes les colonies fran&#231;aises est largement justifi&#233; par l'Histoire. Sur ce point aucune concession n'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Le choix des dates &#224; retenir pour la c&#233;l&#233;bration dans les cinq collectivit&#233;s concern&#233;es. Il convient, dit le rapporteur, de retenir les dates retenues par les Conseils g&#233;n&#233;raux de ces collectivit&#233;s afin de &#171; respecter l'Histoire &#187; de leur peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre son attachement obstin&#233; &#224; une date unique, le S&#233;nat s'oppose &#224; l'institution d'un jour f&#233;ri&#233; et retient un dimanche pour la c&#233;l&#233;bration de l'abolition, sous pr&#233;texte qu'il ne faut pas priver les travailleurs d'une journ&#233;e de revenu. Cet argument ne peut &#234;tre retenu lorsque l'on sait que les travailleurs sont prot&#233;g&#233;s par les conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La c&#233;l&#233;bration de l'abolition sur l'ensemble du territoire fran&#231;ais, sous pr&#233;texte d'unicit&#233; de la R&#233;publique. Sur ce point, le gouvernement a &#233;t&#233; clair : &#171; La c&#233;l&#233;bration de l'&#233;v&#232;nement en m&#233;tropole pourrait rev&#234;tir la forme d'une journ&#233;e nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Secr&#233;taire d'&#201;tat Henri Emmanuelli reprend, pour l'essentiel, devant les d&#233;put&#233;s, les th&#232;mes de son intervention devant le S&#233;nat. Il rappelle &#224; ceux qui ont des craintes pour l'unit&#233; de la R&#233;publique que dans l'expos&#233; des motifs de son projet de loi, le gouvernement a express&#233;ment indiqu&#233; qu'un &#171; acte d'une telle port&#233;e humaine, morale et sociale&#8230; int&#233;resse la collectivit&#233; nationale toute enti&#232;re &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;put&#233;-maire de Fort-de-France Aim&#233; C&#233;saire salue l'initiative du gouvernement de proposer la comm&#233;moration officielle de l'abolition de l'esclavage et d'associer &#224; l'&#233;v&#233;nement le nom de Victor Sch&#339;lcher, que &#171; rien n'arr&#234;ta, ni les pr&#233;jug&#233;s, ni les insultes, ni l'outrage, ni la calomnie&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;put&#233; martiniquais associe &#224; l'hommage rendu au fils du porcelainier alsacien &#8211; qui mena un inlassable &#171; combat pour la justice, pour les droits de l'homme&#8230; &#187; - &#171; le souvenir du martyre et de l'h&#233;ro&#239;sme des h&#233;ros anonymes&#8230; qui, p&#233;riodiquement, se lev&#232;rent&#8230; pour revendiquer et pour combattre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;nonc&#233; &#171; les tentatives sournoises de d&#233;naturation&#8230; &#187;, Aim&#233; C&#233;saire se dit persuad&#233; que l'initiative du gouvernement &#171; permettra aux Antillais une plus claire conscience de leur pass&#233; et d'&#234;tre ainsi &#224; m&#234;me de pr&#233;parer leur avenir&#8230; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Succ&#233;dant &#224; Aim&#233; C&#233;saire &#224; la tribune de l'Assembl&#233;e nationale, le d&#233;put&#233; de La R&#233;union Jean Fontaine d&#233;bute son intervention par la question suivante pos&#233;e au Secr&#233;taire d'&#201;tat : &#171; Pourquoi comm&#233;morer l'abolition de l'esclavage chez nous puisque somme toute, en m&#233;tropole aussi, il y a eu le servage, avatar de l'esclavage ? &#187;. Et il encha&#238;ne : &#171; Privil&#233;gier l'abolition de l'esclavage par rapport &#224; la d&#233;partementalisation, par exemple, est-ce vraiment juste ? N'y aurait-il pas l&#224; quelque arri&#232;re-pens&#233;e politique ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean Fontaine, &#171; la loi de d&#233;partementalisation fut la v&#233;ritable lib&#233;ration de l'esclavage &#187;. Avant de s'&#233;crier : &#171; Pourquoi donc privil&#233;gier le malheur ? &#187;, le d&#233;put&#233; de La R&#233;union fait observer &#224; ses coll&#232;gues que &#171; notre Histoire (celle de La R&#233;union) n'est pas seulement&#8230; une suite de malheurs des hommes&#8230; Il y eut aussi&#8230; des grands moments de joie&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;- Examen du projet de loi par le S&#233;nat en seconde lecture (5 avril 1983)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En seconde lecture, le projet de loi relatif &#224; la c&#233;l&#233;bration de l'abolition de l'esclavage est examin&#233; au S&#233;nat en pr&#233;sence de Georges Lemoine, successeur d'Henri Emmanuelli au Secr&#233;tariat d'&#201;tat aux DOM-TOM ; le rapporteur de la Commission des lois &#233;tant toujours Louis Virapoull&#233;. Cette fois, le d&#233;bat a lieu dans un tout autre climat que lors de la premi&#232;re lecture, le 3 juin 1982. Apr&#232;s l'expos&#233; de Georges Lemoine, qui indique que les raisons pour lesquelles le Gouvernement ne peut &#171; se rallier au texte vot&#233; par le S&#233;nat en premi&#232;re lecture &#187;, Louis Virapoull&#233; accepte de faire des concessions, tout en restant attach&#233; au &#171; grand principe sacro-saint de l'unit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re concession porte sur le choix de la date de la c&#233;l&#233;bration. Le s&#233;nateur de La R&#233;union admet qu'il &#171; convient de respecter les v&#339;ux form&#233;s par les Conseils g&#233;n&#233;raux et de permettre par cons&#233;quent au Gouvernement de fixer par la voie d'un d&#233;cret la date de cette comm&#233;moration pour chacune des collectivit&#233;s concern&#233;es &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde concession porte sur l'institution d'un jour f&#233;ri&#233; &#224; laquelle le S&#233;nat s'&#233;tait oppos&#233;, afin que les travailleurs ne subissent aucune perte de salaire. Louis Virapoull&#233; tient toutefois &#224; ce que &#171; la fin de tous les contrats d'engagements souscrits &#224; la suite de l'abolition &#187; soit comm&#233;mor&#233;e ainsi que l'&#233;rection des colonies en d&#233;partements. Le rapporteur de la Commission des lois tient &#233;galement &#224; ce que la comm&#233;moration soit &#171; c&#233;l&#233;br&#233;e sur le territoire m&#233;tropolitain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il consid&#232;re que, pour l'essentiel, la fin des contrats d'engagement &#171; r&#233;sulte d'une d&#233;cision conjointe indo-britannique et non d'une d&#233;cision fran&#231;aise &#187;, Georges Lemoine accepte d'associer la comm&#233;moration de la fin de tous les contrats d'engagement &#224; celle de l'abolition de l'esclavage. Le Secr&#233;taire d'Etat s'engage &#233;galement &#224; demander au ministre de l'Education nationale de prendre toutes dispositions afin que le 27 avril de chaque ann&#233;e, dans tous les &#233;tablissements publics d'enseignement de m&#233;tropole &#171; une heure de cours soit consacr&#233;e &#224; une r&#233;flexion sur le probl&#232;me de l'esclavage et de son abolition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu &#171; du pas important &#187; effectu&#233; par le Gouvernement en direction du S&#233;nat, Louis Virapoull&#233; retire son amendement relatif &#224; l'&#233;rection des vieilles colonies en d&#233;partements. Ce qui entra&#238;ne l'adoption par le S&#233;nat du texte suivant : &#171; Article unique : la comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage par la R&#233;publique fran&#231;aise et celle de la fin de tous les contrats d'engagement souscrits &#224; la suite de cette abolition font l'objet d'une journ&#233;e f&#233;ri&#233;e dans les d&#233;partements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union ainsi que dans la collectivit&#233; territoriale de Mayotte. Un d&#233;cret fixe la date de cette comm&#233;moration pour chacune des collectivit&#233;s vis&#233;es ci-dessus et pr&#233;cise les conditions dans lesquelles cette comm&#233;moration sera c&#233;l&#233;br&#233;e sur le territoire m&#233;tropolitain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;- Le vote unanime de l'Assembl&#233;e nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La discussion, en seconde lecture, du projet de loi gouvernemental se d&#233;roule &#224; l'Assembl&#233;e nationale le 22 juin 1983. Au cours de cette discussion, le d&#233;put&#233; guadeloup&#233;en Ernest Moutoussamy tient &#224; regretter l'amalgame fait entre l'esclavage et les contrats d'engagement, tandis que son coll&#232;gue martiniquais Victor Sabl&#233; estime que &#171; la cons&#233;cration l&#233;gislative, m&#234;me assortie d'un jour f&#233;ri&#233;, ne peut rien ajouter &#224; la ferveur populaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une ultime intervention de Georges Lemoine invitant chaque collectivit&#233; concern&#233;e par l'abolition de l'esclavage &#224; donner &#224; la c&#233;l&#233;bration de l'&#233;v&#233;nement &#171; le contenu qui convient pour la jeunesse et &#224; honorer ses h&#233;ros locaux &#187;, le texte vot&#233; en seconde lecture par le S&#233;nat est adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; par l'Assembl&#233;e nationale. Ce texte, qui fait l'objet de la loi n&#176;83-550 du 30 juin 1983, est publi&#233; au &#8216;'Journal Officiel'' du 1er juillet 1983. Ainsi prend fin la bataille visant &#224; faire du 20 d&#233;cembre un jour f&#233;ri&#233; &#224; La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20 d&#233;cembre jour f&#233;ri&#233; : Louis Virapoull&#233; m&#232;ne le combat d'arri&#232;re-garde</title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/20-decembre-jour-ferie-louis-virapoulle-mene-le-combat-d-arriere-garde,94686</link>
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		<dc:date>2018-12-18T05:10:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>20 d&#233;cembre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;2018 : 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, 35e anniversaire du vote de la loi faisant du 20 d&#233;cembre un jour f&#233;ri&#233; -2-&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/" rel="directory"&gt;Culture et identit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/20-decembre" rel="tag"&gt;20 d&#233;cembre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94686-43c05.jpg?1780807854' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la seconde partie de son article, Eug&#232;ne Rousse &#233;voque la proc&#233;dure enclench&#233;e par le gouvernement &#224; la suite de son engagement &#224; respecter la promesse faite aux progressistes de La R&#233;union : faire de la comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage &#224; La R&#233;union un jour f&#233;ri&#233; dans notre &#238;le. Ce d&#233;bat a confirm&#233; l'existence &#224; La R&#233;union d'un courant r&#233;actionnaire refusant aux R&#233;unionnais le droit de conna&#238;tre l'histoire de leur peuple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60321 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;180&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/6-1981-12-21-20-decembre-reconnu.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/6-1981-12-21-20-decembre-reconnu-a040d.jpg?1780807854' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;En 1982, des R&#233;unionnais ont tent&#233; de s'opposer &#224; la reconnaissance du 20 d&#233;cembre. Au S&#233;nat, Louis Virapoull&#233; s'est distingu&#233; dans sa volont&#233; de mener ce combat d'arri&#232;re-garde.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1) Le d&#233;bat au Conseil g&#233;n&#233;ral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en principe le 21 d&#233;cembre 1981 que le Conseil g&#233;n&#233;ral de La R&#233;union doit examiner le projet d'Henri Emmanuelli. Faute de quorum, cet examen est d'abord renvoy&#233; au mercredi 23 d&#233;cembre puis au 8 janvier 1982. S'agissant du projet de loi, la commission des affaires g&#233;n&#233;rales et sociales du Conseil g&#233;n&#233;ral, pr&#233;sid&#233;e par le docteur David Moreau, propose pour l'article unique la r&#233;daction suivante : &#171; La comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage fera l'objet d'une journ&#233;e f&#233;ri&#233;e et ch&#244;m&#233;e dans les DOM &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'agissant du projet de d&#233;cret, la m&#234;me commission demande de retenir la date du 20 d&#233;cembre pour la comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage. La proposition de la commission des affaires g&#233;n&#233;rales et sociales ne recueille toutefois pas l'adh&#233;sion des conseillers g&#233;n&#233;raux Jacques T&#233;cher, Paul B&#233;nard, Christophe Kichenin et Jean Fontaine, qui demandent qu'&#224; &#171; l'abolition de l'esclavage &#187; soit associ&#233;e &#171; l'&#233;rection des quatre vieilles colonies en d&#233;partements &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une telle demande &#8211; soutenue par Jean-Paul Virapoull&#233;, qui souligne le pr&#233;judice caus&#233; selon lui aux entreprises par une journ&#233;e ch&#244;m&#233;e et pay&#233;e suppl&#233;mentaire &#8211; suscite diverses interventions, dont celles de Claude Hoarau et Bruny Payet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Hoarau fait observer que l'amendement de derni&#232;re heure pr&#233;sent&#233; par Jacques T&#233;cher et ses trois coll&#232;gues &#233;mane d'&#233;lus qui &#171; ont de mani&#232;re ostensiblement publique, refus&#233; de c&#233;l&#233;brer ou de participer &#224; la comm&#233;moration du 20 d&#233;cembre &#187;. Pour le conseiller g&#233;n&#233;ral communiste de Saint-Louis, aucun doute n'est permis quant &#224; la volont&#233; des signataires de l'amendement de &#171; faire diversion &#187; et &#171; d'organiser la confusion &#187;. Et il rappelle que la droite, largement majoritaire dans l'assembl&#233;e d&#233;partementale depuis octobre 1949, n'a jamais &#233;mis le v&#339;u que le classement de La R&#233;union en d&#233;partement soit c&#233;l&#233;br&#233; dans l'&#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseiller g&#233;n&#233;ral communiste du Port, Bruny Payet, souhaite qu'on ne m&#233;lange pas les probl&#232;mes et il tient &#224; rappeler aux auteurs de l'amendement qu'en 1973 il a d&#233;pos&#233; sur le bureau du Conseil g&#233;n&#233;ral une motion &#171; demandant la c&#233;l&#233;bration du 30e anniversaire de l'&#233;rection de La R&#233;union en d&#233;partement fran&#231;ais. Cette motion a &#233;t&#233; refus&#233;e par la majorit&#233; du Conseil g&#233;n&#233;ral &#187;, dont la composition est sensiblement la m&#234;me qu'en 1973, ajoute-t-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;ance du 8 janvier 1982 s'ach&#232;ve par le vote du texte suivant par la majorit&#233; du Conseil g&#233;n&#233;ral :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Projet de loi. Article unique : la comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage et de l'&#233;rection des quatre vieilles colonies en d&#233;partements fran&#231;ais fera l'objet d'une m&#234;me journ&#233;e f&#233;ri&#233;e et ch&#244;m&#233;e dans les d&#233;partements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Projet de d&#233;cret. Article 1er : Dans les d&#233;partements d'outre-mer, la date de comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage et de l'&#233;rection des quatre vieilles colonies en d&#233;partements fran&#231;ais est ainsi fix&#233;e : La R&#233;union : 20 d&#233;cembre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2) Le d&#233;bat parlementaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s consultation des Conseils g&#233;n&#233;raux concern&#233;s, le Secr&#233;taire d'&#201;tat aux DOM-TOM, Henri Emmanuelli, adresse au bureau du S&#233;nat le projet de loi n&#176;333, dat&#233; du 13 mai 1982, dont l'article unique est r&#233;dig&#233; comme suit : &#171; La comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage fera l'objet d'une journ&#233;e f&#233;ri&#233;e dans les d&#233;partements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union, ainsi que dans la collectivit&#233; territoriale de Mayotte. La date de cette comm&#233;moration qui sera fix&#233;e par d&#233;cret pourra ne pas &#234;tre la m&#234;me pour toutes les collectivit&#233;s territoriales vis&#233;es au premier alin&#233;a &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;L'avis d&#233;favorable du S&#233;nat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'examen du projet de loi n&#176;333 par la Commission des lois du S&#233;nat, dont le rapporteur est le s&#233;nateur de La R&#233;union Louis Virapoull&#233;, le texte d'Henri Emmanuelli est si mutil&#233; qu'il devient m&#233;connaissable. La r&#233;daction propos&#233;e par la Commission des lois du S&#233;nat est en effet la suivante : &#171; La comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage, de la fin de tous les contrats d'engagement souscrits &#224; la suite de cette abolition ainsi que la comm&#233;moration de l'&#233;rection de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union en d&#233;partements fran&#231;ais sont l'objet en France m&#233;tropolitaine, dans le d&#233;partement d'outre-mer et dans la collectivit&#233; territoriale de Mayotte, de c&#233;r&#233;monies qui ont lieu le premier dimanche qui suit la date anniversaire du 16 pluviose an II &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours du d&#233;bat qui s'engage au S&#233;nat le 3 juin 1982, Louis Virapoull&#233;, au nom de la Commission des lois de la Haute assembl&#233;e, d&#233;fend un projet fort &#233;loign&#233; de celui adopt&#233; cinq mois plus t&#244;t par le Conseil g&#233;n&#233;ral de La R&#233;union dont il est membre. Le S&#233;nateur de La R&#233;union souligne que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;&#171; l'esclavage est aussi vieux que le monde &#187; et que dans les colonies fran&#231;aises &#171; on a tout simplement transf&#233;r&#233;&#8230; un syst&#232;me que l'Europe a connu &#187; et qu'en cons&#233;quence &#171; il faut ramener ce probl&#232;me &#224; ses plus justes proportions&#8230; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Si Victor Sch&#339;lcher a &#233;mancip&#233; les esclaves en 1848, soit 54 ans plus t&#244;t (le 16 pluviose an II - 4 f&#233;vrier 1794), l'abb&#233; Gr&#233;goire avait, lui aussi obtenu de la Convention &#171; l'abolition de l'esclavage des n&#232;gres dans toutes les colonies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;&#171; Notre crainte actuellement, c'est qu'une petite minorit&#233; tr&#232;s faible, anim&#233;e de l'esprit de revanche, s'empare de cette comm&#233;moration pour tenter de provoquer la division&#8230; &#187;. Notre pr&#233;occupation est &#171; le probl&#232;me de l'unit&#233; &#187;. &#171; Cette f&#234;te doit &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e le m&#234;me jour sur l'ensemble du territoire de la R&#233;publique&#8230; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; &#201;voquer la m&#233;moire de Victor Sch&#339;lcher &#187;&#8230; c'est aussi et surtout se souvenir de cette importante date du 19 mars 1946 (date de la d&#233;partementalisation des vieilles colonies) ; d&#233;partementalisation souhait&#233;e par Victor Sch&#339;lcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Le probl&#232;me du jour f&#233;ri&#233; pose celui de la prise en charge des salaires perdus.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Virapoull&#233; estime donc que la proposition de la Commission des Lois du S&#233;nat est parfaitement justifi&#233;e. Le d&#233;bat du 3 juin est marqu&#233; par une dizaine d'interventions, dont celles du Secr&#233;taire d'&#201;tat Henri Emmanuelli, du socialiste Gilbert Belin et du communiste Serge Boucheny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Henri Emmanuelli, lorsque l'on &#233;voque l'abolition de l'esclavage, la date de r&#233;f&#233;rence ne peut &#234;tre que le 27 avril 1848, cette date &#233;tant celle d'une conqu&#234;te de la Seconde R&#233;publique &#171; jamais remise en question &#187;. Le Secr&#233;taire d'&#201;tat tient &#224; faire remarquer que la mani&#232;re d'honorer Victor Sch&#339;lcher (n&#233; en 1804) lui para&#238;t &#171; bien singuli&#232;re &#187;, puisque l'on se propose de lui rendre hommage le jour anniversaire d'une date (1794) ant&#233;rieure &#224; sa naissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Henri Emmanuelli ne peut s'emp&#234;cher de faire observer, qu'&#224; des dates diff&#233;rentes, diverses r&#233;gions de France c&#233;l&#232;brent r&#233;guli&#232;rement des &#233;v&#233;nements qui ont marqu&#233; leur Histoire, sans que personne n'objecte &#171; qu'il s'agit d'une atteinte &#224; l'unit&#233; de la R&#233;publique &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir dit son attachement &#224; l'institution d'un jour f&#233;ri&#233; dans les seuls DOM en vue de comm&#233;morer l'abolition de l'esclavage, Henri Emmanuelli n'exclut pas la France de cette comm&#233;moration. Il ne s'oppose pas non plus &#224; la c&#233;l&#233;bration de la fin des contrats d'engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert Belin estime pour sa part que &#171; la comm&#233;moration doit conserver un caract&#232;re solennel ; on ne peut y rajouter des &#233;v&#233;nements historiques, consid&#233;rables certes, mais qui n'ont pas de lien direct avec l'abolition elle-m&#234;me &#187;. Le s&#233;nateur socialiste pense que &#171; c'est une bonne d&#233;cision que de laisser &#224; chaque d&#233;partement le choix de la date &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au demeurant, ajoute-t-il, chaque Conseil g&#233;n&#233;ral a d&#233;j&#224; opt&#233; pour une date. La Martinique a choisi le 22 mai, la Guyane le 10 juin et La R&#233;union le 20 d&#233;cembre. Le S&#233;nat &#171; ne peut pas ne pas tenir compte des dates propos&#233;es par les Conseils g&#233;n&#233;raux &#187;, conclut-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Serge Boucheny, il ne cache pas qu'il a &#233;t&#233; choqu&#233; par l'intervention du rapporteur, qui s'est employ&#233; &#224; banaliser l'esclavage. Il rend hommage aux dirigeants des esclaves r&#233;volt&#233;s, &#224; ces &#171; hommes valeureux que l'Histoire officielle des classes dominantes a voulu oublier &#187;, dont les efforts conjugu&#233;s avec ceux &#171; des forces de progr&#232;s ont permis cette reconnaissance de la dignit&#233; de l'homme, quelles que soient par ailleurs son origine ou la couleur de sa peau &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le s&#233;nateur communiste approuve la proposition du gouvernement de laisser chaque d&#233;partement libre du choix de la date de c&#233;l&#233;bration de l'abolition de l'esclavage afin de tenir compte &#171; des r&#233;alit&#233;s et des traditions locales &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au terme du d&#233;bat du 3 juin, le S&#233;nat se prononce par 189 voix contre 104 pour le projet pr&#233;sent&#233; par sa Commission des lois ; autrement dit, contre le projet du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Luttes des R&#233;unionnais pour faire reconna&#238;tre le 20 d&#233;cembre</title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/luttes-des-reunionnais-pour-faire-reconnaitre-le-20-decembre,94675</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/luttes-des-reunionnais-pour-faire-reconnaitre-le-20-decembre,94675</guid>
		<dc:date>2018-12-17T03:54:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Parti communiste r&#233;unionnais PCR</dc:subject>
		<dc:subject>20 d&#233;cembre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;2018 : 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, 35e anniversaire du vote de la loi faisant du 20 d&#233;cembre un jour f&#233;ri&#233; -1-&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/" rel="directory"&gt;Culture et identit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/parti-communiste-reunionnais-pcr" rel="tag"&gt;Parti communiste r&#233;unionnais PCR&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/20-decembre" rel="tag"&gt;20 d&#233;cembre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94675-e9e9e.jpg?1780807855' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Eug&#232;ne Rousse revient sur les &#233;v&#233;nements qui ont amen&#233; la France &#224; reconna&#238;tre officiellement aux R&#233;unionnais le droit de c&#233;l&#233;brer le 20 d&#233;cembre. Pr&#233;alablement &#224; la proc&#233;dure l&#233;gislative qui aboutit &#224; la cr&#233;ation d'un jour f&#233;ri&#233; &#224; La R&#233;union, il fallut de nombreuses mobilisations des R&#233;unionnais pour que la comm&#233;moration de cette date historique soit inscrite &#224; l'ordre du jour de l'Assembl&#233;e nationale et du S&#233;nat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60313 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/pdf/1948-12-24-centenaire-20-decembre-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/7-1948-12-24-centenaire-20-decembre-cf6b6.jpg?1780807855' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La prise de conscience de l'exceptionnelle importance de l'&#233;mancipation des esclaves s'est aujourd'hui g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans le peuple r&#233;unionnais. Un tel consensus ne doit toutefois pas nous faire oublier que pendant pr&#232;s d'un si&#232;cle, les affranchis de 1848 et leurs descendants ont &#233;t&#233; victimes d'un v&#233;ritable apartheid et qu'il leur a &#233;t&#233; impossible de comm&#233;morer leur passage de la servilit&#233; &#224; la libert&#233;. Pire, le pouvoir colonial s'est obstin&#233; &#224; vouloir gommer deux si&#232;cles de l'Histoire de La R&#233;union.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apartheid, le mot n'est pas trop fort pour d&#233;crire l'&#233;touffement de la date anniversaire de l'abolition de l'esclavage &#224; La R&#233;union, lorsque l'on sait qu'apr&#232;s 1848, les ma&#238;tres de la colonie ont fortement contest&#233; aux 62.000 affranchis du pays la qualit&#233; de citoyens fran&#231;ais. La volont&#233; de priver les nouveaux affranchis d'un droit aussi fondamental que le droit de vote se confirme pendant la p&#233;riode imp&#233;riale (1852-1870). Le d&#233;sir de faire des Noirs des citoyens inf&#233;rieurs est loin d'&#234;tre absent des pr&#233;occupations de l'Administration coloniale sous la 3e R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le 12 mai 1898, au lendemain des &#233;lections l&#233;gislatives, le Directeur de l'int&#233;rieur, &#201;douard Petit, le plus proche collaborateur du chef de la colonie, n'h&#233;site pas &#224; &#233;crire : &#171; On peut dire qu'en appliquant le suffrage universel sans restriction &#224; un pays o&#249; la race noire n'est repr&#233;sent&#233;e que par des brutes, on ach&#232;ve sa d&#233;moralisation. Une r&#233;forme s'impose donc dans cette colonie pour relever la dignit&#233; du suffrage universel qui est la base de nos institutions r&#233;publicaines, mais dont l'intelligence obtuse des noirs ne saisira jamais le but &#233;lev&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que les descendants d'esclaves et d'engag&#233;s, largement majoritaires dans le pays, ont pu cesser de faire de la figuration sur la sc&#232;ne politique et y jouer des r&#244;les importants. Rappelons que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le d&#233;cret du 27 avril 1848 est &#233;voqu&#233; pour la premi&#232;re fois &#224; La R&#233;union le 14 juillet 1945 &#224; l'h&#244;tel de ville de Saint-Denis.
&lt;br /&gt;- Le nom du commissaire de la R&#233;publique Sarda Garriga sort de l'oubli le 1er mai 1946, date &#224; laquelle son nom est donn&#233; &#224; la place du Barachois &#224; Saint-Denis.
&lt;br /&gt;- Seuls les progressistes de l'&#238;le c&#233;l&#232;brent les samedi 1er et dimanche 2 mai 1948 le centi&#232;me anniversaire du d&#233;cret du 27 avril 1848 abolissant l'esclavage. La comm&#233;moration d'un tel &#233;v&#233;nement ne donne lieu &#224; aucune manifestation officielle.
&lt;br /&gt;- Le centenaire de l'abolition de l'esclavage a failli se d&#233;rouler le 20 d&#233;cembre 1948 dans la plus grande discr&#233;tion &#224; Saint-Denis, le maire du chef-lieu, Jules Olivier, ayant pris un arr&#234;t&#233; interdisant ce jour-l&#224; tout d&#233;fil&#233; sur le territoire de sa commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la proclamation de la 5e R&#233;publique, nous assistons &#224; La R&#233;union &#224; une tentative d'enfouissement du souvenir de l'&#233;poque coloniale. L'esclavage redevient un sujet tabou dans les milieux proches du pouvoir. Les autorisations de comm&#233;morer le 20 d&#233;cembre dans des lieux publics sont refus&#233;es par la Pr&#233;fecture, notamment les dimanches 20 d&#233;cembre 1964 et 20 d&#233;cembre 1970.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s le changement de 1981&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre 1981 pour que les R&#233;unionnais puissent v&#233;ritablement d&#233;couvrir les horreurs du syst&#232;me esclavagiste, s'approprier enfin leur pass&#233;, tout leur pass&#233; et faire du 20 d&#233;cembre la &#171; F&#234;te r&#233;unionnaise de la Libert&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, le 21 mai 1981, onze jours apr&#232;s son &#233;lection &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, Fran&#231;ois Mitterrand se rend au Panth&#233;on, o&#249; il d&#233;pose une rose sur la tombe de Victor Sch&#339;lcher, r&#233;dacteur du d&#233;cret du 27 avril 1848, abolissant l'esclavage dans les colonies fran&#231;aises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre mois plus tard, le secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233; des DOM-TOM, Henri Emmanuelli, met officiellement en chantier un projet de loi et un projet de d&#233;cret relatif &#224; la comm&#233;moration de l'abolition de l'esclavage dans les DOM et dans la collectivit&#233; territoriale de Mayotte.&lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant l'examen de ce projet par le Conseil g&#233;n&#233;ral, examen fix&#233; au 21 d&#233;cembre 1981, un &#171; Comit&#233; de c&#233;l&#233;bration du 20 d&#233;cembre &#187;, pr&#233;sid&#233; par le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGTR, Bruny Payet, est officiellement constitu&#233;. Avec le pr&#233;cieux concours de Paul Verg&#232;s, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PCR, le r&#244;le de ce Comit&#233; est de susciter la mise sur pied dans chaque commune d'un comit&#233; local afin que le 20 d&#233;cembre 1981 soit c&#233;l&#233;br&#233; pour la premi&#232;re fois avec &#233;clat dans toute l'&#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le refus de certains maires &#8211; notamment celui de Saint-Louis, le d&#233;put&#233; Jean Fontaine &#8211; d'apporter leur aide &#224; ces comit&#233;s est r&#233;v&#233;lateur de la volont&#233; d'une poign&#233;e d'&#233;lus de maintenir leurs concitoyens dans l'ignorance de leur Histoire. En d&#233;pit d'une telle attitude, on note une remarquable participation de la population &#224; toutes les manifestations organis&#233;es le dimanche 20 d&#233;cembre 1981.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Saint-Denis, le pr&#233;fet Michel Levallois est pr&#233;sent aux c&#233;r&#233;monies qui se d&#233;roulent sur l'esplanade Sarda Garriga. Il y prononce un discours et plante un arbre de la libert&#233; sur la place de la pr&#233;fecture. A Saint-Denis &#233;galement, les habitants du Chaudron d&#233;cident que le mail du Chaudron s'appellera d&#233;sormais &#171; mail du 20 d&#233;cembre &#187; ; mais la municipalit&#233; dionysienne, dirig&#233;e par Auguste Legros, restera obstin&#233;ment sourde &#224; leur demande relative &#224; un tel changement de d&#233;nomination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Albert Ramassamy, un pionnier de la gauche &#224; La R&#233;union ?</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/actualites-politiques/albert-ramassamy-un-pionnier-de-la-gauche-a-la-reunion,94367</link>
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		<dc:date>2018-11-15T01:06:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s d'Albert Ramassamy survenu &#224; Saint-Denis le 4 novembre dernier &#224; l'&#226;ge de 95 ans, des responsables politiques du pays lui ont rendu hommage en le pr&#233;sentant comme &#171; un pionnier de la gauche &#224; La R&#233;union &#187;. Soucieux pour ma part de mettre &#224; la disposition des chercheurs de demain des informations relatives au parcours scolaire, professionnel et militant d'Albert &#8212; je l'ai toujours appel&#233; par son pr&#233;nom &#8212;, j'estime n&#233;cessaire d'exposer ici un certain nombre de faits dont j'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/actualites-politiques/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH98/arton94367-0e37e.jpg?1780807855' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s d'Albert Ramassamy survenu &#224; Saint-Denis le 4 novembre dernier &#224; l'&#226;ge de 95 ans, des responsables politiques du pays lui ont rendu hommage en le pr&#233;sentant comme &#171; un pionnier de la gauche &#224; La R&#233;union &#187;. Soucieux pour ma part de mettre &#224; la disposition des chercheurs de demain des informations relatives au parcours scolaire, professionnel et militant d'Albert &#8212; je l'ai toujours appel&#233; par son pr&#233;nom &#8212;, j'estime n&#233;cessaire d'exposer ici un certain nombre de faits dont j'ai &#233;t&#233; t&#233;moin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/di-sak-na-pou-di-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH326/di-sak-na-pou-di-10-254eb.jpg?1780807855' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;cole centrale de Saint-Denis, o&#249; nous &#233;tions scolaris&#233;s &#224; la m&#234;me &#233;poque (fin des ann&#233;es 1930 et d&#233;but des ann&#233;es 1940), Albert se faisait remarquer par sa facilit&#233; d'&#233;locution, son &#233;tonnante capacit&#233; de travail et sa prodigieuse m&#233;moire. Ce qui lui a permis d'obtenir la m&#234;me ann&#233;e le brevet &#233;l&#233;mentaire et l'admission au concours d'entr&#233;e &#224; l'&#201;cole Normale, en r&#233;ussissant des &#233;preuves &#244; combien difficiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours des longues vacances scolaires de janvier-f&#233;vrier que nous passions tous les deux chez les parents au Champ-Borne, nous avons appris &#224; mieux nous conna&#238;tre au cours de rencontres presque quotidiennes. C'est donc tout naturellement que j'ai &#233;t&#233; amen&#233; &#224; &#234;tre tr&#232;s attentif aux divers engagements d'Albert, apr&#232;s son entr&#233;e dans la vie active.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Port, o&#249; il obtient son premier poste d'instituteur, Albert adh&#232;re &#224; la F&#233;d&#233;ration R&#233;unionnaise du Parti Communiste Fran&#231;ais, n&#233;e le 30 novembre 1947. Il est membre de la cellule Guy Moquet, d&#232;s que cette structure est cr&#233;&#233;e. Il en est m&#234;me l'animateur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Proche des communistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s presque 2 ans pass&#233;s au Port, Albert est mut&#233; en d'autres points du pays. En raison du tr&#232;s mauvais &#233;tat du r&#233;seau routier et de l'impossibilit&#233; &#224; cette &#233;poque d'obtenir une ligne t&#233;l&#233;phonique, nous ne pouvions nous rencontrer qu'&#224; l'occasion de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale annuelle du Syndicat National des Instituteurs (SNI). Des rencontres forc&#233;ment br&#232;ves, qui m'ont tout de m&#234;me permis d'apprendre que l'ex-animateur de la cellule communiste du Port &#233;tait devenu membre de la SFIO, une formation politique n&#233;e &#224; La R&#233;union au milieu des ann&#233;es 1930 et dont les membres les plus &#233;minents avaient rejoint le PCF &#224; la fin de la seconde Guerre mondiale, conduisant ainsi les socialistes r&#233;unionnais &#224; dispara&#238;tre de la sc&#232;ne politique pendant plus de 20 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner les r&#233;sultats des s&#233;natoriales du 19 juin 1955 et des l&#233;gislatives du 2 janvier 1956, o&#249; les socialistes J. Dijoux et F. Millot, tous deux hauts fonctionnaires respectivement de l'&#201;ducation nationale et de la Police nationale, ne recueillent que 10 voix des quelque 500 votants. M&#234;me constat pour les l&#233;gislatives, o&#249; la liste socialiste Millot-Labaume-Fort n'obtient que 2.105 voix contre 36.396 voix &#224; la liste PCF Paul Verg&#232;s &#8211; Raymond Mondon - Isnelle Amelin, qui d&#233;croche 2 si&#232;ges de d&#233;put&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me faut pr&#233;ciser que pour Albert, d&#233;part du PCF ne signifie pas rupture. Et cela jusqu'en 1958. J'en veux pour preuve que le 29 juillet 1957 &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du SNI, qui se tient &#224; Saint-Joseph (commune dirig&#233;e par le d&#233;put&#233; Rapha&#235;l Babet, de la droite mod&#233;r&#233;e), Albert Ramassamy, en sa qualit&#233; de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du SNI, invite les d&#233;put&#233;s communistes Paul Verg&#232;s et Raymond Mondon &#224; assister &#224; la totalit&#233; des travaux de l'assembl&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s l'&#233;norme scandale &#233;lectoral qui eut lieu le 17 novembre 1957 &#8212; date de l'&#233;lection l&#233;gislative partielle destin&#233;e &#224; pourvoir au remplacement de R. Babet, d&#233;c&#233;d&#233; &#8212;, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du SNI, Albert Ramassamy, fait adopter le 5 d&#233;cembre 1957 par son syndicat une motion dont voici un bref extrait : &#171; La section du SNI de La R&#233;union, indign&#233;e par les actes de violence qui ont ensanglant&#233; les derni&#232;res &#233;lections (&#8230;), regrette ce retour &#224; la politique des notables, laquelle a rendu hideux le r&#233;gime colonial &#187;. Une motion o&#249; il partage les positions communistes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une abstention s&#233;v&#232;rement sanctionn&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s l'entr&#233;e &#224; Matignon de Michel Debr&#233; le 8 janvier 1959, le &#171; pionnier de la gauche &#187; &#224; La R&#233;union d&#233;clare une v&#233;ritable guerre aux communistes, qu'il traite de &#171; s&#233;paratistes &#187;, en faisant croire que ces derniers sont &#171; aux ordres de Moscou &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au SNI, o&#249; le groupe auquel il appartient dispose d'une confortable majorit&#233;, il a des mots tr&#232;s durs envers les minoritaires qui, selon lui, sont de dangereux &#171; ind&#233;pendantistes &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La direction socialisante du SNI en France, elle m&#234;me, n'est pas &#233;pargn&#233;e : des appels pressants de Paris &#224; une &#233;poque o&#249; la R&#233;publique est en danger, ne sont plus relay&#233;s &#224; La R&#233;union par les responsables de la section r&#233;unionnaise du syndicat. Deux exemples suffiront pour &#233;tayer mon affirmation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 31 d&#233;cembre 1959, le Premier ministre Michel Debr&#233; fait voter &#8212; presque sans d&#233;bat par l'Assembl&#233;e nationale &#8212; des lois connues sous le nom de lois anti-la&#239;ques. Aussit&#244;t, les organisations la&#239;ques de France, dont le SNI, lancent un appel &#224; la mobilisation de tous ceux qui estiment que le vote de ces lois est une violation de la Constitution de 1958 et que &#171; l'argent de tous ne doit aller qu'&#224; l'&#233;cole ouverte &#224; tous &#187;. &#192; La R&#233;union, les dirigeants de la section du SNI restent sourds &#224; cet appel, qui trouve toutefois un large &#233;cho aupr&#232;s d'autres organisations la&#239;ques, qui font circuler dans toute l'&#238;le des cahiers de signatures de p&#233;titions expliquant que &#171; l'&#233;cole la&#239;que n'est ni l'&#233;cole sans Dieu, ni l'&#233;cole du Diable &#187; et qu'elle est tout simplement l'&#233;cole de la R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En France et dans les DOM, la campagne de signatures des p&#233;titions conna&#238;t un gros succ&#232;s : plus de 9 millions de signatures en 5 mois. &#192; La R&#233;union, l'attitude du groupe majoritaire est s&#233;v&#232;rement sanctionn&#233;e : &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 28 juillet 1960 au Port, Ramassamy ne recueille au nouveau Conseil syndical que 5 si&#232;ges sur les 21 &#224; pourvoir. La composition du Conseil syndical, dont le leader est Raymond Mondon (ex d&#233;put&#233; communiste) depuis juillet 1960, ne change pas apr&#232;s l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 10 juillet 1961.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps des dissidences : d'abord au S.N.I.&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de refus du groupe Ramassamy de calquer son comportement sur celui de la direction nationale du SNI : il s'agit du refus honteux d'apporter le moindre soutien aux victimes de l'ordonnance du 15 octobre 1960. Le 21 ao&#251;t 1961, 8 fonctionnaires majoritairement communistes sont avis&#233;s par la Pr&#233;fecture de La R&#233;union qu'ils sont frapp&#233;s par cette ordonnance, plus connue sous le nom d'ordonnance Debr&#233;, et en cons&#233;quence, ils devront &#234;tre &#224; Gillot le 5 septembre pour prendre le vol d'Air France &#224; destination d'Orly. &#192; Paris, le SNI condamne le recours &#224; l'ordonnance du 15 octobre 1960, assure les victimes de ce qui n'est rien d'autre qu'une lettre de cachet de la solidarit&#233; des instituteurs de France et intervient au Minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale pour que les exil&#233;s de La R&#233;union soit tous affect&#233;s dans la r&#233;gion parisienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; La R&#233;union, les membres du groupe Ramassamy se sont abstenus d'assister aux grandes manifestations contre cette ordonnance organis&#233;es par le SNI (dirig&#233; depuis le 28 juillet 1960 par Raymond Mondon) ainsi que par la CFTC, la CGT et la FOL, tant avant qu'apr&#232;s le d&#233;part des fonctionnaires frapp&#233;s de bannissement. Les autres DOM sont eux aussi touch&#233;s par l'ordonnance Debr&#233; ; ce qui conduit le d&#233;put&#233; martiniquais Aim&#233; C&#233;saire &#224; d&#233;noncer le 6 octobre 1961 devant l'Assembl&#233;e nationale &#171; l'&#233;tat de si&#232;ge qui affecte dangereusement les 4 DOM, o&#249; il n'y a ni Constitution ni Droits de l'homme et du citoyen. Il n'y a plus de libert&#233;, il n'y a que le r&#233;gime du bon plaisir&#8230; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un tel r&#233;gime va durer pr&#232;s de 20 ans, au cours desquels Albert Ramassamy s'est manifest&#233; &#224; plusieurs reprises. Ainsi, le 9 juillet 1962, jour de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du SNI, au Rio &#224; Saint-Denis, Ramassamy, qui n'a plus de responsabilit&#233; syndicale depuis juillet 1960, cr&#233;e &#224; l'&#233;cole centrale de Saint-Denis une section du SNI dissidente, dont il se proclame secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. Cette section dissidente dispose manifestement de gros moyens car elle &#233;dite un bulletin bimestriel en plus des circulaires qu'elle diffuse dans toute l'&#238;le. Objectif recherch&#233; : discr&#233;diter les &#171; s&#233;paratistes &#187; qui sont &#224; la t&#234;te du SNI officiel. La section dissidente dispara&#238;tra le 24 juillet 1964, jour d'une assembl&#233;e de r&#233;unification tenue sans Ramassamy, absent de La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230; puis &#224; la F.O.L.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier &#233;tait toutefois pr&#233;sent dans l'&#238;le en 1963, ann&#233;e riche en &#233;v&#233;nements, dont deux au moins ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par des initiatives d'Albert. Mentionnons d'abord le 5 mai 1963, date de l'&#233;lection l&#233;gislative dans la premi&#232;re circonscription de La R&#233;union (Saint-Denis &#8211; Sainte-Rose). &#192; cette &#233;lection, se pr&#233;sentent Michel Debr&#233; et Paul Verg&#232;s. L'anti-communisme de l'ancien Premier ministre du g&#233;n&#233;ral De Gaulle est appr&#233;ci&#233; du directeur d'&#233;cole du 8e km de La Montagne au point que celui-ci s'engage totalement dans une campagne &#233;lectorale o&#249; il pr&#233;sente Michel Debr&#233; comme le seul v&#233;ritable rempart contre le p&#233;ril communiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enhardi par un &#171; succ&#232;s &#187; auquel il a contribu&#233; le 5 mai, Albert Ramassamy engage une offensive contre la F&#233;d&#233;ration des &#338;uvres La&#239;ques (FOL), section de la Ligue fran&#231;aise de l'Enseignement, &#224; l'occasion de la tenue de son assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 3 juin 1963, au Rio &#224; Saint-Denis. Ce jour-l&#224; il se pr&#233;sente aux portes du Rio, o&#249; je contr&#244;le les entr&#233;es ; je lui fais observer tr&#232;s poliment qu'il ne peut pas entrer puisque ne figurant pas sur le listing de la FOL. Il se retire sans mot dire et, &#224; la t&#234;te d'un petit groupe de femmes et d'hommes, se rend &#224; l'&#233;cole centrale toute proche et y fonde une FOL dissidente. Cette FOL dissidente n'aura qu'une existence &#233;ph&#233;m&#232;re car non reconnue par Paris. Il se plaindra plus tard d'avoir &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de la FOL par les communistes (voir &#8216;'Le Quotidien'' du 18 mars 1995).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une soif enfin &#233;tanch&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En politique, la soif d'un mandat le prend. Il frappe aux portes de l'h&#244;tel de ville de sa commune natale (Saint-Andr&#233;), berceau de la fraude &#233;lectorale grossi&#232;re et violente, et y d&#233;pose sa candidature aux municipales du 14 mars 1965. N'ayant pas d'adversaire, il est &#233;videmment &#233;lu. Il faut savoir qu'au soir du 14 mars 1965, une d&#233;p&#234;che de l'AFP nous informait qu'&#171; &#224; La R&#233;union, d&#232;s le premier tour, toutes les communes de La R&#233;union se sont dot&#233;es de municipalit&#233;s gaullistes &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un mois plus tard, le 30 avril 1965, le d&#233;put&#233; ex-MRP de la deuxi&#232;me circonscription de La R&#233;union, Marcel Vauthier, d&#233;clarait &#224; l'Assembl&#233;e nationale : &#171; il n'y a plus de suffrage universel &#224; La R&#233;union &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le costume de conseiller municipal ne lui suffisant pas, Albert r&#234;ve d'un mandat national ; il est candidat aux l&#233;gislatives du 5 mars 1967 dans la 2e circonscription. Cette fois, il doit se contenter de 5,39 % des voix. Mais il se garde bien de parler de fraude, car dans sa croisade anti-communiste il avait semble-t-il justifi&#233; la fraude en disant que &#171; la fraude &#233;lectorale est la r&#233;plique aux mensonges en politique &#187; (voir la circulaire SNI num&#233;ro 2 du groupe Ramassamy parue en 1962).&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une quinzaine d'ann&#233;es consacr&#233;es presque essentiellement &#224; sa profession d'enseignant, qui ne lui a valu que des &#233;loges, Albert Ramassamy rejoint assez timidement le camp de la gauche r&#233;unionnaise ; ce qui lui permet d'obtenir d'abord un mandat de conseiller r&#233;gional, puis un mandat de s&#233;nateur, respectivement les 20 f&#233;vrier et 25 juillet 1983. J'avoue avoir vot&#233; et fait voter pour lui aux &#233;lections s&#233;natoriales de 1983 et aussi &#224; celles de 1992, oubliant son parcours politique chaotique et en saluant ainsi son retour dans une famille politique qu'il n'aurait jamais d&#251; quitter. Il &#233;prouve toutefois le besoin de livrer un ultime combat contre Paul Verg&#232;s le 21 mars 2004, o&#249; il recueille 1,74 % des voix aux &#233;lections r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un bilan plut&#244;t d&#233;cevant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, je lui apportais le t&#233;moignage de mon amiti&#233; en le sollicitant lors de la r&#233;alisation d'un film que m'avait confi&#233; le Conseil G&#233;n&#233;ral en 1995 &#224; l'occasion de la c&#233;l&#233;bration, en pr&#233;sence du pr&#233;sident de la R&#233;publique Jacques Chirac, du 50e anniversaire de la d&#233;partementalisation. Je lui laissais le libre choix du th&#232;me qu'il voulait aborder. Il me donna enti&#232;re satisfaction.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'heure du bilan de &#171; l'homme de tous les combats &#187;, je ne peux que regretter qu'Albert ait fait sien le langage guerrier de Debr&#233; : &#171; on ne discute pas avec les communistes, on les combat &#187;. Il faut savoir que la seule pr&#233;sence de Michel Debr&#233; au Conseil r&#233;gional (ancienne formule 1973 &#8211; 1983) o&#249; si&#233;geait Paul Verg&#232;s, suffisait &#224; rendre tout d&#233;bat absolument impossible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;plore &#233;galement qu'il n'ait pas condamn&#233; les scandales du BUMIDOM (Bureau des Migrations dans les DOM) et du FASO (Fonds d'Action Sanitaire Obligatoire) mis en place par Debr&#233; en 1963 et qu'il se soit abstenu de s'engager dans les dures batailles visant &#224; obtenir l'extension &#224; La R&#233;union de la l&#233;gislation de l'&#233;galit&#233; des droits sociaux avec ceux de France. &lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence, je suis fond&#233; &#224; affirmer que le bilan de notre ex-s&#233;nateur, au plan politique et syndical, me semble plut&#244;t d&#233;cevant. Cela dit, que les proches d'Albert veuillent bien accepter les tr&#232;s sinc&#232;res condol&#233;ances que je leur adresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hommage &#224; Daniel Honor&#233;, grand militant culturel mais aussi politique, &#233;ducatif et syndical</title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/hommage/hommage-a-daniel-honore-grand-militant-culturel-mais-aussi-politique-educatif-et-syndical,94197</link>
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		<dc:date>2018-10-22T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Parti communiste r&#233;unionnais PCR</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce samedi ont eu lieu les obs&#232;ques de Daniel Honor&#233;. Un nombreux public &#233;tait pr&#233;sent &#224; la c&#233;r&#233;monie d'adieu au centre fun&#233;raire de Commune Prima &#224; Saint-Denis. Daniel Honor&#233; a ensuite &#233;t&#233; inhum&#233; &#224; Saint-Beno&#238;t. S'il &#233;tait surtout connu comme un militant culturel, Daniel Honor&#233; a eu aussi des engagements politiques, &#233;ducatifs et syndicaux. C'est cet aspect de sa vie qu'&#233;claire un article d'Eug&#232;ne Rousse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;c&#232;s de Daniel Honor&#233;, survenu ce 18 octobre 2018 apr&#232;s une courte mais redoutable (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/culture/hommage/" rel="directory"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94197-9206a.jpg?1780807855' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce samedi ont eu lieu les obs&#232;ques de Daniel Honor&#233;. Un nombreux public &#233;tait pr&#233;sent &#224; la c&#233;r&#233;monie d'adieu au centre fun&#233;raire de Commune Prima &#224; Saint-Denis. Daniel Honor&#233; a ensuite &#233;t&#233; inhum&#233; &#224; Saint-Beno&#238;t. S'il &#233;tait surtout connu comme un militant culturel, Daniel Honor&#233; a eu aussi des engagements politiques, &#233;ducatifs et syndicaux. C'est cet aspect de sa vie qu'&#233;claire un article d'Eug&#232;ne Rousse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59872 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;205&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/1-te_m_11_mars_71_foto_daniel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/1-te_m_11_mars_71_foto_daniel-4762f.jpg?1780807855' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;La photo de Daniel Honor&#233; bless&#233; gravement au visage par les nervis de son adversaire aux &#233;lections municipales de mars 1971 &#224; Saint-Beno&#238;t. Photo parue &#224; la une de &#8216;'T&#233;moignages'' du jeudi 11 mars 1971.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s de Daniel Honor&#233;, survenu ce 18 octobre 2018 apr&#232;s une courte mais redoutable maladie, a constern&#233; tous les R&#233;unionnais qui ont &#233;t&#233; t&#233;moins de son engagement total au service de son peuple sur les terrains les plus divers. C'est pourquoi, tout ou presque tout a &#233;t&#233; dit au sujet du militantisme culturel de l'enseignant b&#233;n&#233;dictin qui a re&#231;u &#224; Saint-Beno&#238;t le 18 octobre 2008 le dipl&#244;me de &#8216;'Zarboutan nout kiltir'' des mains du pr&#233;sident de la R&#233;gion R&#233;union, Paul Verg&#232;s, en pr&#233;sence de diverses personnalit&#233;s du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu le privil&#232;ge, ce jour-l&#224;, de recevoir le m&#234;me dipl&#244;me aux c&#244;t&#233;s de Daniel, dont le talent d'&#233;crivain, de po&#232;te, de conteur, de d&#233;fenseur de la langue cr&#233;ole r&#233;unionnaise et de penseur r&#233;unionnais en g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; soulign&#233; par tous les intervenants. Mais ces derniers n'ont toutefois pas eu un mot &#8212; comme c'est encore souvent le cas aujourd'hui dans l'hommage rendu au d&#233;funt &#8212; pour le militant politique, le militant de l'&#233;cole la&#239;que ainsi que le militant syndical. Et ce sont pr&#233;cis&#233;ment ces zones d'ombre que je me propose de dissiper.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Violences politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la sc&#232;ne politique, Daniel Honor&#233; a jou&#233; un r&#244;le remarquable &#224; Saint-Beno&#238;t, notamment lors des &#233;lections municipales de mars 1971. L'engagement de Michel Debr&#233;, ministre des Arm&#233;es, au c&#244;t&#233; des &#171; 24 listes nationales &#187; de La R&#233;union &#233;tait tel qu'on pouvait pr&#233;voir que le scrutin se d&#233;roulerait dans un climat de violence. Cela n'emp&#234;cha pas Daniel d'interrompre un cong&#233; &#224; Orl&#233;ans pour participer &#224; la campagne &#233;lectorale aux c&#244;t&#233;s de Bruny Payet qui l'avait plac&#233; en second sur sa liste PCR, qu'il conduisait face au Docteur David Moreau &#224; Saint-Beno&#238;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peu apr&#232;s son retour &#224; La R&#233;union, le dimanche 7 mars, Daniel est la cible des gros bras du maire qui, assur&#233;s de leur impunit&#233;, lancent en direction de l'enseignant un projectile qui le blesse gri&#232;vement au visage et l'oblige &#224; se faire hospitaliser, avant d'observer un repos assez long. Comme lors de la plupart des violences politiques qui ont tu&#233; nos &#171; sept martyrs r&#233;unionnais &#187; des ann&#233;es 1949 &#8211; 1978, aucune suite judiciaire ne sera donn&#233;e visant les auteurs et complices de cette grave agression contre Daniel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un combattant infatigable, efficace et modeste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, militant de l'&#233;cole la&#239;que, Daniel l'a &#233;t&#233; d&#232;s son entr&#233;e dans l'Enseignement. En 1960, il a particip&#233; &#224; la campagne de p&#233;tition en faveur de l'&#201;cole de la R&#233;publique menac&#233;e par les lois anti-la&#239;ques de Michel Debr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Administrateur de la F&#233;d&#233;ration des &#338;uvres La&#239;ques (FOL), il &#233;tait charg&#233; notamment du bon fonctionnement des colonies de vacances &#224; &#8216;'La Maison de nos enfants'' de la Plaine des Palmistes, o&#249; il cumulait les fonctions de directeur, d'animateur, de cuisinier&#8230; En compagnie de son ins&#233;parable ami l'instituteur Albert &#201;lie, on le voyait souvent fendre des fagots, torse nu, proc&#233;der au nettoyage de la cour, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, militant syndical, Daniel l'a &#233;t&#233; pendant pr&#232;s de 20 ans au SNI-PEGC, &#224; une &#233;poque o&#249;, inlassablement, il pr&#234;chait l'union avec toutes les organisations syndicales, y compris la CGTR, qui &#233;tait alors consid&#233;r&#233;e par les &#171; nationaux &#187; comme &#171; un foyer de s&#233;paratistes &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une anecdote qui int&#233;ressera certainement les lecteurs du pr&#233;sent texte : en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, bri&#232;vement rappel&#233;e, outre ses engagements culturels, ce qu'a &#233;t&#233; la vie militante de Daniel Honor&#233;, dont je suis fier d'avoir partag&#233; presque tous les combats et dont je garde le souvenir d'un combattant infatigable, efficace et modeste. Qu'il serve d'exemple &#224; tous les R&#233;unionnais ! C'est la meilleure fa&#231;on de lui rendre hommage. Que son &#233;pouse et son fils se consolent : le souvenir de Daniel vivra longtemps &#224; La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une anecdote qui int&#233;ressera certainement les lecteurs du pr&#233;sent texte : en juillet 1979, un responsable national de notre syndicat effectue un s&#233;jour d'un mois &#224; La R&#233;union, au cours duquel il anime une r&#233;union syndicale au Port. J'interviens aupr&#232;s de Daniel pour qu'il fasse son intervention en fran&#231;ais. &#171; Non, me r&#233;pond-il. L'occasion est trop belle pour faire conna&#238;tre notre langue cr&#233;ole &#187;. L'expos&#233; de Daniel termin&#233;, je demande &#224; notre invit&#233; s'il a tout compris. La r&#233;ponse est affirmative. L'attachement de Daniel au cr&#233;ole a donc &#233;t&#233; payant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ordonnance du 15 octobre 1960 : un texte d'une exceptionnelle monstruosit&#233;</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/actualites-politiques/l-ordonnance-du-15-octobre-1960-un-texte-d-une-exceptionnelle-monstruosite,94138</link>
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		<dc:date>2018-10-15T02:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eug&#232;ne Rousse</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un rappel n&#233;cessaire&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/actualites-politiques/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94138-b4f5f.jpg?1780807855' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 15 octobre 1960 &#8212; il y a aujourd'hui 58 ans &#8212; le Premier ministre Michel Debr&#233; signait une ordonnance lui permettant de recourir &#224; de v&#233;ritables lettres de cachet pour d&#233;barrasser les D&#233;partements d'Outre-Mer des fonctionnaires hostiles &#224; sa politique. Et cela, en violation de la Constitution qu'il avait r&#233;dig&#233;e et fait approuver deux ans plus t&#244;t par nos concitoyens. Une violation qui ne fait pas l'ombre du moindre doute quand on sait que l'ordonnance du 15 octobre 1960 a &#233;t&#233; condamn&#233;e en termes s&#233;v&#232;res par les tribunaux administratifs et le Conseil d'&#201;tat. Les arr&#234;ts de ces juridictions ont &#233;t&#233; ignor&#233;s par le Pouvoir de l'&#233;poque. Ce qui est tout simplement scandaleux. Quand on sait &#233;galement que c'est &#224; l'unanimit&#233; que l'Assembl&#233; nationale a abrog&#233; en octobre 1972 le texte de l'ancien Premier ministre du g&#233;n&#233;ral De Gaulle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59840 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;376&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-gillot_5_sept_1961-nb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5-gillot_5_sept_1961-nb-b68af.jpg?1780807855' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;5 septembre 1961 : d&#233;part de victimes de l'ordonnance du 15 octobre 1960 &#224; Gillot. De gauche &#224; droite : Jean Letoullec, Paul Verg&#232;s (qui accompagne le groupe d'exil&#233;s jusqu'&#224; Paris), Max Rivi&#232;re, C&#233;cile Ponama (qui accompagne son &#233;poux jusqu'&#224; l'a&#233;roport), Jean-Baptiste Ponama, Pierre Rossolin, Roland Robert, Isnelle Amelin (venue saluer ses camarades), Bernard Ganzarski.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il ne me para&#238;t pas n&#233;cessaire de rappeler l'&#233;motion et la col&#232;re provoqu&#233;es &#224; La R&#233;union par l'application en septembre 1961 pour la premi&#232;re fois dans notre &#238;le d'un texte privant les fonctionnaires de leurs droits les plus &#233;l&#233;mentaires. La reproduction de l'allocution officielle prononc&#233;e par Max Rivi&#232;re au nom du premier groupe d'exil&#233;s en application de cette ordonnance permettra &#224; chacun de se faire une id&#233;e de la stup&#233;faction mais aussi de la d&#233;termination de nos compatriotes frapp&#233;s en raison de leurs soucis de se mettre totalement au service de leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'allocution de Max Rivi&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Max Rivi&#232;re est le dernier &#224; s'adresser &#224; la foule qui se presse &#224; Saint-Denis au cin&#233;ma Rio le 3 septembre 1961 pour une r&#233;union de protestation. Au nom de ses camarades frapp&#233;s par l'Ordonnance, il lit une d&#233;claration, dont voici des extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Contraints &#224; l'exil en application de l'Ordonnance du 15 octobre 1960,&lt;br class='autobr' /&gt;
Oblig&#233;s de quitter le pays qui nous a vus na&#238;tre,&lt;br class='autobr' /&gt;
Arrach&#233;s &#224; nos familles et au peuple au milieu duquel nous avons v&#233;cu et dont nous partageons les souffrances, les luttes et les espoirs,&lt;br class='autobr' /&gt;
Douloureusement meurtris, mais non vaincus...&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous d&#233;clarons solennellement que nous restons fid&#232;les &#224; notre combat, fid&#232;les aux id&#233;es et aux conceptions politiques qu'en conscience nous estimons propres &#224; faire avancer notre pays sur la voie du progr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement fran&#231;ais nous frappe parce que nous d&#233;non&#231;ons la r&#233;alit&#233; coloniale impos&#233;e &#224; notre peuple, parce que nous luttons contre les atteintes aux libert&#233;s...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir frappe des militants syndicalistes ou la&#239;cs parce que, fid&#232;les au mandat qui leur a &#233;t&#233; confi&#233;, ils ont combattu pour l'am&#233;lioration du sort si mis&#233;rable de la grande masse de leurs compatriotes...&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre activit&#233; politique ou syndicale, comme d'ailleurs sur le plan professionnel, le gouvernement n'a pu, &#224; aucun moment, retenir contre l'un d'entre nous un seul acte susceptible de poursuites judiciaires, une seule faute justiciable de sanctions disciplinaires, un manquement &#224; l'honneur et &#224; la probit&#233;. Il ne restait plus &#224; ce gouvernement que l'arbitraire absolu. Il l'a choisi, dissipant les derni&#232;res illusions que pouvaient encore nourrir certains et apportant lui-m&#234;me la preuve que les &#034;D&#233;partements d'Outre-mer&#034; sont bien des territoires d'exception.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais face &#224; l'arbitraire du Pouvoir, l'indignation g&#233;n&#233;rale provoqu&#233;e par le bannissement de 7 R&#233;unionnais, la solidarit&#233; qui se manifeste de toutes parts dans l'&#238;le marque &#224; jamais la prise de conscience du peuple r&#233;unionnais...&lt;br class='autobr' /&gt;
Assur&#233;s de l'amiti&#233; du peuple de France, nous sommes certains de revenir demain dans notre beau pays...&lt;br class='autobr' /&gt;
Bannis aujourd'hui de notre pays, nous saluons le dur combat que ceux qui restent auront &#224; livrer...&lt;br class='autobr' /&gt;
Vive la France r&#233;publicaine et d&#233;mocratique ! Vive La R&#233;union ! &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recours &#224; l'Ordonnance avant la lettre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les vagues de protestation qu'a suscit&#233;es l'application de l'ordonnance Debr&#233; ne doivent pas nous faire oublier qu'avant la r&#233;daction de cette ordonnance, des fonctionnaires des DOM ont &#233;t&#233; victimes de mesures s'apparentant &#224; l'ordonnance du 15 octobre 1960 pour se d&#233;barrasser des fonctionnaires consid&#233;r&#233;s par eux comme de &#171; dangereux s&#233;paratistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inspecteur de l'&#201;ducation nationale Roger &#220;berschlag, en poste &#224; La R&#233;union, est sans nul doute la premi&#232;re victime d'une telle mesure. Son cas m&#233;rite une place particuli&#232;re dans le pr&#233;sent texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; dans l'&#238;le en 1955, l'Alsacien Roger &#220;berschlag cr&#233;e un an plus tard le Centre d'Informations et de Recherches P&#233;dagogiques (CIRP), dont le si&#232;ge est &#224; Saint-Pierre. Son d&#233;vouement et sa comp&#233;tence lui valent l'estime du vice-recteur Cormary qui, &#224; l'occasion de l'ouverture de &#171; l'&#233;cole exp&#233;rimentale &#187; de La Plaine des Cafres le 9 septembre 1958, souligne qu'il s'agit d'une &#233;cole dont la vocation est de &#171; devenir un instrument de recherches et de d&#233;couvertes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'inspecteur se r&#233;jouit de disposer d'un outil susceptible de rendre possible une &#171; v&#233;ritable r&#233;volution p&#233;dagogique &#224; La R&#233;union &#187;. L'usage de cette expression a manifestement irrit&#233; le pr&#233;fet Jean Perreau-Pradier, qui d&#233;sormais s'emploie ouvertement &#224; discr&#233;diter le haut fonctionnaire alsacien. Ce dernier a parfaitement conscience des risques auxquels il s'expose en raison des relations que le pr&#233;fet entretient avec le Premier ministre Michel Debr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, n'est-il pas surpris de recevoir d&#233;but 1960 une v&#233;ritable lettre de cachet sign&#233;e par le pr&#233;fet Perreau-Pradier, lui apprenant qu'il est mut&#233; d'office &#224; Wissembourg (Alsace) et qu'il ne dispose que de quelques jours pour prendre &#224; Gillot, un avion sur lequel aucune place n'a toutefois &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;e pour son &#233;pouse enseignante. Celle-ci devra attendre 2 mois pour pouvoir voyager, &#224; ses frais, sur un cargo mixte. Ce qui, &#233;videmment, rendra encore plus odieux le comportement du pr&#233;fet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Rousse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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