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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>Des mots pas si innocents</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Journ&#233;e internationale des droits des femmes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Journ&#233;e internationale de la femme ou des femmes ? D&#233;tail s&#233;mantique ? Pas s&#251;r ! Et m&#234;me une contradiction logique. Car comment associe-t-on l'universalit&#233; proclam&#233;e de cette journ&#233;e et la singularit&#233; concr&#232;te de la personne concern&#233;e ? En r&#233;duisant l'objet de cette journ&#233;e &#224; &#8220;la&#8221; femme, on se condamne &#224; se contenter d'une notion vide, abstraite, d&#233;sincarn&#233;e, d&#233;finie sch&#233;matiquement, n&#233;gativement comme ce qui n'est pas homme. On gomme ainsi la diversit&#233; physique, culturelle, &#233;motionnelle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/" rel="directory"&gt;Di sak na pou di&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/journee-internationale-des-droits-des-femmes-2016" rel="tag"&gt;Journ&#233;e internationale des droits des femmes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH98/arton97350-92c53.jpg?1781421122' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/di-sak-na-pou-di-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH326/di-sak-na-pou-di-10-254eb.jpg?1780807855' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Journ&#233;e internationale de &lt;strong&gt;la &lt;/strong&gt; femme ou &lt;strong&gt;des &lt;/strong&gt; femmes ? D&#233;tail s&#233;mantique ? Pas s&#251;r ! Et m&#234;me une contradiction logique. Car comment associe-t-on l'universalit&#233; proclam&#233;e de cette journ&#233;e et la singularit&#233; concr&#232;te de la personne concern&#233;e ? En r&#233;duisant l'objet de cette journ&#233;e &#224; &#8220;la&#8221; femme, on se condamne &#224; se contenter d'une notion vide, abstraite, d&#233;sincarn&#233;e, d&#233;finie sch&#233;matiquement, n&#233;gativement comme ce qui n'est pas homme. On gomme ainsi la diversit&#233; physique, culturelle, &#233;motionnelle des femmes li&#233;es &#224; une terre, &#224; un environnement humain original, &#224; des traditions, structurantes ou ali&#233;nantes. Dire &#8220;la&#8221; femme, c'est enfermer un &#234;tre humain avec tout son potentiel de cr&#233;ativit&#233; dans un moule appauvrissant, vide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que, s'il ne s'agit que de f&#234;ter une journ&#233;e par an quel contenu, quelle valeur donner &#224; cette journ&#233;e, quelle symbolique ? En r&#233;alit&#233;, pour avoir du sens, le 8 mars marque La Journ&#233;e internationale des femmes pour l'&#233;galit&#233; des droits, des droits qui ont exig&#233; de mener des luttes diverses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car la situation historique des femmes est marqu&#233;e par de multiples formes de domination, contre lesquelles elles ont d&#251; se battre avec leurs armes, individuellement et collectivement. Et les champs de ces luttes sont vari&#233;s. Domination de leur corps, r&#233;pression de leurs d&#233;sirs, contr&#244;le de leurs repr&#233;sentations mentales, domination qui a pris des formes violentes (excision, infibulation, lapidation, br&#251;l&#233;es vives sous l'accusation de sorcellerie). Le pire est la violence du meurtre au nom de l'amour dans un renversement scandaleux o&#249; le coupable se pr&#233;sente comme une victime ! Elles ont d&#251; aussi se battre tout au long des si&#232;cles pour faire leur place dans les structures &#233;conomiques et sociales, faire reconna&#238;tre leurs qualit&#233;s et de l&#224; exiger l'&#233;galit&#233; salariale. Les luttes r&#233;centes ont port&#233; &#224; la lumi&#232;re des revendications concernant le genre et, des ann&#233;es apr&#232;s les luttes pour le droit &#224; la contraception et &#224; l'avortement, celui de procr&#233;er pour les couples homosexuels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les droits ne tombent pas du ciel, ils sont conquis, parfois remis en cause. Le f&#233;minisme - il faudrait dire &#8220;les&#8221; f&#233;minismes - s'exprime aussi en tant que mouvement de pens&#233;e, qui, aux diff&#233;rents moments de l'histoire, analyse la situation concr&#232;te des femmes, esquisse des voies de lib&#233;ration possibles, o&#249; la dimension internationale n'efface pas le local.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cemment s'est affirm&#233; l'&#233;cof&#233;minisme (terme d&#251; &#224; Fran&#231;oise d'Eaubonne), mouvement d&#233;j&#224; pr&#233;sent dans les ann&#233;es 70, est la conscience d'une relation pacifi&#233;e avec la nature qui veut remplacer les divers modes de domination et d'exploitation par la conscience des multiples interrelations entre les &#234;tres vivants. On voit la diversit&#233; des manifestations et expressions f&#233;ministes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'oublions pas en cette p&#233;riode &#233;lectorale la place des femmes sur le terrain politique, place qui fut difficile &#224; conqu&#233;rir, comme si le pouvoir &#233;tait un attribut &#8220;naturellement&#8221; masculin. Ce qui ne veut pas dire qu'&#234;tre femme pr&#233;serve des abus dans l'exercice de ce pouvoir, comme le chanteur Renault le rappelait &#224; propos de Mme Thatcher (chanson Ode aux femmes).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire r&#233;elle des femmes n'est donc pas un conte de f&#233;es, mais le r&#233;cit circonstanci&#233; de leurs batailles dont le r&#233;sultat n'est jamais d&#233;finitif, mais toujours susceptible de remises en cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit donc pas de &#8220;la&#8221; femme, mais de femmes assumant leur diversit&#233; internationale et formulant leurs revendications en fonction de leurs propres besoins, r&#234;ves et d&#233;sirs. Une lutte qui n'est jamais close et qui, parfois refoul&#233;e au plus profond de l'&#234;tre, &#233;clate des ann&#233;es apr&#232;s le traumatisme, t&#233;moignant de la douleur subie, innommable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brigitte Croisier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eug&#232;ne Rousse, collecteur de m&#233;moire infatigable, s'en est all&#233;&#8230;</title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/hommage/eugene-rousse-collecteur-de-memoire-infatigable-s-en-est-alle,96747</link>
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		<dc:date>2019-12-03T12:15:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons la grande tristesse d'apprendre le d&#233;c&#232;s d'Eug&#232;ne Rousse, un militant de la connaissance de l'histoire r&#233;unionnaise. La veill&#233;e mortuaire se tient ce 3 d&#233;cembre &#224; la ZUP du Port. Voici un texte de Brigitte Croisier rendant hommage &#224; Eug&#232;ne Rousse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait n&#233; dans une famille de 13 enfants le 5 mars 1928 &#224; Saint-Denis (La Montagne), d&#233;clar&#233; &#224; la mairie sous le pr&#233;nom de Paul, qui laissa la place &#224; Eug&#232;ne quand il fut h&#233;berg&#233; &#224; la suite de l'incendie de la paillote de ses parents (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/culture/hommage/" rel="directory"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton96747-8b867.jpg?1781421122' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons la grande tristesse d'apprendre le d&#233;c&#232;s d'Eug&#232;ne Rousse, un militant de la connaissance de l'histoire r&#233;unionnaise. La veill&#233;e mortuaire se tient ce 3 d&#233;cembre &#224; la ZUP du Port. Voici un texte de Brigitte Croisier rendant hommage &#224; Eug&#232;ne Rousse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_61983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;130&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/ceremonie_leopard_nov_2017.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/ceremonie_leopard_nov_2017-a686d.jpg?1781421123' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Eug&#232;ne Rousse lors de l'hommage aux lib&#233;rateurs de La R&#233;union, en 2017 au cimeti&#232;re maritime du Port, aux c&#244;t&#233;s de Firose Gador.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait n&#233; dans une famille de 13 enfants le 5 mars 1928 &#224; Saint-Denis (La Montagne), d&#233;clar&#233; &#224; la mairie sous le pr&#233;nom de Paul, qui laissa la place &#224; Eug&#232;ne quand il fut h&#233;berg&#233; &#224; la suite de l'incendie de la paillote de ses parents par une famille qui comptait d&#233;j&#224; un petit Paul en son sein.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce &#224; son papa facteur qu'il accompagnait dans ses tourn&#233;es, il s'int&#233;ressa tr&#232;s t&#244;t &#224; l'actualit&#233; qui inspirait les titres des journaux distribu&#233;s et il &#233;coutait d'une oreille attentive les conversations de son p&#232;re aux convictions progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de choisir une voie professionnelle, il passe le concours d'entr&#233;e &#224; l'&#201;cole normale qu'il r&#233;ussit en juin 1945, seul gar&#231;on parmi 12 filles. Il part se former &#224; Aix-en-Provence. &#192; son retour &#224; La R&#233;union, le vice-recteur Hippolyte Foucque lui propose plusieurs postes : Eug&#232;ne Rousse choisit Le Port o&#249; il fera toute sa carri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en pleine gr&#232;ve des dockers et des cheminots, en octobre 1950, qu'il commence &#224; enseigner et s'engage dans les batailles syndicales, un engagement auquel il sera fid&#232;le toute sa vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, il se syndique d&#232;s le lyc&#233;e et, quand il se raconte, il affirme &#171; j'&#233;tais un syndicaliste, je ne dirais pas de premier plan, mais j'ai travaill&#233; beaucoup pour le syndicat acceptant de nombreuses responsabilit&#233;s et cela tr&#232;s t&#244;t. &#187; (entretien avec B. Croisier, 2008). Il parcourt l'&#238;le avec Raymond Mondon, directeur de l'&#233;cole de gar&#231;ons du Port et qui fut &#233;lu d&#233;put&#233; avec Paul Verg&#232;s en 1956. Il est co-fondateur du courant &#171; &#201;cole r&#233;unionnaise &#187; au sein du SNI (Syndicat national des instituteurs), cr&#233;ation qui provoque des manifestations d'hostilit&#233; r&#233;v&#233;latrices d'une &#233;poque o&#249; l'usage du mot &#8220;R&#233;unionnais&#8221; &#233;tait per&#231;u comme une menace de s&#233;paratisme. Enfin, ultime signe de son lien avec le syndicalisme, son dernier ouvrage, &#233;crit dans des conditions difficiles dues &#224; son &#233;tat de sant&#233;, est consacr&#233; &#224; Bruny Payet, la vie d'un lutteur infatigable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son engagement fut aussi politique : &#233;lu sur la liste conduite par Paul Verg&#232;s en 1971, il aura &#233;t&#233; conseiller municipal du Port jusqu'en 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre son engagement syndical et politique, il se sera &#233;norm&#233;ment investi dans la restitution du pass&#233; par un travail rigoureux o&#249; ce qui pourrait passer pour un d&#233;tail est v&#233;rifi&#233; minutieusement &#224; plusieurs sources pour &#234;tre transmis dans une exactitude irr&#233;prochable. Ses th&#232;mes de recherche sont parfois li&#233;s &#224; des &#233;pisodes qu'il a lui-m&#234;me v&#233;cus ou des personnages qu'il a c&#244;toy&#233;s. il s'agit souvent d'hommages, ce qui n'exclut pas l'objectivit&#233;. Ainsi Raymond Mondon (1972, 1992), Victor Sch&#339;lcher qu'il admirait (1994), Th&#233;odore Drouhet (1995), L&#233;on de L&#233;pervanche (2007), Raymond Verg&#232;s, p&#232;re fondateur de La R&#233;union moderne, (2007) sont des biographies publi&#233;es sous le titre Hommage &#224;&#8230;, souvent &#224; l'occasion de la comm&#233;moration d'une disparition ou d'un &#233;v&#233;nement marquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre registre, il s'est affront&#233; &#224; la question Qui a tu&#233; Alexis de Villeneuve ? (2000).&lt;br class='autobr' /&gt;
En lien avec son engagement syndical et politique, il a publi&#233; 3 tomes intitul&#233;s Combat des R&#233;unionnais pour la libert&#233; (1993, 1994), chronique o&#249; il reconstitue les luttes des R&#233;unionnais.es depuis la Seconde Guerre mondiale, et, en particulier, contre les fraudes &#233;lectorales et les violences de ce qu'on a appel&#233; les &#171; ann&#233;es Debr&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire du Port lui a inspir&#233; 4 tomes (La commune du Port a 100 ans, (1995, 1996,1997, 2000) ainsi que Le 50e anniversaire de la lib&#233;ration de la ville du Port le 28 novembre 1942. Une ville du Port qui a compt&#233; pour lui, puisqu'il y enseigna les sciences et y fut conseiller municipal pendant 37 ans. Choqu&#233; que peu de monde connaisse &#224; quel personnage correspond le nom des rues et qui est repr&#233;sent&#233; dans les statues de la ville, il tint &#224; corriger cette m&#233;connaissance de l'histoire, il s'en faisait un devoir, collecteur et passeur de m&#233;moire exigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son champ d'exploration est domin&#233; par l'histoire de La R&#233;union et celle du Port, il a aussi &#233;voqu&#233; l'histoire malgache et l'insurrection de 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter &#224; cette bibliographie les nombreux &#8220;papiers&#8221; envoy&#233;s &#224; la presse pour rappeler tel &#233;v&#233;nement jug&#233; important ou pour faire conna&#238;tre une figure oubli&#233;e. En effet, il &#233;tait important pour lui d'&#233;voquer et de restituer le parcours de telle ou telle personne dont le souvenir public s'&#233;tait estomp&#233;, mais dont l'action, aussi discr&#232;te f&#251;t-elle, avait eu son importance. C'&#233;tait sa fa&#231;on &#224; lui d'exprimer sa gratitude &#224; celles et ceux qui aiment la R&#233;union et qui se sont investis dans la d&#233;fense de ses droits. Il a men&#233; ce travail jusqu'au bout avec une d&#233;termination qui n'a jamais &#233;t&#233; entam&#233;e par ses soucis de sant&#233;, comme s'il accomplissait l&#224; une mission.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce devoir de transmission men&#233; avec obstination et rigueur lui valut le prix Zarboutan nout kiltir 2008 d&#233;cern&#233; par la Maison des Civilisations et de l'Unit&#233; R&#233;unionnaise (MCUR), ainsi qu'&#224; Daniel Honor&#233;, Ren&#233; Payet et Daniel Singa&#239;ny, la m&#234;me ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; finissent 92 ans d'une vie vou&#233;e &#224; un travail de restitution concr&#232;te, pr&#233;cise, d&#233;taill&#233;e, circonstanci&#233;e, d'&#233;v&#233;nements et de personnages historiques appartenant pour la plupart au XXe si&#232;cle. Tel est le tr&#233;sor qu'il laisse &#224; La R&#233;union. Qu'il en soit remerci&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brigitte Croisier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Herv&#233; Masson, l'homme multiple (1919-1990)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/herve-masson-l-homme-multiple-1919-1990,96463</link>
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		<dc:date>2019-10-17T07:27:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un grand &#233;v&#233;nement artistique vient de s'achever &#224; l'&#238;le Maurice : le rappel de l'&#339;uvre d'Herv&#233; Masson. Le centenaire de sa naissance (17 janvier 1919) a &#233;t&#233; l'occasion d'organiser trois expositions. Une r&#233;trospective avait d&#233;j&#224; eu lieu en 2005 au Mahatma Gandhi, &#224; Moka. Qui est donc Herv&#233; Masson ? Sa maman, Paula, le souhaitait en peintre, confiant &#224; un de ses fr&#232;res, Loys, le destin d'&#233;crivain(Le notaire des Noirs, L'&#233;toile et la clef entre autres). La r&#233;ponse d'Herv&#233; fut d'&#234;tre un &#171; homme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH98/arton96463-5411f.jpg?1781421123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/di-sak-na-pou-di-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH326/di-sak-na-pou-di-10-254eb.jpg?1780807855' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un grand &#233;v&#233;nement artistique vient de s'achever &#224; l'&#238;le Maurice : le rappel de l'&#339;uvre d'Herv&#233; Masson. Le centenaire de sa naissance (17 janvier 1919) a &#233;t&#233; l'occasion d'organiser trois expositions. Une r&#233;trospective avait d&#233;j&#224; eu lieu en 2005 au Mahatma Gandhi, &#224; Moka.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui est donc Herv&#233; Masson ? Sa maman, Paula, le souhaitait en peintre, confiant &#224; un de ses fr&#232;res, Loys, le destin d'&#233;crivain(Le notaire des Noirs, L'&#233;toile et la clef entre autres). La r&#233;ponse d'Herv&#233; fut d'&#234;tre un &#171; homme multiple &#187; qui passe du pinceau &#224; la plume, qui se passionne pour l'&#233;sot&#233;risme et qui s'engage pour son pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'une conf&#233;rence donn&#233;e &#224; Rose-Hill le 3 octobre dernier, son biographe Bernard Lehembre a expos&#233; comment il est pass&#233; d'un mode d'expression &#224; un autre, tout en jouant des deux. Il pratique d'abord la gravure sur bois et illustre certains livres de son fr&#232;re Loys. Dans les ann&#233;es 40, la plume lui a permis de d&#233;fendre sa peinture et celle des autres. Il est passionn&#233; par le cubisme et l'expressionisme et avec son &#233;pouse, Sibylle de Robillard, il anime un c&#233;nacle &#224; Curepipe-Road qui r&#233;unit &#233;crivains et artistes, en particulier Malcolm de Chazal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence du po&#232;te Robert Edward-Hart l'ouvre &#224; la compr&#233;hension de la philosophie indienne et lui permet de jeter des passerelles entre Occident et Orient et de penser diff&#233;remment les liens entre formes et couleurs, le cubisme g&#233;om&#233;tris&#233; laissant la place alors &#224; &#171; l'orphisme &#187;, en r&#233;f&#233;rence au dieu grec de la po&#233;sie et de la musique. Le trait s'efface pour que s'expriment mieux les couleurs. &#171; Je suis orphiste, de l'&#233;cole de la beaut&#233; pure, de l'art classique pur. Je sacrifie tout &#224; la beaut&#233; plastique, &#224; l'harmonie plastique et de la forme et de la couleur. &#187; Telle &#233;tait sa profession de foi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son cheminement consiste &#224; associer constamment la r&#233;flexion au geste pictural, pour d&#233;couvrir de nouvelles possibilit&#233;s. &#171; Il courait derri&#232;re les exp&#233;riences &#187; notait Bernard Lehembre lors de sa derni&#232;re conf&#233;rence, acceptant d'&#234;tre en conflit avec lui-m&#234;me, mais du m&#234;me coup s'ouvrant &#224; des exp&#233;riences &#224; la fois picturales et mentales, comme par exemple sa r&#233;flexion sur les &#8220;m&#233;taformes&#8221; (Exposition &#171; Formes et m&#233;taformes &#187; &#224; la galerie Bernheim-Jeune-Michel Dauberville, &#224; Paris, 1962-1963). Homme du pinceau et de la plume, il rejoint les recherches de Paul C&#233;zanne, Vassili Kandinsky et de Carl Gustav Jung, Gaston Bachelard, Malcom de Chazal et fait dialoguer le visuel et l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis s'ouvre une autre p&#233;riode dans sa vie avec son d&#233;part pour la France o&#249; se d&#233;roulera l'essentiel de sa carri&#232;re artistique de 1950 &#224; 1990. Il maintient le contact avec son pays d'origine par quelques s&#233;jours temporaires et par des chroniques r&#233;guli&#232;res dans la presse (journal mauricien l'Express). Sa Lettre de France para&#238;t de 1964 &#224; 1970. Il revient &#224; Maurice en 1967 pour participer &#224; la lutte pour l'ind&#233;pendance, acquise en 1968. Il est nomm&#233; conseiller artistique du Minist&#232;re de l'&#201;ducation, mais son engagement politique au Mouvement Militant Mauricien (MMM) lui vaut d'&#234;tre d&#233;mis de ses fonctions, puis emprisonn&#233; de f&#233;vrier &#224; d&#233;cembre 1972, en m&#234;me temps que Paul B&#233;renger et Dev Virahsawmy, entre autres. Il est lib&#233;r&#233;, en partie gr&#226;ce aux protestations des artistes et intellectuels fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son &#233;nergie et son besoin de cr&#233;er sont tels qu'il dessine dans sa cellule avec les moyens du bord l'histoire de la nation mauricienne. Sa s&#233;rie &#233;mouvante de 30 dessins en noir et blanc, &#171; Histoire des Esclaves et des Coolies &#224; l'&#238;le Maurice &#187;, a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e pour la premi&#232;re fois au public le 7 f&#233;vrier 2019 &#224; l'Institut fran&#231;ais de Maurice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme engag&#233;, Herv&#233; Masson a &#233;t&#233; r&#233;dacteur en chef du journal du MMM, Le Militant, avant de prendre ses distances et de repartir &#224; Paris en 1977. Il continua son m&#233;tier de journaliste, en particulier &#224; Afrique-Asie jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 80.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ouvert &#224; toutes les explorations intellectuelles et existentielles, il s'est passionn&#233; pour l'hypnose, l'&#233;sot&#233;risme (Dictionnaire initiatique, 1970, La Gnose, une et multiple, 1982, L'Homme-&#233;quateur, 1988, Les Heures bleues du Capricorne R&#233;cits drolatiques et sulfureux, 1988).&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les th&#232;mes picturaux, de nombreux nus lumineux, une valorisation de la f&#233;minit&#233;, mais aussi la mise en sc&#232;ne des Androgynes, ces &#234;tres de la mythologie grecque, qui, &#224; la fois hommes et femmes, se sentaient complets et heureux, jusqu'&#224; ce que les dieux jaloux les coupent en deux, les condamnant &#224; rechercher leur moiti&#233; perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de faire le tour de cette &#339;uvre palpitante de vie, mais il &#233;tait n&#233;cessaire de l'approcher dans toute sa complexit&#233;. Sa fille, Brigitte Masson, soucieuse de la transmission aupr&#232;s des jeunes g&#233;n&#233;rations, a eu le grand m&#233;rite d'organiser ces trois expositions pour le centenaire et, en particulier, d'organiser des ateliers pour les jeunes. Elle-m&#234;me assure l'h&#233;ritage : elle a &#233;crit Le chant de l'aube qui s'&#233;veille, Ed. La Maison des M&#233;c&#232;nes, 2012) o&#249; se m&#233;langent ses souvenirs, l'histoire des luttes sociales et politiques, sans oublier l'amour. Elle &#233;crit aussi des livres pour les enfants &#224; partir de 4 ans, an kr&#233;ol morisyin et en fran&#231;ais Les aventures de Lilet et Gaspar, illustr&#233;es par Evan Sohun, qui a produit tout r&#233;cemment un album Herv&#233; par Evan, Ed. La Maison des M&#233;c&#232;nes, phrases po&#233;tiques en regard de vives illustrations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le beau catalogue r&#233;alis&#233; par les commissaires du Centenaire, Barbara Luc et Bernard Lehembre, Herv&#233; Masson, le centenaire-Trois expositions, Ed. La Maison des M&#233;c&#232;nes, comprenant une biographie d&#233;taill&#233;e et la reproduction de nombreux tableaux restera un document pr&#233;cieux prolongeant ces trois expositions. L'ouvrage est pr&#233;fac&#233; par Salim Currimjee, fondateur de ICAIO, Institut d'Art contemporain Oc&#233;an Indien. C'est l&#224; qu'eut lieu d'avril 2019 &#224; ao&#251;t 2019 l'exposition &#171; Herv&#233; Masson, l'art du trait, la puissance de la couleur &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme qui souriait en tirant sur sa pipe peut &#234;tre heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brigitte Croisier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Miss, apr&#232;s quoi cours-tu ?</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/miss-apres-quoi-cours-tu,96091</link>
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		<dc:date>2019-08-27T05:55:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme un rituel qui se r&#233;p&#232;te chaque ann&#233;e sans grande innovation, le concours de Miss occupe les m&#233;dias. Mais quel est le r&#234;ve de gloire qui remplit la t&#234;te de ces jeunes femmes ? Recevoir une couronne ! Tiens, les symboles du pouvoir royal s&#233;duisent donc encore en ces temps r&#233;publicains ! Mais cette couronne n'est pas h&#233;r&#233;ditaire, elle pourrait m&#234;me passer pour d&#233;mocratique, puisque obtenue au terme d'une &#233;lection (sans rire&#8230;). &lt;br class='autobr' /&gt;
En quoi r&#233;side la magie de cette couronne ? De quelle gr&#226;ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH98/arton96091-847da.jpg?1781421123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/di-sak-na-pou-di-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH326/di-sak-na-pou-di-10-254eb.jpg?1780807855' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme un rituel qui se r&#233;p&#232;te chaque ann&#233;e sans grande innovation, le concours de Miss occupe les m&#233;dias.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais quel est le r&#234;ve de gloire qui remplit la t&#234;te de ces jeunes femmes ? Recevoir une couronne ! Tiens, les symboles du pouvoir royal s&#233;duisent donc encore en ces temps r&#233;publicains ! Mais cette couronne n'est pas h&#233;r&#233;ditaire, elle pourrait m&#234;me passer pour d&#233;mocratique, puisque obtenue au terme d'une &#233;lection (sans rire&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi r&#233;side la magie de cette couronne ? De quelle gr&#226;ce entoure-t-elle celle qui la coiffe ? Coiffure, maquillage, sourires, robe ou maillot et d&#233;fil&#233;s disent bien que le crit&#232;re de s&#233;lection est la s&#233;duction physique. D'ailleurs, on parle de &#171; reine de beaut&#233; &#187; sans trop r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'est la beaut&#233;. L'ombre de la poup&#233;e Barbie planerait-elle encore dans l'imaginaire de ces jeunes filles ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps, sans doute pour r&#233;pondre aux critiques sur le r&#244;le d&#233;terminant de ce crit&#232;re physique, on indique les cursus scolaires, les projets professionnels et on charge la reine de beaut&#233; d'une mission d'ambassadrice, de sa r&#233;gion, de son pays. Oh ! juste pour un an. Cela suffit &#224; certaines pour trouver la voie d'une c&#233;l&#233;brit&#233; moins fragile : concours de Miss, porte ouverte vers divers m&#233;dias. Se montrer, c'est l'essentiel pour elles et &#231;a rapporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant leur fonction d'ambassadrice dont on les investit, on s'interroge peu sur le contenu du message diffus&#233; qui, souvent, ne d&#233;passe pas les lieux communs.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait aussi noter le caract&#232;re un peu vieillot du titre de &#8220;Miss&#8221;, qui date des ann&#233;es 30 (Mademoiselle en anglais), en un temps o&#249; l'administration fran&#231;aise a propos&#233; de ne retenir que le titre de &#8220;Madame&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut comprendre l'attraction de cette comp&#233;tition, qui a tendance &#224; se g&#233;n&#233;raliser &#224; la moindre occasion et qui fonctionne comme une publicit&#233; pour mieux vendre tel ou tel produit ou faire &#233;cho &#224; telle manifestation publique comme une foire. Mais comment ne pas en voir les limites sur le plan culturel ? Mise en concurrence de jeunes femmes, spectacle quelque peu exhibitionniste, le divertissement type de notre soci&#233;t&#233; pr&#233;tendument &#233;volu&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fait, pourquoi se restreindre au genre f&#233;minin ? A quand l'&#233;lection de Mister R&#233;union ? Cela prouverait au moins que de tels concours ne sont pas une sp&#233;cialit&#233; f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brigitte Croisier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La femme du po&#232;te</title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/hommage/la-femme-du-poete,95827</link>
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		<dc:date>2019-07-02T05:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Boris Gamaleya, po&#232;te intens&#233;ment inspir&#233; par La R&#233;union, ses paysages, ses blessures et son appel &#224; la libert&#233;, illustr&#233; par l'&#233;pop&#233;e des marons, est parti vivre ses r&#234;ves lot kot&#233; la vi. Mais n'oublions pas celle qui l'a accompagn&#233; fid&#232;lement, dans ses luttes politiques et sociales, dans la r&#233;pression subie autour des ann&#233;es 60-70 mais aussi dans son exploration de l'histoire et de l'imaginaire r&#233;unionnais. La femme du po&#232;te, Cl&#233;lie, a aussi &#233;crit et publi&#233;. N&#233;e au Bernica, &#224; Saint-Paul en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH98/arton95827-91832.jpg?1781421123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/di-sak-na-pou-di-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH326/di-sak-na-pou-di-10-254eb.jpg?1780807855' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Boris Gamaleya, po&#232;te intens&#233;ment inspir&#233; par La R&#233;union, ses paysages, ses blessures et son appel &#224; la libert&#233;, illustr&#233; par l'&#233;pop&#233;e des marons, est parti vivre ses r&#234;ves lot kot&#233; la vi. Mais n'oublions pas celle qui l'a accompagn&#233; fid&#232;lement, dans ses luttes politiques et sociales, dans la r&#233;pression subie autour des ann&#233;es 60-70 mais aussi dans son exploration de l'histoire et de l'imaginaire r&#233;unionnais. La femme du po&#232;te, Cl&#233;lie, a aussi &#233;crit et publi&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;e au Bernica, &#224; Saint-Paul en 1927 et portant alors le nom de Nosb&#233;, elle devint professeur de lettres classiques. C'est le v&#233;cu des femmes qui l'inspira particuli&#232;rement, celles du pr&#233;sent qu'elle c&#244;toyait en militant au sein de l'Union des femmes de La R&#233;union (devenue ensuite Union des femmes r&#233;unionnaises en 2004), mais celles aussi qui avaient laiss&#233; leurs empreintes discr&#232;tes sinon m&#233;connues et pourtant essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, sous l'&#233;gide de l'UFR, elle publie en 1984, Filles d'H&#233;va, Trois si&#232;cles de la vie des femmes &#224; la R&#233;union, publi&#233; &#224; nouveau par Oc&#233;an Editions en 1991. Des ann&#233;es plus tard, la pr&#233;sence des femmes dans le maronage fut d'ailleurs le centre de l'&#233;tude de Marie-Ange Payet Les femmes dans le marronnage &#224; l'&#238;le de La R&#233;union de 1662 &#224; 1848 (L'Harmattan, 2013).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cl&#233;lie ajouta &#224; ce panorama historique les sensations du v&#233;cu dans L'&#238;le oubli&#233;e (Oc&#233;an Editions, 2001), l'&#238;le de son enfance qu'elle avait quitt&#233; en embarquant &#224; destination de Marseille sur le paquebot Champollion, pour poursuivre ses &#233;tudes. Avec d'autres femmes militantes, elle d&#233;crivait le quotidien f&#233;minin dans les &#171; Pages-femmes &#187; hebdomadaires de T&#233;moignages. Dans le m&#234;me esprit, Laurence Verg&#232;s et Cl&#233;lie avaient cr&#233;&#233; le p&#233;riodique H&#233;va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s attentive aux autres, elle s'est investie dans diff&#233;rentes associations (l'UDAF, Union d&#233;partementale des associations familiales), fut administratrice de la CAF et fondatrice de l'association SOS d&#233;tresse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son militantisme &#233;tait toujours chaleureux, amical. Apr&#232;s un s&#233;jour &#224; la Plaine des Palmistes, le couple est parti vivre dans la r&#233;gion parisienne depuis quelques ann&#233;es. On sait que Cl&#233;lie va affronter l'&#233;preuve de la disparition de Boris avec sa d&#233;termination habituelle, on l'accompagne par la pens&#233;e. Elle continue &#224; nous manquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brigitte Croisier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Optimiste ? Lucide !</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/optimiste-lucide,95665</link>
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		<dc:date>2019-06-04T04:56:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme souvent, on entend parler abondamment d'un homme ou d'une femme quand ils disparaissent. En fait, paradoxalement, leur disparition physique les fait appara&#238;tre &#224; la conscience g&#233;n&#233;rale et les ancre dans la m&#233;moire collective. C'est le cas pour le philosophe Michel Serres, d&#233;c&#233;d&#233; samedi dernier. Pas question ici de faire un expos&#233; complet de son parcours tellement vari&#233; quant aux th&#233;matiques abord&#233;es et aux modes d'expression m&#234;lant le scientifique et le po&#233;tique, explorant les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH98/arton95665-8c120.jpg?1781421123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/di-sak-na-pou-di-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH326/di-sak-na-pou-di-10-254eb.jpg?1780807855' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent, on entend parler abondamment d'un homme ou d'une femme quand ils disparaissent. En fait, paradoxalement, leur disparition physique les fait appara&#238;tre &#224; la conscience g&#233;n&#233;rale et les ancre dans la m&#233;moire collective. C'est le cas pour le philosophe Michel Serres, d&#233;c&#233;d&#233; samedi dernier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas question ici de faire un expos&#233; complet de son parcours tellement vari&#233; quant aux th&#233;matiques abord&#233;es et aux modes d'expression m&#234;lant le scientifique et le po&#233;tique, explorant les mythologies et sagesses antiques ainsi que les nouvelles technologies. Juste &#233;voquer sa capacit&#233; d'ouverture au monde et aux autres dans leur diversit&#233;, son go&#251;t des rencontres et des cultures qui le font na&#238;tre et rena&#238;tre &#224; chaque fois, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est une image qui illustre bien ce mouvement de renouveau constant gr&#226;ce aux contacts : c'est celle d'Arlequin, le personnage &#034;aux mille couleurs du bariolage&#034; qui illustre la Une d'un de ses livres Le Tiers-Instruit (&#201;ditions Fran&#231;ois Bourin, 1991). En introduction Il est mis en sc&#232;ne de mani&#232;re fantaisiste pour &#233;clairer la richesse du m&#233;tissage sans limites : &#171; quand apparurent la peau et la chair, tout le monde d&#233;couvrit son m&#233;tissage : mul&#226;tre, c&#226;pre, eurasien, hybride en g&#233;n&#233;ral, et de quel titre ? Quarteron, octavon ? Et s'il ne jouait point au roi, m&#234;me de com&#233;die, on aurait envie de dire b&#226;tard ou m&#226;tin&#233;, crois&#233;. Sang-m&#234;l&#233;, marron ou marronne, coup&#233;. &#187; (p. 15). Ainsi &#233;num&#233;r&#233;e, cette flop&#233;e de termes, tr&#232;s souvent connot&#233;s n&#233;gativement, vise &#224; souligner avec ironie la b&#234;tise des cat&#233;gories qui divisent et s&#233;parent. Or, Arlequin, multicolore et changeant, incarne l'apologie d'un m&#233;tissage cr&#233;ateur, &#034;&#226;me et corps m&#234;l&#233;s&#034; et qui se joue de diverses mani&#232;res, en voyageant sur terre et sur mer ou encore dans le ciel, en parlant une langue d'abord &#233;trang&#232;re, puis famili&#232;re, en s'instruisant, car l'apprentissage est aussi un m&#233;tissage, selon Michel Serres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieux et les yeux grands ouverts sur les mutations, ce philosophe, a eu l'humour perspicace d'ajouter Le contrat naturel (1990) au Contrat social de Jean-Jacques Rousseau (1762), nous rappelant que confondre &#034;usage et abus&#034; de la nature fait de nous des &#034;parasites&#034; de ce monde, si beau, si riche et si fragile. &#171; Il faut donc changer de direction et laisser le cap impos&#233; par la philosophie de Descartes &#187; (p. 61), qui donnait &#224; l'humanit&#233; la mission d'&#234;tre &#171; comme ma&#238;tre et possesseur de la nature. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de dresser la liste &#171; des plus fortes ruptures de l'histoire depuis le n&#233;olithique &#187; (petite poucette, Editions Le Pommier, 2012, p.7) : urbanisation, augmentation de la d&#233;mographie, esp&#233;rance de vie, programmation des naissances, n&#233;cessit&#233; de changements p&#233;dagogiques en relation avec les nouvelles technologies, transformations nomm&#233;es par Michel Serres &#034;hominescences&#034;, car exigeant de nouvelles formes d'humanit&#233; en ad&#233;quation avec ces changements. Car les jeunes g&#233;n&#233;rations &#171; n'ont plus le m&#234;me monde mondial, elles n'ont plus le m&#234;me monde humain &#187;. Du coup, ce sont elles qui doivent tout r&#233;inventer, comme &#034;petite poucette&#034; qui fait danser si habilement ses pouces sur son smartphone .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce grand-p&#232;re souriant, au regard lumineux sous la broussaille blanche de ses sourcils, avait un r&#234;ve : &#171; Je voudrais avoir dix-huit ans, l'&#226;ge de Petite Poucette et de Petit Poucet, puisque tout est &#224; refaire, puisque tout reste &#224; inventer. &#187; (petite poucette, p. 23) et il s'engageait &#224; y travailler en compagnie de ces &#171; Petits aux quels j'ai vou&#233; ma vie, parce que je les ai toujours respectueusement aim&#233;s &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La voie est ouverte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brigitte Croisier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>20 ans d&#233;j&#224;&#8230;</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/20-ans-deja,95545</link>
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		<dc:date>2019-05-15T03:55:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 18 mai 1999, &#224; Paris, Alain Lorraine nous quittait &#224; l'&#226;ge de 53 ans. Il est enterr&#233; au cimeti&#232;re de Montmartre, non loin du quartier des Batignolles et de la place Clichy o&#249; il vivait avec sa femme Carole. En pr&#233;face de ma biographie Alain Lorraine, un homme de mille parts (Les &#201;ditions de la MDA du Port, 2014), l'&#233;crivaine et amie Anne Cheynet &#233;crivait &#171; nous sommes tous des h&#233;ritiers d'Alain Lorraine &#187; qui nous a laiss&#233; &#171; un panorama d'Histoire, un questionnement permanent sur la Vie. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH110/arton95545-0fb40.jpg?1781421123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_48916 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH366/alain-lorraine-b6c94.jpg?1781421123' width='500' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Alain Lorraine a particip&#233; &#224; la renaissance du maloya &#224; La R&#233;union.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 18 mai 1999, &#224; Paris, Alain Lorraine nous quittait &#224; l'&#226;ge de 53 ans. Il est enterr&#233; au cimeti&#232;re de Montmartre, non loin du quartier des Batignolles et de la place Clichy o&#249; il vivait avec sa femme Carole. En pr&#233;face de ma biographie Alain Lorraine, un homme de mille parts (Les &#201;ditions de la MDA du Port, 2014), l'&#233;crivaine et amie Anne Cheynet &#233;crivait &#171; nous sommes tous des h&#233;ritiers d'Alain Lorraine &#187; qui nous a laiss&#233; &#171; un panorama d'Histoire, un questionnement permanent sur la Vie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait n&#233; &#224; Saint-Denis, le 2 novembre 1946, mais d&#233;clar&#233; le 3 pour &#233;chapper au mauvais pr&#233;sage &#233;ventuel li&#233; au jour des morts. Plus tard, il dira &#171; nous sommes un peuple de la dialectique du 1er et du 2 novembre &#187; (Entretien avec Jos&#233; Macarty, T&#233;moignages, 21 ao&#251;t 1980).&lt;br class='autobr' /&gt;
Son p&#232;re, Roland Lorraine, &#233;tait fonctionnaire &#224; la Pr&#233;fecture, Charlotte, sa maman portait Buchle. Alain &#233;tait le 3e enfant d'une fratrie de 4 enfants comprenant Michelle, Josette et Andr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la famille habitait Saint-Denis, boulevard Lancastel, elle &#233;tait originaire de l'ouest de l'&#238;le et pour Alain Lorraine, le quartier du Portail &#233;tait &#171; son pays secret &#187; o&#249; il pouvait vagabonder en libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grand bouleversement en pleine adolescence, en 1958, alors que Charles de Gaulle devient Pr&#233;sident : &#171; Je changeai de continent. J'avais douze ans : ce passage dangereux o&#249; l'enfance vous abandonne. L'enfance dont la grande force est de vous inciter &#224; un endettement &#224; vie, avec elle. &#187; (Sur le Black, &#201;ditions Page libre, 1990, p. 19). Le long voyage sur un paquebot des Messageries maritimes lui laissa un souvenir enchant&#233;. Se sentait-il d&#233;j&#224; une &#226;me d'Ulysse ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; &#224; Bordeaux, &#171; le port de la lune &#187; l'a fait r&#234;ver de voyages, &#171; le port comme rendez-vous magique du S&#233;n&#233;gal, du Br&#233;sil, des Antilles &#187; (Jeamblon ou les petites libert&#233;s, Karthala-Grand Oc&#233;an, 1996, p. 59), de quoi &#233;crire un roman&#8230; rest&#233; &#224; l'&#233;tat de projet, comme en t&#233;moigne son ami Bruno Testa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ce &#171; vagabond de l'existence &#187;, cet &#171; arpenteur d'h&#233;misph&#232;res &#187;, ce premier voyage inaugura un jeu de vativyin, d'aller-retour, entre son &#238;le d'origine et le &#171; gran p&#233;i d&#233;or &#187;, dans une &#171; position fronti&#232;re &#187; selon l'expression de Jean-Fran&#231;ois Reverzy, avec le d&#233;sir constant de penser la complexit&#233; de son &#238;le et de parcourir divers territoires pour &#171; r&#233;concilier les deux visages de l'universalisme fran&#231;ais. Celui moral et prestigieux de la Bastille, des Droits de l'Homme, de la la&#239;cit&#233; et celui plus t&#233;n&#233;breux et plus physique des conqu&#234;tes coloniales avec ses fruits impr&#233;vus : les rapatri&#233;s, les &#233;migr&#233;s, les r&#233;fugi&#233;s. &#187; (J'habite les Hauts champs puisque je viens d'ailleurs, HEM-Lille. Aube magazine, janvier 1995). Et il esp&#233;rait que le processus de d&#233;colonisation des esprits aille &#224; son terme pour construire &#171; la p&#233;dagogie de la r&#233;ciprocit&#233; des hommes, des cultures, des responsabilit&#233;s. &#187; (Une communaut&#233; invisible, &#201;ditions Karthala, 1996). S'il revenait aujourd'hui, que dirait-il ? On le devine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre rencontre avec l'histoire, 1968 ! Alain Lorraine est journaliste, &#224; Paris, et salue en Mai-68 &#171; l'&#233;mergence d'une autre culture politique. &#187; (Les Chr&#233;tiens du d&#233;sordre, Calmann - L&#233;vy, 1979, p. 67), m&#234;me s'il constate &#171; l'&#233;norme ratage entre les ferments libertaires des r&#233;volt&#233;s et les ancrages sociologiques des masses ouvri&#232;res, entre la petite bourgeoisie domin&#233;e et le prol&#233;tariat exploit&#233; (ibidem, p. 66).&lt;br class='autobr' /&gt;
De retour &#224; La R&#233;union en 1971, il exp&#233;rimente concr&#232;tement cette rencontre entre la foi religieuse dans ses aspirations &#233;galitaires et la lutte sociale et politique pour un changement radical et l'exercice de la responsabilit&#233;. C'est l'exp&#233;rience de T&#233;moignage Chr&#233;tien de la R&#233;union, un mouvement rassemblant pr&#234;tres, croyants et non croyants, dot&#233; d'un journal du m&#234;me nom, qui para&#238;t de 1969 &#224; 1981.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que r&#233;dacteur en chef, Alain Lorraine irrigue le journal de ses exp&#233;riences sur le terrain, il rapporte le fruit de ses enqu&#234;tes, raconte ce qu'il a vu et ressenti, puis analyse et &#233;labore des concepts novateurs &#224; partir de ses observations. En particulier, dans les ann&#233;es 1974-1975, avec le P&#232;re et po&#232;te d&#233;funt Christian Fontaine, il explore les c&#233;r&#233;monies des religions populaires, v&#233;cues comme une &#171; v&#233;ritable conversion &#187;. Il constate &#171; l'interp&#233;n&#233;tration constante entre donn&#233;e ethnique, engagement politique, folklore, imaginaire religieux et &#171; religions de la mis&#232;re &#187; qui constituent les axes d'une contre-culture contestataire et populaire &#187; (TCR, n&#176; 98). Il y voit l'ancrage possible de la &#171; vraie communaut&#233; r&#233;unionnaise &#187; en tant qu'expression longtemps cach&#233;e, car r&#233;prim&#233;e, &#224; la fois des traumatismes historiques et de la volont&#233; de les surmonter.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; le concept de &#171; culture de la nuit &#187;, culture d&#233;faite le jour et qui se reconstruit la nuit, une autre soci&#233;t&#233; derri&#232;re la soci&#233;t&#233; &#8220;officielle&#8221;. Alain Lorraine utilise &#233;galement l'expression culture du f&#233;noir qu'il &#233;crit et, pourrait-on dire, &#8220;traduit&#8221; en fran&#231;ais &#171; culture du fait noir &#187;, ajoutant ainsi un sens surd&#233;terminant &#224; l'expression, comme un double sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire Alain Lorraine, journaliste, po&#232;te, essayiste, romancier, auteur d'une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, c'est circuler, en vers ou en prose, dans plusieurs univers, ici et ailleurs, celui des hommes et des femmes bless&#233;es de l'existence, celui des cultes populaires, celui des luttes politiques, celui de la &#8220;diaspora&#8221; r&#233;unionnaise dann gran p&#233;i d&#233;or, celui des ravines o&#249; l'on rencontre l'ombre des marons, celui du &#171; Pays-Maloya visages archipel chapelle la mis&#232;re &#187; (Tienbo le rein).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait il y a 20 ans et plus, les temps ont chang&#233;, mais Anne Cheynet a raison, il faut assurer la transmission de ces &#233;motions, de ces fulgurations, parce que c'est beau, parce que c'est puissant et lib&#233;rateur. Alain Lorraine souhaitait que &#171; les gens r&#233;inventent leurs f&#234;tes, leur maloya, leur po&#233;sie, leur chant ou leur mani&#232;re de vivre ensemble. &#187; (Conf&#233;rence &#171; La R&#233;union entre le maronnage et la modernit&#233; &#187;, 1982). La r&#233;p&#233;tition mise en sc&#232;ne dans les comm&#233;morations ne suffit pas. La question f&#233;conde est : que faisons-nous de ce que le pass&#233; nous r&#233;v&#232;le ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux jeunes g&#233;n&#233;rations de mettre en &#339;uvre leur cr&#233;ativit&#233; et de faire rena&#238;tre l'espoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brigitte Croisier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une vision tronqu&#233;e d'un scandale d'&#201;tat ?</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/une-vision-tronquee-d-un-scandale-d-etat,95156</link>
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		<dc:date>2019-03-08T04:36:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le cahier de Nelly, margoz l&#233; am&#232;r, lo grin l&#233; dou de Nelly Barret (Orphie, 2014), Les exil&#233;s de l'ordonnance du 15 octobre 1960, Retour sur une trag&#233;die post-coloniale &#224; La R&#233;union de Monique Payet-LeToullec (Orphie, 2018), Le grand saut d'Exp&#233;dite Laope-Cerneaux (Orphie, 2019), ces r&#233;centes publications et les conf&#233;rences publiques qui les ont accompagn&#233;es montrent le besoin de conna&#238;tre l'histoire r&#233;unionnaise r&#233;cente, mais longtemps &#233;touff&#233;e, des derni&#232;res d&#233;cennies. Nous remontons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH98/arton95156-71f51.jpg?1781421123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/di-sak-na-pou-di-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH326/di-sak-na-pou-di-10-254eb.jpg?1780807855' width='500' height='326' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le cahier de Nelly, margoz l&#233; am&#232;r, lo grin l&#233; dou de Nelly Barret (Orphie, 2014), Les exil&#233;s de l'ordonnance du 15 octobre 1960, Retour sur une trag&#233;die post-coloniale &#224; La R&#233;union de Monique Payet-LeToullec (Orphie, 2018), Le grand saut d'Exp&#233;dite Laope-Cerneaux (Orphie, 2019), ces r&#233;centes publications et les conf&#233;rences publiques qui les ont accompagn&#233;es montrent le besoin de conna&#238;tre l'histoire r&#233;unionnaise r&#233;cente, mais longtemps &#233;touff&#233;e, des derni&#232;res d&#233;cennies. Nous remontons ainsi jusque dans les ann&#233;es 60-70 et en partageons les exp&#233;riences douloureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce rappel, s' ajoute la diffusion sur La R&#233;union La Premi&#232;re et France &#244; d'un documentaire Les 30 courageuses par Jarmila Buzkova o&#249; des femmes t&#233;moignent des avortements et st&#233;rilisations forc&#233;es par ligatures des trompes effectu&#233;es &#224; leur insu dans la clinique du docteur Moreau &#224; Saint-Beno&#238;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on peut regretter le parti pris de mise &#224; l'&#233;cart de l'analyse de Fran&#231;oise Verg&#232;s publi&#233;e sous le titre Le ventre des femmes, Capitalisme, racialisation, f&#233;minisme (Albin Michel, 2017).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'interview accord&#233;e &#224; Franck Cellier (Le Quotidien, 13 f&#233;vrier 2019), Jarmila Buzkova affirme son choix m&#233;thodologique qui exprime sa libert&#233; d'auteure : ne pas &#171; aborder cette histoire sur un angle politique comme l'a fait Fran&#231;oise Verg&#232;s, mais d'un point de vue humain. &#187; D'o&#249; le recours aux Archives, mais surtout aux t&#233;moignages des victimes qui donnent la force du v&#233;cu et invitent au partage &#233;motionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais faut-il pour autant faire l'impasse sur l'analyse politique, comme si celle-ci &#233;tait d'embl&#233;e suspecte, alors qu'au-del&#224; de l'&#233;motion elle peut nourrir la compr&#233;hension de ces &#233;v&#233;nements violents, les raisons avanc&#233;es, les ressorts id&#233;ologiques sous-jacents, les acteurs impliqu&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, st&#233;riliser les femmes r&#233;unionnaises ou pratiquer l'avortement &#224; leur insu dans la clinique de Saint-Beno&#238;t, envoyer les enfants dans les campagnes fran&#231;aises d&#233;peupl&#233;es (&#034;Les enfants r&#233;unionnais de la Creuse&#034;), pousser les jeunes &#224; partir travailler &#224; 10 000 km avec le BUMIDOM, mais pas toujours en les pr&#233;parant &#224; ce grand changement, &#034;&#224; ce grand saut&#034;, enfin frapper d'exil imm&#233;diat les fonctionnaires qui os&#232;rent protester contre la r&#233;pression, la fraude &#233;lectorale etc. (Ordonnance du 15 octobre 1970), on dirait bien l&#224; les diff&#233;rents points d'un programme politique qui a une coh&#233;rence terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#224; chaque &#226;ge de la vie, ce programme pr&#233;tend apporter une solution &#224; ce qui est pr&#233;sent&#233; comme le probl&#232;me n&#176; 1, la d&#233;mographie. &#171; Le probl&#232;me n&#176; 1, c'est la d&#233;mographie, le grand mal de ce pays &#187; affirme Michel Debr&#233; dans le journal Croix Sud (13 avril 1969), faisant cyniquement silence sur le non-d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quand l&#232;ve la protestation, celui que Le Canard encha&#238;n&#233; d&#233;nommait &#034;Michou la col&#232;re&#034; ne supporte pas l'opposition syndicale et politique qu'il accusait de s&#233;paratisme et qu'il n'a cess&#233; de combattre par tous les moyens. En fait, celui qui s'est d&#233;clar&#233; &#034;cr&#233;ole un jour, cr&#233;ole toujours&#034; (cf. la st&#232;le &#224; Saint-Denis), voulait &#224; tout prix conserver ce r&#233;cent d&#233;partement d'outre-mer dans les restes de l'empire colonial fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ill&#233;gitime l'approche &#034;politique&#034; du scandale de la clinique de Saint-Beno&#238;t ? Cette violence inflig&#233;e aux femmes et aux familles r&#233;unionnaises est un exemple des d&#233;rives id&#233;ologiques d'un certain pouvoir d'&#201;tat. C'est pourquoi on comprend difficilement que Jarmila Buzkova, qui a lu Le ventre des femmes, dise qu'elle n'a pas cit&#233; ce livre, parce que ses interlocuteurs et interlocutrices ne partageaient pas cette analyse. Et elle ajoute &#171; Cela serait revenu &#224; un peu les trahir. &#187; (Cf. Le Quotidien, 13 f&#233;vrier 2019) Or, citer une analyse ne signifie pas l'imposer comme une v&#233;rit&#233; dogmatique. C'est plut&#244;t inviter &#224; &#233;changer, essayer de comprendre le comment et le pourquoi d'un v&#233;cu douloureux, qui nie l'humanit&#233; de la personne &#224; qui il est inflig&#233; et qui est pourtant voulu, command&#233; par d'autres &#234;tres ayant oubli&#233; le sens de l'humanit&#233;. Comprendre ce qu'il s'est pass&#233; n'aide-t-il pas &#224; se lib&#233;rer ? Sinon, on se condamne &#224; rester en &#233;tat de stupeur devant des faits insupportables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est donc dommage que ce documentaire, tout en satisfaisant au besoin de transmission, fasse l'impasse sur une dimension importante, comme si on avait peur de tout ce que cache l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brigitte Croisier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Brigitte Croisier : un travail sans fin !</title>
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		<dc:date>2018-06-22T07:04:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Billet philosophique : l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93368-c404e.jpg?1781421123' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 7e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les quatre premi&#232;res de celui pr&#233;sent&#233; par Brigitte Croisier, voici la conclusion de la professeure agr&#233;g&#233;e de philosophie sur l'aspect philosophique de l'&#339;uvre de Karl Marx. Et vendredi prochain, nous verrons l'analyse de Ho Hai Quang, Ma&#238;tre de Conf&#233;rences d'&#201;conomie &#224; l'Universit&#233;, sur l'aspect &#233;conomique de cette &#339;uvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59294 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-zentralbibliothek_zurich_das_kapital_marx_1867.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5-zentralbibliothek_zurich_das_kapital_marx_1867-5e3b9.jpg?1781421123' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e de Marx, sa production intellectuelle, est vaste et complexe. Une pens&#233;e d'abord en lien &#233;troit avec les r&#233;flexions et les mouvements historiques du 19e si&#232;cle, mais qui a continu&#233; &#224; inspirer analyses et actions du 20e si&#232;cle. Donc une pens&#233;e mondialis&#233;e, &#224; la fois d'un point de vue th&#233;orique et d'un point de vue pratique. Ces deux aspects ayant &#233;t&#233; constamment associ&#233;s par Marx et Engels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du coup, elle subit les al&#233;as de l'histoire et, selon les p&#233;riodes, les &#233;v&#233;nements, les rapports de force internationaux, Marx est quasiment idol&#226;tr&#233;, ou, &#224; l'inverse vilipend&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudrait alors ajouter &#224; l'&#233;tude de &#171; Marx par lui-m&#234;me &#187; les approches multiples et contrast&#233;es de ses textes. Un travail sans fin !&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici quelques r&#233;f&#233;rences succinctes, une bibliographie minimale, quelques galets sur le chemin de la critique philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Hans Jonas (1903-1993), &#8216;'Le principe Responsabilit&#233;'', 1979. Pour ce philosophe allemand, nous devons prendre conscience des effets d&#233;vastateurs de notre puissance technologique. En cons&#233;quence, nous devons mettre en &#339;uvre cet imp&#233;ratif cat&#233;gorique : &#171; Agis de fa&#231;on que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'un vie authentiquement humaine sur terre &#187;. Or, il estime que la soci&#233;t&#233; communiste de loisir et d'abondance implique le maintien de techniques destructrices. De plus, le marxisme reste une utopie : la soci&#233;t&#233; sans classes ne suffira pas &#224; faire de l'homme un &#234;tre bon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Preuve, s'il en &#233;tait besoin, qu'une &#339;uvre est toujours ouverte &#224; de multiples interpr&#233;tations, le philosophe Pena-Ruiz vient de faire para&#238;tre &#8216;'Karl Marx, penseur de l'&#233;cologie'' (&#201;ditions du Seuil, mai 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Andr&#233; Gorz (1923-2007), journaliste (sous le pseudo de Michel Bosquet) et philosophe, d&#233;fendant l'&#233;cologie politique. Dans un texte au titre-manifeste, &#8216;'Adieux au prol&#233;tariat'' (1980), il rompt avec la vision eschatologique du prol&#233;tariat. Plus que le renversement d'une classe par une autre, il s'agit de r&#233;volutionner la notion m&#234;me de travail, d'en faire une activit&#233; lib&#233;r&#233;e respectant les ressources naturelles et favorisant la convivialit&#233;. &#171; La politique du temps (temps de travail) est le meilleur levier pour obtenir en m&#234;me temps la r&#233;duction, &#233;cologiquement n&#233;cessaire, de la consommation des marchandises et la plus grande autonomie possible pour chacune et chacune dans la conduite de sa propre vie &#187; (&#8216;'Capitalisme, socialisme et &#233;cologie'', &#201;ditions Galil&#233;e, 1991). La classe capable de faire bouger la soci&#233;t&#233; serait alors celle qui est en marge, constitu&#233;e par les pr&#233;caires, les ch&#244;meurs ; ceux qui sont expuls&#233;s de la production capitaliste seraient susceptibles de cr&#233;er des espaces autonomes accueillant d'autres formes d'activit&#233; et de vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#339;uvre d'Andr&#233; Gorz semble faire &#233;cho &#224; l'ouvrage du gendre de Karl Marx, Paul Lafargue, &#8216;'Le droit &#224; la paresse'' (1880) ou encore, plus pr&#232;s de nous, &#224; Ivan Illich (1926-2002), ainsi qu'&#224; Pierre Rabhi, vivant de la &#171; sobri&#233;t&#233; heureuse &#187; (mouvement des Colibris).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Un philosophe ardent &#224; d&#233;fendre l'Id&#233;e communiste : Alain Badiou, qui a travaill&#233; avec Althusser et qui vient de sortir chez Fayard un livre &#233;voquant Mai-68, &#8216;'On a raison de se r&#233;volter'', selon le mot de Mao Zedong.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un ouvrage (&#8216;'Que faire ? Dialogue sur le communisme, le capitalisme et l'avenir de la d&#233;mocratie'', Philosophie &#201;ditions, 2014), Alain Badiou &#233;change avec Marcel Gauchet. Il estime que l'alternance d&#233;mocratique ne change rien, puisque les politiques qui se succ&#232;dent ont en commun le m&#234;me mod&#232;le de soci&#233;t&#233; capitaliste. Les d&#233;mocraties sont en fait du &#171; parlementaro-capitalisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Il faudrait aussi &#233;voquer Antonio Gramsci (1891-1937), dont on cite souvent la phrase &#233;voquant le clair-obscur nourrissant les monstres, entre un vieux monde se mourant et un nouveau monde qui tarde &#224; na&#238;tre. Si Marx consid&#233;rait que le facteur d&#233;terminant &#171; en derni&#232;re analyse &#187;, &#233;tait &#171; l'infrastructure &#233;conomique &#187;, Gramsci a mis en valeur le r&#244;le des &#8220;superstructures&#8221;, de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment accueillir cette diversit&#233; d'approches ? Comment tracer son chemin ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le philosophe Jacques Derrida (1930-2004) ouvre une br&#232;che. Pas marxiste, quand tant de monde se proclamait tel, c'est dans les ann&#233;es o&#249; Marx n'&#233;tait plus &#224; la mode, qu'il a publi&#233; en 1993 &#8216;'Les spectres de Marx'' (&#201;ditions Galil&#233;e). Clin d'&#339;il &#233;vident &#224; la c&#233;l&#232;bre phrase du &#8216;'Manifeste du Parti Communiste'' (&#171; Un spectre hante l'Europe, le spectre du communisme &#187;), mais avec un pluriel que chacune ou chacun est libre d'interpr&#233;ter. Spectres, fant&#244;mes, revenants, esprits ? Combien sont-ils pass&#233;s et/ou revenus ? Nous pourrions parler d'avatars.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Jacques Derrida, qu'on le veuille ou non, nous, et il l'entend au niveau international, m&#234;me sans forme organisationnelle, nous sommes des h&#233;ritiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, &#171; h&#233;riter c'est se trouver devant un texte secret &#224; d&#233;chiffrer. H&#233;riter, c'est pr&#233;cis&#233;ment prendre la responsabilit&#233; de discriminer &#224; l'int&#233;rieur de l'h&#233;ritage. C'est r&#233;affirmer une m&#233;moire qu'on ouvre &#224; l'avenir. Appel &#224; t&#233;moigner et &#224; agir &#187; (&#8216;'Rencontre avec Didier &#201;ribon'', &#8216;'Nouvel Observateur'', 1993)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi prendre la mesure de ce qui a chang&#233; depuis&#8230; 200 ans, en particulier, les nouvelles technologies (les &#171; t&#233;l&#233;-technologies &#187;), les mani&#232;res de communiquer, notre configuration de l'espace-temps. Non pas r&#233;p&#233;ter, mais r&#233;inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Brigitte Croisier : le mat&#233;rialisme historique de Marx</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/brigitte-croisier-le-materialisme-historique-de-marx,93306</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte Croisier</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Billet philosophique : l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93306-604f3.jpg?1781421124' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 6e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les trois premi&#232;res de celui pr&#233;sent&#233; par Brigitte Croisier, voici la suite de la professeure agr&#233;g&#233;e de philosophie sur l'aspect philosophique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-brigitte_et_livres-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5-brigitte_et_livres-3-26cf0.jpg?1781421124' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Brigitte Croisier.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Louis Althusser (1918-1990), qui fut professeur &#224; l'&#201;cole normale sup&#233;rieure (ENS), a beaucoup &#233;crit dans les ann&#233;es 60-70 sur Marx, seul ou avec d'autres philosophes (Pour Marx, Lire le Capital avec Etienne Balibar, Pierre Macherey, Roger Establet, Jacques Ranci&#232;re, &#201;ditions Fran&#231;ois Maspero). En 1968, dans un texte intitul&#233; &#8216;'Sur le rapport de Marx &#224; Hegel'', il note : &#171; Marx a fond&#233; une science nouvelle : la science de l'histoire des formations sociales, ou science de l'histoire &#187;. Il pr&#233;cise : &#171; Apr&#232;s le continent Math&#233;matiques (ouvert par les Grecs), le continent Physique (ouvert par Galil&#233;e), Marx a ouvert le troisi&#232;me grand continent : le continent Histoire &#187;. Au passage, il souligne les liens entre la philosophie et la science dans la construction de ces continents. Effectivement, au fronton de l'Acad&#233;mie fond&#233;e par Platon, il &#233;tait &#233;crit : &#171; Nul n'entre ici s'il n'est g&#233;om&#232;tre &#187;. Le lien th&#233;orique entre d'une part Copernic, Galil&#233;e et, d'autre part, Descartes est &#233;galement incontestable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La nature transform&#233;e par le travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire mat&#233;rialiste est d&#233;finie comme proc&#232;s (processus, process), c-&#224;-d un d&#233;veloppement consid&#233;r&#233; dans l'ensemble de ses conditions r&#233;elles. Marx et Engels reprochent &#224; Hegel de concevoir une histoire qui se d&#233;roule au-dessus de la t&#234;te des hommes, r&#233;duits alors au statut d'instruments inconscients domin&#233;s par un esprit abstrait transcendant. &#171; Chez Hegel, la dialectique est sur la t&#234;te. Il faut la retourner pour d&#233;couvrir le noyau rationnel sous l'enveloppe mystique &#187; (Le Capital, livre 1).&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, le mat&#233;rialisme part des conditions concr&#232;tes dans lesquelles vivent les humains. Les humains, &#234;tres vivants, doivent d'abord pouvoir satisfaire leurs besoins, survivre. Mais ils ne se contentent pas de ce qu'ils trouvent dans la nature, comme les autres esp&#232;ces vivantes. Les humains assurent leurs moyens d'existence en transformant la nature par leur travail. Cet acte modifie la nature ext&#233;rieure, mais aussi la nature de l'homme en d&#233;veloppant ses facult&#233;s. Et surtout, il est conscient de son activit&#233;, diff&#233;rent en cela de l'animal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx pr&#233;cise : &#171; Ce qui distingue d&#232;s l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa t&#234;te avant de la construire dans la ruche. Le r&#233;sultat auquel le travail aboutit, pr&#233;existe id&#233;alement dans l'imagination du travailleur. Ce n'est pas qu'il op&#232;re seulement un changement de forme dans les mati&#232;res naturelles ; il y r&#233;alise du m&#234;me coup son propre but dont il a conscience, qui d&#233;termine comme loi son mode d'action et auquel il doit subordonner sa volont&#233; &#187; (Le Capital, Livre 1, 3e section, chap. 7).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'analyse part du mode de production&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On voit l'interaction constante entre la conscience et l'action. Ils satisfont leurs besoins &#233;l&#233;mentaires d'&#234;tres vivants, mais se cr&#233;ent d'autres besoins : &#171; le premier besoin lui-m&#234;me une fois satisfait, l'action de le satisfaire et l'instrument d&#233;j&#224; acquis de cette satisfaction poussent &#224; de nouveaux besoins et cette production de nouveaux besoins est le premier fait historique &#187; (Marx et Engels, &#8216;'L'id&#233;ologie allemande''). Cette multiplication des besoins a &#233;t&#233; bien comprise et intensifi&#233;e par le capitalisme. Ainsi, par le travail, les humains cr&#233;ent leurs moyens d'existence, c'est la base du devenir historique.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, pour produire, ils s'organisent, se r&#233;partissent les t&#226;ches, certains poss&#232;dent la terre, d'autres la cultivent, certains dominent, d'autres ex&#233;cutent : c'est la division sociale du travail. La mani&#232;re dont les humains produisent (techniques utilis&#233;es ou forces productives + rapports sociaux) constitue un mode de production (esclavagiste, capitaliste, communiste). Toute analyse des soci&#233;t&#233;s doit partir du mode de production : c'est l'infrastructure dont toute l'organisation de la soci&#233;t&#233; d&#233;pend (le droit, la culture, l'&#201;tat). Ne pas prendre en compte cette dimension &#233;conomique et sociale, c'est en rester &#224; l'id&#233;ologie, reflet invers&#233; et fauss&#233; de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutte des classes moteur de l'histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un mode de production n'est pas immuable, il vient toujours un moment o&#249; il ne fonctionne plus correctement, il provoque des contradictions, source de conflits qu'exprime la lutte des classes sociales ayant des int&#233;r&#234;ts divergents. Cette lutte des classes, concept fondamental dans la th&#233;orie de Marx, est le moteur de l'histoire, car elle provoque les changements, plus ou moins radicaux, par des moyens plus ou moins violents. La classe &#171; opprim&#233;e &#187; qui prend conscience de son exploitation et de sa domination cherche &#224; renverser &#171; la classe dominante &#187;, &#224; s'emparer de l'appareil d'&#201;tat, pour changer les lois et r&#233;organiser la soci&#233;t&#233; (r&#233;forme, r&#233;volution). &#171; L'histoire de toute soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; nos jours n'a &#233;t&#233; qu'une histoire de la lutte des classes &#187; (1&#232;re phrase du chapitre 1 &#171; Bourgeois et prol&#233;taires &#187; du &#8216;'Manifeste du parti communiste'' de Karl Marx et Friedrich Engels (1848), la 1&#232;re phrase de la pr&#233;face &#233;tant : &#171; un spectre hante l'Europe : c'est le spectre du communisme &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans beaucoup de textes de Marx, le prol&#233;tariat est comme investi d'une mission, une mission eschatologique, celle d'annoncer&#8230; les lendemains qui chantent sous l'&#233;gide de l'&#233;galit&#233; et de la libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, les humains ne peuvent pas faire n'importe quoi, ils agissent dans des conditions d&#233;termin&#233;es qu'il faut analyser, ils h&#233;ritent d'une situation donn&#233;e, transmise par les g&#233;n&#233;rations pass&#233;es, et ne peuvent agir qu'&#224; partir d'elle, m&#234;me si c'est pour la d&#233;passer. De plus, l'action historique est collective, on ne peut changer les choses tout(e) seul(e). Il faut donc composer avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contraintes et rapport de forces&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de plein gr&#233;, dans des circonstances librement choisies ; celles-ci, ils les trouvent au contraire toutes faites donn&#233;es, h&#233;ritage du pass&#233;. La tradition de toutes les g&#233;n&#233;rations mortes p&#232;se comme un cauchemar sur le cerveau des vivants &#187; (Marx, &#8216;'Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte''). Cela explique la lenteur des changements et provoque l'impatience de ceux et celles qui voudraient que les id&#233;aux de libert&#233;, d'&#233;galit&#233;, de paix et de bonheur soient d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;s. Ne pas tenir compte de ces contraintes et des rapports de forces peut conduire &#224; l'&#233;chec.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'inverse, l'histoire prend parfois des chemins impr&#233;vus : &#171; th&#233;oriquement &#187;, la r&#233;volution devait survenir dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes, pas sous un r&#233;gime tsariste. Bien plus, la r&#233;volution aurait plus de chances de se produire et de r&#233;ussir une fois le capitalisme devenu universel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, Marx croit que cette lutte des classes, moteur du changement historique, permettra d'acc&#233;der &#224; une soci&#233;t&#233; sans classes, o&#249; le travail ne sera plus un instrument d'exploitation de l'homme par l'homme, o&#249; les hommes et les femmes produiront leurs moyens d'existence dans l'abondance, le plaisir, l'&#233;galit&#233; et la libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#234;vons ! Dans &#8216;'L'id&#233;ologie allemande'' (1845), Marx et Engels d&#233;crivent la soci&#233;t&#233; communiste : &#171; personne n'est enferm&#233; dans un cercle exclusif d'activit&#233;s et chacun peut se former dans n'importe quelle branche de son choix ; c'est la soci&#233;t&#233; qui r&#232;gle la production g&#233;n&#233;rale et qui me permet ainsi de faire aujourd'hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de p&#234;cher l'apr&#232;s-midi, de m'occuper d'&#233;levage le soir et de m'adonner &#224; la critique apr&#232;s le repas, selon que j'en ai envie, sans jamais devenir chasseur, p&#234;cheur, berger ou critique &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#232;gne de la libert&#233; succ&#232;dera ainsi au r&#232;gne de la n&#233;cessit&#233;, une v&#233;ritable histoire humaine pourra commencer, mettant fin &#224; ce qui n'est qu'une pr&#233;histoire ou histoire de la barbarie. Telle est la &#171; fin de l'histoire &#187; qui est donc, en r&#233;alit&#233;, le v&#233;ritable commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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