<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>T&#233;moignages</title>
	<link>https://www.temoignages.re/</link>
	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.temoignages.re/spip.php?id_auteur=170&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>T&#233;moignages</title>
		<url>https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L144xH28/siteon0-61897.png?1780745084</url>
		<link>https://www.temoignages.re/</link>
		<height>28</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les DOM davantage touch&#233;s par la quatri&#232;me vague, Pourquoi ?</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/les-dom-davantage-touches-par-la-quatrieme-vague-pourquoi,101901</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/les-dom-davantage-touches-par-la-quatrieme-vague-pourquoi,101901</guid>
		<dc:date>2021-08-05T05:46:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Vaccins COVID-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Actuellement, l'explosion des contaminations par la Covid 19 est beaucoup plus forte dans les d&#233;partements d'outre-mer qu'en France m&#233;tropolitaine. Il en est ainsi principalement parce que la proportion des personnes vaccin&#233;es est bien plus faible dans les DOM. Pourtant, la campagne de vaccination y a &#233;t&#233; ouverte &#224; la population des plus de 18 ans plusieurs semaines avant l'Hexagone et il ne manque ni de vaccin ni de personnes habilit&#233;es &#224; les injecter. Or, au 2 ao&#251;t 2021, les pourcentages (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/" rel="directory"&gt;Di sak na pou di&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/coronavirus" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/vaccins-covid-19" rel="tag"&gt;Vaccins COVID-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton101901-6360c.jpg?1781009263' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_52973 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/vaccin-matin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/vaccin-matin-2ac09.jpg?1781009263' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Photo Phovoir
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, l'explosion des contaminations par la Covid 19 est beaucoup plus forte dans les d&#233;partements d'outre-mer qu'en France m&#233;tropolitaine. Il en est ainsi principalement parce que la proportion des personnes vaccin&#233;es est bien plus faible dans les DOM. Pourtant, la campagne de vaccination y a &#233;t&#233; ouverte &#224; la population des plus de 18 ans plusieurs semaines avant l'Hexagone et il ne manque ni de vaccin ni de personnes habilit&#233;es &#224; les injecter. Or, au 2 ao&#251;t 2021, les pourcentages des personnes compl&#232;tement vaccin&#233;es sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France : 51 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guyane : 16,8 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinique : 16,5 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guadeloupe : 16,4 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;union : 30,3 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le ministre des Outre-mer, cette faible couverture vaccinale dans les DOM s'expliquerait par &#8220;un d&#233;faut d'adh&#233;sion&#8221; (interview du 4 juin 2021). Ce &#8220;d&#233;faut d'adh&#233;sion&#8221; au vaccin appara&#238;t clairement &#224; l'examen des taux d'utilisation des vaccins livr&#233;s (rapport entre le nombre de doses livr&#233;es et celui des doses administr&#233;es) : ces taux sont beaucoup plus faibles qu'en m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quels facteurs sont &#224; l'origine de ce &#8220;d&#233;faut d'adh&#233;sion&#8221; ? Le ministre des Outre-mer ne les a pas expos&#233;s mais a pr&#233;f&#233;r&#233; stigmatiser les &#8220;quelques agit&#233;s qui sont all&#233;s aussi faire peur avec des arguments compl&#232;tement mensongers sur les r&#233;seaux sociaux, entra&#238;nant aussi un climat d'angoisse&#8221;. Il a &#233;galement avanc&#233; une autre raison : les confinements auraient &#233;t&#233; &#8220;moins lourds en Outre-mer que dans l'Hexagone, donc &#231;a cr&#233;e aussi une relation &#224; l'&#233;pid&#233;mie qui peut &#234;tre un peu diff&#233;rente&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les confinements pr&#233;tendument moins rigoureux dans les DOM et l'action des &#8220;agit&#233;s&#8221; ne sont qu'en partie responsable de la faible couverture vaccinale. Il est hautement probable que c'est parmi les illettr&#233;s que le &#8220;d&#233;faut d'adh&#233;sion&#8221; est le plus fr&#233;quent, que les superstitions, la cr&#233;dulit&#233;, la pr&#233;f&#233;rence pour la m&#233;decine traditionnelle&#8230; s'imposent le plus facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatons qu'en France m&#233;tropolitaine, 7 % des 18-65 ans sont illettr&#233;s. Mais ils sont 20 % en Guadeloupe, 20 % en Guyane, 13 % en Martinique, 23 % &#224; La R&#233;union et 33 % &#224; Mayotte. Ainsi, la transformation des &#8220;vieilles colonies&#8221; en d&#233;partements, l'argent qui y a &#233;t&#233; d&#233;vers&#233; pendant des d&#233;cennies n'a pas permis de rattraper totalement, loin s'en faut, les retards dans le domaine de l'instruction. Ces retards constituent un facteur non n&#233;gligeable de la faible couverture vaccinale des populations domiennes. Il est en effet bien plus facile d'expliquer &#224; une personne instruite l'int&#233;r&#234;t de se faire vacciner qu'&#224; une personne qui ne sait ni lire ni &#233;crire. Sans compter que celle-ci sera bien plus perm&#233;able aux arguments de ceux qui lui pr&#233;senteront les dangers, vrais ou suppos&#233;s, des vaccins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est notamment parce que l'illettrisme est plus r&#233;pandu dans les DOM qu'en m&#233;tropole que la couverture vaccinale y est plus faible et que la &#8220;vague&#8221; actuelle des contaminations fait davantage de d&#233;g&#226;ts. Il y a un lien entre la politique qui a &#233;t&#233; men&#233;e dans les DOM depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la pand&#233;mie qui y s&#233;vit plus fortement aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ho Hai Quang&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : La baisse tendancielle du taux de profit g&#233;n&#233;ral (2)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-la-baisse-tendancielle-du-taux-de-profit-general-2,93946</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-la-baisse-tendancielle-du-taux-de-profit-general-2,93946</guid>
		<dc:date>2018-09-20T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la 20e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 13e et derni&#232;re partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93946-d3977.jpg?1781009264' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 20e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 13e et derni&#232;re partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/4-conference-karl-marx-004.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/4-conference-karl-marx-004-9a292.jpg?1780745321' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Ho Hai Quang.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme tout syst&#232;me &#233;conomique, le capitalisme &#233;volue dans le temps. Bien que reposant exactement sur les m&#234;mes structures de base (propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et travailleurs libres mais d&#233;munis de tous moyens de production), le capitalisme d'aujourd'hui est tr&#232;s diff&#233;rent de celui du d&#233;but du 19e si&#232;cle, et de celui d'avant la grande d&#233;pression des ann&#233;es 1930. L'accumulation du capital et les crises ont en effet provoqu&#233; de nombreux changements d'importance parmi lesquels il faut noter l'augmentation de la concentration et de la centralisation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Accumulation et concentration du capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure que les entreprises accumulent leur plus-value, les capitaux dont chacune dispose augmentent. En m&#234;me temps, au niveau de l'&#233;conomie toute enti&#232;re, la somme des capitaux engag&#233;s dans la production s'&#233;l&#232;ve aussi. Marx appelle ce processus la &#8220;concentration&#8221; du capital. Il s'agit d'un mouvement complexe qu'il d&#233;crit ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;Chacun d'entre les capitaux individuels, dont le capital social se compose, repr&#233;sente de prime abord une certaine concentration, entre les mains d'un capitaliste, de moyens de production et de moyens d'entretien du travail, et, &#224; mesure qu'il s'accumule, cette concentration s'&#233;tend&#8230; Ce n'est pas tout. L'accumulation du capital social r&#233;sulte non seulement de l'agrandissement graduel des capitaux individuels, mais encore de l'accroissement de leur nombre, soit que des valeurs dormantes se convertissent en capitaux, soit que des boutures d'anciens capitaux s'en d&#233;tachent pour prendre racine ind&#233;pendamment de leur souche. Enfin de gros capitaux lentement accumul&#233;s se fractionnent &#224; un moment donn&#233; en plusieurs capitaux distincts&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;(livre 1, tome 3, p. 66).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un certain moment de cette &#233;volution se produit un mouvement d'attraction des capitaux isol&#233;s : c'est la centralisation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La centralisation du capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La centralisation du capital consiste &#224; regrouper des capitaux isol&#233;s pour cr&#233;er de nouveaux centres d'accumulation fonctionnant de fa&#231;on plus efficace. Elle s'effectue essentiellement &#224; travers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;la guerre des prix&lt;/strong&gt; qui entra&#238;ne l'&#233;limination des entreprises les plus faibles dont les capitaux passent entre les mains des vainqueurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;le cr&#233;dit&lt;/strong&gt; qui ouvre aux entreprises la possibilit&#233; de se renforcer plus vite que leurs concurrentes, leur permettant ainsi de les supplanter dans la guerre des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;la cr&#233;ation des soci&#233;t&#233;s par actions&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;les ententes, les fusions, les offres publiques d'achat&lt;/strong&gt;, etc. qui conduisent &#224; la cr&#233;ation de cartels, d'oligopoles, de monopoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, la concentration du capital et la centralisation du capital aboutissent au m&#234;me r&#233;sultat : l'augmentation du capital engag&#233; dans la production. Il faut cependant les distinguer rigoureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, la &#8220;concentration&#8221; du capital correspond toujours &#224; une augmentation et du capital des entreprises individuelles et du capital total utilis&#233; dans l'&#233;conomie toute enti&#232;re, tandis que la &#8220;centralisation&#8221; correspond &#224; un nouvel arrangement de la r&#233;partition des capitaux sans que le total du capital en activit&#233; dans l'&#233;conomie ne change. D'autre part, la concentration du capital, parce qu'elle r&#233;sulte de l'accumulation de la plus-value, est un proc&#233;d&#233; relativement lent d'agrandissement du capital ; au contraire la centralisation du capital permet de parvenir au m&#234;me r&#233;sultat en tr&#232;s peu de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accumulation du capital, &#224; travers la concentration et la centralisation des capitaux, a conduit &#224; la formation de gigantesques conglom&#233;rats industriels et financiers qui exercent actuellement une influence dominante sur l'&#233;conomie mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question est maintenant de savoir si la loi de la baisse tendancielle du taux de profit g&#233;n&#233;ral continue de s'appliquer au capitalisme d'aujourd'hui et pourrait expliquer les r&#233;centes crises, et surtout celles &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pr&#233;visions de Marx sur les crises sont v&#233;rifi&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;tude tr&#232;s r&#233;cente (f&#233;vrier 2018) publi&#233;e par la banque Natixis (filiale de BPCE, 2e groupe bancaire en France), Patrick Artus qui est, entre autres, le directeur de la recherche et des &#233;tudes de cette banque, a livr&#233; ses conclusions sur l'&#233;volution &#233;conomique des principaux pays de l'Organisation de Coop&#233;ration et de D&#233;veloppement &#201;conomiques (OCDE). Examinant les s&#233;ries statistiques sur l'&#233;conomie du bloc &#201;tats-Unis + Royaume-Uni + zone euro + Japon de la p&#233;riode 1996-2018, il conclut :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;La dynamique du capitalisme est aujourd'hui bien celle qu'avait pr&#233;vue Karl Marx. On observe bien aujourd'hui dans les pays de l'OCDE la succession d'&#233;volutions que Karl Marx avait pr&#233;vues :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - la baisse de l'efficacit&#233; des entreprises (ralentissement de la Productivit&#233; Globale des Facteurs), toutes choses &#233;gales par ailleurs, impliquerait une baisse du rendement du capital des entreprises ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 - les entreprises r&#233;agissent &#224; cette &#233;volution en r&#233;duisant les salaires (en d&#233;formant le partage des revenus en faveur des profits) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 - mais cette strat&#233;gie a une limite, atteinte quand les bas salaires deviennent trop faibles (&#233;gaux au salaire de subsistance) et les &#8220;capitalistes&#8221; se lancent alors dans des activit&#233;s sp&#233;culatives qui font appara&#238;tre des crises financi&#232;res&#8221; (cf. Natixis, Flash Economie, 2 f&#233;vrier 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait &#234;tre plus clair concernant l'&#233;volution &#233;conomique des grands pays capitalistes depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Et concernant l'avenir, une crise financi&#232;re de grande ampleur pourrait se d&#233;clarer &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, selon le Fonds Mon&#233;taire International, &#224; la crise des subprimes de 2008 ont succ&#233;d&#233; trois ann&#233;es de d&#233;pression. Amorc&#233;e en 2011, la reprise de l'&#233;conomie mondiale devrait se poursuivre jusqu'en 2020. Cependant, les principaux facteurs de crise sont en train de se renforcer (fortes liquidit&#233;s, faibles taux d'int&#233;r&#234;t, augmentation de la dette priv&#233;e et publique dans les grands pays capitalistes, insuffisance de r&#233;gulations &#233;conomiques et financi&#232;res, bulles sp&#233;culatives&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon le FMI une hausse rapide des taux d'int&#233;r&#234;t pourrait intervenir &#224; partir de 2020. Elle mettrait les endett&#233;s en grande difficult&#233;, ferait chuter les march&#233;s de 15 % (crise financi&#232;re) ce qui entrainerait une diminution de 1,7 % de la production mondiale (crise &#233;conomique). De lourdes cons&#233;quences, notamment en termes de suppression d'emplois sont donc &#224; pr&#233;voir (crise &#233;conomique et sociale). En somme, si rien ne change, une crise majeure pourrait intervenir entre 2020 et 2022. (cf. &#8220;Rapports sur la stabilit&#233; financi&#232;re dans le monde&#8221; depuis octobre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CONCLUSION G&#201;N&#201;RALE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;I &#8211; Concernant le contenu du &#8220;Capital&#8221;. Cette &#339;uvre majeure comprend une th&#233;orie &#233;conomique, une s&#233;rie d'exemples historiques illustrant cette th&#233;orie, et une critique de l'&#233;conomie politique &#8220;vulgaire&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est &#8220;d&#233;pass&#233;&#8221;, ce sont certains exemples historiques (travail des enfants en Europe, machine &#224; vapeur&#8230;). En revanche, les critiques que Marx porte &#224; l'encontre de l'&#233;conomie politique &#8220;vulgaire&#8221; restent parfaitement valables. Quant aux lois qui r&#233;gissent le fonctionnement du capitalisme, elles ne sont rien d'autre que l'expression des structures de base de ce mode de production. C'est pourquoi &#8220;Le Capital&#8221; est un livre actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II &#8211; Concernant l'avenir du capitalisme. Marx d&#233;clare :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#8220;Une formation sociale ne dispara&#238;t jamais avant que soient d&#233;velopp&#233;es toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et sup&#233;rieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence mat&#233;rielles de ces rapports soient &#233;closes dans le sein m&#234;me de la vieille soci&#233;t&#233;&#8230; les rapports de production bourgeois sont le derni&#232;re forme contradictoire du processus de production sociale&#8230; les forces productives qui se d&#233;veloppent au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise cr&#233;ent en m&#234;me temps les conditions mat&#233;rielles pour r&#233;soudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'ach&#232;ve donc la pr&#233;histoire de la soci&#233;t&#233; humaine&#8221;&lt;/strong&gt; (Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique ; p. 5).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Selon Marx, en se d&#233;veloppant le capitalisme cr&#233;e donc les conditions de son remplacement par une soci&#233;t&#233; sup&#233;rieure. &#201;videmment, celle-ci ne se surgira pas automatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III &#8211; Concernant la construction de la soci&#233;t&#233; communiste, Marx n'a rien dit : il s'est seulement &#8220;born&#233; &#224; une simple analyse critique des &#233;l&#233;ments donn&#233;s, au lieu de formuler des recettes pour les marmites de l'avenir&#8221; (pr&#233;face du livre 1, tome 1, p. 26). Autrement dit, ses &#339;uvres &#233;conomiques ont port&#233;, pour l'essentiel sur le capitalisme et un peu sur les soci&#233;t&#233;s pr&#233;capitalistes, mais rien sur l'&#233;dification du socialisme. Pourtant, jusqu'&#224; aujourd'hui, ses d&#233;tracteurs n'ont cess&#233; de lui imputer les &#233;checs des &#8220;socialismes r&#233;els&#8221; dont l'analyse reste &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV - Un &#8220;mode de production&#8221; est un concept th&#233;orique et non pas une r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, sensible, palpable. Ce qui existe r&#233;ellement ce sont des &lt;strong&gt;&#8220;r&#233;gimes &#233;conomiques&#8221;&lt;/strong&gt; qui s'organisent selon certaines structures propres &#224; chaque mode de production. Celles-ci sont concr&#232;tement &#8220;model&#233;es&#8221; par des coutumes, des r&#232;gles juridiques, des conceptions morales et religieuses qui varient et &#233;voluent dans le temps et dans l'espace. Les structures &#233;conomiques poss&#232;dent une certaine plasticit&#233;. C'est pourquoi le &#8220;r&#233;gime capitaliste&#8221; fran&#231;ais ne fonctionne pas de la m&#234;me fa&#231;on que les r&#233;gimes su&#233;dois, am&#233;ricains, japonais, allemand&#8230; De plus, dans la r&#233;alit&#233;, une &#233;conomie combine toujours plusieurs &#8220;r&#233;gimes &#233;conomiques&#8221; qui fonctionnent sous la domination de l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V - &lt;strong&gt;Les lois &#233;conomiques&lt;/strong&gt; qui r&#232;glent le fonctionnement des divers modes de production peuvent &#234;tre modifi&#233;es, d&#233;form&#233;es. Mais elles ne peuvent pas &#234;tre abolies. Pour illustrer cette id&#233;e, on peut oser une comparaison avec la loi de la chute des corps : en un m&#234;me lieu et dans le vide tous les corps tombent &#224; la m&#234;me vitesse qui augmente &#224; taux constant. Si maintenant l'on introduit la r&#233;sistance de l'air, les corps ne tomberont plus &#224; la m&#234;me vitesse&#8230; mais tous continueront de tomber et finiront par atterrir sur le sol : la loi de la chute des corps est modifi&#233;e mais continue de s'appliquer. Il en est de m&#234;me pour les lois qui gouvernent le fonctionnement du capitalisme et des autres modes de production. Elles sont tendancielles parce qu'elles d&#233;pendent de la configuration des luttes de classes, du rapport des forces en pr&#233;sence&#8230; qui se modifient dans l'espace et le temps. C'est pourquoi rien n'est jamais acquis : des avanc&#233;es sociales et politiques obtenues &#224; certains moments peuvent toujours &#234;tre remises en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI &#8211; &lt;strong&gt;La loi de la plus-value est la loi fondamentale du capitalisme&lt;/strong&gt; : les moyens de production, devenus propri&#233;t&#233; priv&#233;e d'une classe sociale ne sont employ&#233;s que dans un seul but : produire du profit. De l&#224; d&#233;rivent toutes les autres lois propres au capitalisme : la formation d'une surpopulation relative, la baisse tendancielle du taux de profit g&#233;n&#233;ral, etc. Toutes sont li&#233;es les unes aux autres en une totalit&#233; organique et agissent ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII - Selon &lt;strong&gt;la conception mat&#233;rialiste de l'histoire&lt;/strong&gt;, les facteurs &#233;conomiques jouent un r&#244;le fondamental dans l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s humaines. Il convient cependant de ne pas les surestimer. Voici d'ailleurs ce qu'&#233;crivait Friedrich Engel &#224; ce propos :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;D'apr&#232;s la conception mat&#233;rialiste de l'histoire, le facteur d&#233;terminant dans l'histoire est, en derni&#232;re instance, la production et la reproduction de la vie r&#233;elle. Ni Marx, ni moi n'avons jamais affirm&#233; davantage. Si, ensuite, quelqu'un torture cette proposition pour lui faire dire que le facteur &#233;conomique est le seul d&#233;terminant, il la transforme en une phrase vide, abstraite, absurde. La situation &#233;conomique est la base, mais les divers &#233;l&#233;ments de la superstructure&#8230; exercent &#233;galement leur action sur le cours des luttes historiques et, dans beaucoup de cas, en d&#233;terminent de fa&#231;on pr&#233;pond&#233;rante la forme. Il y a action et r&#233;action de tous ces facteurs au sein desquels le mouvement &#233;conomique finit par se frayer son chemin comme une n&#233;cessit&#233; &#224; travers la foule infinie de hasards&#8221; (Friedrich Engels, Lettre &#224; Joseph Bloch ; 21 septembre 1890 ; &#201;tudes philosophiques ; &#201;ditions sociales ; Paris ; 1961 ; p. 154).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, 1) l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s humaines s'explique par la conjonction d'un tr&#232;s grand nombre de facteurs &#233;conomiques, sociaux, politiques, id&#233;ologiques et m&#234;me de hasards. 2) ces facteurs n'ont cependant pas la m&#234;me importance : le facteur d&#233;terminant, en derni&#232;re instance, est &#8220;la production et la reproduction de la vie r&#233;elle&#8221;. C'est ce qui imprime &#224; cette conception de l'histoire son caract&#232;re &#8220;mat&#233;rialiste&#8221;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : la baisse tendancielle du taux de profit g&#233;n&#233;ral (1)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-la-baisse-tendancielle-du-taux-de-profit-general-1,93888</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-la-baisse-tendancielle-du-taux-de-profit-general-1,93888</guid>
		<dc:date>2018-09-13T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la 19e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 12e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx. &lt;br class='autobr' /&gt; La &#8220;loi de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93888-a3d5a.jpg?1781009264' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 19e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 12e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La &#8220;loi de la baisse tendancielle du taux de profit g&#233;n&#233;ral&#8221; est l'une des explications des crises qui secouent p&#233;riodiquement le capitalisme. Une crise est une rupture du fonctionnement normal de l'&#233;conomie. Elle se traduit, notamment, par une chute de l'activit&#233; et donc du niveau de la production, avec pour cons&#233;quence, une pouss&#233;e du ch&#244;mage. Cette loi est expos&#233;e dans le livre 3 du &#8220;Capital&#8221; que Friedrich Engels a publi&#233; en 1894 en utilisant les manuscrits de Karl Marx. Depuis cette date, les &#233;conomistes les plus r&#233;put&#233;s ont cherch&#233; &#224; la r&#233;futer ou bien &#224; en montrer le bien-fond&#233; en utilisant les math&#233;matiques ou bien les s&#233;ries statistiques. En quoi consiste cette loi ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du constat du ph&#233;nom&#232;ne &#224; son explication&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne de la baisse du taux de profit g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; constat&#233; par tous les &#233;conomistes du 18e et 19e si&#232;cle. Mais pour Marx, aucun n'a r&#233;ussi &#224; en donner une explication satisfaisante pour les raisons suivantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Si on r&#233;fl&#233;chit que, jusqu'ici, l'&#233;conomie politique a t&#226;tonn&#233; autour de la distinction entre capital constant et capital variable sans jamais arriver &#224; la formuler avec pr&#233;cision ; qu'elle n'a jamais pr&#233;sent&#233; la plus-value s&#233;par&#233;e du profit&#8230; qu'elle n'a jamais analys&#233; &#224; fond les diff&#233;rences dans la composition organique du capital, pas plus par cons&#233;quent que la formation du taux de profit g&#233;n&#233;ral, alors il n'y a plus de myst&#232;re que la solution de cette &#233;nigme lui ait toujours &#233;chapp&#233;&#8221; (livre 3, tome 6, p. 227).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en partant des nouveaux concepts qu'il a forg&#233;s que Marx a construit sa fameuse th&#233;orie de la baisse du taux de profit g&#233;n&#233;ral. Les concepts sont les suivants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le taux de profit (T). Il est calcul&#233; au niveau de l'&#233;conomie toute enti&#232;re et correspond au rapport de la somme des profits au total des capitaux avanc&#233;s (K). La somme des profits est &#233;gale &#224; la somme des plus-values (Pl) que les entreprises ont effectivement pu r&#233;cup&#233;rer en vendant leurs marchandises, et non pas aux plus-values incorpor&#233;es dans des marchandises quand elles ont &#233;t&#233; produites. Quant &#224; K, il est &#233;gal &#224; la somme des capitaux constants et variables, c'est-&#224;-dire (K = C + V). Le taux de profit s'&#233;crit donc :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L121xH81/4a-taux-profit-6dd09.jpg?1781009265' width='121' height='81' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La composition organique du capital. C'est le quotient du rapport du capital constant (C) au capital variable (V), soit (C/V).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le degr&#233; d'exploitation des travailleurs, soit (Pl / V).&lt;br class='autobr' /&gt;
En utilisant ces concepts, la formule du taux de profit s'&#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH174/4b-taux-profit-069cc.jpg?1781009265' width='500' height='174' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On a vu qu'au cours de l'accumulation du capital, les entreprises cherchent constamment &#224; augmenter la productivit&#233; et qu'elles y parviennent en &#233;levant la composition organique du capital, c'est-&#224;-dire (C/V).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si (Pl / V), le degr&#233; d'exploitation des travailleurs reste inchang&#233;, alors le d&#233;veloppement de la productivit&#233; se traduira par une baisse du taux de profit puisque le num&#233;rateur reste fixe alors que le d&#233;nominateur ne cesse d'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les contre-tendances&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La baisse du taux de profit g&#233;n&#233;ral n'est pas un processus m&#233;canique. Un certain nombre de facteurs contrecarrent cette &#233;volution. Ce sont :&lt;br class='autobr' /&gt;
1 - L'augmentation du degr&#233; d'exploitation du travail : elle se traduit par l'&#233;l&#233;vation du num&#233;rateur de (Pl /V). Pour augmenter la plus-value, les entreprises peuvent exiger de leurs salari&#233;s davantage d'efforts : allongement de la journ&#233;e de travail, intensification du travail au moyen de l'&#8220;organisation scientifique du travail&#8221; (taylorisation) et du travail &#224; la cha&#238;ne (fordisme). Mais cette strat&#233;gie butera d'une part sur des limites physiologiques (les travailleurs ont besoin d'un minimum de repos), et d'autre part sur des plafonds l&#233;gaux qu'ils imposent par leurs luttes.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 - La r&#233;duction du salaire en dessous de la valeur de la force de travail. Ici, il s'agit d'augmenter le degr&#233; d'exploitation des travailleurs en diminuant V.&lt;br class='autobr' /&gt;
3 &#8211; L'existence d'une surpopulation relative, en entra&#238;nant une concurrence entre les ch&#244;meurs, constitue justement l'un des facteurs qui permet aux entreprises d'embaucher des travailleurs &#224; vil prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
4 - La baisse des prix des &#233;l&#233;ments du capital constant : elle s'obtient en &#233;levant la productivit&#233; du travail dans les branches qui produisent des machines et des mati&#232;res premi&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 - Le commerce ext&#233;rieur : il peut permettre d'obtenir des moyens de subsistance pour les salari&#233;s, et des mati&#232;res premi&#232;res pour les entreprises &#224; des prix inf&#233;rieurs &#224; ceux qui existent sur le march&#233; national. Les capitaux investis dans le commerce ext&#233;rieur, dans les colonies et les pays sous-d&#233;velopp&#233;s, donnent g&#233;n&#233;ralement des taux de profit sup&#233;rieurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
6 - L'augmentation du capital par actions : elle permet aux entreprises de se procurer des capitaux qui se contentent d'un taux de profit inf&#233;rieur au taux de profit moyen, ou m&#234;me seulement des int&#233;r&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeu de ces facteurs entra&#238;ne &#8220;des influences contraires, qui contrecarrent et suppriment l'effet de la loi g&#233;n&#233;rale et lui conf&#232;rent simplement l'effet d'une tendance&#8221; (livre 3, tome 6, p. 245). La loi de la baisse du taux de profit g&#233;n&#233;ral est donc une loi tendancielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant, une erreur fondamentale consisterait &#224; croire que Marx d&#233;fendrait la th&#232;se selon laquelle le taux de profit serait tr&#232;s &#233;lev&#233; &#224; l'aube du capitalisme et qu'il diminuerait progressivement jusqu'&#224; atteindre z&#233;ro, provoquant l'effondrement final de ce syst&#232;me &#233;conomique. En fait, la th&#233;orie de la baisse tendancielle du taux de profit g&#233;n&#233;ral vise seulement &#224; expliquer les crises du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les crises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme des crises qui secouent p&#233;riodiquement le capitalisme est le suivant. Avec la baisse graduelle du taux de profit, se cr&#233;e progressivement une situation de surabondance de capital de sorte qu'il devient de plus en plus difficile de le mettre en valeur avec une rentabilit&#233; suffisante. L'exemple num&#233;rique, d&#233;j&#224; utilis&#233; pour illustrer la formation de la surpopulation relative, permettra d'&#233;clairer ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH63/4c-taux-profit-8fa10.jpg?1781009265' width='500' height='63' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la seconde p&#233;riode, d&#233;sirant augmenter leur plus-value, les entreprises recourent au cr&#233;dit et portent le capital de 100 &#224; 136. En m&#234;me temps, elles &#233;l&#232;vent la composition organique du capital qui passe de 1,50 &#224; 1,61 et augmentent la quantit&#233; de travail qui se traduit par une augmentation de V de 40 &#224; 52.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plus-value, qui &#233;tait de 40, grimpe alors jusqu'&#224; 52 (on suppose que le taux de plus-value reste de 100 %) ; mais le taux de profit descend de 40 % &#224; 38,2 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accumulation du capital continuant, la masse de la plus-value va progressivement augmenter pendant que le taux de profit va graduellement diminuer. Il arrivera un moment o&#249; accumuler de la plus-value ne pr&#233;sentera plus aucun int&#233;r&#234;t parce que le capital additionnel investi ne rapportera presque plus rien : il se produit alors une rupture du processus d'accumulation. C'est l'une des contradictions fondamentales du capitalisme. Le but du capitalisme est en effet de faire du profit. Mais le moyen d'y parvenir entra&#238;ne une baisse du taux de profit : il y a une contradiction entre le but et le moyen. Une rupture du processus d'accumulation se produit parce qu'il y a surabondance, pl&#233;thore de capital.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Ce qu'on appelle pl&#233;thore de capital concerne toujours essentiellement la pl&#233;thore de capital pour lequel la chute du taux de profit n'est pas compens&#233;e par sa masse&#8230; et il s'agit d'une surproduction qui n'int&#233;resserait pas seulement tel ou tel secteur de production, ou quelques secteurs importants, mais qui serait absolue dans son volume m&#234;me, donc engloberait tous les secteurs de production&#8221; (livre 3, tome 6, p. 263-264).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la d&#233;pression &#224; la reprise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;tablir les conditions d'un fonctionnement normal du capitalisme, il n'y a qu'un seul moyen.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;La solution implique une mise en sommeil et m&#234;me une destruction partielle de capital d'un montant de valeur &#233;quivalent &#224; tout le capital additionnel, ou au moins une fraction de ce dernier&#8221; (livre 3, tome 6, p. 266).&lt;br class='autobr' /&gt;
Concr&#232;tement, la mise en sommeil du capital, sa destruction partielle, vont se manifester par une ensemble de perturbations &#233;conomiques et notamment par une &#8220;chute g&#233;n&#233;rale des prix&#8221;. Il se produit alors l'encha&#238;nement suivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Une partie des marchandises se trouvant sur le march&#233; ne peuvent accomplir leur proc&#232;s de circulation et de reproduction que gr&#226;ce &#224; une &#233;norme contraction des prix&#8230; Cette perturbation et ce blocage paralysent la fonction de moyen de paiement de l'argent&#8230; ils interrompent &#224; cent endroits la cha&#238;ne des obligations de paiement &#224; &#233;ch&#233;ances d&#233;termin&#233;es ; ils sont aggrav&#233;s par l'effondrement correspondant du syst&#232;me de cr&#233;dit, qui s'est d&#233;velopp&#233; avec le capital, et aboutissent ainsi &#224; des crises aigu&#235;s et violentes, &#224; de soudaines et brutales d&#233;valuations et &#224; un blocage et une perturbation r&#233;els du proc&#232;s de reproduction entra&#238;nant une diminution effective de la reproduction&#8221; (livre 3, tome 6, p. 266).&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;pression, qui succ&#232;de &#224; la crise, va op&#233;rer une purge du capital exc&#233;dentaire &#224; travers toute une s&#233;rie d'ajustements qui vont s'effectuer &#224; tous les niveaux de l'&#233;conomie (livre 3, tome 6, p. 267). La &#8220;d&#233;pression&#8221; est la phase durant laquelle ces ajustements s'effectuent et qui vont progressivement restaurer les conditions de la reprise &#233;conomique. Ils permettent de relever le taux de profit. Marx &#233;crit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;la d&#233;pr&#233;ciation des &#233;l&#233;ments du capital constant serait elle-m&#234;me un facteur qui impliquerait un rel&#232;vement du taux de profit&#8221; (livre 3, tome 6, p. 267).&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie de la baisse tendancielle du taux de profit g&#233;n&#233;ral est donc une th&#233;orie qui vise &#224; expliquer la forme chaotique de la marche du capitalisme qui voit la succession de quatre phases :&lt;br class='autobr' /&gt;
1 &#8211; La reprise,&lt;br class='autobr' /&gt;
2 &#8211; l'expansion&lt;br class='autobr' /&gt;
3 &#8211; La crise&lt;br class='autobr' /&gt;
4 &#8211; La d&#233;pression&lt;br class='autobr' /&gt;
1 &#8211; La reprise, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, l'augmentation de la productivit&#233; au cours de l'accumulation du capital produit simultan&#233;ment deux ph&#233;nom&#232;nes remarquables, deux &#8220;lois&#8221; tendancielles : la loi de la production d'une surpopulation relative, et la loi de baisse tendancielle du taux de profit g&#233;n&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est la validit&#233; de cette derni&#232;re loi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : Taux de profit g&#233;n&#233;ral et prix de production</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-taux-de-profit-general-et-prix-de-production,93834</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-taux-de-profit-general-et-prix-de-production,93834</guid>
		<dc:date>2018-09-07T04:33:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la 18e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 11e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx. &lt;br class='autobr' /&gt; La valeur d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93834-e0e41.jpg?1781009268' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 18e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 11e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La valeur d'une marchandise est d&#233;termin&#233;e par la quantit&#233; de travail socialement n&#233;cessaire &#224; sa production. Telle est la loi qui r&#232;gle l'&#233;change des marchandises dans les &#233;conomies fond&#233;es sur la division sociale du travail. Cette loi s'applique telle quelle dans les &#233;conomies marchandes simples. Dans la production marchande capitaliste, elle continue &#224; s'appliquer, mais de fa&#231;on &#8220;d&#233;form&#233;e&#8221; parce que les marchandises sont des produits du capital et que les entreprises sont en concurrence les unes avec les autres. Un exemple num&#233;rique permettra de fixer les id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vente des marchandises &#224; leur valeur et in&#233;galit&#233; des taux de profit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Soit 3 branches A, B, et C produisant des marchandises diff&#233;rentes. Pour faciliter les calculs, posons les hypoth&#232;ses simplificatrices suivantes :
&lt;br /&gt;- Les capitaux engag&#233;s (C + V) s'&#233;l&#232;vent respectivement &#224; 200, 300 et 400.
&lt;br /&gt;- Les compositions organiques des capitaux (C / V) sont in&#233;gales car les branches ne produisent pas les m&#234;mes marchandises.
&lt;br /&gt;- Le cycle de production est d'un an et le capital constant est int&#233;gralement consomm&#233; &#224; l'issue de cette p&#233;riode.
&lt;br /&gt;- Le taux de plus-value (Pl /V) est de 100 % : les plus-values (Pl) sont donc &#233;gales aux capitaux variables (V).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les marchandises sont vendues &#224; leur valeur, les entreprises des branches A, B et C r&#233;alisent respectivement des taux de profit de 50 %, 33 %, et 25 % ainsi qu'il appara&#238;t dans le tableau ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59608 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH200/4a-tableau-2209a.jpg?1781009268' width='500' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible qu'une telle situation puisse perdurer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Formation d'un taux de profit g&#233;n&#233;ral et prix de production&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le but de la production capitaliste &#233;tant le profit et le taux de profit &#233;tant la &#8220;boussole&#8221; qui oriente les mouvements de capitaux, ceux-ci vont migrer vers les branches qui donnent le taux de profit le plus &#233;lev&#233;. D&#232;s lors :&lt;br class='autobr' /&gt;
des capitaux vont se pr&#233;cipiter vers la branche A parce que le taux de profit y est le plus &#233;lev&#233; ; mais leur afflux va entra&#238;ner une augmentation de l'offre, ce qui provoquera une baisse graduelle des prix et par cons&#233;quent du taux de profit.&lt;br class='autobr' /&gt;
inversement des capitaux vont abandonner la branche C o&#249; le taux de profit est le plus faible ; cette d&#233;sertion va provoquer une baisse de l'offre et entra&#238;ner une augmentation des prix, donc un rel&#232;vement progressif du taux de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, du fait des flux et reflux de capitaux, les marchandises ne sont plus vendues &#224; leur valeur mais &#224; des prix qui, selon le cas, se fixeront au-dessus ou en dessous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au bout d'un certain temps, les migrations de capitaux vont finir par s'arr&#234;ter et des prix d'&#233;quilibre vont s'&#233;tablir. Ce moment n'interviendra que quand le taux de profit sera le m&#234;me dans toutes les branches. Ce taux est le &#8220;taux de profit g&#233;n&#233;ral&#8221; ; il s'&#233;tablit &#224; la suite d'une redistribution g&#233;n&#233;rale des capitaux entre les branches, m&#233;canisme que Marx appelle la &#8220;p&#233;r&#233;quation des taux de profit&#8221;. Il &#233;crit : &#8220;Le taux de profit g&#233;n&#233;ral est constitu&#233; par p&#233;r&#233;quation des taux de profit entre les branches de production particuli&#232;res&#8221; (Livre 3, tome 6, p. 249).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quel niveau ce taux de profit g&#233;n&#233;ral se fixera-t-il ? Il est facile de le d&#233;terminer.&lt;br class='autobr' /&gt;
La masse totale des profits que les entreprises ont &#224; se r&#233;partir correspond &#224; la somme des plus-values, soit&lt;br class='autobr' /&gt;
Total des profits = total des plus-values = 100 + 100 + 100 = 300&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette masse de plus-value provient de la mise en valeur de tous les capitaux engag&#233;s dans la production, soit&lt;br class='autobr' /&gt;
Total des capitaux = (100 + 100) + (200 + 100) + (300 + 100) = 900&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59609 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH98/4b-tableau-2-8a5cb.jpg?1781009268' width='500' height='98' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le taux de profit g&#233;n&#233;ral correspond au taux de profit moyen. Les prix qui permettent de stabiliser les capitaux sont donc ceux qui assurent l'&#233;coulement des marchandises en rapportant 33, 3 % de profit. En vendant leurs marchandises &#224; ces prix, les entreprises r&#233;cup&#233;reront les d&#233;penses qu'elles ont engag&#233;es pour produire, c'est-&#224;-dire leurs co&#251;ts de production, et gagneront un profit proportionnel aux capitaux qu'elles ont avanc&#233;s, soit le profit moyen. Marx appelle &#8220;prix de production&#8221; ces prix d'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH78/4c-tableau-3-817b2.jpg?1781009268' width='500' height='78' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En appliquant le taux de profit de 33,3 % pour calculer les prix de production, on obtient le tableau suivant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH186/4d-tableau-44262.jpg?1781009268' width='500' height='186' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce tableau montre que du fait qu'un taux de profit moyen s'est &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque capital ne s'approprie pas la plus-value qu'il a produite, mais un profit proportionnel &#224; sa grandeur parce qu'il se produit des transferts de plus-value d'une branche &#224; l'autre ; mais globalement, la somme des profits est &#233;gale &#224; la somme des plus-values. Cela signifie que les salari&#233;s ne sont pas exploit&#233;s par les capitalistes qui les emploient, mais par l'ensemble des capitalistes qui se r&#233;partissent la plus-value en proportion du capital qu'ils ont investi. C'est une exploitation de classe &#224; classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La somme des valeurs est &#233;gale &#224; la somme des prix de production : cela signifie que la loi de la valeur n'est pas respect&#233;e au niveau de chaque marchandise, mais qu'elle l'est &#224; l'&#233;chelle de l'&#233;conomie toute enti&#232;re. Les prix de production, sont des &#8220;d&#233;formations&#8221; des valeurs. Ils correspondent aux prix des marchandises au moment o&#249; celles-ci sortent de la production. D'o&#249; leur non de &#8220;prix de production&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il peut arriver que des ph&#233;nom&#232;nes climatiques (s&#233;cheresse, cyclones&#8230;), des changements dans les modes vestimentaires ou autres&#8230; interviennent pour que les marchandises ne puissent pas &#234;tre vendues &#224; leur prix de production, mais &#224; des &#8220;prix de march&#233;&#8221; qui fluctuent en fonction des caprices de l'offre et de la demande : les prix de march&#233; sont des d&#233;viations par rapport aux prix de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple num&#233;rique qui vient d'&#234;tre pr&#233;sent&#233; repose sur des hypoth&#232;ses simplificatrices. Dans la &#8220;r&#233;alit&#233;&#8221;, les temps de rotation du capital sont diff&#233;rents selon les branches, tout le capital constant n'est pas consomm&#233; au cours d'un cycle de production, etc. Il aurait &#233;t&#233; possible d'en tenir compte, mais les calculs seraient devenus tr&#232;s compliqu&#233;s sans rien apporter de plus &#224; la compr&#233;hension de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux remarques s'imposent :&lt;br class='autobr' /&gt;
La formation d'un taux de profit g&#233;n&#233;ral par convergence des taux de profit individuels vers une valeur moyenne est un processus tendanciel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet exemple num&#233;rique n'est en aucune fa&#231;on une repr&#233;sentation des processus r&#233;els. On n'a pas, &#224; l'origine, des marchandises se vendant &#224; leur valeur qui se transformerait ensuite en prix de production. Dans la r&#233;alit&#233;, il n'existe que des prix de march&#233;. L'exemple num&#233;rique est seulement une illustration d'une des tendances de l'&#233;conomie capitalistes. Son but est de faciliter la compr&#233;hension de la th&#233;orie des prix, et celle-ci ne vise pas &#224; d&#233;crire la r&#233;alit&#233; mais &#224; l'expliquer rationnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : L'accumulation du capital (2)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-l-accumulation-du-capital-2,93787</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-l-accumulation-du-capital-2,93787</guid>
		<dc:date>2018-08-31T03:55:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la 17e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 10e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx. &lt;br class='autobr' /&gt; Avant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93787-4bcea.jpg?1781009268' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 17e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 10e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant de poursuivre, il est utile de r&#233;sumer les m&#233;canismes de l'exploitation et de l'accumulation du capital en utilisant des concepts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les concepts de base&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Servons-nous du sch&#233;ma de d&#233;part pour expliciter ces concepts.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/4b-tableau.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/4b-tableau-b047b.jpg?1781009269' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lecture du sch&#233;ma&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d&#233;marrer la production, l'entreprise engage un capital : K = 100 euros.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une partie sert &#224; payer les moyens de production : C = 60 euros. Au cours la production, cette valeur est simplement transf&#233;r&#233;e dans la marchandise finale : elle n'augmente pas. On l'appelle le &#8220;capital constant&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre partie sert &#224; payer les salaires : V = 40 euros. On l'appelle le &#8220;capital variable&#8221; car au cours de la production, les salari&#233;s produisent une valeur sup&#233;rieure &#224; celle de leurs salaires. Le montant du capital variable d&#233;termine la demande de travail &#233;manant des entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capital engag&#233; comprenant deux sortes d'&#233;l&#233;ments, sa composition peut &#234;tre vue sous deux angles : technique (c'est la quantit&#233; de travail utilis&#233;e pour mettre en &#339;uvre une quantit&#233; donn&#233;e de moyens de production) ; ou bien valeur (c'est le montant du capital servant &#224; payer les salaires compar&#233; &#224; celui servant &#224; acheter les moyens de production). Pour exprimer le lien qui existe entre la composition technique et la composition valeur, on utilise le concept de &#8220;composition organique du capital&#8221; : c'est la composition valeur en tant qu'elle d&#233;pend du capital technique. Ainsi une hausse de la composition technique du capital, se traduira par une hausse de sa &#8220;composition organique du capital&#8221;. On la calcule en divisant le capital constant par le capital variable (C/V). Le quotient mesure la composition organique du capital. Ici, elle est de 60 / 40, soit 1,5.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est int&#233;ressant de conna&#238;tre l'intensit&#233; de l'exploitation des salari&#233;s. Pour cela il suffit de diviser la plus-value qu'ils produisent par le salaire qu'ils re&#231;oivent. Ce rapport est le &#8220;taux de plus-value&#8221; (Pl / V). Ici, il est &#233;gal &#224; 40 / 40, soit 1 ; le degr&#233; d'exploitation est donc de 100 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est enfin int&#233;ressant de calculer le taux de profit. Il suffit de diviser la plus-value (le profit) par le capital engag&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pl&lt;br class='autobr' /&gt;
T = -------------&lt;br class='autobr' /&gt;
C + V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons &#224; pr&#233;sent les cons&#233;quences sur l'emploi de l'accumulation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La surpopulation relative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises capitalistes accumulent du capital afin d'augmenter leur profit mais aussi de survivre dans la lutte concurrentielle. La meilleure strat&#233;gie consiste &#224; d&#233;velopper la productivit&#233;. Les entreprises industrielles privil&#233;gient donc l'acquisition d'instruments de travail (machines) &#224; l'embauche de travailleurs ce qui provoque une hausse de la composition organique du capital. Au niveau de l'&#233;conomie toute enti&#232;re, la mise en &#339;uvre de cette strat&#233;gie a pour cons&#233;quence de cr&#233;er une &#8220;surpopulation relative&#8221;. Marx expose :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;La loi de la d&#233;croissance proportionnelle du capital variable, et de la diminution correspondante dans la demande de travail relative, a donc pour corollaires l'accroissement absolu du capital variable et l'augmentation absolue de la demande de travail suivant une proportion d&#233;croissante, et enfin pour compl&#233;ment : la production d'une surpopulation relative&#8221; (Livre 1 ; tome 3 ; p. 74).&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduisons ce m&#233;canisme en reprenant notre exemple num&#233;rique. Au d&#233;part, la &#8220;composition organique du capital&#8221; C /V &#233;tait de (60 / 40) = 1,5. Au cours des deux p&#233;riodes suivantes, l'accumulation du capital se traduit par les valeurs suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/4c-tableau-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH105/4c-tableau-2-34557.jpg?1781009269' width='500' height='105' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres sont fictifs. Cet exemple num&#233;rique vise &#224; montrer que l'accumulation du capital se traduit par
&lt;br /&gt;- une augmentation du capital engag&#233; qui passe de 100 &#224; 116, puis &#224; 136 ;
&lt;br /&gt;- une hausse de la composition organique du capital qui s'acc&#233;l&#232;re car les progr&#232;s techniques deviennent de plus en plus rapides ;
&lt;br /&gt;- une augmentation du capital constant (machines + mati&#232;res premi&#232;res) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
une augmentation du capital variable mais &#224; vitesse d&#233;croissante, ce qui signifie que les entreprises continuent d'enr&#244;ler de nouveaux travailleurs, mais &#224; un rythme de plus en plus lent de sorte que l'on a une &#8220;augmentation absolue de la demande de travail suivant une proportion d&#233;croissante&#8221; ; dans l'exemple, on passe de 40 % &#224; 38,2 %. D&#232;s que le taux de croissance de V devient inf&#233;rieur &#224; celui de l'offre de travail &#233;manant des candidats &#224; l'embauche, un ch&#244;mage appara&#238;t qui va gonfler avec la poursuite de l'accumulation. Ainsi se cr&#233;e une &#8220;surpopulation relative&#8221;, une &#8220;arm&#233;e industrielle de r&#233;serve&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignons que la formation de cette surpopulation relative est un processus tendanciel : autrement dit, il y a des p&#233;riodes o&#249; elle n'existe pas, des p&#233;riodes de plein-emploi et m&#234;me de manque de main-d'&#339;uvre. Mais elles sont tr&#232;s rares : presque toujours le capitalisme fonctionne avec une arm&#233;e industrielle de r&#233;serve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignons aussi qu'il ne s'agit pas, comme chez Malthus, d'une surpopulation par rapport aux moyens de subsistance que la terre serait capable de produire. Il s'agit d'une surpopulation par rapport aux besoins du capital. C'est pourquoi Marx emploie le terme de &#8220;surpopulation relative&#8221;. La production d'une &#8220;surpopulation relative&#8221; est la loi de population propre au capitalisme : il n'existe pas de loi de population valable de tout temps et en tous lieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve n'est pas seulement cr&#233;&#233;e par l'accumulation du capital. Ses rangs grossissent aussi du fait de l'expansion du mode de production capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Destruction des modes de production pr&#233;capitalistes et surpopulation relative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomies qui existent dans la r&#233;alit&#233; ne sont pas compos&#233;es d'un seul mode de production mais en articulent toujours plusieurs qui fonctionnent sous la domination de l'un d'eux. L'ensemble constitue une &#8220;formation sociale &#233;conomique&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme est entour&#233; de modes de production pr&#233;capitalistes (&#233;conomie familiale, petite agriculture marchande, artisanat&#8230;). C'est en les d&#233;truisant qu'il a pu, et peut continuer &#224; cr&#233;er des d&#233;bouch&#233;s pour ses marchandises et &#224; se procurer les travailleurs dont il a besoin. Son expansion a souvent repos&#233; sur l'utilisation de la violence (conqu&#234;te militaire, colonisation&#8230;). Mais le fer et le feu ne sont pas toujours n&#233;cessaires. G&#233;n&#233;ralement, la diffusion des rapports marchands et des techniques modernes de production dans les &#233;conomies pr&#233;capitalistes suffit pour les dissoudre et lib&#233;rer de la main-d'&#339;uvre. Celle-ci viendra (par exode rural, migrations forc&#233;es ou d&#233;lib&#233;r&#233;ment organis&#233;es), s'ajouter aux salari&#233;s qu'utilisent d&#233;j&#224; les entreprises. Une fois enr&#244;l&#233;e cette main-d'&#339;uvre produira de la plus-value et recevra un salaire dont la d&#233;pense permettra d'&#233;couler toute la production.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expansion du capitalisme au d&#233;triment des modes de production pr&#233;capitalistes se d&#233;roule &#224; la fois &#224; l'int&#233;rieur de chaque pays mais &#233;galement, sous nos yeux, &#224; l'&#233;chelle internationale par la cr&#233;ation de zones de libre-&#233;change, de march&#233;s communs, de l'Organisation Mondiale du Commerce&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au total, l'accumulation du capital accompagn&#233;e de la destruction des modes de production pr&#233;capitalistes se traduit par une croissance continue de la production de marchandises. Marx l'avait pr&#233;dit d&#232;s les premi&#232;res lignes du &#8220;Capital&#8221; : &#8220;La richesse des soci&#233;t&#233;s dans lesquelles r&#232;gne le mode de production capitaliste s'annonce comme une immense accumulation de marchandises&#8221;. Or, pour les produire, il faut de plus en plus de mati&#232;res premi&#232;res et d'&#233;nergie, avec les cons&#233;quences sur la plan&#232;te qu'il n'est pas besoin d'exposer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les formes de la surpopulation relative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#8220;arm&#233;e industrielle de r&#233;serve&#8221; ne forme pas un bloc homog&#232;ne. Marx la d&#233;composait en surpopulation &#8220;latente&#8221;, &#8220;flottante&#8221;, &#8220;stagnante&#8221; et en situation de &#8220;paup&#233;risme&#8221;. Cette d&#233;composition reste valable aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
La surpopulation &#8220;latente&#8221; est constitu&#233;e par les journaliers, les petits exploitants agricoles, tous ceux qui vivent difficilement du travail de la terre et seraient pr&#234;ts &#224; quitter la campagne pour un travail dans l'industrie si l'occasion se pr&#233;sentait.&lt;br class='autobr' /&gt;
La surpopulation &#8220;flottante&#8221; comprend ceux qui alternent ch&#244;mage et travail instable. Ballot&#233;s entre stages, contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, missions d'int&#233;rim, etc., ils sont disponibles imm&#233;diatement : il s'agit des ch&#244;meurs au sens du BIT. Certains sociologues, croyant &#224; tort qu'il s'agit d'un nouveau salariat, propre au capitalisme d'aujourd'hui, ont m&#234;me cr&#233;&#233; des n&#233;ologismes pour le d&#233;signer : le &#8220;pr&#233;cariat&#8221;, &#8220;l'infra-salariat&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La surpopulation &#8220;stagnante&#8221; est constitu&#233;e par les ch&#244;meurs qui, &#224; cause de leur manque de qualification, de leur &#226;ge,&#8230; sont en ch&#244;mage de longue dur&#233;e et n'ont gu&#232;re de chance de (re)trouver un emploi. Ils forment ce que les statisticiens appellent aujourd'hui le &#8220;halo&#8221; du ch&#244;mage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, &#233;crit Marx : &#8220;le dernier r&#233;sidu de la surpopulation relative habite l'enfer du paup&#233;risme (qui est) l'h&#244;tel des Invalides de l'arm&#233;e active du travail et le poids mort de sa r&#233;serve&#8221;. Il s'agit des &#8220;exclus&#8221;, des &#8220;&#233;ternels assist&#233;s&#8221; d'aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entretien de l'arm&#233;e industrielle de r&#233;serve a chang&#233; au cours du temps. En France on est pass&#233; de la charit&#233; &#224; la cr&#233;ation r&#233;cente d'une &#8220;protection sociale&#8221; financ&#233;e par des cotisations sociales dont une partie est &#224; la charge des salari&#233;s et l'autre &#224; la charge du patronat. Mais comme cette derni&#232;re a pour unique origine la plus-value, il s'ensuit qu'en r&#233;alit&#233;, la protection sociale est enti&#232;rement financ&#233;e par le travail. Marx remarquait d&#233;j&#224; que l'entretien des pauvres reposait pour l'essentiel &#8220;sur les &#233;paules de la classe ouvri&#232;re et de la petite classe moyenne.&#8221; (Le Capital, Livre 1, tome 3 ; p. 86).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#224; remarquer que le capitalisme s'efforce aujourd'hui de reconstituer autour de lui et &#224; partir de cette surpopulation relative, des syst&#232;mes non capitalistes (&#8220;entreprises individuelles&#8221;, &#8220;micro-entreprises&#8221;, &#8220;auto-entrepreneurs&#8221;&#8230;) dont il peut tirer profit en les dominant, par exemple par le canal de la sous-traitance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La croissance des in&#233;galit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#8220;arm&#233;e industrielle de r&#233;serve&#8221; permet en m&#234;me temps au capital de lutter contre les augmentations des salaires et de les bloquer quand c'est possible. Ainsi s'explique la croissance des in&#233;galit&#233;s de revenus &#224; mesure que l'accumulation du capital se poursuit. Le dernier rapport d'Oxfam v&#233;rifie le bien fond&#233; de la loi de l'accumulation du capital. On peut y lire :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Le patrimoine des milliardaires a augment&#233; en moyenne de 13 % par an depuis 2010, soit six fois plus vite que la r&#233;mun&#233;ration des travailleuses et travailleurs, qui n'a progress&#233; que de 2 % par an en moyenne. Entre mars 2016 et mars 2017, le nombre de milliardaires a augment&#233; plus rapidement que jamais, &#224; raison d'un nouveau milliardaire tous les deux jours&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/file_attachments/methodologie-rapport-inegalites-2018-220118-fr_embargo.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/file_attachments/methodologie-rapport-inegalites-2018-220118-fr_embargo.pdf&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, il serait faux de croire qu'il existe un &#8220;march&#233; du travail&#8221; sur lequel se pr&#233;sentent une offre et une demande de travail qui seraient d&#233;termin&#233;es par des facteurs ind&#233;pendants. En fait, ce march&#233; est totalement domin&#233; par le capital qui agit des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois : l'accumulation du capital, en cr&#233;ant la surpopulation relative, remplit un r&#233;servoir de main-d'&#339;uvre dans lequel le capital peut puiser et rejeter &#224; volont&#233; les travailleurs. Il n'y a pas de &#8220;march&#233; du travail&#8221;, mais une gestion capitaliste de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : l'accumulation du capital (1)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-l-accumulation-du-capital-1,93753</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-l-accumulation-du-capital-1,93753</guid>
		<dc:date>2018-08-24T07:05:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la 16e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 9e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que devient &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93753-d0c65.jpg?1781009269' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 16e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 9e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-port.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5-port-29b93.jpg?1781009269' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'innovation augmente la productivit&#233; et les profits.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que devient &#224; pr&#233;sent la plus-value ? Les capitalistes peuvent d&#233;cider de la consommer en totalit&#233; en moyens de jouissance. Dans ce cas, leurs entreprises pourront certes continuer &#224; fonctionner, mais en restant toujours &#224; la m&#234;me &#233;chelle. En r&#233;alit&#233;, du fait de sa structure, le mode de production capitaliste fonctionne selon une rationalit&#233; qui impose aux capitalistes une autre conduite. Parce que leur objectif est le profit et que leurs entreprises sont en concurrence, ils sont forc&#233;ment conduits &#224; les moderniser pour gagner en efficacit&#233;, et &#224; les agrandir pour r&#233;aliser des &#233;conomies d'&#233;chelle. La mise en &#339;uvre de cette strat&#233;gie exige qu'une partie de la plus-value ne soit pas consomm&#233;e mais r&#233;serv&#233;e &#224; l'accumulation. Une autre strat&#233;gie serait suicidaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'accumulation sans changement des techniques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Accumuler, veut dire convertir une partie de la plus-value en capital additionnel en augmentant le nombre de salari&#233;s ainsi que les capacit&#233;s de production (agrandissement des usines, acquisitions de machines suppl&#233;mentaires,&#8230;). Reprenons notre exemple num&#233;rique. On avait :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH104/4a-capital-5050b.jpg?1781009269' width='500' height='104' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Supposons que pour le cycle de production suivant, l'entreprise d&#233;cide d'accumuler la moiti&#233; de la plus-value (20 &#8364;) sans modifier en rien ses techniques de production. Dans ce cas, sur ces 20 &#8364;, elle en utilisera 8 &#8364; pour acheter des mati&#232;res premi&#232;res suppl&#233;mentaires, investira 4 &#8364; en instruments de travail additionnels, et payera 8 &#8364; en salaire suppl&#233;mentaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'issue du nouveau cycle de production, les r&#233;sultats seront les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH104/4b-capital-a3a61.jpg?1781009269' width='500' height='104' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l'accumulation se poursuit, il s'ensuit qu'au bout d'un certain nombre de cycles, tout le capital de l'entreprise provient d'une seule origine : la plus-value accumul&#233;e. Par cons&#233;quent, quand on d&#233;cide de nationaliser une entreprise, faut-il &#8220;indemniser&#8221; ses propri&#233;taires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il est rare que les entreprises capitalistes se contentent de ce mode d'accumulation purement &#8220;extensif&#8221;. Presque toujours, elles cherchent en m&#234;me temps &#224; &#234;tre plus comp&#233;titives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Accumulation et d&#233;veloppement des forces productives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser des gains de productivit&#233;, les entreprises investiront dans des instruments de travail plus efficaces : machines, machines-outils, robots capables de travailler davantage de mati&#232;res premi&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons qu'une entreprise invente une machine deux fois plus efficace que ses concurrentes, donc capable de produire deux marchandises M en employant un seul travailleur. Pour financer cette accumulation, elle devra emprunter du capital. La nouvelle technique de production repose sur la formule suivante.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/4c-tableau.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH158/4c-tableau-3ffb3.jpg?1781009269' width='500' height='158' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La valeur des marchandises &#233;tant d&#233;termin&#233;e par la quantit&#233; de travail socialement n&#233;cessaire pour les produire, l'entreprise pourra vendre chacune de ses marchandises au m&#234;me prix que ses concurrentes, soit 140 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son chiffre d'affaires est alors de 140 x 2 = 280 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le co&#251;t de production de ses deux marchandises n'est que de&lt;br class='autobr' /&gt;
80 + 30 + 40 = 150 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entreprise r&#233;alise donc une plus-value totale de 280 - 150 = 130 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme la plus-value normale, issue de sa propre usine, est de 40 &#8364;, elle r&#233;alise une plus-value dite &#8220;extra&#8221; de 130 - 40 = 90 &#8364;.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la plus-value totale, elle en conservera une partie et consacrera l'autre &#224; payer les int&#233;r&#234;ts du capital qu'elle a emprunt&#233; &#224; une banque. C'est ainsi que la plus-value (invisible &#224; l'&#339;il nu) est r&#233;partie entre le profit industriel et les int&#233;r&#234;ts, deux formes directement visibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a suppos&#233; que cette entreprise plus performante vend ses marchandises au m&#234;me prix que ses concurrentes. En r&#233;alit&#233;, elle les vendra &#224; un prix l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieur car, ce faisant, elle gagnera des parts de march&#233;. Quelques-unes de ses concurrentes seront &#233;limin&#233;es. Pour ne pas subir le m&#234;me sort, les autres adopteront t&#244;t ou tard les m&#234;mes proc&#233;d&#233;s de fabrication. La g&#233;n&#233;ralisation de la nouvelle m&#233;thode de production entra&#238;nera l'extinction de la plus-value extra et la baisse du prix de la marchandise. Mais en attendant ce moment, l'entreprise innovante pourra tirer profit de sa sup&#233;riorit&#233; technique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, c'est la logique de la plus-value et l'aiguillon de la concurrence qui poussent les entreprises capitalistes &#224; toujours perfectionner davantage leurs techniques de production. Une fois au point, les innovations se diffusent dans tout le syst&#232;me productif. Ainsi s'explique la vitesse infiniment sup&#233;rieure du d&#233;veloppement des forces productives dans le mode de production capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question qui se pose maintenant est celle de savoir comment l'accumulation pourra se poursuivre cycle apr&#232;s cycle. Concr&#232;tement, o&#249; les entreprises pourront-elles se procurer des mati&#232;res premi&#232;res et des travailleurs suppl&#233;mentaires ? &#192; qui vendront-elles leurs quantit&#233;s croissantes de marchandises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : le mode de production capitaliste (2)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-le-mode-de-production-capitaliste-2,93709</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-le-mode-de-production-capitaliste-2,93709</guid>
		<dc:date>2018-08-17T06:41:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la 15e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 8e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx. &lt;br class='autobr' /&gt; Toute entreprise (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93709-89784.jpg?1781009269' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 15e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 8e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toute entreprise capitaliste a pour objectif le profit. Peut-on expliquer la nature de celui-ci et son origine en supposant que les marchandises s'ach&#232;tent et se vendent conform&#233;ment &#224; la loi de la valeur ? Si cette loi s'applique, alors il est d&#233;j&#224; possible d'affirmer, sans risque d'erreur, que le profit ne peut pas provenir de la sph&#232;re de la circulation. Il est donc forc&#233;ment cr&#233;&#233; dans celle de la production.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le salaire n'est pas le prix du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est commun&#233;ment admis par l'opinion publique et par presque tous les auteurs de manuels d'&#233;conomie, qu'il existe un &#8220;march&#233; du travail&#8221; o&#249; les entreprises ach&#232;tent le travail qu'offrent les travailleurs. Il est &#233;galement admis que le salaire est le prix du travail. Mais il ne s'agit l&#224; que d'apparences qui ne correspondent pas &#224; la r&#233;alit&#233;. On peut le v&#233;rifier au moyen d'un raisonnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons une entreprise dans laquelle chaque salari&#233;, en travaillant 8 h par jour, produit une marchandise M. Par son travail, le salari&#233;
&lt;br /&gt;- transf&#232;re dans la marchandise M le travail d&#233;j&#224; cristallis&#233; dans les moyens de production qu'il utilise. Supposons que la quantit&#233; de travail cristallis&#233;e soit respectivement de 4 h pour les mati&#232;res premi&#232;res et de 2 heures pour les instruments de travail et les immobilisations ;
&lt;br /&gt;- cr&#233;e une valeur nouvelle &#233;gale &#224; 8 h.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/4-tableau-pao.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/4-tableau-pao-682cc.jpg?1781009269' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Supposons que chaque heure de travail vaut 10 euros. La valeur de marchandise M s'&#233;l&#232;ve donc &#224; 14 euros. En la vendant &#224; sa valeur, l'entreprise r&#233;cup&#233;rera 14 euros. Pour continuer &#224; produire, elle doit
&lt;br /&gt;- utiliser 4 euros pour acheter de nouvelles mati&#232;res premi&#232;res ;
&lt;br /&gt;- consacrer 2 euros pour acqu&#233;rir de nouveaux instruments de production (en supposant pour simplifier que ceux-ci sont totalement us&#233;s au bout de la journ&#233;e).&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut enfin payer le salari&#233;. Et puisqu'on pr&#233;tend que le salaire est le prix du travail, l'entreprise doit verser un salaire de 8 euros. Mais alors, elle ne fait aucun profit !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour que celui-ci existe, il faudrait que l'entreprise vende sa marchandise M au-dessus de sa valeur ; mais dans ce cas, la loi de la valeur n'est plus respect&#233;e et on sort du cadre des hypoth&#232;ses du raisonnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
En respectant ces hypoth&#232;ses, il ne reste qu'une seule solution : que l'entreprise verse au salari&#233; une r&#233;mun&#233;ration inf&#233;rieure &#224; 8 euros. Dans ce cas, l'entreprise r&#233;alise un profit ; mais cela signifie en m&#234;me temps que le salaire n'est pas le prix du travail. Mais alors, de quoi est-il le prix ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le salaire est le prix de la &#8220;force de travail&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La structure du mode de production est la suivante. D'un c&#244;t&#233; existe une classe capitaliste ; elle monopolise les moyens de production. De l'autre, se trouve la classe des salari&#233;s qui est form&#233;e de personnes pr&#233;sentant la double caract&#233;ristique d'&#234;tre :&lt;br class='autobr' /&gt;
1) juridiquement libres (donc habilit&#233;es &#224; signer des contrats), et&lt;br class='autobr' /&gt;
2) d&#233;nu&#233;es de tous moyens de production.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour vivre, les personnes de cette classe n'ont d'autre possibilit&#233; que de se porter sur le march&#233; pour vendre contre un salaire, et seulement pour un certain temps, leurs capacit&#233;s physiques et intellectuelles que Marx d&#233;signe par le concept de &#8220;force de travail&#8221;. La marchandise &#233;chang&#233;e sur le march&#233; n'est donc pas le travail, mais la &#8220;force de travail&#8221;. Sa valeur se d&#233;termine comme celle de toute autre marchandise par la quantit&#233; de travail socialement n&#233;cessaire pour la produire et la reproduire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les forces de travail n'ont pas la m&#234;me valeur car &#171; l'individu &#233;tant donn&#233;, il produit sa force vitale en se reproduisant ou en se conservant lui-m&#234;me. Pour son entretien ou pour sa conservation, il a besoin d'une certaine somme de moyens de subsistance. Le temps de travail n&#233;cessaire &#224; la production de la force de travail se r&#233;sout donc dans le temps de travail n&#233;cessaire &#224; la production de ces moyens de subsistance&#8230; Les besoins naturels, tels que nourriture, v&#234;tements, chauffage, habitation, etc., diff&#232;rent suivant le climat et autres particularit&#233;s physiques d'un pays. D'un autre c&#244;t&#233; le nombre m&#234;me de soi-disant besoins naturels, aussi bien que le mode de les satisfaire, est un produit historique, et d&#233;pend ainsi, en grande partie, du degr&#233; de civilisation atteint&#8230; Les forces de travail, que l'usure et la mort viennent enlever au march&#233;, doivent &#234;tre constamment remplac&#233;es par un nombre au moins &#233;gal. La somme des moyens de subsistance n&#233;cessaires &#224; la production de la force de travail comprend donc les moyens de subsistance des rempla&#231;ants&#8230; pour modifier la nature humaine de mani&#232;re &#224; lui faire acqu&#233;rir aptitude, pr&#233;cision et c&#233;l&#233;rit&#233; dans un genre de travail d&#233;termin&#233;, c'est-&#224;-dire pour en faire une force de travail d&#233;velopp&#233;e dans un sens sp&#233;cial, il faut une certaine &#233;ducation qui co&#251;te elle-m&#234;me une somme plus ou moins grande d'&#233;quivalents en marchandises &#187; (&#8220;Le Capital&#8221; ; livre 1 ; tome 1 ; p.173-174).&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela &#233;tant, ce n'est pas parce qu'une personne doit consommer une certaine quantit&#233; de moyens de subsistance pour vivre qu'elle n'est pas capable, par son activit&#233; de travail, d'en produire une quantit&#233; sup&#233;rieure. C'est sur cette diff&#233;rence que l'exploitation du travailleur est fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le m&#233;canisme de l'exploitation capitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reprenons notre exemple num&#233;rique en supposant maintenant qu'il faut 4 heures de travail pour produire les moyens de subsistance n&#233;cessaires &#224; la consommation journali&#232;re du salari&#233;. En respectant la loi de la valeur, l'entreprise va passer un contrat de travail par lequel elle promet de verser au salari&#233; 40 euros. Mais en m&#234;me temps, il est entendu qu'elle pourra l'employer pendant 8 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, en vendant sa marchandise M &#224; sa valeur (140 euros) et en payant au salari&#233; sa force de travail &#224; sa valeur (40 euros), l'entreprise r&#233;alisera un profit de 40 euros. Ce profit correspond &#224; ce que Marx appelle la &#8220;plus-value&#8221;, concept g&#233;n&#233;ral qui d&#233;signe le travail non pay&#233;. Le sch&#233;ma ci-apr&#232;s illustre les d&#233;veloppements pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59523 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-tableau-pao.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5-tableau-pao-6ea83.jpg?1781009270' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, la loi de la valeur est enti&#232;rement respect&#233;e. Les acheteurs de la marchandise M ne sont pas vol&#233;s. Le salari&#233; n'est pas vol&#233; non plus : il re&#231;oit exactement la valeur de sa force de travail (le salaire n'est pas le prix du travail, mais le prix de la &#8220;force de travail&#8221;).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entreprise capitaliste fait une plus-value et celle-ci ne r&#233;sulte pas d'un vol mais d'une exploitation &#233;conomique car tout est parfaitement l&#233;gal et conforme &#224; la logique du march&#233;. Cette plus-value est ensuite r&#233;partie entre les diff&#233;rents groupes de capitalistes et prend alors les formes visibles de profit industriel, profit commercial, int&#233;r&#234;ts, rente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une exploitation libre et invisible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'une des caract&#233;ristiques qui distingue le mode de production capitaliste des autres modes de production reposant aussi sur l'&#233;change des marchandises est que, dans le capitalisme, la sph&#232;re marchande s'&#233;tend jusqu'&#224; la force de travail et que le travailleur est juridiquement libre. Comme il ne poss&#232;de aucun moyen de production, c'est de lui-m&#234;me, qu'il viendra se pr&#233;senter sur le march&#233; pour &#8220;se vendre&#8221;, comme on dit de nos jours. La contrainte au travail repose uniquement sur une base &#233;conomique. L'exploitation du salari&#233; est compl&#232;tement invisible, car elle s'organise selon la loi de la valeur et, de ce fait, il semble que le salari&#233; vend son travail et que tout son travail est pay&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a rien de tel dans les autres modes de production fond&#233;s sur l'exploitation des travailleurs. La force de travail n'y est pas une marchandise et l'exploitation est directement visible. Dans le syst&#232;me esclavagiste, c'est la personne toute enti&#232;re, et non seulement sa force de travail, qui est la propri&#233;t&#233; d'un ma&#238;tre. C'est sous le fouet que l'esclave travaille et il semble que tout son travail soit du travail gratuit (en fait, ce n'est pas le cas puisque l'esclave est nourri et log&#233;). Dans le servage, le serf n'appartient pas formellement &#224; un seigneur, mais il est li&#233; &#224; une terre qui est la propri&#233;t&#233; de celui-ci et qu'il n'a pas le droit de quitter. Il n'est pas libre et c'est sous la contrainte qu'il doit travailler gratuitement les terres du seigneur et effectuer des corv&#233;es. Le travail qu'il d&#233;pense est compl&#232;tement distinct, dans le temps et dans l'espace, de celui qu'il consacre au lopin qui est laiss&#233; &#224; sa disposition. L'exploitation est visible &#224; l'&#339;il nu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien de tel dans le capitalisme. L'exploitation s'exerce sans aucune contrainte extra-&#233;conomique, et elle est totalement invisible. Le salari&#233; ne peut donc en prendre conscience de fa&#231;on imm&#233;diate. C'est ce qui fait la force du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : le mode de production capitaliste (1)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-le-mode-de-production-capitaliste-1,93672</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-le-mode-de-production-capitaliste-1,93672</guid>
		<dc:date>2018-08-10T08:43:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Billet philosophique : l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93672-de617.jpg?1781009270' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 14e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 7e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_58327 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/1-tx_supermarche_prix_bouclier_55-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/1-tx_supermarche_prix_bouclier_55-2-b4979.jpg?1781009270' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;conomie o&#249; la production est fond&#233;e sur la division sociale du travail, les activit&#233;s sont r&#233;parties d'apr&#232;s les m&#233;tiers des producteurs. Chacun est sp&#233;cialis&#233; dans la fabrication d'un produit ou d'une cat&#233;gorie de produits. Cette r&#233;partition particuli&#232;re des activit&#233;s a &#233;t&#233; adopt&#233;e par les soci&#233;t&#233;s &#233;volu&#233;es car elle permet de r&#233;aliser des gains de productivit&#233;. En m&#234;me temps, les producteurs deviennent interd&#233;pendants et l'&#233;change des produits les transforme en marchandises. Mais qu'est-ce qu'une marchandise ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La marchandise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout produit n'est pas une marchandise au sens de la th&#233;orie &#233;conomique. Quand un menuisier fabrique une table pour son usage personnel celle-ci n'est pas une marchandise mais simplement un objet utile. En revanche, est une marchandise la m&#234;me table qu'il met en vente sur le march&#233; : une marchandise est un produit fabriqu&#233; pour &#234;tre vendu ; et pour pouvoir l'&#234;tre, il doit pr&#233;senter une utilit&#233; quelconque pour un grand nombre de personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, tout objet produit pour &#234;tre vendu et ayant une utilit&#233; n'est pas forc&#233;ment une marchandise. Par exemple une &#339;uvre d'art, un tableau de ma&#238;tre, qui sont des marchandises au sens ordinaire du terme, n'int&#233;ressent pas la th&#233;orie &#233;conomique : celle-ci n'&#233;tudie que les produits faisant l'objet d'une fabrication r&#233;guli&#232;re et dont les diff&#233;rents exemplaires sont identiques. Ainsi, la Joconde n'est pas une marchandise au sens de la th&#233;orie &#233;conomique parce qu'il s'agit d'&#339;uvre unique. En revanche, les cartes postales repr&#233;sentant la Joconde sont des marchandises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Produit utile et destin&#233; &#224; la vente, la marchandise poss&#232;de une valeur. Comment celle-ci est-elle fix&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La loi de la valeur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Examinons l'&#233;change des marchandises sous sa forme la plus simple : le troc. Soit l'&#233;change du pain contre du vin.&lt;br class='autobr' /&gt;
a kilo pain = b litres de vin&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la valeur de a kilo de pain qui est &#233;gale &#224; la valeur b litres de vin. La valeur, ce n'est donc ni le pain, ni le vin, mais &#8220;quelque chose&#8221; que ces deux marchandises poss&#232;dent, qui les rend identiques, et que le boulanger et le vigneron &#233;changent en m&#234;me temps qu'ils troquent leur produit. G&#233;n&#233;ralisons le troc on a alors sur le march&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a kilo pain = b litres vin =&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;= x tables = y bl&#233; =&#8230;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que la valeur est &#8220;quelque chose&#8221; que TOUTES les marchandises poss&#232;dent mais qui n'est aucune d'elle. Ce &#8220;quelque chose&#8221; de commun &#224; toutes les marchandises n'est pas une propri&#233;t&#233; physique, chimique, naturelle&#8230; puisque ce sont ces propri&#233;t&#233;s qui forment le corps des marchandises. Enfin, comme l'indique le signe d'&#233;galit&#233;, ce &#8220;quelque chose&#8221; est mesurable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce &#8220;quelque chose&#8221; ne peut pas non plus &#234;tre l'utilit&#233; car elle varie selon les marchandises. De plus, &#233;tant subjective, elle n'est pas mesurable. L'utilit&#233; est le motif de l'&#233;change des marchandises mais ne d&#233;termine pas leur valeur. Certains &#233;conomistes ont d'ailleurs fait remarquer depuis tr&#232;s longtemps que le diamant, qui n'est pratiquement d'aucune utilit&#233;, a une tr&#232;s grande valeur contrairement &#224; l'eau qui est pourtant indispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#8220;quelque chose&#8221; que toutes les marchandises poss&#232;dent, et qui n'est ni leur utilit&#233;, ni aucune de leurs propri&#233;t&#233;s naturelles, ne peut-&#234;tre que le travail ; et il est possible de le mesurer en heures, semaines&#8230; Par exemple, pour d&#233;terminer la valeur d'une table, il faut additionner les diff&#233;rentes quantit&#233;s de travail d&#233;pens&#233;es pour obtenir le bois, le travailler, l'usure des outils et des machines, etc. Et comme les techniques de production changent au fil du temps et influent sur la productivit&#233; du travail, les quantit&#233;s de travail incorpor&#233;es dans les marchandises varient. Marx &#233;tablit donc la loi de la valeur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;les valeurs des marchandises sont directement proportionnelles au temps de travail employ&#233; &#224; leur production et inversement proportionnelles &#224; la force productive du travail employ&#233;&#8221; (Salaire, prix et profit ; chapitre 6).&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, c'est parce que la production est fond&#233;e sur la division sociale du travail qu'un march&#233; se forme. Les produits qui s'y &#233;changent prennent alors la forme sociale de marchandises, et le travail d&#233;pens&#233; pour les produire prend la forme sociale de la valeur. L'&#233;change des marchandises est simultan&#233;ment un &#233;change de travail entre les producteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme toutes les lois &#233;conomiques, la loi de la valeur a un caract&#232;re historique : elle ne r&#233;git l'&#233;change des produits que dans les &#233;conomies o&#249; la production repose sur la division sociale du travail. Dans une &#233;conomie o&#249; la r&#233;partition du travail est fond&#233;e sur l'&#226;ge et le sexe (les hommes chassent, les femmes et les enfants cueillent les fruits, ramassent le bois&#8230;) il n'existe pas de loi de la valeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme toutes les lois &#233;conomiques, la loi de la valeur est une loi tendancielle : elle ne d&#233;crit pas les ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomiques tels qu'ils se d&#233;roulent r&#233;ellement, mais comment ils se d&#233;rouleraient en l'absence de perturbations.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la m&#233;connaissance de ce double caract&#232;re des lois &#233;conomiques qui conduit &#224; l'incompr&#233;hension des th&#233;ories que Marx d&#233;veloppe dans &#8220;le Capital&#8221;. L'examen de la fameuse &#8220;loi de l'offre et de la demande&#8221; va &#233;clairer ce point. Pour cela, reprenons la th&#233;orie de la marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Valeur, monnaie et prix&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change des marchandises par troc g&#233;n&#233;ralis&#233; pr&#233;sente tr&#232;s rapidement des limites. Si par exemple un menuisier veut &#233;changer un tabouret contre une paire de chaussures, il lui faut trouver un cordonnier d&#233;sireux d'acqu&#233;rir un tabouret. Mais si celui-ci veut un chapeau, le menuisier devra d'abord trouver un chapelier qui a besoin d'un tabouret, etc. Dans le troc g&#233;n&#233;ralis&#233;, il est donc extr&#234;mement difficile d'obtenir la marchandise vraiment d&#233;sir&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout deviendra tr&#232;s simple si une marchandise est accept&#233;e par tous comme &#233;tant la repr&#233;sentation de la valeur. Chaque producteur pourra alors l'acqu&#233;rir en vendant sa marchandise ; il pourra ensuite acheter n'importe quelle autre marchandise en la c&#233;dant. Cette marchandise particuli&#232;re, fonctionnant comme &#8220;&#233;quivalent g&#233;n&#233;ral&#8221;, est la monnaie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s rapidement, les m&#233;taux, et particuli&#232;rement les m&#233;taux pr&#233;cieux, se sont impos&#233;s comme monnaie gr&#226;ce &#224; leurs propri&#233;t&#233;s : ils condensent beaucoup de valeur sous un petit volume, ce qui facilite leur transport ; ils sont relativement inalt&#233;rables : on peut donc les conserver comme r&#233;serve de valeur (&#233;pargne) ; il est possible de les fondre, de les segmenter en parties rigoureusement identiques ; il est possible de les marquer pour les diff&#233;rencier, etc. D&#232;s lors, les valeurs des marchandises seront exprim&#233;es en monnaie : c'est leur prix. Autrement dit, le prix n'est pas la valeur, mais la forme mon&#233;taire de la valeur d'une marchandise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'ensuit que le prix d'une marchandise n'est pas d&#233;termin&#233; par l'offre et la demande, mais par la quantit&#233; de travail socialement n&#233;cessaire pour la produire. Mais alors, que devient la loi de l'offre et de la demande dont on dit qu'elle d&#233;termine les prix des marchandises ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette loi existe en effet. Mais remarquons que, contrairement &#224; la loi de la valeur, qui a &#233;t&#233; enti&#232;rement &#233;tablie par d&#233;ductions logiques, la loi de l'offre et de la demande est une loi purement empirique : elle r&#233;sulte d'une simple observation des faits imm&#233;diats. Et quel est &#224; pr&#233;sent son pouvoir explicatif ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette loi ne d&#233;termine pas la valeur des marchandises mais les &#201;CARTS autour de leur valeur. Quand l'offre d'une marchandise est sup&#233;rieure &#224; sa demande, le prix se fixe en dessous de la valeur. Quand la demande est sup&#233;rieure &#224; l'offre, le prix se fixe au-dessus de la valeur. Quand l'offre et la demande d'une marchandise sont &#233;gales, son prix se confond avec sa valeur. Les variations incessantes de l'offre et de la demande perturbent le fonctionnement de la loi de la valeur. Mais elles ne l'annulent pas : celle-ci s'impose en moyenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans le premier chapitre du &#8220;Capital&#8221; que Marx d&#233;montre la loi de la valeur. Elle forme le socle sur lequel il b&#226;tira toute sa th&#233;orie du fonctionnement et de l'&#233;volution du capitalisme. En m&#234;me temps, il montrera aussi pourquoi cette loi s'y applique, mais de fa&#231;on d&#233;form&#233;e du fait, non seulement des variations de l'offre et de la demande, mais &#233;galement de la concurrence des capitaux. Il n'entre pas dans le cadre de cet article d'exposer ce point. La d&#233;monstration se trouve dans le livre 3 du &#8220;Capital&#8221; (tome 6 ; chapitre 9 ; p. 171-213 ; &#201;ditions Sociales ; 1969).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : Modes de production et conception mat&#233;rialiste de l'Histoire</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-modes-de-production-et-conception-materialiste-de-l-histoire,93641</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-modes-de-production-et-conception-materialiste-de-l-histoire,93641</guid>
		<dc:date>2018-08-05T16:23:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Billet philosophique : l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH92/arton93641-f087f.jpg?1781009270' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 13e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 6e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon la conception mat&#233;rialiste de l'histoire, l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s humaines est d&#233;termin&#233;e en derni&#232;re instance par la production et la reproduction des &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; la vie des hommes. Explicitant ce qu'il entend par &#8220;production&#8221;, Karl Marx pr&#233;cise : &#171; dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports d&#233;termin&#233;s, n&#233;cessaires, ind&#233;pendants de leur volont&#233;, rapports de production qui correspondent &#224; un degr&#233; de d&#233;veloppement d&#233;termin&#233; de leurs forces productives mat&#233;rielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;&#8230; Le mode de production de la vie mat&#233;rielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en g&#233;n&#233;ral &#187; (Pr&#233;face de la Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique ; &#201;ditions Sociales ; 1969 ; p.4).&lt;br class='autobr' /&gt;
On le voit : chez Marx, l'analyse de la production n'est pas une analyse quantitative, mais une analyse des formes sociales selon lesquelles elle s'organise. Les concepts fondamentaux de cette approche sont : le mode de production, les rapports sociaux de production et les forces productives mat&#233;rielles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le concept de mode de production&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; mode de production &#187; est une mani&#232;re d'organiser socialement la production. Il est caract&#233;ris&#233; par un certain niveau de d&#233;veloppement des &#171; forces productives mat&#233;rielles &#187; ; celles-ci se composent des hommes directement impliqu&#233;s dans la production ainsi que des techniques et moyens de production (terre, usines&#8230;) qu'ils utilisent ; par les rapports de production, ensemble des relations nou&#233;es entre ceux qui participent &#224; la production ; dans les soci&#233;t&#233;s o&#249; existe une division en classes sociales, le r&#244;le de chacune d'elles et la part du revenu qui lui revient d&#233;pend de la position qu'elle occupe par rapport aux moyens de production : les rapports de production entre les classes sociales d&#233;rivent des rapports de propri&#233;t&#233; &#233;conomique sur les moyens de production. L'existence d'une correspondance entre d'une part le degr&#233; de d&#233;veloppement des &#171; forces productives mat&#233;rielles &#187; et d'autre part les &#171; rapports de production &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, un mode de production est une structure, c'est-&#224;-dire un tout organis&#233;, compos&#233; d'&#8220;&#233;l&#233;ments&#8221; entre lesquels existent des relations stables cr&#233;ant une coh&#233;sion d'ensemble, et dont la fonction est d'assurer la production des biens n&#233;cessaires &#224; l'existence de la soci&#233;t&#233;. Le sch&#233;ma ci-apr&#232;s permettra d'&#233;clairer l'articulation des concepts qui viennent d'&#234;tre pr&#233;sent&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_59478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-billet-philo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH308/5-billet-philo-e04e0.jpg?1781009270' width='500' height='308' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les trois &#8220;&#233;l&#233;ments&#8221; d'un mode de production sont le producteur imm&#233;diat (esclave, serf, salari&#233;&#8230;), le non producteur (ma&#238;tre, seigneur, capitaliste&#8230;) et les moyens de production (terres, usines,&#8230;). Ces &#233;l&#233;ments sont reli&#233;s entre eux par trois types de relations interd&#233;pendantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La relation de propri&#233;t&#233; &#233;conomique portant sur les moyens de production : le non-producteur dispose du pouvoir d'affecter les terres, les machines&#8230; &#224; l'usage de son choix ; en revanche, le producteur imm&#233;diat n'a aucun pouvoir de d&#233;cision sur ces moyens de production.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette propri&#233;t&#233; &#233;conomique fixe le r&#244;le des deux classes sociales. Le propri&#233;taire d&#233;termine la nature du produit &#224; cr&#233;er, l'organisation technique du travail, fixe &#224; chacun son r&#244;le dans la production&#8230; Le travailleur se soumet &#224; ce cadre de travail. L'ensemble des relations entre les classes forme les &#171; rapports sociaux de production &#187;. La propri&#233;t&#233; &#233;conomique est presque toujours doubl&#233;e par des r&#232;gles juridiques qui la renforcent.&lt;br class='autobr' /&gt;
les &#171; forces productives mat&#233;rielles &#187; comprennent les producteurs (force physique, capacit&#233;s intellectuelles), les moyens de production qu'ils emploient ainsi que les relations techniques entre ces &#233;l&#233;ments.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;l&#233;ments et les relations entre eux &#233;voluant au fil du temps, des d&#233;sajustements peuvent se produire dans l'organisation d'ensemble qui conduisent &#224; des crises plus ou moins graves, et parfois &#224; des r&#233;volutions. Comment le mode de production capitaliste fonctionne-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ho Hai Quang : la base &#233;conomique selon Marx</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-la-base-economique-selon-marx,93600</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/ho-hai-quang-la-base-economique-selon-marx,93600</guid>
		<dc:date>2018-07-27T10:10:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ho Hai Quang</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voici la 12e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 5e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx. &lt;br class='autobr' /&gt;
On le sait : selon (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/alon-filozofe/" rel="directory"&gt;Alon filozof&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton93600-de669.jpg?1781009270' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici la 12e partie des expos&#233;s pr&#233;sent&#233;s le 4 mai dernier &#224; la m&#233;diath&#232;que Aim&#233; C&#233;saire de Sainte-Suzanne sur l'actualit&#233; de la pens&#233;e de Karl Marx &#224; l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance. Apr&#232;s les deux parties de l'expos&#233; d'&#201;lie Hoarau, pr&#233;sident du Parti Communiste R&#233;unionnais, puis les cinq parties de celui pr&#233;sent&#233; par la philosophe Brigitte Croisier, voici la 5e partie de celui de l'&#233;conomiste Ho Hai Quang sur l'aspect &#233;conomique de l'&#339;uvre de Karl Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59454 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/arcelormittal-profilage-007.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/arcelormittal-profilage-007-748b0.jpg?1781009270' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le sait : selon Karl Marx, la &#171; base &#233;conomique &#187; joue un r&#244;le primordial dans le fonctionnement et l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s humaines. Mais quels sont les &#233;l&#233;ments constitutifs d'une &#171; base &#233;conomique&#034; ? Et comment l'analyser ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La production est d&#233;terminante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les soci&#233;t&#233;s dont le syst&#232;me productif est fond&#233; sur la division sociale du travail (c'est-&#224;-dire l'existence de producteurs sp&#233;cialis&#233;s dans la fabrication de diff&#233;rentes marchandises), la base &#233;conomique se compose de la production qui cr&#233;e les marchandises adapt&#233;es aux besoins ; de la distribution qui fixe la proportion dans laquelle ceux qui participent &#224; la production se r&#233;partissent les produits ; de l'&#233;change gr&#226;ce auquel les individus se procurent l'&#233;ventail des produits destin&#233;s &#224; &#234;tre consomm&#233;s ; de la consommation qui leur permet de satisfaire leurs besoins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;l&#233;ments s'encha&#238;nent pour former un cycle qui, en se r&#233;p&#233;tant continuellement, permet &#224; la soci&#233;t&#233; d'exister dans la dur&#233;e. Ils s'influencent mutuellement : une extension de la sph&#232;re des &#233;changes (par exemple : cr&#233;ation du March&#233; Commun, mondialisation des &#233;changes) entra&#238;ne un accroissement du volume de la production. Une augmentation de la consommation induit une &#233;l&#233;vation de la production. Une transformation de la r&#233;partition des revenus modifie l'&#233;ventail des produits offerts sur le march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'ils soient interd&#233;pendants, ces diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de la base &#233;conomique ne sont pas &#224; mettre sur un m&#234;me plan. Pour Marx, la production constitue l'&#233;l&#233;ment fondamental car c'est &#224; partir d'elle que recommence sans cesse le cycle &#233;conomique :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; une production d&#233;termin&#233;e d&#233;termine donc une consommation, une distribution, un &#233;change d&#233;termin&#233;s &#187; (Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique ; &#201;ditions Sociales ; 1969 ; p. 164).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'&#233;conomie politique universitaire voit les choses diff&#233;remment. En effet, les manuels destin&#233;s au premier cycle, s'ouvrent sur la th&#233;orie du consommateur. Celle-ci expose comment un consommateur, parfaitement rationnel et non influenc&#233; par les autres, doit d&#233;penser son revenu pour satisfaire ses besoins en obtenant le maximum de satisfaction. C'est la demande du consommateur-roi qui oriente la production et constitue donc le point de d&#233;part du cycle &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx montre qu'il n'en est rien : les producteurs produisent des objets pr&#233;sentant certaines caract&#233;ristiques pr&#233;cises (forme, couleur&#8230;). Par l&#224;, ils produisent en m&#234;me temps non seulement la mani&#232;re de les consommer mais aussi le d&#233;sir, l'habitude de les consommer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La faim est la faim, mais la faim qui se satisfait avec de la viande cuite, mang&#233;e avec fourchette et couteau, est une autre faim que celle qui avale de la chair crue en se servant des mains, des ongles et des dents&#8230; La production produit l'objet de la consommation, le mode de consommation, l'instinct de consommation &#187; (Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique ; p. 157). Pour Marx, c'est donc par la production qu'il faut commencer l'&#233;tude de la base &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les deux optiques dans l'analyse de la production&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les manuels d'&#233;conomie expliquent que pour produire, l'entreprise utilise deux &#171; facteurs de production &#187; : le travail et le capital. Le probl&#232;me qu'il s'agit de r&#233;soudre est de trouver la combinaison optimale. Tout d&#233;pend des prix : si le prix du travail (salaire) baisse, il est avantageux de remplacer le capital par le travail ; s'il augmente, mieux vaut utiliser davantage de machines. Un calcul permettra de savoir exactement, toutes choses &#233;tant &#233;gales par ailleurs, combien d'unit&#233;s de travail et de capital une entreprise donn&#233;e doit utiliser pour produire une quantit&#233; donn&#233;e de marchandises. Ici, on a affaire &#224; une analyse de type technico-&#233;conomique. Elle s'impose absolument car il est indispensable, pour une entreprise ou pour un pays tout entier, de minimiser les co&#251;ts de fabrication et de ne pas gaspiller des ressources. Telle est l'approche de la production enseign&#233;e &#224; l'universit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette approche n'est d'aucune utilit&#233; si l'on veut comprendre les luttes sociales, les r&#233;volutions. Pour y voir clair, il est indispensable d'analyser la production sous l'angle de son organisation sociale. Un exemple permettra de fixer les id&#233;es : pour produire une baguette de pain, il faut de la farine, du travail, de l'&#233;nergie&#8230; il est certes n&#233;cessaire de calculer combien il faut employer chacun de ces ingr&#233;dients. Mais un tel calcul ne permettra en aucune mani&#232;re de comprendre les antagonismes sociaux. Ceux-ci ne peuvent appara&#238;tre que si l'on examine dans quelles conditions sociales cette baguette de pain a &#233;t&#233; produite. Concr&#232;tement, la question est de savoir si elle r&#233;sulte du travail d'un esclave, d'un serf ou d'un ouvrier salari&#233;, de conna&#238;tre les relations qui sont nou&#233;es entre ces travailleurs et leurs ma&#238;tres, seigneurs, ou capitalistes. Les divergences d'int&#233;r&#234;t entre ces classes sociales n'appara&#238;tront que si l'on r&#233;pond &#224; ces questions ; elles permettront alors d'expliquer les luttes sociales, les r&#233;volutions. C'est sous cet angle que Marx analyse la production et voit le d&#233;roulement de l'histoire de l'humanit&#233; comme une succession de &#171; modes de productions &#187; : &#171; &#192; grands traits, les modes de production asiatique, antique, f&#233;odal et bourgeois moderne peuvent &#234;tre qualifi&#233;s d'&#233;poques progressives de la formation sociale &#233;conomique &#187;. (Pr&#233;face de la Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique ; p. 5).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qu'est-ce qu'un &#171; mode de production&#034; ? Et qu'est-ce qu'une &#171; formation sociale &#233;conomique&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
