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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>Madagascar entre la reforme et la continuit&#233; du syst&#232;me</title>
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		<dc:date>2025-10-14T20:06:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quelles perspectives pour nos voisins ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/greve-tana-7c1e7.jpg?1781369261' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s deux semaines de manifestations populaires orchestr&#233;es par les jeunes de la g&#233;n&#233;ration Z, durement r&#233;prim&#233;es par les forces de l'ordre, la situation conna&#238;t, depuis le 11 octobre, une nouvelle tournure. L'Arm&#233;e, sous la conduite de certains officiers sup&#233;rieurs du CAPSAT (Corps d'administration et des services techniques des Arm&#233;es), a rejoint les manifestants suite aux appels incessants de ces derniers &#224; sa prise de responsabilit&#233; pour cesser la r&#233;pression sanglante men&#233;e par des &#233;l&#233;ments de la gendarmerie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les manifestants, majoritairement constitu&#233;s d'&#233;tudiants des universit&#233;s publiques, r&#233;clamaient au d&#233;but du mouvement de l'eau potable et la fin des d&#233;lestages. Comme le gouvernement n'&#233;coutait pas leurs revendications et choisissait d'y r&#233;pondre par l'usage de la force, les jeunes ont reformul&#233; leurs demandes en r&#233;clamant la d&#233;mission du gouvernement et la r&#233;forme du syst&#232;me &#224; Madagascar. Ils d&#233;noncent &#233;galement la corruption qui gangr&#232;ne la soci&#233;t&#233; malgache. Sous la pression de la rue, le pr&#233;sident de la R&#233;publique a &#233;t&#233; contraint de limoger son gouvernement, qu'il a jug&#233; incomp&#233;tent. Cependant, le d&#233;part du Premier ministre et de son &#233;quipe gouvernementale n'a pas affaibli le mouvement. Les manifestants r&#233;clament d&#233;sormais la d&#233;mission du pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi les jeunes r&#233;clament-ils la r&#233;forme du syst&#232;me &#224; Madagascar ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dot&#233;e d'importantes ressources naturelles, la Grande &#206;le demeure l'un des pays les plus pauvres de la plan&#232;te. La population malgache vit dans l'extr&#234;me pauvret&#233;, avec plus de 80 % des Malgaches vivant en dessous du seuil de pauvret&#233;. Face &#224; cette paup&#233;risation, un petit groupe d'&#233;lites politiques et quelques soci&#233;t&#233;s industrielles et commerciales profitent de la richesse du pays. Les hauts dignitaires du r&#233;gime vivent dans l'opulence, alors que la majorit&#233; de la population ne mange qu'une seule fois par jour. Le salaire minimum est de 260 000 Ariary, soit environ 52 euros. Le ch&#244;mage touche de plein fouet la jeunesse. Les universit&#233;s malgaches pr&#233;parent des ch&#244;meurs qualifi&#233;s. Les jeunes suivent leurs formations universitaires pendant des ann&#233;es pour finalement se retrouver au ch&#244;mage. D&#233;pourvus de perspectives d'avenir dans leur propre pays, des milliers de jeunes dipl&#244;m&#233;s quittent Madagascar pour travailler dans les &#238;les voisines, comme Maurice, les Seychelles et les Comores.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant la pr&#233;carit&#233; de leur condition de vie, les jeunes, conscients de la r&#233;alit&#233; paradoxale de leur pays, d&#233;cident de se faire entendre. En tant qu'intellectuels, ils savent que leur pays se dirige vers sa destruction totale. Le r&#233;cent &#233;v&#233;nement n&#233;palais a r&#233;veill&#233; la fibre patriotique chez les jeunes malgaches. Ils ont pu r&#233;aliser en quelques semaines ce que les politiciens de l'opposition &#233;chouaient &#224; accomplir depuis des ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
En plus de leurs revendications initiales, ils r&#233;clament la fin d'un r&#233;gime qu'ils qualifient de corrompu et responsable de la situation chaotique de leur pays, ainsi que la r&#233;forme du syst&#232;me &#224; Madagascar.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 65 ans de son ind&#233;pendance, Madagascar est le seul pays de la plan&#232;te qui n'a jamais connu de guerre, mais qui ne cesse de s'appauvrir. Les r&#233;gimes se sont succ&#233;d&#233;, mais le pays continue sa descente aux enfers. Pourquoi ? Cette question m&#233;rite une r&#233;flexion. Il faut admettre que Madagascar a un probl&#232;me syst&#233;mique. Le syst&#232;me mis en place depuis l'ind&#233;pendance ne favorise pas le d&#233;veloppement du pays. Madagascar a besoin de r&#233;former ou de refonder ses syst&#232;mes politique, &#233;conomique, &#233;ducatif et diplomatique. Il faut une rupture totale avec l'ancien syst&#232;me. La fuite en avant des dirigeants corrompus est un signe d'encouragement pour nettoyer le syst&#232;me &#224; tous les &#233;tages. Les Malgaches doivent saisir cette occasion pour en finir avec l'ancien syst&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syst&#232;mes &#233;conomique et &#233;ducatif du pays demeurent ceux de la colonisation. &#192; l'exception des entreprises franches implant&#233;es sur le territoire, Madagascar continue d'exporter ses mati&#232;res premi&#232;res brutes et d'importer des produits finis. Ce type d'exportation ne g&#233;n&#232;re pas de forte valeur ajout&#233;e pour le pays, mais les r&#233;gimes successifs continuent de le maintenir. L'exploitation et la transformation sur place de ses immenses ressources pourraient cr&#233;er une forte croissance &#233;conomique pour le pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant au syst&#232;me &#233;ducatif, l'enseignement &#224; Madagascar ne vise pas &#224; former les Malgaches &#224; comprendre leur pays. Elle devrait inculquer aux enfants et aux jeunes malgaches un sentiment de fiert&#233; nationale. Une r&#233;vision int&#233;grale du programme scolaire est indispensable. Les contenus de l'enseignement devraient &#234;tre malgachis&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le plan politique, le syst&#232;me actuel &#233;carte les personnes honn&#234;tes et sinc&#232;res de la sc&#232;ne politique. La politique est devenue un business. L'objectif en s'engageant dans la politique n'est pas de servir le pays, mais de s'enrichir. Un syst&#232;me aristocratique pur a &#233;t&#233; mis en place. Les v&#233;ritables partis politiques, dot&#233;s de militants id&#233;ologiquement aguerris, s'affaiblissent car ils ne peuvent plus participer aux diff&#233;rentes instances &#233;lectorales, en raison du syst&#232;me de caution impos&#233; par le gouvernement aux candidats. Cette pratique devrait &#234;tre abandonn&#233;e pour que les politiciens honn&#234;tes, sinc&#232;res et patriotes puissent s'engager dans l'&#233;chiquier politique national. Il faut supprimer les avantages faramineux accord&#233;s aux dirigeants ; ainsi seuls ceux qui ont la conviction de servir le pays s'engagent dans la politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Malgaches doivent oser opter pour le changement. La situation actuelle devrait les pousser &#224; s'engager sur la voie des r&#233;formes. Si un changement de r&#233;gime se mettait en place, les futurs dirigeants ne devraient pas c&#233;der face &#224; la pression de la communaut&#233; des pays occidentaux. Certainement, cette derni&#232;re va exiger le respect de l'ordre constitutionnel et l'organisation imm&#233;diate des &#233;lections. Les Malgaches devront oser dire non &#224; ce diktat. Les &#233;lections ne r&#233;solvent pas les probl&#232;mes du pays. Les &#233;lites malgaches, les notables, les jeunes et toute force vive nationale devront discuter de la question de la refondation nationale. Faut-il encore rappeler que Madagascar est une nation en construction ? Cette situation est une opportunit&#233; pour rompre avec l'ancien syst&#232;me et construire la nation malgache.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde devient multipolaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan diplomatique, Madagascar devrait restaurer sa souverainet&#233;. Les menaces de sanctions et de suspension d'aides financi&#232;res brandies par les puissances occidentales ne devraient pas intimider les Malgaches. Si cela venait &#224; se produire, ces menaces devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme une opportunit&#233; pour se d&#233;barrasser du n&#233;ocolonialisme. Ceux qui imposent le maintien de ce syst&#232;me corrompu peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des ennemis du peuple malgache.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la nouvelle donne g&#233;opolitique, l'Occident n'est plus le seul p&#244;le de puissance qui peut imposer sa loi au monde. Aujourd'hui, le monde devient multipolaire. Il est temps pour le peuple malgache de mettre un terme &#224; toute coop&#233;ration paternaliste. L'&#233;poque o&#249; l'Occident contr&#244;lait le monde est r&#233;volue. Madagascar devrait privil&#233;gier la coop&#233;ration avec les pays qui respectent sa souverainet&#233; et exiger de tous ses partenaires la coop&#233;ration mutuellement avantageuse. Les Malgaches peuvent s'inspirer des exemples de certains pays africains qui arrivent &#224; couper leurs cordons ombilicaux avec leurs anciennes puissances coloniales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fait de maintenir le syst&#232;me actuel trahit les revendications de la jeunesse malgache&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes doivent maintenir leur pression pour &#233;viter ce sc&#233;nario. Certains politiciens choisiront de se conformer aux exigences de la communaut&#233; internationale, c'est-&#224;-dire proc&#233;der aux &#233;lections dans le d&#233;lai pr&#233;vu par l'actuelle constitution en cas de vacance de poste pr&#233;sidentiel. Ils se contentent d'un changement de figures. Ils ne sont pas favorables &#224; la r&#233;forme. Leur intention est de garder ce syst&#232;me corrompu afin de perp&#233;tuer les m&#234;mes pratiques que celles des anciens dirigeants. Respectons la m&#233;moire de ceux qui ont perdu la vie durant cette r&#233;volution. Engageons-nous dans une refondation pour briser le syst&#232;me qui a conduit &#224; la destruction de notre ch&#232;re patrie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_110007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH479/georges-f05ae.jpg?1781369261' width='500' height='479' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason, Docteur en Histoire, Professeur &#224; Antsiranana&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Voyage d'&#233;tude d'&#233;tudiants en Histoire de l'Universit&#233; d'Antsiranana</title>
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		<dc:date>2025-08-08T20:03:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avec le soutien de REAGIES&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/etidiants-histoire-diego-cc2b6.jpg?1781369261' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec le soutien de l'Association REAGIES de La R&#233;union, les &#233;tudiants en Histoire de l'Universit&#233; d'Antsiranana (Diego) effectuent en ce moment un voyage d'etude &#224; Antananarivo, Moramanga, le foyer de la lutte nationaliste malgache de 1947 et la ville portuaire coloniale, Tamatave. Ce programme permet &#224; ces &#233;tudiants de d&#233;couvrir les vestiges coloniaux et la r&#233;alit&#233; sur la lutte men&#233;e par les h&#233;ros nationalistes face &#224; la r&#233;pression coloniale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;tudiants adressent leurs chaleureuses reconnaissances &#224; l'Association REAGIES et particuli&#232;rement &#224; ceux qui ont apport&#233; leur precieuse contribution pour rendre possible leur d&#233;placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges RADEBASON&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La &#171; marxisation &#187; de l'&#233;quipe du Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/la-marxisation-de-l-equipe-du-comite-de-solidarite-de-madagascar</link>
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		<dc:date>2025-01-13T20:26:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Gis&#232;le Rabesahala</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'engagement politique de Gisele Rabesahala -11-&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/" rel="directory"&gt;Madagascar-Grande Ile&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/gisele-rabesahala" rel="tag"&gt;Gis&#232;le Rabesahala&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/imongo-vaovao-n1-65da1.jpg?1781369261' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar, soutenu par le Parti communiste fran&#231;ais (PCF), lutte pour la lib&#233;ration des prisonniers politiques &#224; Madagascar. Le PCF profite de ce partenariat pour promouvoir le marxisme-l&#233;ninisme dans un contexte culturel peu r&#233;ceptif. Form&#233; en Tch&#233;coslovaquie, R&#233;mi Rakotobe revient en 1955 pour renforcer la propagande communiste avec ses camarades en lan&#231;ant le journal Imongo Vaovao.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant son long combat pour la lib&#233;ration de condamn&#233;s politiques, le COSOMA (Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar) est parrain&#233; par le Parti communiste fran&#231;ais, ce qui explique son profond engagement dans cette affaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
En dehors de sa contribution dans la lutte contre l'injustice, l'implication du PCF &#224; c&#244;t&#233; du COSOMA est motiv&#233;e par un objectif purement politique. Les &#233;missaires du PCF &#224; Madagascar, Pierre Boiteau, Raymond Lombardo, Elie Migot prennent conscience du probl&#232;me de l'implantation de l'id&#233;ologie marxiste &#224; Madagascar. Pour des raisons culturelles et &#224; cause de sa condition g&#233;ographique insulaire, la Grande Ile &#233;chappe &#224; l'influence directe de l'Union sovi&#233;tique. Dans un pays o&#249; la population est majoritairement croyante, chr&#233;tienne ou adepte de la religion traditionnelle et face &#224; l'anticommunisme v&#233;hicul&#233; par les &#233;glises chr&#233;tiennes surtout l'&#201;glise catholique, persuader les Malgaches d'adh&#233;rer &#224; une doctrine mat&#233;rialiste n'est pas une entreprise facile. Introduit &#224; Madagascar depuis les ann&#233;es 1920, le communisme rencontre un terrain qui ne facilite pas son implantation, donc il y avance &#224; visage masqu&#233;. Le PCF, adopte une tactique de dissimulation du marxisme derri&#232;re le nationalisme &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;. Le PCF trouve en cette &#233;quipe de jeunes militants acquis &#224; la cause nationaliste regroup&#233;s au sein du COSOMA un relais pour l'implantation du marxisme-l&#233;ninisme &#224; Madagascar. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PCF assure une formation id&#233;ologique tr&#232;s pouss&#233;e &#224; cette &#233;quipe de jeunes. En 1950, R&#233;mi Rakotobe, un des membres fondateurs du COSOMA, par l'interm&#233;diaire du PCF, est all&#233; en Tch&#233;coslovaquie pour suivre ses &#233;tudes sup&#233;rieures en sciences &#233;conomiques gr&#226;ce &#224; une bourse obtenue par l'Union internationale des &#233;tudiants (UIE) &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt;. Il est donc le premier Malgache &#224; &#233;tudier dans un pays socialiste. L'UIE est une f&#233;d&#233;ration de mouvements &#233;tudiants cr&#233;&#233;e &#224; Prague le 17 novembre 1945 et plac&#233;e sous la direction de l'organe de propagande de l'Union sovi&#233;tique. Elle est cr&#233;&#233;e pour permettre &#224; l'URSS de contr&#244;ler l'ensemble des mouvements de jeunesse mondiaux. Elle est un des organes de propagande sovi&#233;tique en Occident. L'UIE est aussi un instrument pour l'URSS &#224; &#233;tablir des relations avec la jeunesse africaine et latino-am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les formations obtenues par R&#233;mi Rakotobe en Tch&#233;coslovaquie lui permettent de ma&#238;triser l'&#233;conomie politique, les principes du marxisme, la lutte de classe, des th&#233;matiques capitales et n&#233;cessaires pour la propagande du communisme. Titulaire du dipl&#244;me de ma&#238;trise, il retourne &#224; Madagascar en 1955 et s'engage avec ses amis dans les activit&#233;s politiques. Cette m&#234;me ann&#233;e, l'&#233;quipe de ces jeunes militants devenus communisants d&#233;cident de prendre en main la presse communisante en cr&#233;ant le journal Imongo Vaovao.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Fin)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; A. Spancesky, &#171; Regard sur l'&#233;volution politique malgache, 1945-1966 &#187;, in Revue fran&#231;aise de science politique, n&#176;4, 1967, p.670&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Gis&#232;le Rabesahala, Que vienne la libert&#233;, p.21&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La victoire du Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/la-victoire-du-comite-de-solidarite-de-madagascar</link>
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		<dc:date>2025-01-12T20:16:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Gis&#232;le Rabesahala</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'engagement politique de Gisele Rabesahala -10-&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/" rel="directory"&gt;Madagascar-Grande Ile&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/madagascar-madagasikara" rel="tag"&gt;Madagascar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/gisele-rabesahala" rel="tag"&gt;Gis&#232;le Rabesahala&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/gisele-rabesahala01-2-8f3de.jpg?1781369261' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression contre le Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar, la lutte pour la lib&#233;ration des Malgaches devenus prisonniers politiques suite &#224; la r&#233;pression de la r&#233;volte anti-coloniale de 1947 aboutit &#224; d'importantes avanc&#233;es. En 1957, le gouvernement fran&#231;ais doit lib&#233;rer tous les prisonniers politiques encore d&#233;tenus. Secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale du Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar, Gis&#232;le Rabesahala salua la contribution d&#233;cisive du Parti communiste fran&#231;ais dont faisait alors partie la F&#233;d&#233;ration communiste de La R&#233;union, ainsi que de la Section de La R&#233;union de l'Union des femmes de France, et du Comit&#233; de solidarit&#233; de La R&#233;union.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La principale mission du COSOMA (Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar) est d'aider les prisonniers politiques de 1947 et de revendiquer leur lib&#233;ration. Gis&#232;le Rabesahala et ses amis ont d&#251; montrer leur t&#233;nacit&#233; pour faire face au vent et &#224; la temp&#234;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la t&#234;te de la bataille pour la lib&#233;ration de ces prisonniers, le COSOMA ne travaille pas seul, il b&#233;n&#233;ficie du soutien d'organisations politiques, humanitaires nationales et internationales, comme le Parti communiste fran&#231;ais par le biais de ses d&#233;put&#233;s qui ont milit&#233; pour l'adoption de la loi d'amnistie, le Secours populaire fran&#231;ais, le Comit&#233; pour l'amnistie aux condamn&#233;s politiques d'Outre-mer, la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique internationale des femmes, l'Union des femmes fran&#231;aises, le Comit&#233; de solidarit&#233; de La R&#233;union, l'AEOM et des &#233;lus malgaches membres des Assembl&#233;es provinciales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lib&#233;ration de tous les prisonniers de 1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les difficult&#233;s, la lutte du COSOMA avec ses alli&#233;s aboutit &#224; l'am&#233;lioration progressive de la condition de d&#233;tention et &#224; la lib&#233;ration de prisonniers. En septembre 1950, les trois d&#233;put&#233;s et quatre autres prisonniers incarc&#233;r&#233;s dans la prison de Moheli aux Comores sont transf&#233;r&#233;s en France, &#224; Calvi et &#224; Marseille. En 1955, Raseta, pour des raisons sanitaires, est lib&#233;r&#233; de prison et mis en r&#233;sidence surveill&#233;e. En 1956, l'Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise adopte une loi accordant l'amnistie &#224; tous les Malgaches condamn&#233;s &#224; des peines allant jusqu'&#224; 15 ans de prison ou de travaux forc&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'environnement politique international devient de plus en plus d&#233;favorable au colonialisme. En 1955, la Conf&#233;rence de Bandung d&#233;nonce le colonialisme et ses atrocit&#233;s. A Madagascar, la r&#233;forme entreprise depuis 1956 apr&#232;s la Loi cadre conduit &#224; une nette &#233;volution de la situation des prisonniers politiques. En 1957, le gouvernement fran&#231;ais lib&#232;re tous les prisonniers de 1947.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Soutien des communistes r&#233;unionnais et fran&#231;ais, de l'Union des femmes et du Comit&#233; de solidarit&#233; de La R&#233;union&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans cette bataille, Gis&#232;le Rabesahala souligne la contribution particuli&#232;re du Parti communiste fran&#231;ais et ses organes satellites qui a montr&#233; son soutien ind&#233;fectible au COSOMA : &#171; Je me dois, par ailleurs, de souligner ce qui concerne la France, l'importante contribution du parti communiste fran&#231;ais, qui, en tant que parti, fut le premier en France &#224; s'engager jusqu'au bout pour exiger justice pour les Malgaches, et ce, par interm&#233;diaire de sa presse, de ses &#233;lus &#224; l'Assembl&#233;e nationale, au S&#233;nat, puis &#224; l'Assembl&#233;e de l'Union fran&#231;aise. Plus pr&#232;s de nous, les communistes de La R&#233;union, ses &#233;lus, ses organisations tels que les syndicats, l'Union des femmes, le Comit&#233; de solidarit&#233;, n'ont pas non plus &#233;t&#233; en reste, dans ce combat sur la justice &#187; &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Gis&#232;le Rabesahala, Le t&#233;moignage de Gis&#232;le Rabesahala, pp.18-19&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;pression contre le Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/la-repression-contre-le-comite-de-solidarite-de-madagascar</link>
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		<dc:date>2025-01-10T20:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Gis&#232;le Rabesahala</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'engagement politique de Gisele Rabesahala -9-&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/gisele-rabesahala" rel="tag"&gt;Gis&#232;le Rabesahala&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/1953-interdiction-fifampiana-d13bc.jpg?1781369262' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1950, Madagascar subit une forte r&#233;pression anticommuniste sous le colonialisme fran&#231;ais. Le Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar, accus&#233; de collusion avec des organisations communistes, est cibl&#233; par l'administration et l'&#201;glise. Ses dirigeants, dont Gis&#232;le Rabesahala, sont poursuivis pour diffusion de fausses nouvelles via le journal Fifanampiana, interdit en 1953. La r&#233;pression de la presse locale suscite l'indignation et le soutien des communistes r&#233;unionnais et fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1950 est marqu&#233;e par la tension excessive entre les blocs de l'Est et l'Ouest. Le syndrome du maccarthysme, m&#234;me si de degr&#233; moins important que celui des &#201;tats-Unis affecte les pays du bloc occidental. Pour le cas de la France, le gouvernement n'arrive pas &#224; imposer un anticommunisme en m&#233;tropole, ce qui n'est pas le cas dans les colonies o&#249; l'anticommunisme prend une ampleur significative. &lt;br class='autobr' /&gt;
A Madagascar, les communistes ou suppos&#233;s tels subissent une sorte de pers&#233;cution morale. Comme le COSOMA (Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar) travaille avec des organisations communistes fran&#231;aises et des pays de l'Est, il est tax&#233; par l'administration et l'&#201;glise catholique de communiste. Ses membres catalogu&#233;s de communistes subissent de rudes &#233;preuves ; intimidations et ennuis judiciaires pleuvent contre eux. Certains de ses premiers membres n'ayant pu supporter l'&#233;preuve quittent l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les r&#233;v&#233;lations publi&#233;es dans Fifanampiana d&#233;rangent le colonialisme fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le COSOMA est surveill&#233; par le service de la s&#251;ret&#233;. A maintes reprises, son local est l'objet de fouille de la police. L'administration a du mal &#224; dig&#233;rer les articles publi&#233;s par le journal Fifanampiana r&#233;v&#233;lant les conditions inhumaines v&#233;cues par les prisonniers. Le journal parle des souffrances endur&#233;es par les prisonniers, leurs ex&#233;cutions. En 1952, Gis&#232;le Rabesahala et Henri Rakotobe sont accus&#233;s d'avoir publi&#233; de fausse nouvelles susceptibles de troubler l'ordre public&lt;strong&gt; (1)&lt;/strong&gt;. Face &#224; la r&#233;pression contre les dirigeants du COSOMA, le Secours populaire fran&#231;ais r&#233;agit en manifestant son soutien inconditionnel &#224; l'organisation. Il s'insurge contre cette r&#233;pression judiciaire &#224; l'encontre des dirigeants du COSOMA : &#171; Le Secours populaire fran&#231;ais et La D&#233;fense protestent contre ce nouveau coup de force qui s'ajoute aux poursuites dont sont l'objet les patriotes Gis&#232;le Rabesahala et Henri Rakotobe, journalistes de Fifanampiana, organe du Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar &#187;&lt;strong&gt; (2)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;fendu par un avocat envoy&#233; par le Comit&#233; de solidarit&#233; de La R&#233;union&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;fense accorde une attention particuli&#232;re &#224; cette affaire. Elle d&#233;nonce &#224; maintes reprises le caract&#232;re abusif et ill&#233;gal de la poursuite contre ces deux dirigeants du COSOMA : &#171; Nous avons d&#233;j&#224; montr&#233; le caract&#232;re arbitraire des poursuites engag&#233;es contre Gis&#232;le Rabesahala et Henri Rakotobe, dirigeants du Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar qui se voient accus&#233;s de diffusion de fausses nouvelles pour des articles du journal Fifanampiana &#187; &lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt;. Les deux accus&#233;s sont d&#233;fendus par un avocat envoy&#233; par le Comit&#233; de solidarit&#233; de La R&#233;union, ma&#238;tre Paul Bris. L'audience se tient le 2 septembre 1952, le tribunal les condamne d'une amende individuelle de 2000 francs. La partie de la d&#233;fense interjette appel o&#249; ils sont relax&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Interdiction de Fifanampiana et saisies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres journaux communisants, Tenimiera, Itenimiera, Imongo, l'organe du COSOMA est aussi victime des mesures r&#233;pressives de l'administration. En 1953, le journal Fifanampiana, qui constamment publie les mauvaises conditions de d&#233;tentions de prisonniers, est frapp&#233; d'une interdiction &lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt;. Il ne se passe pas de semaine sans que l'administration coloniale ne saisisse des journaux appartenant aux mouvements progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Solidarit&#233; des communistes fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Leurs seuls crimes sont leurs audaces de critiquer et de d&#233;noncer les abus de l'administration. En publiant le 10 octobre 1953 un article disant que la r&#233;volte de 1947 n'est pas un crime : &#171; Parce que le patriotisme n'est pas un crime pour les Fran&#231;ais, la lutte lib&#233;ratrice des patriotes malgaches, pour laquelle ils ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s, ne sera jamais un crime&#8230; &#187; &lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt;, Tenimiera est frapp&#233; d'une suspension d'un mois. Cette restriction de la libert&#233; de presse &#224; Madagascar est fortement condamn&#233;e par les communistes fran&#231;ais : &#171; Avec les patriotes malgaches. Nous d&#233;non&#231;ons ces nouveaux coups de force, Imongo et Tenimiera comme Fifanampiana et tous les organes de la presse nationale malgache doivent para&#238;tre librement &#187; &lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Gis&#232;le Rabesahala, Que vienne la libert&#233;, p.69&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; La D&#233;fense n&#176; 317 du 11 avril 1952&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; La D&#233;fense n&#176; 324 du 05 juillet 1952&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Arr&#234;t&#233; n&#176;1183-AP/1 du 11 juin 1953 portant interdiction de l'apposition, de la distribution, de la circulation de l'affiche commen&#231;ant par : Ho hitanao ao amin'ny gazety Fifanampiana et finissant par&#8230;imprim&#233;e par la Soci&#233;t&#233; Antananarivo, Tananarive&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Tenimiera du 10 octobre 1953&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; La D&#233;fense n&#176;352 du 2 janvier 1954&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Actions humanitaires et politiques du Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/actions-humanitaires-et-politiques-du-comite-de-solidarite-de-madagascar</link>
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		<dc:date>2025-01-09T20:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Gis&#232;le Rabesahala</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'engagement politique de Gisele Rabesahala -8-&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/gisele-rabesahala" rel="tag"&gt;Gis&#232;le Rabesahala&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/fifanampiana-malagasy-comite-solidarite-madagascar-2-13315.jpg?1781369262' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A partir de sa cr&#233;ation en 1950, le Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar dont Gis&#232;le Rabesahala est la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale, m&#232;ne des actions de solidarit&#233; envers les prisonniers politiques malgaches condamn&#233;s par la justice coloniale dans le cadre de la r&#233;pression de la r&#233;volte de 1947. Il a des liens avec le Comit&#233; de solidarit&#233; de La R&#233;union initi&#233; par Raymond Verg&#232;s, et des organisations progressistes du monde. Le Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar s'implique &#233;galement pour obtenir la lib&#233;ration de ces prisonniers politiques en revendiquant le vote par les d&#233;put&#233;s fran&#231;ais d'une loi d'amnistie. A noter qu'en 1953, le gouvernement fran&#231;ais vit voter une loi amnistiant les collaborateurs des nazis, et refusa le vote d'une m&#234;me loi pour les victimes de la r&#233;pression coloniale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les actions humanitaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La condamnation et l'ex&#233;cution des d&#233;tenus se poursuivent. Le COSOMA (Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar) suit de pr&#232;s le cours des proc&#232;s sur toute l'&#238;le. A Mananjary, l'un des &#233;picentres de l'insurrection, 500 d&#233;tenus sont jug&#233;s par la Cour criminelle de 22 octobre au 22 novembre 1951. 26 d'entre eux sont condamn&#233;s &#224; mort, 20 condamn&#233;s &#224; la d&#233;tention perp&#233;tuelle, les autres sont frapp&#233;s par les peines de mise en r&#233;sidence forc&#233;e, d'interdiction de s&#233;jour &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;. Le proc&#232;s de Majunga d'octobre 1952, annonce une condamnation &#224; mort et six condamnations d'emprisonnement &#224; perp&#233;tuit&#233;. De Diego, Majunga, Tamatave, Tananarive, Fianarantsoa, Manakara, Mananjary, Ambatondrazaka,&#8230; les d&#233;tenus et leurs familles re&#231;oivent r&#233;guli&#232;rement des aides envoy&#233;es par le COSOMA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la cr&#233;ation du COSOMA, Gis&#232;le Rabesahala est souvent l'invit&#233;e des organisations progressistes de plusieurs pays. Elle participe &#224; plusieurs reprises aux conf&#233;rences politiques internationales, en France et dans les pays de l'Est, URSS, Tch&#233;coslovaquie, R&#233;publique d&#233;mocratique allemande. Grace &#224; la ferveur de Gis&#232;le Rabesahala, le COSOMA mobilise des organisations internationales pour l'aider dans sa mission humanitaire en faveur des prisonniers politiques et leurs familles : le Secours populaire fran&#231;ais, l'Union des femmes fran&#231;aises, la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique internationale des femmes bas&#233;e &#224; Prague. Le comit&#233; &#233;tablit aussi des relations avec les organisations progressistes de la R&#233;union comme le Comit&#233; de solidarit&#233; de La R&#233;union, &#224; l'initiative du Dr Raymond Verg&#232;s, d&#233;put&#233; r&#233;unionnais parmi les farouches d&#233;fenseurs de la proposition de loi d'amnistie pour les prisonniers politiques malgaches. Avec d'importantes aides re&#231;ues de la part de ces organisations, le comit&#233; aide les prisonniers et leurs familles sur toute l'&#238;le. Il envoie des vivres, des v&#234;tements, des m&#233;dicaments aux prisonniers et &#224; leurs familles. A Tananarive, il cr&#233;e une &#233;cole pour les enfants de ces prisonniers. Le COSOMA est devenu populaire gr&#226;ce &#224; ses actions en faveurs des prisonniers et leurs familles. Son existence fait na&#238;tre chez les Malgaches une lueur d'espoir face &#224; la m&#233;chancet&#233; colonialiste. Il ne pla&#238;t pas &#224; l'administration coloniale qui essaie &#224; tout prix de le faire tomber.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'engagement politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lutte politique de l'&#233;quipe du COSOMA consiste surtout &#224; d&#233;noncer les crimes et les r&#233;pressions coloniales.&lt;br class='autobr' /&gt;
A cette &#233;poque, environ 5.000 Malgaches restent encore sous les verrous. Le Comit&#233; de solidarit&#233; a comme principale revendication la lib&#233;ration des prisonniers de 1947. Consid&#233;r&#233;s par le pouvoir comme des criminels, ces prisonniers sont, pour l'&#233;quipe du COSOMA, des patriotes victimes de l'atrocit&#233; colonialiste, donc il est du devoir des Malgaches de lutter pour leur lib&#233;ration. Sans apport de l'ext&#233;rieur, il est quasiment impossible pour le comit&#233; de faire face au pouvoir fran&#231;ais. Consciente de cette situation, Gis&#232;le Rabesahala sollicite le soutien des organisations fran&#231;aises et internationales et il faut retenir que la lutte du COSOMA se d&#233;roule dans le contexte de la guerre froide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la fin de l'ann&#233;e 1946, l'entente entre le PCF et ses partenaires au sein du gouvernement fran&#231;ais ne cesse de se d&#233;grader. La guerre froide se met place progressivement. L'Union sovi&#233;tique renforce sa mainmise sur l'Europe de l'Est et tente son expansion vers l'Ouest, en Gr&#232;ce, Italie. Face &#224; cette menace expansionniste sovi&#233;tique, les &#201;tats-Unis mettent en place la politique du containment visant &#224; endiguer l'avanc&#233;e sovi&#233;tique qui est, pour les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s occidentaux, une menace pour la libert&#233; et la d&#233;mocratie. Il n'est pas question pour les &#201;tats-Unis que l'Italie et la France tombent sous l'influence sovi&#233;tique. Ils utilisent leurs armes &#233;conomiques sous forme d'aides pour ces &#201;tats europ&#233;ens en qu&#234;te de financement pour leurs redressements. Les points de vue se divergent au sein du gouvernement fran&#231;ais. Tout en restant au gouvernement, le PCF critique le pouvoir, il d&#233;nonce les conflits coloniaux, condamne l'intervention en Indochine dont ses d&#233;put&#233;s ne votent pas les cr&#233;dits militaires et proteste, en mars 1947, contre la r&#233;pression de Madagascar &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt;. Apr&#232;s l'acceptation par le gouvernement fran&#231;ais l'aide am&#233;ricaine dans le cadre du plan Marshall, la France signe son acte d'adh&#233;sion dans le bloc am&#233;ricain, elle fait partie donc de l'alliance militaire l'OTAN (Organisation du trait&#233; de l'Atlantique Nord) et de l'organisation &#233;conomique sous l'&#233;gide am&#233;ricaine, l'OECE (Organisation europ&#233;enne de coop&#233;ration &#233;conomique) devenue par la suite OCDE (Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomique). D&#233;sormais, le PCF, sur le point d'&#234;tre &#233;cart&#233; du gouvernement, multiplie son soutien aux mouvements de contestation en France : gr&#232;ves syndicales, luttes d'&#233;mancipation dans les colonies. C'est ainsi que le PCF et ses organes satellites soutiennent et internationalisent la lutte pacifique men&#233;e par Gis&#232;le Rabesahala et le COSOMA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son combat politique, le Comit&#233; de Gis&#232;le Rabesahala est donc soutenu par des organisations progressistes de plusieurs pays. Il a une large audience internationale. Le Congr&#232;s mondial des partisans de la paix, rassemblant une quarantaine des pays, r&#233;uni &#224; Varsovie du 17 au 21 novembre 1950 formule une motion de solidarit&#233; envers les prisonniers politiques malgaches &lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les partisans de la paix r&#233;unis &#224; Varsovie du 17 au 21 novembre 1950, au nom des peuples de leurs pays respectifs, adressent leur salut fraternel et expriment leur profonde sympathie aux vingt mille patriotes malgaches emprisonn&#233;s pour leurs activit&#233;s d&#233;mocratiques et l&#233;gitimes et leur amour de l'ind&#233;pendance et de la paix. Les partisans de la paix s'&#233;l&#232;vent avec rigueur contre la f&#233;roce r&#233;pression colonialiste&#8230; Ils assurent les emprisonn&#233;s de toute leur solidarit&#233;&#8230; &#187; &lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment le comit&#233; m&#232;ne-t-il son combat ? Il alerte les opinions malgaches, fran&#231;aise et internationale par la voie de la presse. Il cr&#233;e son propre journal Fifanampiana qui rapporte constamment les conditions de vie des prisonniers et les mauvais traitements. Le journal ne cesse de d&#233;noncer l'iniquit&#233; des proc&#232;s coloniaux. Ces informations sont relay&#233;es sur les m&#233;dias internationaux. L'organe officiel du Secours populaire fran&#231;ais, La D&#233;fense, pour alerter l'opinion publique fran&#231;aise, publie activement des informations sur la situation &#224; Madagascar. Le journal, qui devient le porte parole des prisonniers politiques malgaches, suit de pr&#232;s les proc&#232;s des accus&#233;s de l'insurrection et d&#233;nonce les verdicts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte pour l'amnistie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; travaille durement, sans rel&#226;che pour la lib&#233;ration des prisonniers. Avec les d&#233;put&#233;s communistes &#224; l'Assembl&#233;e nationale, il tente une action l&#233;gislative : proposer une loi d'amnistie. Cette option n'est pas facile par le fait que les communistes ne soient pas majoritaires &#224; l'h&#233;micycle. En septembre 1951, le groupe communiste de l'Assembl&#233;e nationale d&#233;pose une proposition de loi d'amnistie qui vise &#224; lib&#233;rer tous les condamn&#233;s pour des raisons politiques ou de luttes populaires dans les colonies. Cette proposition de loi est ajourn&#233;e. A Madagascar, l'Eglise catholique et les missions protestantes adh&#232;rent aussi &#224; cette cause. Pourtant, le PADESM d&#233;sapprouve l'id&#233;e d'amnistie. Les d&#233;put&#233;s du PADESM, Pascal Velonjara et Jonah Ranaivo comptent parmi les farouches opposants &#224; la loi d'amnistie.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1953, le gouvernement fran&#231;ais pr&#233;sente &#224; l'Assembl&#233;e nationale un projet de loi d'amnistie pour les collaborateurs des nazis. Les d&#233;put&#233;s communistes et socialistes apportent un amendement visant &#224; &#233;largir l'amnistie aux crimes et d&#233;lits commis en 1947 &#224; Madagascar. Encore une fois, la tentative &#233;choue, l'amendement est rejet&#233; par la majorit&#233;. Pendant que la chambre basse examine le projet de loi d'amnistie, &#224; Madagascar, le Comit&#233; de solidarit&#233; lance une p&#233;tition demandant l'amnistie int&#233;grale et imm&#233;diate pour les prisonniers politiques malgaches. Il la fait circuler dans tout Madagascar. La collecte de signatures est une entreprise tr&#232;s difficile pour le COSOMA. Traumatis&#233;s par la m&#233;thode r&#233;pressive de l'administration, les gens, &#233;tant favorables &#224; la p&#233;tition mais par crainte de repr&#233;sailles, h&#233;sitent &#224; y apposer leurs signatures. Malgr&#233; la peur g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la p&#233;tition re&#231;oit encore 16.500 signatures &lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt;. Cette action entreprise par le COSOMA conduit le militant catholique fran&#231;ais, le Professeur Massignon &#224; cr&#233;er &#224; Paris le 14 f&#233;vrier 1954 le Comit&#233; pour l'amnistie aux condamn&#233;s politiques d'Outre-mer. Ce comit&#233; recueille l'adh&#233;sion de nombreuses personnalit&#233;s politiques, syndicales et universitaires &lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt;. C'est &#224; ce comit&#233; que le COSOMA envoie les signatures collect&#233;es dans le cadre de la p&#233;tition. Le Professeur Massignon est venu &#224; Madagascar pour rencontrer les dirigeants du COSOMA, les autorit&#233;s et les familles des prisonniers. Le Comit&#233; pour l'amnistie aux condamn&#233;s politiques d'Outre-mer remet au pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise, en juin 1955, la p&#233;tition pr&#233;par&#233;e par le COSOMA. En France, le mouvement en faveur de l'amnistie des prisonniers politiques se d&#233;veloppe. Pour faire pression sur le gouvernement fran&#231;ais, le mouvement du Professeur Massignon organise &#224; Paris en juillet un meeting. L'Association des &#233;tudiants originaires de Madagascar (AEOM) &lt;strong&gt;(7)&lt;/strong&gt; rejoint le mouvement r&#233;clamant l'amnistie g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Madagascar, les diff&#233;rents mouvements revendiquant l'amnistie agissent en ordre dispers&#233;. En 1955, le COSOMA se rendant compte de la n&#233;cessit&#233; de la solidarit&#233;, lance un appel &#224; tous les Malgaches acquis &#224; cette cause, partis politiques, associations de jeunesses, groupements syndicaux, &#224; s'unir pour former un bloc avec le Comit&#233; pour l'amnistie aux condamn&#233;s politiques d'Outre-mer. En 1956, le Comit&#233; national pour l'amnistie aux condamn&#233;s (CNAC) est constitu&#233; sous la conduite du Pasteur Rakotovao Johanesa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Rabesahala Gis&#232;le, &#171; T&#233;moignage de Gis&#232;le Rabesahala &#187;, in Omaly sy Anio n&#176; 41-44, Antananarivo, 2001, P. 16&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; J. Y. Le Naour, Histoire du XXe si&#232;cle, Hachette, Paris, 2002, p.336&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Le COSOMA revendique &#224; ce que ces prisonniers soient trait&#233;s comme des prisonniers politiques mais pas comme des prisonniers de droit commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; La D&#233;fense n&#176;249 du 3 d&#233;cembre 1950&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Lucile Rabearimanana, La presse d'opinion &#224; Madagascar de 1947 &#224; 1956 : contribution &#224; l'histoire du nationalisme au lendemain de l'insurrection &#224; la veille de la loi cadre, Librairie Mixte, 1980, P.224&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; Ibid. P.226&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(7)&lt;/strong&gt; Cr&#233;&#233;e en 1935, l'AEOM se fait affilier &#224; deux organisations communistes internationales, l'Union internationale des &#233;tudiants et la F&#233;d&#233;ration de la jeunesse d&#233;mocratique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gis&#232;le Rabesahala et la cr&#233;ation du Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar (Fifanampiana Malagasy)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/gisele-rabesahala-et-la-creation-du-comite-de-solidarite-de-madagascar-fifanampiana-malagasy</link>
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		<dc:date>2025-01-08T20:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Gis&#232;le Rabesahala</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'engagement politique de Gisele Rabesahala -7-&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/gisele-rabesahala" rel="tag"&gt;Gis&#232;le Rabesahala&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/fifanampiana-malagasy-comite-solidarite-madagascar-05d0b.jpg?1781369262' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1949, Gis&#232;le Rabesahala prend la premi&#232;re fois la parole en public, c'&#233;tait lors de la Conf&#233;rence des Femmes progressistes d'Asie &#224; P&#233;kin. Elle informe alors le monde sur la r&#233;pression et les mauvais traitements inflig&#233;s aux prisonniers politiques captur&#233;s lors de la r&#233;volte de 1947 contre le colonialisme fran&#231;ais. De retour &#224; Madagascar, elle fit partie des jeunes militants qui fond&#232;rent, le 3 mai 1950, le Comit&#233; de solidarit&#233; de Madagascar. Les fondateurs du Fifanampiana Malagasy revendiquent l'h&#233;ritage du mouvement de r&#233;novation et reprennent la revendication d'ind&#233;pendance de Madagascar. Gis&#232;le Rabesahala fit alors la connaissance de Raymond Verg&#232;s, le fondateur de &#171; T&#233;moignages &#187; qui devint l'un de ses mentors.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le groupe de jeunes, amis de Rabesahala et les familles de prisonniers constituent un petit comit&#233; d'aide improvis&#233; aux prisonniers politiques (1), non d&#233;clar&#233; par peur de la r&#233;pression. Malgr&#233; cette menace, Gis&#232;le Rabesahala reste tr&#232;s active au sein de ce comit&#233;. Avec ses deux &#233;coles politiques, le Groupe d'&#233;tude communiste (GEC) et le MDRM, elle devient une militante nationaliste de gauche tr&#232;s engag&#233;e. Elle assure la distribution et l'envoi des vivres, des m&#233;dicaments, des v&#234;tements, des livres collect&#233;s aupr&#232;s des bienfaiteurs nationaux et &#233;trangers pour les prisonniers diss&#233;min&#233;s dans diff&#233;rentes prisons de l'&#238;le. Elle &#233;tablit des relations entre les prisonniers et leurs familles. Tous les trois jours, elle envoie des colis par voie postale dans les villes o&#249; il y a des prisonniers de la r&#233;pression de l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;re intervention publique : Conf&#233;rence des Femmes progressistes d'Asie &#224; P&#233;kin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1949, quelques mois apr&#232;s la prise de pouvoir du Parti communiste chinois et la naissance de la R&#233;publique populaire de Chine, une Conf&#233;rence des Femmes progressistes d'Asie se tient &#224; P&#233;kin. L'Union des Femmes fran&#231;aise (UFF), une organisation affili&#233;e au PCF est invit&#233;e &#224; cette conf&#233;rence. Pierre Boiteau, ayant bien remarqu&#233; le dynamisme et la bravoure de Gis&#232;le Rabesahala au sein de ce comit&#233;, lui sugg&#232;re de participer &#224; la conf&#233;rence de P&#233;kin avec ses cons&#339;urs de l'Union des Femmes fran&#231;aise. Pierre Boiteau, devenu son mentor politique est &#224; ce moment sur le point de quitter Madagascar apr&#232;s avoir &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; par l'administration comme une persona non grata. Arriv&#233; en France, il utilise tous les moyens pour faire venir Gis&#232;le &#224; Paris pour qu'elle puisse partir avec ses pairs de l'UFF. Pour son voyage, elle ment &#224; sa m&#232;re en disant qu'elle va poursuivre ses &#233;tudes en France (2). Arriv&#233;e &#224; Paris, elle part pour P&#233;kin avec les membres de l'Union des Femmes fran&#231;aise. Elles font un long p&#233;riple ferroviaire en passant par Prague, Varsovie, Moscou, Sib&#233;rie.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la Conf&#233;rence de P&#233;kin, Gis&#232;le Rabesahala prend la parole devant des milliers de femmes venant de plusieurs pays, c'est une occasion pour elle de faire conna&#238;tre &#224; toute assistance internationale ce qui se passe &#224; Madagascar, les conditions v&#233;cues par les prisonniers politiques et la r&#233;pression colonialiste. Indign&#233;es en apprenant l'information sur la Grande &#238;le partag&#233;e par la jeune militante malgache, les participantes &#224; cette conf&#233;rence adoptent une r&#233;solution demandant au gouvernement fran&#231;ais la fin de la r&#233;pression et la lib&#233;ration des patriotes emprisonn&#233;s (3). C'est donc la premi&#232;re apparition publique de Gis&#232;le Rabesahala. De retour, elles s'arr&#234;tent &#224; Moscou pour participer &#224; un meeting de compte rendu de la Conf&#233;rence de P&#233;kin organis&#233; par le Comit&#233; des Femmes sovi&#233;tiques. C'est une occasion pour elle de voir Staline qui est pr&#233;sent &#224; ce rassemblement. Elle est donc la premi&#232;re Malgache &#224; mettre ses pieds &#224; Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Il faut secourir nos fr&#232;res malgaches &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Paris, elle est accueillie par la famille de Pierre Boiteau. Pendant son s&#233;jour &#224; Paris, son agenda est surcharg&#233;. Elle s'entretient avec des Malgaches r&#233;sidents en France voulant s'informer sur la situation &#224; Madagascar. La F&#233;d&#233;ration des &#201;tudiants d'Afrique noire en France (FEANF) organise une conf&#233;rence en solidarit&#233; avec les prisonniers politiques en Afrique ; Gis&#232;le Rabesahala est invit&#233;e &#224; y intervenir. Elle explique la situation malgache. Elle est aussi re&#231;ue au si&#232;ge du Secours populaire fran&#231;ais. C'&#233;tait une occasion pour les journalistes de La D&#233;fense de l'interviewer. Elle r&#233;v&#232;le les traitements horribles inflig&#233;s aux prisonniers de l'insurrection et lance un appel de d&#233;tresse pour les sauver : &#171; les autorit&#233;s essaient de cacher la v&#233;rit&#233;, mais les lettres des prisonniers nous l'informent&#8230; les mauvais traitements, la faim, le manque total des soins les plus n&#233;cessaires. En f&#233;vrier 1949, nous avons appris la mort d'Emmanuel Randrianatoandro, &#224; Sambava, qui a succomb&#233; &#224; la suite des s&#233;vices de ses gardiens&#8230; Nos amis risquent de mourir des maladies contract&#233;es sous ce r&#233;gime inhumain. La solidarit&#233; des Malgaches se manifeste constamment&#8230; Un comit&#233; d'aide est form&#233; &#224; leur intention. Malheureusement, beaucoup des m&#233;dicaments n&#233;cessaires sont introuvables sur l'&#238;le&#8230; Il faut secourir nos fr&#232;res malgaches &#187; (4).&lt;br class='autobr' /&gt;
A cause de son courage pour d&#233;noncer la r&#233;pression inflig&#233;e aux prisonniers politiques malgaches, elle court de grands risques et p&#233;rils pour sa personne &#224; son retour &#224; Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3 mai 1950 : cr&#233;ation du Comit&#233; de solidarit&#233; Madagascar&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Madagascar, forte de ses exp&#233;riences de rencontres internationales et de ses contacts avec des organisations progressistes de diff&#233;rents pays voulant aider les d&#233;tenus politiques malgaches, Gis&#232;le Rabesaha qui vient d'avoir 21 ans, l'&#226;ge l&#233;gal pour d&#233;poser les statuts d'une association, d&#233;cide de cr&#233;er le Comit&#233; de solidarit&#233; Madagascar (COSOMA), le 3 mai 1950. Dans cette entreprise audacieuse, la jeune militante est assist&#233;e par ses amis, Ars&#232;ne Ratsifehera, Basile Andriantseheno, Victor Razafimahazo, Cl&#233;ment Ramamonjisoa, Maurice Rakotobe, Henri Rakotobe, Remi Rakotobe, d&#233;j&#224; connus dans le monde du syndicalisme. Au sein de cette nouvelle organisation, Gis&#232;le Rabesahala occupe la fonction de secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale et Henri Rakotobe est d&#233;sign&#233; comme pr&#233;sident. Tr&#232;s vite, le comit&#233; s'installe dans plusieurs r&#233;gions de Madagascar. Il utilise le r&#233;seau du MDRM et recrute comme membre les rescap&#233;s du mouvement et les membres des familles de prisonniers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les statuts du comit&#233; fixent ses principaux objectifs, dont, premi&#232;rement, la lutte pour la lib&#233;ration et l'amnistie de tous les patriotes emprisonn&#233;s &#224; la suite des &#233;v&#233;nements de 1947-1948 et deuxi&#232;mement, la solidarit&#233; aux victimes des calamit&#233;s naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Donner un nouveau souffle aux sentiments patriotiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des objectifs humanitaires stipul&#233;s dans les statuts, cette &#233;quipe de jeunes militants fondateurs du Comit&#233; de solidarit&#233; a des buts clairement politiques : donner un nouveau souffle aux sentiments patriotiques mis &#224; mal par le massacre de nombreux cadres du MDRM (5). En jetant en prison les cadres et responsables du MDRM, l'administration esp&#232;re avoir d&#233;capit&#233; la vell&#233;it&#233; ind&#233;pendantiste &#224; Madagascar. Pendant trois ans apr&#232;s l'insurrection, la revendication de l'ind&#233;pendance imm&#233;diate devient un sujet tabou. Les nationalistes, qui n'&#233;taient pas arr&#234;t&#233;s, sont contraints d'observer le silence. Ces jeunes militants qui pr&#234;tent main forte aux condamn&#233;s de la r&#233;volte de 1947, montrent manifestement leur initiative de continuer le combat politique entam&#233; par le MDRM. Ils revendiquent l'h&#233;ritage du mouvement de r&#233;novation et reprennent la revendication d'ind&#233;pendance de Madagascar. Le comit&#233; m&#232;ne simultan&#233;ment des actions humanitaires et des activit&#233;s politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ses actions humanitaire et politique, le COSOMA de Gis&#232;le Rabesahala est &#233;paul&#233; par le parti PCF et sa F&#233;d&#233;ration r&#233;unionnaise. Raymond Verges, d&#233;put&#233; et secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration du Parti communiste fran&#231;ais &#224; La R&#233;union devient en quelque sorte le mentor politique de la jeune militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Les nationalistes, membres du MDRM (Mouvement d&#233;mocratique de la r&#233;novation malgache) arr&#234;t&#233;s suit &#224; la r&#233;volte de 1947.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Gis&#232;le Rabesahala, op cit p. 80&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Ibid&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; La D&#233;fense n&#176;259 du 17 f&#233;vrier 1950&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Rabesahala Gis&#232;le, &#171; T&#233;moignage de Gis&#232;le Rabesahala &#187;, in Omaly sy Anio n&#176; 41-44, Antananarivo, 2001, P. 17&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le grand proc&#232;s de Tananarive</title>
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		<dc:date>2025-01-07T20:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Gis&#232;le Rabesahala</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De juillet &#224; octobre 1948, Gis&#232;le Rabesahala est impliqu&#233;e dans la d&#233;fense des accus&#233;s du proc&#232;s de Tananarive. Organis&#233; par le pouvoir colonial fran&#231;ais, ce proc&#232;s faisait partie la r&#233;pression de la r&#233;volte de 1947. Il a d&#233;bouch&#233; sur plusieurs condamnations &#224; mort, dont celle de deux d&#233;put&#233;s du MDRM. Face &#224; ces peines tr&#232;s s&#233;v&#232;res inflig&#233;es aux accus&#233;s, les opinions publiques malgache et fran&#231;aise se manifestent pour revendiquer la lib&#233;ration pour les condamn&#233;s. Gis&#232;le Rabesahala participa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/1948-10-08-madagascar-09f1d.jpg?1781369262' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De juillet &#224; octobre 1948, Gis&#232;le Rabesahala est impliqu&#233;e dans la d&#233;fense des accus&#233;s du proc&#232;s de Tananarive. Organis&#233; par le pouvoir colonial fran&#231;ais, ce proc&#232;s faisait partie la r&#233;pression de la r&#233;volte de 1947. Il a d&#233;bouch&#233; sur plusieurs condamnations &#224; mort, dont celle de deux d&#233;put&#233;s du MDRM. Face &#224; ces peines tr&#232;s s&#233;v&#232;res inflig&#233;es aux accus&#233;s, les opinions publiques malgache et fran&#231;aise se manifestent pour revendiquer la lib&#233;ration pour les condamn&#233;s. Gis&#232;le Rabesahala participa &#224; cette solidarit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le grand proc&#232;s de Tananarive, le proc&#232;s des parlementaires et des dirigeants du MDRM se tient du juillet &#224; l'octobre 1948. Pendant ce proc&#232;s, Gis&#232;le Rabesahala travaille avec les avocats fran&#231;ais, l'Avocat g&#233;n&#233;ral Rolland et Ma&#238;tre Douzon. Elle assure la collecte de dossiers et informations demand&#233;es par ces avocats, leur classement et puis la saisie de dossiers. Elle suit le d&#233;roulement du proc&#232;s depuis son ouverture, le 28 juillet jusqu'&#224; sa cl&#244;ture, le jour du verdict, le 4 octobre. Les trois d&#233;put&#233;s et les 29 co-accus&#233;s sont inculp&#233;s pour &#171; instigation et provocation &#224; des r&#233;unions s&#233;ditieuses, r&#233;bellions et pillage, complicit&#233; d'assassinat &#187; &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;fense des trois parlementaires du MDRM&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ce proc&#232;s, les accus&#233;s expliquent leur non implication directe ou indirecte &#224; l'insurrection. Entendus par la Cour criminelle les 2 et 3 ao&#251;t, les trois parlementaires font les d&#233;clarations suivantes &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Ravoahangy : &#171; Je tiens &#224; r&#233;prouver encore d'une fa&#231;on formelle ici ces actes de barbarie qu'on a jamais vus dans les annales de l'histoire de Madagascar. Je r&#233;prouve toutes ces violences inou&#239;es contre des femmes, des enfants, tous ces actes barbares des rebelles qui n'ont aucune excuse&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Rabemananjara : &#171; La r&#233;bellion est une entreprise qui ne saurait &#234;tre qualifi&#233;e que d'une entreprise de fous et de d&#233;ments&#8230; nous avons cherch&#233; &#224; collaborer avec la France et avec elle nous voulons travailler d'une fa&#231;on loyale sans arri&#232;re-pens&#233;es, quoiqu'on pense l'accusation&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Raseta : &#171; Je nie avec ma derni&#232;re &#233;nergie les accusations dont on me charge. Je ne suis pas complice d'une entreprise aussi abominable. Et ce n'est pas de nos int&#233;r&#234;ts d'aller d&#233;molir les r&#233;sultats dont nous &#233;tions parvenus. On s'est servi de mon nom pour convaincre la masse&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans leurs d&#233;clarations, les d&#233;put&#233;s condamnent ces actes de r&#233;bellion qu'ils qualifient de barbares et d'abominables. Ils nient compl&#232;tement toute relation avec les insurg&#233;s qu'ils consid&#232;rent comme des criminels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;v&#232;res condamnations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gis&#232;le Rabesahala qui assiste &#224; ces proc&#232;s, en entendant les d&#233;clarations de ces d&#233;put&#233;s, croit &#224; leur innocence et esp&#232;re qu'ils seront relax&#233;s. Contre toutes ses attentes, les verdicts prononc&#233;s par la Cour criminelle sont s&#233;v&#232;res :&lt;br class='autobr' /&gt;
Six mises &#224; mort dont les d&#233;put&#233;s Raseta et Ravoahangy, Augustin Rakotoarison, Martin Rakotovao, Pasteur Max Tata, Jo&#235;l Sylvain.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Quatre condamnations aux travaux forc&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233;, le d&#233;put&#233; Jacques Rabemananjara, Jean Baptiste Rabeatoandro, J&#233;r&#244;me Ranaivoson, Ramamonjy Raherivelo.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Cinq condamnations aux travaux forc&#233;s allant de 5 &#224; 10 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
En dehors de Tananarive, des milliers de combattants et de membres du MDRM sont condamn&#233;s et incarc&#233;r&#233;s sur tout Madagascar. Le tribunal de Fianarantsoa a prononc&#233; 10 condamnations &#224; mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Indign&#233;e par les d&#233;cisions de la justice qu'elle juge injustes et abusives, Gis&#232;le Rabesahala d&#233;cide de s'engager davantage dans la lutte contre la r&#233;pression coloniale et le soutien aux prisonniers politiques &lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La solidarit&#233; avec les condamn&#233;s s'organise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces peines tr&#232;s s&#233;v&#232;res inflig&#233;es aux accus&#233;s, les opinions publiques malgache et fran&#231;aise se manifestent pour revendiquer la lib&#233;ration pour les condamn&#233;s. L'&#233;quipe des communisants, autour du journal La Fraternit&#233; avec le soutien des progressistes de la m&#233;tropole et les milieux confessionnels catholique et protestant, m&#232;nent s&#233;par&#233;ment leurs luttes pour l'amnistie des prisonniers de l'insurrection.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme les missions protestantes sont sous la surveillance du service de s&#251;ret&#233;, elles ne peuvent pas se manifester ouvertement. Certains dirigeants du PDM, parti d'ob&#233;dience protestante sont aussi mis en cause dans cette affaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre les catholiques, qui sont moins expos&#233;s au foudre de l'administration coloniale, apportent ouvertement leur soutien aux d&#233;tenus &lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt;. L'Eglise catholique mobilise son organisation caritative, le Secours catholique, pour aider les prisonniers et leurs familles. Cette d&#233;marche a un dessous politique, celui de ne pas laisser aux seuls communistes le soin de s'occuper les d&#233;tenus &lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lobbyings men&#233;s par les diff&#233;rentes forces politiques aussi bien &#224; Madagascar qu'en France conduisent le pr&#233;sident fran&#231;ais Auriol, le lendemain de la c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te nationale fran&#231;aise de 1948, &#224; gracier les condamn&#233;s &#224; mort. Leurs peines sont commu&#233;es &#224; des peines de d&#233;tention &#224; vie. Les condamn&#233;s sont d&#233;port&#233;s aux Comores.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Gis&#232;le Rabesahala, &#171; T&#233;moignage de Rabesahala Gis&#232;le &#187;, in Omaly sy Anio n&#176; 41-44, Antananarivo, 2001, p. 17&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Secours populaire fran&#231;ais, L'affaire de Madagascar&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Georges Radebason, L'Union sovi&#233;tique pr&#233;sent&#233;e par le journal Imongo Vaovao, M&#233;moire de ma&#238;trise, p.24&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Lucile Rabearimanana, &#171; Protestantisme et nationalisme &#224; Madagascar de 1945 &#224; 1960 &#187;, [en ligne], https://www.revue_mascareigne_03-part13.pdf, page consult&#233;e le 21 mars 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Ibid&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;pression politique et la formation de l'&#233;quipe des jeunes nationalistes communisants</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/la-repression-politique-et-la-formation-de-l-equipe-des-jeunes-nationalistes-communisants</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Gis&#232;le Rabesahala</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'engagement politique de Gisele Rabesahala -5-&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/gisele-rabesahala-2-c1ac9.jpg?1781369262' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1947 &#224; Madagascar, l'insurrection contre l'oppression coloniale &#233;clata le 29 mars. Les colonialistes fran&#231;ais utilis&#232;rent ce pr&#233;texte pour d&#233;truire le MRDM dans le cadre d'une politique de r&#233;pression massive qui fit sans doute plus de 100 000 morts. Des nombreux membres du MDRM furent arr&#234;t&#233;s, y compris ses trois d&#233;put&#233;s. Gis&#232;le Rabesahala s'impliqua dans le soutien aux prisonniers et l'organisation de leur d&#233;fense gr&#226;ce &#224; la solidarit&#233; des communistes fran&#231;ais. En octobre 1947, la presse du MDRM recommence &#224; para&#238;tre malgr&#233; les saisies et suspensions ordonn&#233;es par la justice coloniale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A Tananarive, peu de membres du MDRM &#233;chappent &#224; l'arrestation. Les deux amis de Gis&#232;le Rabesahala, Ars&#232;ne Ratsifehera et Remi Rakotobe, et plusieurs militants du MDRM de Tananarive sont aussi arr&#234;t&#233;s et d&#233;tenus pendant plusieurs semaines &#224; l'h&#244;tel de ville. Gis&#232;le accompagne sa s&#339;ur Aim&#233;e Rabesahala, qui n'est autre que l'&#233;pouse d'Ars&#232;ne Ratsifehera, son parrain politique, &#224; l'h&#244;tel de ville pour leur apporter des repas. Elle voit comment les militaires s&#233;n&#233;galais maltraitent les d&#233;tenus. C'est l&#224; qu'elle fait connaissance de la famille de R&#233;mi Rakotobe, son p&#232;re, sa s&#339;ur et ses fr&#232;res Maurice et Henri Rakotobe. Des familles de d&#233;tenus font connaissance, et pour le sort de leurs proches, elles d&#233;cident de se r&#233;unir dans la maison du Dr Rakotonirainy. Parmi les personnes pr&#233;sentes &#224; la premi&#232;re r&#233;union, il y a les &#233;pouses du d&#233;put&#233; Ravoahangy et du Dr Rakotonirainy, Z&#232;le Rasoanoro, militante du MDRM &#233;pargn&#233;e par l'arrestation abusive, et Gis&#232;le Rabesahala. Lors de cette r&#233;union, elles se sont rendu compte que l'affaire est difficile et qu'elles doivent faire appel &#224; un avocat fran&#231;ais : &#171; nous ne pourrons les d&#233;fendre seuls, nous devrions chercher un avocat en France &#187;&lt;strong&gt; (1)&lt;/strong&gt;. Le groupe se met en contact avec le Secours populaire fran&#231;ais et le Comit&#233; franco-malgache et le Parti communiste fran&#231;ais gr&#226;ce &#224; Raymond Lombardo et Pierre Boiteau, conseillers et membres du groupe communiste au Conseil de l'Union fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques semaines de d&#233;tention, plusieurs de ces d&#233;tenus de Tananarive sont rel&#226;ch&#233;s faute de charge. Ars&#232;ne Ratsifehera et Remi Rakotobe retrouvent la libert&#233; et rejoignent le groupe fond&#233; par les proches des d&#233;tenus. Le Secours populaire fran&#231;ais pr&#233;vient les familles de prisonniers de l'arriv&#233;e des avocats pour d&#233;fendre les accus&#233;s. Ars&#232;ne et R&#233;mi demandent &#224; Gis&#232;le d'aider ces avocats. Elle accepte cette mission d&#233;licate mais sa m&#232;re s'inqui&#232;te pour elle. Face son insistance, ses larmes et sa d&#233;termination, sa m&#232;re finit par c&#233;der et lui donne son accord. Elle assure le r&#244;le de secr&#233;taire et interpr&#232;te du groupe des avocats fran&#231;ais venus sp&#233;cialement pour d&#233;fendre les accus&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur tout Madagascar, des milliers des d&#233;tenus, subissant des atrocit&#233;s, tortures, humiliations en tout genre, attendent leurs proc&#232;s pr&#233;vus pour le deuxi&#232;me semestre de l'ann&#233;e 1948. Parmi ces d&#233;tenus, il y a ceux qui ont pris des armes aux c&#244;t&#233;s des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes et ceux qui ont milit&#233; l&#233;galement pour l'ind&#233;pendance de Madagascar mais sont arbitrairement accus&#233;s parce qu'ils sont membres du MDRM. A l'appel du groupe des familles de d&#233;tenus, quelques gens de bonne volont&#233; participent discr&#232;tement au financement des d&#233;marches juridiques et aux aides en faveur des condamn&#233;s et de leurs familles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La reprise des activit&#233;s journalistiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelque temps de repli au lendemain de l'&#233;clatement de la r&#233;volte, le groupe communiste dirig&#233; par Raymond Lombardo refait son apparition devant la sc&#232;ne politique. Il apporte son soutien aux prisonniers de l'insurrection en luttant pour leur lib&#233;ration. Pour mener sa lutte, l'&#233;quipe de Lombardo, constitu&#233;e par des proches du MDRM, d&#233;cide de reprendre l'activit&#233; journalistique de la presse pro-MDRM dissoute apr&#232;s l'insurrection. Le 16 octobre 1947, para&#238;t son premier journal La Fraternit&#233; &#8212; Fihavanana &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt;. Dans son &#233;quipe de direction et de r&#233;daction il y a Raymond Lombardo, Z&#232;le Rasoanoro, Jeannelle, Remi Rakotobe, Ars&#232;ne Ratsifehera, Victor Razafimahazo. Le journal milite pour la lib&#233;ration des prisonniers politiques et reprend aussi la lutte pour l'ind&#233;pendance de Madagascar. Il rapporte les difficult&#233;s v&#233;cues par ces d&#233;tenues et leurs familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; cette &#233;poque la pacification est encore en cours dans les zones insurg&#233;es, la libert&#233; de presse est musel&#233;e. Le journal appartenant &#224; cette &#233;quipe communisante est expos&#233; aux foudres du pouvoir colonial, il conna&#238;t des conditions d'existence tr&#232;s difficiles. Pour assurer sa continuit&#233;, de 1947 &#224; 1955, le journal souvent objet de saisies et de suspensions, est dans l'obligation de changer plusieurs fois son titre : Fraternit&#233;-Fihavanana, Tenimiera, Itenimiera, Ny Asantsika, Taridalana, Lalam-baovao. D'un titre &#224; l'autre, la pr&#233;sentation, la politique r&#233;dactionnelle, les id&#233;es politiques vulgaris&#233;es sont maintenues. Elles accordent leur attention au d&#233;roulement du proc&#232;s des inculp&#233;s de l'insurrection. Les questions du pr&#233;sident du tribunal, les interventions des avocats, les explications apport&#233;es par les inculp&#233;s sont reproduites quasi int&#233;gralement par ces journaux&lt;strong&gt; (3)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Gis&#232;le Rabesahala, op cit p.43&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Georges Radebason op cit p.37&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Ibid&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gis&#232;le Rabesahala et ses premi&#232;res exp&#233;riences politiques au sein du MDRM : des &#233;lections l&#233;gislatives aux r&#233;pressions post-insurrection -3-</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/gisele-rabesahala-et-ses-premieres-experiences-politiques-au-sein-du-mdrm-des-elections-legislatives-aux-repressions-post-insurrection-3</link>
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		<dc:date>2025-01-05T20:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Radebason</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>
		<dc:subject>Gis&#232;le Rabesahala</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'engagement politique de Gisele Rabesahala -4-&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/gisele-rabesahala" rel="tag"&gt;Gis&#232;le Rabesahala&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/repression-1947-madagascar-moramanga-c8a0f.jpg?1781369262' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1947 &#224; Madagascar, l'insurrection contre l'oppression coloniale &#233;clata le 29 mars. Les colonialistes fran&#231;ais utilis&#232;rent ce pr&#233;texte pour d&#233;truire le MRDM dans le cadre d'une politique de r&#233;pression massive qui fit sans doute plus de 100 000 morts. A Paris, le conseil des ministres fran&#231;ais dissout le MDRM, d&#233;cision applaudie par &#171; le Monde &#187;. Puis une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s fran&#231;ais vota la lev&#233;e de l'immunit&#233; parlementaire des trois d&#233;put&#233;s malgaches du MDRM afin que la justice fran&#231;aise puisse les accuser &#224; tort d'&#234;tre des dirigeants de l'insurrection, qualifi&#233;e de machination des colonialistes par le MDRM. Cette r&#233;pression fut une des &#233;tapes marquantes des premi&#232;res ann&#233;es de l'engagement politique de Gis&#232;le Rabesahala. Voici le rappel de ces &#233;v&#233;nements dans la suite de l'article de Georges Radebason.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la deuxi&#232;me semaine du mois de mars, les rumeurs sur l'insurrection en gestation se pr&#233;cisent. Toutes les sources de renseignements confirment que l'insurrection &#233;clatera le 29 mars &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;. Les milieux coloniaux et le PADESM d&#233;signent le MDRM et ses leaders d'&#234;tre responsables directs de cette initiative belliqueuse. L'administration coloniale, les militaires sont alert&#233;s des attaques imminentes contre les int&#233;r&#234;ts coloniaux sut tout territoire de Madagascar. La situation devient de plus en plus explosive.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le MRDM appelle &#224; s'abstenir de tout acte de violence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le MDRM s'alarme aussi face &#224; cette situation. Son &#233;tat-major politique r&#233;uni le 27 mars d&#233;cide de faire une communication informant les partisans et sympathisants qu'une insurrection se tiendra la nuit du 29 mars et que les membres du parti doivent s'en mettre &#224; l'&#233;cart. Pour les leaders du MDRM, cette action sera dans le but de saboter la politique pacifique de leur mouvement. Ils envoient urgemment des messages, t&#233;l&#233;graphiques et &#224; travers leur presse, &#224; toutes les sections du MDRM, invitant tous les partisans &#224; s'&#233;loigner de tout acte de violence : &#171; Urgent, pri&#232;re diffuser et afficher texte, ordre imp&#233;ratif est donn&#233; &#224; toutes les sections, &#224; tous les membres MDRM, garder calme et sang froid absolus devant man&#339;uvres et provocations toutes natures destin&#233;es &#224; susciter troubles sein population malgache et &#224; saboter politique pacifique du MDRM &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit du 29 mars, l'insurrection se d&#233;clenche &#224; Moramanga et &#224; Manakara. Au lendemain de l'&#233;clatement de l'insurrection, l'administration et le MDRM se renvoient la responsabilit&#233; de l'insurrection. L'administration coloniale et les milieux colonialistes d&#233;signent directement le MDRM comme responsable de la r&#233;bellion. Le 30 mars, par le biais de la Radio Tananarive, l'administration annonce que le MDRM est responsable des &#233;v&#233;nements. Le Haut Commissaire de Coppet affirme que les r&#233;sultats des enqu&#234;tes mettent en cause la responsabilit&#233; des membres du MDRM &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mensonges des colonialistes fran&#231;ais et de son relais malgache, le PADESM&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Ligue de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts franco-malgaches dans son m&#233;morandum d&#233;pos&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale demandant la lev&#233;e de l'immunit&#233; des trois d&#233;put&#233;s malgaches pr&#233;cise que l'insurrection est l'&#339;uvre du parti MDRM : &#171; Nous disons que ce mouvement est l'&#339;uvre d'une faction d'intellectuels Hova voulant r&#233;tablir sur l'&#238;le un gouvernement oligarchique &#224; leur profit&#8230; Autres tribus, qui &#233;taient jadis asservis par les Hova ont gard&#233; un fort mauvais souvenir de cette domination et n'ont pas voulu suivre ce mouvement,&#8230; &#187; &lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PADESM dont ses militants constituent les cibles des insurg&#233;s partage le m&#234;me avis que cette ligue en d&#233;non&#231;ant la volont&#233; du MDRM d'instaurer l'h&#233;g&#233;monie merina : &#171; Le massacre des chefs du PADESM de Vohipeno et autres endroits met en claire le but du MDRM. Ce parti veut restaurer le royaume hova comme nous l'avons d&#233;j&#224; pr&#233;vu depuis longtemps &#187; &lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le bureau politique du MDRM n'a jamais particip&#233; &#224; la machination &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quant au MDRM, les d&#233;put&#233;s et les membres du bureau politique r&#233;unis d'urgence le 31 mars font une d&#233;claration se d&#233;solidarisant &#224; cette violence : &#171; &#8230; Nous r&#233;prouvons de la fa&#231;on la plus formelle ces actes de barbarie et de violence et nous esp&#233;rons que la justice fera jaillir toute la v&#233;rit&#233; et d&#233;terminera la responsabilit&#233; de ces crimes. Nous tenons &#224; protester avec indignation contre les accusations faites ou insinu&#233;es par une certaine presse &#224; notre endroit et &#224; l'&#233;gard de la politique de notre parti. Nous affirmons solennellement que le bureau politique du MDRM n'a jamais particip&#233; &#224; la machination et &#224; la r&#233;alisation de ces actes odieux&#8230; &#187; &lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cadres du parti soulignent que l'insurrection est un complot organis&#233; conjointement par l'administration coloniale et les soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes dans le but de d&#233;molir le MDRM. Dans leur d&#233;claration, ils soutiennent que l'administration met en ex&#233;cution les directives du ministre de la France d'Outre-mer de septembre 1946 en ordonnant les autorit&#233;s locales de combattre le MDRM par tous les moyens&lt;strong&gt; (6)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des centaines de militants du MRDM et d'otages ex&#233;cut&#233;s sans jugement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'administration passe &#224; l'acte pour r&#233;tablir l'ordre. Dix districts de la c&#244;te Est impliqu&#233;s directement &#224; cette insurrection sont mis en &#233;tat de si&#232;ge&lt;strong&gt; (7)&lt;/strong&gt;. Des vagues de r&#233;pressions s'abattent sur les populations dans des zones insurg&#233;es. Comme le MDRM est d&#233;sign&#233; par l'administration comme responsable de l'insurrection, elle proc&#232;de aux arrestations massives des responsables et des simples membres du parti. Tous les militants du MDRM sont &#233;tiquet&#233;s comme insurg&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des milliers des militants du MDRM sont arr&#234;t&#233;s dont nombreux sont ex&#233;cut&#233;s sans &#234;tre jug&#233;s comme les cas des militants du MDRM d'Ambatondrazaka fusill&#233;s &#224; Moramanga, des centaines d'otages ex&#233;cut&#233;s &#224; Manakara et Mananjary. Le lieutenant Albert Randriamaromanana accus&#233; d'avoir con&#231;u l'attaque avort&#233;e de Tananarive est condamn&#233; &#224; mort par le tribunal militaire et ex&#233;cut&#233; le 28 avril 1948. Le richissime malgache Samuel Rakotondrabe consid&#233;r&#233; comme le chef pr&#233;sum&#233; de la r&#233;bellion est h&#226;tivement ex&#233;cut&#233; apr&#232;s un simulacre de proc&#232;s quelques jours avant l'ouverture du proc&#232;s de Tananarive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette ex&#233;cution sommaire suscite la r&#233;action des avocats des accus&#233;s et de la condamnation de l'opinion publique fran&#231;aise. La r&#233;pression contre les militants du parti ne se limite pas seulement dans les zones o&#249; il y a l'insurrection mais s'&#233;tend m&#234;me dans les zones calmes. L'objectif de cette action de l'administration est de d&#233;capiter le MDRM. &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s fran&#231;ais votent la lev&#233;e de l'immunit&#233; parlementaire des trois d&#233;put&#233;s de Madagascar&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 10 mai, le MDRM est dissout sur tout Madagascar par le conseil des ministres tenu &#224; Paris. Tous les journaux appartenant ou alli&#233;s au MDRM sont aussi interdits. Le journal Le Monde, un journal proche du gouvernement fran&#231;ais, &#233;crit que cette d&#233;cision est bien accueillie par les Malgaches et les partis PADESM, PDM (Parti d&#233;mocratique de Madagascar), MSM (Mouvement social malgache) : &#171; La d&#233;cision prise par le conseil des ministres de dissoudre le MDRM a &#233;t&#233; bien accueillie avec une vive satisfaction &#224; Tananarive. On consid&#232;re que l'action entreprise contre les mouvements terroristes Jiny et Panama, groupes d'action clandestin du MDRM sera ainsi facilit&#233;e. De leur c&#244;t&#233;, les dirigeants des partis malgaches mod&#233;r&#233;s, PADESM, PDM, MSM donnent &#233;galement leur approbation compl&#232;te &#224; cette mesure &#187;&lt;strong&gt; (8)&lt;/strong&gt;. Cet article traduit la position du gouvernement fran&#231;ais &#224; la situation malgache selon laquelle le MDRM est le commanditaire de l'insurrection engag&#233;e par ses bras arm&#233;s. Le gouvernement soutient la th&#232;se qui &#233;tablit l'interaction entre le MDRM et les soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes responsables directes de la r&#233;bellion.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir du juin, l'administration proc&#232;de aux arrestations des responsables du MDRM. Pour les trois d&#233;put&#233;s, leurs immunit&#233;s sont lev&#233;es apr&#232;s un long d&#233;bat parlementaire, ce qui a permis leurs arrestations. Quant &#224; Raseta qui &#233;tait en France bien avant l'&#233;clatement de l'insurrection, il y est arr&#234;t&#233; et transf&#233;r&#233; &#224; Tananarive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Georges Radebason&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Jaques Tronchon, op. cit. p.38&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Lucile Rabearimanana, &#171; Les &#233;v&#233;nements de 1947 &#224; Madagascar &#187;, in Omaly sy Anio, n&#176;28, Antananarivo, 1988, p.155&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; M&#233;morandum de la Ligue de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts franco-malgaches &#224; l'AN, La r&#233;volte de Madagascar en 1947, pp. 18-19&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Voromahery n&#176; 41 du 15 mai 1947&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(5) &lt;/strong&gt; Jaques Tronchon, op cit, p.55&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; Lucile Rabearimanana, op cit, p.156&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(7)&lt;/strong&gt; Il s'agit des districts d'Ambatondrazaka, Fianarantsoa, Ifanadiana, Mahanoro, Manakara, Mananjary, Moramanga, Nosy Varika, Vatomandry, Vohipeno&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(8)&lt;/strong&gt; Le Monde du 14 mai 1947, archives en ligne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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