<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>T&#233;moignages</title>
	<link>https://www.temoignages.re/</link>
	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.temoignages.re/spip.php?id_auteur=186&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>T&#233;moignages</title>
		<url>https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L144xH28/siteon0-61897.png?1778842161</url>
		<link>https://www.temoignages.re/</link>
		<height>28</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;minicides &#224; La R&#233;union, un indicateur de plus d'une violence soci&#233;tale postcoloniale</title>
		<link>https://www.temoignages.re/social/droits-humains/feminicides-a-la-reunion-un-indicateur-de-plus-d-une-violence-societale-postcoloniale,97307</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/social/droits-humains/feminicides-a-la-reunion-un-indicateur-de-plus-d-une-violence-societale-postcoloniale,97307</guid>
		<dc:date>2020-03-07T05:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrice Pong&#233;rard</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Journ&#233;e internationale des droits des femmes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ce pays aux pulsions destructrices, cette &#238;le encasern&#233;e sur sa propre d&#233;faite avec ce tapage des nerfs dans la t&#234;te des fous et dans la nuit des esclaves, avec l'&#233;rosion mentale, la crevasse sismique entre les plis de l'inconscient, cette agression du sabre &#224; canne qui coupe la veine populaire du beau-fr&#232;re, &#233;ventuelles femmes enceintes, mart&#232;le &#224; coups de galets le rival d'un jour, ce pays-l&#224; est celui de la violence cach&#233;e et de la d&#233;sesp&#233;rance bloqu&#233;e &#187;, Alain LORRAINE &lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#233;tude (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/social/droits-humains/" rel="directory"&gt;Droits humains&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/journee-internationale-des-droits-des-femmes-2016" rel="tag"&gt;Journ&#233;e internationale des droits des femmes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton97307-40943.jpg?1780535068' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ce pays aux pulsions destructrices, cette &#238;le encasern&#233;e sur sa propre d&#233;faite avec ce tapage des nerfs dans la t&#234;te des fous et dans la nuit des esclaves, avec l'&#233;rosion mentale, la crevasse sismique entre les plis de l'inconscient, cette agression du sabre &#224; canne qui coupe la veine populaire du beau-fr&#232;re, &#233;ventuelles femmes enceintes, mart&#232;le &#224; coups de galets le rival d'un jour, ce pays-l&#224; est celui de la violence cach&#233;e et de la d&#233;sesp&#233;rance bloqu&#233;e &#187;, Alain LORRAINE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_62392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/patriceponge_rard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/patriceponge_rard-a4cc0.jpg?1780535068' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude r&#233;cente (f&#233;vrier 2020) ayant pour objet les f&#233;minicides &#224; La R&#233;union r&#233;v&#232;le que 49 femmes y ont &#233;t&#233; les victimes ; le long de ces douze derni&#232;res ann&#233;es, classant l'&#238;le en troisi&#232;me position derri&#232;re la Guyane et la Corse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Command&#233;e par l'ORVIFF (Observatoire R&#233;unionnais des Violences faites aux femmes), l'&#233;tude a &#233;t&#233; conduite par le Centre de Recherche Juridique de l'Universit&#233; de La R&#233;union et l'IRTS. Le travail de restitution des recherches a re&#231;u un bon accueil du public compos&#233; des professionnels du social, des magistrats et autres repr&#233;sentants institutionnels tels que l'&#201;tat ou le Conseil D&#233;partemental. Le traitement des aspects juridiques et sociologiques a amen&#233; de nombreuses propositions &#171; pratiques &#187; pour aider les femmes en danger face aux violences conjugales pouvant les exposer &#224; la mort par assassinat de la part de leur conjoint.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude am&#232;ne plus d'une quarantaine de proposition &#171; op&#233;rationnelles &#187; dont l'adaptation du num&#233;ro d'urgence aux &#171; sp&#233;cificit&#233;s locales &#187; ou encore l'augmentation de la capacit&#233; d'accueil aux victimes en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que chercheur je comprends que les limites mat&#233;rielles ne permettent pas de longs d&#233;veloppements, mais le r&#244;le de l'anthropologue est d'observer et d'apporter une analyse critique &#171; &#224; longue vue &#187; faisant varier les &#233;chelles d'analyse. Il faut relever l'absence voulue dans le public, des proches des victimes qui de toute &#233;vidence sont directement concern&#233;s par le choc traumatique engendr&#233; par la disparition d'un &#234;tre cher et le n&#233;cessaire, mais lancinant travail de deuil de ces &#171; survivants &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour repr&#233;senter les victimes, seul &#233;tait pr&#233;sent Le Collectif de Soutien de La Famille de Vanina Galais F&#233;rard, qui avait souhait&#233; assister de son chef &#224; ce rendu d'&#233;tude. Certains diront que les responsables et les travailleurs associatifs des structures de &#171; suivi et de prise en charge &#187; sont suffisants pour repr&#233;senter la voix des proches, mais cette absence du &#171; public concern&#233; &#187; peut interpeller. Ce que No&#235;line F&#233;rard, n'a pas manqu&#233; de relever lors des &#233;changes amenant enfin et de facto un d&#233;bat contradictoire &#224; un statut quo consensuel. En fait cette absence est symptomatique d'un &#171; entre-soi &#187; institutionnel ou l'absence de l'usager fait sens sur la non contradiction d'une &#233;tude recueillant les f&#233;licitations d'un auditoire tout acquis &#224; ses biens fond&#233;s et r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Andy Warhol aimait &#224; souligner que l'artiste &#233;tait assis sur le perron du riche, il semble ici, que la sociologie soit rest&#233;e soumise et d&#233;pendante &#224; la commande publique d'&#201;tat intimant comme l'exprime le sens commun : &#171; de ne pas faire de vagues &#187;. Sans exiger une socio-anthropologie de la &#171; matrifocalit&#233; &#187; des soci&#233;t&#233;s post-esclavagiste et engagistes, comment les chercheurs de cette &#233;tude n'ont &#224; aucun moment abord&#233; la question des causes socio-historiques du ph&#233;nom&#232;ne du f&#233;minicide ? Comment la g&#233;n&#233;alogie structurelle des ph&#233;nom&#232;nes soci&#233;taux de violence dans notre contexte postcolonial a-t-elle &#233;t&#233; d&#233;ni&#233;e. Cette approche aurait pu, par exemple apporter des commencements de r&#233;ponse contextualis&#233;es au fait que les classes sup&#233;rieures &#233;chappent largement &#224; l'issue fatale. Question mettant en relation les rapports sociaux d'un &#171; macro-social &#187; cliv&#233; et fortement in&#233;galitaire, laiss&#233;e sans r&#233;ponses pour ne pas dire &#233;lud&#233;e par les &#171; sp&#233;cialistes &#187;. La r&#233;alit&#233; soci&#233;tale des s&#233;quelles coloniales reste un point aveugle de ce type d'approches &#171; institutionnelles &#187; qui laissent dans le d&#233;ni, la compr&#233;hension des racines du mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait capital de s'interroger sur ces r&#233;flexes dominants de l'amn&#233;sie des institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prendre le mal par ses racines, &#233;duquer et socialiser la m&#233;moire des structures sociohistoriques de la violence pour &#233;tudier et donner des rep&#232;res propres &#224; &#233;viter le massacre des innocentes tel est le combat engag&#233; par No&#235;line F&#233;rard, m&#232;re de Vanina, &#233;tudiante en m&#233;decine, assassin&#233;e au d&#233;but de l'ann&#233;e 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrice Pong&#233;rard, &lt;br class='autobr' /&gt;
Anthropologue, Directeur de l'Institut du D&#233;veloppement Indianoc&#233;anique, Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral de KAS LA SH&#200;NE, PO LIB&#200;R NOUT M&#201;MWAR.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
