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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>Quand l'art arrache l'histoire au silence</title>
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		<dc:creator>Patrice Sadeyen</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un op&#233;ra incandescent, port&#233; par des enfants, oblige La R&#233;union &#224; regarder en face ce qu'elle a longtemps tenu &#224; distance &#8212; et force, enfin, les institutions &#224; s'engager. Il faut le dire simplement. Ce qui s'est pass&#233; sur sc&#232;ne, ce n'&#233;tait pas &#8220;un spectacle r&#233;ussi&#8221;. C'&#233;tait autre chose. &lt;br class='autobr' /&gt; Pendant onze repr&#233;sentations, une salle pleine. Mais surtout, pendant onze repr&#233;sentations, un public qui ne bouge pas. Qui ne d&#233;croche pas. Qui ne respire plus de la m&#234;me mani&#232;re. Ce silence-l&#224;, il ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/" rel="directory"&gt;Culture et identit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/1-2-1a430.jpg?1780745449' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un op&#233;ra incandescent, port&#233; par des enfants, oblige La R&#233;union &#224; regarder en face ce qu'elle a longtemps tenu &#224; distance &#8212; et force, enfin, les institutions &#224; s'engager. Il faut le dire simplement. Ce qui s'est pass&#233; sur sc&#232;ne, ce n'&#233;tait pas &#8220;un spectacle r&#233;ussi&#8221;. C'&#233;tait autre chose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant onze repr&#233;sentations, une salle pleine. Mais surtout, pendant onze repr&#233;sentations, un public qui ne bouge pas. Qui ne d&#233;croche pas. Qui ne respire plus de la m&#234;me mani&#232;re. Ce silence-l&#224;, il ne trompe pas. Ce n'est pas le silence poli. C'est le silence quand quelque chose vous attrape et ne vous l&#226;che pas. Ce type de silence ne se fabrique pas. Il ne s'impose pas par des effets. Il vient d'ailleurs. Il vient d'un endroit o&#249; le spectateur cesse d'&#234;tre &#224; distance. O&#249; il n'est plus prot&#233;g&#233; par le cadre du spectacle. O&#249; ce qui se joue d&#233;borde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur sc&#232;ne, des enfants. Pas pour illustrer. Pas pour attendrir. Pas pour remplir un r&#244;le. Des enfants qui portent une histoire dure. Une histoire que beaucoup ne connaissent pas, ou qu'ils pr&#233;f&#232;rent ne pas regarder. Des enfants de l'histoire enferm&#233;s, disciplin&#233;s, bris&#233;s au nom d'une loi. Des enfants de l'histoire que l'on a consid&#233;r&#233;s comme des probl&#232;mes &#224; corriger plut&#244;t que comme des vies &#224; prot&#233;ger. Et cela, il faut le rappeler sans d&#233;tour : ce n'est pas une fiction. Ce n'est pas une exag&#233;ration. Cela a exist&#233;. &#192; La R&#233;union, comme ailleurs. C'est l&#224; que l'op&#233;ra prend sa force. Il ne fabrique pas une &#233;motion. Il restitue une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe d'abord, c'est la tenue. Rien n'est laiss&#233; au hasard. Rien n'est l&#226;ch&#233;. Tout est tenu du d&#233;but &#224; la fin. La sc&#232;ne est nue, ou presque. Pas de d&#233;cor inutile. Pas de surcharge. Pas de distraction. Ce choix n'est pas esth&#233;tique au sens d&#233;coratif. Il est fonctionnel. Il oblige &#224; regarder les corps, les d&#233;placements, les regards. L'espace devient une contrainte. Une forme d'enfermement visible sans &#234;tre surlign&#233;e. Les enfants s'y d&#233;placent comme dans un cadre qui les d&#233;passe. Ils montent, ils descendent, ils se regroupent, ils se dispersent, mais toujours dans une logique qui semble les contenir. Rien n'est libre. Rien n'est rel&#226;ch&#233;. Cette sensation, elle passe sans discours. Elle s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique ne vient pas adoucir. Elle accompagne, elle soutient, elle densifie. Elle ne cherche jamais &#224; rassurer. Elle participe &#224; cette tension constante. Il n'y a pas de moment o&#249; l'on peut se dire : &#8220;&#231;a va redescendre&#8221;. Cela ne redescend pas. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce choix qui fait la diff&#233;rence. Beaucoup d'&#339;uvres traitant de sujets lourds cherchent un &#233;quilibre. Elles m&#233;nagent des respirations. Elles ouvrent des espaces de rel&#226;chement. Ici, ce n'est pas le cas. L'op&#233;ra avance sans d&#233;tour, sans concession, sans arrangement. Ce n'est pas confortable. Mais c'est juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a l'incarnation. Sans cela, tout s'effondrerait. Car il existe un risque &#233;vident : celui de l'abstraction. Celui d'un discours port&#233; par une forme trop ma&#238;tris&#233;e. Celui d'une distance qui prot&#232;ge le spectateur. Ce risque est &#233;vit&#233;. Parce que les enfants ne jouent pas &#8220;des enfants d'hier&#8221;. Ils portent quelque chose de plus direct. Plus brut. Plus pr&#233;sent. Leurs voix ne sont pas parfaites au sens acad&#233;mique. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'elles touchent juste. Elles ne sont pas d&#233;coratives. Elles sont n&#233;cessaires. Leur pr&#233;sence suffit &#224; ancrer l'ensemble. &#192; plusieurs moments, il n'y a presque rien. Pas de mouvement spectaculaire. Pas de rupture. Juste une immobilit&#233;. Un regard. Une respiration collective. Et cela tient. Cela tient parce que c'est vrai. Ce type d'&#339;uvre ne produit pas une r&#233;action classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sort pas en disant que c'&#233;tait &#8220;beau&#8221;. On ne sort pas en analysant imm&#233;diatement. On sort avec quelque chose qui reste. Une g&#234;ne parfois. Une &#233;motion difficile &#224; formuler. Une sensation d'avoir &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;. Et c'est l&#224; que l'on mesure la port&#233;e r&#233;elle de ce qui s'est jou&#233;. Car ce spectacle ne parle pas seulement du pass&#233;. Il interroge le pr&#233;sent. Il pose une question simple, mais que l'on &#233;vite souvent : qu'est-ce qu'une soci&#233;t&#233; fait de ses enfants quand elle d&#233;cide qu'ils d&#233;rangent ? Cette question ne dispara&#238;t pas en sortant de la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il s'est pass&#233; autre chose. Quelque chose de plus discret en apparence. Mais peut-&#234;tre plus d&#233;cisif encore. En d&#233;but de spectacle, la parole publique a &#233;t&#233; prise. La R&#233;gion. Le D&#233;partement. L'&#201;tat. Trois niveaux. Trois voix. Une m&#234;me direction. Accompagner la compagnie Amadeus. Permettre &#224; cette &#339;uvre de sortir de La R&#233;union. L'inscrire dans une circulation &#224; l'&#233;chelle de l'oc&#233;an Indien et de l'Hexagone. Soutenir concr&#232;tement les d&#233;placements. Ce moment ne rel&#232;ve pas du protocole. Il marque un seuil. Parce que ce qui est reconnu ici n'est pas un spectacle au sens l&#233;ger du terme. Ce qui est reconnu, c'est un travail exigeant, construit sur une m&#233;moire difficile, port&#233; par des enfants, et capable de produire un effet r&#233;el sur un public. Il faut le dire clairement : cet engagement honore ceux qui l'ont pris. Il honore parce qu'il ne s'appuie pas sur une &#339;uvre facile. Il honore parce qu'il ne contourne pas le sujet. Il honore parce qu'il assume une parole qui d&#233;range.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; l'on attend souvent des &#339;uvres qu'elles rassurent, qu'elles divertissent, qu'elles simplifient, reconna&#238;tre et accompagner un projet de cette nature n'est pas neutre. C'est un choix. Mais ce choix n'est pas sorti de nulle part. Il est la cons&#233;quence d'un travail. Un travail long. Patient. Sans garantie. Celui de la compagnie Amadeus, qui porte ce projet dans la dur&#233;e. Celui de Lydie Rodriguez, dans la pr&#233;cision artistique, dans la capacit&#233; &#224; tenir une ligne sans jamais c&#233;der &#224; la facilit&#233;. Celui de Paul Mazaka, dans la structuration, dans la persistance, dans la volont&#233; de faire exister une &#339;uvre l&#224; o&#249; beaucoup auraient renonc&#233;. Mais il faut &#233;largir le regard. Car une &#339;uvre de cette tenue ne repose jamais sur deux noms. Elle repose sur un ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adaptation de l'op&#233;ra d'Isabelle Aboulker, port&#233;e par le livret de Christian Eymery d'apr&#232;s le roman de Claude Gritti, donne une ossature solide, rigoureuse, sans concession. Les textes en cr&#233;ole de Patrice Treuthard ancrent l'&#339;uvre dans une r&#233;alit&#233; linguistique qui refuse toute neutralisation. La mise en espace, la sc&#233;nographie et la chor&#233;graphie de V&#233;ronique Asencio organisent cette contrainte visible, cette tension permanente qui traverse toute la repr&#233;sentation. Autour, une &#233;quipe musicale engag&#233;e. Anne-Laure Montagne au piano, J&#233;r&#244;me Gu&#233;rin aux percussions, Fran&#231;ois Vigneron &#224; la contrebasse, Alain Chan au saxophone, construisent une mati&#232;re sonore dense, jamais d&#233;corative. La r&#233;p&#233;tition chant, port&#233;e par Anne-Ga&#235;lle Baduel, assure cette tenue vocale qui fait la diff&#233;rence. &#192; cela s'ajoutent des &#233;l&#233;ments essentiels mais souvent invisibles : la r&#233;gie son de Geoffrey Dumas, la cr&#233;ation lumi&#232;re de Dominique Benvenuti, qui participe directement &#224; cette sensation d'enfermement et de tension. L'identit&#233; visuelle port&#233;e par Design by Pillow, et le travail plastique de Clotilde Girard pour l'affiche, prolongent l'&#339;uvre au-del&#224; de la sc&#232;ne. Et au c&#339;ur de tout cela, il y a eux. Vingt-quatre jeunes de la compagnie Amadeus. Cinq danseurs de la compagnie V&#233;ronique Asencio. C'est sur eux que tout repose. Parce que sans eux, rien ne tient. Et c'est pour cela que &#231;a tient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'ouvre maintenant d&#233;passe le spectacle lui-m&#234;me. Faire sortir cette &#339;uvre de La R&#233;union, ce n'est pas simplement ajouter des dates dans un agenda. Ce n'est pas organiser une tourn&#233;e au sens classique. C'est affirmer que cette histoire m&#233;rite d'&#234;tre entendue ailleurs. Que ce qui s'est pass&#233; ici ne concerne pas seulement ici. Que cette m&#233;moire peut circuler. Et cela change la place de la cr&#233;ation r&#233;unionnaise. Car trop souvent, les &#339;uvres restent confin&#233;es. Elles existent localement, puis disparaissent. Elles ne franchissent pas le seuil. Elles ne circulent pas. Elles ne s'inscrivent pas dans un espace plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est annonc&#233; ici ouvre une autre possibilit&#233;. Une possibilit&#233; concr&#232;te. Celle d'une &#339;uvre qui traverse. Qui rencontre d'autres publics. Qui entre en dialogue avec d'autres histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut &#234;tre clair. Cette ouverture n'est pas automatique. Elle suppose que la parole donn&#233;e devienne r&#233;alit&#233;. Qu'elle se traduise en moyens, en organisation, en continuit&#233;. Qu'elle ne reste pas au stade de l'intention. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'il faut la saluer. Parce que reconna&#238;tre publiquement un engagement, c'est aussi le rendre visible. Le rendre concret. Le rendre attendu. Ce n'est pas mettre en difficult&#233;. C'est donner de la force &#224; la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; ce soir n'est pas une fin. C'est un point de d&#233;part. Un point o&#249; une &#339;uvre atteint un niveau tel qu'elle ne peut plus &#234;tre ignor&#233;e. Un point o&#249; elle cesse d'appartenir uniquement &#224; ceux qui l'ont cr&#233;&#233;e pour entrer dans un espace plus large. Un point o&#249; le public, la cr&#233;ation et le politique se rencontrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces moments sont rares. Ils doivent &#234;tre nomm&#233;s. Les institutions ont pris position. Ce positionnement les honore parce qu'il intervient sur une &#339;uvre qui ne cherche ni le confort ni l'&#233;vidence. Il les engage parce qu'il les place face &#224; une responsabilit&#233; de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ra a fait sa part. Il a rendu visible ce qui ne l'&#233;tait plus. Il a d&#233;plac&#233; le regard. Il a contraint le r&#233;el. D&#233;sormais, une ligne est trac&#233;e. Et certaines &#339;uvres, lorsqu'elles atteignent ce point de justesse, ne demandent plus &#224; &#234;tre accompagn&#233;es. Elles rendent cet accompagnement in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrice Sadeyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand des enfants chantent les enfants bris&#233;s : &#8220;Les bagnes d'enfants : de l'&#206;let &#224; Guillaume aux Enfants du Levant&#8221; </title>
		<link>https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/quand-des-enfants-chantent-les-enfants-brises-les-bagnes-d-enfants-de-l-ilet-a-guillaume-aux-enfants-du-levant</link>
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		<dc:date>2026-02-23T20:01:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Patrice Sadeyen</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Hommage &#224; Lydie Rodriguez et Paul Mazaka&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/culture/culture-et-identite/" rel="directory"&gt;Culture et identit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/amadeus-584a3.jpg?1780745449' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je suis sorti de cet op&#233;ra avec le souffle court. Pas simplement &#233;mu. Pas simplement touch&#233;. Travers&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a des &#339;uvres qui distraient. Il y a des &#339;uvres qui instruisent. Et puis il y a celles qui d&#233;placent int&#233;rieurement. Qui fissurent. Qui obligent &#224; regarder l&#224; o&#249; l'on pr&#233;f&#232;rerait d&#233;tourner les yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Les bagnes d'enfants : de l'&#206;let &#224; Guillaume aux Enfants du Levant&#8221; appartient &#224; cette troisi&#232;me cat&#233;gorie. Ce n'est pas un spectacle. C'est une travers&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je cherche les mots justes pour dire ce que j'ai ressenti. Ils ne viennent pas en file indienne. Ils surgissent en d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu la sid&#233;ration. Cette suspension du temps lorsque l'on comprend que ce que l'on voit n'est pas une m&#233;taphore mais une r&#233;alit&#233; historique : des enfants enferm&#233;s, disciplin&#233;s, exploit&#233;s au nom d'une loi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu la col&#232;re sourde. Col&#232;re contre un syst&#232;me qui a l&#233;galis&#233; l'enfermement de mineurs au XIXe si&#232;cle sous couvert d'&#233;ducation morale. Col&#232;re contre cette id&#233;e gla&#231;ante qu'un enfant pauvre puisse devenir un &#8220;probl&#232;me social&#8221; &#224; corriger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu la compassion profonde. Pas une piti&#233; condescendante. Une empathie visc&#233;rale. Celle qui fait monter les larmes sans pr&#233;venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu la tendresse douloureuse. Parce que ce sont des enfants d'aujourd'hui qui incarnent les enfants d'hier. Des voix jeunes pour dire l'enfance bris&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu la dissonance int&#233;rieure. Comment peut-on m&#234;ler chant, th&#233;&#226;tre, danse&#8230; et trag&#233;die ? Et pourtant, la po&#233;sie n'adoucit pas la violence : elle la rend audible autrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu l'admiration artistique. Car transformer une archive historique en &#339;uvre vivante, sensible, accessible d&#232;s six ans, rel&#232;ve d'un courage esth&#233;tique rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin il y a eu le silence apr&#232;s. Ce silence lourd, presque sacr&#233;, lorsque l'&#233;motion ne trouve plus de mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait croire qu'un op&#233;ra destin&#233; au jeune public att&#233;nuerait la duret&#233; du sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'en est rien. L'&#339;uvre assume sa dimension tragique sans &#234;tre &#233;crasante. Elle est p&#233;dagogique sans &#234;tre didactique. Elle est po&#233;tique sans &#234;tre d&#233;corative. Elle est engag&#233;e sans &#234;tre moralisatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un &#233;quilibre fragile. Et cet &#233;quilibre tient &#224; une direction artistique solide. Sous l'impulsion de Lydie Rodriguez, la sc&#232;ne devient un espace de m&#233;moire. Pas une reconstitution froide. Une &#233;vocation incarn&#233;e. Elle r&#233;ussit ce que peu parviennent &#224; faire : transformer l'Histoire en exp&#233;rience sensible. Chaque tableau est pens&#233; comme une respiration. Chaque mouvement chor&#233;graphique devient un battement de c&#339;ur collectif. Chaque voix porte plus qu'une partition : elle porte une m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Affronter une violence institutionnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Raconter les bagnes d'enfants, c'est affronter une violence institutionnelle. &#192; l'&#206;let &#224; Guillaume, &#224; La R&#233;union, plus d'un millier d'enfants ont &#233;t&#233; enferm&#233;s entre 1864 et 1879. &#192; l'&#206;le du Levant, au large d'Hy&#232;res, d'autres mineurs ont connu l'isolement, la discipline, la r&#233;volte, la mort. Ces lieux ne sont pas des m&#233;taphores. Ce sont des cicatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, sur sc&#232;ne, rien n'est criard. Rien n'est spectaculaire au sens vulgaire du terme. La mise en sc&#232;ne choisit la suggestion plut&#244;t que l'accusation frontale. Elle fait confiance &#224; l'intelligence du public. Elle laisse l'&#233;motion faire son travail. C'est l&#224; une marque de maturit&#233; artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi saluer le r&#244;le de Paul Mazaka, pr&#233;sident de la Cie Amadeus. Monter un tel projet demande plus que de la passion. Il faut une vision. Il faut une t&#233;nacit&#233; administrative. Il faut accepter de porter un sujet qui ne flatte pas. Dans un contexte o&#249; l'on privil&#233;gie souvent le divertissement imm&#233;diat, choisir de raconter les bagnes d'enfants rel&#232;ve d'un acte culturel fort. Ce n'est pas rentable au sens marchand. C'est pr&#233;cieux au sens citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faisons-nous de nos enfants fragiles ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce spectacle ne parle pas seulement du XIXe si&#232;cle. Il nous interroge aujourd'hui : Que faisons-nous de nos enfants fragiles ? Comment traitons-nous ceux qui d&#233;rangent l'ordre social ? Quelle m&#233;moire transmettons-nous ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois profond&#233;ment que l'art a un r&#244;le politique au sens noble : il nous oblige &#224; penser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet op&#233;ra n'accuse pas en hurlant. Il questionne en chantant. Et parfois, un chant bouleverse plus qu'un discours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je veux le dire clairement. Merci &#224; Lydie Rodriguez pour la finesse, la rigueur et le courage artistique. Merci &#224; Paul Mazaka pour avoir rendu possible cette aventure humaine et culturelle. Merci aux jeunes interpr&#232;tes pour leur engagement bouleversant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis pass&#233; par la tristesse, la col&#232;re, la compassion, l'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pleur&#233;. Oui. Mais je suis surtout sorti plus conscient. Et lorsqu'une &#339;uvre parvient &#224; transformer les larmes en lucidit&#233;, alors elle d&#233;passe le cadre du spectacle. Elle devient un acte de m&#233;moire. Et cette m&#233;moire-l&#224; m&#233;rite d'&#234;tre salu&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrice Sadeyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>AN KASKAD 2025 : La flamboyance d'un peuple et la force d'un territoire en marche</title>
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		<dc:date>2025-11-14T20:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrice Sadeyen</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il faut regarder vers l'Est pour comprendre ce qui se jouera r&#233;ellement les 5, 6 et 7 d&#233;cembre 2025. &#192; Saint-Beno&#238;t, dans cette commune longtemps rel&#233;gu&#233;e aux marges symboliques de la vie culturelle r&#233;unionnaise, An Kaskad n' est pas un simple rendez-vous. Il est un souffle, une flamboyance, un appel. Rien de d&#233;coratif&#8230; Tout voudra dire quelque chose. Car ce festival suit les pulsations d'un peuple, les urgences d'un territoire, les imaginaires d'une ville que trop de regards ont minimis&#233;e. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/" rel="directory"&gt;Di sak na pou di&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il faut regarder vers l'Est pour comprendre ce qui se jouera r&#233;ellement les 5, 6 et 7 d&#233;cembre 2025. &#192; Saint-Beno&#238;t, dans cette commune longtemps rel&#233;gu&#233;e aux marges symboliques de la vie culturelle r&#233;unionnaise, An Kaskad n' est pas un simple rendez-vous. Il est un souffle, une flamboyance, un appel. Rien de d&#233;coratif&#8230; Tout voudra dire quelque chose. Car ce festival suit les pulsations d'un peuple, les urgences d'un territoire, les imaginaires d'une ville que trop de regards ont minimis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette bascule a pris forme bien avant m&#234;me l'ouverture du festival. Lors de la conf&#233;rence de presse, trois voix auront affirm&#233; sans d&#233;tour la direction que prendra An Kaskad : Pascal Saint-Pierre, directeur du BISIK ; Anabel Martinez, directrice du Th&#233;&#226;tre Les Bambous ; et Bertrand Bovio, directeur du Centre Gramoun L&#233;l&#233; du Conservatoire &#224; Rayonnement R&#233;gional. Leur pr&#233;sence commune n'est pas un d&#233;tail protocolaire. Elle donne le ton : Saint-Beno&#238;t ne s'excuse plus d'exister culturellement. Ensemble, ces trois figures annoncent une alliance encore trop rare dans l'histoire culturelle de la R&#233;union et plus particuli&#232;rement de l'Est. Chacun portera son identit&#233;, sa vision, ses m&#233;thodes, mais ensemble ils affirment la m&#234;me certitude : aucune institution ne peut avancer seule. D&#233;but d&#233;cembre, An Kaskad deviendra l'espace o&#249; leurs lignes de force se croiseront, se compl&#233;teront, se renforceront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui m&#232;neront &#224; d&#233;cembre, la vision de Pascal Saint-Pierre confortera le BISIK dans sa posture : ancr&#233;, audacieux, plus pr&#234;t que jamais &#224; devenir un v&#233;ritable laboratoire. Le BISIK cessera d'&#234;tre per&#231;u comme une simple salle &#224; jauge humaine : il s'impose comme un lieu o&#249; les identit&#233;s musicales de demain seront fa&#231;onn&#233;es, o&#249; les &#233;critures &#233;mergentes trouveront enfin un espace pour se d&#233;ployer. Le BISIK continue d' offrir au public une proximit&#233; rare, une chaleur pr&#233;cieuse, une sc&#232;ne o&#249; l'on ne consomme pas la musique mais o&#249; on la partage. Quand Pascal Saint-Pierre prend la parole pour soutenir le festival, ce n' est pas un appui formel : c' est l'annonce d'un mouvement. Le BISIK devient, &#224; partir d'An Kaskad, une pi&#232;ce ma&#238;tresse de la reconqu&#234;te culturelle de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anabel Martinez, quant &#224; elle, apporte du Th&#233;&#226;tre Les Bambous une respiration essentielle. Elle inscrit sa sc&#232;ne dans un futur o&#249; les sc&#232;nes conventionn&#233;es redeviennent des espaces o&#249; le pr&#233;sent est interrog&#233;, o&#249; les contradictions sont expos&#233;es, o&#249; les spectateurs sont mis face &#224; leurs propres responsabilit&#233;s. Le Th&#233;&#226;tre Les Bambous devient le poumon th&#233;&#226;tral du festival, un lieu o&#249; la parole est mati&#232;res, o&#249; le langage sc&#233;nique n'a pas besoin d'effets pour porter sa v&#233;rit&#233;. Quand Anabel Martinez s'adresse &#224; la presse, elle ne parle pas seulement du festival : elle parle de Saint-Beno&#238;t, de son public, de sa place dans l'&#238;le, de sa n&#233;cessit&#233; de respirer culturellement. Son positionnement affirme une &#233;vidence d&#233;j&#224; trop longtemps &#233;touff&#233;e : l'Est n'a jamais cess&#233; d'avoir une voix. On a simplement cess&#233; de l'&#233;couter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Bertrand Bovio, &#224; la t&#234;te du Centre Gramoun L&#233;l&#233;, repr&#233;sentera la dimension fondamentale de la transmission. Le festival ne se contente pas de programmer des artistes : il s'appuie aussi sur les ressources p&#233;dagogiques de la ville, sur ses jeunes, sur ses pratiques, sur sa formation. Le Centre Gramoun L&#233;l&#233; prend alors une place strat&#233;gique : non comme une simple structure institutionnelle, mais comme un lieu d'avenir. Dans la vision de Bertrand Bovio, Saint-Beno&#238;t cesse d'&#234;tre un territoire o&#249; l'on vient jouer ponctuellement pour devenir une ville o&#249; l'on forme, o&#249; l'on &#233;l&#232;ve, o&#249; l'on pr&#233;pare celles et ceux qui &#233;criront demain. Le Centre Gramoun L&#233;l&#233; deviend, par sa salle, par ses &#233;quipes, par son histoire, l'un des piliers de la renaissance culturelle qui s'amorce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce terreau vivant que s'enracineront les trois jours d'An Kaskad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier soir, le feu deviendra langage. Sur l'esplanade nocturne, les tambours prendront possession de l'air, et Azolia surgira comme une apparition. Le feu, dans son spectacle, ne sera pas un liquide lumineux : il deviendra m&#233;moire, rite, lueur ancestrale. Chaque geste aura la gravit&#233; d'un r&#233;cit. Avec Chakty, la sc&#232;ne deviendra passage, fen&#234;tre, seuil. Le feu r&#233;veillera ce que la ville a port&#233; de plus profond : une intensit&#233;, une po&#233;sie qui se transmet d'&#226;ge en &#226;ge. On comprendra alors que le festival ne cherche pas &#224; s&#233;duire : il cherche &#224; dire vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e s'&#233;l&#232;vera ensuite avec &#201;lite, qui transformera la salle Gramoun L&#233;l&#233; en ar&#232;ne vibrante. Les artistes m&#234;leront moringue, kung-fu, hip-hop, parkour, non comme une succession mais comme une fusion. Les corps d'Ulrich et M&#233;d&#233;rick Lauret, de Luna Simon Martinez, de Da Skill, de Romain Huang, de Mohamed Said Toto traverseront la sc&#232;ne comme on traverse une fronti&#232;re : sans demander l'autorisation. Ce moment ne sera pas une prouesse technique : ce sera une d&#233;claration d'ind&#233;pendance. La R&#233;union affirmera sa capacit&#233; &#224; inventer, &#224; hybrider, &#224; transcender sans permission. La jeunesse montrera qu'elle n'attend plus que l'on reconnaisse sa valeur : elle la cr&#233;e elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, le festival quittera les salles pour rejoindre les quartiers. Et c'est ainsi que la culture se r&#233;pendra. &#192; Bras-Fusil, les danseuses de N&#233;bula s'&#233;lanceront sur les fa&#231;ades, suspendues entre ciel et b&#233;ton. Elles danseront dans le vide comme on danse un refus. Un refus d'&#234;tre assign&#233;, limit&#233;, r&#233;duit. Cette danse verticale deviendra un manifeste : m&#234;me l&#224; o&#249; le monde croit que rien ne peut pousser, la gr&#226;ce peut surgir. Elle dira au quartier que sa beaut&#233; n'a jamais &#233;t&#233; invisible : elle a simplement &#233;t&#233; ignor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur du village du festival, Kafmaron fera r&#233;sonner les pulsations du maloya fusion. Sa voix, nourrie de blessures mais aussi d'esp&#233;rance, ram&#232;nera l'Est au centre du monde. Il chantera non pas pour distraire, mais pour relier. Il rappellera que la musique n'est pas un ornement : elle est m&#233;moire, cicatrice, lutte, affirmation. Il chantera pour ceux qui n'ont jamais eu la parole, pour ceux que le pays a oubli&#233;s, pour ceux que la grande culture institutionnelle n'a jamais voulu entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir venu, Secretum Coco&#232;s renversera les certitudes. Romuald Solesse am&#232;nera le public au bord d'une question essentielle : &#171; Qui d&#233;cide pour nous ? &#187; Dans une ville qui a tant subi les d&#233;cisions venues de l'ext&#233;rieur, ce miroir deviendra vertige. Puis viendra Micka&#235;l Pouvin, dont la voix apaisera ce vertige. Il chantera non pour calmer, mais pour rassembler. Dans sa douceur, il offrira une r&#233;ponse que le festival tout entier aura pr&#233;par&#233;e : la culture n'apaisera jamais les blessures, mais elle donnera la force de les regarder en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier jour, An Kaskad retournera, comme les jours pr&#233;c&#233;dents, au village, l&#224; o&#249; battent les c&#339;urs. Les familles, les enfants, les associations reprendront possession de l'espace comme on reprend une maison qu'on croyait perdue. L'Heureux Bond, accompagn&#233; de Toky, d'Alexa Althieriry et de Romuald Solesse, proposera un jeu d'&#233;quilibre entre d&#233;rision et virtuosit&#233;. Et enfin, Kent1 cl&#244;turera le festival avec la force d'une jeunesse qui ne marchera plus dans l'ombre de personne. Sa voix, sa pr&#233;sence, son cr&#233;ole assum&#233;, diront ce que tout le festival aura r&#233;v&#233;l&#233; : la rel&#232;ve p&#233;i n'attendra plus son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#224; chaque instant, &#224; chaque souffle, dans chaque lumi&#232;re, l'alliance n&#233;e entre Pascal Saint-Pierre, Anabel Martinez et Bertrand Bovio sera perceptible. Le BISIK, Les Bambous et le Centre Gramoun L&#233;l&#233; ne seront plus trois institutions isol&#233;es : ils deviendront les trois colonnes d'un m&#234;me &#233;difice. Chacune avec sa personnalit&#233;. Chacune avec son h&#233;ritage. Chacune avec sa force. Ensemble, elles diront au pays : l'Est se rel&#232;vera. Et cette &#233;l&#233;vation culturelle commencera ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An Kaskad 2025 ne sera pas un simple alignement de spectacles. Il deviendra une g&#233;ographie vivante. Une travers&#233;e entre les salles, les rues, les col&#232;res, les joies, les m&#233;moires et les esp&#233;rances. Ce sera un territoire qui se redresse. Une culture qui se retrouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque s'ach&#232;vera ce week-end incandescent, quelque chose de plus grand que la seule programmation demeurera. La salle Gramoun L&#233;l&#233;, Les Bambous et le Bisik auront &#233;t&#233; les gardiens d'un m&#234;me souffle, trois institutions r&#233;unies autour d'un m&#234;me foyer, trois voix tissant un seul rythme pour allumer un feu commun o&#249; chacune aura apport&#233; son sel, sa m&#233;moire et son propre tempo. De cette alliance na&#238;tra une construction solide, coh&#233;rente et profond&#233;ment ancr&#233;e dans l'Est, un geste partag&#233; qui fera lever une &#238;le enti&#232;re et r&#233;v&#233;lera un territoire qui ne demande qu'&#224; briller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Patrice Sadeyen&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident &#8212; Association NOUT FARFAR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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