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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>La population du monde francophone d&#233;passe la barre des 600 millions d'habitants</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/la-population-du-monde-francophone-depasse-la-barre-des-600-millions-d-habitants</link>
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		<dc:date>2026-03-16T20:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ilyes Zouari</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;pass&#233; celles de l'espace hispanophone et de l'ensemble Union europ&#233;enne - Royaume-Uni, la population du monde francophone est d&#233;sormais estim&#233;e &#224; 602,2 millions d'habitants, au 1er janvier 2026. Une progression essentiellement due &#224; l'Afrique francophone, dont l'&#233;mergence d&#233;mographique s'accompagne d'une remarquable mont&#233;e en puissance &#233;conomique, en ayant notamment affich&#233; la croissance la plus &#233;lev&#233;e du continent pour la douzi&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive en 2025. &lt;br class='autobr' /&gt; Selon les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/" rel="directory"&gt;Di sak na pou di&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/mondialisation" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/tana-2-42948.jpg?1781158077' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;pass&#233; celles de l'espace hispanophone et de l'ensemble Union europ&#233;enne - Royaume-Uni, la population du monde francophone est d&#233;sormais estim&#233;e &#224; 602,2 millions d'habitants, au 1er janvier 2026. Une progression essentiellement due &#224; l'Afrique francophone, dont l'&#233;mergence d&#233;mographique s'accompagne d'une remarquable mont&#233;e en puissance &#233;conomique, en ayant notamment affich&#233; la croissance la plus &#233;lev&#233;e du continent pour la douzi&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive en 2025.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon les donn&#233;es et projections publi&#233;es par l'ONU mi-2024, compl&#233;t&#233;es par celles fournies par certains organismes nationaux de la statistique (notamment dans le cas des pays partiellement francophones), la population du monde francophone est estim&#233;e &#224; 602,2 millions d'habitants au 1er janvier 2026, contre 590,0 millions d&#233;but 2025. Avec une progression de 2,07 % (soit 12,2 millions d'habitants), l'espace francophone creuse notamment l'&#233;cart avec l'ensemble constitu&#233; par l'Union europ&#233;enne et le Royaume-Uni, qu'il avait d&#233;pass&#233; en 2018 (519 millions, hors territoires fran&#231;ais d'outre-mer), et avec le monde hispanophone qu'il avait d&#233;pass&#233; en 2011 (488 millions).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dynamisme de l'espace francophone&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette estimation correspond &#224; la population du monde francophone dans sa d&#233;finition g&#233;ographique la plus stricte et la plus s&#233;rieuse, qui ne tient compte que des pays et territoires r&#233;ellement francophones, c'est-&#224;-dire dans lesquels la population est en contact quotidien avec la langue fran&#231;aise, &#224; diff&#233;rents degr&#233;s, et o&#249; l'on peut &#171; vivre en fran&#231;ais &#187;. Dans ces pays et territoires, le fran&#231;ais est par cons&#233;quent, seul ou avec une langue locale partenaire, la langue de l'administration, de l'enseignement (pour l'ensemble de la population scolaire, au moins &#224; partir d'un certain &#226;ge), des affaires et des m&#233;dias, ou au moins la langue maternelle de la population, sous sa forme standard ou sous une forme cr&#233;olis&#233;e (un peu comme l'arabe dialectal par rapport &#224; l'arabe standard dans les pays du Maghreb).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde francophone est donc un vaste ensemble rassemblant non moins de 33 pays, r&#233;partis sur quatre continents, et pour lequel ne sont donc comptabilis&#233;s que les parties francophones des pays partiellement de langue fran&#231;aise, comme la Belgique ou le Canada (respectivement la F&#233;d&#233;ration Wallonie-Bruxelles et l'ensemble Qu&#233;bec-Acadie du Nouveau-Brunswick). Par ailleurs, l'espace francophone ne tient pas non plus compte d'un certain nombre de pays membres &#224; part enti&#232;re de l'Organisation internationale de la francophonie (mais ne remplissant aucun des crit&#232;res n&#233;cessaires afin de pouvoir &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme francophones, tels que le Liban, la Roumanie ou encore la Guin&#233;e-Bissau), ainsi que des nombreux pays et territoires non francophones &#224; travers le monde o&#249; l'apprentissage du fran&#231;ais est obligatoire pour tous les &#233;l&#232;ves, &#224; partir du primaire ou du secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo premier pays francophone, Madagascar cinqui&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce vaste espace s'&#233;tend donc sur pr&#232;s de 16,3 millions de km2, soit pr&#232;s de quatre fois l'Union europ&#233;enne tout enti&#232;re. &#192; cela, s'ajoutent de vastes territoires maritimes, et notamment la zone &#233;conomique exclusive fran&#231;aise, seconde plus grande au monde avec ses pr&#232;s de 10,2 millions de km2 (soit plus du double de la superficie terrestre totale de l'Union europ&#233;enne). Les cinq premiers pays francophones sont aujourd'hui la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (ou RDC, 114,6 millions d'habitants), la France (69,7 millions, territoires ultramarins inclus, tous statuts confondus), l'Alg&#233;rie (47,7), le Maroc (39,2) et Madagascar (33,1). Cette derni&#232;re est talonn&#233;e de tr&#232;s pr&#232;s par la C&#244;te d'Ivoire, qui est sur le point de la d&#233;passer (33,1 millions &#233;galement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une croissance d&#233;mographique de 2,07 % en 2025, et un taux de f&#233;condit&#233; global de 3,94 enfants par femme (en l&#233;g&#232;re baisse par rapport au taux de 4,01 observ&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente), le monde francophone constitue l'espace linguistique le plus dynamique au monde. Il se classe devant l'espace arabophone, dont la croissance s'&#233;l&#232;ve &#224; 1,80 % et dont la population est estim&#233;e &#224; 512,4 millions d'habitants d&#233;but 2026 (avec un taux de f&#233;condit&#233; global de 3,10 enfants par femme). Gr&#226;ce &#224; ce dynamisme, le monde francophone avait d'ailleurs d&#233;pass&#233; en 2011 l'espace hispanophone, en progression de 0,71 % en 2025 et qui rassemble d&#233;sormais 488,3 millions d'habitants (avec un taux de f&#233;condit&#233; de 1,78 enfant par femme, et ayant donc aussi &#233;t&#233; r&#233;cemment devanc&#233; par l'espace arabophone*).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance d&#233;mographique du monde francophone devrait demeurer sup&#233;rieure &#224; celle des autres espaces linguistiques, et porter la population de cet ensemble &#224; un peu plus d'un milliard d'habitants en 2060 (1,060 milliard, en se basant essentiellement sur les projections de l'ONU, contre 812 millions pour l'espace arabophone, et 541 millions pour l'ensemble hispanophon). Le rythme de cette progression est toutefois sur une tendance baissi&#232;re, notamment du fait de la baisse continue du taux de f&#233;condit&#233; en Afrique subsaharienne francophone, qui s'&#233;tablit d&#233;sormais &#224; 4,90 enfants par femme, contre 4,98 en 2024 et non moins de sept enfants en 1975 (soit une diminution de pr&#232;s d'un tiers, mais qui demeure en bonne partie masqu&#233;e par les cons&#233;quences d&#233;mographiques de la hausse r&#233;guli&#232;re de l'esp&#233;rance de vie et de la chute de la mortalit&#233; pour toutes les classes d'&#226;ge).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, il convient toutefois de rappeler que l'espace francophone demeure assez largement sous-peupl&#233;, m&#234;me en tenant compte des territoires d&#233;sertiques ou recouverts par de denses for&#234;ts &#233;quatoriales. &#192; titre d'exemple, sa population actuelle n'est que 16 % sup&#233;rieure &#224; celle de l'ensemble Union europ&#233;enne - Royaume-Uni, qui occupe pourtant une superficie pr&#232;s de quatre fois moins &#233;tendue. Autre exemple plus pr&#233;cis, la C&#244;te d'Ivoire, pays le plus dynamique &#233;conomiquement du continent africain (en tenant compte &#224; la fois de ses taux de croissance &#233;conomique et du niveau de richesse d&#233;j&#224; atteint), ne compte que 33,1 millions d'habitants pour un territoire un tiers plus vaste que celui du Royaume-Uni, dans ses fronti&#232;res europ&#233;ennes (et non deux ou trois fois plus petit, comme l'indiquent la plupart des cartes g&#233;ographiques en circulation, terriblement d&#233;formantes de la r&#233;alit&#233;&#8230; et des esprits). Ce dernier ayant une population de presque 70 millions d'habitants, la C&#244;te d'Ivoire devrait donc compter non moins de 92 millions d'habitants pour &#234;tre aujourd'hui proportionnellement aussi peupl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chiffres involontairement trompeurs de l'OIF &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il est &#224; noter que le chiffre d'environ 300 millions de francophones fr&#233;quemment avanc&#233; par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne correspond qu'au nombre de personnes ayant au moins une assez bonne ma&#238;trise de la langue fran&#231;aise. Ce chiffre est ainsi obtenu en ne comptabilisant, par exemple, que le tiers de la population ivoirienne et le quart de celle du S&#233;n&#233;gal (en excluant notamment une bonne partie des personnes les plus &#226;g&#233;es). Par cons&#233;quent, il ne traduit aucune r&#233;alit&#233; &#233;conomique ou g&#233;opolitique, &#233;tant donn&#233; que seule la population totale doit &#234;tre prise en compte pour l'&#233;valuation de la taille du march&#233; ou du poids g&#233;opolitique du pays concern&#233;. De m&#234;me, le crit&#232;re retenu par l'OIF est largement inappropri&#233; d'un point de vue social, pour la simple raison que de nombreuses choses de la vie courante se font en fran&#231;ais dans les pays et territoires francophones (m&#233;dias, internet, administration publique, documents commerciaux et comptables&#8230;), dans lesquels l'ensemble de la population est donc en contact quotidien avec la langue fran&#231;aise, y compris dans les zones les plus recul&#233;es o&#249; le pourcentage de personnes ayant au moins une assez bonne ma&#238;trise de la langue est moins &#233;lev&#233; (en particulier chez les moins jeunes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute statistique ne tenant pas compte de l'ensemble de la population des pays et territoires francophones, et diffus&#233;e &#224; un large public (au-del&#224;, donc, d'un nombre restreint de hauts fonctionnaires et de responsables politiques, en vue d'aider &#224; l'&#233;laboration des strat&#233;gies nationales en mati&#232;re d'&#233;ducation), n'a donc pour seule et unique cons&#233;quence que d'induire en erreur les acteurs et d&#233;cideurs &#233;conomiques et politiques, ainsi que l'ensemble de la soci&#233;t&#233; civile, en d&#233;valorisant consid&#233;rablement &#224; leurs yeux le monde francophone et la langue fran&#231;aise. Une erreur d'appr&#233;ciation dont peuvent m&#234;me &#234;tre victimes les organismes les plus prestigieux, &#224; l'instar de l'organisme public France Invest, qui publia en 2019 un Guide sur le capital-investissement destin&#233; &#224; de grandes entreprises (&#171; Investir dans la croissance des entreprises en Afrique &#187;) et dans lequel &#233;tait r&#233;dig&#233;e, noir sur blanc, la phrase suivante au sujet de l'Afrique francophone, Maghreb inclus : &#171; l'Afrique francophone regroupe 260 millions d'habitants &#187; (alors qu'elle comptait d&#233;j&#224; plus de 410 millions d'habitants). Plus grave encore, les donn&#233;es de l'OIF peuvent parfois &#234;tre utilis&#233;es par certaines parties cherchant &#224; d&#233;nigrer et attaquer la langue fran&#231;aise, en faisant croire qu'elle ne concerne qu'environ 300 millions de personnes dans le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute diffusion m&#233;diatique des chiffres publi&#233;s par l'OIF, sans explication pr&#233;alable et suffisamment claire du crit&#232;re utilis&#233;, peut donc avoir de gravissimes cons&#233;quences &#233;conomiques et g&#233;opolitiques, contraires aux int&#233;r&#234;ts de l'ensemble des pays et peuples de la grande famille francophone. Il est donc satisfaisant de constater que certains organismes ont r&#233;cemment commenc&#233; &#224; prendre leurs distances avec les donn&#233;es de l'OIF, &#224; l'instar de la direction du MEDEF (principale organisation patronale fran&#231;aise) qui n'avait utilis&#233; que le chiffre relatif &#224; la population totale de l'espace francophone lors de la premi&#232;re &#171; Rencontre des entrepreneurs francophones &#187; (REF), organis&#233;e en France en ao&#251;t 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il convient de rappeler que la connaissance de la langue fran&#231;aise d&#233;passe largement les fronti&#232;res du monde francophone et de ses 602 millions d'habitants, le fran&#231;ais &#233;tant la deuxi&#232;me langue la plus enseign&#233;e au monde, apr&#232;s l'anglais. Son apprentissage est d'ailleurs obligatoire dans les &#233;tablissements d'enseignement primaire et/ou secondaire d'un certain nombre de pays (comme en R&#233;publique dominicaine, au Costa Rica ou encore, d&#233;sormais, dans tous les pays anglophones et lusophones d'Afrique de l'Ouest, ainsi qu'en Angola, dernier pays &#224; l'avoir rendu obligatoire, d&#232;s le primaire &#224; partir de la rentr&#233;e 2024). &#192; la population du monde francophone, s'ajoutent donc quelques centaines de millions de personnes &#224; travers le monde ayant une connaissance de la langue fran&#231;aise, &#224; divers degr&#233;s (chiffre en constante hausse et que l'on peut aujourd'hui estimer &#224; plus de 350 millions, toutes g&#233;n&#233;rations confondues).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;mergence d&#233;mographique et &#233;conomique de l'Afrique francophone&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La progression d&#233;mographique du monde francophone r&#233;sulte essentiellement du dynamisme de l'Afrique francophone, qui a connu une croissance de 2,39 % en 2025 (2,73 % pour sa partie subsaharienne). La population de ce vaste ensemble de 25 pays a d'ailleurs d&#233;pass&#233; la barre des 500 millions d'habitants en 2025, pour s'&#233;tablir &#224; 504,6 millions d&#233;but 2026 (soit 83,8 % de la population de l'espace francophone). Pour rappel, l'Afrique francophone ne rassemblait que 74 millions d'habitants en 1950, soit &#224; peu pr&#232;s autant que l'Allemagne seule, &#224; ce moment-l&#224; (69,5 millions). Cette m&#234;me ann&#233;e, la population du monde francophone &#233;tait d'ailleurs estim&#233;e &#224; seulement 129 millions d'habitants, soit 4,7 fois moins qu'aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dynamisme se traduit notamment par la mont&#233;e en puissance des villes africaines, qui occupent d&#233;sormais huit des dix premi&#232;res places du classement mondial des m&#233;tropoles francophones. La capitale de la RDC, Kinshasa, continue &#224; dominer le classement avec son agglom&#233;ration d'environ 15 millions d'habitants (chiffre variable selon les sources), devant la capitale fran&#231;aise, Paris, qu'elle d&#233;passe d&#233;sormais largement (11,2 millions), et la ville d'Abidjan, capitale &#233;conomique de la C&#244;te d'Ivoire (6,7 millions). De son c&#244;t&#233;, la ville de Montr&#233;al, deuxi&#232;me ville non africaine et capitale &#233;conomique du Qu&#233;bec, arrive en septi&#232;me position avec une population de 4,6 millions d'habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet essor d&#233;mographique s'accompagne &#233;galement de l'&#233;mergence et de la mont&#233;e en puissance &#233;conomique de ce vaste ensemble qui r&#233;alise presque constamment les meilleures performances du continent en mati&#232;re de croissance &#233;conomique, tout en &#233;tant globalement la partie la moins touch&#233;e par l'inflation, la moins endett&#233;e, la plus industrialis&#233;e, ainsi que la partie la moins frapp&#233;e par les in&#233;galit&#233;s, la criminalit&#233; et la corruption. Ainsi, et &#224; partir des derni&#232;res donn&#233;es publi&#233;es par la Banque mondiale au mois de janvier, l'Afrique subsaharienne francophone, regroupant 22 pays, a &#233;t&#233; le moteur de la croissance &#233;conomique continentale pour la douzi&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive en 2025, avec une progression globale de 4,9 %, contre 3,4 % pour le reste de l'Afrique subsaharienne. Sur la p&#233;riode de douze ann&#233;es allant de 2014 &#224; 2025, la croissance annuelle de l'Afrique subsaharienne francophone s'est ainsi &#233;tablie &#224; 4,1 %, contre seulement 2,1 % pour le reste de l'Afrique subsaharienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, et &#224; partir des derni&#232;res estimations du FMI, l'Afrique subsaharienne francophone a continu&#233; d'afficher le niveau d'inflation le plus faible avec un taux estim&#233; &#224; seulement 4,0 %, contre 17,4 % pour l'Afrique subsaharienne non francophone (soit un taux annuel de 4,2 % pour la p&#233;riode 2014-2025, contre 19,8 %). Par ailleurs, et toujours selon les donn&#233;es du FMI, l'Afrique subsaharienne francophone a &#233;galement affich&#233; le niveau d'endettement le plus faible en Afrique subsaharienne, pour la neuvi&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive, avec une dette publique estim&#233;e &#224; 51,6 % du PIB en 2025 (et la pr&#233;sence de seulement trois pays francophones parmi les dix pays subsahariens les plus endett&#233;s), creusant ainsi l'&#233;cart avec le reste de l'Afrique subsaharienne (64,6 %). Une triple performance majestueuse qui devrait d'ailleurs se r&#233;p&#233;ter, encore une fois, en 2026, et des particularit&#233;s que l'on observe &#233;galement en Afrique du Nord, notamment avec des niveaux d'inflation et d'endettement plus faibles dans les pays francophones du Maghreb qu'en &#201;gypte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les douze derni&#232;res ann&#233;es, l'Afrique francophone subsaharienne a donc connu une croissance &#233;conomique sup&#233;rieure &#224; son rythme de croissance d&#233;mographique, et m&#234;me largement plus importante. &#192; l'inverse, le reste de l'Afrique subsaharienne a connu une progression &#233;conomique inf&#233;rieure &#224; sa croissance d&#233;mographique, pourtant elle-m&#234;me l&#233;g&#232;rement moins rapide que celle de la zone francophone.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la p&#233;riode 2014-2025, sept des dix plus fortes croissances r&#233;alis&#233;es l'ont &#233;t&#233; par des pays francophones, &#224; savoir la C&#244;te d'Ivoire (6,3 %), la Guin&#233;e (6,1 %), le Niger (5,8 %), la RDC (5,8 %), le B&#233;nin (5,7 %), Djibouti (5,6 %) et le S&#233;n&#233;gal (5,5 %). Il convient l&#224; de noter que ce classement n'int&#232;gre pas le cas tr&#232;s particulier du Rwanda anglophone, qui ne peut plus &#234;tre pris en compte dans les classements &#233;conomiques africains &#233;tant donn&#233; que ses performances officielles sont largement fauss&#233;es par le pillage massif des richesses de la RDC voisine, qui repr&#233;sentent d&#233;sormais pr&#232;s de 50 % des exportations rwandaises de biens (et r&#233;guli&#232;rement accompagn&#233; de massacres de populations civiles). Un cas unique au monde, permis par une protection am&#233;ricaine&#8230; et par le silence de la quasi-totalit&#233; des pays africains. Par ailleurs, cette injustice n'emp&#234;che pas le Rwanda de demeurer parmi les pays les plus pauvres du continent, avec un PIB par habitant de seulement 1 000 dollars exactement en 2024 (class&#233; 38e en Afrique, selon les derni&#232;res donn&#233;es disponibles aupr&#232;s de la Banque mondiale, apr&#232;s int&#233;gration d'une mise &#224; jour concernant le Soudan du Sud).&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, l'Afrique francophone est globalement la partie la plus industrialis&#233;e du continent, comme le d&#233;montrait d&#233;j&#224; le dernier classement s&#233;rieux et exhaustif publi&#233; en la mati&#232;re par la Banque africaine de d&#233;veloppement en novembre 2022. Dans ce document, qui ne provient pas d'un cabinet de conseil ou d'un magazine &#224; l'origine ou &#224; la m&#233;thodologie potentiellement douteuse, et qui date d&#233;j&#224; de quatre ann&#233;es (ne prenant donc pas en consid&#233;ration les derni&#232;res avanc&#233;es r&#233;alis&#233;es par de nombreux pays francophones qui s'industrialisent &#224; grande vitesse, comme la C&#244;te d'Ivoire, le B&#233;nin ou le Gabon), le S&#233;n&#233;gal &#233;tait d&#233;j&#224; le pays le plus industrialis&#233; de toute l'Afrique de l'Ouest (occupant la septi&#232;me position sur le continent, devant le Nigeria, dans un classement domin&#233; par l'Afrique du Nord et l'Afrique du Sud), la C&#244;te d'Ivoire avait de son c&#244;t&#233; d&#233;pass&#233; le Ghana (13e et 14e, respectivement), le Gabon, devenu pays le plus riche d'Afrique continentale, d&#233;passait le Botswana (12e et 17e, le Botswana &#233;tant le deuxi&#232;me pays le plus riche, et deuxi&#232;me producteur mondial de diamants, apr&#232;s la Russie), et la RDC (16e) ou le Cameroun (24e) se classaient devant l'&#201;thiopie (25e), l'Angola (34e) ou encore le Rwanda (35e). Par ailleurs, il n'y avait qu'un seul pays francophone parmi les six derniers pays du classement (en int&#233;grant le Soudan du Sud et la Somalie, si peu d&#233;velopp&#233;s qu'ils n'&#233;taient m&#234;me pas mentionn&#233;s &#8211; nombreux sont les commentateurs qui ne pr&#234;tent gu&#232;re attention &#224; ce genre de &#171; d&#233;tail &#187;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; l'Afrique du Nord francophone, le Maroc se pla&#231;ait en deuxi&#232;me position continentale apr&#232;s l'Afrique du Sud, r&#233;duisant l'&#233;cart &#224; un niveau si faible (0,9 %) qu'il est pratiquement certain qu'il occupe d&#233;sormais la premi&#232;re place, compte tenu du d&#233;clin et de l'appauvrissement continus l'Afrique du Sud, un g&#233;ant minier qui n'a r&#233;alis&#233; qu'un taux de croissance annuel de 0,8 % en moyenne sur la p&#233;riode 2014-2025. Ce qui, au passage, d&#233;montre qu'il ne s'agit clairement pas d'un pays &#233;mergent, contrairement aux affirmations erron&#233;es de certains commentateurs ou agences de communication.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dynamisme francophone a notamment permis la r&#233;alisation d'un certain nombre d'exploits. Sans la moindre goutte de p&#233;trole, le S&#233;n&#233;gal, le B&#233;nin et le Togo, qui ont r&#233;alis&#233; des taux de croissance de 5,5 %, 5,7 % et 4,9 %, respectivement, sur la p&#233;riode 2014-2025, ont r&#233;ussi &#224; d&#233;passer en mati&#232;re de PIB par habitant le Nigeria, g&#233;ant africain des hydrocarbures, n'ayant r&#233;alis&#233; qu'un taux de croissance de 1,9 % sur la p&#233;riode (en affichant, respectivement, des niveaux de 1 773, 1 485 et 1 119 dollars en 2024, contre seulement 1 084 dollars). Le Nigeria, pays p&#233;trolier et gazier ayant accumul&#233; des centaines de milliards de dollars de revenus au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, mais qui affiche aujourd'hui le plus faible niveau d'esp&#233;rance de vie au monde (estim&#233;e &#224; 54,5 ans en 2023, selon les derni&#232;res donn&#233;es de la Banque mondiale), et dont la monnaie a perdu plus de 99,9 % de sa valeur par rapport au dollar depuis sa cr&#233;ation en 1973 (divis&#233;e par pr&#232;s de 2 200 d&#233;but 2026&#8230;), s'est &#233;galement fait d&#233;passer par le Cameroun (1 830 dollars, et qui a pourtant produit 20 fois moins de p&#233;trole sur la d&#233;cennie 2014-2023), et davantage encore par la C&#244;te d'Ivoire, dont la production p&#233;troli&#232;re a &#233;t&#233; non moins de 37 fois inf&#233;rieure en 2024 (37 000 barils par jour seulement, contre 1,34 million pour le Nigeria, et un PIB par habitant de 2 728, le plus &#233;lev&#233; d'Afrique l'Ouest continentale, malgr&#233; des richesses p&#233;troli&#232;res et aurif&#232;res consid&#233;rablement inf&#233;rieures, &#233;galement, &#224; celles du Ghana voisin)&lt;br class='autobr' /&gt;
La C&#244;te d'Ivoire, qui est d'ailleurs sur le point de d&#233;passer quelques pays d'Am&#233;rique latine, a &#233;galement r&#233;alis&#233; l'exploit de passer devant l'Angola en mati&#232;re de PIB par habitant, qui a pourtant extrait 31 fois plus de p&#233;trole en 2024, et ce, en plus d'&#234;tre &#233;galement le quatri&#232;me producteur mondial de diamants (mais qui n'a connu qu'une croissance &#233;conomique annuelle de 0,9 % seulement sur la p&#233;riode 2014-2025). Par ailleurs, la C&#244;te d'Ivoire, o&#249; se construit actuellement la plus haute tour d'Afrique et du monde francophone (la Tour F, qui devrait &#234;tre achev&#233;e en 2026 et culminer &#224; une hauteur de non moins de 404 m&#232;tres, antenne incluse, d&#233;passant &#233;galement tous les gratte-ciel des pays de l'Union europ&#233;enne), vient aussi de r&#233;aliser l'exploit de d&#233;passer la Tanzanie en mati&#232;re de PIB nominal (qu'elle d&#233;passait d&#233;j&#224; depuis longtemps en mati&#232;re de PIB par habitant), malgr&#233; une population deux fois inf&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec une croissance annuelle in&#233;gal&#233;e de 5,6 % en moyenne sur la p&#233;riode 2014-2025, l'Afrique de l'Ouest francophone, dont fait notamment partie la C&#244;te d'Ivoire, confirme ainsi son statut de plus vaste zone de forte croissance du continent. Une performance d'autant plus remarquable que cet ensemble n'en constitue pas la partie la plus pauvre, l'Afrique de l'Est &#233;tant globalement la partie la moins d&#233;velopp&#233;e, la moins industrialis&#233;e, affichant les niveaux de PIB par habitant les plus faibles, de m&#234;me que la partie globalement la moins stable du continent. Ce dernier point se manifeste notamment par le fait que l'Afrique de l'Est compte les pays ayant connu les conflits les plus meurtriers de la derni&#232;re d&#233;cennie, proportionnellement &#224; leur population (l'&#201;thiopie, le Soudan du Sud et le Soudan, actuellement ravag&#233; par une guerre civile ayant d&#233;j&#224; fait plus de 160 000 morts en moins de deux ans. Soit davantage que le nombre de victimes enregistr&#233; dans la totalit&#233; des conflits observ&#233;s dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne anciennement fran&#231;aise depuis 1960, tout comme la terrible guerre civile ayant r&#233;cemment secou&#233; l'&#201;thiopie et provoqu&#233; la mort d'environ 600 000 personnes en seulement deux ans, entre novembre 2020 et novembre 2022). Des conflits auxquels s'ajoutent un certain nombre de probl&#232;mes s&#233;curitaires (terrorisme islamique en Somalie, dans le nord du Mozambique, en Ouganda&#8230;), de tensions interethniques, comme en &#201;thiopie (o&#249; elles avaient d&#233;j&#224; provoqu&#233; la mort de nombreuses personnes avant m&#234;me le d&#233;but de la derni&#232;re guerre civile), ou politiques, comme en Tanzanie (o&#249; de r&#233;centes manifestations ont &#233;t&#233; cruellement r&#233;prim&#233;es, faisant plus de 1 000 morts en seulement six jours, fin 2025). &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, l'Afrique francophone constitue la partie du continent la moins touch&#233;e par les in&#233;galit&#233;s sociales, comme en attestent les derni&#232;res donn&#233;es disponibles aupr&#232;s de la Banque mondiale (indice de GINI), qui indiquent la pr&#233;sence d'aucun pays francophone parmi les huit pays africains les plus in&#233;galitaires. Une situation qui a elle-m&#234;me d'importantes r&#233;percussions sur les niveaux de violence sociale et de criminalit&#233;, globalement bien plus &#233;lev&#233;s du c&#244;t&#233; anglophone du continent (comme au Nigeria, ou encore en Afrique du Sud o&#249; l'on compte plus de 25 000 homicides par ann&#233;e, soit un nombre de victimes sup&#233;rieure &#224; ce que l'on observe dans un certain nombre de guerres civiles &#224; travers le monde).&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, l'Afrique francophone est &#233;galement la partie la moins touch&#233;e par les extr&#233;mismes et fanatismes religieux. &#192; titre d'exemple, elle constitue la seule zone comportant des pays ayant impos&#233; des restrictions sur le port du niqab (interdiction totale ou partielle, selon les cas), contrairement &#224; l'Afrique anglophone o&#249; l'on retrouve de nombreux territoires imposant la charia, et o&#249; se multiplient, dans un autre registre, les discours s'attaquant violemment &#224; l'homosexualit&#233;, y compris dans la sph&#232;re strictement priv&#233;e, comme en Ouganda et au Ghana, pays majoritairement chr&#233;tiens (et d'o&#249; ils se propagent parfois vers l'Afrique francophone).&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la lutte contre la corruption, le dernier classement annuel publi&#233; par l'organisme Transparency International vient de d&#233;montrer que l'Afrique francophone est &#233;galement la partie globalement la moins touch&#233;e par la corruption, aussi bien en Afrique subsaharienne qu'en Afrique du Nord. Il est d'ailleurs &#224; noter que les cinq pays les plus corrompus du continent sont tous anglophones (Soudan, &#201;rythr&#233;e, Libye, Somalie et Soudan du Sud, en derni&#232;re position). Des pays comme le S&#233;n&#233;gal (class&#233; 65e mondial sur non moins de 182 pays), le B&#233;nin (70e) et la C&#244;te d'Ivoire (76e), font ainsi mieux que l'Afrique du Sud (81e), devancent tr&#232;s largement des pays comme l'&#201;thiopie (96e), l'Angola (120e), le Kenya (130e) ou le Nigeria (142e), et se classent m&#234;me devant des pays d'Europe de l'Est membres de l'Union europ&#233;enne, ainsi que devant un grand nombre de pays d'Am&#233;rique latine, que l'Afrique de l'Ouest francophone vient d'ailleurs de d&#233;passer, globalement, en mati&#232;re de lutte contre la corruption. Une &#233;volution remarquable, allant de pair avec le rattrapage &#233;conomique en cours, et qui se mat&#233;rialisera prochainement par le d&#233;passement de certains pays latino-am&#233;ricains en mati&#232;re de richesse par habitant, &#224; commencer par des pays d'Am&#233;rique centrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, il convient de rappeler que les espaces UEMOA et CEMAC, qui recouvrent, respectivement, une bonne partie de l'Afrique de l'Ouest francophone et de l'Afrique centrale francophone, constituent les zones les plus int&#233;gr&#233;es du continent. Ces deux exemples d'int&#233;gration pouss&#233;e, loin devant les autres ensembles r&#233;gionaux, d&#233;montrent d'ailleurs que le panafricanisme est avant tout une r&#233;alit&#233; francophone. Par ailleurs, et compte tenu de la double &#233;mergence d&#233;mographique et &#233;conomique de l'Afrique francophone, et du retour sur investissement consid&#233;rablement sup&#233;rieur et multidimensionnel (notamment pour des raisons linguistiques, comme le d&#233;montre l'exemple des touristes qu&#233;b&#233;cois qui sont proportionnellement quatre fois plus nombreux que les touristes am&#233;ricains &#224; venir chaque ann&#233;e en France&#8230; et &#224; y d&#233;penser), il serait judicieux que ce vaste ensemble redevienne la priorit&#233; des politiques d'aide au d&#233;veloppement des pays francophones du Nord, et en particulier de la France (dont l'effort financier b&#233;n&#233;ficie principalement aux pays d'Europe de l'Est membres de l'Union europ&#233;enne, et ce, pratiquement sans le moindre b&#233;n&#233;fice &#233;conomique ou g&#233;opolitique&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Ilyes Zouari&lt;br class='autobr' /&gt;
Chercheur ind&#233;pendant, Pr&#233;sident du CERMF (Cercle d'&#233;tude et de r&#233;flexion sur le monde francophone)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le monde arabophone recouvre les 20 pays ayant l'arabe pour langue officielle ou co-officielle (hors Djibouti et les Comores), auxquels s'ajoutent les parties arabophones du Tchad et de l'&#201;rythr&#233;e, et les territoires arabophones de faible importance pr&#233;sents dans neuf autres pays (Mali, Niger, Cameroun, Nigeria, R&#233;publique centrafricaine, Soudan du Sud, Iran, Turquie et Isra&#235;l). Dans les pays partiellement arabophones, l'arabe est parfois une langue seulement v&#233;hiculaire pour les populations consid&#233;r&#233;es comme arabophones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'espace hispanophone, celui-ci regroupe les populations des 20 pays ayant l'espagnol pour langue officielle ou co-officielle et du territoire insulaire am&#233;ricain de Porto Rico, ainsi que les populations hispanophones majoritaires des comt&#233;s am&#233;ricains frontaliers avec le Mexique, et des territoires b&#233;liziens frontaliers avec le Guatemala et le Mexique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Groenland : une annexion am&#233;ricaine signerait l'effacement et la fin du peuple inuit</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/groenland-une-annexion-americaine-signerait-l-effacement-et-la-fin-du-peuple-inuit</link>
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		<dc:date>2026-01-21T20:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ilyes Zouari</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Alaska, Hawa&#239;, Louisiane&#8230; l'histoire d&#233;montre bien que chaque expansion territoriale am&#233;ricaine concernant des espaces faiblement peupl&#233;s et strat&#233;giques a entra&#238;n&#233; l'extr&#234;me marginalisation des populations autochtones, et leur g&#233;nocide culturel. L'ind&#233;pendance du Groenland &#233;tant une id&#233;e difficile &#224; concevoir, celui-ci devrait donc rester danois, tout en restreignant toute immigration am&#233;ricaine&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; En dehors des territoires minuscules et sans int&#233;r&#234;t strat&#233;gique majeur (&#238;les Vierges (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/" rel="directory"&gt;Di sak na pou di&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alaska, Hawa&#239;, Louisiane&#8230; l'histoire d&#233;montre bien que chaque expansion territoriale am&#233;ricaine concernant des espaces faiblement peupl&#233;s et strat&#233;giques a entra&#238;n&#233; l'extr&#234;me marginalisation des populations autochtones, et leur g&#233;nocide culturel. L'ind&#233;pendance du Groenland &#233;tant une id&#233;e difficile &#224; concevoir, celui-ci devrait donc rester danois, tout en restreignant toute immigration am&#233;ricaine&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En dehors des territoires minuscules et sans int&#233;r&#234;t strat&#233;gique majeur (&#238;les Vierges am&#233;ricaines, Samoa am&#233;ricaines&#8230;), ou &#224; forte population pr&#233;existante (Porto Rico), les expansions territoriales am&#233;ricaines ont toujours &#233;t&#233; accompagn&#233;es d'un v&#233;ritable raz de mar&#233;e migratoire ayant entra&#238;n&#233;, en d&#233;pit des belles promesses, la marginalisation politique, &#233;conomique et culturelle des populations locales, et leur totale folklorisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexion am&#233;ricaine = effacement des populations autochtones&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Alaska, acquise en 1867, la population a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 25, passant d'environ 30 000 &#224; 750 000, malgr&#233; la rudesse du climat, d'ailleurs comparable &#224; celui du Groenland. Aujourd'hui, la population d'origine ne repr&#233;sente plus que 15 % de la population totale, et les langues autochtones ne sont plus parl&#233;es que par 1 % seulement de la population en tant que langue premi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Hawa&#239;, territoire devenu am&#233;ricain en 1898, la population a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 11 en passant de pr&#232;s de 110 000 &#224; 1 450 000, et par 13 depuis le renversement de la monarchie par des immigr&#233;s am&#233;ricains, en 1893 (pr&#233;lude au rattachement aux &#201;tats-Unis). D&#233;sormais, les habitants originaires de l'archipel ne repr&#233;sentent plus que 10 % de la population totale, et la langue hawa&#239;enne n'est plus parl&#233;e en premier que par 1 % &#233;galement de la population de l'archipel. Aujourd'hui, et comme en Alaska, la population d'origine n'a aucun pouvoir politique et n'a presque plus son mot &#224; dire sur quoi que ce soit, devant se contenter de danser et de chanter pour les touristes, ou de leur remettre un joli collier de fleurs &#224; l'a&#233;roport, avec le plus large sourire possible. Une situation qui contraste d'ailleurs fortement avec l'&#233;quivalent fran&#231;ais de l'archipel polyn&#233;sien d'Hawa&#239;, &#224; savoir la Polyn&#233;sie fran&#231;aise, o&#249; la population d'origine repr&#233;sente plus de 75 % de la population totale. Celle-ci y d&#233;tient ainsi le pouvoir politique, et les langues polyn&#233;siennes demeurent extr&#234;mement pr&#233;sentes et visibles sur l'int&#233;gralit&#233; du territoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la Louisiane, celle-ci a &#233;galement subi un raz de mar&#233;e migratoire d&#232;s son rattachement aux &#201;tats-Unis en 1803. Dans la seule partie correspondant &#224; l'&#201;tat actuel de Louisiane, la population francophone, qui repr&#233;sentait l'&#233;crasante majorit&#233; de la population de langue fran&#231;aise du vaste territoire c&#233;d&#233;, n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus majoritaire seulement 30 ans apr&#232;s l'annexion am&#233;ricaine. Aujourd'hui, la francophonie louisianaise a quasiment disparu de l'&#201;tat, dont la population a centupl&#233; depuis l'annexion, et o&#249; il n'y a plus aucune localit&#233; majoritairement francophone. Le fran&#231;ais n'y est plus parl&#233; que par moins de 1 % de la population totale en tant que premi&#232;re langue, bien moins que l'espagnol, langue d'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ind&#233;pendance : une id&#233;e difficile &#224; concevoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, tout permet d'affirmer qu'une annexion am&#233;ricaine du Groenland entra&#238;nerait &#224; terme l'effacement total du peuple inuit, qui repr&#233;sente aujourd'hui pr&#232;s de 90 % des habitants du territoire, et dont la langue est &#233;galement parl&#233;e par la m&#234;me proportion de la population. Toutefois, s'il est donc &#233;vident que le Groenland doit &#233;viter de devenir am&#233;ricain, il n'est pas pour autant justifi&#233; d'en proposer l'ind&#233;pendance, compte tenu du gigantisme du territoire (quatre fois plus vaste que la France m&#233;tropolitaine, et neuf fois plus &#233;tendu que le Royaume-Uni), et de sa tr&#232;s faible population, qui n'atteint que 56 000 habitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, une ind&#233;pendance du Groenland serait presque aussi absurde et ridicule que de confier tout le territoire de l'Union europ&#233;enne &#224; la seule population de la principaut&#233; d'Andorre (86 000 habitants), du Liechtenstein (42 000), ou encore &#224; la seule population de la commune&#8230; de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, qui compte d'ailleurs aujourd'hui presque exactement autant d'habitants (58 000). Les Groenlandais n'auraient d'ailleurs nullement les moyens de g&#233;rer seuls ce vaste territoire, de le s&#233;curiser, ni m&#234;me simplement de se d&#233;placer d'un point &#224; un autre sans assistance &#233;trang&#232;re, rendant ainsi purement symbolique et de fa&#231;ade toute ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Limiter le plus que possible l'immigration am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Groenland devrait donc maintenir son appartenance au Danemark, qui a su, volontairement ou non, pr&#233;server la population et la culture locales. Dans le m&#234;me temps, il ne devrait surtout pas avoir la na&#239;vet&#233; de chercher &#224; amadouer ou &#224; calmer les &#201;tats-Unis en facilitant l'installation de citoyens am&#233;ricains, pour telle ou telle raison, &#224; d&#233;faut de permettre une annexion. Bien au contraire, il doit imp&#233;rativement restreindre au maximum toute immigration en provenance des &#201;tats-Unis afin de ne pas commettre la m&#234;me erreur que le Mexique et Hawa&#239; au 19e si&#232;cle, et ne pas tomber lui aussi dans le pi&#232;ge am&#233;ricain.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, dans le territoire mexicain du Texas ainsi qu'&#224; Hawa&#239;, la prise de contr&#244;le am&#233;ricaine a commenc&#233; par l'envoi de &#171; simples &#187; immigr&#233;s vers ces deux territoires convoit&#233;s par les &#201;tats-Unis. Comme par hasard, ces immigr&#233;s am&#233;ricains prirent le pouvoir par la force quelques ann&#233;es plus tard en renversant les autorit&#233;s locales. Et comme par hasard, ils demand&#232;rent peu apr&#232;s que le territoire qu'ils venaient d'arracher par la force &#224; leurs propri&#233;taires soit rattach&#233; aux &#201;tats-Unis, qui, comme par hasard, accept&#232;rent cette demande d'annexion&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis, dignes h&#233;ritiers du Royaume-Uni, ayant souvent &#233;t&#233; entach&#233;e d'immoralit&#233; depuis leur cr&#233;ation (conditions ayant entour&#233; la conqu&#234;te de l'Ouest contre le Mexique et les Am&#233;rindiens, l'annexion des colonies espagnoles des Cara&#239;bes et du Pacifique, l'occupation de territoires ind&#233;pendants dans les Cara&#239;bes et en Am&#233;rique centrale, le d&#233;clenchement des deux guerres d'Irak&#8230;), le Groenland et le Danemark doivent donc faire preuve de la plus grande m&#233;fiance possible &#224; leur &#233;gard, mais tout en restant en assez bons termes avec eux. Un exercice d'&#233;quilibriste auquel Groenlandais et Danois devront s'habituer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ilyes Zouari&lt;br class='autobr' /&gt;
Chercheur ind&#233;pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident du CERMF (Cercle d'&#233;tude et de r&#233;flexion sur le monde francophone)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cermf.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cermf.org&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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