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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>Les tendances x&#233;nophobes tueront notre r&#234;ve sud-africain</title>
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		<dc:date>2026-06-29T20:05:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Professeur Bismark Tyobeka</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par le Professeur Bismark Tyobeka, principal et vice-chancelier de la North-West University (NWU) (Afrique du Sud)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/international/monde/" rel="directory"&gt;Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/by_prof._bismark_tyobeka_principal_and_vice-chancellor_of_the_north-west_university_nwu_-8a623.jpg?1782763503' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; deux reprises, j'ai v&#233;cu des moments o&#249; l'Afrique du Sud &#233;tait au centre de l'attention mondiale. La derni&#232;re d&#233;cennie du XXe si&#232;cle annon&#231;ait l'av&#232;nement d'une nation appel&#233;e &#224; montrer l'exemple sur le plan moral, alors que nous nous engagions &#224; ne jamais r&#233;p&#233;ter les erreurs de notre pass&#233; marqu&#233; par l'injustice. Aujourd'hui, alors que de nombreux citoyens menacent de recourir &#224; la violence contre les &#233;trangers, nous risquons une fois de plus de devenir un &#201;tat paria aux yeux du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 11 f&#233;vrier 1990, j'&#233;tais riv&#233; devant le t&#233;l&#233;viseur, chez ma s&#339;ur, dans le township de Selosesha &#224; Thaba Nchu, o&#249; je venais de commencer la Standard 8 (&#233;quivalent de la classe de seconde) au lyc&#233;e Moroka. J'avais profit&#233; d'un week-end hors de l'internat et, comme des millions de personnes &#224; travers le monde, j'ai regard&#233; Nelson Mandela franchir les portes de la prison de Victor Verster en homme libre. Quatre ans plus tard, le 27 avril 1994, j'&#233;tais dans mon village de Nonceba, o&#249; j'ai vot&#233; &#224; l'&#233;cole primaire de Nonceba. L'Afrique du Sud ouvrait alors ses bras &#224; tous ceux qui y vivaient, et le monde, en retour, nous accueillait &#224; bras ouverts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, trente-deux ans et deux mois plus tard, en tant que principal et vice-chancelier de la North-West University (NWU), je suis constern&#233; par le risque de violences de grande ampleur et de perturbations visant les immigr&#233;s en situation irr&#233;guli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, soyons honn&#234;tes. L'immigration ill&#233;gale n'a pas sa place. Nos ressources sont limit&#233;es et nous avons le devoir de prot&#233;ger nos citoyens et de veiller &#224; leur bien-&#234;tre. Apr&#232;s la r&#233;cente vague d'attaques x&#233;nophobes et les menaces de nouvelles violences, les Sud-Africains sont une fois de plus somm&#233;s de choisir entre deux faux extr&#234;mes : soit tol&#233;rer la x&#233;nophobie, soit fermer les yeux sur l'immigration clandestine. Collectivement, nous ne devrions choisir ni l'un ni l'autre. Nous devons reconna&#238;tre que lorsque les gouvernements &#233;chouent &#224; g&#233;rer correctement l'immigration, les migrants ordinaires deviennent souvent les boucs &#233;missaires de d&#233;faillances qui rel&#232;vent de l'&#201;tat. Cette injustice est tout aussi grave que le fait de franchir ill&#233;galement les fronti&#232;res. Mais la violence n'est jamais une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais ramener ce d&#233;bat &#224; un niveau plus personnel : celui de mon universit&#233;, la North-West University. Le mot &#171; universit&#233; &#187; vient du latin universitas, qui signifie &#171; une communaut&#233; unie dans son ensemble &#187;. &#192; la NWU, nous accueillons des enseignants, des chercheurs et des &#233;tudiants venus de tout le continent africain, car nous savons que les grandes avanc&#233;es scientifiques ne connaissent pas de fronti&#232;res, que nous avons autant &#224; apprendre des autres qu'&#224; leur transmettre, et que les id&#233;es poss&#232;dent des passeports bien plus puissants que ceux des personnes qui les portent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants deviennent de meilleurs dipl&#244;m&#233;s parce qu'ils c&#244;toient des personnes qui pensent diff&#233;remment. &#192; l'inverse, une universit&#233; qui s'isole s'appauvrit rapidement sur le plan intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux du grand public, la distinction entre les migrants en situation r&#233;guli&#232;re, les r&#233;fugi&#233;s, les &#233;tudiants internationaux, les professionnels qualifi&#233;s et ceux qui contournent d&#233;lib&#233;r&#233;ment les lois sur l'immigration tend &#224; dispara&#238;tre. C'est ainsi que nous en arrivons &#224; la situation toxique que nous connaissons aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'universit&#233;s publiques, je crois qu'il est de notre devoir de montrer que l'ouverture et l'ordre ne sont pas des id&#233;aux oppos&#233;s, mais compl&#233;mentaires. Nous prosp&#233;rons parce que nous associons l'ouverture aux personnes et aux id&#233;es &#224; la responsabilit&#233;, au m&#233;rite et au respect de l'&#201;tat de droit. Les &#233;tudiants &#233;trangers ne viennent pas simplement s'installer : ils obtiennent les visas n&#233;cessaires. Les universitaires internationaux sont recrut&#233;s selon des proc&#233;dures rigoureuses et sont tenus de respecter les m&#234;mes r&#232;gles et les m&#234;mes normes que tous les autres. L'ouverture fonctionne pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle repose sur des r&#232;gles claires, appliqu&#233;es de mani&#232;re juste et coh&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;cent article du prestigieux magazine britannique The Economist souligne qu'il existe de nombreuses preuves remettant en question les id&#233;es re&#231;ues sur les migrations. Les personnes n&#233;es &#224; l'&#233;tranger ne repr&#233;sentent qu'environ 5 % de la population sud-africaine, et les recherches men&#233;es par la Banque mondiale ainsi que par l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) montrent que les migrants sont souvent des cr&#233;ateurs nets d'emplois : ils fondent des entreprises et stimulent l'activit&#233; &#233;conomique. D'autres &#233;tudes indiquent &#233;galement que les ressortissants &#233;trangers sont, en moyenne, moins susceptibles de commettre des crimes que les citoyens sud-africains. Ces r&#233;alit&#233;s sont parfois difficiles &#224; entendre, mais sont-elles r&#233;ellement connues du grand public ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'humanit&#233; progresse en apprenant ensemble&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le terme universitas nous rappelle que l'humanit&#233; progresse non pas en se d&#233;tournant les uns des autres, mais en apprenant ensemble. Cependant, une communaut&#233; ne peut perdurer que si elle respecte des r&#232;gles. L'Afrique du Sud n'a pas &#224; choisir entre l'ouverture et l'ordre : elle a besoin des deux. Nous devons rejeter sans r&#233;serve la x&#233;nophobie, appliquer les lois sur l'immigration sans h&#233;sitation, et continuer &#224; b&#226;tir des universit&#233;s qui accueillent les id&#233;es venues des quatre coins du monde tout en restant fermement ancr&#233;es dans le respect de l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couleurs de notre Nation Arc-en-ciel s'estompent. Les r&#234;ves de nos fondateurs sont remis &#224; plus tard. Le sang vers&#233; pour conqu&#233;rir la libert&#233; est oubli&#233;, tandis que leurs convictions sont n&#233;glig&#233;es ou d&#233;voy&#233;es. Plus de 11 750 jours apr&#232;s avoir d&#233;pos&#233; mon premier vote d&#233;mocratique dans l'urne, l'h&#233;ritage de la r&#233;conciliation plut&#244;t que de la vengeance, de l'espoir plut&#244;t que de la haine, demeure entre nos mains. Saisissons une nouvelle toile et profitons de cette occasion pour y peindre &#224; nouveau des couleurs &#233;clatantes, afin que le monde voie que l'Afrique du Sud est bien plus qu'un simple point sur une carte : c'est une id&#233;e &#224; laquelle il vaut la peine d'aspirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Professeur Bismark Tyobeka&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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