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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>Les Zoreils : une composante naturelle de la &#171; soci&#233;t&#233; arc-en-ciel &#187; de La R&#233;union</title>
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		<dc:date>2026-05-21T20:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Libre opinion par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/2_photo_d_andre_oraison_faite_le_7_fe_vrier_2026-65274.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; La R&#233;union, certaines personnes &#233;voquent parfois la th&#233;orie du grand remplacement et, plus souvent encore, la th&#232;se de la pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : deux concepts sulfureux formul&#233;s pour fustiger l'arriv&#233;e jug&#233;e envahissante de M&#233;tropolitains ou Zoreils dans l'espace pourtant multiculturel r&#233;unionnais. Mais que faut-il exactement entendre par Zoreil (1) ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut d&#233;finir le Zoreil comme un Europ&#233;en qui n'est pas n&#233; &#224; La R&#233;union, par opposition aux R&#233;unionnais fortement m&#233;tiss&#233;s et venus d'horizons divers : Cafres, Chinois, Comoriens, Cr&#233;oles blancs, Malabars, Malgaches, Mahorais ou Zarabes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	I. Les crit&#232;res contestables de distinction entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le vocable Zoreil ne laisse pas indiff&#233;rent et il est m&#234;me urticant pour certains R&#233;unionnais qui n'h&#233;sitent pas &#224; simplifier en mettant tous les M&#233;tropolitains dans le m&#234;me panier et en les assimilant &#224; des n&#233;ocolonialistes qu'il faut stigmatiser au cri &#233;liminatoire de &#171; Zoreil deor &#187;. Mais la r&#233;alit&#233; n'est-elle pas plus complexe qu'il n'y para&#238;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour notre ami Guy Pignolet, les Zoreils ne forment certainement pas un bloc monolithique. Dans un courriel dat&#233; du 6 d&#233;cembre 2021, cette &#233;minente personnalit&#233; de La R&#233;union me fait remarquer qu'il serait judicieux d'&#233;tablir le d&#233;part entre les Zoreils-M&#233;tropolitains ou Zoreils-Zoreils et les Zoreils-R&#233;unionnais, encore appel&#233;s par les Cr&#233;oles les Zoreils-P&#233;i.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Zoreil-Zoreil est d&#233;fini comme un Europ&#233;en et le plus souvent comme un M&#233;tropolitain qui, pour des raisons g&#233;n&#233;ralement professionnelles, s'installe &#224; La R&#233;union pour quelques mois ou quelques ann&#233;es tout en songeant toujours &#224; revenir dans sa province natale dont il a une profonde nostalgie. Il s'agit au demeurant d'un sentiment respectable : il est normal de ne pas oublier son lieu de naissance, ses racines et l'endroit o&#249; l'on a v&#233;cu une partie de son existence et notamment sa jeunesse. &#192; La R&#233;union, le Zoreil-Zoreil n'est certainement pas un &#233;tranger en raison du statut de &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187; attribu&#233; &#224; La R&#233;union par la loi du 19 mars 1946. Mais c'est un Fran&#231;ais qui reste avant tout dans son c&#339;ur un M&#233;tropolitain, quelle que soit la dur&#233;e de son s&#233;jour dans l'ancienne &#238;le Bourbon. Concr&#232;tement, le Zoreil-Zoreil est celui qui entend rester un Alsacien, un Basque, un Breton, un Corse, un Languedocien, un Lyonnais, un Marseillais, un Normand, un Parisien, un Picard ou un Proven&#231;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Zoreil-R&#233;unionnais ou Zoreil-P&#233;i est celui qui a d&#233;cid&#233; de s'installer &#224; La R&#233;union de mani&#232;re d&#233;finitive pour des raisons multiples : professionnelles mais aussi familiales et sentimentales. C'est un M&#233;tropolitain qui cherche &#224; adopter le mode de vie des R&#233;unionnais. Pour le Zoreil-P&#233;i, La R&#233;union n'est pas la terre d'un exil forc&#233; mais son pays, un pays qu'il aime et d&#233;fend avec la m&#234;me conviction que les R&#233;unionnais de souche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, Guy Pignolet &#8212; un savant que nous rangeons sans contestation possible dans la cat&#233;gorie des Zoreils-Pei&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &#8212; donne au passage un int&#233;ressant exemple lorsqu'il d&#233;clare qu'on distingue ais&#233;ment les Zoreils &#171; &#224; la mani&#232;re dont ils parlent de leurs origines : les Zoreils-Zoreils disent qu'ils sont de Carpentras tandis que les Zoreils-R&#233;unionnais disent qu'ils viennent de Carpentras &#187;. On peut bien s&#251;r avaliser ce constat, au demeurant fort subtil. Mais un tel constat ne nous emp&#234;che nullement, dans une conception &#339;cum&#233;nique, de contester le clivage binaire entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	II. Le refus de la distinction discriminatoire entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Je m'interroge : moi qui suis n&#233; en Tunisie le 4 octobre 1941 et habite &#224; La R&#233;union depuis 1967 ne suis-je pas tout simplement un R&#233;unionnais, au m&#234;me titre que Paul Verg&#232;s &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt;, le fondateur du Parti communiste r&#233;unionnais (PCR), n&#233; lui aussi &#224; l'&#233;tranger en Tha&#239;lande le 5 mars 1925 et qui, pendant plusieurs d&#233;cennies, a anim&#233; la vie politique locale et propos&#233; &#8212; &#224; la suite de la r&#233;vision constitutionnelle du 28 mars 2003 &#8212; une s&#233;rie de r&#233;formes tout &#224; fait cr&#233;dibles en droit et m&#234;mes &#8212; selon moi &#8212; n&#233;cessaires en fait pour La R&#233;union&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour r&#233;pondre &#224; cette question, je suis convaincu qu'il faut r&#233;cuser le d&#233;part certes original mais discriminatoire entre les Zoreils-Zoreils qui seraient condamnables et les Zoreils-Pei qui seraient convenables. Pour d&#233;fendre une conception g&#233;n&#233;reuse et lib&#233;rale dans la &#171; soci&#233;t&#233; arc-en-ciel &#187; qu'incarne La R&#233;union depuis l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage le 20 d&#233;cembre 1848, je reviens &#224; ma premi&#232;re approche en m'appuyant sur la d&#233;finition du R&#233;unionnais &#233;manant d'un R&#233;unionnais de souche en la personne de Jean-Claude Fruteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans une s&#233;rie d'interviews de personnalit&#233;s politiques et syndicales publi&#233;es le 14 mars 2012 dans la presse locale, l'ancien d&#233;put&#233;-maire socialiste de Saint-Beno&#238;t a donn&#233; du R&#233;unionnais une d&#233;finition non alambiqu&#233;e et qui devrait, par suite, &#234;tre admise par toutes les personnes de bonne foi. R&#233;dig&#233;e dans un style laconique, voici cette d&#233;finition que je fais mienne : &#171; Un R&#233;unionnais, c'est quelqu'un qui vit &#224; La R&#233;union, quel que soit son lieu de naissance &#187;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour consolider ma religion dans le cadre d'une conception universaliste, je me r&#233;f&#232;re &#233;galement &#224; l'opinion d'une figure d&#233;sormais incontournable de la vie politique locale en la personne de Bernard Grondin qui a &#233;t&#233; &#233;lu chef du Gouvernement de &#171; l'&#201;tat r&#233;unionnais &#187; par une poign&#233;e de militants nationalistes, le 5 novembre 2017. Au cours d'une habile interview r&#233;alis&#233;e par le journaliste David Chassagne, cette personnalit&#233; anticolonialiste et s&#233;cessionniste a en effet d&#233;fini en des termes particuli&#232;rement bien frapp&#233;s ce qui me para&#238;t &#234;tre le v&#233;ritable crit&#232;re de l'authentique R&#233;unionnais et cela, sans avoir &#224; faire une r&#233;f&#233;rence explicite &#224; la cat&#233;gorie sp&#233;cifique des M&#233;tropolitains ou Zoreils :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Pour moi, en tant qu'ind&#233;pendantiste, il y a une d&#233;finition identitaire. Si out papa et out maman l&#233; R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Si seulement un des deux parents est R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Si ou l&#233; n&#233; en France et out parent l&#233; R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Maintenant, si tu viens d'ailleurs et que tu habites La R&#233;union depuis longtemps (ou pas trop longtemps) et que ou vive en R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais aussi. Nou l&#233; pas dans l'exclusion ! Le R&#233;unionnais que l'a arriv&#233; il y a 300 ans ou 200 ans ou moins, si i vive en R&#233;unionnais, l&#233; aussi R&#233;unionnais que mwin &#187;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En guise d'ultime r&#233;flexion, je reprends &#224; mon compte le beau slogan du regrett&#233; Laurent Verg&#232;s, fils de Paul Verg&#232;s et qui fut &#8212; comme son p&#232;re &#8212; d&#233;put&#233; du PCR. Plus encore, j'adh&#232;re au cri du c&#339;ur de toute personne qui aspire &#224; &#234;tre accueillie et reconnue dignement dans cette belle &#238;le de La R&#233;union, quelle que soit son appartenance ethnique, sa religion, la couleur de sa peau ou son lieu de naissance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;	&#171; Mi di zot tout : Nou l&#233; pa plis, nou l&#233; pa mwin, respekt a nou ! &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Nous avons ici recours au mot Zoreil. Mais certain utilisent parfois celui de Zoreille au f&#233;minin ou plus rarement encore celui de Zorey. Du terme de Zoreil a d&#233;riv&#233; celui de Zor&#233;ol : un enfant n&#233; d'une union entre un Zoreil et une Cr&#233;ole (ou vice-versa). Il existe plusieurs versions plus ou moins cr&#233;dibles quant &#224; l'origine de ce terme jug&#233; parfois p&#233;joratif pour nommer les habitants de l'Hexagone. Pour certains, le vocable est employ&#233; pour d&#233;signer les M&#233;tropolitains qui, en arrivant &#224; La R&#233;union, devaient tendre l'oreille pour bien comprendre leurs interlocuteurs cr&#233;oles. D'autres &#233;mettent l'hypoth&#232;se selon laquelle, lorsqu'ils posaient le pied sur l'ancienne &#238;le Bourbon, c'&#233;tait pour espionner la population locale en laissant tra&#238;ner leurs oreilles et rendre compte aux autorit&#233;s comp&#233;tentes de Paris. D'autres enfin ont pr&#233;tendu que lorsqu'ils d&#233;barquaient au Port de la Pointe des Galets, leurs oreilles devenaient rouges sous le soleil des tropiques. Dans son Lexique du parler cr&#233;ole de La R&#233;union (Paris, 1974), Robert Chaudenson classe toutefois le mot Zoreil dans la cat&#233;gorie des origines douteuses. Selon certains t&#233;moignages qu'il a pu recenser, ce terme &#233;tait m&#234;me inconnu avant le Premier Conflit mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Dans un courriel qu'il m'a adress&#233; le lundi 6 d&#233;cembre 2021, Guy Pignolet se d&#233;finit lui-m&#234;me comme &#171; un R&#233;unionnais d'outre-mer, n&#233; en Normandie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; Alors, ne suis-je pas un R&#233;unionnais ? &#187;, Le Quotidien de La R&#233;union, dimanche 10 d&#233;cembre 2017, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; Les derni&#232;res propositions du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s au plan institutionnel &#187;, RRJDP, 2017, n&#176; 3, p. 1117-1153.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; D. CHASSAGNE, &#171; Pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : et si on finissait par trancher ? &#187;, Le Journal de l'&#238;le de La R&#233;union, mercredi 14 mars 2012, p. 15.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le statut de J&#233;rusalem : le n&#339;ud gordien du diff&#233;rend isra&#233;lo-palestinien</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/le-statut-de-jerusalem-le-noeud-gordien-du-differend-israelo-palestinien</link>
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		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Libre opinion par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/jerusalem-7ac63.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que le pr&#233;sident am&#233;ricain Donald Trump vient d'entrer en guerre contre l'Iran qui menace de d&#233;truire Isra&#235;l au motif que l'&#201;tat h&#233;breu refuse de reconna&#238;tre l'existence d'un &#201;tat palestinien ind&#233;pendant avec J&#233;rusalem-Est pour capitale, une question clef m&#233;rite aussit&#244;t d'&#234;tre pos&#233;e : existe-t-il un statut id&#233;al pour J&#233;rusalem, le berceau des trois grandes religions monoth&#233;istes (1) ? Adopt&#233;e par les Nations Unies le 29 novembre 1947 pour mettre fin aux pr&#233;rogatives du Royaume-Uni sur la Palestine mandataire, la r&#233;solution 181 avait pr&#233;vu la cr&#233;ation de deux &#171; &#201;tats ind&#233;pendants &#187; &#8211; l'un arabe et l'autre juif &#8211; ainsi qu'un statut international pour J&#233;rusalem afin de sauvegarder la dimension spirituelle d'une ville &#224; nulle autre pareille. Construite &#224; proximit&#233; de la Jordanie et de la mer Morte, J&#233;rusalem devait &#234;tre soumise &#224; un r&#233;gime de d&#233;militarisation et de neutralisation sous l'&#233;gide de l'ONU afin d'offrir des garanties pour la sauvegarde des Lieux saints chr&#233;tiens, juifs et musulmans qui se c&#244;toient dans la Vieille ville. Mais ce statut con&#231;u par l'ONU avec le soutien du Vatican, n'a jamais vu le jour : la r&#233;solution 181 qui proposait une internationalisation de l'ensemble de J&#233;rusalem sous contr&#244;le onusien est aujourd'hui frapp&#233;e d'une obsolescence irr&#233;versible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo Shmuel Spiegelman, CC BY-SA 1.0 &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://creativecommons.org/licenses/by-sa/1.0&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://creativecommons.org/license...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
, via Wikimedia Commons&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; la r&#233;solution 181 qui est relative au nouveau statut de la Palestine, l'&#201;tat d'Isra&#235;l a pu ressurgir le 14 mai 1948, quelqus 2 000 ans apr&#232;s sa disparition &#224; l'&#233;poque de l'Empire romain. Pr&#232;s de 78 ans apr&#232;s sa r&#233;surrection, cet &#201;tat n'est plus gu&#232;re contest&#233; dans son existence et exerce m&#234;me un leadership r&#233;gional aux plans &#233;conomique et militaire. Quant &#224; l'&#201;tat arabe palestinien qui a lui aussi &#233;t&#233; l&#233;gitim&#233; par la r&#233;solution 181 et devait &#234;tre cr&#233;&#233; en m&#234;me temps qu'Isra&#235;l, il n'est toujours pas devenu une r&#233;alit&#233; en raison de l'opposition des dirigeants h&#233;breux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I.- L'&#233;chec de l'internationalisation de l'ensemble de la ville de J&#233;rusalem&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En raison de la survenance du premier conflit isra&#233;lo-arabe qui aboutit de facto &#224; un partage de la cit&#233; jud&#233;enne en 1949, J&#233;rusalem-Ouest devient d&#232;s le 23 janvier 1950 la capitale d'Isra&#235;l &#8212; un &#201;tat cr&#233;&#233; le 14 mai 1948 sur le fondement de la r&#233;solution 181 &#8212; tandis que J&#233;rusalem-Est, y compris la Vieille ville, passe sous le contr&#244;le de la Jordanie. &#192; l'issue de la &#171; Guerre des Six Jours &#187; d&#233;clench&#233;e le 5 juin 1967, Isra&#235;l s'empare de la Cisjordanie et de la partie orientale de J&#233;rusalem qui est aussit&#244;t annex&#233;e. Par la suite, la loi fondamentale isra&#233;lienne du 30 juillet 1980 &#233;rige &#171; J&#233;rusalem enti&#232;re et r&#233;unifi&#233;e &#187; au rang de &#171; capitale &#233;ternelle de l'&#201;tat d'Isra&#235;l &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tous les observateurs, la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat h&#233;breu est subordonn&#233;e &#224; la cr&#233;ation, &#224; ses c&#244;t&#233;s, d'un &#201;tat palestinien ind&#233;pendant. Mais la &#171; solution &#224; deux &#201;tats &#187; pour deux peuples vivant c&#244;te &#224; c&#244;te, dans la paix et la s&#233;curit&#233;, &#224; l'int&#233;rieur de fronti&#232;res s&#251;res et internationalement reconnues, propos&#233;e par l'ONU d&#232;s 1947, n&#233;cessite l'arr&#234;t par Isra&#235;l de la destruction de Gaza et de l'installation de colonies juives en Cisjordanie et &#224; J&#233;rusalem-Est. La solution onusienne implique aussi la reconnaissance par Isra&#235;l d'un &#201;tat palestinien pleinement souverain ainsi qu'une volont&#233; pour ces deux entit&#233;s antinomiques de coexister pacifiquement. Mais ces conditions ne sont toujours pas r&#233;unies en raison de l'inflexibilit&#233; adamantine des autorit&#233;s isra&#233;liennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous un autre angle, la r&#233;solution 181 est un &#233;chec : la ville de J&#233;rusalem n'a pu &#234;tre dot&#233;e d'un statut international, car la situation a &#233;volu&#233; sur le terrain en Palestine depuis 1947. Il faut faire preuve de r&#233;alisme : le statut initial pr&#233;vu pour l'ensemble de J&#233;rusalem par l'ONU est p&#233;rim&#233;, d&#232;s lors que les forces juives conservatrices et les forces palestiniennes musulmanes radicales sont hostiles &#224; son internationalisation pour maintes raisons, au demeurant antinomiques. La question du statut de J&#233;rusalem n'a jamais cess&#233; d'&#234;tre au premier rang des pr&#233;occupations politiques et juridiques internationales : c'est m&#234;me le n&#339;ud gordien des pourparlers de paix isra&#233;lo-palestiniens. Parce qu'elle se situe au carrefour de deux nations et de trois croyances, cette ville cristallise des passions extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on admet que la communaut&#233; isra&#233;lienne et le monde arabo-musulman accordent une place &#233;minente &#224; J&#233;rusalem, la &#171; cit&#233; de David &#187; ne peut plus &#234;tre &#233;rig&#233;e en un &#171; corpus separatum &#187; comme le pr&#233;voyaient l'ONU en 1947 dans la r&#233;solution 181. Si l'on souhaite l'&#233;tablissement d'une paix juste et durable au Proche-Orient, J&#233;rusalem ne saurait demeurer la capitale &#171; une et indivisible de l'&#201;tat d'Isra&#235;l &#187;. Bien que consolid&#233; en 1967, &#224; la suite de la &#171; Guerre des Six Jours &#187;, le dogme h&#233;bra&#239;que multimill&#233;naire de l'indivisibilit&#233; de J&#233;rusalem n'est plus admissible. Le territoire de la cit&#233; hi&#233;rosolymitaine devrait un jour &#234;tre partag&#233; par consensus afin d'aboutir &#224; des compromis tenant compte des desiderata des deux communaut&#233;s. Convoit&#233;e par deux nationalismes, l'un arabe, l'autre juif, J&#233;rusalem a ainsi vocation &#224; abriter deux capitales contigu&#235;s : J&#233;rusalem-Ouest capitale d'Isra&#235;l et J&#233;rusalem-Est capitale d'un &#201;tat palestinien ind&#233;pendant, avec toutefois une exception pour la Vieille ville &#8212; la cit&#233; &#171; trois fois sainte &#187; &#8212; qui m&#233;riterait d'&#234;tre soumise &#224; un statut particulier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II.- Les diverses solutions concevables pour la Vieille ville de J&#233;rusalem&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un statut sp&#233;cifique pour la Vieille ville m&#233;rite r&#233;flexions car il a &#233;t&#233; esquiss&#233; par les Nations Unies d&#232;s 1947. Apr&#232;s avoir ainsi indiqu&#233; que &#171; toute mesure prise par Isra&#235;l, Puissance occupante, en vue d'imposer ses lois, sa juridiction et son administration &#224; la Ville sainte de J&#233;rusalem &#233;tait ill&#233;gale &#187;, l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies pr&#233;cisait dans sa r&#233;solution 72/15 du 30 novembre 2017 : &#171; Tout r&#232;glement global, juste et durable de la question de la ville de J&#233;rusalem doit tenir compte des pr&#233;occupations l&#233;gitimes des deux Parties, palestinienne et isra&#233;lienne, et comporter des dispositions assorties de garanties internationales qui assurent la libert&#233; de religion et de conscience de ses habitants, et garantissent aux personnes de toutes les religions et nationalit&#233;s l'acc&#232;s permanent, libre et sans entrave aux Lieux saints &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Une premi&#232;re solution &#8212; la plus plausible pour des raisons politiques et religieuses &#8212; pourrait consister en un partage de souverainet&#233; sur la Vieille ville, le c&#339;ur spirituel de J&#233;rusalem d&#233;limit&#233; par une muraille dress&#233;e au XVIe si&#232;cle par le sultan Soliman le Magnifique. R&#233;alis&#233; par les deux Parties int&#233;ress&#233;es par la voie conventionnelle, le partage de la J&#233;rusalem biblique et historique produirait alors les effets suivants : aux Isra&#233;liens les deux quartiers adjacents, l'un arm&#233;nien et l'autre juif, ainsi que le Mur des Lamentations v&#233;n&#233;r&#233; par les Juifs ; aux Palestiniens les deux autres quartiers &#233;galement contigus &#224; majorit&#233; arabe, l'un chr&#233;tien et l'autre musulman, ainsi que l'Esplanade des Mosqu&#233;es o&#249; sont localis&#233;s les Lieux saints de l'Islam. Cette solution serait ainsi aux antipodes de la r&#233;solution 181 qui se pronon&#231;ait pour l'internationalisation de l'ensemble de J&#233;rusalem sous l'&#233;gide de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Une seconde solution consiste &#224; envisager une internationalisation de la Vieille ville o&#249; sont regroup&#233;s les Lieux saints des trois monoth&#233;ismes abrahamiques : la Basilique chr&#233;tienne du Saint-S&#233;pulcre, le Mur des Lamentations, principal lieu de culte pour les Juifs, et l'Esplanade des Mosqu&#233;es, haut lieu de pri&#232;res des Musulmans. C'est l'opinion &#233;mise par le juriste Robert Falaize qui se prononce, d&#232;s 1958, pour &#171; une internationalisation int&#233;grale de la seule zone des Lieux Saints &#187; de la Vieille ville, &#171; administr&#233;e par un gouverneur et plac&#233;e sous l'autorit&#233; des Nations Unies &#187;. D&#232;s lors qu'elle garantirait aux personnes de toutes croyances un acc&#232;s libre aux Lieux saints, cette solution aurait l'appui de l'ONU qui a toujours &#233;t&#233; attentive &#224; la protection des sp&#233;cificit&#233;s cultuelles de J&#233;rusalem. Cependant, la viabilit&#233; d'une entit&#233; si exigu&#235; &#8212; enclav&#233;e entre deux &#201;tats rivaux et tatillons &#8212; ne risquerait-elle pas de surgir tr&#232;s rapidement ? Cette solution pourrait en effet se heurter &#224; l'opposition des partis extr&#233;mistes qui agissent au sein du monde juif et de la soci&#233;t&#233; musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Dans une troisi&#232;me optique, ne pourrait-on pas imaginer une &#171; internationalisation fonctionnelle &#187; de la Vieille ville ? Cette solution a &#233;t&#233; esquiss&#233;e en 2002 par le professeur Jean-Fran&#231;ois Dobelle qui n'excluait pas l'id&#233;e d'&#171; une gestion commune de cet ensemble &#187; par &#171; Isra&#235;l et un &#201;tat palestinien &#187;. Cette internationalisation fonctionnelle consisterait &#224; mettre sur pied, dans le cadre d'un trait&#233; isra&#233;lo-palestinien, un syst&#232;me de co-souverainet&#233; impliquant une &#171; cogestion &#187; du patrimoine sacr&#233; que constitue le centre historique et spirituel de J&#233;rusalem avec un traitement &#233;galitaire pour les trois croyances monoth&#233;istes. Cette solution vise &#224; l'&#233;tablissement d'un &#171; co-imperium isra&#233;lo-palestinien &#187; sur la Vieille ville et la cr&#233;ation d'une structure adapt&#233;e : une commission permanente isra&#233;lo-palestinienne apte &#224; g&#233;rer de fa&#231;on coll&#233;giale le c&#339;ur de la cit&#233; sainte. Cette commission mixte et paritaire aurait pour objectif de prendre toutes les d&#233;cisions de nature &#224; garantir aux p&#232;lerins du monde entier la libert&#233; de religion et un acc&#232;s libre &#224; tous les Lieux saints de la Vieille ville, enfin reconnue comme un authentique &#171; patrimoine commun de l'humanit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'hypoth&#232;se de l'&#233;tablissement d'un tel r&#233;gime conventionnel, garanti et mis en &#339;uvre par l'&#201;tat isra&#233;lien et l'&#201;tat palestinien, la &#171; ville-symbole &#187; de J&#233;rusalem pourrait enfin m&#233;riter son nom de &#171; maison de la Paix &#187; comme l'avaient souhait&#233;, il y a maintenant pr&#232;s de 79 ans, les Nations Unies en adoptant le 29 novembre 1947 la r&#233;solution 181. Encore faut-il reconna&#238;tre, par r&#233;alisme, qu'une telle solution idyllique restera sous le boisseau aussi longtemps que le pr&#233;sident Donald Trump &#8212; l'actuel pyromane de la Maison Blanche &#8212; et ses successeurs continueront &#8212; de connivence avec les dirigeants intraitables de l'&#201;tat d'Isra&#235;l &#8212; de souffler sur les braises incandescentes du Proche-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; Quel statut pour la cit&#233; sanctuaire de J&#233;rusalem ? (La reconnaissance de J&#233;rusalem comme capitale de l'&#201;tat d'Isra&#235;l par les &#201;tats-Unis, le 6 d&#233;cembre 2017 : une faute inexcusable du pr&#233;sident Donald Trump) &#187;, RRJ, 2017, n&#176; 4, p. 1631-1669.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;silience des esclaves malgaches abandonn&#233;s pendant 15 ans sur le r&#233;cif inhospitalier de Tromelin</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/la-resilience-des-esclaves-malgaches-abandonnes-pendant-15-ans-sur-le-recif-inhospitalier-de-tromelin</link>
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		<dc:date>2025-12-18T20:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Libre opinion par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/international/madagascar-grande-ile/" rel="directory"&gt;Madagascar-Grande Ile&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/madagascar-madagasikara" rel="tag"&gt;Madagascar&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/tromelin-bb20a.jpg?1781385012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour bien se rendre compte de la pugnacit&#233; des esclaves abandonn&#233;s pendant 15 ans sur un &#238;lot qui porte aujourd'hui le nom de Tromelin, il est d'embl&#233;e utile de conna&#238;tre cette terre aux plans physique et historique. Isol&#233; dans le bassin sud-ouest de l'oc&#233;an Indien, &#224; 450 kilom&#232;tres de la c&#244;te orientale de Madagascar et &#224; 560 kilom&#232;tres dans le nord-ouest de La R&#233;union, le r&#233;cif de Tromelin est une &#238;le d'origine volcanique qui culmine &#224; 7 m&#232;tres &#224; peine au-dessus des flots. Entour&#233; de fonds abrupts de l'ordre de 4 000 m&#232;tres, cet &#233;cueil de forme ovo&#239;de a une superficie d&#233;risoire : &#224; peine un km2 de terre &#233;merg&#233;e. Parce qu'il est situ&#233; &#224; l'&#233;cart des principales lignes de navigation dans l'espace indianoc&#233;anique, il n'a &#233;t&#233; aper&#231;u et identifi&#233; que tardivement par la France. Accompagn&#233;e chaque fois d'une descente &#224; terre &#8212; les deux premi&#232;res &#233;tant accidentelles (en 1761 et en 1775) et la troisi&#232;me volontaire et r&#233;ussie (en 1776) &#8212; de la part de navigateurs embarqu&#233;s sur des navires arborant le pavillon du Roi de France, la prise de possession de ce &#171; r&#233;sidu d'Empire colonial &#187; a en fait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en trois &#233;tapes, dont la seconde fut tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo paysage de Tromelin Jean-Claude Hanon, CC BY-SA 3.0 &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://creativecommons.org/license...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
, via Wikimedia Commons&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, le r&#233;cif de Tromelin a &#233;t&#233; &#171; reconnu &#187; de mani&#232;re fortuite pour la premi&#232;re fois en fin d'apr&#232;s-midi du mardi 11 ao&#251;t 1722 (vers 17 heures) par le vaisseau la &#171; Diane &#187;, un navire de la Compagnie fran&#231;aise des Indes orientales command&#233; par le capitaine Briand de La Feuill&#233;e, lors d'un p&#233;riple de Saint-Paul (&#238;le de La R&#233;union alors connue sous le nom d'&#238;le Bourbon) vers les Indes, sans qu'il y ait eu descente &#224; terre et prise de possession officielle au nom du Roi de France. Il est vrai aussi que cet &#238;lot sans relief est loin d'&#234;tre accueillant : il est ceintur&#233; par une barri&#232;re d'&#233;cueils coralliens qui sont extr&#234;mement dangereux pour la navigation et rendent son acc&#232;s toujours al&#233;atoire. &#192; ce sujet, une autre pr&#233;cision s'impose au plan juridique. Comme ce fut le cas pour la plupart des territoires insulaires, exigus, inhospitaliers et d&#233;sertiques de l'oc&#233;an Indien et conform&#233;ment au droit international coutumier en vigueur &#224; l'&#233;poque de sa d&#233;couverte, le r&#233;cif de Tromelin &#8212; qui re&#231;ut le nom d'Isle de Sable (Sandy Island) en raison de ses plages de sable blanc &#8212; ne fut pas express&#233;ment annex&#233; par la France le 11 ao&#251;t 1722.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	I. Le naufrage de la flute l'&#171; Utile &#187; sur le r&#233;cif de Tromelin le 31 juillet 1761&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Quelque 39 ans plus tard, au soir du vendredi 31 juillet 1761 (vers 22 heures), apr&#232;s avoir &#233;t&#233; sans doute tromp&#233;e par les courants et les vents, g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s forts dans cette partie de l'oc&#233;an en cette p&#233;riode de l'ann&#233;e (hiver austral), la fl&#251;te fran&#231;aise l'&#171; Utile &#187;, plac&#233;e sous les ordres du capitaine Jean de Lafargue, heurta les brisants de la c&#244;te nord-ouest du r&#233;cif (l'ancre du navire y est encore visible &#224; mar&#233;e basse) alors qu'elle se rendait de Madagascar, o&#249; elle avait pris en fraude une &#171; cargaison &#187; de quelque 160 esclaves (hommes, femmes et enfants), &#224; l'&#238;le de France (l'actuelle &#238;le Maurice). Dans le naufrage du vaisseau de commerce &#8212; devenu pour la circonstance &#171; navire n&#233;grier &#187; &#8212; qui appartenait &#233;galement &#224; la Compagnie fran&#231;aise des Indes orientales et qui transportait environ 300 personnes, 21 marins ou passagers et 72 esclaves p&#233;rirent noy&#233;s. Mais le reste de l'&#233;quipage et des esclaves parvint &#224; se r&#233;fugier sur l'&#238;lot&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au nombre de 123, les rescap&#233;s blancs de l'&#233;quipage construisirent en 57 jours une embarcation de fortune avec les planches et autres mat&#233;riaux r&#233;cup&#233;r&#233;s sur les d&#233;bris de l'&#171; Utile &#187;, rejet&#233;s sur la plage. Le dimanche 27 septembre 1761, ils s'embarqu&#232;rent sur cette embarcation &#8212; baptis&#233;e pour la circonstance la &#171; Providence &#187; &#8212; et rejoignirent Foulpointe (une localit&#233; de la c&#244;te orientale de Madagascar) apr&#232;s une travers&#233;e rapide de quatre jours (gr&#226;ce aux vents aliz&#233;s qui soufflent d'est en ouest pendant la majeure partie de l'ann&#233;e), puis l'&#238;le de France, apr&#232;s avoir laiss&#233; aux esclaves l'&#233;quivalent de trois mois de vivres et promis qu'on les enverrait chercher le plus t&#244;t possible. Mais ces derniers &#8212; du moins les rares survivants &#8212; durent attendre plus de 15 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Trois premi&#232;res tentatives de sauvetage des naufrag&#233;s de l'&#171; Utile &#187; ont &#233;t&#233; entreprises par le Gouverneur fran&#231;ais en poste &#224; l'&#238;le Maurice et l'Intendant de Port-Louis. Mais elles furent tardives, infructueuses et p&#233;rilleuses. Certes, au cours de la premi&#232;re, la corvette fran&#231;aise la &#171; Sauterelle &#187; r&#233;ussit, en ao&#251;t 1775, &#224; mettre &#224; l'eau un canot de sauvetage avec deux hommes &#224; bord pour tenter de gagner le rivage inhospitalier de Tromelin et r&#233;cup&#233;rer les naufrag&#233;s. Mais alors qu'ils se trouvaient tout pr&#232;s du rivage, une houle particuli&#232;rement forte et soudaine fit chavirer le canot : l'un des deux marins r&#233;ussit &#224; regagner le bateau &#224; la nage tandis que l'autre, qui avait &#233;t&#233; projet&#233; sur le r&#233;cif, fut &#224; son tour abandonn&#233; et subit le m&#234;me sort que les esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	II. Le sauvetage des esclaves par la corvette la &#171; Dauphine &#187; le 29 novembre 1776&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	C'est en fait la quatri&#232;me tentative qui sera couronn&#233;e de succ&#232;s. Le vendredi 29 novembre 1776, Jacques Marie Boudin de la Nuguy de Tromelin, enseigne de vaisseaux du Roi de France, commandant la corvette la &#171; Dauphine &#187;, r&#233;ussit &#224; d&#233;barquer sur l'Isle de Sable &#224; laquelle l'Histoire devait, par la suite, donner son nom d&#233;finitif. Il avait trouv&#233;, dans la partie nord-est, un &#233;troit &#171; passage &#187; permettant &#224; des canots de sauvetage d'acc&#233;der par temps relativement calme &#8212; c'est-&#224;-dire en fait tr&#232;s rarement &#8212; au seul point abordable du dangereux &#233;cueil. Il ramena aussit&#244;t &#224; l'&#238;le de France les survivants du naufrage de l'&#171; Utile &#187;. Pour &#234;tre complet au sujet de ce sauvetage, voici une autre pr&#233;cision : dans un &#171; m&#233;moire apolog&#233;tique &#187;, d'une centaine de pages publi&#233; en 1790 et adress&#233; au ministre de la Marine qui l'avait radi&#233; des cadres &#224; titre de sanction pour cause de d&#233;sob&#233;issance au combat en 1782, nous avons pu personnellement constater que Jacques Marie Boudin de la Nuguy de Tromelin &#8212; par manque d'int&#233;r&#234;t, modestie ou oubli &#8212; ne fait pas allusion &#224; l'&#233;pisode pourtant r&#233;ussi du sauvetage r&#233;alis&#233; sur l'&#238;lot le 29 novembre 1776.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais il est vrai aussi que le r&#233;sultat du sauvetage est plut&#244;t faible au plan humain, si l'on peut s'exprimer ainsi. Sur quelque 80 esclaves qui avaient pu trouver refuge sur le r&#233;cif en 1761, au moment du naufrage de l'&#171; Utile &#187;, seulement sept femmes et un b&#233;b&#233; de huit mois &#8212; qui, pour la circonstance, sera baptis&#233; &#224; Port-Louis Jacques Moyse (Mo&#239;se), le dimanche 15 d&#233;cembre 1776 &#8212; avaient surv&#233;cu sur cet &#233;cueil &#233;triqu&#233; de 1 700 m&#232;tres de long et 700 m&#232;tres dans sa plus grande largeur et soumis &#224; un climat de type tropical maritime. Encore faut-il ajouter que ledit &#233;cueil est d&#233;pourvu d'arbres et d'eau douce, qu'il est br&#251;l&#233; le plus souvent par le soleil et qu'il est balay&#233; chaque ann&#233;e pendant l'&#233;t&#233; austral par les temp&#234;tes et les cyclones. Sans contredit, l'issue heureuse de ce petit groupe humain dans un environnement d&#233;favorable rel&#232;ve du miracle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En v&#233;rit&#233;, les infortun&#233;s naufrag&#233;s de Tromelin nous donnent une belle le&#231;on de t&#233;nacit&#233;. Ils ont fait preuve de r&#233;silience en mettant en pratique un principe immarcescible : &#171; l'espoir au c&#339;ur humain doit toujours rester vivace &#187;. D'abord, ils ont pu survivre en buvant, pendant 15 ans, l'eau saum&#226;tre d'un puits creus&#233; &#224; plus de cinq m&#232;tres de profondeur par l'&#233;quipage blanc et en se nourrissant de plantes comme le pourpier et la patate &#224; Durand, mais surtout de la chair des oiseaux de mer (sternes fuligineuses) et des tortues marines de l'esp&#232;ce chelonia mydas, qui viennent r&#233;guli&#232;rement pondre et d&#233;poser leur &#339;ufs sur la plage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les arch&#233;ologues Max Gu&#233;rout et Thomas Romon soulignent que les naufrag&#233;s n'ont jamais manqu&#233; d'ing&#233;niosit&#233;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt;. Afin de se v&#234;tir, de se reposer ou de dormir, les femmes ont notamment utilis&#233; des plumes d'oiseaux marins pour en faire des pagnes et des couvertures. Pour se prot&#233;ger du soleil, du vent, des pluies et des cyclones, les hommes ont construit dans la partie la plus &#233;lev&#233;e du r&#233;cif de petits abris de fortune avec des &#171; moellons de corail &#187;, gr&#226;ce aux outils abandonn&#233;s apr&#232;s le d&#233;part de l'&#233;quipage blanc : notamment des clous de grande taille, des couteaux, des haches, des hame&#231;ons pour la p&#234;che, des marteaux, des pics, des r&#233;cipients et des tisonniers. Pour faire cuire la chair des oiseaux et des tortues marines, les survivantes du naufrage ont affirm&#233; avoir conserv&#233; l'usage du feu pendant 15 ans apr&#232;s le d&#233;part de l'&#233;quipage blanc, probablement gr&#226;ce &#224; la pratique du &#171; briquet &#224; pierre &#187; ou du &#171; chien de fusil &#224; silex &#187; qui leur aurait &#233;t&#233; enseign&#233;e par les marins fran&#231;ais (avant leur d&#233;part pour Foulpointe) &lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; et en r&#233;cup&#233;rant les bois de charpente provenant de l'&#233;pave de l'&#171; Utile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Conduits &#224; l'&#238;le Maurice, le samedi 14 d&#233;cembre 1776, les rescap&#233;s &#8212; tous en tr&#232;s mauvais &#233;tat physique et physiologique &#8212; ne furent pas affranchis. Max Gu&#233;rout et Thomas Romon pr&#233;cisent qu'ils ont &#233;t&#233; &#171; d&#233;clar&#233;s libres &#187; car ils avaient &#233;t&#233; achet&#233;s &#171; en fraude &#187; &#224; Madagascar et ne pouvaient donc pas &#234;tre &#171; consid&#233;r&#233;s par l'administration comme &#233;tant des esclaves &#187;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt;. Telle est l'histoire des malgaches abandonn&#233;s sur le r&#233;cif de Tromelin et de leur sauvetage, plus de 15 ans apr&#232;s le naufrage d'un navire qui devait les emmener comme esclaves aux &#238;les Mascareignes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	III. R&#233;flexions terminales sur le statut administratif du r&#233;cif de Tromelin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	D'abord, au plan interne fran&#231;ais, le r&#233;cif de Tromelin a &#233;t&#233; rattach&#233;, en droit, avec les &#238;les &#201;parses du canal de Mozambique (Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India) &#224; une collectivit&#233; territoriale dot&#233;e d'un statut sui generis depuis l'entr&#233;e en vigueur de la loi du 21 f&#233;vrier 2007 : les Terres australes et antarctiques fran&#231;aises (TAAF)&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt;. De surcro&#238;t, en vertu d'un arr&#234;t&#233; &#233;dict&#233; d&#232;s le 23 f&#233;vrier 2007, ces &#238;lots forment d&#233;sormais le cinqui&#232;me district des TAAF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ensuite, au plan international, depuis le 2 avril 1976, le Gouvernement de Port-Louis revendique le r&#233;cif de Tromelin et son immense zone &#233;conomique exclusive de 280 000 kilom&#232;tres carr&#233;s, riche notamment en ressources halieutiques et en nodules polym&#233;talliques&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt;. &#192; ce jour, le diff&#233;rend territorial franco-mauricien, qui rel&#232;ve autant du droit international public que du droit constitutionnel fran&#231;ais &#8212; deux disciplines juridiques &#224; bien des &#233;gards contradictoires &#8212; n'est toujours pas r&#233;solu et ne le sera tr&#232;s probablement jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	N&#233;anmoins, afin de rapprocher des points de vue oppos&#233;s entre deux &#201;tats amis et voisins dans l'espace indianoc&#233;anique, un accord-cadre transactionnel franco-mauricien a &#233;t&#233; sign&#233; &#224; Port-Louis le 7 juin 2010 pour mettre en &#339;uvre une gestion commune du r&#233;cif et de ses espaces maritimes environnants, au triple plan &#233;conomique, environnemental et scientifique&lt;strong&gt;(7)&lt;/strong&gt;. Mais &#224; ce jour, cet engagement international &#8212; un trait&#233; conclu pour une p&#233;riode de cinq ans et renouvelable par tacite reconduction &#8212; n'est toujours pas entr&#233; en vigueur, faute d'une ratification par le Parlement fran&#231;ais. Autant dire que la question de la cogestion franco-mauricienne du r&#233;cif de Tromelin est au point mort en 2025 et risque fort bien de le rester encore pendant tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;Concernant le r&#233;cit du naufrage de l'&#171; Utile &#187;, voir notamment M. D'AVEZAC, Iles De L'Afrique (Ouvrage collectif r&#233;dig&#233; avec notamment la collaboration d'E. de FROBERVILLE et V. CHARLIER), Paris, &#201;ditions Firmin DIDOT Fr&#232;res, 1848, p. 81-83. Sous un angle romanesque, voir &#233;galement I. FRAIN, Les Naufrag&#233;s de l'&#238;le Tromelin, Paris, Michel Lafon, 2009, 375 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;M. GU&#201;ROUT et Th. ROMON, Tromelin. L'&#238;le aux esclaves oubli&#233;s, Paris, CNRS &#201;ditions/Inrap, 2010, 196 pages. Voir notamment les pages 89 &#224; 110 qui constituent le chapitre 5, intitul&#233; : &#171; Comment les esclaves ont-ils v&#233;cu ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt; Pr&#233;c., p. 106-107.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt; Pr&#233;c., p. 81.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; Le nouveau statut des &#238;les Tromelin, Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India &#224; la lumi&#232;re de la loi ordinaire du 21 f&#233;vrier 2007, &#171; portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives &#224; l'outre-mer &#187; (La m&#233;tamorphose des &#238;les &#201;parses sur le plan juridique : du statut de &#171; territoires r&#233;siduels de la R&#233;publique &#187; &#224; celui de partie int&#233;grante des Terres australes et antarctiques fran&#231;aises) &#187;, Revue Juridique de l'Oc&#233;an Indien (RJOI), 2008, n&#176; 8, p. 133-187.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; Radioscopie critique de la querelle franco-mauricienne sur le r&#233;cif de Tromelin (La succession d'&#201;tats sur l'ancienne Isle de Sable) &#187;, RJOI, 2012, n&#176; 14, p. 5-118.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; R&#233;flexions critiques sur l'accord-cadre franco-mauricien du 7 juin 2010 relatif &#224; la cogestion &#233;conomique, scientifique et environnementale du r&#233;cif de Tromelin et de ses espaces maritimes environnants &#187;, RJOI, 2015, n&#176; 20, p. 129-168.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment r&#233;agir face &#224; l'imp&#233;rialisme et au n&#233;ocolonialisme du Pr&#233;sident Donald Trump dans la zone du canal de Panama et au Groenland danois ?</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/monde/comment-reagir-face-a-l-imperialisme-et-au-neocolonialisme-du-president-donald-trump-dans-la-zone-du-canal-de-panama-et-au-groenland-danois</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Libre opinion d'Andr&#233; Oraison, Professeur de droit international public&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/canal-panama-b06f9.jpg?1781385012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis sa prise de pouvoir officielle c&#233;l&#233;br&#233;e avec faste sous la coupole du Capitole le lundi 20 janvier 2025, Donald Trump &#8212; r&#233;&#233;lu Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis pour un second mandat (2025-2029) &#8212; a confirm&#233; par des d&#233;clarations fracassantes sa position sur la plupart des sujets majeurs &#233;voqu&#233;s lors de la campagne pr&#233;sidentielle de 2024. Par leur extr&#234;me gravit&#233;, certaines d'entre elles remettent en cause les principes fondamentaux du droit international public positif &#233;labor&#233;s dans le cadre des Nations Unies depuis le 24 octobre 1945, date d'entr&#233;e en vigueur de la Charte de San Francisco &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;. Ces fanfaronnades, ces gasconnades ou vantardises formul&#233;es avec beaucoup d'assurance par l'actuel locataire de la Maison Blanche retiennent une nouvelle fois toute notre attention dans la pr&#233;sente &#233;tude en raison de leurs cons&#233;quences dommageables pour l'ensemble de la Communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui et plus encore qu'hier, Donald Trump d&#233;clare urbi et orbi qu'il veut faire des &#201;tats-Unis &#8212; ce que cet &#201;tat est pourtant d&#233;j&#224; depuis la fin du Second Conflit mondial &#8212; la plus grande puissance du Monde pour contrecarrer notamment les r&#233;centes pr&#233;tentions de la R&#233;publique populaire de Chine en Extr&#234;me-Asie ou celles plus traditionnelles de la F&#233;d&#233;ration de Russie en Europe orientale. D&#232;s le premier jour de son second mandat, le tonitruant milliardaire am&#233;ricain, &#226;g&#233; de 78 ans, a d&#233;clar&#233; avec aplomb, que d&#233;sormais &#171; le d&#233;clin de l'Am&#233;rique est fini &#187; et que &#171; l'&#226;ge d'or de l'Am&#233;rique commence &#187;. Pour concr&#233;tiser ses ambitions, Donald Trump peut compter, il est vrai, sur sa majorit&#233; r&#233;publicaine au Congr&#232;s et sur une Cour supr&#234;me ancr&#233;e &#224; droite et, par suite, gagn&#233;e &#224; sa cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pr&#233;sente &#171; Tribune libre &#187;, nous ne reviendrons pas sur la pr&#233;tention de Donald Trump de faire de l'immense Canada le 51e &#201;tat membre de la F&#233;d&#233;ration nord-am&#233;ricaine car une telle pr&#233;tention n'a aucune chance d'aboutir : c'est tout au plus une pitoyable plaisanterie qui n'a pas &#233;t&#233; appr&#233;ci&#233;e par les Canadiens. En revanche, nous retiendrons le fait que le 47e Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis a r&#233;p&#233;t&#233; qu'il a bien l'intention de reprendre possession &#8212; au besoin par la menace ou l'emploi de la force &#8212; de la zone du canal de Panama qui est plac&#233;e sous la souverainet&#233; d'un modeste &#201;tat d'Am&#233;rique centrale (I). Il a aussi confirm&#233;, avec moult intimidations &#224; l'appui, ses vis&#233;es imp&#233;rialistes et n&#233;ocolonialistes sur le Groenland qui rel&#232;ve, en droit, d'un petit &#201;tat europ&#233;en : le Danemark (II).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I.- Les menaces s&#233;rieuses du Pr&#233;sident Donald Trump sur la zone du canal de Panama&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un rappel historique s'impose pour comprendre les convoitises de Donald Trump sur le canal maritime de Panama qui a fait l'objet d'importants travaux d'&#233;largissement et de modernisation lanc&#233;s le 3 septembre 2007 &#8212; en pr&#233;sence de l'ancien Pr&#233;sident am&#233;ricain Jimmy Carter &#8212; et achev&#233;s le 28 juin 2016 &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt;. Il faut d'embl&#233;e reconna&#238;tre l'int&#233;r&#234;t que repr&#233;sente pour les &#201;tats-Unis cette voie d'eau artificielle avec &#233;cluses de 80 kilom&#232;tres de long, situ&#233;e en Am&#233;rique centrale et qui permet un passage rapide des navires de guerre et de commerce de l'oc&#233;an Atlantique &#224; l'oc&#233;an Pacifique et vice-versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s le soul&#232;vement des Panam&#233;ens contre le Gouvernement de la Colombie en 1903, avec l'aide de l'arm&#233;e am&#233;ricaine et notamment de la marine, les &#201;tats-Unis reconnurent la souverainet&#233; de la R&#233;publique du Panama et sign&#232;rent avec le nouvel &#201;tat un accord qui consacrait leurs droits sur le futur canal de Panama. Par le Trait&#233; am&#233;ricano-panam&#233;en (le &#171; Trait&#233; Hay-Bunau-Varilla &#187;) conclu &#224; Washington le 18 novembre 1903, la R&#233;publique du Panama conc&#232;de en effet &#224; perp&#233;tuit&#233; aux &#201;tats-Unis &#171; l'usage, l'occupation et le contr&#244;le de la zone du canal &#187;, une zone de 10 milles de large situ&#233;e de part et d'autre de la voie d'eau internationale. Les &#201;tats-Unis ont &#233;galement le droit d'assurer la d&#233;fense de la zone du canal et, par suite, celui de construire des fortifications militaires. En &#233;change, ils s'engagent &#224; intervenir militairement pour garantir la pleine ind&#233;pendance du Panama. De m&#234;me, ils acceptent de payer &#224; cet &#201;tat une somme forfaitaire de 10 millions de dollars et de verser une redevance annuelle de 250 000 dollars. Les professeurs Mathias Forteau, Alina Miron et Alain Pellet pr&#233;cisent que l'accord am&#233;ricano-panam&#233;en du 18 novembre 1903 correspond bien, au plan juridique, &#224; &#171; un quasi-transfert de souverainet&#233; &#187; de la zone du canal de Panama au profit des &#201;tats-Unis &lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivement et r&#233;guli&#232;rement contest&#233; par l'&#201;tat du Panama et r&#233;am&#233;nag&#233; &#224; plusieurs reprises, ce r&#233;gime a finalement &#233;t&#233; abrog&#233; par les trait&#233;s am&#233;ricano-panam&#233;ens du 7 septembre 1977 : les &#171; Trait&#233;s Torrijos-Carter &#187;. Sign&#233;s &#233;galement &#224; Washington, ces accords pr&#233;voient la &#171; libert&#233; de passage &#187; dans la &#171; voie d'eau de transit international &#187; au profit des navires de tous les &#201;tats en paix avec le Panama ainsi que la r&#233;trocession du canal par &#233;tapes au profit de cet &#201;tat, avec n&#233;anmoins une date butoir : celle du 31 d&#233;cembre 1999. Depuis le 1er janvier 2000, date de la r&#233;trocession effective du canal au Panama, la voie d'eau internationale est en effet administr&#233;e par l'Autorit&#233; du canal de Panama : un organisme enti&#232;rement panam&#233;en, comp&#233;tent tout &#224; la fois pour la gestion, l'exploitation et la protection du canal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Donald Trump pr&#233;tend aujourd'hui faire marche arri&#232;re et revenir au statu quo ante pour consolider la domination strat&#233;gique des &#201;tats-Unis sur le continent am&#233;ricain et accro&#238;tre au passage les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de cette grande puissance en pratiquant au besoin, &#224; l'&#233;gard de la R&#233;publique de Panama, la &#171; politique de la canonni&#232;re &#187; qui avait fait flor&#232;s tout au long du XIXe si&#232;cle. Il serait souhaitable que tous les &#201;tats de l'Am&#233;rique latine fassent bloc pour protester &#8212; avant m&#234;me un passage &#224; l'acte &#8212; contre la politique arrogante et imp&#233;rialiste du nouveau pouvoir qui vient de s'installer pour quatre ans &#224; Washington. Plus encore, il serait indispensable que tous les &#201;tats latino-am&#233;ricains s'engagent &#8212; en cas de passage effectif &#224; l'acte &#8212; &#224; boycotter les produits en provenance des &#201;tats-Unis. Seule une solidarit&#233; latino-am&#233;ricaine ferme et p&#233;renne &#8212; une solidarit&#233; qui frappe fort au portefeuille &#8212; pourrait peut-&#234;tre faire fl&#233;chir les inadmissibles et illicites app&#233;tits de Donald Trump.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II.- Les menaces imminentes du Pr&#233;sident Donald Trump sur le Groenland danois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un rappel historique est &#233;galement n&#233;cessaire pour comprendre les revendications imm&#233;diates de Donald Trump sur le Groenland : une &#238;le gigantesque de plus de 2 millions de kilom&#232;tres carr&#233;s, situ&#233;e entre l'Atlantique Nord et l'oc&#233;an Arctique. Une grande partie de sa surface est recouverte de glaces. La majorit&#233; de ses 57 000 habitants vit le long des c&#244;tes, essentiellement dans le sud-ouest. Le Groenland est depuis 1979 une terre dot&#233;e d'une autonomie au sein du Royaume du Danemark. Par la suite, en vertu d'un r&#233;f&#233;rendum du 25 novembre 2008, les Groenlandais se sont prononc&#233;s en faveur d'une &#171; autonomie &#233;largie &#187; approuv&#233;e par 75 % des suffrages exprim&#233;s et aussit&#244;t ent&#233;rin&#233;e par une loi vot&#233;e par le Parlement danois, une loi entr&#233;e en vigueur le 21 juin 2009. De surcro&#238;t, le Groenland est un territoire ultramarin associ&#233; &#224; l'Union europ&#233;enne en tant que pays et territoire d'outre-mer (PTOM) &lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt;. Riche en ressources &#233;nerg&#233;tiques (p&#233;trole et gaz) et en ressources mini&#232;res (cobalt, nickel, or, plomb, titane, uranium, zinc), son sous-sol attise les convoitises des grandes puissances comme la F&#233;d&#233;ration de Russie, la R&#233;publique populaire de Chine et, au premier chef, celles des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Donald Trump per&#231;oit &#171; dans l'appropriation et le contr&#244;le du Groenland une n&#233;cessit&#233; absolue &#187; aux plans &#233;conomique et strat&#233;gique pour &#171; la s&#233;curit&#233; nationale &#187; des &#201;tats-Unis &#171; et la libert&#233; &#224; travers le monde &#187;. Pr&#233;cisons n&#233;anmoins qu'il y a d&#233;j&#224; au Groenland &#8212; c'est-&#224;-dire dans la banlieue de la Russie &#8212; une base militaire am&#233;ricaine cr&#233;&#233;e en 1941 et int&#233;gr&#233;e &#224; l'OTAN en 1951.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;j&#224; fort regrettable que les exigences m&#233;phistoph&#233;liques avanc&#233;es par le Pr&#233;sident am&#233;ricain n'aient pas &#224; ce jour d&#233;clench&#233; d'&#233;nergiques protestations communes ou individuelles de la part des &#201;tats ouest-europ&#233;ens, des pays amis des &#201;tats-Unis et, pour la plupart, membres de l'OTAN. Ces &#201;tats sont sans doute, de prime abord, dubitatifs devant les all&#233;gations de Donald Trump ou soucieux de ne pas froisser de mani&#232;re h&#226;tive le grand alli&#233; nord-am&#233;ricain, bien qu'il soit sans conteste tr&#232;s dangereux par ses propos. &#192; notre humble avis, c'est une erreur grossi&#232;re et m&#234;me une erreur qui pourrait peut-&#234;tre se r&#233;v&#233;ler d&#233;sastreuse pour les int&#233;r&#234;ts l&#233;gitimes des Danois et des Groenlandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications insens&#233;es et r&#233;it&#233;r&#233;es du Pr&#233;sident am&#233;ricain sur le Groenland constituent une violation caract&#233;ris&#233;e du droit international public. Elles se traduisent par une remise en cause des Nations Unies cr&#233;&#233;es par la Charte de San Francisco et fond&#233;es sur &#171; le respect du principe de l'&#233;galit&#233; de droits des peuples et de leur droit &#224; disposer d'eux-m&#234;mes &#187; (Article 1er). Ses revendications portent &#233;galement atteinte &#224; la Charte qui &#233;nonce le principe cardinal selon lequel les &#201;tats membres des Nations Unies &#171; r&#232;glent leurs diff&#233;rends internationaux par des moyens pacifiques &#187; (article 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats de l'OTAN et de l'Union europ&#233;enne devraient donc spontan&#233;ment et tr&#232;s rapidement mettre en &#339;uvre une solidarit&#233; concr&#232;te en faveur du Danemark, un pays membre de ces deux grandes organisations. En tout premier lieu, les &#201;tats europ&#233;ens devraient demander isol&#233;ment ou en commun &#224; Donald Trump des explications ou pr&#233;cisions clarificatrices sur ses intentions r&#233;elles ou suppos&#233;es et &#233;ventuellement exiger &#8212; dans l'hypoth&#232;se d'une confirmation des intentions belliqueuses du Pr&#233;sident am&#233;ricain sur le Groenland &#8212; une condamnation des &#201;tats-Unis &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies et concevoir, de surcro&#238;t, dans le cadre de l'organe pl&#233;nier de l'ONU, des sanctions &#233;conomiques appropri&#233;es par l'instauration notamment d'un embargo sur l'ensemble des produits am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'autres sanctions pourraient frapper les &#201;tats-Unis. On sait que les &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne et de l'OTAN viennent en aide &#224; l'Ukraine, un pays dont une partie du territoire national a &#233;t&#233; envahie par la Russie. A fortiori, ces &#201;tats devraient envisager &#8212; d&#232;s &#224; pr&#233;sent et &#224; titre pr&#233;ventif &#8212; l'envoi de contingents militaires au Groenland pour d&#233;fendre la souverainet&#233; du Danemark en tant que pays membre de l'OTAN. Cet &#201;tat est en effet menac&#233; d'agression par un &#201;tat qui se trouve &#234;tre les &#201;tats-Unis ! C'est dire en premier lieu que l'exclusion de l'OTAN de cet &#201;tat f&#233;lon devrait &#234;tre s&#233;rieusement envisag&#233;e. D'un autre c&#244;t&#233;, c'est dire aussi que l'Europe ne peut plus compter sur l'aide am&#233;ricaine au plan militaire et qu'elle doit d&#233;sormais songer &#224; assurer seule sa d&#233;fense. Certes, de telles sanctions peuvent para&#238;tre chim&#233;riques. Elles doivent n&#233;anmoins faire l'objet de d&#233;bats au sein de l'OTAN et de l'Union europ&#233;enne afin que soit apport&#233;e une aide efficace au Danemark et d'abord aux Groenlandais qui r&#234;vent d'ind&#233;pendance pour leur pays et nullement d'int&#233;gration aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise d'&#233;pilogue, tout doit &#234;tre mis en &#339;uvre pour neutraliser les exigences de celui qui se cro&#238;t sans complexe sorti de la cuisse de Jupiter et se dit miraculeusement investi d'une &#171; mission divine &#187;. Si l'on veut vraiment &#233;viter la survenance d'un Troisi&#232;me Conflit mondial, il incombe &#224; la Communaut&#233; internationale de se mobiliser, d'&#234;tre ferme afin de contrecarrer au plus vite les ambitions belliqueuses et cauchemardesques de Donald Trump : l'objectif ultime est de ramener ce Pr&#233;sident am&#233;ricain &#224; la raison, au bon sens commun et au respect strict du droit international public positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; L'imp&#233;rialisme exacerb&#233; du Pr&#233;sident Donald Trump : une n&#233;gation absolue du droit international public &#187;, T&#233;moignages, lundi 13 janvier 2025, p. 2-3 ; Le Quotidien de la R&#233;union, jeudi 16 janvier 2025, p. 30.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Voir notamment &#224; ce sujet J. COMBACAU et S. SUR, Droit international public, Paris, LGDJ, 2019, p. 513.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; M. FORTEAU, A. MIRON et A. PELLET, Droit international public, Paris, LGDJ, 2022, p. 1683.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Le statut des pays et territoires d'outre-mer (PTOM) ne doit pas &#234;tre confondu avec celui des r&#233;gions ultrap&#233;riph&#233;riques de l'Union europ&#233;enne (RUP) qui sont directement soumises au droit europ&#233;en. Concernant la France, c'est le cas pour six collectivit&#233;s p&#233;riph&#233;riques : nomm&#233;ment la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La R&#233;union, Mayotte et Saint-Martin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'imp&#233;rialisme exacerb&#233; du Pr&#233;sident Donald Trump : une n&#233;gation absolue du droit international public</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/monde/l-imperialisme-exacerbe-du-president-donald-trump-une-negation-absolue-du-droit-international-public</link>
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		<dc:date>2025-01-12T20:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Libre opinion d'Andr&#233; Oraison, Professeur de droit international public&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/1_andre_oraison__12_janvier_2022_copie-ed67e.jpg?1781385012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant m&#234;me sa prise de pouvoir officielle, programm&#233;e le lundi 20 janvier 2025, Donald Trump, r&#233;&#233;lu Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis, a multipli&#233; les d&#233;clarations fracassantes sur plusieurs sujets. Certaines de ces d&#233;clarations retiennent ici notre attention en raison de leur extr&#234;me gravit&#233; : celles qui remettent pr&#233;cis&#233;ment en cause les principes fondamentaux du droit international public positif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui et plus encore qu'hier, Donald Trump se pr&#233;sente manifestement comme un Pr&#233;sident am&#233;ricain en qu&#234;te d'un &#171; espace vital &#187; toujours plus grand pour assurer, dit-il, &#171; la s&#233;curit&#233; de son pays &#187; : la formule n'est pas sans rappeler les folles pr&#233;tentions du Chancelier Adolf Hitler qui ont conduit in&#233;luctablement son pays au d&#233;clenchement de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) et aux indicibles souffrances inflig&#233;es &#224; l'ensemble des membres de la Communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan concret, le futur 47e Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis d&#233;clare qu'il a l'intention de reprendre possession, au besoin par la force, de la zone du canal de Panama qui est plac&#233;e sous la souverainet&#233; l&#233;gitime d'un petit &#201;tat en d&#233;veloppement d'Am&#233;rique centrale, un &#201;tat membre des Nations Unies. Le nouveau Pr&#233;sident a &#233;galement &#233;mis des pr&#233;tentions sur le Canada, un pays pourtant traditionnellement alli&#233; des &#201;tats-Unis et, de surcro&#238;t, un des piliers de l'OTAN. Donald Trump pr&#233;tend en effet faire de cet immense pays le 51e &#201;tat membre de la f&#233;d&#233;ration nord-am&#233;ricaine. Donald Trump a enfin des vis&#233;es imp&#233;rialistes et n&#233;ocolonialistes sur le Groenland qui d&#233;pend en droit d'un &#201;tat europ&#233;en : le Danemark, lui aussi &#224; la fois membre de l'OTAN et des Nations Unies. Le Pr&#233;sident am&#233;ricain consid&#232;re que le contr&#244;le de ce territoire gigantesque et strat&#233;gique &#8212; situ&#233; dans la grande banlieue de la F&#233;d&#233;ration de Russie, recouvert de glaces mais riche en ressources mini&#232;res &#8212; est &#171; une n&#233;cessit&#233; absolue &#171; pour &#171; la s&#233;curit&#233; nationale &#187; des &#201;tats-Unis &#171; et la libert&#233; &#224; travers le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#233;j&#224; fort regrettable que les d&#233;clarations lucif&#233;riennes ou m&#233;phistoph&#233;liques avanc&#233;es par Donald Trump n'aient pas &#224; ce jour entra&#238;n&#233; d'&#233;nergiques r&#233;actions d&#233;sapprobatrices de la part des &#201;tats ouest-europ&#233;ens, des pays traditionnellement amis des &#201;tats-Unis et, pour la plupart, membres de l'OTAN. Ces &#201;tats sont sans doute au premier abord incr&#233;dules devant les pr&#233;tentions de Donald Trump ou soucieux de ne pas froisser de mani&#232;re h&#226;tive le grand alli&#233; nord-am&#233;ricain, bien qu'il soit aujourd'hui extr&#234;mement dangereux par ses propos. &#192; notre humble avis, c'est une erreur grossi&#232;re et m&#234;me une erreur qui pourrait peut-&#234;tre se r&#233;v&#233;ler fatale, au moins pour le Danemark et le Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne r&#233;agit pas promptement, cela veut dire que l'on tol&#232;re ou que l'on se r&#233;signe, en fin de compte, aux exigences d'un Pr&#233;sident am&#233;ricain, manifestement gris&#233; par le pouvoir et anim&#233; par la folie des grandeurs. En ce domaine, les pr&#233;tentions de Vladimir Poutine sur une partie de l'Ukraine paraissent d&#233;sormais bien modestes, artisanales et m&#234;me secondaires en ce d&#233;but d'ann&#233;e 2025. De plus, par l'attitude imp&#233;rialiste et dominatrice de Donald Trump, le Pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration de Russie se trouve aujourd'hui, de facto, encourag&#233; dans ses tentatives de d&#233;stabilisations de pays voisins comme les &#201;tats baltes, la Finlande, la G&#233;orgie, la Moldavie, la Norv&#232;ge, la Pologne ou la Roumanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude &#224; tous &#233;gards d&#233;plorable, le comportement totalement d&#233;sinvolte et les r&#233;centes d&#233;clarations incendiaires et insens&#233;es de Donald Trump constituent &#224; n'en pas douter, en ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, un retour en arri&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent et plus exactement une remise en cause inadmissible du droit international public positif. Les pr&#233;tentions du Pr&#233;sident am&#233;ricain se traduisent en effet par une n&#233;gation absolue de l'Organisation des Nations Unies cr&#233;&#233;e le 26 juin 1945 par la Charte de San Francisco, une institution qui est fond&#233;e, en vertu de son article 1er, sur un principe essentiel : &#224; savoir &#171; le respect du principe de l'&#233;galit&#233; de droits des peuples et de leur droit &#224; disposer d'eux-m&#234;mes &#187;. Les pr&#233;tentions du Pr&#233;sident am&#233;ricain portent &#233;galement une atteinte intol&#233;rable &#224; l'article 2 de la Charte fondatrice des Nations Unies qui &#233;nonce un principe compl&#233;mentaire, non moins important : le principe cardinal selon lequel les &#201;tats membres de l'Organisation mondiale r&#232;glent leurs diff&#233;rends internationaux par des moyens exclusivement pacifiques, &#171; de telle mani&#232;re que la paix internationale et la s&#233;curit&#233; internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait donc hautement souhaitable et m&#234;me n&#233;cessaire qu'au lendemain de l'intronisation solennelle de Donald Trump en qualit&#233; de Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis, le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies intervienne le plus t&#244;t possible. Cet organe restreint se compose de 15 &#201;tats membres dont cinq sont permanents et, de surcro&#238;t, dot&#233;s du fameux droit de veto : nomm&#233;ment les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, la F&#233;d&#233;ration de Russie, la R&#233;publique fran&#231;aise, la R&#233;publique populaire de Chine et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. La convocation en urgence du Conseil de s&#233;curit&#233;, &#224; l'initiative notamment de l'un de ses membres permanents s'impose : il en est ainsi, d&#232;s lors que cet organe majeur au sein des Nations Unies a &#8212; en vertu de l'article 24 de la Charte de San Francisco &#8212; &#171; la responsabilit&#233; principale du maintien de la paix et de la s&#233;curit&#233; internationales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du Conseil de s&#233;curit&#233;, certains de ses &#201;tats membres pourraient en effet demander &#224; Donald Trump des explications, des pr&#233;cisions et des mises au point clarificatrices sur ses intentions r&#233;elles ou suppos&#233;es et &#233;ventuellement requ&#233;rir &#8212; dans l'hypoth&#232;se d'une confirmation des intentions belliqueuses du Pr&#233;sident am&#233;ricain &#8212; une ferme condamnation de son pays au nom des Nations Unies et envisager ensuite, de conserve avec l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'Organisation mondiale, des sanctions &#233;conomiques appropri&#233;es en d&#233;cr&#233;tant notamment un embargo sur l'ensemble des produits am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dernier ressort, tout doit &#234;tre mis en &#339;uvre pour &#171; d&#233;gonfler la baudruche am&#233;ricaine &#187; : il incombe &#224; la Communaut&#233; internationale dans son ensemble d'&#234;tre ferme et de dissiper au plus vite les r&#234;ves abracadabrantesques et cauchemardesque de Donald Trump en ramenant ce Pr&#233;sident excessif &#224; la raison, au bon sens commun et, plus encore, au respect rigoureux du droit international public positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mettre un terme &#224; la guerre en Ukraine pour la voie politique et diplomatique : l'ultime solution</title>
		<link>https://www.temoignages.re/international/monde/article/mettre-un-terme-a-la-guerre-en-ukraine-pour-la-voie-politique-et-diplomatique-l-ultime-solution,110642</link>
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		<dc:date>2024-06-03T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sign&#233; le 4 avril 1949 en pleine &#171; guerre froide &#187; &#224; l'initiative des &#201;tats-Unis, le Trait&#233; de Washington est fondateur de la fameuse Organisation du Trait&#233; de l'Atlantique Nord (OTAN). Son article 5 &#8212; l'article principal &#8212; stipule &#224; juste titre que si un pays de l'OTAN est victime d'une attaque arm&#233;e, chaque &#201;tat membre de l'Alliance consid&#233;rera cet acte de violence comme une attaque arm&#233;e dirig&#233;e contre l'ensemble des &#201;tats membres et prendra les mesures qu'il jugera n&#233;cessaires pour venir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/3a-andre-oraison-3-4606d.jpg?1781385012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sign&#233; le 4 avril 1949 en pleine &#171; guerre froide &#187; &#224; l'initiative des &#201;tats-Unis, le Trait&#233; de Washington est fondateur de la fameuse Organisation du Trait&#233; de l'Atlantique Nord (OTAN). Son article 5 &#8212; l'article principal &#8212; stipule &#224; juste titre que si un pays de l'OTAN est victime d'une attaque arm&#233;e, chaque &#201;tat membre de l'Alliance consid&#233;rera cet acte de violence comme une attaque arm&#233;e dirig&#233;e contre l'ensemble des &#201;tats membres et prendra les mesures qu'il jugera n&#233;cessaires pour venir en aide au pays attaqu&#233;. Or, actuellement, c'est un fait : la F&#233;d&#233;ration de Russie est en guerre uniquement contre l'Ukraine qui n'est pas un pays membre de l'OTAN.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s lors, certains &#201;tats membres de l'OTAN &#8212; dont nomm&#233;ment notre pays la France &#8212; violent de mani&#232;re manifeste l'article 5 du Trait&#233; de Washington lorsqu'ils d&#233;clarent qu'ils sont d&#233;sormais dispos&#233;s &#224; envoyer des instructeurs et des troupes en Ukraine pour lutter contre les forces russes et, plus encore, &#224; fournir des armes destructrices capables d'atteindre, via l'Ukraine, le territoire russe. En agissant ainsi, ces &#201;tats d&#233;clarent ouvertement en quelque sorte la guerre &#224; la F&#233;d&#233;ration de Russie qui, dans un tel cas de figure, ne manquerait pas &#8212; soyons-en s&#251;r &#8212; de riposter militairement contre la France, en frappant ses forces arm&#233;es non seulement sur le sol ukrainien mais &#233;galement, sur le sol fran&#231;ais par application d'un principe &#233;l&#233;mentaire et p&#233;renne bien connu : celui de la r&#233;ciprocit&#233;. Voici le grand risque que le Pr&#233;sident Emmanuel Macron fait aujourd'hui courir &#224; la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, c'est maintenant pour nous une &#233;vidence : la terrible guerre qui se d&#233;roule en Ukraine depuis plus de deux ans ne pourra certainement pas &#234;tre r&#233;gl&#233;e par la voie militaire. Elle ne pourra l'&#234;tre que par la voie politique et diplomatique, une voie qui implique n&#233;cessairement un compromis transactionnel douloureux entre les deux principaux adversaires que sont, sans contredit dans la guerre d'Ukraine, les &#201;tats-Unis et la F&#233;d&#233;ration de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas envisager, ne pas privil&#233;gier ou reporter ind&#233;finiment la voie politique et diplomatique pour un r&#232;glement de la crise ukrainienne, c'est d&#233;sormais risquer d'engager la plan&#232;te Terre dans une Troisi&#232;me Guerre mondiale. Faut-il ici pr&#233;ciser qu'une telle guerre serait une guerre nucl&#233;aire destructrice pour tous les bellig&#233;rants et notamment pour tous les &#201;tats europ&#233;ens actuellement membres de l'OTAN, dont &#233;videmment la France dirig&#233;e par un Pr&#233;sident qui montre sans doute qu'il fait preuve d'audace mais qui est manifestement d&#233;pourvu de bon sens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison, Professeur de droit international public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La remise au rebut de l'amendement Virapoull&#233;. Plaidoyer pour un transfert &#224; La R&#233;union du pouvoir normatif national sur habilitation dans les mati&#232;res non r&#233;galiennes de l'&#201;tat </title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/la-remise-au-rebut-de-l-amendement-virapoulle-plaidoyer-pour-un-transfert-a-la-reunion-du-pouvoir-normatif-national-sur-habilitation-dans-les-matieres-non-regaliennes-de-l-etat,107832</link>
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		<dc:date>2023-07-25T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Responsabilit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;gies par l'article 73 de la Constitution, la Guyane, la Martinique et Mayotte sont d&#233;sormais dot&#233;es d'une collectivit&#233; territoriale unique (CTU) au lieu et place d'un d&#233;partement et d'une r&#233;gion. &#201;galement soumises &#224; l'article 73, la Guadeloupe et La R&#233;union auraient peut-&#234;tre int&#233;r&#234;t &#224; s'engager dans cette voie en application de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 qui rend possibles de nouveaux statuts pour les d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer (DROM). C'est la suggestion faite le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/responsabilite" rel="tag"&gt;Responsabilit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/5a-gilets-jaunes-syndicats-saint-andre_51_-08650.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;gies par l'article 73 de la Constitution, la Guyane, la Martinique et Mayotte sont d&#233;sormais dot&#233;es d'une collectivit&#233; territoriale unique (CTU) au lieu et place d'un d&#233;partement et d'une r&#233;gion. &#201;galement soumises &#224; l'article 73, la Guadeloupe et La R&#233;union auraient peut-&#234;tre int&#233;r&#234;t &#224; s'engager dans cette voie en application de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 qui rend possibles de nouveaux statuts pour les d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer (DROM). C'est la suggestion faite le 4 octobre 2012 par le s&#233;nateur Paul Verg&#232;s &#224; l'occasion des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie territoriale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anonyme, &#171; Contribution de Paul Verg&#232;s aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais avant la concr&#233;tisation &#224; La R&#233;union d'une r&#233;forme qui ne para&#238;t pas encore m&#251;re dans l'opinion publique locale, une r&#233;vision plus cibl&#233;e de la norme supr&#234;me s'impose. Pour que les R&#233;unionnais aient les m&#234;mes comp&#233;tences que leurs homologues antillais, guyanais et mahorais, il faut que soit mis fin &#224; l'amendement d&#233;pos&#233; par Jean-Paul Virapoull&#233;, s&#233;nateur-maire UMP de Saint-Andr&#233;, et qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; adopt&#233; par le Parlement et le Congr&#232;s, vise &#224; limiter, en vertu de l'article 73, alin&#233;a 5, l'ampleur de la d&#233;centralisation &#224; La R&#233;union et alors m&#234;me que cette r&#233;forme a &#233;t&#233; accept&#233;e dans les autres DROM.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_101226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/3a-oraison_andre__12_janvier_2022_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/3a-oraison_andre__12_janvier_2022_copie-65f7a.jpg?1780754913' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le Professeur Andr&#233; Oraison.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pos&#233; le principe selon lequel &#171; les lois et r&#232;glements sont applicables de plein droit &#187; dans les DROM, l'article 73, alin&#233;a 1er, de la norme supr&#234;me, d&#251;ment compl&#233;t&#233;e par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, pr&#233;cise que ces lois et r&#232;glements &#171; peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caract&#233;ristiques et contraintes particuli&#232;res de ces collectivit&#233;s &#187;. D'embl&#233;e, il est apparu logique au Constituant que le droit commun m&#233;tropolitain puisse faire l'objet de mesures d'adaptation outre-mer pour tenir compte de multiples particularismes locaux, tous au demeurant &#233;vidents. L'alin&#233;a 1er a donc vocation &#224; s'appliquer dans tous les DROM, y compris celui de La R&#233;union. Il en est de m&#234;me de l'article 73, alin&#233;a 2, bien que celui-ci soit plus novateur : &#171; Ces adaptations peuvent &#234;tre d&#233;cid&#233;es par ces collectivit&#233;s dans les mati&#232;res o&#249; s'exercent leurs comp&#233;tences et si elles y ont &#233;t&#233; habilit&#233;es, selon le cas, par la loi ou par le r&#232;glement &#187;. Par contre, l'article 73 a pos&#233; un probl&#232;me &#224; Jean-Paul Virapoull&#233; dans son alin&#233;a 3, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Par d&#233;rogation au premier alin&#233;a et pour tenir compte de leurs sp&#233;cificit&#233;s, les collectivit&#233;s r&#233;gies par le pr&#233;sent article peuvent &#234;tre habilit&#233;es, selon le cas, par la loi ou par le r&#232;glement, &#224; fixer elles-m&#234;mes les r&#232;gles applicables sur leur territoire, dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Constituant de 2003 reconna&#238;t ainsi aux DROM la possibilit&#233; d'adopter des r&#232;gles l&#233;gislatives et r&#232;glementaires &#224; la suite d'une habilitation &#233;manant, selon le cas, du Parlement ou du Gouvernement, &#171; dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;. Afin d'&#233;viter tout risque de d&#233;rive institutionnelle, des verrous ont toutefois &#233;t&#233; pr&#233;vus par l'article 73 de la Constitution, non seulement dans l'alin&#233;a 3 qui doit &#234;tre interpr&#233;t&#233; stricto sensu, mais aussi dans l'alin&#233;a 4, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Ces r&#232;gles ne peuvent porter sur la nationalit&#233;, les droits civiques, les garanties des libert&#233;s publiques, l'&#233;tat et la capacit&#233; des personnes, l'organisation de la justice, le droit p&#233;nal, la proc&#233;dure p&#233;nale, la politique &#233;trang&#232;re, la d&#233;fense, la s&#233;curit&#233; et l'ordre publics, la monnaie, le cr&#233;dit et les changes, ainsi que le droit &#233;lectoral &#187;. Mais ces verrous constitutionnels n'ont pas paru suffisants &#224; Jean-Paul Virapoull&#233; qui a jug&#233; bon de d&#233;poser un amendement visant &#224; compl&#233;ter l'article 73 par l'adjonction d'un alin&#233;a 5 avec pour objectif d'&#233;carter tout pouvoir normatif local et donc la possibilit&#233; de voter des &#171; lois pays &#187; &#224; La R&#233;union, car de telles lois risquent de comporter, selon l'&#233;lu saint-andr&#233;en, une &#171; menace d'autonomie l&#233;gislative &#187; qu'il assimile &#171; &#224; l'antichambre de l'ind&#233;pendance &#187;. Son amendement a donc conduit au pol&#233;mique article 73, alin&#233;a 5, ainsi formul&#233; : &#171; La disposition pr&#233;vue aux deux pr&#233;c&#233;dents alin&#233;as n'est pas applicable au d&#233;partement et &#224; la r&#233;gion de La R&#233;union &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. La critique n&#233;gative de l'article 73, alin&#233;a 5, de la Constitution qui assimile La R&#233;union &#224; une &#171; majeure incapable &#187; et la place sous le r&#233;gime de la curatelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'adoption de l'article 73, alin&#233;a 5, de la Constitution, La R&#233;union se trouve pour la premi&#232;re fois de son histoire dans le sillage d'une nouvelle destin&#233;e qui est d&#233;sormais distincte de celle de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique. D&#232;s lors, que penser de son singulier statut ? Est-ce la solution appropri&#233;e pour les R&#233;unionnais, comme l'affirme son promoteur Jean-Paul Virapoull&#233; ? N'est-ce pas, au contraire, une erreur, voire une faute grossi&#232;re, commise par le s&#233;nateur r&#233;unionnais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral du Parti socialiste (PS) &#224; La R&#233;union, Gilbert Annette inflige d&#232;s le 16 novembre 2002 un bl&#226;me &#224; l'encontre de l'amendement Virapoull&#233; : &#171; C'est l'amendement du m&#233;pris qui prend sa source dans une vision conservatrice qu'il faut combattre pour construire une soci&#233;t&#233; r&#233;unionnaise plus digne et responsable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. ANNETTE, &#171; Tribune libre. Appel &#224; la responsabilit&#233; &#187;, Le Quotidien de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S&#233;nateur communiste (PCR), Paul Verg&#232;s note qu'en refusant de tenir &#171; compte des caract&#233;ristiques et contraintes particuli&#232;res des r&#233;gions ultrap&#233;riph&#233;riques &#187;, cet amendement vise &#224; nier les sp&#233;cificit&#233;s de La R&#233;union pourtant reconnues par l'article 299-2 du trait&#233; d'Amsterdam du 2 octobre 1997. La d&#233;put&#233;e Huguette Bello a elle aussi d&#233;sapprouv&#233; le 20 novembre 2002 l'amendement Virapoull&#233; : &#171; &#192; La R&#233;union, des repr&#233;sentants politiques se sont mis &#224; jouer sur les peurs et les fantasmes et &#224; faire revivre la crainte du largage. Ils rejettent toute id&#233;e d'&#233;volution. Pire, ils ne veulent pas de possibilit&#233;s d'adaptation &#187;. Au nom du PCR, Huguette Bello devait pr&#233;ciser son exasp&#233;ration en des termes particuli&#232;rement bien frapp&#233;s : &#171; C'est la coh&#233;rence m&#234;me de la r&#233;forme qui est mise &#224; mal. C'est l'Histoire qu'on insulte. C'est l'avenir qu'on fige. Et lorsque les difficult&#233;s appara&#238;tront pour adapter des dispositions l&#233;gislatives aux r&#233;alit&#233;s locales, il n'y aura pas d'autre alternative qu'une &#233;volution statutaire. Est-ce le but recherch&#233; &#187; ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ANONYME, &#171; Huguette Bello : Nous devons aborder cette r&#233;forme de mani&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec cette personnalit&#233; qui occupe la pr&#233;sidence du conseil r&#233;gional de La R&#233;union depuis le 2 juillet 2021, on peut en effet s'interroger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de d&#233;bats houleux et en s'exprimant au nom du Gouvernement, Brigitte Girardin avait toutefois d&#233;cid&#233;, au sujet de l'aberrant amendement Virapoull&#233;, de s'en remettre &#171; &#224; la sagesse du S&#233;nat &#187; qui a n&#233;anmoins vot&#233;, le 6 novembre 2002, en faveur dudit amendement. Cependant, &#224; l'Assembl&#233;e nationale, celui-ci avait &#233;t&#233;, dans un premier temps, combattu d&#232;s le 13 novembre suivant par un amendement antinomique d&#233;pos&#233; par Pascal Cl&#233;ment, d&#233;put&#233; de la Loire (UMP) et pr&#233;sident-rapporteur de la commission des lois au palais Bourbon. Mais &#224; la suite de vives protestations des &#233;lus de la droite r&#233;unionnaise qui estimaient alors que La R&#233;union se trouvait en &#171; alerte rouge &#187; et victime d'une haute &#171; trahison &#187;, l'amendement Virapoull&#233; avait &#233;t&#233; r&#233;tabli d&#232;s le 27 novembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, le Constituant de 2003 ne donne-t-il pas &#224; La R&#233;union des garanties en mati&#232;re d'ancrage dans la R&#233;publique fran&#231;aise et au sein de l'Union europ&#233;enne ? Pourquoi vouloir toujours agiter la peur de l'aventure ou, a fortiori, le &#171; spectre de l'ind&#233;pendance &#187;, s'interroge pour sa part le professeur r&#233;unionnais Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, alors m&#234;me que &#171; dans leur tr&#232;s grande majorit&#233; &#187;, ses compatriotes, &#171; ne ressentent plus cette crainte irrationnelle et ont pleinement conscience de porter en eux la France et le Monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Pourquoi &#233;carter La R&#233;union du dispositif, au demeurant optionnel, des habilitations normatives qui sont toujours encadr&#233;es par une loi organique et qui ne peuvent se faire que sous le contr&#244;le du Juge constitutionnel ? Est-il enfin logique, est-il rationnel que La R&#233;union se trouve priv&#233;e de certaines comp&#233;tences, alors m&#234;me qu'elle se caract&#233;rise &#8212; au m&#234;me titre que les trois autres d&#233;pendances fran&#231;aises d'Am&#233;rique r&#233;gies par l'article 73 &#8212; par une multitude d'handicaps naturels majeurs, bien connus, et qu'il serait d&#233;raisonnable de vouloir ici minimiser ou, a fortiori, nier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux autres collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution, le d&#233;partement et la r&#233;gion de La R&#233;union n'ont donc pas le droit de l&#233;gif&#233;rer ou de r&#233;glementer sur habilitation. Leurs assembl&#233;es d&#233;lib&#233;rantes n'ont pas la possibilit&#233; d'adopter des lois-p&#233;i &#187;, tant redout&#233;es par le s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233;. Synonyme d'immobilisme par ses contempteurs, cette pr&#233;tendue garantie impos&#233;e dans la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 par l'amendement Virapoull&#233; et qui s'applique au seul DROM de La R&#233;union est pr&#233;judiciable aux int&#233;r&#234;ts de ses habitants, d&#232;s lors qu'elle emp&#234;che ses &#233;lus de disposer d'un pouvoir normatif par habilitation, dans une s&#233;rie de mati&#232;res importantes comme l'acc&#232;s au foncier, l'&#233;ducation, la fiscalit&#233; locale, la ma&#238;trise des sources d'&#233;nergie renouvelables, la pr&#233;servation de l'environnement terrestre et marin de La R&#233;union, la sauvegarde de son patrimoine culturel, le transport public int&#233;rieur de passagers et de marchandises ou la formation professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, depuis le 28 mars 2003, La R&#233;union se trouve plac&#233;e sous un r&#233;gime juridique humiliant, analogue &#224; celui de la curatelle. Faut-il ici pr&#233;ciser qu'il s'agit-l&#224;, par comparaison, d'un dispositif l&#233;gal d'assistance &#233;tabli dans les ordres juridiques internes afin de prot&#233;ger les &#171; majeurs incapables &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; En finir avec la curatelle &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? D&#232;s lors, peut-on s'&#233;tonner que l'article 73, alin&#233;a 5, ait &#233;t&#233; contest&#233;. La professeure Anne-Marie Le Pourhiet consid&#232;re, pour sa part, que la formule employ&#233;e par l'alin&#233;a 5 &#171; est terriblement in&#233;l&#233;gante et constitue, &#224; n'en point douter, une horreur constitutionnelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.-M. LE POURHIET, &#171; &#192; propos du nouvel article 73 de la Constitution &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne saurait &#233;tablir dans une &#233;tude scientifique une critique plus vip&#233;rine &#224; l'&#233;gard de l'amendement Virapoull&#233;. Le temps ne serait-il pas donc enfin venu de lib&#233;rer les initiatives r&#233;unionnaises des contraintes engendr&#233;es par une politique centralisatrice outranci&#232;re ? Autant dire qu'une r&#233;vision de la Constitution s'impose par recours au Parlement convoqu&#233; en Congr&#232;s &#224; Versailles en vertu de son article 89, alin&#233;a 3, afin d'abolir l'article 73, alin&#233;a 5.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. La critique positive du pouvoir normatif local attribu&#233; sur habilitation aux d&#233;partements fran&#231;ais d'Am&#233;rique par l'article 73, alin&#233;a 3, de la Constitution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;put&#233;e (LR), Nadia Ramassamy a r&#233;cus&#233; en 2018 l'int&#233;r&#234;t du pouvoir normatif local sur habilitation mis en &#339;uvre aux Antilles sur la base de l'article 73, alin&#233;a 3, en pr&#233;cisant que tr&#232;s peu de lois d'habilitation ont &#233;t&#233; vot&#233;es &#224; l'initiative de leurs repr&#233;sentants &#233;lus : &#171; Cette proc&#233;dure qui a pris en moyenne deux &#224; trois ans &#224; chaque fois est loin d'avoir port&#233; ses fruits &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. RAMASSAMY, &#171; Les bonnes raisons de garder l'amendement Virapoull&#233; &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout en minimisant d'embl&#233;e le bilan du pouvoir normatif local en application de l'article 73, alin&#233;a 3, la parlementaire r&#233;unionnaise fait valoir que &#171; l'utilisation faite par l'&#201;tat &#224; La R&#233;union de son pouvoir d'adaptation &#187; sur la base de l'article 73, alin&#233;a 1er, &#171; a &#233;t&#233; bien plus profitable que les r&#233;sultats obtenus par la Martinique et la Guadeloupe dans l'utilisation de leur pouvoir l&#233;gislatif adapt&#233; &#187;. Nadia Ramassamy signifie ainsi que La R&#233;union n'a nullement besoin d'un dispositif de transfert du pouvoir normatif national pour assurer son d&#233;veloppement &#233;conomique, social et culturel et que, par suite, il n'y a aucune raison s&#233;rieuse de remettre en cause l'amendement Virapoull&#233; qui vise &#224; conforter &#224; La R&#233;union le principe fondamental d'identit&#233; l&#233;gislative : un principe qu'elle pr&#233;sente comme &#233;tant &#224; la fois &#171; stabilisateur et unificateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il importe de r&#233;pondre promptement &#224; ces critiques. Certes, le fait qu'il y ait eu, &#224; ce jour, qu'un tout petit nombre de lois d'habilitation adopt&#233;es par le Parlement est exact. Mais ce r&#233;sultat peut s'expliquer. Il faut ici rappeler que le principe applicable dans les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, alin&#233;a 1er, est celui de l'identit&#233; l&#233;gislative, ainsi formul&#233; : &#171; Dans les d&#233;partements et les r&#233;gions d'outre-mer, les lois et r&#232;glements sont applicables de plein droit &#187;. C'est dire que le processus de d&#233;l&#233;gation du pouvoir normatif national ne peut &#234;tre que restreint. Comme l'exige l'article 73, alin&#233;a 3, il ne peut intervenir que &#171; dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;. Cette tr&#232;s importante limitation constitutionnelle du pouvoir normatif local sur habilitation aurait d&#251; pleinement rassurer le s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233; et la d&#233;put&#233;e Nadia Ramassamy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, on doit respecter les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 qui refusent de recourir au dispositif de transfert du pouvoir normatif national, d&#232;s lors que le recours &#224; ce dispositif est optionnel. Ce cas vise les &#233;lus mahorais qui s'en tiennent &#224; une application stricte du statut d&#233;partemental &#226;prement obtenu en 2011 et, par suite, au respect absolu du principe d'identit&#233; l&#233;gislative. En outre, le Parlement et le Gouvernement peuvent parfois refuser d'accorder la d&#233;l&#233;gation du pouvoir normatif national &#224; une collectivit&#233; pour des raisons diverses, li&#233;es par exemple &#224; la protection de l'environnement ou &#224; des pr&#233;somptions de corruption ou de mauvaise gestion. Le professeur Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien cite le cas de la Guyane qui n'a pu obtenir une habilitation &#224; &#171; intervenir dans le domaine de la loi en mati&#232;re mini&#232;re &#187;, &#171; notamment pour l'octroi de concessions &#187; aux fins d'exploitation de mines d'or&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. FONTAINE, &#171; Entretien avec Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, Pr&#233;sident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs et contrairement aux propos tenus par Nadia Ramassamy, les applications de l'alin&#233;a 3 dans les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 ont bien &#233;t&#233; profitables aux Antilles. Au besoin, en voici la d&#233;monstration en distinguant toutefois avant et apr&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de la loi organique du 27 juillet 2011 relative aux collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73. Si le dispositif de transfert du pouvoir normatif national a soulev&#233; peu d'engouement &#224; l'origine, chez les &#233;lus antillais, encore faut-il savoir pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 73, article 6, indique que les habilitations pr&#233;vues aux alin&#233;as 2 et 3 sont d&#233;cid&#233;es &#171; dans les conditions et sous les r&#233;serves pr&#233;vues par une loi organique &#187;. La loi organique du 21 f&#233;vrier 2007 a fix&#233; en ce domaine une proc&#233;dure similaire &#224; celle relative &#224; l'habilitation pouvant &#234;tre donn&#233;e aux collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, alin&#233;a 2, pour l'adaptation des lois &#171; dans les mati&#232;res o&#249; s'exercent leurs comp&#233;tences &#187;. La demande d'habilitation visant &#224; fixer les r&#232;gles applicables dans les DROM doit &#234;tre prise par une &#171; d&#233;lib&#233;ration motiv&#233;e &#187; de l'assembl&#233;e locale et &#234;tre transmise au repr&#233;sentant de l'&#201;tat dans la collectivit&#233; concern&#233;e ainsi qu'au Premier ministre. Celui-ci doit incontinent la porter &#224; la connaissance du Parlement et assurer sa publication au Journal officiel. Au plan juridique, la d&#233;lib&#233;ration de l'assembl&#233;e d&#233;lib&#233;rante rev&#234;t le caract&#232;re d'un acte administratif qui peut &#234;tre d&#233;f&#233;r&#233; au Conseil d'&#201;tat. Quant &#224; la loi d'habilitation, elle peut &#234;tre soumise au contr&#244;le du Juge constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette loi organique limitait la dur&#233;e des habilitations l&#233;gislatives &#224; deux ans. Dans un cadre jug&#233; bien trop court par les Domiens, les demandes d'habilitation ont &#233;t&#233; inexistantes jusqu'en 2007. Par la suite, celles qui ont &#233;t&#233; formul&#233;es par le conseil r&#233;gional de la Martinique dans le domaine du transport int&#233;rieur des passagers et des marchandises, en 2007 et 2008, n'ont pas re&#231;u de r&#233;ponse favorable. Mais d&#232;s l'ann&#233;e suivante et en en application de la proc&#233;dure originaire, la situation a &#233;volu&#233;. Pour une dur&#233;e de deux ann&#233;es &#224; compter de la promulgation de la loi du 27 mai 2009 pour le d&#233;veloppement &#233;conomique des Outre-mer et sur la base des dispositions de l'article 73, alin&#233;a 3, de la Constitution, le conseil r&#233;gional de la Guadeloupe a ainsi &#233;t&#233; habilit&#233; &#171; &#224; fixer les r&#232;gles permettant la cr&#233;ation d'un &#233;tablissement public r&#233;gional &#224; caract&#232;re administratif charg&#233; d'exercer les missions de service public de formation professionnelle qui lui seront d&#233;l&#233;gu&#233;es par la r&#233;gion &#187; (article 68).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jug&#233;e trop br&#232;ve par les Guadeloup&#233;ens et les Martiniquais, la dur&#233;e des habilitations a &#233;t&#233; revue &#224; la hausse par la loi organique du 27 juillet 2011 relative aux collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution. D&#233;sormais, cette dur&#233;e peut en principe atteindre 6 ans. En vertu de son article 4, l'habilitation est en effet &#171; accord&#233;e pour une dur&#233;e ne pouvant aller au-del&#224; du renouvellement de l'assembl&#233;e &#187;. Plus encore, &#171; lorsque l'habilitation a &#233;t&#233; accord&#233;e jusqu'au renouvellement de l'assembl&#233;e, elle peut encore &#234;tre prorog&#233;e de droit, une seule fois, pour une dur&#233;e ne pouvant aller au-del&#224; du prochain renouvellement par d&#233;lib&#233;ration motiv&#233;e de l'assembl&#233;e adopt&#233;e dans les six mois suivant son renouvellement &#187;. Par souci de simplification, l'article 4 de la loi organique du 27 juillet 2011 pr&#233;cise que l'habilitation est accord&#233;e par la loi &#171; lorsque la demande porte sur l'adaptation d'une disposition l&#233;gislative &#187;. Dans ce cas, elle vaut &#233;galement habilitation &#224; prendre les dispositions r&#233;glementaires d'application. Mais lorsque la demande ne porte que sur l'adaptation d'une disposition r&#232;glementaire, l'habilitation est &#171; accord&#233;e par d&#233;cret en Conseil d'&#201;tat &#187;. &#192; la suite de ces innovations, les demandes des &#233;lus antillais ont &#233;t&#233; faites sans appr&#233;hension et ont &#233;t&#233;, pour la plupart, accept&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relative aux collectivit&#233;s de Guyane et de Martinique, l'article 17 de la loi du 27 juillet 2011 a ainsi habilit&#233;, en application de l'article 73, alin&#233;a 3, le conseil r&#233;gional de la Guadeloupe &#171; &#224; fixer les r&#232;gle sp&#233;cifiques &#224; la Guadeloupe en mati&#232;re de ma&#238;trise de la demande d'&#233;nergie, de r&#233;glementation thermique pour la construction de b&#226;timents et de d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables &#187;. En vertu de l'article 18 de la m&#234;me loi et, derechef, sur la base de l'article 73, alin&#233;a 3, le conseil r&#233;gional de la Martinique a lui aussi &#233;t&#233; habilit&#233; &#171; &#224; fixer des r&#232;gles sp&#233;cifiques &#224; la Martinique en mati&#232;re de ma&#238;trise de la demande d'&#233;nergie, de r&#233;glementation thermique pour la construction de b&#226;timents et de d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables &#187;. En vertu de l'article 37 de la loi du 15 novembre 2013 portant diverses dispositions relatives aux outre-mer, le conseil r&#233;gional de la Martinique a de surcro&#238;t &#233;t&#233; habilit&#233;, en application de l'article 73, alin&#233;a 3, &#171; &#224; adapter et fixer des r&#232;gles sp&#233;cifiques &#224; la Martinique en mati&#232;re de transports int&#233;rieurs de passagers et de marchandises, terrestres et maritimes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, le conseil r&#233;gional de la Guadeloupe a sollicit&#233;, dans sa d&#233;lib&#233;ration du 22 janvier 2016, une demande de prorogation de l'habilitation l&#233;gislative qui lui a &#233;t&#233; accord&#233;e, en application de l'article 73, alin&#233;a 3, de la Constitution, &#171; en mati&#232;re de planification &#233;nerg&#233;tique, de ma&#238;trise de la demande d'&#233;nergie, y compris en mati&#232;re de r&#233;glementation thermique pour la construction de b&#226;timents et de d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables &#187;. Cette demande de prorogation, de droit, de l'habilitation l&#233;gislative &#233;manant du conseil r&#233;gional carib&#233;en doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme la preuve que le pouvoir normatif local sur habilitation reconnu aux collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, alin&#233;a 3, donne des r&#233;sultats probants dans le cadre d'une politique choisie qui m&#233;rite, par suite, d'&#234;tre poursuivie et m&#234;me amplifi&#233;e. Pour le professeur Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, &#171; cet exercice du pouvoir l&#233;gislatif et r&#233;glementaire par habilitation para&#238;t donc repr&#233;senter un instrument utile pour des collectivit&#233;s territoriales soucieuses de disposer d'une r&#233;elle capacit&#233; d'initiative locale sur leurs territoires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union dans le projet de r&#233;vision de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de ces exemples, certes peu nombreux mais tous convaincants, de surcro&#238;t &#233;trangers &#224; des finalit&#233;s politiciennes inavouables, contrairement aux craintes &#233;mises par Jean-Paul Virapoull&#233;, des exemples ne pr&#233;sentant, par suite, aucun risque de d&#233;rive statutaire vers un r&#233;gime d'autonomie ou vers l'ind&#233;pendance, ne serait-il pas enfin opportun d'abolir l'article 73, alin&#233;a 5, de la Constitution afin de permettre au DROM de La R&#233;union d'exercer la pl&#233;nitude de ses comp&#233;tences normatives sur un pied d'&#233;galit&#233; avec les autres collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 ? Ainsi est pos&#233;e la question de l'abolition de l'amendement Virapoull&#233;, m&#234;me si cette abolition &#8212; il faut &#224; cet &#233;gard garder les pieds sur terre &#8212; n'a nullement la pr&#233;tention d'&#234;tre la panac&#233;e et de r&#233;soudre tous les probl&#232;mes pos&#233;s &#224; La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_101227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;197&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5a-gilets-jaunes-syndicats-saint-andre_51_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5a-gilets-jaunes-syndicats-saint-andre_51_-3a83a.jpg?1780754913' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Manifestation de gilets jaunes et de syndicats le 23 f&#233;vrier 2019 &#224; Saint-Andr&#233;. La suppression de l'amendement Virapoull&#233; est &#233;galement un des mots d'ordre dans le mouvement social &#224; La R&#233;union.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. Les diverses tentatives des parlementaires r&#233;unionnais pour la suppression pure et simple de l'amendement Virapoull&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;vision de la norme supr&#234;me s'impose effectivement si l'on veut que les &#233;lus r&#233;unionnais disposent des m&#234;mes &#171; outils juridiques &#187; que ceux offerts par les Constituants de 2003 et de 2008 &#224; leurs homologues antillais et guyanais et puissent exercer un r&#233;el pouvoir normatif sur habilitation en application de l'article 73, alin&#233;a 3. La r&#233;vision constitutionnelle revendiqu&#233;e est jug&#233;e imp&#233;rative par les formations progressistes locales qui sont convaincues que La R&#233;union doit franchir le seuil crucial de la responsabilit&#233; au sein d'une R&#233;publique enfin apais&#233;e, d&#233;complex&#233;e et r&#233;ellement d&#233;centralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique r&#233;demptrice et compte tenu des exp&#233;riences en cours aux Antilles dans le domaine des habilitations l&#233;gislatives et r&#233;glementaires, deux propositions de lois constitutionnelles destin&#233;es &#224; doter la R&#233;union d'un pouvoir normatif sur habilitation ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es au Parlement, &#224; quelques semaines d'intervalle. D&#233;pos&#233;e au palais du Luxembourg le 9 avril 2013, la premi&#232;re proposition de loi constitutionnelle (n&#176; 487) &#233;mane du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s et elle est faite au nom du PCR. Enregistr&#233;e &#224; la pr&#233;sidence du palais Bourbon le 30 mai 2013, la seconde (n&#176; 1101) r&#233;sulte d'une intervention de la d&#233;put&#233;e Ericka Bareigts au nom du PS. Mais ces initiatives visant &#224; l'abrogation de l'alin&#233;a 5 n'ont pas abouti. Une troisi&#232;me proposition (n&#176; 114) ayant le m&#234;me objectif a &#233;t&#233; enregistr&#233;e &#224; la pr&#233;sidence du S&#233;nat le 27 octobre 2015 par Paul Verg&#232;s. Mais elle n'a pas davantage rencontr&#233; le succ&#232;s escompt&#233;. Par la suite, G&#233;lita Hoarau, la suppl&#233;ante de Paul Verg&#232;s, a repris le flambeau en obtenant, d&#232;s le 30 novembre 2016, l'enregistrement au S&#233;nat d'une quatri&#232;me proposition de loi constitutionnelle (n&#176; 165) portant abolition de l'alin&#233;a 5 : la requ&#234;te de G&#233;lita Hoarau visait &#224; &#233;tendre &#224; La R&#233;union la possibilit&#233; accord&#233;e &#224; la Guadeloupe, &#224; la Guyane et &#224; la Martinique &#171; de fixer les r&#232;gles applicables sur leur territoire dans des mati&#232;res limit&#233;es &#187; pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement. Mais cette ultime tentative du PCR contre l'amendement Virapoull&#233; a &#233;galement &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;union peut-elle vraiment demeur&#233;e fig&#233;e dans son statut de &#171; majeure incapable &#187; &#233;tabli par la loi constitutionnelle du 28 mars 2003, &#224; la suite du vote de l'affligeant amendement Virapoull&#233; ? En droit, rien ne peut l&#233;gitimer la prolongation d'un traitement &#171; &#224; g&#233;om&#233;trie variable &#187; pour les &#171; quatre vieilles &#187; d&#233;partementalis&#233;es dans la m&#234;me matrice &#233;galitaire consacr&#233;e par l'action combin&#233;e de la loi du 19 mars 1946 et de la Constitution du 27 octobre 1946. En derni&#232;re analyse, nous pouvons ici reprendre le credo de Paul Verg&#232;s contenu dans ses propositions de lois constitutionnelles, enregistr&#233;es au S&#233;nat en 2013 et 2015, et rappel&#233;, dans un esprit de continuit&#233; politique, par sa suppl&#233;ante Gelita Hoarau dans sa proposition de loi constitutionnelle, enregistr&#233;e au S&#233;nat le 30 novembre 2016 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Or, rien ne justifie ce traitement diff&#233;renci&#233; entre La R&#233;union et les autres d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer ; rien ne justifie que des pr&#233;rogatives accord&#233;es aux r&#233;gions et d&#233;partements de la Martinique, de la Guyane et de la Guadeloupe ne soient pas &#233;galement accord&#233;es au d&#233;partement et &#224; la r&#233;gion de La R&#233;union &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour l&#233;gitimer les r&#233;formes qui s'imposent &#224; La R&#233;union, il faut savoir que son statut de d&#233;partement est contestable dans la mesure o&#249;, d'apr&#232;s une &#233;tude de l'INSEE sur les niveaux de vie &#224; La R&#233;union publi&#233;e en 2019, 40 % des R&#233;unionnais vivent sous le seuil de pauvret&#233; avec des revenus inf&#233;rieurs &#224; 1050 euros mensuels, soit un pourcentage trois fois plus &#233;lev&#233; qu'en M&#233;tropole. Dans une proportion de l'ordre de 25 % (soit trois fois plus que dans l'Hexagone en 2020), la population active locale est priv&#233;e d'acc&#232;s durable &#224; l'emploi avec, pour encha&#238;nement in&#233;vitable, un accroissement des in&#233;galit&#233;s sociales, sans oublier le co&#251;t croissant de la vie, amplifi&#233; en 2022 par une inflation majeure cons&#233;cutive notamment au d&#233;clenchement par la Russie d'une guerre illicite contre l'Ukraine. Huguette Bello a bien r&#233;sum&#233; une situation catastrophique qui, de surcro&#238;t, a &#233;t&#233; aggrav&#233;e par la pand&#233;mie de la Covid-19. La Pr&#233;sidente du conseil r&#233;gional de La R&#233;union consid&#232;re que le score important r&#233;alis&#233; par la France insoumise (LFI) sous la houlette de Jean-Luc M&#233;lenchon &#8212; plus de 40 % des suffrages exprim&#233;s, au plan local, lors du premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 10 avril 2022 &#8212; ne fait que traduire dans les urnes &#171; l'expression de la gravit&#233; de la situation sociale et du sentiment d'exasp&#233;ration de la population &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. GUERMEUR, &#171; R&#233;action au QG d'Huguette Bello, Pr&#233;sidente de R&#233;gion. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne saurait &#234;tre plus clairvoyant sur la situation r&#233;elle de l'&#238;le de La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps n'est-il pas alors venu de r&#233;aliser les r&#233;formes n&#233;cessaires en faisant notamment sauter le super verrou constitutionnel que repr&#233;sente l'article 73, alin&#233;a 5 ? Certes, cette question a &#233;t&#233; pos&#233;e &#224; maintes reprises depuis l'entr&#233;e en vigueur de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003. Cependant, &#224; partir de 2017, l'amendement Virapoull&#233; n'est plus consid&#233;r&#233; comme un &#171; sujet tabou &#187; dans une grande partie de la classe politique r&#233;unionnaise, y compris dans celle qui se situe &#224; la droite de l'&#233;chiquier local. C'est un constat &#224; tous &#233;gards encourageant. Cet amendement qui a conduit &#224; l'incompr&#233;hensible article 73, alin&#233;a 5, donne m&#234;me aujourd'hui le sentiment d'&#234;tre un dispositif &#171; en sursis &#187;. C'est un fait qu'apr&#232;s le second tour des &#233;lections l&#233;gislatives du 19 juin 2022, marqu&#233; par un triomphe incontestable des formations progressistes r&#233;unionnaises, son abolition est de plus en plus souvent &#233;voqu&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; Plaidoyer pour une suppression diligente du m&#233;phistoph&#233;lique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. Les perspectives d'avenir dans le cadre des &#233;ventuelles r&#233;formes de la Constitution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'ouverture des Assises des Outre-mer &#224; Saint-Denis le 4 octobre 2017 avec la venue d'Annick Girardin, ministre des Outre-mer, le PCR avait fait valoir que l'heure &#233;tait venue d'entrer dans l'&#232;re de la &#171; responsabilit&#233; pour plus d'autonomie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. MARCHAL, &#171; Responsabilit&#233; pour plus d'autonomie : un rassemblement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ses dirigeants pr&#233;cisaient que des r&#233;formes s'imposaient pour donner, entre autres, &#224; La R&#233;union les m&#234;mes comp&#233;tences que celles qui ont &#233;t&#233; attribu&#233;es aux d&#233;partements fran&#231;ais d'Am&#233;rique par les Constituants de 2003 et de 2008. A priori, ce message semblait avoir &#233;t&#233; entendu. La question du statut des collectivit&#233;s ultramarines a &#233;t&#233; relanc&#233;e par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, lors de son d&#233;placement en Guyane. Dans un discours prononc&#233; &#224; Cayenne le 28 octobre 2017, Emmanuel Macron s'&#233;tait d&#233;clar&#233; pr&#234;t &#224; envisager des &#171; am&#233;nagements constitutionnels &#187; dans les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution, y compris l'abolition de l'alin&#233;a 5 : &#171; Si La R&#233;union veut revenir sur l'amendement Virapoull&#233;, je suis pr&#234;t &#224; le faire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. BOULLAND, &#171; Assise des Outre-mer. Macron promet des modifications (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les dirigeants du PCR, certains &#233;lus locaux du centre et de la gauche y sont d&#233;sormais favorables : Ericka Bareigts, ancien ministre du Pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande, puis d&#233;put&#233;e socialiste (PS) et, depuis 2020, maire de Saint-Denis (Nouvelle Gauche) ; Michel Dennemont qui a si&#233;g&#233; au S&#233;nat sous l'&#233;tiquette de La R&#233;publique en marche (LREM), de 2017 &#224; 2020, et qui milite depuis sous celle du Rassemblement des d&#233;mocrates progressistes et ind&#233;pendants (RDPI) ; le d&#233;put&#233; Jean-Hugues Ratenon qui a ralli&#233;, d&#232;s 2017, la France insoumise (LFI) ou Huguette Bello cr&#233;atrice en 2012 du parti progressiste Pour La R&#233;union (PLR) et Pr&#233;sidente du conseil r&#233;gional de La R&#233;union depuis 2021&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. FONTAINE, &#171; Congr&#232;s des r&#233;gions de France &#224; Vichy. Huguette Bello plaide (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pouvait-on pour autant consid&#233;rer comme gagn&#233;e la bataille engag&#233;e pour cette r&#233;forme souhait&#233;e par la gauche r&#233;unionnaise dans le cadre du premier quinquennat d'Emmanuel Macron ? Rien n'&#233;tait moins s&#251;r. Au cours de cette p&#233;riode, les &#233;lus de la droite locale qui, pour la plupart, se reconnaissent dans Les R&#233;publicains (LR) se sont montr&#233;s hostiles &#224; la remise en cause de l'article 73, alin&#233;a 5. Dans son entretien le 13 novembre 2017 avec le Premier ministre, &#201;douard Philippe, Didier Robert, Pr&#233;sident (LR) du conseil r&#233;gional de La R&#233;union, d&#233;clarait &#234;tre favorable &#224; une prise en compte des sp&#233;cificit&#233;s de La R&#233;union &#171; dans leur globalit&#233; &#187;. Pour y parvenir, Didier Robert avait soulign&#233; qu'il fallait trouver &#171; un v&#233;hicule l&#233;gislatif qui permette aux entreprises r&#233;unionnaises d'&#234;tre mieux int&#233;gr&#233;es &#224; leur environnement &#187;, sans avoir besoin de &#171; changer la Constitution actuelle &#187; : la formule restrictive du locataire de la &#171; Pyramide invers&#233;e &#187; visait en fait &#224; p&#233;renniser l'amendement Virapoull&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conforme aux discours prononc&#233;s &#224; la Martinique en 2000 et &#224; La R&#233;union en 2001 par le Pr&#233;sident Jacques Chirac, la strat&#233;gie du Pouvoir central avait, par la suite, &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;e dans le Livre Bleu Outre-mer, d&#233;voil&#233; au palais de l'&#201;lys&#233;e le 28 juin 2018. Issu des Assises des Outre-mer, ce document confirme le principe selon lequel le Gouvernement n'imposera rien &#224; qui que ce soit tout en &#233;tant dispos&#233; &#224; reprendre &#224; son compte tous les projets portant sur des r&#233;formes statutaires pourvu qu'ils soient initi&#233;s par les repr&#233;sentants &#233;lus des territoires p&#233;riph&#233;riques, y compris par ceux de La R&#233;union. Dans ce contexte ainsi balis&#233;, le Gouvernement a alors d&#233;pos&#233; un projet de loi constitutionnelle pour un renouveau de la vie d&#233;mocratique enregistr&#233; &#224; la pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e nationale le 29 ao&#251;t 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur les conseils de la droite r&#233;unionnaise &#171; conservationniste &#187;, le Gouvernement avait en quelque sorte donn&#233; le &#171; la &#187; dans son argumentaire pr&#233;sent&#233; au Conseil d'&#201;tat, d&#232;s le 6 avril 2018. Il indiquait que &#171; le d&#233;partement et la r&#233;gion de La R&#233;union continueront &#224; conna&#238;tre un r&#233;gime sp&#233;cifique, conform&#233;ment au choix op&#233;r&#233; en 2003 &#187;, puisque telle &#233;tait, &#224; cette date, la volont&#233; affich&#233;e par les parlementaires locaux. De fait, le projet de loi constitutionnelle de 2019 continue de faire un sort particulier &#224; La R&#233;union. Certes, son article 12 d&#233;clare que les alin&#233;as 2 et 3 de l'article 73 de la norme supr&#234;me sont remplac&#233;s par un nouvel alin&#233;a 2, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Sauf lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une libert&#233; publique ou d'un droit constitutionnellement garanti, les collectivit&#233;s r&#233;gies par le pr&#233;sent article peuvent, &#224; leur demande, &#234;tre habilit&#233;es, par d&#233;cret en conseil des ministres apr&#232;s avis du Conseil d'&#201;tat, &#224; fixer elles-m&#234;mes les r&#232;gles applicables sur leur territoire dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, l'article 12 n'interdit pas &#224; La R&#233;union d'agir dans le domaine de la loi ou du r&#232;glement sur habilitation. Mais comme l'indique notre &#233;minent et vigilant coll&#232;gue Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, &#171; cette possibilit&#233; est tout de m&#234;me fortement brid&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si le d&#233;partement et la r&#233;gion de La R&#233;union sont bien d&#233;sign&#233;s dans la Constitution, c'est avec des cons&#233;quences, une nouvelle fois, dommageables pour les R&#233;unionnais. Toujours en vertu de cet article 12, il est en effet d&#233;cid&#233; que les alin&#233;as 5 et 6 de l'article 73 sont remplac&#233;s par une nouvelle disposition, formul&#233;e de mani&#232;re restrictive : &#171; Pour le d&#233;partement et la r&#233;gion de La R&#233;union, les habilitations pr&#233;vues au deuxi&#232;me alin&#233;a s'appliquent uniquement dans les mati&#232;res relevant de leurs comp&#233;tences &#187;. Il en est ainsi alors m&#234;me que, pour les autres collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, les habilitations peuvent concerner des mati&#232;res situ&#233;es hors comp&#233;tence. D&#232;s lors, c'est un constat amer que l'on doit &#233;tablir. Le projet de loi constitutionnelle pour un renouveau de la vie d&#233;mocratique persiste dans le d&#233;ni en 2019 : la r&#233;gion monod&#233;partementale de La R&#233;union demeure toujours assimil&#233;e &#224; une &#171; majeure incapable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire alors en conclusion au moment o&#249;, dans le cadre du second quinquennat d'Emmanuel Macron commenc&#233; en 2022, le Pouvoir central pourrait peut-&#234;tre entrer dans une nouvelle phase hardie en mati&#232;re de d&#233;centralisation outre-mer, une phase de nature &#224; concerner, de surcro&#238;t, comme en 2003 l'ensemble des territoires ultramarins ? Le PCR se dit d&#233;termin&#233; &#224; poursuivre le combat pour l'abolition de l'amendement Virapoull&#233; au nom de l'&#233;galit&#233; des droits entre les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution. Mais son combat est aussi d&#233;sormais celui d'une nouvelle gauche progressiste, plus jeune, beaucoup moins id&#233;ologique et surtout majoritaire parmi les &#233;lus qui repr&#233;sentent La R&#233;union &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Il en est ainsi &#224; la suite du succ&#232;s remport&#233; le 19 juin 2022, lors du second tour des &#233;lections l&#233;gislatives, par les candidats rang&#233;s sous la banni&#232;re de la Nouvelle union populaire &#233;cologique et sociale (NUPES). Reste &#224; esp&#233;rer que ces d&#233;put&#233;s &#8212; au nombre de six sur les sept si&#232;ges qui &#233;taient &#224; pourvoir &#8212; sauront parler d'une &#171; m&#234;me voix &#187; pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de La R&#233;union&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les six d&#233;put&#233;s concern&#233;s sont Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour agit avec efficacit&#233;, les d&#233;put&#233;s adoub&#233;s par la Nupes peuvent compter sur l'appui d'Huguette Bello qui a rappel&#233;, lors de sa rencontre &#224; l'&#201;lys&#233;e avec le Pr&#233;sident de la R&#233;publique le 7 septembre 2022, un principe fondamental pos&#233; dans &#171; La D&#233;claration de Fort-de-France &#187;. Dans ce document sign&#233; le 16 mai 2022, les &#233;lus des collectivit&#233;s ultramarines r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution ont tenu &#224; pr&#233;ciser leur objectif : &#224; savoir &#171; conjuguer la pleine &#233;galit&#233; des droits &#187; de nos collectivit&#233;s &#171; avec la reconnaissance de nos sp&#233;cificit&#233;s, notamment par une r&#233;elle domiciliation des leviers de d&#233;cision au plus pr&#232;s de nos territoires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir .&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La &#171; D&#233;claration de Fort-de-France &#187; opte ainsi en faveur d'un transfert plus large, sinon g&#233;n&#233;ralis&#233;, du pouvoir normatif national au profit des collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, alin&#233;a 3, ou, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, en faveur d'une d&#233;l&#233;gation plus ample du pouvoir l&#233;gislatif et r&#233;glementaire &#224; la suite d'une habilitation &#233;manant, selon le cas, du Parlement ou du Gouvernement dans les mati&#232;res non r&#233;galiennes de l'&#201;tat qui, par nature, sont &#171; non transf&#233;rables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Pr&#233;sidente du conseil r&#233;gional de La R&#233;union, cette &#171; D&#233;claration &#187; inclut ipso facto l'abolition de l'alin&#233;a 5 qui sera, sans contredit, au c&#339;ur des pr&#233;occupations de sa pr&#233;sente mandature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. FONTAINE, &#171; Huguette Bello et les Pr&#233;sidents des collectivit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors qu'une r&#233;vision de la norme supr&#234;me de la Ve R&#233;publique est imp&#233;rativement envisag&#233;e pour la Nouvelle-Cal&#233;donie avant la fin du premier semestre 2024, nul doute qu'Huguette Bello profitera de cette &#171; fen&#234;tre d'opportunit&#233; &#187; pour faire passer les r&#233;formes jug&#233;es utiles pour La R&#233;union et tout particuli&#232;rement celle qui vise &#224; la suppression du m&#233;phistoph&#233;lique amendement Virapoull&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anonyme, &#171; Contribution de Paul Verg&#232;s aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie territoriale &#187;, T&#233;moignages, vendredi 5 octobre 2012, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. ANNETTE, &#171; Tribune libre. Appel &#224; la responsabilit&#233; &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, samedi 16 novembre 2002, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ANONYME, &#171; Huguette Bello : Nous devons aborder cette r&#233;forme de mani&#232;re responsable &#187;, T&#233;moignages, jeudi 21 novembre 2002, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable majeure &#187; par la Constitution &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, mercredi 23 octobre 2019, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; En finir avec la curatelle &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, vendredi 4 mai 2018, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A.-M. LE POURHIET, &#171; &#192; propos du nouvel article 73 de la Constitution &#187;, RFDA, septembre-octobre 2003, n&#176; 5, p. 890.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N. RAMASSAMY, &#171; Les bonnes raisons de garder l'amendement Virapoull&#233; &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, lundi 30 avril 2018, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. FONTAINE, &#171; Entretien avec Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, Pr&#233;sident de l'association des juristes en droit des outre-mer. Amendement Virapoull&#233; : La R&#233;union est un adulte sous tutelle &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, lundi 19 septembre 2022, p. 2-3 et notamment p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union dans le projet de r&#233;vision de la Constitution &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, mercredi 11 avril 2018, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. GUERMEUR, &#171; R&#233;action au QG d'Huguette Bello, Pr&#233;sidente de R&#233;gion. La R&#233;union, terre d'insoumission &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, lundi 11 avril 2022, p. 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; Plaidoyer pour une suppression diligente du m&#233;phistoph&#233;lique amendement Virapoull&#233; &#187;, Le Quotidien de La R&#233;union, lundi 27 f&#233;vrier 2023, p. 2. P. PLANCHENAULT, &#171; Duel Selly&#8209;Ratenon premi&#232;re ?, Le JIR, lundi 24 avril 2023, p. 7. Pour Patrice Selly, le maire de Saint-Beno&#238;t, la question qui m&#233;rite aujourd'hui d'&#234;tre pos&#233;e aux R&#233;unionnais par la voie r&#233;f&#233;rendaire, c'est celle &#171; de savoir si oui ou non nous voulons supprimer l'amendement Virapoull&#233; qui nous place dans le m&#234;me cadre juridique que n'importe quel d&#233;partement de m&#233;tropole alors que nous avons nos sp&#233;cificit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. MARCHAL, &#171; Responsabilit&#233; pour plus d'autonomie : un rassemblement possible &#187;, T&#233;moignages, mercredi 18 avril 2018, p. 1-2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C. BOULLAND, &#171; Assise des Outre-mer. Macron promet des modifications profondes &#187;, Le Quotidien de La R&#233;union, dimanche 29 octobre 2017, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. FONTAINE, &#171; Congr&#232;s des r&#233;gions de France &#224; Vichy. Huguette Bello plaide pour la suppression de l'alin&#233;a pa kapab &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, vendredi 16 septembre 2022, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable majeure &#187; par la Constitution &#187;, pr&#233;c., p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les six d&#233;put&#233;s concern&#233;s sont Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon (LFI) ; Philippe Naillet (PS) ; &#201;meline K/Bidi, Karine Lebon et Fr&#233;d&#233;ric Maillot (GDR). S. FONTAINE et Y. GUILLOUX, &#171; Les groupes de d&#233;put&#233;s de La R&#233;union. Trois nuances de Nupes et une centriste &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, vendredi 24 juin 2022, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.collectivitedemartinique.mq/wp-content/uploads/2022/05/Appel-de-Fort-de-France.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.collectivitedemartinique.mq/wp-content/uploads/2022/05/Appel-de-Fort-de-France.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. FONTAINE, &#171; Huguette Bello et les Pr&#233;sidents des collectivit&#233;s d'outre-mer re&#231;us &#224; l'&#201;lys&#233;e. Une nouvelle &#233;tape doit s'ouvrir &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, vendredi 9 septembre 2022, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Zoreils : une composante naturelle de la &#171; soci&#233;t&#233; arc-en-ciel &#187; de La R&#233;union</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/les-zoreils-une-composante-naturelle-de-la-societe-arc-en-ciel-de-la-reunion,106848</link>
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		<dc:date>2023-04-03T03:16:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; La R&#233;union, certaines personnes &#233;voquent parfois la th&#233;orie du grand remplacement et, plus souvent encore, la th&#232;se de la pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : deux concepts sulfureux formul&#233;s pour fustiger l'arriv&#233;e jug&#233;e envahissante de M&#233;tropolitains ou Zoreils dans l'espace pourtant multiculturel r&#233;unionnais. Mais que faut-il entendre par Zoreil ? On peut d&#233;finir le Zoreil comme un Europ&#233;en qui n'est pas n&#233; &#224; La R&#233;union, par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/3a-andre-oraison-2-2f023.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; La R&#233;union, certaines personnes &#233;voquent parfois la th&#233;orie du grand remplacement et, plus souvent encore, la th&#232;se de la pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : deux concepts sulfureux formul&#233;s pour fustiger l'arriv&#233;e jug&#233;e envahissante de M&#233;tropolitains ou Zoreils dans l'espace pourtant multiculturel r&#233;unionnais. Mais que faut-il entendre par Zoreil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons ici recours au mot Zoreil. Mais certain utilisent parfois celui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? On peut d&#233;finir le Zoreil comme un Europ&#233;en qui n'est pas n&#233; &#224; La R&#233;union, par opposition aux R&#233;unionnais fortement m&#233;tiss&#233;s et venus d'horizons divers : Cafres, Chinois, Comoriens, Cr&#233;oles blancs, Malabars, Malgaches, Mahorais ou Zarabes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	I. Les crit&#232;res contestables de distinction entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le vocable Zoreil ne laisse pas indiff&#233;rent et il est m&#234;me urticant pour certains R&#233;unionnais qui n'h&#233;sitent pas &#224; simplifier en mettant tous les M&#233;tropolitains dans le m&#234;me panier et en les assimilant &#224; des n&#233;ocolonialistes qu'il faut stigmatiser au cri &#233;liminatoire de &#171; Zoreil deor &#187;. Mais la r&#233;alit&#233; n'est-elle pas plus complexe qu'il n'y para&#238;t ? Pour notre ami Guy Pignolet, les Zoreils ne forment certainement pas un bloc monolithique. Dans un courriel dat&#233; du 6 d&#233;cembre 2021, cette &#233;minente personnalit&#233; de La R&#233;union me fait remarquer qu'il serait judicieux d'&#233;tablir le d&#233;part entre les Zoreils-M&#233;tropolitains ou Zoreils-Zoreils et les Zoreils-R&#233;unionnais, encore appel&#233;s par les Cr&#233;oles les Zoreils-P&#233;i.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Zoreil-Zoreil est d&#233;fini comme un Europ&#233;en et le plus souvent comme un M&#233;tropolitain qui, pour des raisons g&#233;n&#233;ralement professionnelles, s'installe &#224; La R&#233;union pour quelques mois ou quelques ann&#233;es tout en songeant toujours &#224; revenir dans sa province natale dont il a une profonde nostalgie. Il s'agit au demeurant d'un sentiment respectable : il est normal de ne pas oublier son lieu de naissance, ses racines et l'endroit o&#249; l'on a v&#233;cu une partie de son existence et notamment sa jeunesse. &#192; La R&#233;union, le Zoreil-Zoreil n'est certainement pas un &#233;tranger en raison du statut de &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187; attribu&#233; &#224; La R&#233;union par la loi du 19 mars 1946. Mais c'est un Fran&#231;ais qui reste avant tout dans son c&#339;ur un M&#233;tropolitain, quelle que soit la dur&#233;e de son s&#233;jour dans l'ancienne &#238;le Bourbon. Concr&#232;tement, le Zoreil-Zoreil est celui qui entend rester un Alsacien, un Basque, un Breton, un Corse, un Languedocien, un Lyonnais, un Marseillais, un Normand, un Parisien, un Picard ou un Proven&#231;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Zoreil-R&#233;unionnais ou Zoreil-P&#233;i est celui qui a d&#233;cid&#233; de s'installer &#224; La R&#233;union de mani&#232;re d&#233;finitive pour des raisons multiples : professionnelles mais aussi familiales et sentimentales. C'est un M&#233;tropolitain qui cherche &#224; adopter le mode de vie des R&#233;unionnais. Pour le Zoreil-P&#233;i, La R&#233;union n'est pas la terre d'un exil forc&#233; mais son pays, un pays qu'il aime et d&#233;fend avec la m&#234;me conviction que les R&#233;unionnais de souche. Ainsi, Guy Pignolet &#8212; un savant que nous rangeons sans conteste dans la cat&#233;gorie des Zoreils-Pei&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un courriel qu'il m'a adress&#233; le lundi 6 d&#233;cembre 2021, Guy Pignolet se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; donne au passage un int&#233;ressant exemple lorsqu'il d&#233;clare qu'on distingue ais&#233;ment les Zoreils &#171; &#224; la mani&#232;re dont ils parlent de leurs origines : les Zoreils-Zoreils disent qu'ils sont de Carpentras tandis que les Zoreils-R&#233;unionnais disent qu'ils viennent de Carpentras &#187;. On peut bien s&#251;r avaliser ce constat, au demeurant fort subtil. Mais un tel constat ne nous emp&#234;che nullement, dans une conception &#339;cum&#233;nique, de contester le clivage binaire entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	II. L'inacceptation de la distinction discriminatoire entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Je m'interroge : moi qui suis n&#233; en Tunisie le 4 octobre 1941 et habite &#224; La R&#233;union depuis 1967 ne suis-je pas tout simplement un R&#233;unionnais, au m&#234;me titre que Paul Verg&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; Alors, ne suis-je pas un R&#233;unionnais ? &#187;, Le Quotidien de La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le fondateur du Parti communiste r&#233;unionnais (PCR), n&#233; lui aussi &#224; l'&#233;tranger en Tha&#239;lande le 5 mars 1925 et qui, pendant plusieurs d&#233;cennies, a anim&#233; la vie politique locale et propos&#233; &#8212; &#224; la suite de la r&#233;vision constitutionnelle du 28 mars 2003 &#8212; une s&#233;rie de r&#233;formes cr&#233;dibles en droit et n&#233;cessaires en fait pour La R&#233;union&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; Les derni&#232;res propositions du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s au plan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour r&#233;pondre &#224; cette question, je suis convaincu qu'il faut r&#233;cuser le d&#233;part certes original mais discriminatoire entre les Zoreils-Zoreils qui seraient condamnables et les Zoreils-pei qui seraient convenables. Pour d&#233;fendre une conception g&#233;n&#233;reuse et lib&#233;rale dans la &#171; soci&#233;t&#233; arc-en-ciel &#187; qu'incarne La R&#233;union depuis l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage le 20 d&#233;cembre 1848, je reviens &#224; ma premi&#232;re approche en m'appuyant sur la d&#233;finition du R&#233;unionnais &#233;manant d'un R&#233;unionnais de souche en la personne de Jean-Claude Fruteau. Dans une s&#233;rie d'interviews de personnalit&#233;s politiques et syndicales publi&#233;es le 14 mars 2012 dans la presse locale, l'ancien d&#233;put&#233;-maire socialiste de Saint-Beno&#238;t a donn&#233; du R&#233;unionnais une d&#233;finition non alambiqu&#233;e et qui devrait, par suite, &#234;tre admise par toutes les personnes de bonne foi. R&#233;dig&#233;e dans un style laconique, voici cette d&#233;finition que je fais mienne : &#171; Un R&#233;unionnais, c'est quelqu'un qui vit &#224; La R&#233;union, quel que soit son lieu de naissance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. CHASSAGNE, &#171; Pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : et si on finissait par trancher ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour consolider ma religion dans le cadre d'une conception universaliste, je me r&#233;f&#232;re &#233;galement &#224; l'opinion d'une figure d&#233;sormais incontournable de la vie politique locale en la personne de Bernard Grondin qui a &#233;t&#233; &#233;lu chef du Gouvernement de &#171; l'&#201;tat r&#233;unionnais &#187; par une poign&#233;e de militants nationalistes, le 5 novembre 2017. Au cours d'une habile interview r&#233;alis&#233;e par le journaliste David Chassagne, cette personnalit&#233; anticolonialiste et s&#233;cessionniste a en effet d&#233;fini en des termes particuli&#232;rement bien frapp&#233;s ce qui me para&#238;t &#234;tre le v&#233;ritable crit&#232;re de l'authentique R&#233;unionnais et cela, sans avoir &#224; faire une r&#233;f&#233;rence explicite &#224; la cat&#233;gorie sp&#233;cifique des M&#233;tropolitains ou Zoreils :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Pour moi, en tant qu'ind&#233;pendantiste, il y a une d&#233;finition identitaire. Si out papa et out maman l&#233; R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Si seulement un des deux parents est R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Si ou l&#233; n&#233; en France et out parent l&#233; R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Maintenant, si tu viens d'ailleurs et que tu habites La R&#233;union depuis longtemps (ou pas trop longtemps) et que ou vive en R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais aussi. Nou l&#233; pas dans l'exclusion ! Le R&#233;unionnais que l'a arriv&#233; il y a 300 ans ou 200 ans ou moins, si i vive en R&#233;unionnais, l&#233; aussi R&#233;unionnais que mwin &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. CHASSAGNE, &#171; Un jour, La R&#233;union sera ind&#233;pendante &#187;, Le JIR (Dimanche), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En guise d'ultime r&#233;flexion, je reprends &#224; mon compte le beau slogan du regrett&#233; Laurent Verg&#232;s, fils de Paul Verg&#232;s et qui fut &#8212; comme son p&#232;re &#8212; d&#233;put&#233; du PCR. Plus encore, j'adh&#232;re au cri du c&#339;ur de toute personne qui aspire &#224; &#234;tre accueillie et reconnue dignement dans cette belle &#238;le de La R&#233;union, quelle que soit son appartenance ethnique, sa religion, la couleur de sa peau ou son lieu de naissance : &#171; Mi di zot tout : Nou l&#233; pa plis, nou l&#233; pa mwin, respekt a nou ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons ici recours au mot Zoreil. Mais certain utilisent parfois celui de Zoreille au f&#233;minin ou plus rarement encore celui de Zorey. Du terme de Zoreil a d&#233;riv&#233; celui de Zor&#233;ol : un enfant n&#233; d'une union entre un Zoreil et une Cr&#233;ole (ou vice-versa). Il existe plusieurs versions plus ou moins cr&#233;dibles quant &#224; l'origine de ce terme jug&#233; parfois p&#233;joratif pour nommer les habitants de l'Hexagone. Pour certains, le vocable est employ&#233; pour d&#233;signer les M&#233;tropolitains qui, en arrivant &#224; La R&#233;union, devaient tendre l'oreille pour bien comprendre leurs interlocuteurs cr&#233;oles. D'autres &#233;mettent l'hypoth&#232;se selon laquelle, lorsqu'ils posaient le pied sur l'ancienne &#238;le Bourbon, c'&#233;tait pour espionner la population locale en laissant tra&#238;ner leurs oreilles et rendre compte aux autorit&#233;s comp&#233;tentes de Paris. D'autres enfin ont pr&#233;tendu que lorsqu'ils d&#233;barquaient au Port de la Pointe des Galets, leurs oreilles devenaient rouges sous le soleil des tropiques. Dans son Lexique du parler cr&#233;ole de La R&#233;union (Paris, 1974), Robert Chaudenson classe toutefois le mot Zoreil dans la cat&#233;gorie des origines douteuses. Selon certains t&#233;moignages qu'il a pu recenser, ce terme &#233;tait m&#234;me inconnu avant le Premier Conflit mondial.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans un courriel qu'il m'a adress&#233; le lundi 6 d&#233;cembre 2021, Guy Pignolet se d&#233;finit lui-m&#234;me comme &#171; un R&#233;unionnais d'outre-mer, n&#233; en Normandie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; Alors, ne suis-je pas un R&#233;unionnais ? &#187;, Le Quotidien de La R&#233;union, dimanche 10 d&#233;cembre 2017, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; Les derni&#232;res propositions du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s au plan institutionnel &#187;, RRJDP, 2017, n&#176; 3, p. 1117-1153&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. CHASSAGNE, &#171; Pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : et si on finissait par trancher ? &#187;, Le Journal de l'&#238;le de La R&#233;union, mercredi 14 mars 2012, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. CHASSAGNE, &#171; Un jour, La R&#233;union sera ind&#233;pendante &#187;, Le JIR (Dimanche), dimanche 26 novembre 2017, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Radioscopie critique de la loi de d&#233;partementalisation du 19 mars 1946</title>
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		<dc:date>2022-10-28T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au cours de son histoire qui commence avec sa prise de possession au nom du roi de France en 1642 et sa colonisation effective par le peuplement de son territoire en 1663, on entend souvent dire que La R&#233;union aurait d&#233;j&#224; connu deux bouleversements : celui de la libert&#233; avec l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage le 20 d&#233;cembre 1848 et celui de l'&#233;galit&#233; avec l'abolition du r&#233;gime colonial le 19 mars 1946. &lt;br class='autobr' /&gt; En v&#233;rit&#233;, si la premi&#232;re date ne soul&#232;ve pas d'objection, la seconde interpelle. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/andre_oraison-56a79.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours de son histoire qui commence avec sa prise de possession au nom du roi de France en 1642 et sa colonisation effective par le peuplement de son territoire en 1663, on entend souvent dire que La R&#233;union aurait d&#233;j&#224; connu deux bouleversements : celui de la libert&#233; avec l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage le 20 d&#233;cembre 1848 et celui de l'&#233;galit&#233; avec l'abolition du r&#233;gime colonial le 19 mars 1946.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, si la premi&#232;re date ne soul&#232;ve pas d'objection, la seconde interpelle. Notre th&#232;se vise &#224; d&#233;montrer que ce n'est pas le statut d&#233;partemental &#233;tabli uniquement au plan organisationnel et administratif par la loi du 19 mars 1946 qui est le crit&#232;re, en droit, de l'&#233;mancipation de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union (connues collectivement sous le nom des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;), mais le principe d'identit&#233; l&#233;gislative qui leur est reconnu applicable par la Constitution du 27 octobre 1946. Il s'agit-l&#224; d'un principe fondamental sans lequel leur d&#233;partementalisation n'aurait &#233;t&#233; ni une v&#233;ritable assimilation &#224; la Nation fran&#231;aise, ni une authentique d&#233;colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de d&#233;partementalisation a &#233;t&#233; revendiqu&#233; en 1945 par cinq &#233;lus ultramarins progressistes &#8211; Gaston Monnerville, d&#233;put&#233; radical-socialiste de la Guyane ; L&#233;opold Bissol et Aim&#233; C&#233;saire, d&#233;put&#233;s communistes de la Martinique ; L&#233;on de L&#233;pervanche et Raymond Verg&#232;s, d&#233;put&#233;s communistes de La R&#233;union &#8211; avant d'&#234;tre adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233;, mais de fa&#231;on &#233;dulcor&#233;e, par la premi&#232;re Assembl&#233;e nationale constituante dans la loi du 19 mars 1946. Cependant, le mot d'ordre d'assimilation qui triomphe au cours de l'ann&#233;e 1946 avec le concept de &#171; &lt;i&gt;d&#233;partementalisation-d&#233;colonisation&lt;/i&gt; &#187; ne r&#233;sulte pas d'une illumination qui aurait jailli apr&#232;s la Lib&#233;ration. Dans son rapport r&#233;dig&#233; le 26 f&#233;vrier 1946 au nom de la commission des Territoires d'outre-mer, le d&#233;put&#233;-maire de Fort-de-France, Aim&#233; C&#233;saire, souligne que l'assimilation invoqu&#233;e n'est nullement une &#171; &lt;i&gt;improvisation&lt;/i&gt; &#187; mais bien au contraire &#171; &lt;i&gt;l'aboutissement normal d'un processus historique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, cette probl&#233;matique se pose depuis que des d&#233;crets de la R&#233;volution fran&#231;aise ont divis&#233;, d&#232;s 1790, le territoire m&#233;tropolitain en d&#233;partements. &#201;manant de repr&#233;sentants ultramarins, des dol&#233;ances ont aussit&#244;t &#233;t&#233; formul&#233;es afin d'&#233;riger &#233;galement en d&#233;partements les plus anciennes colonies. En r&#233;ponse, la Constitution de la I&#232;re R&#233;publique du 22 ao&#251;t 1795 avait pr&#233;vu pour tous les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments du premier Empire colonial fran&#231;ais une assimilation &#224; la France hexagonale, avec l'instauration du statut d&#233;partemental. Jug&#233; &#233;galitariste, ce statut appara&#238;t comme la suite logique de l'abolition de l'esclavage prononc&#233;e dans les colonies par le d&#233;cret de la Convention du 4 f&#233;vrier 1794. Dans son article 7, la Constitution thermidorienne dispose que ces territoires p&#233;riph&#233;riques sont &#171; &lt;i&gt;divis&#233;s en d&#233;partements&lt;/i&gt; &#187;, dont ceux des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi 1er juillet 1798 compl&#232;te judicieusement cette Constitution en posant, dans son article 28, le principe logique d'une assimilation des territoires ultramarins au plan l&#233;gislatif. Mais cette r&#233;forme est abandonn&#233;e par la Constitution du 13 d&#233;cembre 1799 qui r&#233;introduit, sous le Consulat, le principe de la sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative dans toutes les colonies et cela, avant m&#234;me l'ignominieux r&#233;tablissement de l'esclavage par Bonaparte, en application de la loi du 20 mai 1802. Quant au statut d&#233;partemental, il est de nouveau r&#233;serv&#233; aux seuls territoires de la France m&#233;tropolitaine. Compl&#233;t&#233; par le principe d'identit&#233; normative, le statut de d&#233;partement ne reprendra vie outre-mer qu'avec l'adoption de la Constitution du 27 octobre 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, la r&#233;forme en faveur de la d&#233;partementalisation fut reprise &#224; l'Assembl&#233;e constituante charg&#233;e d'adopter, en 1848, une nouvelle Constitution. Lors de ses d&#233;bats, Victor Sch&#339;lcher avait vainement soumis un amendement visant &#224; transformer les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; en d&#233;partements. &#192; la veille de l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage dans toutes les colonies, une abolition d&#233;cid&#233;e par le Gouvernement provisoire de la IIe R&#233;publique en vertu du d&#233;cret du 27 avril 1848 et qu'il devait, pour sa part, rendre applicable &#224; La R&#233;union le 20 d&#233;cembre 1848, Joseph Sarda-Garriga, commissaire g&#233;n&#233;ral de la R&#233;publique, avait proph&#233;tis&#233; cette &#233;volution le 17 octobre 1848 : &#171; &lt;i&gt;Quand cette terre si &#233;minemment fran&#231;aise ne portera plus d'esclaves, elle formera, j'en ai l'assurance, dans la grande unit&#233; nationale, un d&#233;partement d'Outre-mer gouvern&#233; par les lois g&#233;n&#233;rales de la M&#233;tropole&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif visant &#224; &#233;riger les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; en d&#233;partements sur le mod&#232;le des d&#233;partements m&#233;tropolitains est repris sous la IIIe R&#233;publique par les Ultramarins qui r&#233;clament l'application de plein droit des lois nationales sur leurs territoires. De fait, plusieurs lois r&#233;publicaines accordent aux citoyens des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; des droits identiques &#224; ceux de la M&#233;tropole : c'est le cas des lois sur la libert&#233; de la presse et la libert&#233; de r&#233;union en 1881, sur la libert&#233; d'association en 1901 ou encore sur les libert&#233;s syndicales qui prennent corps entre 1884 et 1919. Une assimilation implicite &#224; la France europ&#233;enne &#233;tait ainsi engag&#233;e dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; en vue de les soustraire progressivement &#224; la discrimination coloniale. Le r&#233;sultat de cette &#233;volution est tel que l'architecture de ces colonies est plus proche en 1945 de celle des d&#233;partements hexagonaux que de celle des autres territoires d'outre-mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte &#233;volutif, on peut alors parfaitement comprendre les dol&#233;ances des Ultramarins qui surgissent sous la IIIe R&#233;publique pour converger sur le mot d'ordre d'assimilation. Cette exigence des &#233;lus d'outre-mer prendra une tournure d&#233;cisive en 1945, &#224; l'initiative des forces populaires locales, essentiellement communistes. Elle s'&#233;tait, entre temps, acc&#233;l&#233;r&#233;e dans les &#171; quatre vieilles &#187; pendant le Second Conflit mondial pour des raisons &#233;conomiques et sociales. Impliquant l'&#233;galit&#233; de droits avec les M&#233;tropolitains, le statut d&#233;partemental appara&#238;t alors comme le rem&#232;de miracle &#224; tous les maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si la d&#233;colonisation de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union par le biais de la d&#233;partementalisation a bien &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e, elle ne l'a pas &#233;t&#233; d'un seul coup mais en deux &#233;tapes : la premi&#232;re par la voie l&#233;gislative (I), la seconde par la voie constitutionnelle (II).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. La premi&#232;re &#233;tape est celle d'une d&#233;colonisation partielle de La R&#233;union par la voie l&#233;gislative avec le vote de la loi du 19 mars 1946 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1945, la d&#233;partementalisation est l'objectif num&#233;ro un des &#233;lus des &#171; quatre vieilles &#187;. En ce sens, un proc&#232;s-verbal peut &#234;tre dress&#233; &#224; La R&#233;union &#224; la suite d'&#233;lections remport&#233;es par le Comit&#233; r&#233;publicain d'action d&#233;mocratique et sociale (CRADS). Constitu&#233; d&#232;s le 11 mars 1945 &#224; l'initiative du docteur Raymond Verg&#232;s sous la banni&#232;re d'un bin&#244;me impliquant une d&#233;colonisation atypique de La R&#233;union par l'instauration du statut d&#233;partemental et une &#233;galit&#233; de droits entre R&#233;unionnais et M&#233;tropolitains, notamment au plan social, le CRADS remporte les deux si&#232;ges de d&#233;put&#233;s aux &#233;lections l&#233;gislatives du 21 octobre 1945 qui reviennent &#224; L&#233;on de L&#233;pervanche et &#224; Raymond Verg&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 12 f&#233;vrier 1946, ces d&#233;put&#233;s d&#233;posent une proposition de loi visant &#224; &#233;riger La R&#233;union en d&#233;partement fran&#231;ais avant de participer, les 12 et 14 mars suivants, &#224; un vote unanime de l'Assembl&#233;e nationale constituante. C'est dans ce contexte qu'a &#233;t&#233; adopt&#233;e la loi du 19 mars 1946 qui met fin &#8211; d'apr&#232;s la version officielle &#8211; au r&#233;gime colonial 283 ans apr&#232;s le peuplement effectif de La R&#233;union en 1663 et 98 ans apr&#232;s l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage en 1848. N&#233;anmoins, sans vouloir jouer les &#233;teignoirs, les f&#226;cheux, les g&#234;neurs, les importuns, les pisse-vinaigre, les rabat-joie ou les trouble-f&#234;te, on peut s'interroger avec le professeur Emmanuel Jos au sujet de la loi du 19 mars 1946, un texte l&#233;gislatif qui &#171; &lt;i&gt;fait partie de ces textes souvent &#233;voqu&#233;s mais en r&#233;alit&#233; mal connus&lt;/i&gt; &#187;. Peut-on s&#233;rieusement l'assimiler &#224; une victoire en mati&#232;re de d&#233;colonisation pour les habitants des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; ? Rien n'est moins s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, nous devons insister sur un point non n&#233;gligeable. La loi du 19 mars 1946 ne r&#233;sulte pas d'un projet gouvernemental mais de propositions de loi &#233;manant de parlementaires ultramarins, r&#233;guli&#232;rement &#233;lus. &#192; l'origine, ce sont trois propositions de loi qui sont d&#233;pos&#233;es &#224; l'Assembl&#233;e nationale constituante. Dat&#233;e du 17 janvier 1946 et pr&#233;sent&#233;e par Aim&#233; C&#233;saire et L&#233;opold Bissol, la premi&#232;re qui tend au classement comme d&#233;partements fran&#231;ais de la Guadeloupe et de la Martinique est enregistr&#233;e sous le num&#233;ro 295. Il faut noter que les d&#233;put&#233;s socialistes de la Guadeloupe &#8211; Eug&#233;nie &#201;bou&#233;-Tell et Paul Valentino &#8211; ne se sont pas associ&#233;s &#224; cette revendication. Le 12 f&#233;vrier 1946, deux autres propositions de loi sont d&#233;pos&#233;es. D'abord, celle qui est soutenue par Gaston Monnerville et vise au classement comme d&#233;partement de la Guyane fran&#231;aise est enregistr&#233;e sous le num&#233;ro 409.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, celle qui &#233;mane de L&#233;on de L&#233;pervanche et de Raymond Verg&#232;s et a trait au classement comme d&#233;partement de La R&#233;union est enregistr&#233;e sous le num&#233;ro 412. L'examen de ces propositions de loi par la commission des Territoires d'outre-mer dont le rapporteur est Aim&#233; C&#233;saire, d&#233;bute le 26 f&#233;vrier 1946. Ses travaux d&#233;bouchent sur une synth&#232;se des trois initiatives parlementaires qui conduit &#224; une proposition de loi unique accompagn&#233;e d'un nouveau rapport r&#233;dig&#233; par Aim&#233; C&#233;saire et aussit&#244;t remis aux minist&#232;res des Finances, de l'Int&#233;rieur et de l'Outre-mer. &#192; la suite des critiques &#233;manant de ces trois minist&#232;res, la commission des Territoires d'outre-mer se r&#233;unit de nouveau le 6 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette commission &#233;labore un ultime rapport qui &#233;lude la plupart des objections ou r&#233;serves des deux ministres socialistes : Marius Moutet, ministre de l'Outre-mer, et Andr&#233; Philip, ministre de l'&#201;conomie et des Finances. &#192; ces objections, il convient d'ajouter les amendements &#224; la proposition de loi unique qui ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s par Paul Valentino. Contrairement &#224; ses coll&#232;gues qu'il qualifie de &#171; &lt;i&gt;jacobins&lt;/i&gt; &#187;, le d&#233;put&#233; &#171; &lt;i&gt;girondin&lt;/i&gt; &#187; de la Guadeloupe plaide contre &#171; &lt;i&gt;une assimilation administrative&lt;/i&gt; &#187; des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; &#224; la R&#233;publique et en faveur d'un renforcement des comp&#233;tences de leurs conseils g&#233;n&#233;raux. R&#233;dig&#233; par Aim&#233; C&#233;saire, le rapport d&#233;finitif est adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; le 8 mars 1946 par la commission des Territoires d'outre-mer afin de justifier une proposition de loi unique comprenant trois articles dont l'article 3, tr&#232;s important, est ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s la promulgation de la pr&#233;sente loi, toutes les lois et tous les d&#233;crets applicables dans la m&#233;tropole seront automatiquement appliqu&#233;s dans ces nouveaux d&#233;partements, sauf dispositions contraires ins&#233;r&#233;es dans leur texte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article 3, le principe de l'assimilation de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union aux d&#233;partements m&#233;tropolitains est clairement consacr&#233; avec le principe corr&#233;latif de l'identit&#233; normative. Cet article consid&#232;re en effet que les d&#233;rogations &#224; la loi nationale ne peuvent &#234;tre que des exceptions. La proposition de loi unique pr&#233;sent&#233;e par Aim&#233; C&#233;saire &#224; la premi&#232;re Assembl&#233;e nationale constituante doit donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une vraie proposition de loi de d&#233;colonisation des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; : il en est ainsi dans la mesure o&#249; cette proposition de loi est en eurythmie avec les dol&#233;ances de la majorit&#233; des parlementaires ultramarins &#233;lus le 21 octobre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais par la suite, la situation va &#233;voluer dans un sens pr&#233;judiciable aux int&#233;r&#234;ts des &#171; quatre vieilles &#187;. La proposition de loi unique a en effet &#233;t&#233; contest&#233;e par le Gouvernement lors des d&#233;bats &#224; l'Assembl&#233;e nationale constituante, r&#233;unie en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re les 12 et 14 mars 1946, avant de devenir la fameuse loi du 19 mars 1946. Elle a subi des modifications qui nous emp&#234;chent de consid&#233;rer la loi du 19 mars 1946 comme une v&#233;ritable loi d'assimilation des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; &#224; la Nation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; ce sujet, on peut et on doit s'interroger : de quelle assimilation s'agit-il exactement avec le vote de ce texte l&#233;gislatif ? Par souci de clarification, il importe d'&#233;tablir le d&#233;part entre l'assimilation organisationnelle qui est spontan&#233;ment accord&#233;e aux Guadeloup&#233;ens, aux Guyanais, aux Martiniquais et aux R&#233;unionnais avec le statut d&#233;partemental, envisag&#233; stricto sensu &#224; la date du 19 mars 1946 (A), et leur assimilation juridique, pourtant rationnelle, qui leur est refus&#233;e en mati&#232;re l&#233;gislative (B).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	A) Le principe d'assimilation des &#171; quatre vieilles &#187; admis, d'embl&#233;e, au plan organisationnel et administratif &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;nonc&#233; dans l'article 1er de la proposition de loi du 8 mars 1946, le classement des &#171; quatre vieilles &#187; en d&#233;partements n'a soulev&#233; aucune objection de la part du Gouvernement et du Parlement. Cette attitude consensuelle des autorit&#233;s centrales n'est cependant pas surprenante. Comme le souligne Aim&#233; C&#233;saire &#224; l'Assembl&#233;e nationale constituante, lors de la s&#233;ance du 12 mars 1946, ces colonies sont d&#233;j&#224; des &#171; &lt;i&gt;territoires &#224; peu pr&#232;s assimil&#233;s &#224; la m&#233;tropole du point de vue administratif et politique&lt;/i&gt; &#187;. Depuis longtemps, elles sont consid&#233;r&#233;es comme des &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de fait&lt;/i&gt; &#187;, au moins au plan structurel. Par suite, leurs repr&#233;sentants &#233;lus ont tout simplement souhait&#233; &#224; l'Assembl&#233; nationale constituante que ces quatre &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de fait&lt;/i&gt; &#187; deviennent aussit&#244;t des &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de droit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi du 19 mars 1946 a consacr&#233; une nouvelle architecture pour les &#171; quatre vieilles &#187; en vertu de son article 1er, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les colonies de la Guadeloupe, de la Martinique, de la R&#233;union et la Guyane fran&#231;aise sont &#233;rig&#233;es en d&#233;partements fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;. Cependant, seul l'article 1er qui consacre leur assimilation au plan administratif &#8211; un acte sans conteste fondateur de la d&#233;partementalisation &#8211; demeure en vigueur. Les deux autres articles de la loi sont devenus caducs : l'article 2 qui avait un caract&#232;re transitoire d&#232;s le 1er avril 1948, et l'article 3 d&#232;s le 24 d&#233;cembre 1946 qui est la date d'application de la Constitution de la IVe R&#233;publique. &#192; ce sujet, notre coll&#232;gue Olivier Dup&#233;r&#233; donne son sentiment : &#171; &lt;i&gt;C&#233;l&#233;brer l'anniversaire de l'adoption de la loi du 19 mars 1946 implique de comm&#233;morer le seul principe pos&#233; par son article 1er&lt;/i&gt; &#187;. Autant dire que l'apport de cette loi est plut&#244;t modeste : son seul m&#233;rite a &#233;t&#233; de convertir en &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de droit&lt;/i&gt; &#187; des &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de fait&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	B) Le principe d'assimilation des &#171; quatre vieilles &#187; cat&#233;goriquement refus&#233; au plan l&#233;gislatif et r&#233;glementaire &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que penser alors des articles 2 et 3 qui compl&#232;tent la loi du 19 mars 1946, une loi que nous qualifions d&#233;sormais de pusillanime ? Si, dans son article 1er, l'alignement de l'organisation administrative des &#171; quatre vieilles &#187; sur celle des d&#233;partements de la France hexagonale ne pose absolument aucun probl&#232;me, il en va autrement pour le r&#233;gime l&#233;gislatif et r&#232;glementaire des quatre nouveaux d&#233;partements p&#233;riph&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 2 de la loi du 19 mars 1946 est ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; &lt;i&gt; Les lois et d&#233;crets actuellement en vigueur dans la France m&#233;tropolitaine et qui ne sont pas encore appliqu&#233;s &#224; ces colonies feront, avant le 1er janvier 1947, l'objet de d&#233;crets d'application &#224; ces nouveaux d&#233;partements &lt;/i&gt; &#187;. Cet article 2 &#233;carte d&#233;j&#224; le principe d'une application &#171; &lt;i&gt;de plein droit&lt;/i&gt; &#187; des lois et d&#233;crets en vigueur dans les d&#233;partements m&#233;tropolitains : s'il pr&#233;voit l'extension de la l&#233;gislation et de la r&#233;glementation existantes dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles &lt;/i&gt; &#187;, c'est au cas par cas. Autant dire qu'il proroge le principe traditionnel de sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative en subordonnant la l&#233;gislation et la r&#232;glementation ultramarines &#224; des d&#233;crets d'application, des d&#233;crets qui tarderont souvent &#224; venir. Comme le souhaitait le ministre de l'Outre-mer, Marius Moutet, l'article 2 de la loi con&#231;oit en effet une comp&#233;tence provisoire du Gouvernement qui est seul habilit&#233; &#224; agir par voie de d&#233;crets en mati&#232;re d'assimilation normative et ce, jusqu'&#224; une date butoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette date butoir avait &#233;t&#233; fix&#233;e par la commission des Territoires d'outre-mer &#224; trois mois pour les lois sociales, &#224; compter de l'entr&#233;e en vigueur de la loi de d&#233;partementalisation. Mais ce d&#233;lai initial ayant &#233;t&#233; jug&#233; trop court par Marius Moutet, la date limite pr&#233;vue &#224; l'article 2 de la loi a &#233;t&#233; report&#233;e au 1er janvier 1947. Encore faut-il noter que ce d&#233;lai initial, issu de l'article 2 de la loi du 19 mars 1946, n'a pas &#233;t&#233; respect&#233;. Saisi par le Gouvernement, le Parlement l'a prolong&#233; &#224; trois reprises. D'abord, la loi de finances du 23 d&#233;cembre 1946 proroge de six mois le d&#233;lai d'application fix&#233; par cet article 2 et porte sa date butoir au 1er juillet 1947. Puis, une loi du 26 juillet 1947 repousse cette date limite au 31 d&#233;cembre 1947. Enfin, la loi de finances du 6 janvier 1948 fixe l'expiration du d&#233;lai au 31 mars 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'article 3 de la proposition de loi qui est l'article principal, il a lui aussi &#233;t&#233; profond&#233;ment remani&#233; afin de restreindre les effets de la d&#233;partementalisation dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;, toujours pour des raisons comptables et financi&#232;res. Dans la loi du 19 mars 1946, l'article 3 est ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s la promulgation de la pr&#233;sente loi, les lois nouvelles applicables &#224; la m&#233;tropole le seront dans ces d&#233;partements, sur mention expresse ins&#233;r&#233;e aux textes&lt;/i&gt; &#187;. Dans cet article 3, tout est question de vocabulaire, m&#234;me si ce vocabulaire ne porte que sur un seul mot. Signifiant &#171; &lt;i&gt;&#224; l'exception de&lt;/i&gt; &#187;, la pr&#233;position &#171; &lt;i&gt;sauf&lt;/i&gt; &#187; qui figurait dans la proposition de loi unique adopt&#233;e par la commission des Territoires d'outre-mer a en effet &#233;t&#233; remplac&#233;e, dans la loi du 19 mars 1946, par la pr&#233;position &#171; &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; &#187;, &#224; la demande insistante de l'influent ministre socialiste de l'Outre-mer. Avec cette permutation d'une pr&#233;position par une autre qui a &#233;t&#233; personnellement impos&#233;e par Marius Moutet, on n'est nullement en pr&#233;sence d'une bagatelle, d'une simple broutille, peccadille ou v&#233;tille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre les deux r&#233;dactions est tout simplement abyssale, d&#232;s lors que la volont&#233; &#233;galitariste exig&#233;e par le rapporteur Aim&#233; C&#233;saire et la plupart des d&#233;put&#233;s ultramarins n'est pas prise en compte. Ainsi con&#231;u, l'article 3 de la loi du 19 mars 1946 signifie que les lois nouvelles adopt&#233;es pour prendre effet en M&#233;tropole n'ont nullement vocation &#224; &#234;tre appliqu&#233;es aussit&#244;t, imm&#233;diatement, sans d&#233;lai, sur-le-champ ou &#171; &lt;i&gt;de plein droit &lt;/i&gt; &#187; dans les d&#233;partements ultramarins. Ces lois ne peuvent y &#234;tre appliqu&#233;es qu'au cas par cas, apr&#232;s un examen approfondi et toujours &#171; &lt;i&gt;sur mention expresse ins&#233;r&#233;e aux textes&lt;/i&gt; &#187;. Compte tenu de la r&#233;daction de l'article 3, il est flagrant qu'&#224; la date du 19 mars 1946, le droit commun demeure l'exception au plan l&#233;gislatif dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; et le droit d&#233;rogatoire le principe ! D&#232;s lors, comment ne pas relever avec notre coll&#232;gue Fran&#231;ois Miclo que cette disposition &#8211; sugg&#233;r&#233;e par la commission de l'Int&#233;rieur et soutenue par l'ubiquiste ministre de l'Outre-mer &#8211; est pour le moins d&#233;concertante, &#171; &lt;i&gt;d&#232;s lors qu'elle maintient en vigueur le principe de sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative, contrairement au souhait des auteurs de la proposition de loi &lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'article 3 de la loi du 19 mars 1946 confirme l'article 1er qui conf&#232;re le titre de d&#233;partement &#224; la Guadeloupe, &#224; la Guyane, &#224; la Martinique et &#224; La R&#233;union. Mais par sa r&#233;daction qui appara&#238;t dans un sens tr&#232;s restrictif in fine, cet article 3 n'en fait en aucune fa&#231;on des &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements &#224; part enti&#232;re&lt;/i&gt; &#187; mais &#171; &lt;i&gt;des d&#233;partements enti&#232;rement &#224; part&lt;/i&gt; &#187;, ou plus pr&#233;cis&#233;ment encore, selon l'expression plus juste d'Aim&#233; C&#233;saire, &#171; &lt;i&gt;des d&#233;partements d'exception&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s lors qu'elle ne consacre pas le principe de l'identit&#233; pour la l&#233;gislation future, la r&#233;forme mise en &#339;uvre dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; par la loi du 19 mars 1946 demeure encore inachev&#233;e ou h&#233;mipl&#233;gique &#8211; pour ne pas dire purement platonique &#8211; &#224; la date pourtant jug&#233;e charni&#232;re et symbolique du 19 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233;e n&#233;anmoins &#224; une &#233;trange unanimit&#233;, la m&#233;tamorphose juridique de l'article 3 de la proposition de loi unique fait suite &#224; une intervention du repr&#233;sentant du ministre des Finances qui n'h&#233;sitait pas &#224; d&#233;clarer, le 8 mars 1946, que cet article est &#171; &lt;i&gt;dangereux&lt;/i&gt; &#187; et devrait &#234;tre &#171; &lt;i&gt;supprim&#233;&lt;/i&gt; &#187; ! Pour le minist&#232;re des Finances, attach&#233; au principe de l'&#233;quilibre budg&#233;taire, les mesures pr&#233;vues dans l'article 3 de la proposition de loi &#233;taient de nature &#224; entra&#238;ner &#171; &lt;i&gt;un surcro&#238;t de d&#233;penses pour le budget m&#233;tropolitain&lt;/i&gt; &#187;. L'objection avanc&#233;e est qu'une telle r&#233;forme pourrait &#234;tre un gouffre financier pour la France de l'apr&#232;s-guerre, alors engag&#233;e dans une voie jug&#233;e prioritaire qui est celle de la reconstruction du pays. &#192; la commission des Territoires d'outre-mer, Aim&#233; C&#233;saire avait r&#233;torqu&#233;, d&#232;s le 8 mars 1946 que l'argument comptable avanc&#233; par le minist&#232;re des Finances &#233;tait &#171; &lt;i&gt;un argument colonialiste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les quatre d&#233;partements ultramarins sont effectivement assimil&#233;s aux d&#233;partements de la France m&#233;tropolitaine, au plan organisationnel et administratif &#224; la date du 19 mars 1946, force est d'admettre qu'ils conservent encore &#224; cette date, au plan l&#233;gislatif, un statut de type colonial qui, par d&#233;finition, est discriminatoire. Dans sa th&#232;se doctorale, Fran&#231;ois Miclo se demande m&#234;me si les parlementaires ultramarins n'ont pas &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;dup&#233;s, d&#232;s lors qu'ils acceptent un texte pratiquement inverse de celui qu'ils proposaient pour l'article 3&lt;/i&gt; &#187;. Notre coll&#232;gue donne &#224; ce sujet une explication plausible : &#171; &lt;i&gt; Le Ministre de la France d'Outre-mer fit valoir que ce r&#233;gime l&#233;gislatif serait transitoire en attendant une &#233;tude plus approfondie du r&#233;gime le mieux adapt&#233;. Il semble que cet argument ait emport&#233; l'adh&#233;sion, &#224; contrec&#339;ur, des d&#233;put&#233;s des vieilles colonies soucieux de voir la loi adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Rousse s'est lui aussi interrog&#233; sur l'attitude contradictoire des &#233;lus ultramarins : &#171; &lt;i&gt;On peut raisonnablement se poser la question de savoir pourquoi les initiateurs de la loi du 19 mars 1946 ne se sont pas battus pour protester contre la mutilation d'un texte qui r&#233;pondait aux aspirations des populations de leur pays &lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;ponse, l'historien de La R&#233;union avance son propre &#233;clairage : &#171; &lt;i&gt; Il est permis de penser qu'ils ont estim&#233; que le changement de statut des vieilles colonies pr&#233;vu &#224; l'article 1er de la loi constituait &#224; lui seul un pr&#233;cieux acquis obtenu &#224; un moment o&#249; l'Assembl&#233;e avait &#224; r&#233;gler d'innombrables probl&#232;mes et qu'en cons&#233;quence, il n'y avait pas lieu de prendre le risque de provoquer un ajournement &#224; une date ind&#233;termin&#233;e de l'examen de leur proposition de loi &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse est cr&#233;dible. Certes, en vertu de l'article 4 de la Loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 portant sur l'organisation provisoire des pouvoirs publics, l'Assembl&#233;e nationale constituante dispose du pouvoir l&#233;gislatif et a comp&#233;tence pour voter des lois ordinaires. Cependant, elle est essentiellement charg&#233;e d'&#233;laborer une nouvelle Constitution. Or, cet objectif devait &#234;tre atteint &#171; &lt;i&gt;au plus tard, sept mois apr&#232;s la premi&#232;re r&#233;union de l'Assembl&#233;e&lt;/i&gt; &#187; (article 6). Dans ce contexte qui est manifestement celui de l'urgence, les d&#233;put&#233;s ultramarins pouvaient donc craindre que la loi de d&#233;partementalisation ne puisse &#234;tre adopt&#233;e avant que les membres de l'Assembl&#233;e nationale constituante ne se s&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi du 19 mars 1946 n'est absolument pas une loi d'assimilation car elle ne consacre pas le principe cardinal d'identit&#233; pour la l&#233;gislation future qui est pourtant la cons&#233;quence d'une r&#233;elle d&#233;partementalisation. Dans son article 3, la loi maintient un principe situ&#233; aux antipodes de la d&#233;colonisation : celui de la sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative qui est en fait l'h&#233;ritage d'une tr&#232;s longue p&#233;riode coloniale discriminatoire, remontant &#224; l'Ancien R&#233;gime. Ainsi, le triomphe affich&#233; par les thurif&#233;raires inconditionnels de la loi du 19 mars 1946 doit &#234;tre temp&#233;r&#233; sur un point qui n'est nullement anodin. En r&#233;sum&#233;, cette loi est une loi amphibologique, une loi ambigu&#235; ou &#233;quivoque qui, d'un c&#244;t&#233;, &#233;rige chacune des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; au rang de d&#233;partement mais qui, de l'autre, maintient en vigueur un r&#233;gime de type colonial, d&#232;s lors que les lois futures n'y sont pas applicables &#171; &lt;i&gt;de plein droit&lt;/i&gt; &#187;. Comme les trois d&#233;partements fran&#231;ais d'Am&#233;rique, le premier d&#233;partement fran&#231;ais du bassin sud-ouest de l'oc&#233;an Indien est, &#224; la date cibl&#233;e du 19 mars 1946, un &#171; &lt;i&gt;d&#233;partement sans effet concret&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. La seconde &#233;tape est celle d'une authentique d&#233;colonisation de La R&#233;union par la voie constitutionnelle &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par le r&#233;f&#233;rendum du 5 mai 1946, le peuple fran&#231;ais a rejet&#233; la proposition de loi constitutionnelle &#233;labor&#233;e le 19 avril 1946 par la premi&#232;re Assembl&#233;e nationale constituante, une proposition qui &#8211; un mois apr&#232;s le vote de la loi du 19 mars 1946 &#8211; s'&#233;tait prononc&#233;e, de mani&#232;re inattendue, dans son article 66, en faveur du principe d'identit&#233; l&#233;gislative dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;, &#224; l'initiative de la commission de la Constitution. Le r&#233;f&#233;rendum n&#233;gatif a conduit, le 2 juin 1946, &#224; l'&#233;lection d'une seconde Assembl&#233;e nationale constituante dont la mission vise toujours &#224; &#233;laborer une Constitution qui sera adopt&#233;e le 27 octobre 1946. C'est dire, avec notre coll&#232;gue Fran&#231;ois Miclo, que l'assimilation en droit des &#171; quatre vieilles &#187; incombe &#171; &lt;i&gt;autant, sinon plus&lt;/i&gt; &#187;, &#224; la Constitution du 27 octobre 1946 qu'&#224; la loi du 19 mars 1946 dans la mesure o&#249; les d&#233;put&#233;s ultramarins qui n'ont pu obtenir une &#171; totale satisfaction au plan l&#233;gislatif &#187; vont, quelques mois plus tard, &#171; &lt;i&gt;l'emporter au niveau constitutionnel&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fendue par les d&#233;put&#233;s des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;, la tendance assimilationniste s'est en effet impos&#233;e, d&#232;s lors que l'article 3 de la loi du 19 mars 1946 a &#233;t&#233; de facto abrog&#233; par l'article 73 de la Constitution de la IVe R&#233;publique ratifi&#233;e par le peuple fran&#231;ais, lors du r&#233;f&#233;rendum du 13 octobre 1946. C'est bien ce salutaire article 73 qui a enfin introduit le principe d'identit&#233; l&#233;gislative dans les d&#233;partements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union en les qualifiant, au passage, de &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements d'outre-mer&lt;/i&gt; &#187; (DOM) par opposition &#224; la cat&#233;gorie des &#171; &lt;i&gt;territoires d'outre-mer&lt;/i&gt; &#187; (TOM), des collectivit&#233;s territoriales dot&#233;es de statuts particuliers, r&#233;gies par son article 74 et soumises au principe contraire de la sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative, les lois nationales n'y &#233;tant applicables que sur mention expresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de satisfaire les dol&#233;ances assimilationnistes des d&#233;put&#233;s ultramarins, le principe g&#233;n&#233;ral d'identit&#233; est en effet expos&#233; dans l'article 73 de la Constitution du 27 octobre 1946 en des termes &#224; la fois concis, explicites et imp&#233;ratifs. Les voici : &#171; &lt;i&gt;Le r&#233;gime l&#233;gislatif des d&#233;partements d'outre-mer est le m&#234;me que celui des d&#233;partements m&#233;tropolitains, sauf exceptions d&#233;termin&#233;es par la loi&lt;/i&gt; &#187;. En vertu de cette disposition, il est d&#233;sormais clairement acquis que le droit commun tant convoit&#233; au plan l&#233;gislatif devient enfin le principe dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; et le droit d&#233;rogatoire l'exception ! Le Parlement peut toujours exclure un ou plusieurs DOM du champ d'application d'une loi nationale pour une raison particuli&#232;re. Il en a le droit. Mais dans ce cas de figure, il doit l'indiquer et le justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien avec la Constitution de la IVe R&#233;publique qu'est r&#233;alis&#233;e, en droit, la d&#233;colonisation des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;. Cependant, le principe d'identit&#233; l&#233;gislative qui s'applique dans les d&#233;partements m&#233;tropolitains ne pourra l'&#234;tre dans les quatre d&#233;partements p&#233;riph&#233;riques qu'&#224; la date du 24 d&#233;cembre 1946, conform&#233;ment &#224; l'article 98 de la Constitution du 27 octobre 1946 qui fait co&#239;ncider son entr&#233;e en vigueur avec le jour de la premi&#232;re r&#233;union du Conseil de la R&#233;publique. Dans un avis du 29 avril 1947, le Conseil d'&#201;tat confirme que c'est bien l'application de l'article 73 de la Constitution du 27 octobre 1946 qui a entra&#238;n&#233; l'abrogation tacite de l'article 3 de la loi du 19 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir not&#233; &#171; &lt;i&gt;qu'il r&#233;sulte des termes de cet article 73 que les Constituants ont entendu assimiler les d&#233;partements d'outre-mer aux d&#233;partements m&#233;tropolitains &lt;/i&gt; &#187;, la juridiction du Palais-Royal d&#233;clare &#171; &lt;i&gt;que contrairement aux prescriptions de l'article 3 de la loi du 19 mars 1946 qui cesse de recevoir application depuis la date d'entr&#233;e en vigueur de la Constitution, les dispositions l&#233;gislatives adopt&#233;es par le Parlement depuis cette derni&#232;re date sont applicables de plein droit aux d&#233;partements d'outre-mer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil d'&#201;tat a encore tenu &#224; apporter une pr&#233;cision confirmative qui est la suivante : &#171; &lt;i&gt;Les lois vot&#233;es entre la promulgation de la loi du 19 mars 1946 et l'entr&#233;e en vigueur de la Constitution ne sont applicables aux d&#233;partements pr&#233;cit&#233;s que si une mention expresse a &#233;t&#233; ins&#233;r&#233;e dans chaque loi &lt;/i&gt; &#187;. C'est dire que pendant la p&#233;riode qui est comprise entre le 21 mars 1946 (date d'application de la loi du 19 mars 1946) et le 24 d&#233;cembre 1946 (date d'entr&#233;e en vigueur de la Constitution du 27 octobre 1946), &#171; &lt;i&gt;les lois nouvelles applicables &#224; la m&#233;tropole le seront dans ces d&#233;partements, sur mention expresse ins&#233;r&#233;e aux textes&lt;/i&gt; &#187;, en vertu des termes employ&#233;s par l'article 3 de la loi du 19 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pendant encore neuf mois, c'est le maintien en vigueur dans les &#171; quatre vieilles &#187; du principe de la sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative remontant &#224; l'Ancien R&#233;gime et jug&#233; discriminatoire. C'est aussi admettre, de fa&#231;on implicite avec le Conseil d'&#201;tat, que la loi de d&#233;partementalisation du 19 mars 1946 demeure une &#171; loi coloniale &#187; ! D&#232;s lors, c'est bien au jour historique du 24 d&#233;cembre 1946 et non &#224; celui du 21 mars 1946 que l'on doit consid&#233;rer comme achev&#233;e, en droit, la d&#233;colonisation des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;. Quant &#224; leur d&#233;colonisation r&#233;elle, elle n'interviendra qu'un demi-si&#232;cle plus tard, sous la Ve R&#233;publique, &#224; la suite d'&#226;pres combats engag&#233;s par les d&#233;put&#233;s ultramarins et qui aboutiront &#224; l'application du principe cardinal de l'&#171; &#233;galit&#233; sociale individuelle &#187; au 1er janvier 1996. Cependant, d'importants efforts restent encore &#224; accomplir pour &#233;tablir une compl&#232;te &#233;galit&#233; entre Domiens et M&#233;tropolitains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;flexions terminales &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me titre que le jour radieux du 20 d&#233;cembre 1848 qui succ&#232;de &#224; la longue et sinistre nuit de l'esclavage, la date fondatrice de la d&#233;partementalisation de La R&#233;union, au plan juridique, ne devrait pas &#234;tre oubli&#233;e car c'est la seconde date essentielle dans son histoire. Faut-il ici pr&#233;ciser que, dans tous les pays qui ont &#233;t&#233; asservis, le jour anniversaire de leur &#233;mancipation ou d&#233;colonisation qui r&#233;sulte de leur accession &#224; la pleine ind&#233;pendance est reconnu et &#233;rig&#233; au rang de f&#234;te nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par mim&#233;tisme, certains &#233;lus ont propos&#233; de reconna&#238;tre la date du 19 mars 1946 et de la d&#233;clarer jour f&#233;ri&#233; et ch&#244;m&#233; pour les Domiens, au m&#234;me titre que celle du 20 d&#233;cembre 1848 qui est c&#233;l&#233;br&#233;e &#224; La R&#233;union comme &#171; jour f&#233;ri&#233; et ch&#244;m&#233; &#187; depuis le 20 d&#233;cembre 1983. En ce sens, on peut citer la proposition de loi du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s, enregistr&#233;e le 12 f&#233;vrier 2016. Mais selon notre th&#232;se, c'est la date du 24 d&#233;cembre 1946 qui devrait &#233;ventuellement &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e comme &#171; &lt;i&gt;jour ch&#244;m&#233; et f&#233;ri&#233;&lt;/i&gt; &#187; car c'est la date &#224; laquelle le principe d'identit&#233; l&#233;gislative a vocation &#224; produire des effets de droit dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; d&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de la Constitution de la IVe R&#233;publique et de son article 73, un article au besoin confort&#233; &#8211; &#224; la suite de la r&#233;vision constitutionnelle du 28 mars 2003 &#8211; par l'article 73 de la norme supr&#234;me de la Ve R&#233;publique, ainsi r&#233;dig&#233; dans son alin&#233;a 1er : &#171; &lt;i&gt;Dans les d&#233;partements et les r&#233;gions d'outre-mer, les lois et r&#232;glements sont applicables de plein droit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; ORAISON, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre et Conseiller juridique du Mouvement R&#233;unionnais pour la Paix (MRPaix)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Haro sur le m&#233;phistoph&#233;lique amendement Virapoull&#233; (Une r&#233;forme constitutionnelle n&#233;cessaire et prioritaire pour La R&#233;union : la suppression de l'alin&#233;a 5 de l'article 73 de la Constitution)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/haro-sur-le-mephistophelique-amendement-virapoulle-une-reforme-constitutionnelle-necessaire-et-prioritaire-pour-la-reunion-la-suppression-de-l-alinea-5-de-l-article-73-de-la-constitution,105400</link>
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		<dc:date>2022-10-04T20:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre et conseiller juridique du Mouvement R&#233;unionnais pour la Paix (MRPaix)&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/andre-oraison-96e34.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois territoires ultramarins r&#233;gis par l'article 73 de la Constitution de la Ve R&#233;publique sont d&#233;sormais dot&#233;s d'une collectivit&#233; territoriale unique (CTU), au lieu et place d'une r&#233;gion monod&#233;partementale : la Guyane, la Martinique et Mayotte. Deux autres territoires &#233;galement soumis &#224; l'article 73 &#8211; la Guadeloupe et La R&#233;union &#8211; auraient peut-&#234;tre int&#233;r&#234;t &#224; s'engager dans cette voie en application de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 qui fixe le nouveau statut des d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer (DROM)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; Quelques r&#233;flexions g&#233;n&#233;rales sur l'article 73 de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est le point de vue exprim&#233; le 4 octobre 2012 par Paul Verg&#232;s &#224; l'occasion des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie territoriale, organis&#233;s au S&#233;nat. Apr&#232;s avoir constat&#233; que La R&#233;union est une r&#233;gion monod&#233;partementale depuis l'entr&#233;e en vigueur de la loi de r&#233;gionalisation du 31 d&#233;cembre 1982 avec tous les effets n&#233;gatifs que ce statut comporte, le s&#233;nateur communiste avait d&#233;clar&#233; que, dans l'int&#233;r&#234;t bien compris de La R&#233;union, &#171; il nous faut donc faire comme en Martinique et en Guyane, qui ont opt&#233; pour une collectivit&#233; territoriale unique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ANONYME, &#171; Contribution de Paul VERG&#200;S aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, avant la concr&#233;tisation &#224; La R&#233;union d'une r&#233;forme statutaire qui ne semble pas encore m&#251;re dans l'opinion publique r&#233;unionnaise, une r&#233;vision plus cibl&#233;e de la Constitution s'impose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I.&lt;/strong&gt; Pour que les responsables &#233;lus de La R&#233;union aient les m&#234;mes comp&#233;tences et responsabilit&#233;s que leurs homologues antillais, guyanais et mahorais, il faut en effet que soit mis fin, au pr&#233;alable, &#224; l'incompr&#233;hensible amendement constitutionnel d&#233;pos&#233; par Jean-Paul Virapoull&#233;, &#224; l'&#233;poque s&#233;nateur-maire UMP de Saint-Andr&#233;, et qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; adopt&#233; par le Parlement, vise en fait &#224; limiter de mani&#232;re exorbitante, dans un alin&#233;a 5 de l'article 73, l'ampleur de la d&#233;centralisation &#224; La R&#233;union, alors m&#234;me que cette r&#233;organisation administrative a &#233;t&#233; souhait&#233;e et obtenue dans les autres DROM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pos&#233; le principe selon lequel &#171; les lois et r&#232;glements sont applicables de plein droit &#187; dans les DROM, l'alin&#233;a 1er de l'article 73 de la Constitution pr&#233;cise que ces lois et r&#232;glements &#171; peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caract&#233;ristiques et contraintes particuli&#232;res de ces collectivit&#233;s &#187;. Cet alin&#233;a n'est pas original car il &#233;tait d&#233;j&#224;, pour l'essentiel, contenu dans le texte initial de la norme supr&#234;me du 4 octobre 1958. D'embl&#233;e, il est apparu logique au Constituant que le droit commun m&#233;tropolitain puisse faire l'objet de mesures d'adaptation outre-mer pour tenir compte des situations sp&#233;cifiques locales. C'est dire que l'alin&#233;a 1er a vocation &#224; s'appliquer, &#224; l'origine, dans tous les DROM, y compris celui de La R&#233;union. Il en est de m&#234;me de l'alin&#233;a 2 de l'article 73, bien que celui-ci soit plus novateur comme on peut le constater : &#171; Ces adaptations peuvent &#234;tre d&#233;cid&#233;es par ces collectivit&#233;s dans les mati&#232;res o&#249; s'exercent leurs comp&#233;tences et si elles y ont &#233;t&#233; habilit&#233;es, selon le cas, par la loi ou par le r&#232;glement &#187;. Par contre, l'alin&#233;a 3 de l'article 73 de la Constitution a, pos&#233; un tr&#232;s grave probl&#232;me de conscience au s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233;. En voici la teneur : &#171; Par d&#233;rogation au premier alin&#233;a et pour tenir compte de leurs sp&#233;cificit&#233;s, les collectivit&#233;s r&#233;gies par le pr&#233;sent article peuvent &#234;tre habilit&#233;es, selon le cas, par la loi ou par le r&#232;glement, &#224; fixer elles-m&#234;mes les r&#232;gles applicables sur leur territoire, dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Constituant reconna&#238;t ainsi aux DROM la possibilit&#233; d'adopter des r&#232;gles l&#233;gislatives et r&#232;glementaires &#224; la suite d'une habilitation &#233;manant, selon le cas, du Parlement ou du Gouvernement, mais uniquement &#171; dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;. Afin d'&#233;viter tout risque de d&#233;rive institutionnelle, des &#171; verrous constitutionnels &#187; ont &#233;t&#233; pr&#233;vus par l'article 73 de la Constitution, non seulement dans le troisi&#232;me alin&#233;a que nous venons de citer, mais plus encore dans le quatri&#232;me, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Ces r&#232;gles ne peuvent porter sur la nationalit&#233;, les droits civiques, les garanties des libert&#233;s publiques, l'&#233;tat et la capacit&#233; des personnes, l'organisation de la justice, le droit p&#233;nal, la proc&#233;dure p&#233;nale, la politique &#233;trang&#232;re, la d&#233;fense, la s&#233;curit&#233; et l'ordre publics, la monnaie, le cr&#233;dit et les changes, ainsi que le droit &#233;lectoral &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II.&lt;/strong&gt; Bien que nombreux et importants, ces &#171; verrous constitutionnels &#187; n'ont pas paru suffisants ou convaincants &#224; Jean-Paul Virapoull&#233;. Aussi, le s&#233;nateur saint-andr&#233;en a-t-il jug&#233; bon de d&#233;poser un amendement constitutionnel que l'on peut qualifier d'amendement &#171; int&#233;griste &#187;, d&#232;s lors qu'il vise &#224; compl&#233;ter l'article 73 de la Constitution par l'adjonction d'un alin&#233;a additionnel &#8211; l'affligeant alin&#233;a 5 &#8211; avec pour objectif de refuser un pouvoir normatif local et donc la possibilit&#233; de voter des &#171; lois pays &#187; sur le territoire de La R&#233;union, car de telles lois risquent de comporter &#8211; selon Jean-Paul Virapoull&#233; &#8211; une &#171; menace d'autonomie l&#233;gislative &#187;, une menace elle-m&#234;me assimil&#233;e par le s&#233;nateur &#171; &#224; l'antichambre de l'aventure et de l'ind&#233;pendance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. CHASSAGNE, &#171; D&#233;bat sur la d&#233;centralisation hier soir au S&#233;nat. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Adopt&#233; par le Parlement apr&#232;s de nombreuses p&#233;rip&#233;ties et malgr&#233; la d&#233;sapprobation de Brigitte Girardin, alors ministre des Outre-mer, l'irrationnel et saugrenu &#171; amendement Virapoull&#233; &#187; a conduit au pol&#233;mique cinqui&#232;me alin&#233;a de l'article 73 de la norme supr&#234;me, ainsi formul&#233; en des termes autant lapidaires que p&#233;remptoires : &#171; La disposition pr&#233;vue aux deux pr&#233;c&#233;dents alin&#233;as n'est pas applicable au d&#233;partement et &#224; la r&#233;gion de La R&#233;union &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III.&lt;/strong&gt; En v&#233;rit&#233;, le cinqui&#232;me alin&#233;a de l'article 73 est consid&#233;r&#233;, &#224; juste titre, comme une &#171; h&#233;r&#233;sie constitutionnelle &#187;. C'est notamment l'opinion d'Huguette Bello qui a &#233;t&#233; l'une des premi&#232;res &#233;lues &#224; d&#233;noncer l'amendement Virapoull&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale et ce, d&#232;s le 20 novembre 2002 : &#171; &#192; La R&#233;union, des repr&#233;sentants politiques se sont mis &#224; jouer sur les peurs et les fantasmes et &#224; faire revivre la crainte du largage. Ils rejettent toute id&#233;e d'&#233;volution. Pire, ils ne veulent pas des possibilit&#233;s d'adaptation &#187;. Au nom du PCR, la formation au sein de laquelle elle milite encore en 2002, Huguette Bello devait pr&#233;ciser son exasp&#233;ration en des termes particuli&#232;rement bien frapp&#233;s. Les voici : &#171; C'est la coh&#233;rence m&#234;me de la r&#233;forme qui est mise &#224; mal. C'est l'Histoire qu'on insulte. C'est l'avenir qu'on fige. Et lorsque les difficult&#233;s appara&#238;tront pour adapter des dispositions l&#233;gislatives aux r&#233;alit&#233;s locales, il n'y aura pas d'autre alternative qu'une &#233;volution statutaire. Est-ce le but recherch&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ANONYME, &#171; Examen du projet de loi constitutionnelle sur l'organisation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Synonyme d'immobilisme par ses nombreux contempteurs, la pr&#233;tendue garantie impos&#233;e dans la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 par le s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233; et qui s'applique uniquement &#224; La R&#233;union est, en r&#233;alit&#233;, pr&#233;judiciable aux int&#233;r&#234;ts bien compris de sa population. Il en est ainsi, d&#232;s lors qu'elle emp&#234;che ses repr&#233;sentants &#233;lus de disposer d'un pouvoir l&#233;gislatif et r&#232;glementaire par habilitation, selon le cas, du Parlement ou du Gouvernement dans une s&#233;rie de mati&#232;res, certes, limit&#233;es en nombre et non r&#233;galiennes de l'&#201;tat, mais n&#233;anmoins hautement strat&#233;giques comme l'acc&#232;s au foncier, la fiscalit&#233; locale, le d&#233;veloppement des diverses sources d'&#233;nergie renouvelables, la pr&#233;servation de l'environnement terrestre et marin, la sauvegarde du patrimoine culturel local, le transport public int&#233;rieur de passagers et de marchandises ou encore la formation professionnelle et l'emploi. Faut-il ici pr&#233;ciser, pour enfoncer le clou, que le pouvoir normatif local, ainsi consacr&#233; par l'alin&#233;a 3 de l'article 73 de la Constitution, a d&#233;j&#224; donn&#233; des r&#233;sultats encourageants en Guadeloupe et &#224; la Martinique et ce dans plusieurs des domaines ci-dessus &#233;nonc&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que l'amendement Virapoull&#233; n'aurait jamais d&#251; &#234;tre vot&#233; par le Parlement car il vise &#224; p&#233;trifier ad vitam &#230;ternam, contre la logique, la rationalit&#233; et le bon sens, le statut d&#233;partemental dans la seule r&#233;gion monod&#233;partementale fran&#231;aise des Mascareignes. C'est dire &#233;galement qu'une r&#233;vision cibl&#233;e de la Constitution de la Ve R&#233;publique s'impose par un recours au Parlement convoqu&#233; en Congr&#232;s &#224; Versailles &#8211; sur la base de son article 89, alin&#233;a 3 &#8211; afin de le supprimer, d&#232;s lors qu'il traduit, selon la formule tout &#224; fait appropri&#233;e de Brigitte Girardin, un &#171; manque de confiance manifeste &#187; &#224; l'&#233;gard de la communaut&#233; r&#233;unionnaise dans son ensemble et de ses repr&#233;sentants &#233;lus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consulter l'interview de Mme Brigitte GIRARDIN, ministre des Outre-mer, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV.&lt;/strong&gt; En v&#233;rit&#233;, le temps n'est-il pas aujourd'hui venu d'affranchir les initiatives des &#233;lus de La R&#233;union des contraintes engendr&#233;es par une politique centralisatrice, une politique jug&#233;e en tout cas outranci&#232;re dans l'ancienne &#238;le Bourbon par les forces politiques de la gauche locale ? Pourquoi en effet vouloir toujours agiter la peur visc&#233;rale de l'aventure, la hantise du largage ou, a fortiori, le &#171; spectre de l'ind&#233;pendance &#187;, s'interroge pour sa part le professeur r&#233;unionnais Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, alors m&#234;me que ses compatriotes, &#171; dans leur tr&#232;s grande majorit&#233;, ne ressentent plus cette crainte irrationnelle et ont pleinement conscience de porter en eux la France et le Monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amendement Virapoull&#233; est fondamentalement humiliant dans la mesure o&#249; son initiateur r&#233;unionnais &#8211; en refusant de reconna&#238;tre un pouvoir normatif local &#224; son propre pays &#8211; place en quelque sorte La R&#233;union sous le r&#233;gime de la curatelle, un r&#233;gime l&#233;gal d'assistance qui vise &#224; prot&#233;ger dans les ordres juridiques internes ceux qu'on appelle les minus habens. D&#232;s lors, l'abolition de l'amendement Virapoull&#233; est bien la seule et urgente solution qui s'impose si l'on veut que les R&#233;unionnais ne soient plus trait&#233;s comme des Fran&#231;ais de second rang ou des &#171; majeurs incapables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;vision constitutionnelle que nous appelons ici de tous nos v&#339;ux appara&#238;t m&#234;me comme un pr&#233;alable &#224; la cr&#233;ation d'une collectivit&#233; territoriale unique destin&#233;e &#224; se substituer au d&#233;partement et &#224; la r&#233;gion de La R&#233;union. Elle est en outre n&#233;cessaire si l'on veut que les repr&#233;sentants r&#233;unionnais disposent des m&#234;mes comp&#233;tences et responsabilit&#233;s que leurs homologues guadeloup&#233;ens, guyanais, mahorais et martiniquais. Elle est enfin imp&#233;rative si l'on veut que les &#233;lus de La R&#233;union soient dot&#233;s d'une capacit&#233; d'initiative effective sur leur &#238;le et puissent enfin exercer un pouvoir l&#233;gislatif et r&#232;glementaire par habilitation, selon le cas, du pouvoir parlementaire ou de l'autorit&#233; gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V.&lt;/strong&gt; Une derni&#232;re question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e. L'amendement du s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233; qui appara&#238;t actuellement ind&#233;boulonnable pourra-t-il un jour &#234;tre jet&#233; dans la grande poubelle de l'histoire ? Ardemment souhait&#233;e par la gauche r&#233;unionnaise progressiste et ce, d&#232;s le vote de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003, une telle solution semble aujourd'hui r&#233;alisable &#224; la suite du succ&#232;s remport&#233; le 19 juin 2022, lors du second tour des &#233;lections l&#233;gislatives, par les candidats qui s'&#233;taient rang&#233;s sous la banni&#232;re de la Nouvelle union populaire &#233;cologique et sociale (NUPES), cr&#233;&#233;e &#224; l'initiative de Jean-Luc M&#233;lenchon (LFI)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. FONTAINE, &#171; La gauche place ses six d&#233;put&#233;s, Nathalie Bassire sauve son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nul doute que cette nouvelle g&#233;n&#233;ration de d&#233;put&#233;s de gauche, au nombre de six sur les sept si&#232;ges qui &#233;taient &#224; pourvoir, parlerons d'une m&#234;me voix pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts fondamentaux de La R&#233;union et obtenir &#8211; entre autres &#8211; la suppression de cette &#171; horreur constitutionnelle &#187; que repr&#233;sente, selon notre coll&#232;gue en col&#232;re, l'&#233;minente professeure Anne-Marie Le Pourhiet, l'inconvenant cinqui&#232;me alin&#233;a de l'article 73 de la Constitution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.-M. LE POURHIET, &#171; &#192; propos du nouvel article 73 de la Constitution &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou, plus pr&#233;cis&#233;ment encore, le d&#233;raisonnable et m&#233;phistoph&#233;lique amendement Virapoull&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; Quelques r&#233;flexions g&#233;n&#233;rales sur l'article 73 de la Constitution de la Ve R&#233;publique, corrig&#233; et compl&#233;t&#233; par la loi constitutionnelle du 28 mars 2003. Les possibilit&#233;s offertes aux d&#233;partements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique) en mati&#232;re d'habilitation l&#233;gislative et l'exception insolite du d&#233;partement de La R&#233;union &#187;, RFDA, juillet-ao&#251;t 2003, n&#176; 4, p. 684-693.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ANONYME, &#171; Contribution de Paul VERG&#200;S aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie territoriale &#187;, T&#233;moignages, vendredi 5 octobre 2012, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. CHASSAGNE, &#171; D&#233;bat sur la d&#233;centralisation hier soir au S&#233;nat. L'amendement Virapoull&#233; adopt&#233; &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, jeudi 7 novembre 2002, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ANONYME, &#171; Examen du projet de loi constitutionnelle sur l'organisation d&#233;centralis&#233;e de la R&#233;publique &#187;, T&#233;moignages, jeudi 21 novembre 2002, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Consulter l'interview de Mme Brigitte GIRARDIN, ministre des Outre-mer, in Le Quotidien de La R&#233;union, mercredi, 16 octobre 2002, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable majeure &#187; par la Constitution &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, mercredi 23 octobre 2019, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. FONTAINE, &#171; La gauche place ses six d&#233;put&#233;s, Nathalie Bassire sauve son si&#232;ge &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, lundi 20 juin 2022, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A.-M. LE POURHIET, &#171; &#192; propos du nouvel article 73 de la Constitution &#187;, RFDA, septembre-octobre 2003, n&#176; 5, p. 890.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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