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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>V&#233;rit&#233;, justice : le combat continue</title>
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		<dc:date>2008-06-27T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>LB</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les R&#233;unionnais ont &#233;t&#233; fortement impressionn&#233;s par la grandeur d'&#226;me, la g&#233;n&#233;rosit&#233; et la hauteur de la dignit&#233; exprim&#233;es par Th&#233;o Hilarion (notre photo) lors du proc&#232;s de deux responsables de l'agression criminelle dont il a &#233;t&#233; victime, gravement mutil&#233; &#224; vie, il y a 14 ans au Port. Le pardon qu'il leur a accord&#233; est tellement g&#233;n&#233;reux qu'il a permis aux responsables de la cour d'assises de faire acquitter ces deux gendarmes et de ne m&#234;me pas condamner leurs actes de fa&#231;on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/edito/" rel="directory"&gt;Edito&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/theo-hilarion" rel="tag"&gt;Th&#233;o Hilarion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les R&#233;unionnais ont &#233;t&#233; fortement impressionn&#233;s par la grandeur d'&#226;me, la g&#233;n&#233;rosit&#233; et la hauteur de la dignit&#233; exprim&#233;es par Th&#233;o Hilarion &lt;i&gt;(notre photo)&lt;/i&gt; lors du proc&#232;s de deux responsables de l'agression criminelle dont il a &#233;t&#233; victime, gravement mutil&#233; &#224; vie, il y a 14 ans au Port. Le pardon qu'il leur a accord&#233; est tellement g&#233;n&#233;reux qu'il a permis aux responsables de la cour d'assises de faire acquitter ces deux gendarmes et de ne m&#234;me pas condamner leurs actes de fa&#231;on symbolique.&lt;br&gt;
Du coup, la question se pose : cette d&#233;cision judiciaire est-elle &#224; la hauteur de l'attitude de Th&#233;o Hilarion ? D'autant plus qu'elle est justifi&#233;e par une soi-disant ...&#8220;l&#233;gitime d&#233;fense&#8221;, alors que rien ne l&#233;gitimait ce crime des gendarmes et de leurs complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ainsi, o&#249; cela nous conduit-il ? Cela signifie en effet que les vrais coupables dans ce drame affreux seraient en d&#233;finitive le jeune docker et ses camarades, mobilis&#233;s pour le respect de leurs droits sociaux. Mais le pardon accord&#233; par la victime emp&#234;che-t-il la reconnaissance du crime et dispense-t-il de la justice, de la v&#233;rit&#233;, du respect du travailleur et du peuple r&#233;unionnais ?&lt;br&gt;
La r&#233;conciliation implique l'application de l'&#233;galit&#233; entre les citoyens et interdit toute nouvelle blessure. C'est pourquoi le combat des R&#233;unionnais pour la v&#233;rit&#233; et la justice continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L. B.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pardon de Th&#233;o Hilarion emporte la d&#233;cision des juges</title>
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		<dc:date>2008-06-26T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le verdict d'acquittement rendu hier par la cour d'Assise est celui des juges. Mais c'est Th&#233;o Hilarion, l'ancien docker occasionnel, qui a fait la d&#233;cision. &#171; En se lib&#233;rant, il a lib&#233;r&#233; les deux autres &#187; a dit l'avocat de la partie civile. Les le&#231;ons de ce proc&#232;s pas comme les autres marquent une &#233;tape exceptionnelle dans la construction de la dignit&#233; r&#233;unionnaise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Magnifique Th&#233;o Hilarion ! Droit dans la posture de dignit&#233; et de retenue qui est la sienne depuis le d&#233;but, il a plus et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/theo-hilarion" rel="tag"&gt;Th&#233;o Hilarion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le verdict d'acquittement rendu hier par la cour d'Assise est celui des juges. Mais c'est Th&#233;o Hilarion, l'ancien docker occasionnel, qui a fait la d&#233;cision. &#171; En se lib&#233;rant, il a lib&#233;r&#233; les deux autres &#187; a dit l'avocat de la partie civile. Les le&#231;ons de ce proc&#232;s pas comme les autres marquent une &#233;tape exceptionnelle dans la construction de la dignit&#233; r&#233;unionnaise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L400xH260/IMG_2687-ed168.jpg?1780994534' width='400' height='260' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;A la sortie du tribunal.&lt;br class='autobr' /&gt;
(photo Imaz press R&#233;union)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Magnifique Th&#233;o Hilarion ! Droit dans la posture de dignit&#233; et de retenue qui est la sienne depuis le d&#233;but, il a plus et mieux servi la cause des deux gendarmes que leurs deux avocats r&#233;unis. Surtout au moment du double pardon final, donn&#233; avant m&#234;me l'&#233;nonc&#233; du verdict. &lt;i&gt;&#171; J'ai une sant&#233; bousill&#233;e et je sais que cela va aller de pire en pire&lt;/i&gt; &#187; - a dit l'ancien docker en r&#233;ponse aux &lt;i&gt;&#171; regrets &#187;&lt;/i&gt; que les deux gendarmes ont exprim&#233;s &#224; la fin des plaidoiries. &lt;i&gt;&#171; Mais j'ai pardonn&#233; &#224; Michelot avant m&#234;me de le conna&#238;tre. J'ai pardonn&#233; pour moi-m&#234;me, pour continuer &#224; avoir des forces, j'ai pardonn&#233; &#224; M. &#8220;X&#8221;. &lt;br&gt;
M. Gamet m'offre son aide. Quelle aide ? Laissez parler votre c&#339;ur et l'aide sera re&#231;ue pleinement. Si je ne vous pardonne pas, je ne pourrai pas vivre. J'ai eu une partie du puzzle de v&#233;rit&#233;. Je suis comme vous, La douleur ne peut mentir... Cela a &#233;t&#233; 14 ann&#233;es difficiles... La douleur continue, toujours l&#224;. Mais je vous pardonne &#187;&lt;/i&gt;. Ces derniers mots, spontan&#233;s, ont jailli du c&#339;ur du docker mutil&#233; lorsque ce dernier s'est rendu compte qu'apr&#232;s tout ce qui avait &#233;t&#233; dit sur les mensonges des autorit&#233;s et la &#034;chape de plomb&#034; referm&#233;e sur le tir des gendarmes, il avait en face de lui deux hommes seuls dans le box qui, s'il ne disait rien, allaient servir de boucs &#233;missaires &#224; la grande l&#226;chet&#233; du Syst&#232;me. &lt;br&gt;
Pour le respect de la proc&#233;dure - la parole devant revenir &#224; la d&#233;fense en dernier - le pr&#233;sident Szysz a alors demand&#233; aux deux gendarmes de r&#233;pondre. Ils ont choisi le silence. C'est donc sur ces derni&#232;res paroles du docker que les jur&#233;s sont all&#233;s d&#233;lib&#233;rer. Le verdict qui en est sorti, contre les r&#233;quisitions de l'avocat g&#233;n&#233;ral qui avait demand&#233; 5 ans d'emprisonnement avec sursis, est celui de l'acquittement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;o Hilarion a-t-il re&#231;u, dans ce &lt;i&gt;&#171; proc&#232;s des paradoxes &#187;&lt;/i&gt; comme l'a qualifi&#233; son d&#233;fenseur, &#224; la mesure de ce que sa g&#233;n&#233;rosit&#233; lui a fait donner ? Certainement pas. Mais il a donn&#233; des le&#231;ons de dignit&#233; &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La part du mensonge&lt;br&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Et pourtant... La derni&#232;re journ&#233;e, comme les pr&#233;c&#233;dentes, a prolong&#233; les proc&#233;d&#233;s de fuite, apr&#232;s une longue proc&#233;dure indigne de 14 ans, marqu&#233;e par une conspiration du silence et une s&#233;rie de forfaitures sur lesquelles l'appareil vient de refermer les rouages de la connivence.&lt;br&gt;
Jusqu'au dernier moment, la d&#233;fense des deux gendarmes leur a fait r&#233;server la part du mensonge. Me Bourdon, l'avocat de Gamet, n'a-t-il pas expliqu&#233; que si son client donnait toute la v&#233;rit&#233; qu'il a eu &#224; conna&#238;tre, ses sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques - qui suivent le proc&#232;s depuis Strasbourg, a-t-il dit - le lui ferait ch&#232;rement payer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat g&#233;n&#233;ral a-t-il mieux relev&#233; l'appel &#224; la dignit&#233; lanc&#233; par Th&#233;o Hilarion ? Une habile mise en abyme des forfaitures commises par &#034;les plus hautes autorit&#233;s&#034; lui a permis d'&#233;voquer les errements successifs de la proc&#233;dure, les entraves &#224; la justice, sans les attribuer &#224; un &#233;chec judiciaire. &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;&#171; Il y a eu des pressions sur les gendarmes, des mensonges &#224; tous niveaux : ils ont exist&#233;. L'existence du tir de Michelot est acquise, de m&#234;me que l'existence d'un ordre donn&#233; &#187; &lt;/i&gt;a dit en substance Jean-Pierre Basset. Evoquant l'usage d'armes et de munitions illicites, il a &#233;cart&#233; la l&#233;gitime d&#233;fense, estimant que &lt;i&gt;&#171; l'usage de cette arme n'&#233;tait plus l&#233;gitime &#224; ce moment-l&#224; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans la logique de la connivence qui a conduit les deux gendarmes dans le box des accus&#233;s, l'avocat g&#233;n&#233;ral reprend d'une main ce qu'il donne de l'autre. Il conc&#232;de une erreur sur la cartouche et l'absence d'un appareil de vis&#233;e - qui pourtant scelle la forfaiture -, et fustige les deux militaires pour &lt;i&gt;&#171; les limites &#224; l'honneur &#187;&lt;/i&gt; pos&#233;es par leur conduite. Il retient l'ordre donn&#233; par Charles Gamet et multiplie les d&#233;clarations de gendarmes qui permettront &#224; la d&#233;fense d'invoquer &lt;i&gt;&#171; le b&#233;n&#233;fice du doute &#187;&lt;/i&gt;. Il va, cautionnant l'irresponsabilit&#233; manifest&#233;e la veille encore par le commissaire de police Bonnafous, d&#233;l&#233;gu&#233; du Pr&#233;fet, jusqu'&#224; imaginer une &#034;pr&#233;m&#233;ditation&#034; chez les dockers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces r&#233;quisitions, la d&#233;fense a eu beau jeu de plaider, pour Michelot, la l&#233;gitime d&#233;fense et, pour Charles Gamet, le &lt;i&gt;&#171; b&#233;n&#233;fice du doute &#187;,&lt;/i&gt; comme s'il n'&#233;tait pas &#233;tabli que les ordres donn&#233;s l'&#233;taient au moyen d'un m&#233;gaphone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La le&#231;on de dignit&#233; de Th&#233;o Hilarion&lt;br&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Tout ceci nous apprend quoi ? Que vont nous laisser ces 14 ans de proc&#233;dure ? Tout d'abord, la responsabilit&#233; des autorit&#233;s dans les entraves &#224; la justice est d&#233;montr&#233;e clairement. Le proc&#232;s les a tous mis &#224; nu : le pr&#233;fet Fournier, qui prend l'&#233;crasante responsabilit&#233; de mobiliser les forces de l'ordre pour une affaire priv&#233;e, au service d'un patron qui est en train de violer l'accord issu de plusieurs semaines de n&#233;gociations ; le procureur g&#233;n&#233;ral Trucchi et le procureur Legras, le colonel Guillaume et jusqu'au juge d'instruction Philippe Hoarau qui, recevant le commandant de la gendarmerie avant sa mutation, en 1996, lui d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; Mon colonel, cette affaire est difficile. Je ne sais pas comment on s'en sortira ; il faut faire tra&#238;ner &#187;&lt;/i&gt;... Et pour tra&#238;ner, &#231;a a tra&#238;n&#233;... Encore douze ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais par ce proc&#232;s, Th&#233;o a obtenu une partie du puzzle de v&#233;rit&#233; qu'il r&#233;clame depuis le d&#233;but. Et en d&#233;cidant de tourner la page, dans la magnifique attitude de pardon qu'il a eue hier, il a &#034;fait&#034; v&#233;ritablement la d&#233;cision des jur&#233;s. M&#234;me si ces derniers ont pris leur d&#233;cision sur des raisons autres - et qui n'appartiennent qu'&#224; eux - Th&#233;o avait choisi d'&#034;acquitter&#034; les deux gendarmes avant m&#234;me l'&#233;nonc&#233; du verdict.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute cette longue proc&#233;dure, Th&#233;o Hilarion a personnifi&#233; la lutte des dockers &lt;i&gt;&#171; pour la justice et la v&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt; et pendant ce proc&#232;s, il a montr&#233; que, d&#232;s lors que les faits ont &#233;t&#233; reconnus, m&#234;me minimis&#233;s et m&#234;me encore habill&#233;s de mensonges, le docker qu'il &#233;tait, sait se comporter en digne repr&#233;sentant de tous les travailleurs r&#233;unionnais et choisir le pardon.&lt;br&gt;
Il a toujours dit qu'il voulait &lt;i&gt;&#171; la v&#233;rit&#233;, pas la vengeance &#187;&lt;/i&gt;. Il l'a magistralement prouv&#233; hier, agissant &lt;i&gt;&#171; en seigneur &#187;&lt;/i&gt; a dit son avocat (voir les r&#233;actions ci-dessous). Il a manifest&#233; dans ce proc&#232;s la plus haute intelligence, &#224; la fois strat&#233;gique et humaine.&lt;br&gt;
Apr&#232;s cette issue judiciaire, il est permis d'esp&#233;rer que chacun en tirera les conclusions et que plus aucun pouvoir n'aura la faiblesse de recourir aux forces de l'ordre pour faire obstacle aux luttes revendicatives du mouvement ouvrier r&#233;unionnais. &lt;br&gt;
Car si la bataille a &#233;t&#233; longue et incertaine, elle a permis aux R&#233;unionnais de d&#233;montrer qu'ils savaient se mobiliser dans la dur&#233;e pour la manifestation de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;P. David&lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les 'regrets' des gendarmes</title>
		<link>https://www.temoignages.re/justice/les-regrets-des-gendarmes,30732</link>
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		<dc:date>2008-06-26T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s la plaidoirie de la partie civile et les r&#233;quisitions de l'avocat g&#233;n&#233;ral, le matin, apr&#232;s les plaidoiries de la d&#233;fense, le pr&#233;sident a donn&#233; la parole aux accus&#233;s. Ces derniers se sont adress&#233;s, tous les deux, &#224; Th&#233;o Hilarion : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Vos cauchemars, je les partage &#187; - a commenc&#233; Alain Michelot. &#171; Votre douleur, je la ressens. Je vous remercie pour votre dignit&#233; et j'esp&#232;re que, des v&#233;rit&#233;s qui ont pu &#234;tre dites, vous tirez une satisfaction. Je vous remercie pour la main tendue &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/justice/" rel="directory"&gt;Justice&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/theo-hilarion" rel="tag"&gt;Th&#233;o Hilarion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5565 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L400xH267/2M8Y2437-d881a.jpg?1780994534' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Michel S&#233;raphine et Th&#233;o Hilarion.&lt;br class='autobr' /&gt;
(photo Imaz press R&#233;union)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la plaidoirie de la partie civile et les r&#233;quisitions de l'avocat g&#233;n&#233;ral, le matin, apr&#232;s les plaidoiries de la d&#233;fense, le pr&#233;sident a donn&#233; la parole aux accus&#233;s. Ces derniers se sont adress&#233;s, tous les deux, &#224; Th&#233;o Hilarion :&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; Vos cauchemars, je les partage &#187;&lt;/i&gt; - a commenc&#233; Alain Michelot. &lt;i&gt;&#171; Votre douleur, je la ressens. Je vous remercie pour votre dignit&#233; et j'esp&#232;re que, des v&#233;rit&#233;s qui ont pu &#234;tre dites, vous tirez une satisfaction. Je vous remercie pour la main tendue &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
Puis Charles Gamet s'est lev&#233;, pour exprimer &#224; son tour son &lt;i&gt;&#171; regret de ce qui vous est arriv&#233;. J'en assume la responsabilit&#233; puisque j'avais la responsabilit&#233; du commandement des op&#233;rations. Je veux vous exprimer ma solidarit&#233; et ma grande sympathie, et je souhaite sinc&#232;rement pouvoir concr&#233;tiser ma proposition de ce matin &#187;.&lt;/i&gt; Le gendarme avait, le matin m&#234;me, dit son d&#233;sir &#034;d'aider&#034; Th&#233;o Hilarion autant qu'il le pourrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zot la di&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel S&#233;raphine (CGTR Ports &amp; Docks, partie civile) :&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Aujourd'hui, Th&#233;o se sent libre...&lt;br&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; La justice a rendu son verdict. Mais pour nous le verdict le plus important est le double pardon de Th&#233;o, qui a donn&#233; une le&#231;on de dignit&#233; et de respect dans ce tribunal.&lt;br&gt;
Ce proc&#232;s est une avanc&#233;e consid&#233;rable. Th&#233;o demandait la v&#233;rit&#233;. Aujourd'hui, il est soulag&#233;. Bien s&#251;r, on aurait pu s'attendre &#224; ce que le tribunal suive au moins les r&#233;quisitions de l'avocat g&#233;n&#233;ral.&lt;br&gt;
Pour nous ce proc&#232;s a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;lateur. Aujourd'hui, toute la population r&#233;unionnaise sait qu'on nous a menti pendant des ann&#233;es. On sait qu'il y a eu une conspiration du silence, de la part de toutes les autorit&#233;s de l'&#238;le, qui, depuis le d&#233;but, ont su qu'un gendarme avait tir&#233;, qu'il ne pouvait le faire que sur un ordre de son sup&#233;rieur - et qui ont d&#233;cid&#233; d'enliser la proc&#233;dure.&lt;br&gt;
Aujourd'hui, Th&#233;o se sent libre et pour nous, c'est le plus important &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;o Hilarion&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, je peux enfin l&#226;cher tout. J'ai v&#233;cu pendant 14 ans entre l'h&#244;pital et la Justice et maintenant je veux vivre. Je tourne la page &#187;.&lt;br&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
R&#233;mi Boniface&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; Pendant 14 ans, Th&#233;o Hilarion s'est battu sans complaisance, comme un guerrier. Il a gagn&#233;. Le jour de rendre les comptes, il s'est comport&#233; comme un seigneur. Il a accord&#233; son pardon, total &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des v&#233;rit&#233;s au goutte &#224; goutte</title>
		<link>https://www.temoignages.re/justice/des-verites-au-goutte-a-goutte,30708</link>
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		<dc:date>2008-06-25T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment ne pas comprendre l'agacement de Th&#233;o Hilarion devant la lenteur et la parcimonie, surtout, avec laquelle les deux gendarmes l&#226;chent, au fil d'interminables auditions, des bribes de v&#233;rit&#233;s ou de semi-v&#233;rit&#233;s capables d'expliquer le tir qui a &#244;t&#233; &#224; un docker son &#339;il gauche et presque trois de ses cinq sens ? Hier, la partie civile a exprim&#233; sa lassitude. &lt;br class='autobr' /&gt; Au rythme auquel, depuis lundi, les deux gendarmes l&#226;chent leurs parcelles de v&#233;rit&#233; sur les faits du 7 mars 1994, auront-ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment ne pas comprendre l'agacement de Th&#233;o Hilarion devant la lenteur et la parcimonie, surtout, avec laquelle les deux gendarmes l&#226;chent, au fil d'interminables auditions, des bribes de v&#233;rit&#233;s ou de semi-v&#233;rit&#233;s capables d'expliquer le tir qui a &#244;t&#233; &#224; un docker son &#339;il gauche et presque trois de ses cinq sens ? Hier, la partie civile a exprim&#233; sa lassitude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au rythme auquel, depuis lundi, les deux gendarmes l&#226;chent leurs parcelles de v&#233;rit&#233; sur les faits du 7 mars 1994, auront-ils dit toute la v&#233;rit&#233; avant la fin de la semaine ? Hier, c'est Th&#233;o Hilarion qui commen&#231;ait &#224; en douter et &#224; exprimer son agacement devant les d&#233;robades et les demi-v&#233;rit&#233;s. &lt;br&gt;
Car si les deux gendarmes se contredisent toujours autant et se chargent mutuellement, ou chargent d'autres protagonistes pour tenter de se tirer de leur mauvais pas, ils continuent de se taire ensemble, dans un accord tacite, quant aux explications attendues sur l'emploi d'une telle violence contre une simple manifestation ouvri&#232;re.&lt;br&gt;
Hier, la matin&#233;e s'est pass&#233;e dans l'audition de diff&#233;rents t&#233;moins. L'ophtalmologiste qui a, &#224; plusieurs reprises, examin&#233; Th&#233;o, a expliqu&#233; hier pourquoi le docker ne cessait de passer d'op&#233;ration en greffe et de greffe en traitement longue dur&#233;e, depuis qu'il a perdu son &#339;il gauche. Le m&#233;decin a expliqu&#233; aux jur&#233;s la destruction des cloisons int&#233;rieures, la perte de l'odorat et du go&#251;t suite aux fractures du sinus sinuso&#239;dal o&#249;, tr&#232;s certainement, des terminaisons nerveuses de l'odorat ont &#233;t&#233; esquint&#233;es. Il a aussi montr&#233; la rupture du globe oculaire et des mati&#232;res internes et l'endommagement du &#8220;cul de sac&#8221; de l'&#339;il, et expliqu&#233; que les multiples op&#233;rations subies par Th&#233;o Hilarion ont &#233;t&#233; rendues n&#233;cessaires par la destruction des parois int&#233;rieures du globe oculaire. Le m&#233;decin a m&#234;me demand&#233; au docker d'enlever sa proth&#232;se devant les jur&#233;s, pour faire voir la profondeur de la blessure.&lt;br&gt;
Les autres t&#233;moins appel&#233;s &#224; la barre - Michel S&#233;raphine en tant que n&#233;gociateur des dockers et quelques ouvriers pr&#233;sents pendant l'altercation, puis un gendarme et le colonel Denis Guillaume - ont tent&#233; d'&#233;clairer soit les faits, soit la fa&#231;on dont ils ont &#233;t&#233; tus par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles v&#233;rit&#233;s retenir de ces auditions ? Outre celles rappel&#233;es par le syndicaliste Michel S&#233;raphine sur l'organisation du travail et les conditions de la &#8220;d&#233;bauche&#8221; du 7 mars (voir ci-apr&#232;s), les jur&#233;s ont entendu Charles Gamet s'exprimer plus pr&#233;cis&#233;ment qu'il ne l'avait fait la veille sur la pr&#233;sence des gendarmes au port ce jour-l&#224;. &lt;i&gt;&#171; Nous &#233;tions en position ambigu&#235;, sur une structure priv&#233;e, pour arbitrer un litige qui ne nous concernait pas &#187; &lt;/i&gt;a-t-il relev&#233;, &#224; l'occasion d'un rappel du dispositif mis en place depuis 6h du matin et autour duquel &lt;i&gt;&#171; tout &#233;tait calme jusqu'&#224; 10h30 &#187;&lt;/i&gt;. Charles Gamet toujours, interrog&#233; sur l'affrontement et l'&#233;change entre &#8220;grenade p&#233;i&#8221; et grenades lacrymog&#232;nes, a rappel&#233; la chronologie du d&#233;ploiement, notant que les dockers avaient ramass&#233; des galets &lt;i&gt;&#171; &#224; l'arriv&#233;e de deux pelotons&lt;/i&gt; (de renfort - Ndlr) &lt;i&gt;avec gyrophare deux tons &#187;.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Le matin, c'&#233;tait tranquille, avec de la tension perceptible &#187;,&lt;/i&gt; ajoute-t-il. &lt;i&gt;&#171; Nous n'&#233;tions pas bien vus... M. Hilarion comme d'autres venaient nous voir pour nous dire &#8220;Qu'est-ce que vous &#234;tes venus faire ici ? Ne restez pas l&#224;&#8221; ! &#187;&lt;/i&gt;. Ce rappel par Gamet s'inscrit dans une logique, soutenue par les deux gendarmes, faisant de Th&#233;o Hilarion &lt;i&gt;&#171; un&lt;/i&gt; &lt;i&gt;meneur &#187;&lt;/i&gt; de la manifestation du 7 mars 1994 - ce qui finit par faire r&#233;agir vivement le docker bless&#233; (voir ci-apr&#232;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre v&#233;rit&#233;, ou demi-v&#233;rit&#233;, d&#233;crite par un gendarme pr&#233;sent &#224; La R&#233;union en mars 1994 et affect&#233; en France depuis. Il faisait partie de la m&#234;me unit&#233;, mais n'&#233;tait pas de service le 7 mars. Il se rendit sur les lieux le lendemain, pour constater la violence de l'affrontement de la veille - de tr&#232;s nombreux galets jonchant le sol, des panneaux bris&#233;s... et raconte au tribunal des &#8220;rumeurs&#8221; qui circul&#232;rent parmi les gendarmes apr&#232;s les faits. &lt;i&gt;&#171; J'ai entendu dire que Michelot &#233;tait le tireur et qu'on lui avait demand&#233; de s'occuper d'un meneur &#187;,&lt;/i&gt; rapporte-t-il. La rumeur semblait donc indiquer qu'il y avait eu un ordre de tir... Mais sur le tir lui-m&#234;me, le gendarme n'a aucun souvenir des commentaires faits. C'est le m&#234;me homme qui, le 1er octobre 1997, &#233;voquait &lt;i&gt;&#171; un climat de malaise &#187;&lt;/i&gt; &#224; la gendarmerie. Sur l'usage des armes sp&#233;ciales, il dira aussi que &lt;i&gt;&#171; seuls les grad&#233;s d&#233;cidaient de leur pr&#233;sence dans les op&#233;rations &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
Lors de la longue audition qui suivit du colonel Denis Guillaume (voir ci-apr&#232;s), le plus haut grad&#233; de la gendarmerie au moment des faits a donn&#233; un aper&#231;u de ce que peut &#034;l'esprit de corps&#034; pour faire plier les faits &#224; la discipline militaire. Il a m&#234;me donn&#233; hier une toute nouvelle version, la derni&#232;re version &#8220;maison&#8221; pour tenter de sauver le soldat Gamet ? A une question de Me Bourdon, l'avocat de Gamet, qui demandait au colonel Guillaume si le capitaine Gamet (au moment des &lt;i&gt;faits&lt;/i&gt;)&lt;i&gt; &#171; est capable de donner l'ordre de tirer avec une arme l&#233;tale &#187;&lt;/i&gt;, le colonel Guillaume commen&#231;a par une d&#233;n&#233;gation... avant de se reprendre : &lt;i&gt;&#171; Il est tr&#232;s difficile de se mettre &#224; la place de quelqu'un qui est dans une op&#233;ration de maintien de l'ordre &#187;&lt;/i&gt;...&lt;br&gt;
Et c'est ainsi que tr&#232;s vite, selon les propres dires du colonel Guillaume, l'op&#233;ration de &#8220;maintien de l'ordre&#8221; du 7 mars 1994 devint &lt;i&gt;&#171; la chose dont on &lt;/i&gt;(la gendarmerie&lt;i&gt;-Ndlr&lt;/i&gt;)&lt;i&gt; n'a plus parl&#233;. Plus jamais &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;P. David&lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;o Hilarion, un &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; meneur &#187; ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Les deux gendarmes ne peuvent &#233;voquer les faits du 7 mars 94 sans donner de Th&#233;o Hilarion le portrait d'un &#034;meneur&#034;, qui &#171; &lt;i&gt;excitait les autres depuis le matin &#187;&lt;/i&gt; et qui, juste avant le tir, se comportait &lt;i&gt;&#171; de fa&#231;on tr&#232;s agit&#233;e &#187;,&lt;/i&gt; criant vers les forces de l'ordre &lt;i&gt;&#171; des propos provocateurs &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Il avait la gestuelle d&#233;sordonn&#233;e de quelqu'un de tr&#232;s agit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, dit Alain Michelot. Charles Gamet ajoute qu'il avait &lt;i&gt;&#171; une attitude tr&#232;s provocante, tant au niveau gestuel que dans ses propos &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;
Bref, un portrait aux traits forc&#233;s que ne recoupent pas les t&#233;moignages des autres dockers. L'un d'eux dira de Th&#233;o qu'il &#233;tait &lt;i&gt;&#171; plut&#244;t un plaisantin &#187;&lt;/i&gt;...&lt;br&gt;
A la barre, l'ancien docker interpella &#224; son tour les deux gendarmes. &lt;i&gt;&#171; Tout ce que j'entends depuis ce matin, &#231;a me fait mal. J'ai toujours voulu &#234;tre un homme travailleur, responsable... Si vraiment les gendarmes m'ont observ&#233; depuis le matin, le 7 mars, est-ce qu'ils peuvent dire ce que je portais sur moi, ce jour-l&#224; comme tous les autres jours ? &#187;,&lt;/i&gt; demande-t-il. Et comme les deux pr&#233;venus donnent leur langue au pr&#233;sident, Th&#233;o Hilarion continue &lt;i&gt;&#171; J'avais une banane &#224; la ceinture &#187;,&lt;/i&gt; dit-il en s'&#233;tonnant que le seul d&#233;tail vestimentaire que le tireur et le grad&#233; soient en mesure de donner a &#233;t&#233; ce &lt;i&gt;&#171; Tee-shirt bleu &#187;&lt;/i&gt; absolument passe partout. &lt;i&gt;&#171; J'en ai marre... Excusez-moi, mais je suis l&#224;, comme un pantin manipul&#233; par un marionnettiste. Je ne suis pas une marionnette ! &#187;,&lt;/i&gt; a dit Th&#233;o Hilarion en s'adressant au pr&#233;sident.&lt;br&gt;
Son agacement venait de ce que les deux gendarmes s'acharnent &#224; parler de lui &#224; travers ce que Th&#233;o Hilarion estime &#234;tre le signalement d'un autre, qu'ils ne veulent toujours pas reconna&#238;tre, peut-&#234;tre parce que cela les obligerait &#224; d&#233;signer du m&#234;me coup l'origine de ce &#8220;signalement&#8221;. Mais Th&#233;o sait qu'on l'a pris pour un autre puisqu'un jour o&#249; il s'est rendu au commissariat du Port pour une d&#233;position, apr&#232;s avoir recrach&#233; un morceau de grenade lacrymog&#232;ne d&#233;tach&#233; de son sinus, il entendit un policier dire en le voyant : &lt;i&gt;&#171; Mais, ce n'est pas le gars de la photo... &#187;. &lt;/i&gt;Quelle photo ? Et va-t-elle &#234;tre &#233;voqu&#233;e &#224; l'audience ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;P. D&lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel S&#233;raphine : Pourquoi a-t-on tir&#233; sur Th&#233;o ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Entendu hier en tant que t&#233;moin asserment&#233;, le dirigeant syndicaliste portuaire, Michel S&#233;raphine, a retrac&#233; &#224; la demande du pr&#233;sident &lt;i&gt;&#171; le contexte de cette journ&#233;e &#187;&lt;/i&gt; : Les n&#233;gociations pendant toute une partie de f&#233;vrier, l'accord du 1er mars 1994 et finalement les conditions qui ont fait que, ce 7 mars, il n'y a pas eu d'embauche au BCMO (Bureau central de la main d'&#339;uvre, organisme tripartite qui embauchait, d&#233;j&#224; en 1994, trois cat&#233;gories de dockers), parce que les crit&#232;res contenus dans l'accord n'&#233;taient pas r&#233;unis.&lt;br&gt;
Il &#233;voque aussi les multiples conflits survenus depuis de longues ann&#233;es dans l'enceinte portuaire. &lt;i&gt;&#171; Les dockers sont des gens responsables, qui ont connu de tr&#232;s nombreux mouvements, assez forts, mais nous avons toujours trouv&#233; des solutions. Nous ne sommes pas l&#224; pour crier vengeance, mais rien ne nous permet de comprendre pourquoi on a tir&#233; sur Th&#233;o &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Apr&#232;s un &#233;change entre Charles Gamet et Michel S&#233;raphine, le pr&#233;sident du tribunal voulant faire pr&#233;ciser comment et &#224; quel moment s'&#233;tait op&#233;r&#233; le repositionnement des militaires (apr&#232;s le d&#233;part des d&#233;l&#233;gu&#233;s dockers pour la Pr&#233;fecture), le juge Szysz conclut que &lt;i&gt;&#171; cela se passait normalement, sans volont&#233; d'en d&#233;coudre de la part des dockers, malgr&#233; leur col&#232;re et leur inqui&#233;tude devant le non respect de l'accord &#187;&lt;/i&gt;. Alors, pourquoi ce tir, comme l'a demand&#233; Michel S&#233;raphine ? La r&#233;ponse tarde &#224; venir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;P. D&lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pardon et v&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://www.temoignages.re/justice/pardon-et-verite,30709</link>
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		<dc:date>2008-06-25T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ex-adjudant-chef Alain Michelot a dit au deuxi&#232;me jour de l'audience &#171; avoir besoin du pardon de Th&#233;o Hilarion &#187; pour apaiser sa conscience. La tonalit&#233; de cet appel &#233;tait celle de la sinc&#233;rit&#233;. La r&#233;ponse de Th&#233;o est venue dans les instants qui ont suivi. Extraordinairement empreinte d'une &#233;motion qui le prenait &#224; la gorge, cette r&#233;ponse - qui fut effectu&#233;e en deux temps, matin et apr&#232;s-midi - fut admirable d'authenticit&#233; : &lt;br class='autobr' /&gt;
il y a longtemps que j'ai pardonn&#233; &#224; celui qui a tir&#233; sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ex-adjudant-chef Alain Michelot a dit au deuxi&#232;me jour de l'audience &lt;i&gt;&#171; avoir besoin du pardon de Th&#233;o Hilarion &#187;&lt;/i&gt; pour apaiser sa conscience. La tonalit&#233; de cet appel &#233;tait celle de la sinc&#233;rit&#233;. La r&#233;ponse de Th&#233;o est venue dans les instants qui ont suivi. Extraordinairement empreinte d'une &#233;motion qui le prenait &#224; la gorge, cette r&#233;ponse - qui fut effectu&#233;e en deux temps, matin et apr&#232;s-midi - fut admirable d'authenticit&#233; :&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;- il y a longtemps que j'ai pardonn&#233; &#224; celui qui a tir&#233; sur moi...&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;- ... mais pour que ce pardon ait profond&#233;ment un sens...&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;- ... il doit se fonder sur la v&#233;rit&#233; qui m'est due : &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;- si l'accus&#233; a besoin de moi pour le pardon, moi j'ai besoin de lui pour la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir entendu, au troisi&#232;me jour d'audience, les propos du colonel Guillaume (*), qui n'ont aucunement contribu&#233; - c'est le moins que l'on puisse dire - &#224; faire &#233;merger la cha&#238;ne v&#233;ritable des responsabilit&#233;s, des silences et des mensonges, on ne peut qu'&#234;tre tr&#232;s anxieux, avec Th&#233;o Hilarion, pour l'issue annonc&#233;e pour ce soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; sera-t-elle encore la grande absente d'un final qui serait alors synonyme de d&#233;solation ? Ou, au contraire, cette derni&#232;re journ&#233;e peut-elle accoucher du d&#233;clic salvateur, pour notre dignit&#233; &#224; tous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Alain Dreneau&lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;(*) Officier sup&#233;rieur qui commandait la gendarmerie de La R&#233;union &#224; l'&#233;poque des faits.&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le courage de faire surgir la v&#233;rit&#233; ?</title>
		<link>https://www.temoignages.re/justice/le-courage-de-faire-surgir-la-verite,30710</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/justice/le-courage-de-faire-surgir-la-verite,30710</guid>
		<dc:date>2008-06-25T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'affaire Th&#233;o Hilarion est un drame. Pour Th&#233;o, ce drame dure depuis le 7 mars 1994 et ne s'&#233;teindra qu'avec sa propre vie. Pour l'ensemble des acteurs, pour notre soci&#233;t&#233;, il s'agit d'un drame hypoth&#233;quant lourdement des vies depuis 14 ans d&#233;j&#224;. 14 longues ann&#233;es de mensonges, de reniement de la parole donn&#233;e, de violations des lois de la R&#233;publique par ceux-l&#224; m&#234;mes qui sont charg&#233;s d'en exiger le respect. 14 ann&#233;es de d&#233;g&#226;ts moraux consid&#233;rables puisque ceux qui sont charg&#233;s de donner (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/theo-hilarion" rel="tag"&gt;Th&#233;o Hilarion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'affaire Th&#233;o Hilarion est un drame. Pour Th&#233;o, ce drame dure depuis le 7 mars 1994 et ne s'&#233;teindra qu'avec sa propre vie. Pour l'ensemble des acteurs, pour notre soci&#233;t&#233;, il s'agit d'un drame hypoth&#233;quant lourdement des vies depuis 14 ans d&#233;j&#224;. 14 longues ann&#233;es de mensonges, de reniement de la parole donn&#233;e, de violations des lois de la R&#233;publique par ceux-l&#224; m&#234;mes qui sont charg&#233;s d'en exiger le respect. 14 ann&#233;es de d&#233;g&#226;ts moraux consid&#233;rables puisque ceux qui sont charg&#233;s de donner l'exemple se sont coalis&#233;s pour occulter un crime alors qu'une autre voie &#233;tait possible. Une autre voie qui n'aurait pas restitu&#233; &#224; Th&#233;o son int&#233;grit&#233;, mais qui e&#251;t pu se r&#233;v&#233;ler exemplaire si le d&#233;sir sinc&#232;re de rechercher les causes profondes de ce drame avait pr&#233;valu. Ce qui n'est pas le cas.&lt;br&gt;
Au terme de trois jours de proc&#232;s public, quel est le constat ? On a vu la victime accorder son pardon &#224; ceux dont elle attend qu'ils lui disent enfin la v&#233;rit&#233;. On a vu, du bas en haut de l'&#233;chelle des institutions de la R&#233;publique, chacun esquiver ses responsabilit&#233;s. On a vu le droit de manifestation &#234;tre assimil&#233; &#224; un d&#233;lit, le docker-manifestant devenant un d&#233;linquant : &lt;i&gt;&#171; alors, qu'il ne vienne pas se plaindre, car il a concouru &#224; son malheur &#187;,&lt;/i&gt; a-t-on entendu dans le questionnement de certains.&lt;br&gt;
Lorsque le colonel Guillaume explique que le pr&#233;fet, le procureur g&#233;n&#233;ral, le procureur de la R&#233;publique, le juge d'instruction ont &#233;t&#233; inform&#233;s de la forfaiture, ni l'&#201;tat, ni l'institution judiciaire ne veulent entendre. &lt;i&gt;&#171; J'ai la conviction que le responsable est un grad&#233; de l'ELI&lt;/i&gt;, aurait dit le procureur Legras, &lt;i&gt;mais compte-tenu du contexte politico-judiciaire, je n'en ferai rien &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;
&#171; C'est une affaire difficile, aurait le juge d'instruction, je ne sais pas comment nous allons nous en sortir, l'important est de faire tra&#238;ner les choses &#187;. &lt;br&gt;
&#171; Vous avez trahi ma confiance, dit le colonel Guillaume, mais je vous donne ma parole que je ne vous d&#233;noncerai pas sauf si je dois parler sous serment &#187;.&lt;br&gt;
&#171; Je vous donne ma parole d'officier, dit le capitaine Gamet, qu'il n'y avait ni fusil &#224; pompe, ni munitions interdites &#187;. Autant de propos solennels, autant de parjures.&lt;br&gt;
Le fond de cette affaire n'a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; qu'&#224; l'occasion du t&#233;moignage de Michel S&#233;raphine, repr&#233;sentant les dockers. Sobrement, mais de fa&#231;on limpide, il a expliqu&#233; les raisons pour lesquelles les dockers protestaient ce jour-l&#224;. L'&#201;tat sacrifiant un statut des dockers unanimement salu&#233; comme novateur par rapport &#224; la situation m&#233;tropolitaine et, au moment o&#249; il renie publiquement sa parole, il enjoint &#224; ses repr&#233;sentants de pr&#234;ter le concours des forces de l'ordre &#224; la protection d'une man&#339;uvre de trahison profitant &#224; une entreprise priv&#233;e.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;La raison &#233;tant d'interdire &#224; une coop&#233;rative d'ouvriers dockers de mettre en &#233;vidence les rouages secrets de la formation des prix des marchandises entrant &#224; La R&#233;union. Gigantesque enjeu !&lt;br&gt;
Qui ne comprend que, face &#224; la perception visc&#233;rale de cette trahison, les dockers ne pouvaient rester les bras crois&#233;s ? Qu'attendait-on d'eux qu'ils fassent d'autre que ce qu'ils ont fait, qu'ils avaient d&#233;j&#224; fait des dizaines de fois et qui, des dizaines de fois d&#233;j&#224;, avait conduit les acconiers &#224; rechercher les bases d'un compromis dont on a vu qu'il &#233;tait fructueux tant pour eux que pour les dockers ?&lt;br&gt;
Sauf que, cette fois-ci, l'arbitre a &#8220;jou&#233; voleur&#8221; en envoyant les forces de l'ordre fausser le jeu social. &lt;br&gt;
La peur de certains aidant ; le mythe sciemment entretenu du caract&#232;re pr&#233;tendument d&#233;moniaque des Portois ; la croyance, tout autant ignorante de la r&#233;alit&#233;, selon laquelle la fin des organisations ouvri&#232;res et/ou communistes devait, &#224; La R&#233;union aussi, d&#233;couler de l'effondrement sovi&#233;tique ; l'ignorance culturelle quasi totale de ces professionnels m&#233;tropolitains hautement qualifi&#233;s, d&#233;vou&#233;s &#224; leur arme, p&#233;n&#233;tr&#233;s de leur mission, mais dont les rotations quadriennales impos&#233;es les coupent des r&#233;alit&#233;s r&#233;unionnaises ; tout cela aurait d&#251; conduire la Pr&#233;fecture &#224; s'interdire de recourir au subterfuge et &#224; l'envoi des gendarmes. Ne restait plus qu'&#224; gratter l'allumette et ce fut l'arriv&#233;e - sir&#232;nes deux-tons et gyrophares allum&#233;s - des renforts qui en tint lieu avec l'encha&#238;nement qui s'est ensuivi. &lt;br&gt;
Ce matin, aura-t-on le courage enfin de d&#233;monter lucidement tout cela ou bien continuera-t-on d'ignorer la v&#233;rit&#233; et le combat pour la dignit&#233; r&#233;unionnaise personnifi&#233;s ici par Th&#233;o Hilarion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jean Saint-Marc&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le foss&#233; se creuse entre les deux accus&#233;s</title>
		<link>https://www.temoignages.re/justice/le-fosse-se-creuse-entre-les-deux-accuses,30679</link>
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		<dc:date>2008-06-24T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'audience du mardi s'est poursuivie avec les interrogatoires des deux pr&#233;venus. Tour &#224; tour, Alain Michelot et Charles Gamet ont r&#233;pondu aux questions et donn&#233; leur version. Si un avocat a pu parler de &#171; v&#233;rit&#233; &#233;volutive &#187;, devant l'effondrement de quelques gros mensonges, les deux hommes gardent des versions divergentes : ils sont en d&#233;saccord sur presque tout. Alain Michelot, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; longtemps le seul &#224; parler, se r&#233;fugie dans l'ob&#233;issance. Charles Gamet, quant &#224; lui, a admis que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'audience du mardi s'est poursuivie avec les interrogatoires des deux pr&#233;venus. Tour &#224; tour, Alain Michelot et Charles Gamet ont r&#233;pondu aux questions et donn&#233; leur version. Si un avocat a pu parler de &#171; v&#233;rit&#233; &#233;volutive &#187;, devant l'effondrement de quelques gros mensonges, les deux hommes gardent des versions divergentes : ils sont en d&#233;saccord sur presque tout. Alain Michelot, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; longtemps le seul &#224; parler, se r&#233;fugie dans l'ob&#233;issance. Charles Gamet, quant &#224; lui, a admis que le silence des autorit&#233;s judiciaires et pr&#233;fectorales lui avait servi de caution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;102&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L400xH300/IMG_0640-f6a5a.jpg?1780994534' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Michel S&#233;raphine et Th&#233;o Hilarion au tribunal ce matin pour suivre la suite du proc&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Photo P.D.)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toute la journ&#233;e de mardi, les deux pr&#233;venus sont revenus sur leur version des faits du 7 mars 1994, dans un jeu de questions pos&#233;es tour &#224; tour par le pr&#233;sident du tribunal, les avocats, l'avocat g&#233;n&#233;ral, plus rarement les jur&#233;s.&lt;br&gt;
Les d&#233;bats ont essentiellement tourn&#233; autour des faits au moment de la confrontation entre dockers et forces de l'ordre, et du silence organis&#233; sur ces m&#234;mes faits d&#232;s le 7 mars apr&#232;s-midi. &lt;br&gt;
Il est apparu que les deux hommes ont longtemps menti, et longtemps souffert de leurs mensonges - c'est ce qu'ils ont dit l'un et l'autre hier - l'un par &#171; ob&#233;issance &#187; et l'autre &#171; pour prot&#233;ger [sa] hi&#233;rarchie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les faits eux-m&#234;mes, les deux gendarmes n'ont pas la m&#234;me appr&#233;ciation, sauf pour &#233;voquer &lt;i&gt;&#171; la faiblesse du dispositif &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; Tr&#232;s vite, on s'est sentis d&#233;bord&#233;s &#187;&lt;/i&gt; dit Alain Michelot, qui &#233;voque &lt;i&gt;&#171; un risque de d&#233;bordement par les c&#244;t&#233;s ou par l'arri&#232;re &#187;&lt;/i&gt; et qui explique que c'est &#224; ce moment-l&#224; qu'il va chercher, de sa propre initiative, le fusil &#224; pompe - une arme non r&#233;glementaire en op&#233;ration de &lt;i&gt;&#171; maintien de l'ordre &#187;&lt;/i&gt; et une munition, qu'il choisit &lt;i&gt;&#171; &#224; t&#226;tons &#187;&lt;/i&gt; lui fera-t-on pr&#233;ciser. Le gendarme persiste &#224; dire sa certitude d'avoir pris &lt;i&gt;&#171; une gomme-cogne &#187;&lt;/i&gt; - munition non r&#233;glementaire, et tr&#232;s impr&#233;cise. &lt;i&gt;&#171; Et l&#224;, stupeur ! Je vois la personne s'effondrer dans une mare de sang (...) Je ne r&#233;alise pas, je ne comprends pas comment un projectile en caoutchouc, que je connais, peut causer cette blessure &#187;&lt;/i&gt; r&#233;pond Alain Michelot au pr&#233;sident. &lt;br&gt;
Toute la matin&#233;e, l'avocat de Th&#233;o Hilarion essaie de lui faire l&#226;cher cette version commode de la munition choisie &lt;i&gt;&#171; par erreur &#187;&lt;/i&gt; (voir encadr&#233;). &lt;br&gt;
Intervenant &#224; son tour, l'avocat g&#233;n&#233;ral obtiendra d'Alain Michelot l'aveu que, pour la premi&#232;re fois depuis quatorze ans, il mentionne &lt;i&gt;&#171; Th&#233;o Hilarion baignant dans son sang &#187;&lt;/i&gt;. Un bout de v&#233;rit&#233; se fait jour par la description des cons&#233;quences de l'acte, mais l'acte lui-m&#234;me reste dans le flou. Alain Michelot dira &#224; un officier qu'il pense qu'il y a eu &lt;i&gt;&#171; autre chose, un autre tir &#187;&lt;/i&gt;. Je est un autre ?&lt;br&gt;
Il dira ensuite qu'il &lt;i&gt;&#171; a choisi le silence &#187;&lt;/i&gt; parce que &lt;i&gt;&#171; l'affaire le d&#233;passe &#187;&lt;/i&gt; et parce qu'il rencontre &lt;i&gt;&#171; le m&#234;me silence dans sa hi&#233;rarchie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les faits eux-m&#234;mes et sur la manifestation, Charles Gamet n'a pas la m&#234;me version. Le haut grad&#233;, pr&#233;sent sur les lieux d&#232;s 6h du matin, constate lui aussi tr&#232;s vite &lt;i&gt;&#171; que le dispositif est inefficace, totalement &#8220;inop&#233;rationnel&#8221; &#187;&lt;/i&gt;. En contact avec la Pr&#233;fecture, il demande et obtient une r&#233;quisition compl&#233;mentaire sp&#233;ciale - qui permet l'utilisation de moyens eux aussi &#8220;sp&#233;ciaux&#8221;... Il parle de &lt;i&gt;&#171; climat insurrectionnel &#187;&lt;/i&gt; et dit aussi &lt;i&gt;&#171; qu'&#224; un moment, ce n'&#233;tait plus du maintien de l'ordre &#187;&lt;/i&gt;, sugg&#233;rant que, du c&#244;t&#233; des forces de l'ordre, &lt;i&gt;&#171; le stress, la mont&#233;e d'adr&#233;naline &#187;&lt;/i&gt; ont pu conduire certains &#224; se sentir en droit de faire usage de la force. &lt;br&gt;
Il reconna&#238;t avoir vu Michelot le fusil &#224; pompe &#224; la main, qui se dirige vers le dispositif. &lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas r&#233;agi sur le moment... J'&#233;tais en train de donner des ordres sur l'usage des armes aux tireurs de grenades du premier rang &#187;&lt;/i&gt; r&#233;pond le lieutenant-colonel au pr&#233;sident. Le Pr&#233;sident lui fait observer que lors de l'instruction et lors du proc&#232;s de 2002, il niait farouchement avoir vu Alain Michelot le fusil &#224; pompe &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des v&#233;rit&#233;s par bribes&lt;br&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
A-t-il ou non donn&#233; &#224; Alain Michelot l'ordre de tirer avec le fusil &#224; pompe ? Charles Gamet le nie obstin&#233;ment. Mais il dira aussi &lt;i&gt;&#171; Si Michelot est all&#233; le chercher, j'ai pens&#233; qu'il avait de bonnes raisons &#187;&lt;/i&gt;, laissant voir une fronti&#232;re t&#233;nue entre les circonstances dans lesquelles des militaires peuvent ou ne peuvent pas utiliser ce type d'arme. Et des connivences tacites entre les deux hommes, sur lesquelles ils refusent de s'expliquer plus avant. Charles Gamet, qui reconna&#238;t aujourd'hui avoir vu l'arme (fusil &#224; pompe), dit aussi que lorsqu'il voit le gendarme Michelot passer avec l'arme &#224; la main, il sait qu'elle contient une &#171; munition l&#233;tale &#187; (mortelle) et que son coll&#232;gue de l'ELI &lt;i&gt;&#171; a de bonnes raisons &#187;&lt;/i&gt; d'&#234;tre all&#233; la chercher. D&#232;s lors, reconna&#238;tre qu'il aurait donn&#233; l'ordre de tirer dans ces conditions, reviendrait &#224; admettre qu'il aurait pu donner un &#8220;permis de tuer&#8221;.&lt;br&gt;
Charles Gamet ira jusqu'&#224; dire qu'il a pu &lt;i&gt;&#171; y avoir une confusion sur les ordres donn&#233;s &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Avocat g&#233;n&#233;ral, piqu&#233; au vif peu avant par des r&#233;v&#233;lations de Charles Gamet sur le r&#244;le jou&#233; par le procureur Legras (le procureur de l'&#233;poque) dans l'organisation du silence (voir ci-apr&#232;s), pousse le lieutenant-colonel dans ses derniers retranchements. &lt;i&gt;&#171; Si l'ELI, comme vous le dites, est de tr&#232;s grande valeur, expliquez comment l'un de ses meilleurs hommes pourrait agir, dans une situation critique, sans ordre ? &#187;&lt;/i&gt; Et comme Charles Gamet &#233;voque &lt;i&gt;&#171; le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;stress &#187;&lt;/i&gt; des hommes, l'avocat g&#233;n&#233;ral lui rappelle une d&#233;claration pr&#233;c&#233;dente, dans laquelle le militaire notait au contraire &lt;i&gt;&#171; que ses hommes avaient connu des choses plus graves en 1991 &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Alors, M. Gamet, quand dites-vous la v&#233;rit&#233; ? &#187;&lt;/i&gt; s'impatiente l'avocat g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Alain Michelot, tout en assumant les faits, s'est-il plusieurs fois, hier, d&#233;rob&#233; aux questions &#171; par pudeur &#187; - une pudeur qui ressemble &#224; des mensonges par omission. Mais il continue &#224; dire qu'il &#171; a tir&#233; sur ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, dans l'apr&#232;s midi, l'expertise balistique permettra de montrer aux jur&#233;s les diff&#233;rences - tr&#232;s grandes diff&#233;rences : de taille, de couleur...- entre munitions gomme-cogne et Alsetex Alca 12 (voir ci-contre). Les questions &#224; l'expert en balistique fera m&#234;me sortir de leurs gonds les avocats des deux gendarmes. L'un d'eux ira jusqu'&#224; mettre en doute &lt;i&gt;&#171; l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle &#187;&lt;/i&gt; du d&#233;fenseur de Th&#233;o Hilarion. &lt;i&gt;- &#171; Comment ! Vos clients ont expliqu&#233; ce matin qu'ils avaient menti tous les deux et c'est mon honn&#234;tet&#233; intellectuelle qui pose probl&#232;me !? &#187;&lt;/i&gt; r&#233;torque l'avocat de la partie civile.&lt;br&gt;
Les questions vont reprendre aujourd'hui, avec l'audition des t&#233;moins, dont le colonel Guillaume... s'il se rend &#224; la convocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;P. David &lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;o Hilarion : Vivre et pardonner&lt;br&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Une premi&#232;re fois, le matin, l'ancien docker est venu &#224; la barre &#224; la demande du pr&#233;sident. Alain Michelot venait de se d&#233;rober &#224; un feu de questions pos&#233;es par l'avocat de la partie civile sur ce qu'il savait, lui Michelot, ou pensait savoir, de l'opinion de Charles Gamet sur la munition utilis&#233;e.&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;- &#171; Vous me demandez de faire des suppositions... &#187; dit le gendarme en s'esquivant. Puis il termine en s'adressant indirectement &#224; Th&#233;o Hilarion&lt;i&gt;. &#171; Mes regrets sont quotidiens vis-&#224;-vis de M. Hilarion, de son handicap. Sachez que mon esprit ne sera apais&#233; qu'apr&#232;s l'obtention de son pardon... Seul ce pardon peut me rendre la s&#233;r&#233;nit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Le pr&#233;sident appelle alors l'ancien docker. &lt;i&gt;&#171; C'est s&#251;r qu'apr&#232;s le pardon, on est libre. Mais pour moi, pour donner le pardon, il me faut la v&#233;rit&#233;... &#187;&lt;/i&gt; dit le docker qui ajoute que &lt;i&gt;&#171; ce n'est peut-&#234;tre pas pour aujourd'hui &#187;&lt;/i&gt;. Il ne finit pas sa phrase, qui s'&#233;trangle dans un sanglot.&lt;br&gt;
Il revient &#224; la barre l'apr&#232;s-midi pour compl&#233;ter cette pens&#233;e et r&#233;pondre &#224; des interrogations soulev&#233;es par la version des gendarmes. Ceux-ci le d&#233;signent constamment comme &lt;i&gt;&#171; meneur &#187;&lt;/i&gt; et expliquent que c'est parce qu'&#8220;on&#8221; le leur a d&#233;sign&#233; comme tel qu'il a &#233;t&#233; vis&#233;. Sur sa &#034;part de responsabilit&#233;&#034; dans les &#233;v&#233;nements du 7 mars, Th&#233;o a dit qu'il ne pouvait que s'en remettre &#224; ce que ses amis l'ont aid&#233; &#224; reconstituer par la suite : Il &#233;tait l&#224; le matin, t&#244;t, puis est reparti assez vite. Et quand il revient, le &#8220;b&#232;zman&#8221; avait d&#233;j&#224; &#233;clat&#233;. Comme il avait laiss&#233; sa moto &#224; la barri&#232;re - que les forces de l'ordre venaient de fermer - il s'avance vers son engin, en faisant de grand geste des bras, peut-&#234;tre en s'adressant aux gendarmes mais, dans le vacarme de l'&#233;chauffour&#233;e, quel parole pouvait &#234;tre entendue distinctement ? Th&#233;o s'avance vers la barri&#232;re sans voir que, sur sa gauche, dans le dispositif des forces de l'ordre, un gendarme arm&#233; d'un fusil &#224; pompe s'est agenouill&#233; pour s'appuyer sur l'&#233;paule d'un autre gendarme &#224; genou, abrit&#233; derri&#232;re son bouclier...&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; J'ai d&#233;j&#224; pardonn&#233; &#224; M. Michelot &#187;&lt;/i&gt; dit Th&#233;o Hilarion en ajoutant qu'il a entendu &lt;i&gt;&#171; la douleur &#187;&lt;/i&gt; du gendarme, qu'il sait ce que c'est et que &lt;i&gt;&#171; cela ne s'invente pas &#187;.&lt;br&gt;
&lt;/i&gt;Il avait juste avant exprim&#233; sa propre douleur, au r&#233;veil, en d&#233;couvrant son nouveau visage. &lt;i&gt;&#171; J'aurais voulu mourir&lt;/i&gt; &#187; a-t-il dit, avant de se reprendre et de se dire : &#171; Maintenant il faut vivre et il faut pardonner &#187;. Douleur encore lorsqu'il se rend compte qu'il ne peut plus travailler, m&#234;me avec le soutien de ses amis dockers : il n'a plus un champ de vision assez large ; un jour il manque d'avoir un accident parce qu'il n'a pas senti une odeur de gaz...&lt;br&gt;
Douleur aussi lorsqu'il s'aper&#231;oit que de la poudre, rest&#233;e incrust&#233;e dans sa t&#234;te avec un morceau de munition, d&#233;gage une odeur pestilentielle. Sa m&#232;re lui dira qu'elle ne le reconna&#238;t plus, qu'elle ne peut plus le regarder. Ce regard de sa m&#232;re qui se d&#233;tourne est, dira-t-il, l'une de ses plus grandes souffrances. Une premi&#232;re compagne aussi s'&#233;carte.&lt;br&gt;
Il finira par rester vivre &#224; Marseille, o&#249; il doit suivre son traitement, se faire op&#233;rer plusieurs fois. Et c'est &#224; Marseille qu'il a rencontr&#233; une nouvelle compagne. &lt;br&gt;
L'histoire n'est pas finie, mais Th&#233;o Hilarion compte beaucoup sur ce proc&#232;s pour en finir avec les &#8220;pourquoi ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;P. D&lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La conspiration du silence : Sous contr&#244;le des autorit&#233;s</title>
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		<dc:date>2008-06-24T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me point tr&#232;s critique dans les d&#233;clarations des gendarmes est l'&#233;vocation de la &#8220;conspiration du silence&#8221; qui a fait qu'aucune instruction s&#233;rieuse n'a pu d&#233;marrer avant 1998. &lt;br class='autobr' /&gt; Chacun des deux gendarmes a fait, devant les jur&#233;s et devant le tribunal, le r&#233;cit de la fa&#231;on dont il avait int&#233;rioris&#233; la consigne de se taire. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Cette logique de silence, si elle avait &#233;t&#233; abandonn&#233;e plus vite, l'auriez-vous suivie ? &#187; demande Me Najzstat &#224; son client, Alain Michelot. &#171; J'aurais ob&#233;i (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me point tr&#232;s critique dans les d&#233;clarations des gendarmes est l'&#233;vocation de la &#8220;conspiration du silence&#8221; qui a fait qu'aucune instruction s&#233;rieuse n'a pu d&#233;marrer avant 1998.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chacun des deux gendarmes a fait, devant les jur&#233;s et devant le tribunal, le r&#233;cit de la fa&#231;on dont il avait int&#233;rioris&#233; la consigne de se taire.&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; Cette logique de silence, si elle avait &#233;t&#233; abandonn&#233;e plus vite, l'auriez-vous suivie ? &#187;&lt;/i&gt; demande Me Najzstat &#224; son client, Alain Michelot. &lt;i&gt;&#171; J'aurais ob&#233;i &#187;&lt;/i&gt; se contente de r&#233;pondre le gendarme, qui ne r&#233;pondra pas non plus aux questions sur le r&#244;le du colonel Guillaume qui, s'il est l&#224; aujourd'hui, sera invit&#233; &#224; r&#233;pondre directement.&lt;br&gt;
Et Me Najzstat de faire pr&#233;ciser comment, en 1998, alors que Michelot sortait du bureau de la juge d'instruction, Mme Braud, sous la protection de la Brigade des Recherches, il apprenait la tenue de la conf&#233;rence de presse que donnait le procureur Legras au m&#234;me moment. &lt;i&gt;&#171; J'ai trouv&#233; cela cavalier &#187; &lt;/i&gt;dit le gendarme, commentant l'empressement du Parquet. &lt;i&gt;&#171; J'ai trouv&#233; cela dramatiquement dangereux et pour le moins l&#233;ger &#187; &lt;/i&gt;ajoute son avocat. &lt;i&gt;&#171; M. Legras a cherch&#233; &#224; se d&#233;douaner rapidement de quatre ans de silence &#187;&lt;/i&gt; ajoute-t-il.&lt;br&gt;
Or, ces quatre ann&#233;es de silence, le m&#234;me Legras, racont&#233; par Gamet cette fois, para&#238;t y avoir pris une part d&#233;terminante. &lt;br&gt;
Les premiers comptes rendus des gendarmes vont au colonel Guillaume. Mais Gamet se souvient aussi que, lors d'un transfert sur les lieux du tir, en juin 1994, le procureur Legras le prend &#034;&#224; part&#034; : &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;- &lt;i&gt;&#171; Je suis persuad&#233; que c'est un grad&#233; de l'ELI GPN qui a tir&#233; sur Th&#233;o Hilarion, mais pour des raisons d'ordre public, je n'en ferai pas &#233;tat &#187; &lt;/i&gt;dit le procureur &#224; Charles Gamet.&lt;br&gt;
Et le m&#234;me Charles Gamet a donn&#233; hier, devant les jur&#233;s, un &#233;l&#233;ment nouveau, affirmant qu'il tenait du colonel Guillaume lui-m&#234;me &lt;i&gt;&#171; le fait qu'il&lt;/i&gt; (Guillaume - &lt;i&gt;Ndlr&lt;/i&gt;) &lt;i&gt;avait inform&#233; les autorit&#233;s judiciaires et pr&#233;fectorales &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
L'ordre de se taire venant &#8220;d'en haut&#8221;, chacun a compos&#233; avec la chape de silence. &lt;i&gt;&#171; J'ai sciemment &#233;labor&#233; une version pour &#233;pargner ma hi&#233;rarchie &#187;&lt;/i&gt; d&#233;clare Gamet. &lt;i&gt;&#171; J'ai ob&#233;i &#187;&lt;/i&gt; dit Michelot, tout en faisant &#233;tat de son &lt;i&gt;&#171; malaise &#187;&lt;/i&gt; dans le conflit ouvert entre sa d&#233;ontologie et le devoir d'ob&#233;issance.&lt;br&gt;
Charles Gamet a &#233;voqu&#233; hier &lt;i&gt;&#171; une situation douloureuse dans laquelle [j'ai] du mal &#224; faire la part des choses &#187;&lt;/i&gt;. Il raconte comment, tout de suite apr&#232;s les faits, il a &#233;t&#233; &lt;i&gt;&#171; pris en &#233;tau &#187;&lt;/i&gt; entre la panique du tireur, Alain Michelot &lt;i&gt;(&#171; Si vous me d&#233;noncez, je me suicide &#187;&lt;/i&gt;) et les pressions de la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;P. D&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mutilation par munition inconnue ?</title>
		<link>https://www.temoignages.re/justice/mutilation-par-munition-inconnue,30681</link>
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		<dc:date>2008-06-24T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est d&#233;sormais &#233;tabli, le 7 mars 1994, lorsque les hommes plac&#233;s sous le commandement du capitaine Gamet prennent position dans l'enceinte portuaire pour une mission de maintien de l'ordre, ni les cartouches Gomm'Cogne, ni les ALSETEX ALCA 12, ne font partie de la dotation officielle des forces de gendarmerie en poste &#224; La R&#233;union et n'auraient jamais d&#251; se trouver l&#224;, car : &lt;br class='autobr' /&gt;
1- leur utilisation &#233;tait interdite dans le cadre d'une mission de maintien de l'ordre, &lt;br class='autobr' /&gt;
2 - ces munitions ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est d&#233;sormais &#233;tabli, le 7 mars 1994, lorsque les hommes plac&#233;s sous le commandement du capitaine Gamet prennent position dans l'enceinte portuaire pour une mission de maintien de l'ordre, ni les cartouches Gomm'Cogne, ni les ALSETEX ALCA 12, ne font partie de la dotation officielle des forces de gendarmerie en poste &#224; La R&#233;union et n'auraient jamais d&#251; se trouver l&#224;, car : &lt;br&gt;
1- leur utilisation &#233;tait interdite dans le cadre d'une mission de maintien de l'ordre, &lt;br&gt;
2 - ces munitions ne figuraient pas dans la dotation officielle des forces de gendarmerie. &lt;br&gt;
M. Michelot a d&#233;clar&#233; avoir pens&#233; charger son fusil &#224; pompe (interdit pour la r&#233;alisation de sa mission) avec une cartouche Gomm'Cogne (alors interdite &#224; La R&#233;union et dont le culot mesure 7 mm) pour envoyer l'&#233;quivalent d'un tr&#232;s puissant coup de poing sur Th&#233;o Hilarion.&lt;br&gt;
Or, M. Michelot a pris dans sa cartouchi&#232;re, &lt;i&gt;&#171; &#224; la palpation &#187;&lt;/i&gt; dit-il, une cartouche ALSETEX ALCA 12 dont le culot mesure pr&#232;s de 2,5 cm. Cette munition n'est destin&#233;e qu'&#224; des op&#233;rations de police judiciaire. Elle a des effets redoutables. Elle permet de perforer des portes, de faire exploser des fen&#234;tres ou encore le pare-brise d'une voiture, puis de r&#233;pandre un puissant gaz incapacitant. &lt;br&gt;
M. Michelot a d&#233;clar&#233; avoir &#233;t&#233; surpris du r&#233;sultat obtenu par une ALSETEX ALCA 12 &#224; la suite de son tir contre Th&#233;o Hilarion. &lt;br&gt;
Il affirme ne pas savoir ce qu'&#233;tait une cartouche ALSETEX-ALCA 12 et quels pouvaient en &#234;tre les effets : &#171; Je ne pouvais pas me douter de ce qui allait arriver, car je n'avais jamais vu ce type de cartouches avant ce jour-l&#224; &#187;.&lt;br&gt;
&#171; Mais, r&#233;torque le pr&#233;sident un brin interloqu&#233;, c'est vous personnellement qui avez garni votre cartouchi&#232;re &#187;. &#171; Oui, c'est moi, r&#233;pond M. Michelot, mais comment voulez-vous que je puisse me douter de quoi que ce soit puisque, lorsque je charge ma cartouchi&#232;re, je n'avais encore jamais vu ce type de cartouche ? &#187;&lt;br&gt;
Pour accepter l'argument de M. Michelot, nous devrions admettre que, lorsqu'un gendarme d&#233;couvre dans les munitions qui lui sont attribu&#233;es -par l'armurier de sa caserne ?- une munition dont il dit tout ignorer, il ne s'en inqui&#232;te pas et du moment qu'elle correspond au calibre de son arme (interdite) il en garnit sa cartouchi&#232;re. Qui peut y croire ? &lt;br&gt;
Heureusement pour la gendarmerie la v&#233;rit&#233; est ailleurs. Nous la devons &#224; des gendarmes et notamment au gendarme Houillon qui, le 12 octobre 1997 a d&#233;clar&#233; aux enqu&#234;teurs : &lt;i&gt;&#171; J'ai vu au sein du peloton des cartouches ALSETEX ALCA 12 &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt;. Je sais parfaitement que cette munition n'est pas dans le commerce &#187;.&lt;br&gt;
&lt;/i&gt;Voil&#224; donc un gendarme qui sait ce que sont des cartouches ALSETEX ALCA 12 alors que son adjudant-chef d&#233;clare n'avoir jamais vu ce type de munition... dont il a pourtant lui-m&#234;me garni sa propre cartouchi&#232;re. Comment expliquer une telle attitude aux si funestes cons&#233;quences ?&lt;br&gt;
Le gendarme Houillon nous fournit la solution -&#233;vidente- : &#171; C'est l'adjudant-chef Michelot qui les a amen&#233;es [les ALSETEX ALCA 12] au peloton &#224; son arriv&#233;e de l'EPIGN. Il &#233;tait en possession d'une bo&#238;te et nous a expliqu&#233; avoir pris ces munitions &#224; l'EPIGN &#187;.&lt;br&gt;
Enfin, M. Michelot nous a dit que, dans l'affaire du &#8220;forcen&#233; au cutter&#8221;, le forcen&#233; avait &#233;t&#233; neutralis&#233; par un tir de Gomm'Cogne &#224; une distance de 6 m. L'&#233;paule avait &#233;t&#233; vis&#233;e et le forcen&#233; avait &#233;t&#233; touch&#233; &#224; la joue car, dit M. Michelot la Gomm'Cogne est une munition lourde, impr&#233;cise et qui a une trajectoire s'incurvant tr&#232;s rapidement. &lt;br&gt;
Or Th&#233;o Hilarion se trouvait &#224; une distance de 20 &#224; 25 m, soit 4 fois plus &#233;loign&#233; du tireur que ne l'&#233;tait le forcen&#233; au cutter, donc il &#233;tait encore plus difficile &#224; atteindre et M. Michelot ne pouvait l'ignorer. Alors pourquoi, &lt;i&gt;&#171; dans un climat insurrectionnel &#187;&lt;/i&gt; et alors qu'on craignait, nous dit-on, &lt;i&gt;&#171; d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s et pris &#224; revers &#187;,&lt;/i&gt; pourquoi un gendarme exp&#233;riment&#233; aurait-il choisi de prendre une cartouche Gomm'Cogne dont il nous dit qu'elle est extr&#234;mement impr&#233;cise ? Il nous a dit avoir ressenti l'urgence d'obtenir un effet efficace et pourtant il use d'une munition dont il sait qu'&#224; cette distance de 20 &#224; 25 m, il existe peu de probabilit&#233;s de toucher sa cible ? Et nous sommes pri&#233;s d'y croire ? Comme on nous prie de croire qu'&#224; &lt;i&gt;&#171; la palpation &#187;,&lt;/i&gt; on ne peut distinguer un culot m&#233;tallique &#224; peine sup&#233;rieur au demi-centim&#232;tre avec un culot de 2,5 cm ? &lt;br&gt;
Est-ce ainsi qu'on agit en honn&#234;te homme ? Est-ce de cette fa&#231;on que MM. Michelot et Gamet entendent respecter Th&#233;o Hilarion, leur victime ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jean Saint-Marc&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui veut priver Th&#233;o Hilarion de la v&#233;rit&#233; et de la justice ? </title>
		<link>https://www.temoignages.re/justice/qui-veut-priver-theo-hilarion-de-la-verite-et-de-la-justice,30660</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/justice/qui-veut-priver-theo-hilarion-de-la-verite-et-de-la-justice,30660</guid>
		<dc:date>2008-06-23T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Th&#233;o Hilarion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le proc&#232;s des violences du 7 mars 1994, &#224; l'entr&#233;e du port-Est, par lesquelles un ouvrier docker, Edmond Hilarion - dit &#8220;Th&#233;o&#8221; - est rest&#233; mutil&#233; &#224; vie, priv&#233; de son &#339;il gauche, s'est ouvert hier matin &#224; la Cour d'Assises de Saint-Denis de La R&#233;union. Un proc&#232;s in&#233;dit o&#249;, pour la premi&#232;re fois dans toute la Ve R&#233;publique, deux gendarmes sont dans le box des accus&#233;s non pas en accompagnateurs de pr&#233;sum&#233; criminel, mais en tant qu'accus&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le proc&#232;s qui s'est ouvert hier matin &#224; la Cour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le proc&#232;s des violences du 7 mars 1994, &#224; l'entr&#233;e du port-Est, par lesquelles un ouvrier docker, Edmond Hilarion - dit &#8220;Th&#233;o&#8221; - est rest&#233; mutil&#233; &#224; vie, priv&#233; de son &#339;il gauche, s'est ouvert hier matin &#224; la Cour d'Assises de Saint-Denis de La R&#233;union. Un proc&#232;s in&#233;dit o&#249;, pour la premi&#232;re fois dans toute la Ve R&#233;publique, deux gendarmes sont dans le box des accus&#233;s non pas en accompagnateurs de pr&#233;sum&#233; criminel, mais en tant qu'accus&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L400xH267/IMG_2281-881c9.jpg?1780994534' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;(photo Imaz Press R&#233;union)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s qui s'est ouvert hier matin &#224; la Cour d'Assises de la rue Juliette Dodu, &#224; Saint-Denis, est une chose inou&#239;e, au sens litt&#233;ral. C'est la premi&#232;re fois en France, a soulign&#233; l'un des avocats pr&#233;sents, que deux gendarmes, convaincus de violences commises dans l'exercice de leur fonction - une op&#233;ration de &lt;i&gt;&#171; maintien de l'ordre &#187;&lt;/i&gt; - comparaissent devant une Cour d'Assises. &lt;br&gt;
Il a fallu douze ans de proc&#233;dure, apr&#232;s trois renvois devant un tribunal correctionnel - qui, chaque fois, en premi&#232;re instance et en appel, s'est d&#233;clar&#233; incomp&#233;tent -, pour qu'enfin, une Chambre d'instruction criminelle prenne, le 17 juillet 2007 - 13 ans apr&#232;s les faits et 8 ans apr&#232;s le premier renvoi devant un tribunal &#8220;incomp&#233;tent&#8221; - l'arr&#234;t de renvoi correspondant &#224; la vraie nature des faits, renvoyant devant la cour d'Assises de Saint-Denis les gendarmes Alain Michelot et Charles Gamet, respectivement pour violence volontaire, avec pr&#233;m&#233;ditation, usage d'arme et de munitions prohib&#233;es, et complicit&#233; des m&#234;mes faits - pour lesquels ils encourent une peine de 15 ann&#233;es de r&#233;clusion criminelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Experts et t&#233;moins en vid&#233;oconf&#233;rence&lt;br&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Comme tous les proc&#232;s d'Assises, celui d'hier a commenc&#233; dans une salle comble, par l'appel des convoqu&#233;s et le tirage au sort, par le pr&#233;sident Jean-Pierre Szysz, des onze citoyens dont neuf auront voix de d&#233;claration (et 2 suppl&#233;ants). Aux termes du tirage au sort, sept femmes et quatre hommes ont rejoint le tribunal, tandis que la salle se vidait de ceux et celles qui n'&#233;taient pas retenus. Sur les bancs restaient les parties civiles - Th&#233;o Hilarion et la CGTR repr&#233;sent&#233;e par ses secr&#233;taires Michel S&#233;raphine, Danio Ricquebourg, et quelques dockers ainsi que des citoyens venus pour la plupart de la cit&#233; maritime.&lt;br&gt;
Puis ce fut l'appel des experts, tous absents hier. Certains - enqu&#234;teur de personnalit&#233;, psychiatre, psychologue - allaient &#234;tre entendus dans le courant de la journ&#233;e en vid&#233;oconf&#233;rence. Le m&#233;decin r&#233;unionnais qui a examin&#233; Th&#233;o Hilarion puis l'a op&#233;r&#233;, en 1994, absent pour cause d'&#233;v&#233;nement familial grave, sera convoqu&#233; mercredi matin. D'autres experts, en balistique notamment, seront &#233;galement entendus par vid&#233;oconf&#233;rence, quatre &#233;crans lat&#233;raux et un grand &#233;cran central ayant &#233;t&#233; install&#233;s &#224; cette fin dans la salle d'audience.&lt;br&gt;
Vint ensuite le tour des t&#233;moins. Sur les quinze cit&#233;s &#224; compara&#238;tre par l'avocat g&#233;n&#233;ral Fran&#231;ois Basset, quatre dockers se sont pr&#233;sent&#233;s hier matin, pour entendre le pr&#233;sident leur demander de ne pas assister aux audiences et de revenir mercredi matin. Tous les autres, &#224; l'exception du colonel Guillaume - &#224; la t&#234;te de la gendarmerie de l'&#238;le en 1994 - t&#233;moigneront par vid&#233;oconf&#233;rence. &lt;br&gt;
Curieusement, Michel S&#233;raphine - qui repr&#233;sente l'une des parties civiles (la CGTR), a &#233;galement &#233;t&#233; cit&#233; &#224; compara&#238;tre comme t&#233;moin, ce qui ne saurait prosp&#233;rer bien longtemps puisque les t&#233;moins sont &#233;cart&#233;s des d&#233;bats auxquels assistent les parties civiles. Parmi ces derni&#232;res, Th&#233;o Hilarion lui-m&#234;me et des membres de sa famille. &lt;br&gt;
Th&#233;o Hilarion, ainsi que l'a rappel&#233; son avocat, Me Boniface, a re&#231;u un tel choc le 7 mars 94 qu'il a perdu la m&#233;moire des faits : il ne sait pas ce qui s'est pass&#233; - au-del&#224; de ce que ses camarades ont pu lui rapporter - et attend de ce proc&#232;s, comme il le demande depuis le d&#233;but, &lt;i&gt;&#171; v&#233;rit&#233; et justice &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V&#233;rit&#233; et Justice pour Th&#233;o ?&lt;br&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La lecture des &#233;tapes de la proc&#233;dure est venue rappeler que le crime commis sur la personne du docker Th&#233;o Hilarion a d'abord &#233;t&#233; longtemps &#233;touff&#233; par la &lt;i&gt;&#171; loi du silence &#187;&lt;/i&gt;, dont la suite des d&#233;bats devra d&#233;signer les responsables - avant d'&#234;tre renvoy&#233; devant un tribunal correctionnel, pas avant l'ann&#233;e 2000, soit six ans apr&#232;s les faits. &lt;br&gt;
Le parcours chaotique de cette proc&#233;dure, rappel&#233; &#224; chacune des &#233;tapes pr&#233;c&#233;dentes (voir, derni&#232;rement, &#8220;T&#233;moignages&#8221; du 20 juin 2008) a &#233;t&#233; une fois encore soulign&#233;, avec les renvois devant le tribunal correctionnel, la condamnation de Charles Gamet pour &lt;i&gt;&#171; subornation de t&#233;moin &#187;,&lt;/i&gt; les appels et pourvois en Cassation &#224; r&#233;p&#233;tition de ce dernier jusqu'&#224; l'&#233;puisement de tous les recours et le renvoi du donneur d'ordre et du tireur, le 17 juillet 2007, devant la Cour d'Assises et un jury populaire.&lt;br&gt;
Et si cette nouvelle et ultime &#233;tape (les accus&#233;s pourront faire appel, mais ne pourront pas une fois encore changer de juridiction) - si cette &#233;tape, donc, n'&#233;tait encore une fois qu'un leurre ? Si les torsions des faits sugg&#233;r&#233;es hier matin et les reproches mutuels que commencent &#224; s'adresser les deux gendarmes (voir cii-apr&#232;s) signalaient encore un penchant aux mensonges et &#224; la recherche de faux-fuyants ? &lt;br&gt;
Lorsque le pr&#233;sident Szysz demande aux deux accus&#233;s s'ils reconnaissent les faits, le retrait&#233; de la gendarmerie Alain Michelot acquiesce, mais le haut-grad&#233; - il est aujourd'hui lieutenant-colonel - et donneur d'ordre pr&#233;sum&#233; s'obstine &#224; nier. Comme il le fait depuis le d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;P. David&lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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