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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>Ubu roi, rue de Grenelle </title>
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&lt;p&gt;Faut-il qu'il en veuille &#224; l'&#233;cole r&#233;publicaine, &#224; ses personnels et &#224; ses &#233;l&#232;ves, Sarkozy, pour s'&#234;tre &#224; ce point acharn&#233;, d&#232;s son accession &#224; la pr&#233;sidence, &#224; les pilonner sous un d&#233;luge de coups dignes de ceux qu'il fit porter par ses soldats au dictateur libyen et &#224; ses troupes... J'ai d&#233;j&#224; dans de multiples chroniques &#233;voqu&#233; les postes supprim&#233;s, les classes ferm&#233;es, le soutien aux plus faibles lamin&#233;, le Bac d&#233;natur&#233;, la formation des ma&#238;tres r&#233;duite au quasi-n&#233;ant, bref, l'opini&#226;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/" rel="directory"&gt;Chronique de Raymond Mollard&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faut-il qu'il en veuille &#224; l'&#233;cole r&#233;publicaine, &#224; ses personnels et &#224; ses &#233;l&#232;ves, Sarkozy, pour s'&#234;tre &#224; ce point acharn&#233;, d&#232;s son accession &#224; la pr&#233;sidence, &#224; les pilonner sous un d&#233;luge de coups dignes de ceux qu'il fit porter par ses soldats au dictateur libyen et &#224; ses troupes... J'ai d&#233;j&#224; dans de multiples chroniques &#233;voqu&#233; les postes supprim&#233;s, les classes ferm&#233;es, le soutien aux plus faibles lamin&#233;, le Bac d&#233;natur&#233;, la formation des ma&#238;tres r&#233;duite au quasi-n&#233;ant, bref, l'opini&#226;tre politique de destruction massive que m&#232;ne contre l'Enseignement public notre Attila &#233;lys&#233;en, fl&#233;au de l'&#201;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recrutements sinistr&#233;s &lt;br&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Sur le recrutement et la formation des ma&#238;tres, par exemple, on savait que la r&#233;forme impos&#233;e (recrutement au niveau Master, soit &#224; Bac +5, et affectation sans stage des laur&#233;ats devant les &#233;l&#232;ves) &#233;tait profond&#233;ment contest&#233;e. Confirmation officielle de ce rejet vient d'&#234;tre donn&#233;e, de fa&#231;on p&#233;remptoire, par le Comit&#233; Master, pr&#233;sid&#233; par le professeur Jean-Michel Jolion, qui vient de rendre public le rapport que lui avaient command&#233;, en octobre 2010, les deux ministres concern&#233;s (&#201;ducation nationale et Enseignement sup&#233;rieur). Ce rapport constitue un r&#233;quisitoire accablant contre la &lt;i&gt;&#171; mast&#233;risation &#187;&lt;/i&gt; qui &lt;i&gt;&#171; met les &#233;tudiants en situation d'&#233;chec par accumulation de contraintes, au lieu de les mettre en situation de r&#233;ussite &#187;. &lt;/i&gt;Il souligne que &lt;i&gt;&#171; les deux minist&#232;res n'ont pas fait la preuve d'une v&#233;ritable volont&#233; de travail collectif &#187;&lt;/i&gt; et rappelle que cette r&#233;forme est &lt;i&gt;&#171; d&#233;cri&#233;e parce qu'elle a principalement &#233;t&#233; amorc&#233;e pour des raisons budg&#233;taires &#187;. &lt;/i&gt;Son constat final est d'une brutale lucidit&#233; : les candidats au professorat sont confront&#233;s &#224; un &lt;i&gt;&#171; concours compl&#232;tement d&#233;connect&#233; du m&#233;tier auquel il est li&#233; &#187;. &lt;/i&gt;Bref, un v&#233;ritable cri d'alarme auquel pour l'instant, ni Luc Chatel, ni Laurent Wauquiez n'ont daign&#233; r&#233;pondre. Il n'est de pires sourds... &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Du souffl&#233; &#224; la cr&#234;pe &lt;br&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Ne quittons pas l'Enseignement sup&#233;rieur sans &#233;voquer une autre r&#233;forme foireuse impos&#233;e par Sarko et engag&#233;e, dans un grand tintamarre m&#233;diatique, par Val&#233;rie P&#233;cresse : celle dite du &lt;i&gt;&#171; tutorat &#187;.&lt;/i&gt; Mise en place en 2007 dans le cadre du plan ambitieusement baptis&#233; &lt;i&gt;&#171; R&#233;ussir en Licence &#187;,&lt;/i&gt; la mesure consistait &#224; permettre aux nouveaux &#233;tudiants de trouver un appui aupr&#232;s d'un &lt;i&gt;&#171; tuteur &#187;&lt;/i&gt; (&#233;tudiant plus ancien), avec pour objectif de diviser par deux le taux d'&#233;chec en premi&#232;re ann&#233;e de Licence. L&#224; encore, le souffl&#233; minist&#233;riel s'est vite aplati comme une cr&#234;pe, ce que montre une enqu&#234;te que vient de publier le CEREQ (Centre d'&#201;tudes et de Recherches sur les Qualifications) apr&#232;s consultation des &#233;tudiants de Bordeaux et de Grenoble. La majorit&#233; (61%) des &#233;tudiants &#233;ligibles &#224; cette aide en 2009-2010 l'ont refus&#233;e, la jugeant qui &lt;i&gt;&#171; inutile &#187;, &lt;/i&gt;qui &lt;i&gt;&#171; stigmatisante &#187;. &lt;/i&gt;En outre, le contenu m&#234;me du tutorat est mis en cause, nombre de ceux qui l'ont accept&#233; au d&#233;part l'ayant abandonn&#233; apr&#232;s quelques s&#233;ances, le jugeant &lt;i&gt;&#171; sans int&#233;r&#234;t &#187;, &lt;/i&gt;voire &lt;i&gt;&#171; pas motivant &#187;&lt;/i&gt;. C&#244;t&#233; tuteurs, la s&#233;v&#233;rit&#233; est &#233;galement de mise, d'abord parce que le temps consacr&#233; &#224; l'aide (environ une heure par semaine) est tr&#232;s insuffisant, mais aussi parce qu'en fait, cette aide passe compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; des jeunes qui en auraient le plus besoin. Si Val&#233;rie P&#233;cresse est aussi efficace au Budget qu'elle l'a &#233;t&#233; &#224; l'Enseignement sup&#233;rieur, on peut commencer &#224; s'inqui&#233;ter pour le triple &#8220;A&#8221; si cher &#224; son Ma&#238;tre !... &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Foutoir &#233;lectoral au Rectorat &lt;br&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Revenons au Second degr&#233; pour saluer le gigantesque foutoir qui vient de pr&#233;sider aux &#233;lections professionnelles (organis&#233;es tous les trois ans), suite &#224; l'obstination du gouvernement d'instaurer le vote par internet : participation en chute libre, erreurs sur les listes &#233;lectorales, acc&#232;s au vote verrouill&#233; pour certains, d&#233;pouillement bloqu&#233;, puis d&#233;bloqu&#233;, puis fix&#233; en nocturne, puis report&#233;, portes claqu&#233;es, noms d'oiseaux. Bref, on s'attend &#224; des recours massifs aupr&#232;s de la juridiction administrative, voire &#224; l'annulation pure et simple de l'ensemble du scrutin. &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&#199;a craint au minist&#232;re, &#231;a risque en maternelle &lt;br&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Terminons chez les tout-petits, avec un projet d'&#233;valuation des &#233;l&#232;ves en maternelle qui d&#233;clenche une v&#233;ritable temp&#234;te chez les personnels et les parents. R&#233;v&#233;l&#233; par &#8220;Le Monde&#8221; du 13 octobre dernier, ce projet, ubuesque s'il en fut, envisage l'&#233;valuation des &#233;l&#232;ves de Grande section de maternelle, selon un protocole minutieusement codifi&#233; au moyen de 22 fiches passant au crible &#224; la fois les apprentissages et les comportements des &#233;l&#232;ves. Tenez-vous bien : on se proposerait ainsi, par rep&#233;rage des troubles de l'apprentissage et du comportement des enfants, de les classer en cat&#233;gorie &lt;i&gt;&#171; &#224; risques &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; &#224; haut risque &#187;. &lt;/i&gt;Ainsi, un &#233;l&#232;ve obtenant un &lt;i&gt;&#171; score &#187; &lt;/i&gt;de moins de deux points en comportement serait class&#233; &lt;i&gt;&#171; &#224; haut risque &#187; !... &lt;/i&gt;On croit r&#234;ver. Heureusement, pour nous sortir du cauchemar, les r&#233;actions se multiplient. &lt;i&gt;&#171; Il ne s'agit ni plus ni moins que d'un dispositif de normalisation des enfants de 5 ans ! &#187;, &lt;/i&gt;tonne la FCPE. Quant au SNUIpp-FSU, il d&#233;clare fort justement : &lt;i&gt;&#171; La maternelle n'est pas une &#233;cole de la comp&#233;tition et du tri &#187;. &lt;/i&gt;Ave&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;Sarko, le pr&#233;sident des maternelles qui se l&#232;vent t&#244;t !... &lt;br&gt; &lt;br&gt;
Une chose est s&#251;re en tout cas : apr&#232;s 5 ans d'exercice solitaire du pouvoir, c'est &#224; un &lt;i&gt;&#171; Pr&#233;sident &#224; haut risque &#187; &lt;/i&gt;que les Fran&#231;ais se devront d'&#233;chapper en mai prochain, en renvoyant l'actuel titulaire se ressourcer bien au chaud dans son biotope du XVI&#232;me arrondissement du chic et du fric, qui sert de couveuse &#224; la &lt;i&gt;&#171; France des ultrariches &#187;&lt;/i&gt; (*) o&#249; s'&#233;panouissent les sarkozystes comme les champignons sur le crottin de cheval. &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard &lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
(*) &lt;i&gt;Lire le livre d'Aymeric Mantoux : &#8220;Voyage au pays des ultrariches&#8221;, Flammarion, 2010, qui s'ouvre sur cette flamboyante &#233;pigraphe, emprunt&#233;e &#224; Karl Lagerfeld, mais qui pourrait &#234;tre le cri du c&#339;ur de Sarkozy : &#171; Je d&#233;teste les riches qui vivent au-dessous de leurs moyens &#187;.&lt;br&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Fran&#231;afrique, France &#224; fric, France &#224; crimes... </title>
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		<dc:date>2011-10-17T21:05:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Diffus&#233; jeudi dernier sur France 2 dans le cadre de l'&#233;mission &#8220;Infra Rouge&#8221; (&#224; une heure malheureusement trop tardive), le film de Patrick Benquet intitul&#233; &#8220;Fran&#231;afrique&#8221; devrait &#234;tre montr&#233; &#224; tous les &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es dans le cadre de leur programme d'Histoire contemporaine, et &#224; tous les &#233;coliers &#224; titre de contre-exemple dans les cours de morale institu&#233;s par Luc Chatel. Ce que rappelle, ce que montre, ce que r&#233;v&#232;le ce document est hallucinant et soul&#232;ve le c&#339;ur. &lt;br class='autobr' /&gt;
On y voit, au fil des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/" rel="directory"&gt;Chronique de Raymond Mollard&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Diffus&#233; jeudi dernier sur France 2 dans le cadre de l'&#233;mission &#8220;Infra Rouge&#8221; (&#224; une heure malheureusement trop tardive), le film de Patrick Benquet intitul&#233; &#8220;Fran&#231;afrique&#8221; devrait &#234;tre montr&#233; &#224; tous les &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es dans le cadre de leur programme d'Histoire contemporaine, et &#224; tous les &#233;coliers &#224; titre de contre-exemple dans les cours de morale institu&#233;s par Luc Chatel. Ce que rappelle, ce que montre, ce que r&#233;v&#232;le ce document est hallucinant et soul&#232;ve le c&#339;ur. &lt;br&gt;
On y voit, au fil des accessions &#224; l'ind&#233;pendance des pays de l'ex-Empire colonial, de quelle mani&#232;re syst&#233;matique, raisonn&#233;e, cynique, sous la direction jalouse d'un Jacques Foccart rendant des comptes au seul g&#233;n&#233;ral de Gaulle, le r&#233;seau diplomatique officiel de la France c&#232;de la place &#224; une diplomatie occulte d'agents secrets, d'espions patent&#233;s, d'ambassadeurs v&#233;reux, de barbouzes, de mercenaires et de tueurs. On y voit s'organiser le pillage g&#233;n&#233;ralis&#233; des mati&#232;res premi&#232;res (bois pr&#233;cieux et produits agricoles comme le cacao d'abord, puis le cuivre, le p&#233;trole, l'uranium, etc.), et la spoliation des peuples maintenus dans la plus atroce des mis&#232;res par des dictateurs soutenus, au nom de la France bien s&#251;r, par Foccart et ses bras arm&#233;s tentaculaires. &lt;br&gt;
On y voit, au long des temps, l'extraordinaire continuit&#233; de cette politique pr&#233;datrice, quelles que soient la personnalit&#233; et la couleur politique de l'h&#244;te de l'&#201;lys&#233;e : de la &lt;i&gt;&#171; grandeur &#187;&lt;/i&gt; gaullienne aux &lt;i&gt;&#171; trente glorieuses &#187;&lt;/i&gt; de Pompidou, de la &lt;i&gt;&#171; Soci&#233;t&#233; lib&#233;rale avanc&#233;e &#187;&lt;/i&gt; de Giscard &#224; la &lt;i&gt;&#171; force tranquille &#187;&lt;/i&gt; de Mitterrand, des magouilles chiraquiennes au discours Sarkozy &#224; Dakar, c'est &#224; une m&#234;me saga de fric et de sang, &#224; l'effrayante remont&#233;e d'un fleuve d'horreurs, &lt;i&gt;&#171; au c&#339;ur des t&#233;n&#232;bres &#187;&lt;/i&gt; peint par Konrad, que nous convie Patrick Benquet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici au Gabon. Apr&#232;s la perte de l'Alg&#233;rie, ce pays de 268.000 km carr&#233;s pour 900.000 habitants tient une place centrale dans la politique fran&#231;africaine. Le film rappelle comment le vieux pr&#233;sident L&#233;on M'ba, install&#233; au pouvoir par Foccart et ses services, fut renvers&#233; par un coup d'&#201;tat d'une centaine d'officiers &#8220;gauchisants&#8221; en f&#233;vrier 1964, et aussit&#244;t r&#233;tabli par un coup de force parti de Paris &#224; l'initiative de Foccart. Celui-ci cr&#233;e alors une &lt;i&gt;&#171; garde pr&#233;sidentielle &#187;&lt;/i&gt; pour M'ba, et la place, sous la direction de Bob Maloubier, barbouze notoire qu'on gardait &#8220;au vert&#8221; au Gabon apr&#232;s lui avoir, pendant la guerre d'Alg&#233;rie, commandit&#233; divers assassinats de &lt;i&gt;&#171; banquiers du FLN &#187;.&lt;/i&gt; Foccart fait nommer &#233;galement comme ambassadeur de France &#224; Libreville un personnage aussi pittoresque que cynique, Maurice Delaunay, qui &#8220;choisira&#8221; le successeur de M'ba (devenu peu fiable) et le fera nommer vice-pr&#233;sident du Gabon lors d'une br&#232;ve c&#233;r&#233;monie organis&#233;e... &#224; l'Ambassade du Gabon &#224; Paris (on croit r&#234;ver !). Ce vice-pr&#233;sident devint donc, sans &#233;lection, pr&#233;sident du Gabon &#224; la mort de L&#233;on M'ba : chacun aura compris qu'il s'agit de l'ineffable Omar Bongo (qui se pr&#233;nommait alors Albert-Bernard), lequel r&#232;gnera d&#232;s lors d'une main de fer pendant 42 ans sur le Gabon devenu, apr&#232;s la d&#233;couverte d'immenses gisements p&#233;troliers, un fascinant &#233;mirat d'Afrique noire. D&#233;tail qui a son importance : c'est le t&#233;moignage d&#233;taill&#233;, direct, complaisant de l'ensemble de ces personnages (souvent fiers d'eux-m&#234;mes, comme Maurice Delaunay, aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;) que nous propose l'auteur du film. Delaunay nous explique ainsi avec d&#233;lectation comment, pendant la guerre du Biafra, qui touchait le Sud-Est du Nig&#233;ria voisin, De Gaulle d&#233;cida de soutenir secr&#232;tement la s&#233;cession (p&#233;trole oblige), et lui fit organiser l'envoi depuis le Gabon de cargaisons d'armes chaque nuit, par vols secrets ; il lui fit aussi cr&#233;er une &#233;cole de formation d'officiers biafrais &#224; Libreville. Echec total de cette op&#233;ration foireuse : la s&#233;cession biafraise est &#233;cras&#233;e dans le sang, on d&#233;nombre un million de morts, dont des centaines de milliers d'enfants rong&#233;s par la famine. Ces images d'horreur sont encore dans toutes les m&#233;moires, mais le film nous apprend que ce sont nos services secrets qui ont d&#233;cid&#233;, en vain, de les faire passer en boucle &#224; la t&#233;l&#233;, pour que l'opinion publique indign&#233;e pousse de Gaulle &#224; intervenir militairement au Biafra. Une page de honte de plus pour le journalisme fran&#231;ais... &lt;br&gt;
Voil&#224; pour le Gabon ou le Nig&#233;ria. Mais la sanglante &#233;pop&#233;e nous conduit encore dans bien des pays d'Afrique, qu'on ne peut malheureusement pas tous &#233;voquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons l'&#233;pisode o&#249; Giscard d'Estaing (qui avait d&#233;j&#224;, en tant que ministre des Finances de Pompidou, re&#231;u les fameux diamants de Bokassa), envoie Bob Denard au B&#233;nin dans une exp&#233;dition qui tourne au d&#233;sastre. Giscard, ensuite, renverse ingratement l'&lt;i&gt;&#171; Empereur &#187;&lt;/i&gt; Bokassa, qui lui avait offert tant de safaris priv&#233;s en Centrafrique, et le remplace par David Dacko lors de l'op&#233;ration &lt;i&gt;&#171; Barracuda &#187;.&lt;/i&gt; On voit aussi un membre du SDECE, se faisant passer pour un journaliste, inviter dans un restaurant de Gen&#232;ve F&#233;lix Moumi&#233;, principal opposant au pr&#233;sident du Cameroun, Ahmadou Ahidjo : Moumi&#233; meurt brutalement, empoisonn&#233; au thallium (*). Puis viendra l'affaire Elf (qui dure encore), mais pour laquelle Chirac, touch&#233; par l'anosognosie, ne risque sans doute plus rien. Notons enfin, au passage, cette s&#233;quence o&#249; Chirac, magnifiquement d&#233;cor&#233; d'une &#233;ni&#232;me &#233;charpe rutilante par son ami Omar Bongo (les deux se tutoient comme larrons en foire), est applaudi chaleureusement par sa groupie Margie Sudre (pour sa d&#233;fense, rappelons que sa pr&#233;sence au gouvernement n'&#233;tait sans doute en rien motiv&#233;e par une implication quelconque dans la politique de &#8220;coups tordus&#8221; ch&#232;re &#224; son Pygmalion pr&#233;sidentiel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, de l'esclavage &#224; la colonie, du Si&#232;cle des Lumi&#232;res aux ann&#233;es de la Guerre froide, des ors de la Troisi&#232;me R&#233;publique aux valises de fric de la Cinqui&#232;me, les relations institutionnelles entre la France et l'Afrique ont eu beau chang&#233; d'apparences, elles sont rest&#233;es fix&#233;es sur un seul et m&#234;me objectif : s'approprier les mati&#232;res premi&#232;res, anesth&#233;sier les populations par la mis&#232;re, pr&#233;server les march&#233;s en prot&#233;geant les dictateurs qui faisaient all&#233;geance, &#233;liminer physiquement les g&#234;neurs, corrompre &#224; tous les niveaux et se faire, en retour, arroser de r&#233;trocommissions pour financer les partis (ou les hommes) au pouvoir. Clich&#233; d'&#233;poque ? On voudrait pouvoir le dire &#224; nos enfants. Mais, que leur r&#233;pondre quand ils d&#233;couvrent (dans &#8220;Le Monde&#8221; du 8 octobre dernier) la photo de M. Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;, patron de l'UMP, barbotant (c'est le mot) dans la vaste piscine de M. Ziad Takieddine, l'homme d'affaires franco-libanais dont on parle tant ces jours-ci, au Cap-d'Antibes ? L'anosognosie de notre Histoire est-elle ingu&#233;rissable ?... &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard &lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
(*) A propos du Cameroun, un livre-br&#251;lot nous rappelle opportun&#233;ment, alors que Paul Biya, qui succ&#233;da &#224; Ahidjo en 1982, vient de se faire &#8220;r&#233;&#233;lire&#8221; pour sept ans, que &lt;i&gt;&#171; la guerre coloniale du Cameroun a bien eu lieu &#187;&lt;/i&gt; : commenc&#233;e dans les ann&#233;es 50, poursuivie sous De Gaulle en soutien &#224; Ahidjo, elle aurait fait, selon les sources, entre 61.000 et 120.000 morts, peut-&#234;tre davantage. A lire donc : &#8220;Kamerun ! Une guerre cach&#233;e aux origines de la Fran&#231;afrique (1948-1971)&#8221; aux &#233;ditions La D&#233;couverte, 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Votons pour &#171; une utopie parfaitement r&#233;aliste &#187;... </title>
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		<dc:date>2011-10-10T22:29:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise &#224; M. Cop&#233; et &#224; son ironie bilieuse, la large participation aux primaires citoyennes de dimanche prouve sans contestation possible qu'au plan national comme au plan local, les citoyens &#8212; au Parti socialiste certes, mais aussi bien au-del&#224; de ses rangs &#8212; sont demandeurs d'une d&#233;mocratie r&#233;elle, qui soit &#224; la fois participative, directe, transparente. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi la franche adh&#233;sion populaire qu'a suscit&#233;e le scrutin d'avant-hier doit, au tout premier chef, &#234;tre compt&#233;e comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/" rel="directory"&gt;Chronique de Raymond Mollard&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise &#224; M. Cop&#233; et &#224; son ironie bilieuse, la large participation aux primaires citoyennes de dimanche prouve sans contestation possible qu'au plan national comme au plan local, les citoyens &#8212; au Parti socialiste certes, mais aussi bien au-del&#224; de ses rangs &#8212; sont demandeurs d'une d&#233;mocratie r&#233;elle, qui soit &#224; la fois participative, directe, transparente. &lt;br&gt;
C'est pourquoi la franche adh&#233;sion populaire qu'a suscit&#233;e le scrutin d'avant-hier doit, au tout premier chef, &#234;tre compt&#233;e comme une avanc&#233;e fondamentale des pratiques d&#233;mocratiques de la R&#233;publique. &lt;br&gt;
Mais au m&#234;me titre que la participation, la qualit&#233; du d&#233;bat pr&#233;alable au vote doit s'appr&#233;cier comme un progr&#232;s lui aussi consid&#233;rable. &lt;br&gt;
Ces d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s nous ont en effet montr&#233; des personnes dialoguant avec courtoisie, respectant le point de vue des autres m&#234;me quand elles ne le partageaient pas, pr&#233;sentant leurs propres propositions sans manich&#233;isme, ni sectarisme, et ouvrant d'ores et d&#233;j&#224; la voie au travail de synth&#232;se qui, quelle que soit la personne finalement d&#233;sign&#233;e, s'av&#232;rera n&#233;cessaire pour que sa candidature devienne bien celle de la gauche unie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#233;matiques majeures qui p&#232;sent sur la vie publique et pr&#233;occupent principalement la population ont fait l'objet de constats, d'analyses, de propositions diversifi&#233;es : l'emploi, les prix, l'&#233;conomie, la crise, la jeunesse, l'&#233;ducation, l'environnement, la sant&#233;, la solidarit&#233; ont donn&#233; lieu &#224; des d&#233;veloppements nombreux et diversifi&#233;s, sans que la question soit jamais conclue par un credo d&#233;finitif, ni bloqu&#233;e par une v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, de telle sorte que chacun pourra forger sa propre opinion sur chaque point, ce qui, sur des th&#232;mes comme l'Europe, la mondialisation ou l'Outre-mer fran&#231;ais (pensons &#224; ce qui se passe &#224; Mayotte), n&#233;cessitera assur&#233;ment des d&#233;veloppements ult&#233;rieurs approfondis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le pays a &#233;chapp&#233;, l'espace d'un dimanche, &#224; cette atmosph&#232;re &#233;touffante de coups fourr&#233;s, d'&#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques ill&#233;gales, de flics ripoux, de procureurs carri&#233;ristes, de r&#233;tro-commissions pharaoniques, de &#8220;rumeurs&#8221; journalistiques ourdies dans les officines du pouvoir et orchestr&#233;es par la presse aux ordres de services sp&#233;ciaux d&#233;voy&#233;s dans leur mission, de cette rebutante suppuration de magouilles, de valises de billets, de trafics d'influence, d'ambitions personnelles, de n&#233;potisme &#233;hont&#233;, qui constitue le fonds de commerce de l'insondable tout-&#224;-l'&#233;gout politique que l'Histoire rangera (le plus t&#244;t possible, esp&#233;rons-le !) sous la peu reluisante &#233;tiquette de &lt;i&gt;&#171; sarkozye politique &#187;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la lumi&#232;re de ce constat que doivent s'entendre les braiements ironiques d'un Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;, leader d'un parti dont, ne l'oublions pas (il faudrait le rappeler &#224; tous les &#233;l&#232;ves des cours d'&#233;ducation civique), les dirigeants dans chaque d&#233;partement sont non pas &#233;lus, mais nomm&#233;s par la tro&#239;ka pr&#233;sidentielle. Nomm&#233;s, oui, nomm&#233;s, ceci presque deux si&#232;cles et demi apr&#232;s la prise de la Bastille ! On comprend pourquoi notre Pr&#233;sident pr&#233;f&#232;re le cur&#233; &#224; l'instituteur : il s'applique &#224; nommer ses sous-fifres comme le Pape ses cardinaux ! La fossilisation d&#233;mocratique est en marche... &lt;br&gt;
Et l&#224; est bien le choix historique qui se pr&#233;sente &#224; la nation, et notamment &#224; nos jeunes, qui n'en peuvent plus de supporter cette gouvernance illisible parce qu'obscure de mandarins parachut&#233;s par Paris, d'&#233;piciers plan&#233;taires appelant, la bouche pleine, les plus humbles &#224; se serrer la ceinture, de gardiens de la loi pi&#233;tinant toute l&#233;galit&#233; : instaurer une authentique d&#233;mocratie en rendant, tout simplement, &#224; la majorit&#233; du peuple le pouvoir qu'on cherche &#224; lui confisquer par la conjonction mafieuse du mensonge, de l'argent et du client&#233;lisme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu dire qu'il y a urgence. Dans son essai r&#233;cemment paru, &#8220;La Soci&#233;t&#233; des &#233;gaux&#8221;, l'historien et professeur au coll&#232;ge de France Pierre Rosanvallon pointe la v&#233;ritable r&#233;gression civique que marque, en France comme en Grande-Bretagne, aux &#201;tats-Unis et dans bien d'autres pays dits &lt;i&gt;&#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;,&lt;/i&gt; le creusement vertigineux des in&#233;galit&#233;s (*). &lt;br&gt;
En pr&#233;sentant son ouvrage dans un num&#233;ro r&#233;cent du &#8220;Monde&#8221;, la journaliste Julie Clarini r&#233;sume sa pens&#233;e en posant sans d&#233;tour la question supr&#234;me : &lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; La d&#233;mocratie peut-elle survivre comme r&#233;gime politique quand elle n'existe plus, ou si peu, comme soci&#233;t&#233; ? A quel niveau d'in&#233;galit&#233; le contrat d&#233;mocratique sera-t-il d&#233;finitivement min&#233;, pr&#233;parant le terrain au premier autocrate venu ? &#187; (**)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;En v&#233;rit&#233;, notre soci&#233;t&#233; en est l&#224;. Tout pr&#232;s du point de rupture. Et seul un changement rapide et radical vers de nouvelles perspectives, &#224; la fois plus &#233;galitaires pour les individus et plus g&#233;n&#233;reuses dans la construction du lien social, &#233;vitera la d&#233;chirure, voire l'affrontement ou le chaos. &lt;br&gt;
Comment refonder la d&#233;mocratie en conciliant l'&#233;galit&#233; et la libert&#233; ? Comment arracher l'&#201;tat &#224; la voracit&#233; du capitalisme financier ? Comment faire respecter nos diff&#233;rences tout en construisant notre &#8220;maison commune&#8221; ? C'est en r&#233;pondant &#224; ces questions, et pas autrement, que &lt;i&gt;&#171; faire soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; deviendra, pour reprendre l'ambitieuse formule de Rosanvallon, &lt;i&gt;&#171; une utopie parfaitement r&#233;aliste &#187;.&lt;/i&gt; &lt;br&gt;
C'est pour cela aussi, c'est pour cela surtout, que nous serons de ceux qui reprendront le chemin des urnes dimanche prochain. &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard &lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
(*) &#8220;La Soci&#233;t&#233; des &#233;gaux&#8221;, collection &#8220;Les livres du Nouveau Monde&#8221;, &#233;ditions du Seuil, sept. 2011 &lt;br&gt;
(**) &#8220;Le Monde&#8221; du 02.09.2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Remplacer les oeill&#232;res politiciennes par &#171; les yeux de l'intelligence... &#187; </title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/remplacer-les-oeilleres-politiciennes-par-les-yeux-de-l-intelligence,52325</link>
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		<dc:date>2011-10-03T22:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Paul Verg&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;natoriales 2011</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le discours prononc&#233; par Paul Verg&#232;s devant les s&#233;nateurs samedi est appel&#233; &#224; plus d'un titre &#224; s'inscrire en bonne place dans l'histoire r&#233;publicaine et d&#233;mocratique de la France. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord parce qu'il fut celui d'un R&#233;unionnais, et que les Ultramarins, malgr&#233; l'empathie de fa&#231;ade que manifeste &#224; leur &#233;gard la rh&#233;torique officielle, n'ont que trop rarement l'opportunit&#233; d'intervenir solennellement face &#224; l'une ou l'autre des deux Chambres. A ce titre, c'est un sentiment unanime de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le discours prononc&#233; par Paul Verg&#232;s devant les s&#233;nateurs samedi est appel&#233; &#224; plus d'un titre &#224; s'inscrire en bonne place dans l'histoire r&#233;publicaine et d&#233;mocratique de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce qu'il fut celui d'un R&#233;unionnais, et que les Ultramarins, malgr&#233; l'empathie de fa&#231;ade que manifeste &#224; leur &#233;gard la rh&#233;torique officielle, n'ont que trop rarement l'opportunit&#233; d'intervenir solennellement face &#224; l'une ou l'autre des deux Chambres. A ce titre, c'est un sentiment unanime de satisfaction et, pourquoi ne pas le dire, de fiert&#233; qu'a suscit&#233;, toutes chapelles politiques confondues, son intervention, tant &#224; La R&#233;union que dans l'ensemble des d&#233;partements et territoires d'Outre-mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite parce que cette intervention, tant par son contenu que par sa tenue, a montr&#233; que l'&#171; &lt;i&gt;Outre-mer&lt;/i&gt; &#187; ne saurait &#234;tre un domaine mineur dont on demande &#224; la repr&#233;sentation nationale de s'occuper apr&#232;s qu'elle a abord&#233; les questions d'ordre national ou international. Bien au contraire, les grandes probl&#233;matiques g&#233;opolitiques mondiales s'y posent et doivent y &#234;tre trait&#233;es de fa&#231;on tout aussi radicale et urgente qu'elles le sont &#224; Paris, &#224; Bruxelles, &#224; l'ONU ou ailleurs dans le monde. Qu'il s'agisse de la pression d&#233;mographique, de la pr&#233;servation de l'environnement, des &#233;nergies renouvelables, du d&#233;veloppement &#233;conomique, de la formation, de l'emploi, de la culture ou de la d&#233;mocratie, Paul Verg&#232;s a su clairement rappeler qu'un territoire de 2500 km2, situ&#233; &#224; 10.000 km de la m&#233;tropole, doit faire face aux m&#234;mes d&#233;fis que le reste du pays, et qu'il ambitionne m&#234;me, quand il le faut, de r&#233;pondre &#224; ces d&#233;fis par des mesures proprement exemplaires, comme La R&#233;union l'a fait en mati&#232;re d'&#233;nergies non fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre point soulign&#233; par ce discours : l'extr&#234;me pr&#233;gnance du pass&#233;, le &#171; &lt;i&gt;poids de l'Histoire&lt;/i&gt; &#187;, dont la courte dur&#233;e de trois si&#232;cles conditionne encore et entretient tant de hi&#233;rarchies sociales, de pratiques culturelles, d'in&#233;galit&#233;s nombreuses et choquantes, de pr&#233;jug&#233;s de classe ou de race. Si la bataille d'Al&#233;sia remonte &#224; plus de vingt si&#232;cles, le sacre de Charlemagne &#224; plus de douze, et l'unification du royaume de France &#224; plus de dix, il n'est pas inutile de rappeler &#224; nos compatriotes que l'esclavage (qui peine manifestement &#224; trouver la place qui devrait &#234;tre la sienne dans l'historiographie officielle) s&#233;vissait il y a &#224; peine plus d'un si&#232;cle et demi, que la &#171; &lt;i&gt;vieille colonie&lt;/i&gt; &#187; n'a c&#233;d&#233; la place au d&#233;partement que depuis 65 ans, que la conqu&#234;te de &#171; &lt;i&gt;l'&#233;galit&#233; sociale&lt;/i&gt; &#187; remonte &#224; quinze ans seulement, que le quotidien des habitants de l'Outre-mer est br&#251;lant encore de cette histoire et des luttes qu'il a fallu conduire (et qui se poursuivent &#226;prement aujourd'hui) pour que la d&#233;mocratie cesse d'&#234;tre une formule creuse, une r&#233;f&#233;rence formelle, et commence vraiment &#224; irriguer, &#224; nourrir la vie quotidienne de nos soci&#233;t&#233;s. De ce point de vue, les r&#233;f&#233;rences &#224; Victor Schoelcher et &#224; Gaston Monnerville &#233;taient particuli&#232;rement &#233;loquentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait tout &#224; fait pertinent &#233;galement de souligner que la g&#233;ographie, autant que l'histoire, dans le contexte global de mondialisation qui touche toute la plan&#232;te, doit &#234;tre prise en compte et int&#233;gr&#233;e dans les strat&#233;gies de co-d&#233;veloppement &#233;conomique et culturel ; que loin d'&#234;tre un handicap, elle repr&#233;sente un atout essentiel dans les accords de coop&#233;ration, de recherche, d'&#233;changes commerciaux aussi bien que culturels. Paul Verg&#232;s l'a fait en insistant, pour ce qui concerne La R&#233;union, sur l'importance de l'oc&#233;an Indien, de ses &#238;les et des pays qui le bordent, &#171; &lt;i&gt;un oc&#233;an o&#249; se joue, de l'Afrique &#224; l'Asie, la plus grande pouss&#233;e d&#233;mographique de l'histoire humaine&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour le contenu. Quant &#224; la tenue, c'est peu dire qu'elle a marqu&#233; l'ensemble des observateurs et des &#233;lus par sa hauteur de vue, son refus de tout triomphalisme &#171; &lt;i&gt;de gauche&lt;/i&gt; &#187; ou de gesticulations politiciennes, son appel &#224; l'union face aux urgences qui attendent la Haute Assembl&#233;e : &#171; &lt;i&gt;nous ressentons tous dans cet h&#233;micycle le coeur battant de la d&#233;mocratie, de la d&#233;mocratie pr&#234;te &#224; se renforcer. (&#8230;) Nous voyons se dessiner l'espoir d'un S&#233;nat &#224; l'avant-garde des changements attendus. (&#8230;) Jamais les femmes et les hommes politiques n'ont eu devant eux une telle responsabilit&#233;, car les probl&#232;mes qu'ils ont &#224; r&#233;soudre sont au coeur de tous les changements plan&#233;taires&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisse cette profession de foi, venue tout droit &#171; &lt;i&gt;d'une &#238;le au monde&lt;/i&gt; &#187; et lanc&#233;e du haut du &#171; plateau &#187; s&#233;natorial, se frayer un chemin vers toutes les consciences et, pour reprendre la belle formule du romancier Alejo Carpentier, &#234;tre &#171; &lt;i&gt;aper&#231;ue par les yeux de l'intelligence&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'&#233;chelle de la Nation tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Ecole et le rouleau compresseur </title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/l-ecole-et-le-rouleau-compresseur,52202</link>
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		<dc:date>2011-09-26T22:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Sur la couverture d'un r&#233;cent hors s&#233;rie, &#034;Charlie Hebdo&#034; pr&#233;sente un rouleau compresseur fou conduit par un Sarkozy hyst&#233;rique, &#233;crasant une &#233;coli&#232;re et un &#233;colier sous sa lourde masse, laquelle porte la mention : &#171; Qui veut la peau de l'&#233;cole ? &#187;. C'est &#224; la question inverse que r&#233;pondront aujourd'hui les personnels et les parents d'&#233;l&#232;ves qui descendront dans la rue : &#171; Qui veut sauver la peau de l'&#233;cole ? &#187; Car on en est l&#224;, et il faudra se battre, et le combat sera f&#233;roce : de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/" rel="directory"&gt;Chronique de Raymond Mollard&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur la couverture d'un r&#233;cent hors s&#233;rie, &#034;Charlie Hebdo&#034; pr&#233;sente un rouleau compresseur fou conduit par un Sarkozy hyst&#233;rique, &#233;crasant une &#233;coli&#232;re et un &#233;colier sous sa lourde masse, laquelle porte la mention : &#171; &lt;i&gt;Qui veut la peau de l'&#233;cole ?&lt;/i&gt; &#187;. C'est &#224; la question inverse que r&#233;pondront aujourd'hui les personnels et les parents d'&#233;l&#232;ves qui descendront dans la rue : &#171; &lt;i&gt;Qui veut sauver la peau de l'&#233;cole ? &#187;&lt;/i&gt; Car on en est l&#224;, et il faudra se battre, et le combat sera f&#233;roce : de suppressions de postes en fermetures de classes, de restrictions de cr&#233;dits en r&#233;forme des recrutements, de programmes bidons en abandon de tout soutien, le syst&#232;me &#233;ducatif fran&#231;ais agress&#233;, &#233;trangl&#233;, pilonn&#233;, sinistr&#233;, se transforme sous nos yeux en une gigantesque machine &#224; fabriquer de l'&#233;chec, &#224; s&#233;lectionner sur des crit&#232;res socioculturels, &#224; priver de tout espoir d'insertion des g&#233;n&#233;rations de plus en plus nombreuses d'&#233;coliers, de coll&#233;giens et de lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les syndicats d'enseignants et les organisations de parents d'&#233;l&#232;ves, ainsi que les militants lyc&#233;ens et &#233;tudiants seront en premi&#232;re ligne dans ce combat. Mais il est important de noter que les critiques, tr&#232;s s&#233;v&#232;res, qu'ils portent &#224; la politique &#233;ducative de MM. Sarkozy, Fillon et Chatel trouvent des &#233;chos, bien au-del&#224; du champ revendicatif, dans nombre de documents et d'analyses qu'on n'a gu&#232;re l'habitude de retrouver du c&#244;t&#233; des manifestants. Retenons-en simplement trois, qui me paraissent particuli&#232;rement significatifs : un rapport du Haut conseil de l'Education (HCE), un autre de l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomique (OCDE), et une enqu&#234;te du paisible Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN) qui regroupe majoritairement les proviseurs de lyc&#233;es et principaux de coll&#232;ges du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le HCE est un organisme consultatif de neuf membres, cr&#233;&#233; en 2005 par la loi d'orientation et de programme pour l'&#233;cole (dite &#034;loi Fillon&#034;), afin d'&#233;mettre des avis et de formuler des propositions sur le fonctionnement du syst&#232;me &#233;ducatif. Dans un rapport publi&#233; le 15 septembre, il remet fondamentalement en cause les &#233;valuations des &#233;l&#232;ves du primaire, en les qualifiant notamment de &#171; &lt;i&gt;partielles &#187;&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;peu exigeantes&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;trompeuses&lt;/i&gt; &#187;. Il conclut &#171; &lt;i&gt;les &#233;valuations de CE1 ne peuvent servir de support &#224; l'&#233;laboration rigoureuse d'un indicateur de pilotage du syst&#232;me &#233;ducatif relatif aux acquis&lt;/i&gt; &#187;. Il critique de m&#234;me les &#233;valuations aux autres paliers (CM2 et coll&#232;ge) et propose carr&#233;ment de mettre un terme &#224; ces &#233;valuations, pour les remplacer par un syst&#232;me plus fiable. Voil&#224; qui, m&#234;me en termes choisis, balaie tous les satisfecit du minist&#232;re sur l'efficacit&#233; du syst&#232;me et renforce de ce fait la th&#232;se inverse, celle d'une v&#233;ritable faillite qualitative &#224; laquelle la droite conduit l'&#233;cole primaire et le coll&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OCDE regroupe 34 pays d'Europe, d'Am&#233;rique et d'Asie. Son rapport &#034;Regards sur l'&#233;ducation 2011&#034; publi&#233; le 13 septembre permet de comparer les syst&#232;mes &#233;ducatifs sur la base de plusieurs dizaines d'indicateurs communs. Le tableau ainsi dress&#233; est particuli&#232;rement s&#233;v&#232;re sur l'&#233;tat de l'&#233;cole en France : &lt;br&gt;
&#8226; Le taux de scolarisation des 15-19 ans a baiss&#233; de 5 points de 1995 &#224; 2009 (passant de 89% &#224; 84%), alors qu'il progressait dans la quasi-totalit&#233; des autres pays. &lt;br&gt;
&#8226; La France consacre &#224; peine 10,6% de ses d&#233;penses publiques &#224; l'&#233;ducation contre 12,9% en moyenne pour les pays de l'OCDE. &lt;br&gt;
&#8226; Le co&#251;t salarial d'un &#233;l&#232;ve du primaire (1180 euros par an) est inf&#233;rieur de 520 euros (!) &#224; la moyenne de l'OCDE. Pour le coll&#232;ge, il est inf&#233;rieur de 458 euros &#224; cette moyenne. &lt;br&gt;
&#8226; Le salaire des enseignants, qui a augment&#233; en valeur r&#233;elle dans la plupart des pays entre 1995 et 2009 a au contraire diminu&#233; en France pour cette m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SNPDEN, quant &#224; lui, a men&#233; son enqu&#234;te de rentr&#233;e aupr&#232;s de 1500 coll&#232;ges et lyc&#233;es, en s'effor&#231;ant d'&#233;valuer l'impact de suppressions de postes sur les classes (16.000 suppressions &#224; cette rentr&#233;e, apr&#232;s 16.000 l'an dernier et 60.000 globales depuis 2007). Il en tire trois conclusions essentielles : &lt;br&gt;
&#8226; La rentr&#233;e n'a pu se faire que par un recours massif aux heures suppl&#233;mentaires impos&#233;es aux enseignants. &lt;br&gt;
Sans ces HS, le SNPDEN calcule qu'il y aurait en moyenne une classe sans profs par &#233;tablissement !... &lt;br&gt;
&#8226; Les coll&#232;ges et lyc&#233;es qui accueillent le plus d'enfants de familles d&#233;favoris&#233;es sont ceux qui perdent le plus d'heures d'enseignement : quand les &#233;tablissements tr&#232;s favoris&#233;s gagnent 4 heures de cours, les &#233;tablissements moyens en perdent 15, et les tr&#232;s d&#233;favoris&#233;s en perdent pr&#232;s de 25 : bonjour l'ascenseur social !... &lt;br&gt;
&#8226; Derni&#232;re le&#231;on de l'enqu&#234;te : l'aide et le soutien (pourtant institu&#233;s par les textes officiels) sont sacrifi&#233;s faute de moyens. Pour l'&#034;accompagnement personnalis&#233;&#034; obligatoire, 12% des &#233;tablissements d&#233;clarent carr&#233;ment qu'ils ne pourront respecter les horaires nationaux impos&#233;s par les programmes. Quant &#224; &lt;br&gt;
l'&#171; &lt;i&gt;individualisation&lt;/i&gt; &#187;, autre grand dada du minist&#232;re en lyc&#233;e, un quart des &#233;tablissements interrog&#233;s d&#233;clarent qu'ils ne pourront faire autre chose que&#8230; la sacrifier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;. Qu'il s'agisse de hautes instances officielles nationales et internationales, ou de la confrontation des chefs d'&#233;tablissement aux r&#233;alit&#233;s du terrain, tous les constats objectifs, toutes les analyses vont &#224; l'encontre du bla-bla officiel sur la &#171; &lt;i&gt;rentr&#233;e techniquement r&#233;ussie&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;l'&#233;ducation des jeunes comme priorit&#233; nationale &#187;&lt;/i&gt;. Le rouleau compresseur de &#034;Charlie Hebdo&#034; est sans doute cruel pour les caciques de l'UMP et du gouvernement. Mais la r&#233;alit&#233; qu'il d&#233;crit, l'est encore bien plus pour les g&#233;n&#233;rations sacrifi&#233;es par la politique catastrophique qu'ils conduisent en application du dogme &#233;ducatif sarkozyen&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Amis libyens, il vous pla&#238;t ? Gardez-le !...</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/amis-libyens-il-vous-plait-gardez-le,52071</link>
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		<dc:date>2011-09-19T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Nicolas Sarkozy</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Libye</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nos gentils m&#233;dias bien complaisants nous ont abreuv&#233;s d'images de foules libyennes en d&#233;lire acclamant leurs lib&#233;rateurs franco-anglais et proclamant chaudement leur amour pour celui qui pose d&#233;sormais en nouveau Lawrence d'Arabie, en La Fayette des dunes de sable, voire en Eisenhower des 4X4, j'ai nomm&#233; Nicolas Sarkozy. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je conviens volontiers que trouver enfin un pays o&#249; des agriculteurs furieux ne lui jettent pas leurs fruits invendus &#224; la t&#234;te, o&#249; des ch&#244;meurs aux abois ne le traitent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/" rel="directory"&gt;Chronique de Raymond Mollard&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/libye" rel="tag"&gt;Libye&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nos gentils m&#233;dias bien complaisants nous ont abreuv&#233;s d'images de foules libyennes en d&#233;lire acclamant leurs lib&#233;rateurs franco-anglais et proclamant chaudement leur amour pour celui qui pose d&#233;sormais en nouveau Lawrence d'Arabie, en La Fayette des dunes de sable, voire en Eisenhower des 4X4, j'ai nomm&#233; Nicolas Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je conviens volontiers que trouver enfin un pays o&#249; des agriculteurs furieux ne lui jettent pas leurs fruits invendus &#224; la t&#234;te, o&#249; des ch&#244;meurs aux abois ne le traitent pas de &#171; &lt;i&gt;pr&#233;sident des riches&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; des parents d'&#233;l&#232;ves &#224; bout de nerfs ne crient pas leur d&#233;testation devant les suppressions de postes et les fermetures de classes, a d&#251; constituer pour l'int&#233;ress&#233; une aventure au moins aussi exaltante que celle du petit g&#233;n&#233;ral Buonaparte d&#233;couvrant son premier mamelouk au pied des Pyramides : las du perchoir de petit chef que lui offre sa basse-cour &#233;lys&#233;enne, Sarko a d&#251; se convulser d'un plaisir limite pharaonique en prenant, sur le pi&#233;destal libyen, la place toute chaude encore du Guide local, contraint d'aller se terrer ailleurs comme le premier renard du d&#233;sert venu. Bref, c'est bien d'accord : oui &#224; la Libye. Mais non aux alibis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ami libyens, meurtris par un demi-si&#232;cle de dictature f&#233;roce, assoiff&#233;s de libert&#233;, inspir&#233;s &#224; l'est par vos fr&#232;res d'&#201;gypte et &#224; l'ouest par ceux de Tunisie, croyez que nous comprenons votre r&#233;volte et en partageons sinc&#232;rement les objectifs, les aspirations et les valeurs. Simplement, prenez garde &#224; ne pas vous laisser voler votre victoire par ceux qui pr&#233;tendent vous rendre la libert&#233; mais esp&#232;rent vous priver de m&#233;moire tout en se payant sur la b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oubliez pas que ce prestigieux pr&#233;sident fran&#231;ais qui fait mine de vous tendre la main aujourd'hui est celui-l&#224; m&#234;me qui, il n'y a m&#234;me pas quatre ans, s'est mis au ban de l'Europe et des d&#233;mocraties en accueillant avec faste &#224; Paris Muammar Kadhafi, sa cour, sa mafia, ses Amazones et ses deux chamelles, et en lui permettant de planter sa tente dans le parc de l'H&#244;tel Marigny, de plastronner face aux m&#233;dias (tout aussi serviles &#224; l'&#233;poque !) et de donner des le&#231;ons de morale politique au monde entier. Alors qu'au m&#234;me moment en Libye des milliers d'opposants &#233;taient emprisonn&#233;s dans les pires conditions, que des militants des Droits de l'Homme &#233;taient tortur&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s, comme l'avaient &#233;t&#233; pendant huit ans les malheureuses infirmi&#232;res bulgares. Alors m&#234;me qu'il &#233;tait &#233;tabli qu'il avait une responsabilit&#233; directe dans l'organisation et le financement de nombre d'attentats terroristes, comme l'explosion le 21 d&#233;cembre 1988 du Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (270 morts) ou un an plus tard du DC-10 d'UTA au-dessus du d&#233;sert du T&#233;n&#233;r&#233; (170 morts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oubliez pas que ce pr&#233;sident est celui-l&#224; m&#234;me qui a pass&#233; des vacances de No&#235;l chez Sa Majest&#233; Mohamed VI (autre grand d&#233;mocrate devant le Tr&#232;s-Haut). Que son Premier ministre Fran&#231;ois Fillon a pass&#233; les m&#234;mes vacances au pays d'Hosni Moubarak, bienfaiteur tr&#232;s connu dont la nation &#233;gyptienne exige aujourd'hui qu'il rende publiquement des comptes &#224; la justice de son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oubliez pas que son plus proche conseiller, Henri Guaino, a f&#234;t&#233; carr&#233;ment la Saint-Sylvestre en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oubliez pas que nombre de ses ministres avaient leurs habitudes et leurs ronds de serviette chez les dictateurs les plus infr&#233;quentables, comme Mme Alliot-Marie, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, se faisant inviter par les complices de Ben Ali pendant que les manifestants tunisiens subissaient la r&#233;pression la plus s&#233;v&#232;re. N'oubliez pas en outre que cette m&#234;me ministre d&#233;clara devant l'Assembl&#233;e Nationale que la seule intervention qu'elle envisageait au nom de la France consisterait en un pr&#234;t de mat&#233;riel r&#233;pressif appropri&#233; &#224; la police anti-&#233;meutes tunisienne. N'oubliez pas non plus que le compagnon de cette ministre, membre lui aussi du gouvernement fran&#231;ais (Patrick Ollier, actuellement ministre charg&#233; des relations avec le Parlement), pr&#233;sident du Groupe d'Amiti&#233; France-Libye, s'&#233;tait fait le chantre inconditionnel de la coop&#233;ration entre la France et le r&#233;gime de Kadhafi, et s'appliquait sur la sc&#232;ne internationale &#224; d&#233;douaner le r&#233;gime en soulignant ses progr&#232;s d&#233;mocratiques et ses ressources &#233;conomiques : comme dirait Sarko le styliste, tant de Rafales &#224; vendre valaient bien que nous fermassions les yeux sur quelques maladroits crimes d'&#201;tat...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oubliez pas, enfin, que ce m&#234;me pr&#233;sident, dans un discours qui s'inscrit &#224; tout jamais dans le sottisier politique universel, d&#233;clara le 26 juillet 2007 &#224; Dakar que &#171; &lt;i&gt;le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entr&#233; dans l'histoire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous formulons des voeux, amis libyens, pour que le drame de la Libye ne soit pas qu'un jour l'homme &#233;lys&#233;en soit, lui, un peu trop entr&#233; dans votre Histoire &#224; vous. Pour que le champ de ruines &#233;conomique et social qu'il laisse chez nous apr&#232;s cinq ans de r&#232;gne absolu, de fausses promesses, de reniements, d'accroissement du ch&#244;mage, de casse du service public, de flicage de la justice et des journalistes, de magouilles financi&#232;res, de cadeaux aux plus riches et d'opprobre jet&#233; sur les plus d&#233;favoris&#233;s, ne viennent pas inspirer la politique des nouveaux ma&#238;tres qu'il cherche &#224; donner &#224; votre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vous de jouer. Bonne chance et plein succ&#232;s &#224; votre r&#233;volution, amis libyens : m&#233;ditez ce message d&#233;sint&#233;ress&#233;, et prenez la mesure des vertus r&#233;elles de l'immense strat&#232;ge qui dirige l'Hexagone. Et surtout, s'il vous pla&#238;t tant, soyez sympas, gardez-le. S&#251;r qu'il est anim&#233; des meilleures intentions &#224; votre &#233;gard. Et qu'apr&#232;s avoir pass&#233; cinq ans &#224; pomper l'air des Fran&#231;ais, il saura en faire autant du p&#233;trole libyen&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aux Moli&#232;res du ridicule : Tartuffe &#224; New York, Monsieur Jourdain &#224; Saint-Denis&#8230; </title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/aux-molieres-du-ridicule-tartuffe-a-new-york-monsieur-jourdain-a-saint-denis,51935</link>
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		<dc:date>2011-09-12T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Bien entendu, il faut condamner le terrorisme. Bien entendu, la m&#233;moire des milliers de victimes des attentats du 11 septembre 2001 m&#233;rite d'&#234;tre honor&#233;e. Bien entendu, nous ne devons jamais oublier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a la mani&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce tsunami compassionnel de larmes de crocodile, cet oc&#233;an de guimauve pleurnicharde, ce raz-de-mar&#233;e de lamentations orchestr&#233; depuis New York et ruisselant, depuis plus d'une semaine, sur les ondes du monde entier, &#233;tait-ce vraiment le meilleur moyen d'amener la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/" rel="directory"&gt;Chronique de Raymond Mollard&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien entendu, il faut condamner le terrorisme. Bien entendu, la m&#233;moire des milliers de victimes des attentats du 11 septembre 2001 m&#233;rite d'&#234;tre honor&#233;e. Bien entendu, nous ne devons jamais oublier. &lt;br&gt;
Mais il y a la mani&#232;re. &lt;br&gt;
Et ce tsunami compassionnel de larmes de crocodile, cet oc&#233;an de guimauve pleurnicharde, ce raz-de-mar&#233;e de lamentations orchestr&#233; depuis New York et ruisselant, depuis plus d'une semaine, sur les ondes du monde entier, &#233;tait-ce vraiment le meilleur moyen d'amener la conscience universelle &#224; se recueillir dans un sentiment partag&#233; de respect et d'espoir ? Qu'on me permette d'en douter&#8230; &lt;br&gt;
On avait surtout la p&#233;nible impression d'&#234;tre embringu&#233;s dans un gigantesque show publicitaire visant &#224; promouvoir, intercal&#233;s entre les flonflons du tournoi de l'US Open et les hakkas guerriers de la Coupe du Monde de rugby, les vertus &#233;ternelles du pays de l'oncle Sam, de &lt;i&gt;&#171; l'american way of life &#187;,&lt;/i&gt; et de la banni&#232;re &#233;toil&#233;e dans laquelle on nous les a servies &#224; la louche. Fallait-il vraiment que, ce qu'on appelle &lt;i&gt;&#171; le monde occidental &#187;,&lt;/i&gt; d&#233;j&#224; colonis&#233; &#233;conomiquement par le dollar et ses golden boys, ajoute aux cha&#238;nes de l'argent celles de l'Histoire, pour chanter, &#224; l'unisson avec la voix de son ma&#238;tre, cette oraison fun&#232;bre plan&#233;taire ? Devant ces images de fin du monde en boucle, cet alignement servile des m&#233;dias, ces t&#233;moignages rab&#226;ch&#233;s (jusque chez nous !) par mille et mille perroquets officiels (O&#249; &#233;tiez-vous ce jour-l&#224; ? Que faisiez-vous &#224; ce moment-l&#224; ? Qu'avez-vous ressenti ?, etc.), cette r&#233;f&#233;rence quasi explicite &#224; l'Islam pr&#233;sent&#233; &#171; &lt;i&gt;en grand Satan&lt;/i&gt; &#187;, on sentait h&#233;las que les chefs d'orchestre de ce Barnum m&#233;diatique entendaient moins pr&#233;parer les esprits &#224; une r&#233;conciliation universelle qu'&#224; l'inexorable conflagration du &lt;i&gt;&#171; Choc des Civilisations &#187;&lt;/i&gt; pr&#233;dit par feu Samuel Huntington &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;. &lt;br&gt;
Je pr&#233;cise que j'ai une r&#233;elle admiration pour le peuple am&#233;ricain, sa puissance de cr&#233;ation, son esprit de tol&#233;rance et sa soif intransigeante de libert&#233;. J'ajoute que je suis mont&#233;, il y a quelques ann&#233;es, au sommet des Tours jumelles, et que j'ai bien conscience de devoir me compter, r&#233;trospectivement, au nombre des victimes potentielles des attentats d'Al Ka&#239;da. Mais voir l'ex-pr&#233;sident Georges Bush et madame &#233;couter avec ferveur Barack Obama lisant le Psaume XLVI (&lt;i&gt;&#171; Iahv&#233; des arm&#233;es est avec nous, le Dieu de Jacob est une citadelle pour nous... &#187;),&lt;/i&gt; c'&#233;tait d&#233;passer la limite du supportable, tant dans la tristesse que dans l'indignation. Franchement, avec un auditeur de cet acabit, Obama ne pouvait-il citer plut&#244;t le Psaume V, qui d&#233;clare magnifiquement (verset 7) : &lt;br&gt;
&#171; L'homme de sang et de fraude, Iahv&#233; l'abomine &#187;. &lt;br&gt;
Et pour en finir avec les questions, pourquoi l'Am&#233;rique ne comm&#233;more-t-elle pas avec le m&#234;me faste les journ&#233;es des 6 et 9 ao&#251;t 1945, o&#249; p&#233;rirent en deux &#233;clairs d'apocalypse les victimes tout aussi innocentes, mais beaucoup plus nombreuses (140.000 &#224; Hiroshima et 70.000 &#224; Nagasaki) du feu nucl&#233;aire ordonn&#233; par Truman depuis Washington ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'en crois ce qu'en disent les m&#233;dias et la Pr&#233;sidence de l'Universit&#233;, il s'est trouv&#233; un vice-pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional, par ailleurs ancien Pr&#233;sident de l'Universit&#233; lui-m&#234;me et ancien recteur d'Acad&#233;mie, pour percevoir pendant toute une ann&#233;e universitaire un traitement de professeur sans que ce soit, comme l'exige strictement le Statut g&#233;n&#233;ral de la Fonction publique, &lt;i&gt;&#171; apr&#232;s service fait &#187;&lt;/i&gt;. Si ces faits sont av&#233;r&#233;s, ils portent gravement atteinte &#224; l'image de nos Facult&#233;s et &#224; la d&#233;ontologie universitaire, d&#233;j&#224; souill&#233;e par l'affaire Luc Ferry. Ainsi donc, &#224; l'indemnit&#233; per&#231;ue &#224; titre d'&#233;lu (elle &#233;tait de 3177,34 euros bruts par mois quand j'exer&#231;ais moi-m&#234;me cette fonction) s'ajoutait chaque mois une r&#233;mun&#233;ration de pr&#232;s de 8.000 euros nets, sans compter les multiples voyages et &lt;i&gt;&#171; indemnit&#233;s de mission &#187;,&lt;/i&gt; notamment &#224; Ad&#233;la&#239;de, Shanghai, etc. Pas de quoi r&#233;concilier avec la politique nos g&#233;n&#233;rations de jeunes ch&#244;meurs, parfois dipl&#244;m&#233;s de l'Universit&#233;, qui gal&#232;rent pour r&#233;gler leurs frais d'inscription ou payer le loyer de leur chambre. Et pour nos &#233;tudiants en Droit, de belles questions &#224; se poser sur le concept d'&lt;i&gt;&#171; enrichissement sans cause &#187;.&lt;/i&gt;Triste chose que l'&#226;pret&#233; au gain, qui pousse un &#233;lu universitaire &#224; s'asseoir, comme Harpagon, &#224; la fois sur sa cassette et sur les notions de d&#233;sint&#233;ressement et d'altruisme inh&#233;rentes au m&#233;tier d'enseignant et &#224; la charge d'&#233;lu. Et le moins &#233;c&#339;urant de l'histoire (si, l&#224; encore, les faits sont exacts) ne sera pas ce bricolage minable par lequel l'int&#233;ress&#233; se serait laborieusement invent&#233; (par quelles peu reluisantes tractations ?) un service de professeur&#8230; d&#233;pourvu de toute activit&#233; d'enseignement !... &lt;br&gt;
Il est vrai que monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir : gageons qu'il serait heureux d'apprendre qu'un lointain disciple dionysien en use de m&#234;me avec la p&#233;dagogie ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &#034;Le Choc des Civilisations&#034;, 1997, Odile Jacob. &lt;br&gt;
Ironie du sort, ou jobardisme id&#233;ologique des pontes de la science politique am&#233;ricaine, rappelons que Francis Fukujama avait publi&#233; en 1992 &#034;La fin de l'Histoire&#034;, en &#233;cho au concept d&#233;velopp&#233; par Hegel dans la &#034;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit&#034;. Il y faisait sensation en annon&#231;ant, lui, un nouvel ordre mondial fond&#233; sur la d&#233;mocratie triomphante. De courte dur&#233;e, le triomphe...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sarko m'a tuer, Chatel m'a moraliser... </title>
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		<dc:date>2011-09-05T21:30:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Fran&#231;ois Fillon</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Sarkozy</dc:subject>

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&lt;p&gt;J'ai failli tomber de ma chaise mercredi pass&#233;, et je n'ai pas d&#251; &#234;tre le seul, en entendant Luc Chatel, ministre de l'&#201;ducation nationale, annoncer au journal de 13h de France 2 quel &#233;tait le nouveau gadget qu'il proposait au pays. Les ministres, c'est comme les champignons : ces derniers se r&#233;partissent en comestibles et v&#233;n&#233;neux. Pour les ministres, il faut distinguer les b&#226;tisseurs des d&#233;molisseurs, toute confusion pouvant &#234;tre fatale &#224; l'&#201;cole. A preuve les ravages caus&#233;s par le d&#233;nomm&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai failli tomber de ma chaise mercredi pass&#233;, et je n'ai pas d&#251; &#234;tre le seul, en entendant Luc Chatel, ministre de l'&#201;ducation nationale, annoncer au journal de 13h de France 2 quel &#233;tait le nouveau gadget qu'il proposait au pays. Les ministres, c'est comme les champignons : ces derniers se r&#233;partissent en comestibles et v&#233;n&#233;neux. Pour les ministres, il faut distinguer les b&#226;tisseurs des d&#233;molisseurs, toute confusion pouvant &#234;tre fatale &#224; l'&#201;cole. A preuve les ravages caus&#233;s par le d&#233;nomm&#233; Chatel Luc, sp&#233;cimen particuli&#232;rement toxique, comme l'Histoire de France en a produit peu depuis Attila. On moment donc o&#249;, le menton martial et le regard fix&#233; sur la ligne bleue des Vosges, l'Excellence en question ouvrait la bouche, je m'attendais &#224; prendre en pleine poire l'annonce d'un nouveau coup de bulldozer budg&#233;taire sur ce qui reste de l'&#233;difice qu'il s'applique depuis deux ans &#224; saccager. Et qu'entendis-je au contraire ? Que Monsieur le Ministre avait d&#233;cid&#233; qu'&#224; compter de la prochaine rentr&#233;e scolaire, des le&#231;ons de morale devraient &#234;tre dispens&#233;es &#224; l'&#233;cole primaire !... &lt;br&gt;
Vive la morale, bien s&#251;r. Mais qu'on la serve &#224; nos enfants &#224; la sauce Luc Chatel ! Qu'on l'enveloppe dans la glauque joie de vivre du croque-mort Fillon ! Qu'on la place sous les auspices bling-bling du bonimenteur Sarkozy ! Au secours, empoisonnement en vue, enfance en danger !... &lt;br&gt;
Apr&#232;s m'&#234;tre pinc&#233;, puis avoir v&#233;rifi&#233; sur mon agenda qu'on n'&#233;tait pas le 1er avril, j'ai bien d&#251; me rendre &#224; l'&#233;vidence. La s&#233;rie d'expressions pittoresques du genre &lt;i&gt;&#171; le sabre et le goupillon &#187;, &#171; la carotte et le b&#226;ton &#187;&lt;/i&gt; que compte notre belle langue venait de s'enrichir d'un n&#233;ologisme de choix : &lt;i&gt;&#171; la morale et le marteau-pilon &#187;&lt;/i&gt;. Et je n'&#233;tais pas au bout de mes peines. &lt;br&gt;
Je n'avais pas encore fini d'avaler ce qui me restait de salive derri&#232;re la glotte que je prends un deuxi&#232;me choc, en entendant, toujours dans le m&#234;me journal, la pr&#233;sentatrice annoncer que dans un livre intitul&#233; &#8220;Sarko m'a tuer&#8221;, la juge Pr&#233;vost-Desprez (celle qu'on avait dessaisie du dossier Bettencourt) r&#233;v&#233;lait que des t&#233;moins lui avaient d&#233;clar&#233; avoir vu Sarkozy, qui n'&#233;tait pas encore pr&#233;sident, se faire remettre des sommes en liquide au domicile de la multimilliardaire patronne de L'Or&#233;al. C'&#233;tait le bouquet : on basculait au chapitre &lt;i&gt;&#171; morale et corruption &#187;&lt;/i&gt; !... &lt;br&gt;
Bien entendu, nous avons trop de respect pour la pr&#233;somption d'innocence pour croire un seul mot de ces accusations. &lt;br&gt;
D'autant qu'elles touchent quelqu'un qui a officiellement d&#233;clar&#233; &#224; la Nation, &#224; l'Europe et au monde qu'il allait &lt;i&gt;&#171; moraliser le capitalisme &#187;.&lt;/i&gt; Mais bon, quelque temps plus tard, il avait quand m&#234;me tent&#233; de faire attribuer la pr&#233;sidence de l'EPAD (un des plus juteux fromages de France, si on ose l'expression) &#224; son deuxi&#232;me fils, Jean, &#226;g&#233; d'&#224; peine 20 ans et titulaire de la Haute Qualification que conf&#232;re le niveau Bac-plus-pas-grand-chose. &lt;br&gt;
Et que penser de cette circonstance troublante : Jean Chatel, ministre de l'&#201;ducation, qui annonce en 2011 des le&#231;ons de morale pour tous nos &#233;coliers, a &#233;t&#233; de 1990 &#224; 2002 directeur des Ressources humaines &#224;... L'Or&#233;al (le monde est petit, allez), propri&#233;t&#233; justement des Bettencourt, et s'il n'a sans doute pas vu un certain Nicolas S. empocher de coupables liasses entre deux portes, du moins a-t-il entendu parler de toutes les affaires de pr&#233;varication et de trafic d'influence qui empuantissent l'atmosph&#232;re autour d'&#201;ric Woerth, lequel fut son coll&#232;gue au gouvernement Fillon, d'abord au Budget puis au Travail jusqu'en novembre 2010. &lt;br&gt;
R&#233;sumons donc pour vous, &#233;coliers de France, de Navarre et de La R&#233;union, ce merveilleux conte de f&#233;es. &lt;br&gt;
Une dame tr&#232;s vieille, tr&#232;s riche et tr&#232;s na&#239;ve avait recrut&#233; comme &lt;i&gt;&#171; komand&#232;r &#187;&lt;/i&gt; pour ses employ&#233;s un jeune homme au-dessus de tout soup&#231;on puisque, outre la chance d'&#234;tre n&#233; un 15 ao&#251;t (jour de l'Assomption), il avait &#233;t&#233; &#233;l&#232;ve chez les Maristes au lyc&#233;e Saint-Louis de Gonzague dans le 16&#232;me arrondissement de Paris. Cette dame n'avait pas que des employ&#233;s. Elle avait aussi des trous de m&#233;moire, ce qui sort du sujet, et des opinions politiques, ce qui nous y ram&#232;ne. &lt;br&gt;
Elle soutenait un parti auquel, co&#239;ncidence, appartenait un autre jeune homme plein d'avenir, un certain Nicolas S... fleuron lui aussi du 16&#232;me arrondissement. Pour ce faire, elle puisait g&#233;n&#233;reusement dans sa r&#233;serve de milliards pour financer les &#233;lus de ce parti, ce que la loi interdit formellement, mais quand on aime, on ne compte pas, et apr&#232;s tout, y a-t-il p&#233;ch&#233; si l'argent sale est remis en mains propres ?... Elle donna donc beaucoup d'argent &#224; M. Chatel, d'une part, sous forme d'un salaire tout &#224; fait l&#233;gal, et aux amis de M. Sarkozy, d'autre part (certains l'auraient vu empochant lui-m&#234;me cet argent), sous forme d'un financement tout &#224; fait ill&#233;gal. Un beau jour enfin, la baguette dor&#233;e de la bonne f&#233;e Liliane finit par transformer Nicolas en pr&#233;sident de la R&#233;publique. Reconnaissant et solidaire, celui-ci nomma son copain Luc ministre de l'&#201;ducation nationale, charg&#233; tout sp&#233;cialement de veiller &#224; votre formation morale d'&#233;coliers fran&#231;ais. &lt;br&gt;
Et qu'est-ce qu'il va faire apprendre aux &#233;coliers, le ministre ? Bien des choses, en somme. Qu'il y a le Bien et le Mal, mais qu'il n'y a pas de mal &#224; se faire du bien. Qu'on peut manger &#224; n'importe quel r&#226;telier, pourvu qu'on se soit lav&#233; les mains avant. Qu'il faut avoir de bonnes mani&#232;res &#224; table, en prenant exemple sur certains gouvernants : eux ne parlent jamais la bouche pleine, car n'y a que leurs poches qui le sont...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard &lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce soir sur K.O.I., de 17h 30 &#224; 18h30, avec des responsables enseignants et parents d'&#233;l&#232;ves, nous &#233;voquerons les conditions tr&#232;s particuli&#232;res de cette rentr&#233;e scolaire &#224; La R&#233;union, et essaierons de donner &#224; ceux qui appelleront le 0262-99-50-50 l'occasion &#224; la fois de t&#233;moigner et de porter une parole citoyenne au service de l'&#233;cole publique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#192; nain politique, fiascos g&#233;ants... </title>
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		<dc:date>2011-08-29T22:02:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Sarko est le prototype m&#234;me du faussaire politique : fort en gueule mais d&#233;pourvu de toute capacit&#233; d'anticiper et impuissant face au cours des &#233;v&#233;nements, il cache sa faillite derri&#232;re des gesticulations de marchand d'illusions. &lt;br class='autobr' /&gt; Il avait promis aux bons et braves &#233;lecteurs de l'Hexagone de faire d'eux &#224; la fois &#171; la France qui se l&#232;ve t&#244;t &#187; et &#171; une France de propri&#233;taires &#187;. Il avait promis de d&#233;velopper l'emploi, de tordre le cou au ch&#244;mage, et fait &#224; tous les salari&#233;s l'offre ferme et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/" rel="directory"&gt;Chronique de Raymond Mollard&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sarko est le prototype m&#234;me du faussaire politique : fort en gueule mais d&#233;pourvu de toute capacit&#233; d'anticiper et impuissant face au cours des &#233;v&#233;nements, il cache sa faillite derri&#232;re des gesticulations de marchand d'illusions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il avait promis aux bons et braves &#233;lecteurs de l'Hexagone de faire d'eux &#224; la fois &#171; &lt;i&gt;la France qui se l&#232;ve t&#244;t&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;une France de propri&#233;taires&lt;/i&gt; &#187;. Il avait promis de d&#233;velopper l'emploi, de tordre le cou au ch&#244;mage, et fait &#224; tous les salari&#233;s l'offre ferme et d&#233;finitive de &#171; &lt;i&gt;travailler plus pour gagner plus&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br&gt;
Il avait jur&#233; de nettoyer la d&#233;linquance, au besoin &#171; au karcher &#187;, et d'assurer la paix et la tranquillit&#233; des grands ensembles en les d&#233;barrassant des bandes de voyous qui terrorisaient les halls d'immeubles. &lt;br&gt;
Il avait promis d'assainir les finances publiques, de r&#233;sorber les d&#233;ficits budg&#233;taires, de s'attaquer &#224; la dette, de rendre transparente la gestion administrative, de garantir une d&#233;mocratie vertueuse et, cerise sur le g&#226;teau, de &#171; &lt;i&gt;moraliser le capitalisme&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br&gt;
Il avait assur&#233; que sa toute premi&#232;re priorit&#233; &#233;tait le triptyque &#201;ducation/Formation/Recherche, pierre angulaire du d&#233;veloppement &#233;conomique et social de notre pays, de l'int&#233;gration de sa jeunesse et garante de sa comp&#233;titivit&#233; dans le concert &#233;conomique mondial. &lt;br&gt; &lt;br&gt;
Il n'aura pas eu besoin de beaucoup de temps, le bon et brave &#233;lecteur de base, pour d&#233;couvrir, bien avant la fin du quinquennat, la vraie nature de l'incomparable bateleur politique que sa na&#239;vet&#233; avait port&#233; &#224; l'&#201;lys&#233;e. De changements de cap en reniements, d'incoh&#233;rences en pantalonnades, de virevoltes en tours de passe-passe, toute la gamme des acrobaties de foire lui aura &#233;t&#233; servie, sans qu'il ne puisse jamais, derri&#232;re l'illusion comique, trouver le moindre grain &#224; moudre. &lt;br&gt;
Le ch&#244;mage a augment&#233; inexorablement chaque mois, au d&#233;triment des plus jeunes et des moins dipl&#244;m&#233;s, et fr&#244;le d&#233;sormais les 10% de la population active nationale. L'attaque frontale contre les 35 heures a eu pour principal effet d'obliger les salari&#233;s (quand ils avaient eu la chance de ne pas devenir ch&#244;meurs) &#224; travailler plus pour gagner pareil, voire moins (temps partiels syst&#233;matiques, ch&#244;mage technique, baisses de salaires impos&#233;es&#8230;). Quant &#224; la fonction publique, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;rabot&#233;e&lt;/i&gt; &#187; (notion-phare de la philosophie sarkozyenne) de centaines de milliers de postes, elle est exsangue, et laisse sous la cendre appara&#238;tre les ruines fumantes des h&#244;pitaux &#233;touff&#233;s, des commissariats d&#233;sert&#233;s, des tribunaux sinistr&#233;s, d'un P&#244;le emploi &#224; l'agonie. Et que dire de l'&#201;ducation- Formation, que le tsunami sarkozyste laisse sans moyens, sans personnels suffisants, avec des milliers de postes arrach&#233;s aux &#233;coles, aux coll&#232;ges et aux lyc&#233;es, des classes supprim&#233;es, des effectifs surcharg&#233;s ; sans parler du blocage des traitements sur trois ans au moins, et de la r&#233;forme incoh&#233;rente des concours et de la formation, qui dissuade d&#233;sormais nombre d'&#233;tudiants de s'orienter vers les carri&#232;res enseignantes. &lt;br&gt;
Ne parlons ni de la dette ni du d&#233;ficit, qui ont explos&#233;. N'&#233;voquons que pour m&#233;moire la s&#233;curit&#233; des banlieues, o&#249; la d&#233;linquance est telle que certains quartiers sont devenus des zones officielles de non-droit, et o&#249;, comme &#224; Marseille, les r&#232;glements de comptes et les attaques &#224; main arm&#233;e sont quasi banalis&#233;s. Quant &#224; l'assainissement de la vie politique et &#224; la moralisation du capitalisme, les seules affaires W&#339;rth-Bettencourt ou J&#233;r&#244;me Kerviel-Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ont montr&#233; quels hybrides pouvaient r&#233;sulter de l'accouplement cynique de l'Argent et du Pouvoir : en v&#233;rit&#233;, la f&#234;te des nantis au Fouquet's d&#232;s le soir du deuxi&#232;me tour, puis la croisi&#232;re en M&#233;diterran&#233;e sur le yacht de Vincent Bollor&#233;, annon&#231;aient d&#233;j&#224; clairement urbi et orbi qu'un &#171; &lt;i&gt;Pr&#233;sident des Riches&lt;/i&gt; &#187; venait de s'emparer des r&#234;nes de l'&#201;tat, et on n'allait d'ailleurs pas tarder &#224; apprendre qu'il r&#233;servait pour apanage au prince Jean, la pr&#233;sidence de l'EPAD. &lt;br&gt; &lt;br&gt;
Mais si le bilan est catastrophique pour le pays en g&#233;n&#233;ral, il l'est bien davantage encore pour l'Outre-mer et La R&#233;union, o&#249; Didier Robert, affect&#233; au poste de petit t&#233;l&#233;graphiste de la pens&#233;e sarkozyenne, a appliqu&#233; &#224; une soci&#233;t&#233; d&#233;j&#224; hyper-fragilis&#233;e par l'histoire, par la d&#233;mographie et par la crise, un traitement de choc qui n'a &#233;pargn&#233; aucun domaine : suppression des grands chantiers et explosion du ch&#244;mage, abandon de l'objectif d'autonomie &#233;nerg&#233;tique que s'&#233;tait fix&#233; l'Alliance pour 2020, suppression de 162 postes dans l'&#201;ducation nationale, abandon du programme de constructions de lyc&#233;es, d&#233;sengagement de la R&#233;gion en mati&#232;re de soutien &#224; la Recherche, abandon du transport collectif au profit du tout-automobile, mesures d'aust&#233;rit&#233; annonc&#233;es pour le prochain budget : bref, les faits sont l&#224;, irr&#233;futables et t&#234;tus. Il n'y aura plus que les aveugles, ou ceux qui ne veulent pas voir ; il n'y aura plus que les sourds, ou ceux qui ne veulent pas entendre, pour se laisser encore charmer par les airs de pipeau que leur jouent le Pr&#233;sident, son gouvernement et ses relais locaux. &lt;br&gt;
Et que dire de la totale insignifiance, de l'incommensurable vacuit&#233;, du d&#233;ballage de pusillanimit&#233; qu'a constitu&#233; la chienlit baptis&#233;e &#034;Ann&#233;e des Outre-mer&#034;, ses flonflons exotiques, son doudouisme insultant ? Une seule chose, en fait : si c'est comme &#231;a qu'ils nous voient, pas &#233;tonnant que Sarko et ses potes nous infligent une politique de sous-d&#233;velopp&#233;s !... &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard&lt;br&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand Sarkozy &#171; a la banane &#187;, il ne nous reste que la peau&#8230; </title>
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		<dc:date>2011-06-27T22:53:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;On se souvient de l'&#233;l&#233;gante expression lanc&#233;e par Sarko le 25 mars 2009 &#224; l'&#201;lys&#233;e. Tout bouillant encore du discours de la veille &#224; Saint-Quentin, o&#249; il promettait le bonheur &#224; la France, &#224; l'Europe, au Monde et &#224; l'Univers, l'Omnipr&#233;sident recevait &#224; l'&#201;lys&#233;e les d&#233;put&#233;s UMP. Lesquels, plus fr&#233;tillants d'extase qu'un troupeau de bonobos devant un m&#226;le dominant, avaient re&#231;u comme un saint sacrement, cette turgescente profession de foi : &#171; Je me fais taper dessus, mais j'ai la banane &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/chronique-de-raymond-mollard/" rel="directory"&gt;Chronique de Raymond Mollard&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On se souvient de l'&#233;l&#233;gante expression lanc&#233;e par Sarko le 25 mars 2009 &#224; l'&#201;lys&#233;e. Tout bouillant encore du discours de la veille &#224; Saint-Quentin, o&#249; il promettait le bonheur &#224; la France, &#224; l'Europe, au Monde et &#224; l'Univers, l'Omnipr&#233;sident recevait &#224; l'&#201;lys&#233;e les d&#233;put&#233;s UMP. Lesquels, plus fr&#233;tillants d'extase qu'un troupeau de bonobos devant un m&#226;le dominant, avaient re&#231;u comme un saint sacrement, cette turgescente profession de foi : &#171; &lt;i&gt;Je me fais taper dessus, mais j'ai la banane&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques mois de l'ach&#232;vement de son mandat, et face au bilan de l'affaire, on mesure mieux sa pens&#233;e profonde : si Sarko a pay&#233; de sa personne, c'est en r&#233;glant la note en monnaie de singe. Sa recette &#233;tait simple, comme celle de tous les bateleurs politiques : th&#233;oriser, gesticuler, promettre, rebondir&#8230; Sa m&#233;thodologie encore plus simple se r&#233;sumait en deux mots : la CRISE, la R&#201;FORME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise est l'attrape-couillon invent&#233; par Giscard en 1974, suite au choc p&#233;trolier provoqu&#233; par la guerre du Kippour (1973), pour expliquer l'inflation &#224; deux chiffres, justifier l'imp&#244;t-s&#233;cheresse (1976), et la kyrielle ininterrompue de missiles tir&#233;s depuis par la Droite contre les salaires, la s&#233;cu, la fonction publique. C'est d&#233;sormais un dogme intangible : la crise n'est plus l'&#233;v&#233;nement conjoncturel, impr&#233;visible, dont parlaient les dictionnaires d'antan, elle est le condiment naturel, permanent, in&#233;puisable, gr&#226;ce auquel le capitalisme lib&#233;ral nourrit toutes ses turpitudes, des subprimes am&#233;ricaines &#224; l'effondrement grec, de l'invasion de l'Afghanistan aux bombardements de Tripoli, du bouclier fiscal au blocage des salaires, du krach boursier de 1987 &#224; l'effondrement bancaire de 2008&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la r&#233;forme, elle est le Saint-Graal de tous les int&#233;gristes de la &#034;modernisation&#034;, le faux-nez derri&#232;re lequel se dissimulent les r&#233;gressions les plus scandaleuses : r&#233;forme de l'&#233;ducation, de la recherche, de la police, de la justice, des politiques publiques ; r&#233;forme des retraites, de la fiscalit&#233;, des collectivit&#233;s territoriales, du livret A. C'est en brandissant cet &#233;tendard que Sarko et ses sbires veulent abattre les 35 heures, d&#233;molir le statut des fonctionnaires, privatiser les retraites, &#233;trangler les collectivit&#233;s territoriales, installer dans tous les tribunaux le populisme le plus primaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tons l&#224; l'&#233;num&#233;ration : dix pages n'y suffiraient pas, et de toute fa&#231;on chacun de nous y est confront&#233; chaque jour, pour peu qu'il n'ait pas le bon go&#251;t de s'appeler Bettencourt, Bollor&#233;, Dassault, Bouygues, B&#233;b&#233;ar, ou, &#224; l'instar du fils Sarkozy, d'avoir &#233;pous&#233; Jessica Sebaoun-Darty, l'h&#233;riti&#232;re des magasins du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat, c'est le champ de ruines qui s'&#233;tend autour de nous &#224; perte de vue. &lt;br&gt;
L'&#201;ducation nationale &#224; l'agonie, avec l'irruption quasi quotidienne des violences, voire de faits divers sanglants, les postes supprim&#233;s par dizaines de milliers, les classes ferm&#233;es, la France devenue championne d'Europe des cours particuliers payants. La Sant&#233; sinistr&#233;e, les h&#244;pitaux engorg&#233;s suite aux fermetures d'&#233;tablissements, les urgences entassant les malades, les &#233;pid&#233;mies se succ&#233;dant dans le chaos, les vaccins et les m&#233;dicaments livr&#233;s &#224; l'app&#233;tit des laboratoires (vaccination contre la grippe H1N1, scandale du Mediator). La Justice elle aussi &#233;trangl&#233;e, les prisons surbook&#233;es, les juges jet&#233;s en p&#226;ture &#224; l'opinion publique par le Pr&#233;sident lui-m&#234;me, ce qui fait dire &#224; Jean-Louis Nadal, procureur de la Cour de cassation, que la politique a &#171; &lt;i&gt;d&#233;vast&#233;&lt;/i&gt; &#187; l'institution judiciaire (1). Citons encore le syst&#232;me de solidarit&#233; agress&#233;, avec un Martin Hirsch oblig&#233; de monter en ligne face &#224; la campagne de l'UMP contre le RSA et ses b&#233;n&#233;ficiaires ; l'arm&#233;e enlis&#233;e sur divers th&#233;&#226;tres d'op&#233;rations et n'ayant bient&#244;t m&#234;me plus de quoi assurer les interventions martialement d&#233;cid&#233;s par le Chef de l'&#201;tat... M&#234;me &#233;chec au niveau des Affaires &#233;trang&#232;res : sous le pseudonyme de &#034;Groupe Marly&#034;, et sous l'intitul&#233; sans appel : &#034;La diplomatie fran&#231;aise n'est plus qu'un ch&#226;teau de sable&#034;, des diplomates viennent de publier dans &#034;Le Monde&#034; une tribune indign&#233;e o&#249; ils affirment : &#171; &lt;i&gt;Se vanter dans les discours officiels de disposer du deuxi&#232;me r&#233;seau diplomatique apr&#232;s les &#201;tats-Unis est de la poudre aux yeux. Ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, ce r&#233;seau s'appauvrit et devient une coquille vide&lt;/i&gt; &#187; (2). M&#234;me constat de carence au Minist&#232;re de la Culture, sous la f&#233;rule de l'ineffable Fr&#233;d&#233;ric Mitterrand, &#224; propos duquel Jacques Drillon &#233;crit cette semaine : &#171; &lt;i&gt;Gar&#231;on agr&#233;able et inoffensif, il serait &#224; son aise sur une cha&#238;ne de t&#233;l&#233; priv&#233;e, &#224; commenter les mariages princiers et les descentes d'organe&lt;/i&gt; &#187; (3). Fermez le ban.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, La R&#233;union et les R&#233;unionnais subissent de plein fouet l'impact de cette politique du blabla, du renoncement, des restrictions budg&#233;taires et du ch&#244;mage. Notre Rectorat supprime les postes &#224; tour de bras, le Haut Conseil de la Commande Publique a offert un enterrement de premi&#232;re classe aux grands chantiers, notre Sous-Pr&#233;fet au d&#233;veloppement d&#233;veloppe surtout du vent, nos &#034;Iles vanille&#034; v&#233;g&#232;tent dans la cr&#232;me mauricienne, nos &#233;nergies renouvelables ont expir&#233; avec le projet Gerri, nos ch&#244;meurs et nos illettr&#233;s, toujours plus nombreux, se voient mis &#224; l'index par la propagande gouvernementale. La totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#244; consolation, nous avons b&#233;n&#233;fici&#233; de &#034;L'Ann&#233;e des Outre-mer&#034;, qui a permis d'organiser moult pince-fesse parisiens sur fond de s&#233;gas et de samoussas, et m&#234;me ce week-end une course hippique, o&#249; Mme Penchard nous a montr&#233; ses gros sabots. Mais surtout, surtout, la Sarkozie triomphante a offert &#224; notre R&#233;gion le plus beau des cadeaux : un Pr&#233;sident qui est, en mod&#232;le r&#233;duit, la r&#233;plique parfaite de son ma&#238;tre. Un Pr&#233;sident auquel s'applique &#224; merveille le jugement lucide que Fran&#231;ois Mitterrand porta jadis sur son ministre Andr&#233; Henry : &#171; &lt;i&gt;Aussi suffisant qu'insuffisant&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Raymond Mollard&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &#034;Le Canard Encha&#238;n&#233;&#034; du 22 juin. &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; &#034;Le Monde&#034; du 24 juin. &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; &#034;Le Nouvel Observateur&#034; du 23 juin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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