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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>Dyab-la ka mand&#233; an timanmay (2)</title>
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		<dc:date>2018-12-27T08:47:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ti-marmaille-l&#224; voulait mettre un grain de sel sur la queue du merle tant il trouvait l'oiseau en un mot magique. Jaloux, dans le fond de la l&#233;g&#232;ret&#233; et de l'agilit&#233; merveilleuse du piaf, il voulait s'en saisir, l'avoir &#224; lui tout seul, s'approprier toutes les qualit&#233;s qui semblaient faire d&#233;faut &#224; sa petite existence de marmaille-la-poussi&#232;re. Le merle l'entra&#238;na loin, &#224; chaque fois plus loin, d'enjamb&#233;e en enjamb&#233;e, jusqu'au bord du vide. Et sur les sentiers abrupts sur lesquels il n'eut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94739-aab01.jpg?1778862623' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L456xH683/alexandre_monan-2e41d.jpg?1778862623' width='456' height='683' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Joanise ma m&#232;re d'Alexandre Monan, &#233;ditions D&#233;sormeaux.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ti-marmaille-l&#224; voulait mettre un grain de sel sur la queue du merle tant il trouvait l'oiseau en un mot magique. Jaloux, dans le fond de la l&#233;g&#232;ret&#233; et de l'agilit&#233; merveilleuse du piaf, il voulait s'en saisir, l'avoir &#224; lui tout seul, s'approprier toutes les qualit&#233;s qui semblaient faire d&#233;faut &#224; sa petite existence de marmaille-la-poussi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le merle l'entra&#238;na loin, &#224; chaque fois plus loin, d'enjamb&#233;e en enjamb&#233;e, jusqu'au bord du vide. Et sur les sentiers abrupts sur lesquels il n'eut pas conscience de courir, se tenaient dissimul&#233;s, sous des dehors divers, maints diables d&#233;sireux de saisir au passage ce qu'ils n'avaient jamais eues : une &#226;me d'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et parmi ces avatars :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Le Dyab-la-mis&#232;re :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine le petit peuple avait touch&#233; sa paye du samedi, que le mardi, ou mercredi suivants au plus tard, il ne restait plus un sou vaillant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nou an fon bouk, m&#232; kodonny&#233; m&#232;t ch&#233; swa &#187;, Nous sommes au fond-Bourg mais &#8216;Cordonnier est ma&#238;tre de chez lui', se r&#233;p&#233;tait-on : on se consolait comme on pouvait, se rappelant que la pauvret&#233; valait mieux que l'esclavage.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors que le poteau mitan se brisait, le suivant se devait de soutenir la maisonn&#233;e. &#192; la veuve revenait le soin de ramener l'argent en plus de s'occuper des enfants, un combat d'autant plus dure qu'il s'opposait &#224; la mis&#232;re aux mille visages.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#232;re se consacra au repassage pour les Gros-Blancs, &#171; &#224; l'aide de petits fers de fonte qu'on mettait &#224; chauffer sur du charbon de bois br&#251;lant dans un &#8216;tesson' ou r&#233;chaud. Ma m&#232;re disposait de trois fers. Quand le premier &#233;tait en utilisation, les deux autres chauffaient sur leur lit de braise. Les fers se souillaient de la poussi&#232;re du charbon et il fallait bien les nettoyer pour &#233;viter de salir le linge. Alors ma m&#232;re essuyait le fer sur toutes les faces. Elle essuyait et essuyait encore. Elle s'assurait qu'il &#233;tait bien propre en effectuant un essai de repassage sur un petit bout de tissu blanc, sp&#233;cialement destin&#233; &#224; cet usage&#8230; En d&#233;pit de toute sa vigilance, il lui arrivait parfois de salir une pi&#232;ce de lessive. Alors, elle la relavait, l'empesait et la repassait de nouveau. Elle tenait &#224; pr&#233;senter un ouvrage toujours irr&#233;prochable, et en g&#233;n&#233;ral, les patrons en &#233;taient conscients&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement, &#8220;une fois, elle livra une chemise avec une salissure. Une l&#233;g&#232;re salissure. Une salissure &#224; peine visible, au bas du dos de la chemise. Cela avait &#233;chapp&#233; &#224; son attention. Probablement le signe d'une trop grande fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque le lundi suivant elle se pr&#233;senta pour prendre livraison de la nouvelle lessive, Monsieur Adolphe l'attendait &#224; l'entr&#233;e de la maison, l'air mena&#231;ant, toute sa personne gonfl&#233;e d'arrogance. Il lui lan&#231;a la chemise au visage et un flot de paroles injurieuses &#224; son adresse. Sans r&#233;pondre, ma m&#232;re se mit &#224; pleurer. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'enfant, fils de la Mis&#232;re, qui voyait ainsi sa m&#232;re rentrer en pleurs, humili&#233;e par le &#8216;sale' Blanc, grima&#231;ait et se fl&#233;trissait d'un coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4) Le Dyab-la-guerre (Dyab du temps Robert) :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;tain et sa clique fignolaient la Collaboration, confirmant, sous l'appellation de Haut Commissaire de la France aux Antilles, les fonctions de l'Amiral Robert.&lt;br class='autobr' /&gt;
La soi-disant R&#233;volution nationale eut t&#244;t fait de vider magasins et boutiques. De temps &#224; autre, un navire se mettait &#224; d&#233;charger une cargaison. &#8220;Une fois qu'on avait servi les privil&#233;gi&#233;s, c'est-&#224;-dire les B&#233;k&#233;s, et quelques embourgeois&#233;s appr&#233;ci&#233;s du pouvoir, par l'interm&#233;diaire de l'administration communale, les marchandises restantes &#233;taient r&#233;parties entre les diff&#233;rents commer&#231;ants, au prorata du nombre de cartes de ravitaillement qu'ils avaient collect&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces gens bien plac&#233;s ne se g&#234;naient pas pour d&#233;tourner &#224; leur profit et &#224; celui de leurs amis tout ce qui pouvait l'&#234;tre sans trop se laisser voir, et le reste effectif servait &#224; la r&#233;partition officielle. Au son de la caisse, par le truchement de son garde champ&#234;tre, le Maire annon&#231;ait une &#8216;r&#233;partition'.&lt;br class='autobr' /&gt;
Se formaient alors, &#224; l'entr&#233;e des lieux de vente, des queues interminables o&#249; l'on se bousculait, s'invectivait, se mena&#231;ait. Les &#8216;jandam-tibaton', sans m&#233;nagement r&#233;tablissaient l'ordre &#224; grands coups de &#8216;boutou'. &#202;tre pr&#233;sent dans la queue, avec sa carte de ravitaillement, ne garantissait aucunement l'obtention de la ration. &#192; ceux qui s'entendaient dire : &#8216;I fini ! pa r&#233;t&#233; !', il ne restait plus que leurs yeux pour pleurer. &#192; qui pourraient-ils se plaindre ? Surtout pas &#224; ceux-l&#224;, possesseurs de parcelles d'autorit&#233;, tous b&#233;n&#233;ficiaires des d&#233;tournements, tous solidaires contre le peuple.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeunes filles et belles femmes pouvaient bien encore troquer leurs charmes contre des denr&#233;es, mais les autres ? Les autres partaient vers 21-22 heures passer la nuit &#224; faire la queue devant le march&#233; et &#234;tre au matin en bonne position, car seules les premi&#232;res se trouvaient servies, et &#8220;ceux qui pensaient qu'ils se devaient de protester rentraient chez eux avec leur ration de coups de boutou distribu&#233;s avec euphorie par certains agents de police, all&#232;grement transform&#233;s en tourmenteurs de pauvres.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enfance crevait l&#224; litt&#233;ralement de faim ; Alexandre Monan de brosser ce tableau : &#171; Je n'oublierai jamais l'image de ces trois gar&#231;onnets que nous avions surpris d&#233;vorant un chat tout pr&#232;s des murs du Lyc&#233;e. Ils mordaient &#224; tour de r&#244;le dans la chair crue qu'ils avaient tout de m&#234;me pass&#233;e &#224; la flamme, juste pour faire tomber quelques poils. Le sang rouge-noir leur barbouillait les l&#232;vres. Leur mine triste semblait implorer notre compr&#233;hension, et nous continu&#226;mes notre chemin, sans trop les regarder, vaguement culpabilis&#233;s par nos privil&#232;ges &#224; l'internat &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'&#233;tait plus le grain de sel sur la queue du merle qu'il fallait, mais la fronde pour l'abattre au plus vite, afin de le d&#233;vorer mal cuit, la chair et les intestins encore tout puants de fiente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&#192; lire le conte de No&#235;l de cette ann&#233;e sur Clicanoo.re : &#8220;La Lettre&#8221;, r&#233;flexion autour du &#8216;beau mensonge'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Dictionnaire du BGG</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/dictionnaire-du-bgg,94705</link>
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		<dc:date>2018-12-20T21:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons tenu &#224; dictionner le baragouinage magifique du BGG. Les g&#233;ants n'ayant pas de m&#232;re, ils apprennent &#224; lire tout seuls dans Dickens, au gr&#233; de leur fantaisie, ce qui fait un langage tout soufflatur&#233; de r&#234;ves, dont nous vous proposons en exclusivit&#233; un dictionnaire in&#233;dit. Voyage dans l'oreille d'un g&#233;ant : &lt;br class='autobr' /&gt;
Abomineux (adj.) ; alligrasporc (n., masc. sing.) ; amobinable (adj.) ; angue (n., masc. sing.) ; badivernage (n., masc. sing.) ; bagandaine (n., f&#233;m. sing.) ; bavardinage (n., (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94705-cb4ed.jpg?1778862623' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60347 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L478xH683/4-bgg-15bea.jpg?1778862623' width='478' height='683' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le BGG (Le Bon Gros G&#233;ant) de Roald Dahl, en Folio junior.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tenu &#224; dictionner le baragouinage magifique du BGG. Les g&#233;ants n'ayant pas de m&#232;re, ils apprennent &#224; lire tout seuls dans Dickens, au gr&#233; de leur fantaisie, ce qui fait un langage tout soufflatur&#233; de r&#234;ves, dont nous vous proposons en exclusivit&#233; un dictionnaire in&#233;dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyage dans l'oreille d'un g&#233;ant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abomineux (adj.) ; alligrasporc (n., masc. sing.) ; amobinable (adj.) ; angue (n., masc. sing.) ; badivernage (n., masc. sing.) ; bagandaine (n., f&#233;m. sing.) ; bavardinage (n., masc. sing.) ; bavardouillage (n., masc. sing.) ; bavardouiller (v.) ; blablatifoler (v.) ; bobarder (v.) ; bobardeur (adj.) ; bouffpitance (n., f&#233;m. sing.) ; bourbailleux (adj.) ; broufrayeur (n., masc. sing.) ; calaminable (adj.) ; calembreloque (n., masc. sing.) ; calembretelle (n., f&#233;m. sing.) ; canne &#224; balle (exp., masc. sing) ; canne &#224; cule (exp.) ; cannibalaire (adj.) ; carapatailler (v.) ; catastropheux (adj.) ; cloin (n., masc. sing.) ; chat-qui-varie (n., masc. sing.) ; complexiqu&#233; (adj.) ; cr&#232;me chante-Lily (exp.) ; d&#233;chiqueturer (v.) ; d&#233;confitur&#233; (adj.) ; d&#233;go&#251;table (adj.) ; d&#233;lac&#233;rer (v.) ; d&#233;lexquis (adj.) ; d&#233;lexquicieux (adj.) ; d&#233;lexquisavouricieux (adj.) ; d&#233;sastrique (adj.) ; d&#233;sax&#233;crable (adj.) ; d&#233;ssoubol&#233; (adj.) ; d&#233;vorastateur (adj.) ; difficultueux (adj.) ; &#233;boucrailler (v.) ; &#233;coulier (n., masc sing.) ; &#233;l&#233;font (n., masc. sing.) ; embrouillamin&#233; (adj.) ; encrassouiller (v.) ; englouffrir (v.) ; s'enquereller (v.) ; envers et carnation (exp.) ; s'entortillembrouiller (v.) ; s'eplikser (v.) ; escorgriffer (v.) ; ex&#233;crabouiller (v.) ; ex&#233;crasseux (adj.) ; ex&#233;crignoble (adj.) ; exsucculent (adj.) ; extraballot (adj.) ; faniaise (n., f&#233;m. sing.) ; fantabuleux (adj.) ; fantasfarabuleux (adj.) ; fantastoc (adj.) ; faramidable (adj.) ; faraminable (adj.) ; farfoulet (n., masc. sing.) ; faribaine (n., f&#233;m. sing.) ; faribolesque (adj.) ; flanouiller (v.) ; (une) fois et quelques (exp.) ; fournaises (n., f&#233;m. plur.) ; frambouille (n. f&#233;m. sing.) ; (de) front en congre (exp.) ; frigidifier (v.) ; gambadiller (v.) ; gigantasque (adj.) ; hachis-charpie (n., f&#233;m. sing.) ; h&#233;lico presto (exp.) ; hernigrop&#232;re (n., masc. sing.) ; hippogrosse-dame (n., f&#233;m. sing) ; ignominable (adj.) ; immondissure (n., f&#233;m. sing.) ; jaimelle (n., f&#233;m. sing.) ; javais de la mie (exp.) ; kidnattraper (v.) ; maravilleux (adj.) ; marmouillon (n., masc. sing.) ; marraigne (n., f&#233;m. sing.) ; m&#233;lancoleux (adj.) ; m&#233;lipender (v.) ; milborolant (adj.) ; minablicule (n., masc. sing.) ; miniscule (adj.) ; mirabulant (adj.) ; mirabuleux (adj.) ; monstruable (adj.) ; nablotin (n., masc. sing.) ; naus&#233;abeurk (adj.) ; nobstacle (n., masc. sing.) ; norphelinat (n., masc. sing.) ; oreillouchette (n., f&#233;m. sing.) ; panz&#233; (adj.) ; papilion (n., masc. sing.) ; phoque en p&#226;te (exp.) ; pince alors ! (interj.) ; portille (n., f&#233;m.sing.) ; pou-dingue (n., masc. sing.) ; pr&#233;cise et ment (exp.) ; prendre le bas du combat (exp.) ; se prestopiter (v.) ; radiocafteur (n., mas.sing.) ; redoncule (adj.) ; refluquet (n., masc. sing.) ; r&#233;ponse du berger &#224; la m&#233;g&#232;re (exp.) ; r&#233;pugnable (adj.) ; rhinosse (n., masc. sing.) ; rille (n., masc. sing.) ; sansonniais (n., masc. sing.) ; savourable (adj.) ; savouricieux (adj.) ; schnockombre (n., masc. sing.) ; scrofule (n., f&#233;m. sing.) ; serpent &#224; sornettes (n., masc. sing.) ; sistance (n., f&#233;m. sing.) ; sotterie (n., f&#233;m. sing.) ; soup&#231;onnieux (adj.) ; t&#233;lascope (n., masc. sing.) ; t&#233;l&#233;-bla-bla (n., f&#233;m. sing.) ; temps de dire plouf (exp.) ; terrifroyable (adj.) ; tintinnabuleur (n., masc. sing.) ; tirbouchonner (v.) ; tord-la-loi (n., masc. sing.) ; tordu-bohu (n., masc. sing.) ; tortillonner (v.) ; tourbivoltant (adj.) ; tournebulle (n., f&#233;m., sing.) ; toupie de sansonnet (exp.) ; tracarabuster (v.) ; trettiner (v.) ; troglopompe (n., masc. sing.) ; tropigner (v.) ; vermineux (adj.) ; vertouchu (interj.) ; vilpriser (v.) ; vrombironnant (adj.) ; zorphelin (n., masc. sing.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conseils de BGG pour l'usage de ce dictio-dingue : &#171; La signification n'a pas d'importance (&#8230;), on ne peut pas toujours parler clairement &#187;. Il indique : &#171; Tr&#232;s souvent, mes phrases ne sont pas du tout adroites, elles sont m&#234;me tr&#232;s &#224; gauche &#187; - ce dont nous ne pouvons que nous f&#233;liciter. Agrandissez votre langage et d&#233;b(r)ouillassiviez-vous en foldingo !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Babaco&#251;te !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parole d'Ancien : Si l'Homme a une seule bouche, et deux oreilles, c'est parce qu'il est incontestablement destin&#233; plus &#224; &#233;couter qu'&#224; dire. Bien des choses ont remont&#233;, ces derniers &#233;v&#233;nements ; il suffisait de se pencher un peu pour s'en rendre compte. Une vieille dame de mon quartier m'a rappel&#233; qu'&#244; combien ! la p&#233;riode de l'Avant &#233;tait pernicieuse. &#8220;Le 2 novembre, les Morts font la f&#234;te, me dit-elle en hochant la t&#234;te ; cette ann&#233;e, ils ont d&#233;cid&#233; de poursuivre un peu plus&#8230; Les crois&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94639-ec5c5.jpg?1778862623' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60276 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;198&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L481xH683/5-contes_et_croyances-2b407.jpg?1778862623' width='481' height='683' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Contes et croyances populaires de La R&#233;union, collectif (Beurty Dubar, France-Line Fontaine, Daniel Honor&#233;, C&#233;line Huet, Jean-Bernard Ifanohiza, Peggy Loup Garbal, Monique M&#233;rabet), &#233;ditions UDIR.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parole d'Ancien : Si l'Homme a une seule bouche, et deux oreilles, c'est parce qu'il est incontestablement destin&#233; plus &#224; &#233;couter qu'&#224; dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des choses ont remont&#233;, ces derniers &#233;v&#233;nements ; il suffisait de se pencher un peu pour s'en rendre compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une vieille dame de mon quartier m'a rappel&#233; qu'&#244; combien ! la p&#233;riode de l'Avant &#233;tait pernicieuse. &#8220;Le 2 novembre, les Morts font la f&#234;te, me dit-elle en hochant la t&#234;te ; cette ann&#233;e, ils ont d&#233;cid&#233; de poursuivre un peu plus&#8230; Les crois&#233;es des chemins sont devenus des ronds-points, voil&#224; tout.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le livre Contes et croyances de La R&#233;union, France-Line Fontaine en a rappel&#233; l'importance :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le mois de novembre est r&#233;serv&#233; aux morts. Il faut rester tr&#232;s vigilant pendant l'Avent. Bonnes et mauvaises &#226;mes c&#244;toient les vivants pendant cette p&#233;riode. Surtout se m&#233;fier des &#226;mes errantes : ces hommes ou ces femmes qui ont eu une fin tragique profitent de ce temps allou&#233; pour revenir rejouer les instants qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; leur mort. L'alcoolique revient zigzaguer devant l'attelage qui l'a &#233;crabouill&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gramoune que je connais pr&#233;tend que les &#226;mes des anc&#234;tres esclaves, les esclaves marronn&#233;s abattus &#224; coups de fusil sont descendus des hauts, de leurs campements pour venir se glisser dans la peau des gilets jaunes et affronter les forces de l'ordre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tant que le monde gardera sa gouvernance actuelle, les mov&#233; zam reviendront&#8230; &#187;, fait-elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant &#171; lo tan zavan &#187;, il ne fait pas bon se promener apr&#232;s six heures du soir, on peut &#234;tre &#8216;frapp&#233;', choisi. &#8220;Tu as vu, les &#233;chauffour&#233;es, les caillassages, les rackets, les voitures br&#251;l&#233;es, tout &#231;a, &#231;a se passait toujours apr&#232;s 18 heures, n'est-ce pas ?&#8230;&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'un air entendu, de me donner un conseil, pour virer cette col&#232;re : &#171; franchir le seuil de la case &#224; reculons, au cas o&#249; une &#226;me, s&#251;rement mauvaise, t'aurait suivi&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la salle de Caf&#233;, autre son de cloche, rodomontades en avant ; r&#233;sonnait : &#171; Rasons l'Arc de Triomphe, un truc de l'ancien monde ! Les Invalides, le napol&#233;onien, tous ces machins, &#231;a &#233;crase ; l'architecture militaire, c'est laid !&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le journal de comptoir reproduisait un dessin figurant un journaliste, micro tendu vers le haut en direction d'un gars juch&#233; sur un tabouret. La bulle tan&#231;ait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Et vous, que faites-vous pour la plan&#232;te ?&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;ponse : &#8220;Je me suicide.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
La l&#233;gende &#233;num&#232;re : la vie d'un homme, tant de tonnes de carbone, tant de tonnes de d&#233;chets, &#233;quivalents &#224; tant de piscines olympiques, etc., etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remarquais que le candidat &#224; la pendaison avait un semblant de gilet jaune. Je fermais le journal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon inclination va plut&#244;t au babillage de mon petit voisin qui a &#171; vu tout &#231;a &#224; la t&#233;l&#233; &#187; : galets jet&#233;s, gaz lacrymo, rackets, voitures br&#251;l&#233;es, charges de CRS&#8230;, il adore. Pour lui, c'est du jeu vid&#233;o. Il conclut : &#171; C'est la guerre ! &#187; Le mot l'enchante, lui para&#238;t des plus plaisants, il le fait grincer : &#171; LA GU&#200;&#200;RRRE !! &#187;&#8230; Le genre de gamin qui d&#232;s qu'il a l'occasion de voir un policier, s'en approche prudemment pour demander, fixant envieusement l'arme de service &#224; la ceinture : &#171; Dis, il est charg&#233; ?&#8230; Je peux l'essayer ?&#8230; Est-ce que tu as d&#233;j&#224; tir&#233; sur un voleur ?&#8230; &#187; La question qui lui br&#251;le la langue finit par sortir : &#171; Tu as d&#233;j&#224; tu&#233; quelqu'un ??? Shoot&#233;, comme &#231;a &#187; : sortent de sa bouche des Pof ! Pof ! Pof ! hyst&#233;riques qui le secouent de fond en comble. Il en est tout aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure analyse pourtant qu'il m'a &#233;t&#233; donn&#233; d'en entendre m'est venue d'un marmaille, au rond-point Carrefour de Sainte-Suzanne. Assis sur un muret, il portait un gilet jaune trop grand pour lui ; je me suis install&#233; &#224; ses c&#244;t&#233;s. Il y avait des gens partout, &#231;a parlait, fusaient les klaxons. &#171; Les parents ne doivent pas &#234;tre loin &#187;, me suis-je dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contemplant c&#244;t&#233; blocages, j'ai demand&#233;, faussement na&#239;f : &#171; Pourquoi ils font &#231;a ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il m'a regard&#233; d'un air bizarre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai poursuivi, sur le m&#234;me registre : &#171; Pourquoi ils sont habill&#233;s en jaune, c'est la journ&#233;e du citron ?&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Interloqu&#233;, il se r&#233;crie : &#171; Mais non !&#8230; Je vais te le dire, mais Chut ! il faut pas qu''ils' entendent&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'est approch&#233; de mon oreille pour murmurer : &#171; C'est &#224; cause des Ba-ba-coutes ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai regard&#233;, il semblait s&#233;rieux. Devant mon air dubitatif, alors que je cherchais dans les barrages ce que pouvaient incarner les &#8216;babacoutes', il revint vers moi exc&#233;d&#233; : &#171; Ben, oui ! : pour emp&#234;cher les Babacoutes de passer, on barre les routes !&#8230; Et on s'habille en jaune, parce que le Babacoute a peur du jaune ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les id&#233;es galopaient dans ma t&#234;te : &#171; baba &#187; en cr&#233;ole, &#231;a veut dire &#171; b&#233;b&#233; &#187;. Exemple : &#8216;babafigue', mais &#171; Coute &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me penchais vers lui d'un air complotiste : &#171; C'est quoi le Babacoute ?
&lt;br /&gt;- Un petit monstre - tiens !- qui saute dans les poches des gens, et qui mange tout leur argent&#8230; C'est pour &#231;a qu'il faut emp&#234;cher qu'il passe, et leur couper la route ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout devenait clair : Babaco&#251;te, avec un accent sur le u&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;sireux sans doute de mettre un terme &#224; la conversation, il la conclut d'un &#171; T'es idiot, toi ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre&#8230; - mais je sais &#224; pr&#233;sent une chose : le conte n'est pas mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dyab-la ka mand&#233; an timanmay (1)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/dyab-la-ka-mande-an-timanmay-1,94581</link>
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		<dc:date>2018-12-06T02:36:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ti-marmaille-l&#224; voulait mettre un grain de sel sur la queue du merle tant il trouvait l'oiseau en un mot magique. Jaloux, dans le fond, de la l&#233;g&#232;ret&#233; et de la vivacit&#233; merveilleuses du piaf, il voulait s'en saisir, l'avoir &#224; lui tout seul, pour faire sien toutes les qualit&#233;s qui semblaient faire d&#233;faut &#224; sa petite &#8216;existence de ti-marmaille-la-poussi&#232;re'. Le merle l'entra&#238;na, loin, &#224; chaque fois plus loin, jusqu'au bord de la vie, et sur les sentiers abrupts sur lesquels il n'eut pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/" rel="directory"&gt;C'en est trope&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94581-ffd09.jpg?1778862623' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;61&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-alexandre_monan.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH775/5-alexandre_monan-c11d8.jpg?1778862623' width='500' height='775' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Joanise ma m&#232;re d'Alexandre Monan, aux &#233;ditions D&#233;sormeaux.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ti-marmaille-l&#224; voulait mettre un grain de sel sur la queue du merle tant il trouvait l'oiseau en un mot magique. Jaloux, dans le fond, de la l&#233;g&#232;ret&#233; et de la vivacit&#233; merveilleuses du piaf, il voulait s'en saisir, l'avoir &#224; lui tout seul, pour faire sien toutes les qualit&#233;s qui semblaient faire d&#233;faut &#224; sa petite &#8216;existence de ti-marmaille-la-poussi&#232;re'.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le merle l'entra&#238;na, loin, &#224; chaque fois plus loin, jusqu'au bord de la vie, et sur les sentiers abrupts sur lesquels il n'eut pas conscience de courir, se tenaient dissimul&#233;s, sous des dehors divers, maints diables d&#233;sireux de saisir au passage une &#226;me enfantine (dont ils nourrissaient leur rage &#224; ne pas en avoir).&lt;br class='autobr' /&gt;
Et parmi ces avatars :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Le Dyab-volcan&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Morne-Balai, ce 8 mai 1902, eut lieu la fin du monde, celle dont nous avait tant bassin&#233; le Cur&#233; de la paroisse. Elle s'annon&#231;a au moyen d'un grondement formidable, et la terre s'ouvrit, se fendit en deux, et de la bouche gigantesque fut vomi tout ce que l'Enfer contenait de feu et de cendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En pleine journ&#233;e au-dessus du mont Pel&#233;e, se joua le grand spectacle des teintes cr&#233;pusculaires, annonciateur du Jugement Dernier, tel qu'il &#233;tait &#233;crit dans l'ultime livre de la Bible, l'Apocalypse : le ciel, ouvert comme le grand Livre, se couvrit de flamm&#232;ches, de feu, de poussi&#232;re puis la nuit entra dans le jour et l'envahit. Le Moment &#233;tait venu, celui que les Hommes avaient tant attendu : le Moment du Jugement Dernier, la fin des temps et des si&#232;cles&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'instinct, sans perdre la moindre seconde, on pr&#233;para son passage dans l'autre monde. Agenouill&#233;s, bras tendus en direction du Ciel, nous cri&#226;mes, plus qu'on ne pria, pour que Dieu puisse nous entendre par-dessus les craquements infernaux de la terre, l'appel solennel. Dans la confusion, le Notre-P&#232;re sortait moiti&#233; cr&#233;ole, moiti&#233; latin - qu'importe :&lt;br class='autobr' /&gt;
Papa nou ki nan Siella&lt;br class='autobr' /&gt;
Dibitte nobis debita nostra&lt;br class='autobr' /&gt;
Padon&#233; sa nou f&#232;ou tankou nou padon&#233; mounn kif &#232; nou ki choy&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ne nos inducas in tentationem&lt;br class='autobr' /&gt;
Sed libera nos a malo&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, voil&#224; que certains jeunes, devant l'&#233;ruption, au lieu de communier ensemble dans la pri&#232;re, avec la Communaut&#233; de Dieu, prirent leurs jambes &#224; leur cou, et faisant appel &#224; la fid&#233;lit&#233; de leurs mollets plut&#244;t qu'&#224; celle de leur foi, s'&#233;lanc&#232;rent en avant, dans la direction oppos&#233;e, d&#233;valant les pentes &#224; qui mieux-mieux : belle danse de gambettes, en v&#233;rit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Face au fait accompli, les Anciens, r&#233;volt&#233;s, furieux, se dress&#232;rent pour appr&#233;hender la marmaille, tant&#244;t implorant leur sagesse, tant&#244;t les traitant de &#8220;M&#233;cr&#233;ants&#8221;, de &#8220;sp&#232;s cochons&#8221;, de &#8220;bons-&#224;-rien&#8221;, de &#8220;Judas&#8221;, les vouant aux g&#233;monies et en toute extr&#233;mit&#233; aux feux de l'Enfer dont ils essayaient pourtant se s'&#233;chapper &#224; bon compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
On vit ainsi des m&#232;res se saisir de pierres pour les lancer en direction de leurs propres enfants, en les maudissant, alors qu'elles venaient, &#224; peine un quart d'heure plus t&#244;t, de louer fort &#224; propos, devant la voisine, leur bont&#233; et leur sagesse &#8216;d'image'&#8230; C'&#233;tait &#224; n'y rien comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Dyab-l&#224; l&#233; blan, en fait ! :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Que peut dire le petit &#171; morceau de charbon avec des yeux &#187; devant ces temp&#234;tes qui se d&#233;cha&#238;nent dans les familles, cr&#233;&#233;es par ces &#171; malzoreils &#187;, mul&#226;tres et autres &#171; mal blanchis &#187; de la famille ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Car il s'av&#233;rait plus que n&#233;cessaire de maintenir, en d&#233;pit des scandales des filles enceintes, et des faux pas des gar&#231;ons, &#171; son appartenance propre ainsi que celle de sa prog&#233;niture &#224; ce groupe social des mul&#226;tres qui avait &#233;merg&#233; de la masse, au cours du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent &#187; : point de mariage avec une autre &#8216;race' et d'une autre &#8216;condition' - hors de question ! Nous n'allions pas &#8216;salir' notre peau, rabaisser notre sang !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait sans compter les mal&#233;fices des &#8216;Jangaj&#233;' : ces individus qui, comme tout un chacun, vaquaient le jour &#224; leurs occupations coutumi&#232;res, mais qui sous lesquels, on pouvait discerner, comme Man Darius le faisait, &#8220;des supp&#244;ts du d&#233;mon qui, le soir venu, officiaient sous des formes diverses, sous le grand fromager, dans les &#8216;crois&#233;es-quatre', les cimeti&#232;res, maisons hant&#233;es ou autres lieux o&#249;, &#224; ces heures, ne se hasardaient jamais les bons chr&#233;tiens&#8230; Bien s&#251;r, tous les b&#233;k&#233;s &#233;taient &#8216;jangaj&#233;', sinon, o&#249; donc auraient-ils pris leurs immenses fortunes ?!&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le grand mensonge de la couleur battait le rappel sur le roul&#232;r de l'&#238;le-oc&#233;an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus, et en pire - avec Stephen King</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/plus-et-en-pire-avec-stephen-king,94519</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/plus-et-en-pire-avec-stephen-king,94519</guid>
		<dc:date>2018-11-29T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Tu comptes me griller avec &#231;a ? Il en rigolait presque, le JP. Valentin tournait autour, tout fier : le genre de gamin qui n'a pas connu le temps o&#249; le groupe Eurythmics jouait du violoncelle au milieu des vaches. Vas-y, marre-toi maintenant, parce qu'apr&#232;s, je t'en mets vingt dans ta face&#8230; C'est quoi comme marque ? &#199;a existe ?&#8230; Elle &#233;tait dr&#244;lement maquill&#233;e, la C2, avec un double aileron &#224; l'arri&#232;re, trois pots, des spoilers de chaque c&#244;t&#233; de l'enjoliveur taill&#233; a&#233;ro. Valentin commentait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/" rel="directory"&gt;C'en est trope&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94519-6fa4d.jpg?1778862623' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/stephen_king.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH835/stephen_king-d227f.jpg?1778862623' width='500' height='835' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le Bazar des mauvais r&#234;ves de Stephen King, en Livre de Poche.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;- Tu comptes me griller avec &#231;a ? Il en rigolait presque, le JP.&lt;br class='autobr' /&gt;
Valentin tournait autour, tout fier : le genre de gamin qui n'a pas connu le temps o&#249; le groupe Eurythmics jouait du violoncelle au milieu des vaches.
&lt;br /&gt;- Vas-y, marre-toi maintenant, parce qu'apr&#232;s, je t'en mets vingt dans ta face&#8230;
&lt;br /&gt;- C'est quoi comme marque ? &#199;a existe ?&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait dr&#244;lement maquill&#233;e, la C2, avec un double aileron &#224; l'arri&#232;re, trois pots, des spoilers de chaque c&#244;t&#233; de l'enjoliveur taill&#233; a&#233;ro.&lt;br class='autobr' /&gt;
Valentin commentait avec gourmandise : - Moteur d'origine vir&#233;. 320 chevaux, 4 cylindres, injection directe, syst&#232;me Drift, bo&#238;te PDK. Plus rien d'original - que de l'originalit&#233; !
&lt;br /&gt;- Je parie qu'avec &#231;a, elle est m&#234;me pas homologu&#233;e&#8230;
&lt;br /&gt;- Fais pas chier, JP&#8230; 500 sacs, c'est bon ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait au tour de Valentin de rigoler.
&lt;br /&gt;- &#192; la premi&#232;re acc&#233;l&#233;ration, le moteur crame, comme la volvo de Juju.
&lt;br /&gt;- Top Johnny ?
&lt;br /&gt;- T'as vraiment besoin d'une le&#231;on, petiot. Va pour la pousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait gar&#233; son Kangou frapp&#233; de l'enseigne &#171; Kraz'insect &#187; sur l'aire d'autoroute, juste &#224; c&#244;t&#233; de celle de Ti Lamp : poubelle fumante au di&#233;sel, qui avait d&#251; passer le contr&#244;le technique avec un billet gliss&#233; dans le derri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gros-Ren&#233; avait rejoint le dalon accoud&#233; &#224; l'espace comptoir de la boutique Total.
&lt;br /&gt;- Eh, Ti Lamp, le temps vire au sec, faut s'humidifier !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il en mima le geste et alla fourrer ses grosses pattes dans le bac r&#233;frig&#233;r&#233;, extirpa deux dodos aussit&#244;t r&#233;gl&#233;es &#224; la caisse.
&lt;br /&gt;- Marie-Jeanne, lui lan&#231;a Ti Lamp (qui ne se souvenait plus trop pourquoi on le nommait ainsi - peut-&#234;tre &#233;tait-ce parce que c'&#233;tait pas une lumi&#232;re), son p&#232;re a &#233;t&#233; aval&#233; par la rotative, pile le jour de la mort de Stephen King&#8230;
&lt;br /&gt;- C'est b&#234;te &#231;a, les co&#239;ncidences, fit Gros-Ren&#233; recouvrant de sa m&#232;che un cr&#226;ne d&#233;garni. Il d&#233;capsula la canette. C'est pour &#231;a que tu te fais chier &#224; lire tous les Stephen King ? &#8216;Le Bazar des mauvais r&#234;ves'&#8230; Mauvais titre de festival de films d'horreur de l'Arkansas ou de je ne sais quel coin paum&#233; du Middle West ! (Il tapotait l'exemplaire).
&lt;br /&gt;- Tu peux pas l'sentir parce qu'il te fiche les p&#233;toches&#8230;
&lt;br /&gt;- Tu parles, j'l'ai lu, &#231;ui-l&#224;&#8230; Enfin presque. J'ai cal&#233; sur &#8216;Sale gosse' et &#8216;Billy Barrage'. Illisibles. Pour le reste, la vie est une sc&#232;ne de crime ; la mort la plus atroce ; tout le temps &#224; tirer vers le sordide et l'd&#233;gueulasse&#8230; C'est bon pour les ados en mal de sensations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Les moteurs chauff&#233;s &#224; grands coups d'acc&#233;l&#233;rateur - &#233;change de pouce lev&#233; et de sourires tendus, Valentin et JP embrayaient la premi&#232;re, ils allaient sortir de l'aire de repos, se mettre en troisi&#232;me c&#244;te &#224; c&#244;te au m&#234;me niveau et au signal allait foutre plein gaz jusqu'au tournant de La Possession tout au fond de la ligne droite. On verrait qui en a le plus au fond du calbuth et empocherait les 500 sacs de la Subaru ou de la C2 trafiqu&#233;e. &#171; Trop l&#233;g&#232;re &#187;, se disait JP en souriant, &#171; elle tiendra pas la route &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Valentin cria d'excitation, pied au plancher, un nuage de fum&#233;e noire sortit du bas de caisse, l'id&#233;e que JP puisse &#234;tre pris dans les &#233;chappements de la voiture le faisait jouir, il passa les vitesses furieusement, comme s'il voulait arracher le manche, &#224; grands coups. Vibration, vrombissement, il adorait ce bruit qui monte des rouages du moteur. Putain, il commen&#231;ait &#224; distinguer la Subaru dans le r&#233;tro ! Trop lourde la caisse !, se r&#233;jouissait-il. &#199;a allait tr&#232;s vite aussi dans sa t&#234;te. Trop lourde ! Les 500 billets, il allait les compter un par un en se marrant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;Y a pas que &#231;a, r&#233;torqua Ti Lamp. Prends &#8216;Premium Harmony', &#8216;Batman et Robin ont un accrochage', &#8216;La Dune', &#8216;Une mort', &#8216;&#201;glise d'ossements', ou chais pas, tiens, &#8216;Feux d'artifice imbib&#233;'&#8230;
&lt;br /&gt;- C'est ce que je dis : plus c'est gros plus &#231;a passe. (Il s'en tapait le bedon). Pour Stephen King, l'inconnu est un monstre. Et puis, c'est quoi l'id&#233;ologie souterraine ?
&lt;br /&gt;- Ben, l'Am&#233;rique qui se d&#233;vore elle-m&#234;me, la violence omnipr&#233;sente, caricaturale de la soci&#233;t&#233; &#233;tats-unienne qui fait qu'elle se bouffe tout le temps&#8230;
&lt;br /&gt;- Ouais, le sucre, &#231;a g&#226;te les dents, je suis d'accord ; et King est trop acide, &#231;a g&#226;te le teint. Il but.
&lt;br /&gt;- P&#233;toches, objecta Ti Lamp.
&lt;br /&gt;- C'est pas tous les jours ouvert chez Halloween, r&#233;torqua Gros-Ren&#233; en hochant de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;500 euros qu'il arriverait le premier, s&#251;r qu'il avait remport&#233;, mais son pote se r&#233;jouissait de le voir mal n&#233;gocier le virage et d&#233;coller pour passer par-dessus la barri&#232;re de s&#233;curit&#233; : s&#251;r qu'il allait rien payer du tout. Il ralentissait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;C'est pas tout &#231;a, poto, faut qu'j'aille bosser&#8230; Gros-Ren&#233; se dirigea vers les sanitaires. Ti Lamp, lui, aspira la derni&#232;re goutte froide de son caf&#233; qui tra&#238;nait au fond du gobelet, et vit une caisse traverser la vitrine, le verre souffl&#233; s'envolait comme les aigrettes de laiteron dans le vent, et la voiture improbable termina sa course encastr&#233;e dans le carr&#233; chiottes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il entendait plus rien, mais un machin passa dans son champ de vision, un dentier qui se pr&#233;cipitait vers la vitrine des paquets de clopes - celles qui vous font voir la Mort en face - pour s'encastrer dans un paquet Royal menthol.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y avait des coffrets de biscuits Pringles &#233;tal&#233;s partout, des bo&#238;tes de conserve William Saurin qui roulaient, des bidons d'huile &#233;ventr&#233;s&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Son esprit ne marchait plus tr&#232;s bien. Ne lui vint &#224; l'esprit qu'une r&#233;flexion :
&lt;br /&gt;- Ben, merde alors&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Aggiornamento Macouria</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une fois sorti de la contradiction, tout est possible, r&#233;sonnaient les Grecs. &#192; leurs yeux, la v&#233;rit&#233; n'&#233;tait pas une, mais double. Il y avait Momos, le dieu de la V&#233;rit&#233;, dieu du miroir ; et N&#233;m&#233;sis, la V&#233;rit&#233; combattante, celle qui est enferm&#233;e et qui a besoin de sortir au grand jour, pour crier. Mythe qui vieillit mal, pensent certains - dans les familles o&#249; l'obscurit&#233; et le mensonge s'h&#233;ritent, se r&#233;p&#232;te invariablement la formule : &#171; La v&#233;rit&#233; ne se dit pas, et le mensonge est interdit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/" rel="directory"&gt;C'en est trope&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94428-a9062.jpg?1778862623' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_60036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/verite.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH683/verite-9a721.jpg?1778862624' width='500' height='683' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une fois sorti de la contradiction, tout est possible, r&#233;sonnaient les Grecs. &#192; leurs yeux, la v&#233;rit&#233; n'&#233;tait pas une, mais double. Il y avait Momos, le dieu de la V&#233;rit&#233;, dieu du miroir ; et N&#233;m&#233;sis, la V&#233;rit&#233; combattante, celle qui est enferm&#233;e et qui a besoin de sortir au grand jour, pour crier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mythe qui vieillit mal, pensent certains - dans les familles o&#249; l'obscurit&#233; et le mensonge s'h&#233;ritent, se r&#233;p&#232;te invariablement la formule : &#171; La v&#233;rit&#233; ne se dit pas, et le mensonge est interdit &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'instar de ce que disait Jeanne Moreau, je crois que &#171; plus on dit la v&#233;rit&#233;, plus on creuse le myst&#232;re &#187;. &#201;galement qu'il y a moins de v&#233;rit&#233;s que des interpellations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nietzsche disait que l'art sauve de la v&#233;rit&#233;. Non, je serais plut&#244;t enclin &#224; croire que l'art sauve la v&#233;rit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;cit tiss&#233; de vieilles histoires populaires qui parlent de ce qui, comme l'horizon, s'&#233;loigne toujours davantage d&#232;s lors qu'on s'en approche, Jean-Claude Carri&#232;re &#233;crit qu'il faut toujours suivre ceux qui cherchent la v&#233;rit&#233;, et fuir ceux qui l'ont trouv&#233;e. Il r&#233;v&#232;le que la v&#233;rit&#233; est en fait une vieille femme laide et puante qui souhaite qu'on croie qu'elle est belle et jeune. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Cr&#233;oles guyanais envisag&#232;rent la V&#233;rit&#233; sous une autre forme. Ils lui donn&#232;rent d'abord l'allure du l&#233;zard. &#171; L&#233;za di : &#8216;Si mo mach&#233; dousman a pa mach&#233;, a l&#244; mo ka kouri mo ka mach&#233;' : Le l&#233;zard raconte : &#8216;Si je marche doucement, ce n'est pas de la marche ; c'est quand je cours vraiment, je marche' &#187;. Si la v&#233;rit&#233; est incontestablement plus lente que nous ; le mensonge, lui, nous pr&#233;c&#232;de. Beaucoup de gens n'ont pas la patience de l'attendre et courent au-devant comme si elle y &#233;tait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus qu'au l&#233;zard cependant, c'est au chien que revient le privil&#232;ge de lui pr&#234;ter ses traits, car la tradition cr&#233;ole veut que la v&#233;rit&#233; soit un chien sans ma&#238;tre qui tra&#238;ne de rues en rues, au hasard. Que c'est un chien qui ne vient pas quand on l'appelle, et qui vient quand on ne l'appelle pas. Ils disent &#233;galement : Tout chien gratte sa puce&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette id&#233;e-l&#224; a sans doute travers&#233; l'Atlantique avec les marins anglais : ne dit-on pas Outre-Manche : &#171; La v&#233;rit&#233; est un chien que l'on renvoie au chenil, tandis que dame levrette a le droit de s'installer devant l'&#226;tre &#187; ? Les Cr&#233;oles se sont appropri&#233;s l'image pour la pimenter et l'agrandir du fait que le chien devenait un double de soi. &#171; R&#233;pitassion chien bon, bon pou chien &#187;. La v&#233;rit&#233;, ils l'abritaient des coups des ma&#238;tres, par opposition au gros Blanc qui se ment &#224; lui-m&#234;me constamment - le Blanc historique adore se mentir &#224; lui-m&#234;me...&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Tout chien gain y&#233; manni&#232; pou grat&#233; y&#233; do &#187; ; &#171; Chak chien ka nich&#233; so lakio a so manni&#232; &#187; ; &#171; Kaka chien bon pou sa ki inmin li &#187; ; &#171; A pa lakio chien ki ka koumand&#233; chien : Ce n'est pas la queue du chien qui commande au chien &#187;. La sagesse populaire raillant &#224; demi mots les habitudes sexuelles des ma&#238;tres. &lt;br class='autobr' /&gt;
En cette terre d'Am&#233;rique, la v&#233;rit&#233; allait aussi loin qu'un chien crabier, animal sauvage, agile, qui fuit l'homme. On ne le voit jamais, seulement par accident. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en ce sens qu'Alfred de Saint-Quentin (dates inconnues - XIXe si&#232;cle) fait du renard de La Fontaine un chien crabier dans sa version guyanaise de la c&#233;l&#232;bre fable et par un renversement ironique du Blanc un Noir. Ainsi : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Chien crabier et le Couroumou : &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre chien-crabier s'avan&#231;a d'un air humble&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dit au couroumou : &#8216;Bonjour, cher Monsieur !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah ! si je m'approche c'est pour mieux vous voir,&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous &#234;tes tellement beau que je ne vous reconnaissais pas.&lt;br class='autobr' /&gt; &#201;coutez bien, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8216;Vos plumes sont un peu noires, je m'en &#233;tonne, &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez tant d'esprit qu'elles devraient &#234;tre toutes blanches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du reste vous &#234;tes l'&#233;lite de notre pays&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, de plus, on assure que vous chantez &#224; ravir.'&lt;br class='autobr' /&gt; &#201;coutez bien, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
En entendant cela le couroumou gonfle son jabot,&lt;br class='autobr' /&gt;
Se pavane, fait la roue avec sa queue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, pour montrer au chien son talent de chanteur, &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ouvre si largement le bec que le fromage en &#233;chappe.&lt;br class='autobr' /&gt; &#201;coutez bien, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre crabier saute dessus et l'avale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et alors il dit au couroumou d'un air goguenard :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8216;Que regardes-tu avec cet air niais ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens qui ont de l'esprit vous l'auraient-ils vol&#233; ?'&lt;br class='autobr' /&gt; &#201;coutez bien, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8216;Si l'on a fait tant de bassesses pr&#232;s de toi&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait uniquement pour te tromper ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu n'as pas &#224; te f&#226;cher, mon cher comp&#232;re corbeau,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ton vieux petit morceau de fromage paiera mon apologue'.&lt;br class='autobr' /&gt; &#201;coutez bien, etc. &lt;br class='autobr' /&gt; En entendant cela, le couroumou s'&#233;cria : &#8216;Voil&#224; qui est fort !&lt;br class='autobr' /&gt;
Que les chiens-crabiers de nos jours sont menteurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant quand on me dira que je suis beau j'aurai peur&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'&#233;couterai plus !&#8230; quoique je sache que c'est vrai.'&lt;br class='autobr' /&gt; &#201;coutez bien, tra la la la !&lt;br class='autobr' /&gt; &#201;coutez bien mon apologue ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fabuliste se positionne dans l'ironie, &lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous dit : &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne peux plus croire la v&#233;rit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on me cherche &#224; me la voler, &lt;br class='autobr' /&gt;
Ni &#224; un monde du reste &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans lequel la v&#233;rit&#233; tombe preste&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un fromage, &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un fromage &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui ne nourrit pas &lt;br /&gt;- bien au contraire, ma foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trait&#233; du vide (Alain Nadaud)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/traite-du-vide-alain-nadaud,94369</link>
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		<dc:date>2018-11-15T01:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Reprends ton Pythagore ! &#187;, bougonnait mon p&#232;re, sur le canap&#233; &#224; lire son &#8216;'Monde'' quand je buttais sur mes exercices de maths. C'&#233;tait une &#233;poque o&#249; je m'amusais &#224; d&#233;velopper &#960; avec ses d&#233;cimales, de sorte &#224; en dresser une tour qui s'&#233;levait en colima&#231;on jusqu'&#224; la Voie lact&#233;e&#8230; Dans le Tim&#233;e, Platon &#233;crit : &#171; Au tout d&#233;but, il y avait des Id&#233;es et des Nombres &#187;. Je me le r&#233;p&#233;tais &#224; l'envi, fascin&#233; par cette monstruosit&#233; : l'infini multipli&#233; par z&#233;ro &#233;gale z&#233;ro - ce que je r&#233;coltais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/" rel="directory"&gt;C'en est trope&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94369-78ea0.jpg?1778862624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-zero.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5-zero-c8b63.jpg?1778862624' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Arch&#233;ologie du z&#233;ro par Alain Nadaud, en Folio.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Reprends ton Pythagore ! &#187;, bougonnait mon p&#232;re, sur le canap&#233; &#224; lire son &#8216;'Monde'' quand je buttais sur mes exercices de maths.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une &#233;poque o&#249; je m'amusais &#224; d&#233;velopper &#960; avec ses d&#233;cimales, de sorte &#224; en dresser une tour qui s'&#233;levait en colima&#231;on jusqu'&#224; la Voie lact&#233;e&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le Tim&#233;e, Platon &#233;crit : &#171; Au tout d&#233;but, il y avait des Id&#233;es et des Nombres &#187;. Je me le r&#233;p&#233;tais &#224; l'envi, fascin&#233; par cette monstruosit&#233; : l'infini multipli&#233; par z&#233;ro &#233;gale z&#233;ro - ce que je r&#233;coltais souvent en dict&#233;e. Ce serait chouette si nous pouvions multiplier ainsi par z&#233;ro des pans entiers de notre histoire&#8230; Napol&#233;on multipli&#233; par z&#233;ro, &#231;a ferait quoi ? Peut-&#234;tre, Michel Houellebecq. Et l'institution judiciaire ? (Bon, c'est vrai, elle le fait tr&#232;s bien elle-m&#234;me&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Alain Nadaud tresse l'histoire d'un tabou math&#233;matique : celui du z&#233;ro que les hommes d&#233;couvrirent en Inde (cela ne pouvait qu'&#234;tre l&#224;) 3 mille 8 cents ans apr&#232;s l'invention de l'&#233;criture, longtemps apr&#232;s le Bouddha&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Pythagoriciens pourchass&#233;s pour impi&#233;t&#233; par les milices chr&#233;tiennes trouvaient refuge dans la n&#233;cropole pill&#233;e d'Alexandrie dans le but de c&#233;l&#233;brer secr&#232;tement leur culte, celui des Nombres. Rien n'est ext&#233;rieur au nombre, disait-ils. La ferveur les menait dans le d&#233;dale platonicien de l'esprit apur&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cadastre divin, &#224; l'horloge du ciel, des chiffres. &#212; Grand calculateur du Temps, Multiplicateur de l'Infini ! Dieu a 3 c&#244;t&#233;s &#233;gaux, Il est un triangle parfait suspendu au-dessus du Tr&#244;ne, Il a pour nom &#8216;Celui dont la circonf&#233;rence est partout, et le centre nulle part'.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la nuit humide et r&#233;sonnante des caveaux &#233;nucl&#233;&#233;s, ils &#233;num&#233;raient des chiffres tandis que les factionnaires du Christ patrouillaient au-dessus d'eux au flambeau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le z&#233;ro est une forme inutilisable du temps&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le passage de Z&#233;ro &#224; l'Un est aussi myst&#233;rieux que la cr&#233;ation de l'univers&#8230; Il ne saurait &#234;tre un simple hi&#233;roglyphe de plus sur un morceau de papyrus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute son existence, le Ma&#238;tre de Samos l'avait employ&#233;e &#224; fuir l'Apeiron, l'Ind&#233;termin&#233;, le z&#233;ro. Dans les cercles d'&#233;cume que laissait son &#233;trave, Pythagore voyait des z&#233;ros, sans jamais l'admettre. &#171; Dieu ne peut &#234;tre que mesure &#187;, r&#233;p&#233;tait-il, &#171; Les choses ne sont que l'apparence des Nombres &#187;. Il soutenait que les math&#233;matiques repr&#233;sentait le savoir absolu qui devait se substituer &#224; la raison. La th&#233;orie de l'harmonie des nombres r&#233;glait le ciel et les constellations &#224; la fa&#231;on d'une grande horloge, en une sorte de ballet ininterrompu, pr&#233;vu depuis l'&#233;ternit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; I understand a fury in your words&lt;br class='autobr' /&gt;
But not your words&#8221;, disait Othello.
&lt;br /&gt;- Qu'il parle maintenant, ce z&#233;ro,&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou se taise &#224; jamais&#8230;, r&#233;pondait Chronos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il est impossible que la conscience v&#238;nt du n&#233;ant, impossible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paradoxe du z&#233;ro fait que s'il n'existe pas, (et selon sa propre d&#233;finition, il ne peut exister), sa non-existence fait pr&#233;cis&#233;ment z&#233;ro - c'est donc qu'il est&#8230; Comment une chose dans le m&#234;me temps peut-elle &#234;tre et n'&#234;tre pas ? Le z&#233;ro est le nombre monstre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Un est la porte ouverte sur l'infini,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Z&#233;ro la referme sur le n&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est l'impensable, ou tout au moins applicable uniquement aux objets ext&#233;rieurs &#224; toute vie, c'est-&#224;-dire en dehors de ce monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Figur&#233; par un trou sans fond, le z&#233;ro est le puits historique o&#249; Alain Nadaud puise l'amertume du crime, qui est toute vie &#244;t&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me que le rationnel est la condition de l'intelligible, le z&#233;ro proclame son irrationalit&#233; &#224; la face des hommes et de Dieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; travers le r&#233;cit de la secte des Adorateurs du z&#233;ro, Alain Nadaud d&#233;roule une histoire ironique des croyances, de toutes les croyances, et de la ferveur assassine qui trop souvent l'accompagne, celle pr&#233;cis&#233;ment qui aspire &#224; l'infini, et confine au z&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Zistoir la Renyon et Art social (Daniel Honor&#233;)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/zistoir-la-renyon-et-art-social-daniel-honore,94313</link>
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		<dc:date>2018-11-08T02:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#8216;Aller marron', c'&#233;tait monter dans les Hauts, fuir l'esclavage, reconqu&#233;rir une dignit&#233; perdue. C'&#233;tait aussi dominer les bas o&#249; s'&#233;talaient les Gros Blancs dans leurs richesses et leurs luxes invraisemblables. Regarder la montagne aujourd'hui avec ces yeux-l&#224; la rend plus haute, n'est-ce pas ? Il est des contes et des l&#233;gendes qui racontent cette mont&#233;e : quand Ti-Zan marronne, se r&#233;volte contre Grandiab, contre le Dieu des Blancs, au paradis m&#234;me, &#224; qui il fait la le&#231;on ; la riche Madame (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/" rel="directory"&gt;C'en est trope&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94313-6d536.jpg?1778862624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5-honore.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5-honore-e5008.jpg?1778862624' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Faisons nos contes par Daniel Honor&#233;, &#233;ditions K'a (collection Ast&#232;r).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8216;Aller marron', c'&#233;tait monter dans les Hauts, fuir l'esclavage, reconqu&#233;rir une dignit&#233; perdue. C'&#233;tait aussi dominer les bas o&#249; s'&#233;talaient les Gros Blancs dans leurs richesses et leurs luxes invraisemblables. Regarder la montagne aujourd'hui avec ces yeux-l&#224; la rend plus haute, n'est-ce pas ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est des contes et des l&#233;gendes qui racontent cette mont&#233;e : quand Ti-Zan marronne, se r&#233;volte contre Grandiab, contre le Dieu des Blancs, au paradis m&#234;me, &#224; qui il fait la le&#231;on ; la riche Madame D&#233;basin condamn&#233;e &#224; faire la servante de Satan ; et Grand-m&#232;re Kalle qui pleure son enfant perdu&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les penseurs de la R&#233;volution avait l'intuition du devoir esth&#233;tique et social ensemble, sans voir qu'il existait d&#233;j&#224; dans le conte. Un art pour le peuple et par le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le contenu social du conte, &#233;crit Daniel Honor&#233;, ne laisse pas toujours intact le fonctionnement d&#233;ficient de la soci&#233;t&#233; ou de ceux qui ont le pouvoir. C'est ainsi que Ti-Zan se moque des rois, ridiculise Grandiab, se venge de son oncle riche et avare. Namkuitkuit, lui, se rit des pi&#232;ges que sa m&#232;re indigne lui tend pour le faire d&#233;vorer par Groloulou : il finit m&#234;me par punir son p&#232;re d'&#234;tre l&#226;che et irresponsable &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;er un conte, c'&#233;tait devenir Celui-qui-n'a-pas-de-nom, l'artiste s'effa&#231;ait devant sa cr&#233;ation. Car le conte &#233;tait avant tout une manifestation de la solidarit&#233; au sein m&#234;me de la famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#338;uvre individuelle, reprise par la collectivit&#233;, &#8220;les zistoir r&#233;alisent une sorte de m&#233;moire d'une soci&#233;t&#233; et chaque g&#233;n&#233;ration qui passe y apporte sa marque, son sceau, avant de la l&#233;guer &#224; la suivante&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art social n'est pas un art de pouvoir, il est un art de partage et d'am&#233;lioration, il se moque de la cat&#233;gorisation d'art majeur-art mineur. Le beau n'a pas &#224; &#234;tre une religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Proudhon &#233;crivait dans son ouvrage Du Principe de l'art et de sa destination sociale : &#171; L'art ne s'est occup&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent que des dieux, des h&#233;ros et des saints : il est grand temps qu'il s'occupe des simples mortels &#187;, il ne regardait pas du c&#244;t&#233; des petites gens, et ne s'adressait pas davantage &#224; eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Roger Marx d&#232;s lors qu'il appelle de ses v&#339;ux un art social met en avant la notion de cordialit&#233;. Il est proche des r&#234;ves fouri&#233;ristes, de la Cit&#233;-jardin, il vante le particularisme r&#233;gional. Sans le savoir, il s'approche du conte.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans le monde des contes, fait Daniel Honor&#233;, les valeurs sont encore bien pr&#233;sentes : le respect, l'amour du travail, la politesse, la solidarit&#233;, le sens de l'&#233;conomie &#187;. Et il conclut : &#171; N'oublions pas que l'une des premi&#232;res raisons d'&#234;tre des contes et l&#233;gendes est leur influence morale et intellectuelle &#187;. Leurs personnages ont &#224; la fois une dimension mat&#233;rielle et spirituelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils nous questionnent encore sur le r&#244;le social de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on de Laborde d&#233;j&#224; en 1851 se moquait de &#171; la th&#233;orie insens&#233;e de l'art pour l'art &#187; : &#171; Le temps n'est pas loin (lan&#231;ait-il) o&#249; l'on soutenait gravement qu'un chou peint dans toutes les conditions de la perfection, devrait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'&#233;gal de la Transfiguration de Rapha&#235;l &#187;. Eh bien, ce n'est pas vrai, Laborde avait tort : nous y sommes encore, les m&#234;mes tensions se jouent, et Daniel Honor&#233; y r&#233;pond &#224; son &#233;chelle dans &#171; Faisons nos contes&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Charles Angrand : le point sur la correspondance adress&#233;e &#224; Maximilien Luce (12)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/charles-angrand-le-point-sur-la-correspondance-adressee-a-maximilien-luce-12,94270</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/charles-angrand-le-point-sur-la-correspondance-adressee-a-maximilien-luce-12,94270</guid>
		<dc:date>2018-11-02T03:20:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La recherche portant sur la vie et l'&#339;uvre de l'artiste n&#233;o-impressionniste Charles Angrand passe par l'&#233;tude du corpus de la correspondance qu'il entretint avec ses camarades. L'importance de celle qu'il &#233;changea avec Maximilien Luce, acquise par l'Institut National d'Histoire de l'Art aupr&#232;s d'un libraire newyorkais en mars 2010, am&#232;ne au comparatif avec celle qui fut publi&#233;e par M. Lespinasse en 1988, 22 ans plus t&#244;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au sommaire de l'ouvrage, est indiqu&#233; 192 lettres pour le seul (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/" rel="directory"&gt;C'en est trope&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94270-1a2b3.jpg?1778862624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59917 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/6-besson.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/6-besson-e1596.jpg?1778862624' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Peinture fran&#231;aise XIXe si&#232;cle, volume III par George Besson, &#233;ditions Braun &amp; Cie.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La recherche portant sur la vie et l'&#339;uvre de l'artiste n&#233;o-impressionniste Charles Angrand passe par l'&#233;tude du corpus de la correspondance qu'il entretint avec ses camarades. L'importance de celle qu'il &#233;changea avec Maximilien Luce, acquise par l'Institut National d'Histoire de l'Art aupr&#232;s d'un libraire newyorkais en mars 2010, am&#232;ne au comparatif avec celle qui fut publi&#233;e par M. Lespinasse en 1988, 22 ans plus t&#244;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au sommaire de l'ouvrage, est indiqu&#233; 192 lettres pour le seul destinataire, avec un &#233;change qui court de mars 1899 au d&#233;c&#232;s de l'artiste, d&#233;but avril 1926. Un d&#233;compte pr&#233;cis corrige cette annonce : sont reproduites en r&#233;alit&#233; 210 lettres en direction de Luce.&lt;br class='autobr' /&gt;
En regard, la base documentaire AGORHA sur le site de l'INHA recense 2 lots de lettres pour le m&#234;me destinataire, et indique un nombre de documents que le D&#233;partement de la Biblioth&#232;que et de la Documentation corrige, &#224; savoir : &lt;br class='autobr' /&gt;
1.Autographes 180, 30 &#8211;Angrand, Charles : 57 LAS &#224; Maximilien Luce &#8211; sous-dossier &#8211; Biblioth&#232;que de l'INHA, collections Jacques Doucet (Paris).&lt;br class='autobr' /&gt;
2.Autographes 180, 31 &#8211; Angrand, Charles : 181 LAS &#224; Maximilien Luce &#8211; sous-dossier &#8211; Biblioth&#232;que de l'INHA, collection Jacques Doucet (Paris).&lt;br class='autobr' /&gt;
Soit un total de 238 courriers. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ceci pr&#232;s que 4 lettres du lot 180-31 r&#233;f&#233;renc&#233;es 46, 47, 119 et 141 ont disparu, sans que l'on sache pourquoi ni comment, du fonds. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi le diff&#233;rentiel n&#233;gatif de la Correspondance publi&#233;e par rapport au fonds de l'INHA se monte-t-il au chiffre bas de 24. 24 lettres d'Angrand sont &#224; ce jour in&#233;dites. Pourquoi ? Et que disent-elles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Tableau synoptique avec commentaires critiques -&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Num&#233;ro au fonds de l'INHA&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Date indiqu&#233;e dans la Correspondance publi&#233;e, pagination.&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Commentaires&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;136 (180-31)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23 mai 1920 (p.282)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Date erron&#233;e : la lettre porte en en-t&#234;te &#171; mardi &#187;, le 23 mai 1920 fut un dimanche. 1 ponctuation forte non suivie. 4 lignes manquantes en tout (Venise ; Don Quichotte [journal] ; Fer).1 soulignement inexact, 1 non rendu.&lt;br class='autobr' /&gt; 3&#232;me page manquante (inondations, son fr&#232;re, son neveu, sa s&#339;ur).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;137&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Avril 1921 (p.289)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2 mots invers&#233;s. 1 mot pour 1 autre(&#8216;sensible' pour &#8216;serviable').&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;138&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Fin mai 1920 (p.283)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 &#224; la ligne non respect&#233; ; 1 verbe temps erron&#233; ; 1 mot pour 1 autre (&#8216;exposition' pour &#8216;op&#233;ration') ; soulignement erron&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;139&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Mars 1920 (p.281)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 soulignement non respect&#233; ; 1 mot ajout&#233; ; 1 nom pour 1 autre (&#8216;Pierrot' pour &#8216;Pernet').&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;140&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;D&#233;but janvier 1920 (p.280)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;141&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Document indisponible&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Disparu du fonds.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;142&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;In&#233;dit&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Post scriptum d'un courrier situ&#233; entre 1921 et 1923. Cf. articles 11 et12 sur le site : &#171; Ch. Angrand, le point sur la correspondance adress&#233;e &#224; M. Luce : document in&#233;dit. Mouvement Clart&#233;, Querville, Vaillant-Couturier, Balzac, Russie.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;143&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;In&#233;dit&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Cartin sans formule d'accroche, ni Formule de politesse. R&#233;f&#233;rence &#224; Un article du Carnet sur Hamp, sign&#233; Octave Uzanne.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;144&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Mars 1910 (p.209)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Date erron&#233;e : l'en-t&#234;te de la lettre indique &#171; lundi soir 5 &#187;, le 5 mars 1910 est un samedi. Je la date avant 1920, possiblement 1919. &lt;br class='autobr' /&gt;
1 majuscule non respect&#233;e, &lt;br class='autobr' /&gt;
1 ponctuation non respect&#233; (pour ?)&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;145&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&#232;re semaine d'octobre 1917 (p.277)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Donc jeudi 4 octobre 1917. 2 fois &lt;br class='autobr' /&gt;
1 mot pour 1 autre, 2 fois ajout de mot.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;146&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&#232;re semaine f&#233;vrier 1920 (p.280)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2 fois mot oubli&#233;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;147&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Mai 1923 (p.310)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2 fois majuscule omise, oubli de 2 lignes (Num&#233;ro de L'&#339;uvre, imagier, exposition de Signac), 1 mot pour un autre (&#8216;juin' pour &#8216;jour'),&lt;br class='autobr' /&gt;
1 mot omis, 1 mot en trop, guillemets en trop.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Michel Onfray double face</title>
		<link>https://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/michel-onfray-double-face,94218</link>
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		<dc:date>2018-10-25T01:04:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Kiya</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'Onfray, nous connaissions la saine critique de la psychanalyse, les travaux sur l'anarchisme, son &#233;clairage sur le r&#244;le des femmes durant la R&#233;volution. Nous connaissions cela ; en revanche, nous ne connaissions pas ses lieux communs sur la Guyane. Il faut s'y arr&#234;ter pourtant. Page 18 : &#171; &#192; Cayenne, ville au bord d'une mer marronnasse, il y a la violence et la prostitution, des quartiers dangereux, des histoires racont&#233;s par tous les expatri&#233;s (sic) de couteaux sous la gorge, de viols de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton94218-77e2c.jpg?1778862624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_59883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;93&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L431xH683/onfray-5b566.jpg?1778862624' width='431' height='683' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Nager avec les piranhas (carnet guyanais) de Michel Onfray, chez Gallimard, collection nrf.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'Onfray, nous connaissions la saine critique de la psychanalyse, les travaux sur l'anarchisme, son &#233;clairage sur le r&#244;le des femmes durant la R&#233;volution. Nous connaissions cela ; en revanche, nous ne connaissions pas ses lieux communs sur la Guyane. Il faut s'y arr&#234;ter pourtant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Page 18 : &#171; &#192; Cayenne, ville au bord d'une mer marronnasse, il y a la violence et la prostitution, des quartiers dangereux, des histoires racont&#233;s par tous les expatri&#233;s (sic) de couteaux sous la gorge, de viols de femmes sous les yeux de leur famille, d'&#233;gorgement pour quelques billets, etc. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De Kourou : &#171; Ville aseptis&#233;e r&#233;serv&#233;e &#224; la fine fleur de la recherche spatiale europ&#233;enne, il y a la police et la l&#233;gion, l'arm&#233;e et la s&#233;curit&#233;, les sportifs muscl&#233;s, la t&#234;te ras&#233;e, qui travaillent dans le renseignement et les cr&#226;nes d'&#339;uf russes ou suisses qui mettent au point le c&#339;ur secret du satellite &#187;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Premier point : de toute &#233;vidence, cet homme qui en parle si hardiment n'y a pas v&#233;cu, de sorte qu'on en vient &#224; se demander ce que le philosophe dirait de La R&#233;union, de Saint-Gilles, ou de Cilaos : on devine les petits paragraphes hautains sur les villages perdus, avin&#233;s et consanguins, et des bas, du rhum, de la violence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui se dit philosophe voudrait-il nous faire croire que les quartiers populaires n'existent pas &#224; Kourou ?&lt;br class='autobr' /&gt;
N'a-t-il jamais fait le march&#233; de Cayenne, le dimanche matin, &#224; une encablure du si &#171; dangereux Quartier chinois &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'allais au chef-lieu d&#232;s que j'avais un peu de temps, j'avais mes marques aux archives, place des Palmistes, dans le centre ; j'aimais beaucoup la promenade sur le bord de mer (&#8220;marronnasse&#8221;), les vols des petits &#233;chassiers, les mouettes, les ibis ; souvent nous d&#233;jeunions dans le quartier de l'universit&#233;, le cin&#233;ma, les caf&#233;s, le 14 juillet, les courses, les r&#233;unions d'association, l'effervescence du carnaval&#8230; N'en d&#233;plaise au philosophe, sur quatre ann&#233;es, durant lesquelles j'y ai v&#233;cu et travaill&#233;, souvent avec les Am&#233;rindiens palikur, je n'ai subi aucune agression.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voil&#224;, Michel Onfray vend chez Gallimard, il lui faut une accroche, du sensationnel :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chaleur et moiteur dans les pi&#232;ces o&#249; l'humidit&#233; gondole les livres (d&#233;taille-t-il), tache les murs, parfume l'air de la pourriture des terres qui d&#233;composent la v&#233;g&#233;tation tropicale &#187; - dramatisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le philosophe s'&#233;tait un peu renseign&#233;, il aurait su que la grande majorit&#233; des maisons construites en Guyane ont des pi&#232;ces ventil&#233;es du fait que le haut des murs ext&#233;rieurs sont &#233;tay&#233;s de parpaings ouverts, nantis de moustiquaire, comme cela se fait, du reste, au S&#233;n&#233;gal, ou &#224; Mayotte. L'air brasse continuellement des pi&#232;ces plus hautes de plafond qu'en m&#233;tropole. La biblioth&#232;que que j'avais mont&#233;e dans le bureau &#8211; une biblioth&#232;que suspendue-, pourtant fournie, n'a pas eu &#224; souffrir de ce que d&#233;crit le philosophe&#8230; Et l'air n'y sent pas le pourri.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est arm&#233;, non d'une machette, mais d'a priori que le philosophe se fraye un chemin au &#8220;Pays des Eaux&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La 1&#232;re phrase, celle qui ouvre l'opuscule pose d'embl&#233;e ses &#339;ill&#232;res : &#171; Ce que l'on trouve dans un voyage est toujours ce que l'on y met &#187;. Pr&#233;sent de v&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ral, le G&#233;n&#233;ral V&#233;rit&#233; sonne la charge ! Le Moi est une prison !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le voyage n'existerait donc pas - &#224; quoi bon faire autant de kilom&#232;tres ?&lt;br class='autobr' /&gt;
2e phrase : &#171; Les ethnologues n'&#233;chappent pas &#224; cette r&#232;gle, bien qu'ils recouvrent leur subjectivit&#233; avec un mille-feuille th&#233;orique &#187; ; pour bien faire comprendre le message, au cas o&#249; nous n'aurions pas bien compris, quelques exemples l'enfoncent dans notre esprit : &#171; Dans les Dogons de Griaule, il y a plus de Griaule que de Dogons, de m&#234;me qu'il y a plus de L&#233;vi-Strauss dans ses Nambilwaras que de Nambikwaras, etc. &#187; Caricature en avant : Jetez-moi ces L&#233;vi-Strauss, ces Griaule ! Malaurie &#224; la poubelle ! Ces gens-l&#224; sont des faussaires qui n'ont eu de cesse de tromper l'humanit&#233; ! L'ethnologie est une fausse science ! Hou ! Ces auteurs n'aiment que leur propre nombril, Narcisses tronqu&#233;s - autobiographies d&#233;tourn&#233;es - ils se vendent eux-m&#234;mes faisant croire qu'ils sont autres, honte sur leurs travaux ! Anath&#232;me ! Etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
On mesure le niveau sur lequel vogue la philosophie de Michel Onfray et sur quels hauts fonds elle racle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pourrez de toute votre hauteur de philosophe soutenir ensuite, &#224; votre convenance, que le moi n'existe pas, ou que la soci&#233;t&#233; n'existe pas&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a pire !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il convient, &#233;crit-il bient&#244;t, aimer &#171; les voyages non pas parce qu'ils nous permettent de rencontrer l'alt&#233;rit&#233; dans un m&#234;me temps, mais parce qu'ils nous donnent la m&#234;met&#233; dans un autre temps. Ces peuples [les Am&#233;rindiens] sont en effet fossiles : autrement dit, ils sont ce que nous f&#251;mes et, h&#233;las, ils seront ce que nous sommes &#187;. L'Am&#233;rindien : un M&#234;me fossilis&#233;&#8230; Sarkozy &#224; Dakar ne disait pas autrement. Onfray d&#233;clare &#234;tre all&#233; en Guyane contempler une &#233;toile morte, ou pour mieux dire son propre Lui-m&#234;me pr&#233;historique&#8230; &#192; ce stade, aucune diff&#233;rence entre un Palikour, un Arawak, un Aborig&#232;ne ou un Pygm&#233;e : ce n'est que du fossile&#8230; L'histoire est abord&#233;e avec des lunettes myopiques carabin&#233;es. On comprend apr&#232;s les confusions du type : &#171; Son sourire &#233;tait celui d'un bouddha de la for&#234;t amazonienne &#187;, bouddhisme-chamanisme : m&#234;me sac, et la France est le centre du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour expliquer le suicide des jeunes am&#233;rindiens du fleuve, il donne la d&#233;finition de la schizophr&#233;nie - soit : &#171; le schize est une coupure au creux m&#234;me de l'&#234;tre dans laquelle sombrent ceux dont les bords se sont trop &#233;loign&#233;s, c'est une faille dans laquelle tombent ceux qui ne savent plus o&#249; donner de l'&#226;me, du corps, de la t&#234;te, de l'intelligence. &#187; Rien de bien nouveau. Mais d&#232;s l'exemple, tout part &#224; vau-l'eau : &#171; Un pied dans le temple de Louxor, un autre dans la Bastille, et le corps &#233;cartel&#233; se d&#233;chire en deux, l'&#226;me s'envole, la vie meurt, aussi br&#232;ve que celle de l'&#233;ph&#233;m&#232;re le soir de sa premi&#232;re journ&#233;e &#187;. Africains, il vous faut choisir, tance-t-il, soit vous &#234;tes d'ici, soit vous &#234;tes de l&#224;-bas, on ne peut pas &#234;tre des deux ! Une sorte de x&#233;nophobie philosophique, couverte, tranquille, se diffuse. Car, form&#233; &#224; bonne &#233;cole, Onfray est incapable de se penser en dehors de ses rep&#232;res gr&#233;co-latins : le tao&#239;sme n'a pas de sens pour lui, le hassidisme n'existe pas. C'est la m&#234;me philosophie de l'&#233;triqu&#233; qui s'&#233;tale, dans les m&#233;dias du moment, et qui rejoint celle de Zemmour.&lt;br class='autobr' /&gt;
On comprend qu'apr&#232;s des lyc&#233;ens de la Somme refusent cat&#233;goriquement de lire un livre au motif que le nom de l'auteur et ceux de ses personnages ne sonnent pas fran&#231;ais. Sans doute, &#233;prouvent-ils la peur de devenir schizophr&#232;nes&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Faudrait-il &#224; Onfray une bibliographie ? Le culte d'Isis &#224; Rome, les conqu&#234;tes d'Alexandre, les voies maritimes traversant la M&#233;diterran&#233;e, H&#233;rodote, Pythagore qui voua un culte &#224; Thot, qui se forma aux math&#233;matiques en &#201;gypte, C&#233;sar-Cl&#233;op&#226;tre, Alexandrie, Plutarque De Isis, etc., etc. Les passerelles sont aussi fournies que les insuffisances de l'auteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque homme, aujourd'hui, devrait &#234;tre en charge d'au moins deux cultures, la sienne, et une culture d'adoption : &#231;a rendrait l'humanit&#233; moins triste, moins &#233;troite, moins conne, plus accueillante. Que serait Descartes sans Tchouang-tseu ? Jean Grave sans Nasr Eddin ? Bossuet sans la m&#233;taphysique palikour ? Que nous ne pourrions rire avec le moine zen, souffler avec le soufi, boire avec le tao&#239;ste, discuter avec le hassidim, danser avec le griot ? La culture fran&#231;aise, si aride, a besoin de ses orients. Et &#231;a, la R&#233;union le sait depuis longtemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Onfray est triste, il est born&#233;, il est pr&#233;tentieux, mais parle bien et a un physique t&#233;l&#233;g&#233;nique. Sans compter qu'il publie chez Gallimard, alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Kiya&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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