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	<title>T&#233;moignages</title>
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	<description>Journal fond&#233; le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Verg&#232;s</description>
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		<title>T&#233;moignages</title>
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		<title>Les Zoreils : une composante naturelle de la &#171; soci&#233;t&#233; arc-en-ciel &#187; de La R&#233;union</title>
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		<dc:date>2026-05-21T20:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Libre opinion par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/2_photo_d_andre_oraison_faite_le_7_fe_vrier_2026-65274.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; La R&#233;union, certaines personnes &#233;voquent parfois la th&#233;orie du grand remplacement et, plus souvent encore, la th&#232;se de la pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : deux concepts sulfureux formul&#233;s pour fustiger l'arriv&#233;e jug&#233;e envahissante de M&#233;tropolitains ou Zoreils dans l'espace pourtant multiculturel r&#233;unionnais. Mais que faut-il exactement entendre par Zoreil (1) ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut d&#233;finir le Zoreil comme un Europ&#233;en qui n'est pas n&#233; &#224; La R&#233;union, par opposition aux R&#233;unionnais fortement m&#233;tiss&#233;s et venus d'horizons divers : Cafres, Chinois, Comoriens, Cr&#233;oles blancs, Malabars, Malgaches, Mahorais ou Zarabes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	I. Les crit&#232;res contestables de distinction entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le vocable Zoreil ne laisse pas indiff&#233;rent et il est m&#234;me urticant pour certains R&#233;unionnais qui n'h&#233;sitent pas &#224; simplifier en mettant tous les M&#233;tropolitains dans le m&#234;me panier et en les assimilant &#224; des n&#233;ocolonialistes qu'il faut stigmatiser au cri &#233;liminatoire de &#171; Zoreil deor &#187;. Mais la r&#233;alit&#233; n'est-elle pas plus complexe qu'il n'y para&#238;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour notre ami Guy Pignolet, les Zoreils ne forment certainement pas un bloc monolithique. Dans un courriel dat&#233; du 6 d&#233;cembre 2021, cette &#233;minente personnalit&#233; de La R&#233;union me fait remarquer qu'il serait judicieux d'&#233;tablir le d&#233;part entre les Zoreils-M&#233;tropolitains ou Zoreils-Zoreils et les Zoreils-R&#233;unionnais, encore appel&#233;s par les Cr&#233;oles les Zoreils-P&#233;i.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Zoreil-Zoreil est d&#233;fini comme un Europ&#233;en et le plus souvent comme un M&#233;tropolitain qui, pour des raisons g&#233;n&#233;ralement professionnelles, s'installe &#224; La R&#233;union pour quelques mois ou quelques ann&#233;es tout en songeant toujours &#224; revenir dans sa province natale dont il a une profonde nostalgie. Il s'agit au demeurant d'un sentiment respectable : il est normal de ne pas oublier son lieu de naissance, ses racines et l'endroit o&#249; l'on a v&#233;cu une partie de son existence et notamment sa jeunesse. &#192; La R&#233;union, le Zoreil-Zoreil n'est certainement pas un &#233;tranger en raison du statut de &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187; attribu&#233; &#224; La R&#233;union par la loi du 19 mars 1946. Mais c'est un Fran&#231;ais qui reste avant tout dans son c&#339;ur un M&#233;tropolitain, quelle que soit la dur&#233;e de son s&#233;jour dans l'ancienne &#238;le Bourbon. Concr&#232;tement, le Zoreil-Zoreil est celui qui entend rester un Alsacien, un Basque, un Breton, un Corse, un Languedocien, un Lyonnais, un Marseillais, un Normand, un Parisien, un Picard ou un Proven&#231;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Zoreil-R&#233;unionnais ou Zoreil-P&#233;i est celui qui a d&#233;cid&#233; de s'installer &#224; La R&#233;union de mani&#232;re d&#233;finitive pour des raisons multiples : professionnelles mais aussi familiales et sentimentales. C'est un M&#233;tropolitain qui cherche &#224; adopter le mode de vie des R&#233;unionnais. Pour le Zoreil-P&#233;i, La R&#233;union n'est pas la terre d'un exil forc&#233; mais son pays, un pays qu'il aime et d&#233;fend avec la m&#234;me conviction que les R&#233;unionnais de souche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, Guy Pignolet &#8212; un savant que nous rangeons sans contestation possible dans la cat&#233;gorie des Zoreils-Pei&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &#8212; donne au passage un int&#233;ressant exemple lorsqu'il d&#233;clare qu'on distingue ais&#233;ment les Zoreils &#171; &#224; la mani&#232;re dont ils parlent de leurs origines : les Zoreils-Zoreils disent qu'ils sont de Carpentras tandis que les Zoreils-R&#233;unionnais disent qu'ils viennent de Carpentras &#187;. On peut bien s&#251;r avaliser ce constat, au demeurant fort subtil. Mais un tel constat ne nous emp&#234;che nullement, dans une conception &#339;cum&#233;nique, de contester le clivage binaire entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	II. Le refus de la distinction discriminatoire entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Je m'interroge : moi qui suis n&#233; en Tunisie le 4 octobre 1941 et habite &#224; La R&#233;union depuis 1967 ne suis-je pas tout simplement un R&#233;unionnais, au m&#234;me titre que Paul Verg&#232;s &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt;, le fondateur du Parti communiste r&#233;unionnais (PCR), n&#233; lui aussi &#224; l'&#233;tranger en Tha&#239;lande le 5 mars 1925 et qui, pendant plusieurs d&#233;cennies, a anim&#233; la vie politique locale et propos&#233; &#8212; &#224; la suite de la r&#233;vision constitutionnelle du 28 mars 2003 &#8212; une s&#233;rie de r&#233;formes tout &#224; fait cr&#233;dibles en droit et m&#234;mes &#8212; selon moi &#8212; n&#233;cessaires en fait pour La R&#233;union&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour r&#233;pondre &#224; cette question, je suis convaincu qu'il faut r&#233;cuser le d&#233;part certes original mais discriminatoire entre les Zoreils-Zoreils qui seraient condamnables et les Zoreils-Pei qui seraient convenables. Pour d&#233;fendre une conception g&#233;n&#233;reuse et lib&#233;rale dans la &#171; soci&#233;t&#233; arc-en-ciel &#187; qu'incarne La R&#233;union depuis l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage le 20 d&#233;cembre 1848, je reviens &#224; ma premi&#232;re approche en m'appuyant sur la d&#233;finition du R&#233;unionnais &#233;manant d'un R&#233;unionnais de souche en la personne de Jean-Claude Fruteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans une s&#233;rie d'interviews de personnalit&#233;s politiques et syndicales publi&#233;es le 14 mars 2012 dans la presse locale, l'ancien d&#233;put&#233;-maire socialiste de Saint-Beno&#238;t a donn&#233; du R&#233;unionnais une d&#233;finition non alambiqu&#233;e et qui devrait, par suite, &#234;tre admise par toutes les personnes de bonne foi. R&#233;dig&#233;e dans un style laconique, voici cette d&#233;finition que je fais mienne : &#171; Un R&#233;unionnais, c'est quelqu'un qui vit &#224; La R&#233;union, quel que soit son lieu de naissance &#187;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour consolider ma religion dans le cadre d'une conception universaliste, je me r&#233;f&#232;re &#233;galement &#224; l'opinion d'une figure d&#233;sormais incontournable de la vie politique locale en la personne de Bernard Grondin qui a &#233;t&#233; &#233;lu chef du Gouvernement de &#171; l'&#201;tat r&#233;unionnais &#187; par une poign&#233;e de militants nationalistes, le 5 novembre 2017. Au cours d'une habile interview r&#233;alis&#233;e par le journaliste David Chassagne, cette personnalit&#233; anticolonialiste et s&#233;cessionniste a en effet d&#233;fini en des termes particuli&#232;rement bien frapp&#233;s ce qui me para&#238;t &#234;tre le v&#233;ritable crit&#232;re de l'authentique R&#233;unionnais et cela, sans avoir &#224; faire une r&#233;f&#233;rence explicite &#224; la cat&#233;gorie sp&#233;cifique des M&#233;tropolitains ou Zoreils :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Pour moi, en tant qu'ind&#233;pendantiste, il y a une d&#233;finition identitaire. Si out papa et out maman l&#233; R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Si seulement un des deux parents est R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Si ou l&#233; n&#233; en France et out parent l&#233; R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Maintenant, si tu viens d'ailleurs et que tu habites La R&#233;union depuis longtemps (ou pas trop longtemps) et que ou vive en R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais aussi. Nou l&#233; pas dans l'exclusion ! Le R&#233;unionnais que l'a arriv&#233; il y a 300 ans ou 200 ans ou moins, si i vive en R&#233;unionnais, l&#233; aussi R&#233;unionnais que mwin &#187;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En guise d'ultime r&#233;flexion, je reprends &#224; mon compte le beau slogan du regrett&#233; Laurent Verg&#232;s, fils de Paul Verg&#232;s et qui fut &#8212; comme son p&#232;re &#8212; d&#233;put&#233; du PCR. Plus encore, j'adh&#232;re au cri du c&#339;ur de toute personne qui aspire &#224; &#234;tre accueillie et reconnue dignement dans cette belle &#238;le de La R&#233;union, quelle que soit son appartenance ethnique, sa religion, la couleur de sa peau ou son lieu de naissance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;	&#171; Mi di zot tout : Nou l&#233; pa plis, nou l&#233; pa mwin, respekt a nou ! &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Nous avons ici recours au mot Zoreil. Mais certain utilisent parfois celui de Zoreille au f&#233;minin ou plus rarement encore celui de Zorey. Du terme de Zoreil a d&#233;riv&#233; celui de Zor&#233;ol : un enfant n&#233; d'une union entre un Zoreil et une Cr&#233;ole (ou vice-versa). Il existe plusieurs versions plus ou moins cr&#233;dibles quant &#224; l'origine de ce terme jug&#233; parfois p&#233;joratif pour nommer les habitants de l'Hexagone. Pour certains, le vocable est employ&#233; pour d&#233;signer les M&#233;tropolitains qui, en arrivant &#224; La R&#233;union, devaient tendre l'oreille pour bien comprendre leurs interlocuteurs cr&#233;oles. D'autres &#233;mettent l'hypoth&#232;se selon laquelle, lorsqu'ils posaient le pied sur l'ancienne &#238;le Bourbon, c'&#233;tait pour espionner la population locale en laissant tra&#238;ner leurs oreilles et rendre compte aux autorit&#233;s comp&#233;tentes de Paris. D'autres enfin ont pr&#233;tendu que lorsqu'ils d&#233;barquaient au Port de la Pointe des Galets, leurs oreilles devenaient rouges sous le soleil des tropiques. Dans son Lexique du parler cr&#233;ole de La R&#233;union (Paris, 1974), Robert Chaudenson classe toutefois le mot Zoreil dans la cat&#233;gorie des origines douteuses. Selon certains t&#233;moignages qu'il a pu recenser, ce terme &#233;tait m&#234;me inconnu avant le Premier Conflit mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Dans un courriel qu'il m'a adress&#233; le lundi 6 d&#233;cembre 2021, Guy Pignolet se d&#233;finit lui-m&#234;me comme &#171; un R&#233;unionnais d'outre-mer, n&#233; en Normandie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; Alors, ne suis-je pas un R&#233;unionnais ? &#187;, Le Quotidien de La R&#233;union, dimanche 10 d&#233;cembre 2017, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; Les derni&#232;res propositions du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s au plan institutionnel &#187;, RRJDP, 2017, n&#176; 3, p. 1117-1153.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; D. CHASSAGNE, &#171; Pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : et si on finissait par trancher ? &#187;, Le Journal de l'&#238;le de La R&#233;union, mercredi 14 mars 2012, p. 15.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le statut de J&#233;rusalem : le n&#339;ud gordien du diff&#233;rend isra&#233;lo-palestinien</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/le-statut-de-jerusalem-le-noeud-gordien-du-differend-israelo-palestinien</link>
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		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Libre opinion par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/jerusalem-7ac63.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que le pr&#233;sident am&#233;ricain Donald Trump vient d'entrer en guerre contre l'Iran qui menace de d&#233;truire Isra&#235;l au motif que l'&#201;tat h&#233;breu refuse de reconna&#238;tre l'existence d'un &#201;tat palestinien ind&#233;pendant avec J&#233;rusalem-Est pour capitale, une question clef m&#233;rite aussit&#244;t d'&#234;tre pos&#233;e : existe-t-il un statut id&#233;al pour J&#233;rusalem, le berceau des trois grandes religions monoth&#233;istes (1) ? Adopt&#233;e par les Nations Unies le 29 novembre 1947 pour mettre fin aux pr&#233;rogatives du Royaume-Uni sur la Palestine mandataire, la r&#233;solution 181 avait pr&#233;vu la cr&#233;ation de deux &#171; &#201;tats ind&#233;pendants &#187; &#8211; l'un arabe et l'autre juif &#8211; ainsi qu'un statut international pour J&#233;rusalem afin de sauvegarder la dimension spirituelle d'une ville &#224; nulle autre pareille. Construite &#224; proximit&#233; de la Jordanie et de la mer Morte, J&#233;rusalem devait &#234;tre soumise &#224; un r&#233;gime de d&#233;militarisation et de neutralisation sous l'&#233;gide de l'ONU afin d'offrir des garanties pour la sauvegarde des Lieux saints chr&#233;tiens, juifs et musulmans qui se c&#244;toient dans la Vieille ville. Mais ce statut con&#231;u par l'ONU avec le soutien du Vatican, n'a jamais vu le jour : la r&#233;solution 181 qui proposait une internationalisation de l'ensemble de J&#233;rusalem sous contr&#244;le onusien est aujourd'hui frapp&#233;e d'une obsolescence irr&#233;versible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo Shmuel Spiegelman, CC BY-SA 1.0 &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://creativecommons.org/licenses/by-sa/1.0&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://creativecommons.org/license...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
, via Wikimedia Commons&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; la r&#233;solution 181 qui est relative au nouveau statut de la Palestine, l'&#201;tat d'Isra&#235;l a pu ressurgir le 14 mai 1948, quelqus 2 000 ans apr&#232;s sa disparition &#224; l'&#233;poque de l'Empire romain. Pr&#232;s de 78 ans apr&#232;s sa r&#233;surrection, cet &#201;tat n'est plus gu&#232;re contest&#233; dans son existence et exerce m&#234;me un leadership r&#233;gional aux plans &#233;conomique et militaire. Quant &#224; l'&#201;tat arabe palestinien qui a lui aussi &#233;t&#233; l&#233;gitim&#233; par la r&#233;solution 181 et devait &#234;tre cr&#233;&#233; en m&#234;me temps qu'Isra&#235;l, il n'est toujours pas devenu une r&#233;alit&#233; en raison de l'opposition des dirigeants h&#233;breux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I.- L'&#233;chec de l'internationalisation de l'ensemble de la ville de J&#233;rusalem&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En raison de la survenance du premier conflit isra&#233;lo-arabe qui aboutit de facto &#224; un partage de la cit&#233; jud&#233;enne en 1949, J&#233;rusalem-Ouest devient d&#232;s le 23 janvier 1950 la capitale d'Isra&#235;l &#8212; un &#201;tat cr&#233;&#233; le 14 mai 1948 sur le fondement de la r&#233;solution 181 &#8212; tandis que J&#233;rusalem-Est, y compris la Vieille ville, passe sous le contr&#244;le de la Jordanie. &#192; l'issue de la &#171; Guerre des Six Jours &#187; d&#233;clench&#233;e le 5 juin 1967, Isra&#235;l s'empare de la Cisjordanie et de la partie orientale de J&#233;rusalem qui est aussit&#244;t annex&#233;e. Par la suite, la loi fondamentale isra&#233;lienne du 30 juillet 1980 &#233;rige &#171; J&#233;rusalem enti&#232;re et r&#233;unifi&#233;e &#187; au rang de &#171; capitale &#233;ternelle de l'&#201;tat d'Isra&#235;l &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tous les observateurs, la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat h&#233;breu est subordonn&#233;e &#224; la cr&#233;ation, &#224; ses c&#244;t&#233;s, d'un &#201;tat palestinien ind&#233;pendant. Mais la &#171; solution &#224; deux &#201;tats &#187; pour deux peuples vivant c&#244;te &#224; c&#244;te, dans la paix et la s&#233;curit&#233;, &#224; l'int&#233;rieur de fronti&#232;res s&#251;res et internationalement reconnues, propos&#233;e par l'ONU d&#232;s 1947, n&#233;cessite l'arr&#234;t par Isra&#235;l de la destruction de Gaza et de l'installation de colonies juives en Cisjordanie et &#224; J&#233;rusalem-Est. La solution onusienne implique aussi la reconnaissance par Isra&#235;l d'un &#201;tat palestinien pleinement souverain ainsi qu'une volont&#233; pour ces deux entit&#233;s antinomiques de coexister pacifiquement. Mais ces conditions ne sont toujours pas r&#233;unies en raison de l'inflexibilit&#233; adamantine des autorit&#233;s isra&#233;liennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous un autre angle, la r&#233;solution 181 est un &#233;chec : la ville de J&#233;rusalem n'a pu &#234;tre dot&#233;e d'un statut international, car la situation a &#233;volu&#233; sur le terrain en Palestine depuis 1947. Il faut faire preuve de r&#233;alisme : le statut initial pr&#233;vu pour l'ensemble de J&#233;rusalem par l'ONU est p&#233;rim&#233;, d&#232;s lors que les forces juives conservatrices et les forces palestiniennes musulmanes radicales sont hostiles &#224; son internationalisation pour maintes raisons, au demeurant antinomiques. La question du statut de J&#233;rusalem n'a jamais cess&#233; d'&#234;tre au premier rang des pr&#233;occupations politiques et juridiques internationales : c'est m&#234;me le n&#339;ud gordien des pourparlers de paix isra&#233;lo-palestiniens. Parce qu'elle se situe au carrefour de deux nations et de trois croyances, cette ville cristallise des passions extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on admet que la communaut&#233; isra&#233;lienne et le monde arabo-musulman accordent une place &#233;minente &#224; J&#233;rusalem, la &#171; cit&#233; de David &#187; ne peut plus &#234;tre &#233;rig&#233;e en un &#171; corpus separatum &#187; comme le pr&#233;voyaient l'ONU en 1947 dans la r&#233;solution 181. Si l'on souhaite l'&#233;tablissement d'une paix juste et durable au Proche-Orient, J&#233;rusalem ne saurait demeurer la capitale &#171; une et indivisible de l'&#201;tat d'Isra&#235;l &#187;. Bien que consolid&#233; en 1967, &#224; la suite de la &#171; Guerre des Six Jours &#187;, le dogme h&#233;bra&#239;que multimill&#233;naire de l'indivisibilit&#233; de J&#233;rusalem n'est plus admissible. Le territoire de la cit&#233; hi&#233;rosolymitaine devrait un jour &#234;tre partag&#233; par consensus afin d'aboutir &#224; des compromis tenant compte des desiderata des deux communaut&#233;s. Convoit&#233;e par deux nationalismes, l'un arabe, l'autre juif, J&#233;rusalem a ainsi vocation &#224; abriter deux capitales contigu&#235;s : J&#233;rusalem-Ouest capitale d'Isra&#235;l et J&#233;rusalem-Est capitale d'un &#201;tat palestinien ind&#233;pendant, avec toutefois une exception pour la Vieille ville &#8212; la cit&#233; &#171; trois fois sainte &#187; &#8212; qui m&#233;riterait d'&#234;tre soumise &#224; un statut particulier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II.- Les diverses solutions concevables pour la Vieille ville de J&#233;rusalem&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un statut sp&#233;cifique pour la Vieille ville m&#233;rite r&#233;flexions car il a &#233;t&#233; esquiss&#233; par les Nations Unies d&#232;s 1947. Apr&#232;s avoir ainsi indiqu&#233; que &#171; toute mesure prise par Isra&#235;l, Puissance occupante, en vue d'imposer ses lois, sa juridiction et son administration &#224; la Ville sainte de J&#233;rusalem &#233;tait ill&#233;gale &#187;, l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies pr&#233;cisait dans sa r&#233;solution 72/15 du 30 novembre 2017 : &#171; Tout r&#232;glement global, juste et durable de la question de la ville de J&#233;rusalem doit tenir compte des pr&#233;occupations l&#233;gitimes des deux Parties, palestinienne et isra&#233;lienne, et comporter des dispositions assorties de garanties internationales qui assurent la libert&#233; de religion et de conscience de ses habitants, et garantissent aux personnes de toutes les religions et nationalit&#233;s l'acc&#232;s permanent, libre et sans entrave aux Lieux saints &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Une premi&#232;re solution &#8212; la plus plausible pour des raisons politiques et religieuses &#8212; pourrait consister en un partage de souverainet&#233; sur la Vieille ville, le c&#339;ur spirituel de J&#233;rusalem d&#233;limit&#233; par une muraille dress&#233;e au XVIe si&#232;cle par le sultan Soliman le Magnifique. R&#233;alis&#233; par les deux Parties int&#233;ress&#233;es par la voie conventionnelle, le partage de la J&#233;rusalem biblique et historique produirait alors les effets suivants : aux Isra&#233;liens les deux quartiers adjacents, l'un arm&#233;nien et l'autre juif, ainsi que le Mur des Lamentations v&#233;n&#233;r&#233; par les Juifs ; aux Palestiniens les deux autres quartiers &#233;galement contigus &#224; majorit&#233; arabe, l'un chr&#233;tien et l'autre musulman, ainsi que l'Esplanade des Mosqu&#233;es o&#249; sont localis&#233;s les Lieux saints de l'Islam. Cette solution serait ainsi aux antipodes de la r&#233;solution 181 qui se pronon&#231;ait pour l'internationalisation de l'ensemble de J&#233;rusalem sous l'&#233;gide de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Une seconde solution consiste &#224; envisager une internationalisation de la Vieille ville o&#249; sont regroup&#233;s les Lieux saints des trois monoth&#233;ismes abrahamiques : la Basilique chr&#233;tienne du Saint-S&#233;pulcre, le Mur des Lamentations, principal lieu de culte pour les Juifs, et l'Esplanade des Mosqu&#233;es, haut lieu de pri&#232;res des Musulmans. C'est l'opinion &#233;mise par le juriste Robert Falaize qui se prononce, d&#232;s 1958, pour &#171; une internationalisation int&#233;grale de la seule zone des Lieux Saints &#187; de la Vieille ville, &#171; administr&#233;e par un gouverneur et plac&#233;e sous l'autorit&#233; des Nations Unies &#187;. D&#232;s lors qu'elle garantirait aux personnes de toutes croyances un acc&#232;s libre aux Lieux saints, cette solution aurait l'appui de l'ONU qui a toujours &#233;t&#233; attentive &#224; la protection des sp&#233;cificit&#233;s cultuelles de J&#233;rusalem. Cependant, la viabilit&#233; d'une entit&#233; si exigu&#235; &#8212; enclav&#233;e entre deux &#201;tats rivaux et tatillons &#8212; ne risquerait-elle pas de surgir tr&#232;s rapidement ? Cette solution pourrait en effet se heurter &#224; l'opposition des partis extr&#233;mistes qui agissent au sein du monde juif et de la soci&#233;t&#233; musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Dans une troisi&#232;me optique, ne pourrait-on pas imaginer une &#171; internationalisation fonctionnelle &#187; de la Vieille ville ? Cette solution a &#233;t&#233; esquiss&#233;e en 2002 par le professeur Jean-Fran&#231;ois Dobelle qui n'excluait pas l'id&#233;e d'&#171; une gestion commune de cet ensemble &#187; par &#171; Isra&#235;l et un &#201;tat palestinien &#187;. Cette internationalisation fonctionnelle consisterait &#224; mettre sur pied, dans le cadre d'un trait&#233; isra&#233;lo-palestinien, un syst&#232;me de co-souverainet&#233; impliquant une &#171; cogestion &#187; du patrimoine sacr&#233; que constitue le centre historique et spirituel de J&#233;rusalem avec un traitement &#233;galitaire pour les trois croyances monoth&#233;istes. Cette solution vise &#224; l'&#233;tablissement d'un &#171; co-imperium isra&#233;lo-palestinien &#187; sur la Vieille ville et la cr&#233;ation d'une structure adapt&#233;e : une commission permanente isra&#233;lo-palestinienne apte &#224; g&#233;rer de fa&#231;on coll&#233;giale le c&#339;ur de la cit&#233; sainte. Cette commission mixte et paritaire aurait pour objectif de prendre toutes les d&#233;cisions de nature &#224; garantir aux p&#232;lerins du monde entier la libert&#233; de religion et un acc&#232;s libre &#224; tous les Lieux saints de la Vieille ville, enfin reconnue comme un authentique &#171; patrimoine commun de l'humanit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'hypoth&#232;se de l'&#233;tablissement d'un tel r&#233;gime conventionnel, garanti et mis en &#339;uvre par l'&#201;tat isra&#233;lien et l'&#201;tat palestinien, la &#171; ville-symbole &#187; de J&#233;rusalem pourrait enfin m&#233;riter son nom de &#171; maison de la Paix &#187; comme l'avaient souhait&#233;, il y a maintenant pr&#232;s de 79 ans, les Nations Unies en adoptant le 29 novembre 1947 la r&#233;solution 181. Encore faut-il reconna&#238;tre, par r&#233;alisme, qu'une telle solution idyllique restera sous le boisseau aussi longtemps que le pr&#233;sident Donald Trump &#8212; l'actuel pyromane de la Maison Blanche &#8212; et ses successeurs continueront &#8212; de connivence avec les dirigeants intraitables de l'&#201;tat d'Isra&#235;l &#8212; de souffler sur les braises incandescentes du Proche-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; A. ORAISON, &#171; Quel statut pour la cit&#233; sanctuaire de J&#233;rusalem ? (La reconnaissance de J&#233;rusalem comme capitale de l'&#201;tat d'Isra&#235;l par les &#201;tats-Unis, le 6 d&#233;cembre 2017 : une faute inexcusable du pr&#233;sident Donald Trump) &#187;, RRJ, 2017, n&#176; 4, p. 1631-1669.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La remise au rebut de l'amendement Virapoull&#233;. Plaidoyer pour un transfert &#224; La R&#233;union du pouvoir normatif national sur habilitation dans les mati&#232;res non r&#233;galiennes de l'&#201;tat </title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/la-remise-au-rebut-de-l-amendement-virapoulle-plaidoyer-pour-un-transfert-a-la-reunion-du-pouvoir-normatif-national-sur-habilitation-dans-les-matieres-non-regaliennes-de-l-etat,107832</link>
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		<dc:date>2023-07-25T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Responsabilit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;gies par l'article 73 de la Constitution, la Guyane, la Martinique et Mayotte sont d&#233;sormais dot&#233;es d'une collectivit&#233; territoriale unique (CTU) au lieu et place d'un d&#233;partement et d'une r&#233;gion. &#201;galement soumises &#224; l'article 73, la Guadeloupe et La R&#233;union auraient peut-&#234;tre int&#233;r&#234;t &#224; s'engager dans cette voie en application de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 qui rend possibles de nouveaux statuts pour les d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer (DROM). C'est la suggestion faite le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/5a-gilets-jaunes-syndicats-saint-andre_51_-08650.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;gies par l'article 73 de la Constitution, la Guyane, la Martinique et Mayotte sont d&#233;sormais dot&#233;es d'une collectivit&#233; territoriale unique (CTU) au lieu et place d'un d&#233;partement et d'une r&#233;gion. &#201;galement soumises &#224; l'article 73, la Guadeloupe et La R&#233;union auraient peut-&#234;tre int&#233;r&#234;t &#224; s'engager dans cette voie en application de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 qui rend possibles de nouveaux statuts pour les d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer (DROM). C'est la suggestion faite le 4 octobre 2012 par le s&#233;nateur Paul Verg&#232;s &#224; l'occasion des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie territoriale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anonyme, &#171; Contribution de Paul Verg&#232;s aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais avant la concr&#233;tisation &#224; La R&#233;union d'une r&#233;forme qui ne para&#238;t pas encore m&#251;re dans l'opinion publique locale, une r&#233;vision plus cibl&#233;e de la norme supr&#234;me s'impose. Pour que les R&#233;unionnais aient les m&#234;mes comp&#233;tences que leurs homologues antillais, guyanais et mahorais, il faut que soit mis fin &#224; l'amendement d&#233;pos&#233; par Jean-Paul Virapoull&#233;, s&#233;nateur-maire UMP de Saint-Andr&#233;, et qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; adopt&#233; par le Parlement et le Congr&#232;s, vise &#224; limiter, en vertu de l'article 73, alin&#233;a 5, l'ampleur de la d&#233;centralisation &#224; La R&#233;union et alors m&#234;me que cette r&#233;forme a &#233;t&#233; accept&#233;e dans les autres DROM.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_101226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/3a-oraison_andre__12_janvier_2022_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/3a-oraison_andre__12_janvier_2022_copie-65f7a.jpg?1780754913' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le Professeur Andr&#233; Oraison.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pos&#233; le principe selon lequel &#171; les lois et r&#232;glements sont applicables de plein droit &#187; dans les DROM, l'article 73, alin&#233;a 1er, de la norme supr&#234;me, d&#251;ment compl&#233;t&#233;e par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, pr&#233;cise que ces lois et r&#232;glements &#171; peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caract&#233;ristiques et contraintes particuli&#232;res de ces collectivit&#233;s &#187;. D'embl&#233;e, il est apparu logique au Constituant que le droit commun m&#233;tropolitain puisse faire l'objet de mesures d'adaptation outre-mer pour tenir compte de multiples particularismes locaux, tous au demeurant &#233;vidents. L'alin&#233;a 1er a donc vocation &#224; s'appliquer dans tous les DROM, y compris celui de La R&#233;union. Il en est de m&#234;me de l'article 73, alin&#233;a 2, bien que celui-ci soit plus novateur : &#171; Ces adaptations peuvent &#234;tre d&#233;cid&#233;es par ces collectivit&#233;s dans les mati&#232;res o&#249; s'exercent leurs comp&#233;tences et si elles y ont &#233;t&#233; habilit&#233;es, selon le cas, par la loi ou par le r&#232;glement &#187;. Par contre, l'article 73 a pos&#233; un probl&#232;me &#224; Jean-Paul Virapoull&#233; dans son alin&#233;a 3, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Par d&#233;rogation au premier alin&#233;a et pour tenir compte de leurs sp&#233;cificit&#233;s, les collectivit&#233;s r&#233;gies par le pr&#233;sent article peuvent &#234;tre habilit&#233;es, selon le cas, par la loi ou par le r&#232;glement, &#224; fixer elles-m&#234;mes les r&#232;gles applicables sur leur territoire, dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Constituant de 2003 reconna&#238;t ainsi aux DROM la possibilit&#233; d'adopter des r&#232;gles l&#233;gislatives et r&#232;glementaires &#224; la suite d'une habilitation &#233;manant, selon le cas, du Parlement ou du Gouvernement, &#171; dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;. Afin d'&#233;viter tout risque de d&#233;rive institutionnelle, des verrous ont toutefois &#233;t&#233; pr&#233;vus par l'article 73 de la Constitution, non seulement dans l'alin&#233;a 3 qui doit &#234;tre interpr&#233;t&#233; stricto sensu, mais aussi dans l'alin&#233;a 4, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Ces r&#232;gles ne peuvent porter sur la nationalit&#233;, les droits civiques, les garanties des libert&#233;s publiques, l'&#233;tat et la capacit&#233; des personnes, l'organisation de la justice, le droit p&#233;nal, la proc&#233;dure p&#233;nale, la politique &#233;trang&#232;re, la d&#233;fense, la s&#233;curit&#233; et l'ordre publics, la monnaie, le cr&#233;dit et les changes, ainsi que le droit &#233;lectoral &#187;. Mais ces verrous constitutionnels n'ont pas paru suffisants &#224; Jean-Paul Virapoull&#233; qui a jug&#233; bon de d&#233;poser un amendement visant &#224; compl&#233;ter l'article 73 par l'adjonction d'un alin&#233;a 5 avec pour objectif d'&#233;carter tout pouvoir normatif local et donc la possibilit&#233; de voter des &#171; lois pays &#187; &#224; La R&#233;union, car de telles lois risquent de comporter, selon l'&#233;lu saint-andr&#233;en, une &#171; menace d'autonomie l&#233;gislative &#187; qu'il assimile &#171; &#224; l'antichambre de l'ind&#233;pendance &#187;. Son amendement a donc conduit au pol&#233;mique article 73, alin&#233;a 5, ainsi formul&#233; : &#171; La disposition pr&#233;vue aux deux pr&#233;c&#233;dents alin&#233;as n'est pas applicable au d&#233;partement et &#224; la r&#233;gion de La R&#233;union &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. La critique n&#233;gative de l'article 73, alin&#233;a 5, de la Constitution qui assimile La R&#233;union &#224; une &#171; majeure incapable &#187; et la place sous le r&#233;gime de la curatelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'adoption de l'article 73, alin&#233;a 5, de la Constitution, La R&#233;union se trouve pour la premi&#232;re fois de son histoire dans le sillage d'une nouvelle destin&#233;e qui est d&#233;sormais distincte de celle de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique. D&#232;s lors, que penser de son singulier statut ? Est-ce la solution appropri&#233;e pour les R&#233;unionnais, comme l'affirme son promoteur Jean-Paul Virapoull&#233; ? N'est-ce pas, au contraire, une erreur, voire une faute grossi&#232;re, commise par le s&#233;nateur r&#233;unionnais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral du Parti socialiste (PS) &#224; La R&#233;union, Gilbert Annette inflige d&#232;s le 16 novembre 2002 un bl&#226;me &#224; l'encontre de l'amendement Virapoull&#233; : &#171; C'est l'amendement du m&#233;pris qui prend sa source dans une vision conservatrice qu'il faut combattre pour construire une soci&#233;t&#233; r&#233;unionnaise plus digne et responsable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. ANNETTE, &#171; Tribune libre. Appel &#224; la responsabilit&#233; &#187;, Le Quotidien de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S&#233;nateur communiste (PCR), Paul Verg&#232;s note qu'en refusant de tenir &#171; compte des caract&#233;ristiques et contraintes particuli&#232;res des r&#233;gions ultrap&#233;riph&#233;riques &#187;, cet amendement vise &#224; nier les sp&#233;cificit&#233;s de La R&#233;union pourtant reconnues par l'article 299-2 du trait&#233; d'Amsterdam du 2 octobre 1997. La d&#233;put&#233;e Huguette Bello a elle aussi d&#233;sapprouv&#233; le 20 novembre 2002 l'amendement Virapoull&#233; : &#171; &#192; La R&#233;union, des repr&#233;sentants politiques se sont mis &#224; jouer sur les peurs et les fantasmes et &#224; faire revivre la crainte du largage. Ils rejettent toute id&#233;e d'&#233;volution. Pire, ils ne veulent pas de possibilit&#233;s d'adaptation &#187;. Au nom du PCR, Huguette Bello devait pr&#233;ciser son exasp&#233;ration en des termes particuli&#232;rement bien frapp&#233;s : &#171; C'est la coh&#233;rence m&#234;me de la r&#233;forme qui est mise &#224; mal. C'est l'Histoire qu'on insulte. C'est l'avenir qu'on fige. Et lorsque les difficult&#233;s appara&#238;tront pour adapter des dispositions l&#233;gislatives aux r&#233;alit&#233;s locales, il n'y aura pas d'autre alternative qu'une &#233;volution statutaire. Est-ce le but recherch&#233; &#187; ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ANONYME, &#171; Huguette Bello : Nous devons aborder cette r&#233;forme de mani&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec cette personnalit&#233; qui occupe la pr&#233;sidence du conseil r&#233;gional de La R&#233;union depuis le 2 juillet 2021, on peut en effet s'interroger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de d&#233;bats houleux et en s'exprimant au nom du Gouvernement, Brigitte Girardin avait toutefois d&#233;cid&#233;, au sujet de l'aberrant amendement Virapoull&#233;, de s'en remettre &#171; &#224; la sagesse du S&#233;nat &#187; qui a n&#233;anmoins vot&#233;, le 6 novembre 2002, en faveur dudit amendement. Cependant, &#224; l'Assembl&#233;e nationale, celui-ci avait &#233;t&#233;, dans un premier temps, combattu d&#232;s le 13 novembre suivant par un amendement antinomique d&#233;pos&#233; par Pascal Cl&#233;ment, d&#233;put&#233; de la Loire (UMP) et pr&#233;sident-rapporteur de la commission des lois au palais Bourbon. Mais &#224; la suite de vives protestations des &#233;lus de la droite r&#233;unionnaise qui estimaient alors que La R&#233;union se trouvait en &#171; alerte rouge &#187; et victime d'une haute &#171; trahison &#187;, l'amendement Virapoull&#233; avait &#233;t&#233; r&#233;tabli d&#232;s le 27 novembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, le Constituant de 2003 ne donne-t-il pas &#224; La R&#233;union des garanties en mati&#232;re d'ancrage dans la R&#233;publique fran&#231;aise et au sein de l'Union europ&#233;enne ? Pourquoi vouloir toujours agiter la peur de l'aventure ou, a fortiori, le &#171; spectre de l'ind&#233;pendance &#187;, s'interroge pour sa part le professeur r&#233;unionnais Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, alors m&#234;me que &#171; dans leur tr&#232;s grande majorit&#233; &#187;, ses compatriotes, &#171; ne ressentent plus cette crainte irrationnelle et ont pleinement conscience de porter en eux la France et le Monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Pourquoi &#233;carter La R&#233;union du dispositif, au demeurant optionnel, des habilitations normatives qui sont toujours encadr&#233;es par une loi organique et qui ne peuvent se faire que sous le contr&#244;le du Juge constitutionnel ? Est-il enfin logique, est-il rationnel que La R&#233;union se trouve priv&#233;e de certaines comp&#233;tences, alors m&#234;me qu'elle se caract&#233;rise &#8212; au m&#234;me titre que les trois autres d&#233;pendances fran&#231;aises d'Am&#233;rique r&#233;gies par l'article 73 &#8212; par une multitude d'handicaps naturels majeurs, bien connus, et qu'il serait d&#233;raisonnable de vouloir ici minimiser ou, a fortiori, nier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux autres collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution, le d&#233;partement et la r&#233;gion de La R&#233;union n'ont donc pas le droit de l&#233;gif&#233;rer ou de r&#233;glementer sur habilitation. Leurs assembl&#233;es d&#233;lib&#233;rantes n'ont pas la possibilit&#233; d'adopter des lois-p&#233;i &#187;, tant redout&#233;es par le s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233;. Synonyme d'immobilisme par ses contempteurs, cette pr&#233;tendue garantie impos&#233;e dans la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 par l'amendement Virapoull&#233; et qui s'applique au seul DROM de La R&#233;union est pr&#233;judiciable aux int&#233;r&#234;ts de ses habitants, d&#232;s lors qu'elle emp&#234;che ses &#233;lus de disposer d'un pouvoir normatif par habilitation, dans une s&#233;rie de mati&#232;res importantes comme l'acc&#232;s au foncier, l'&#233;ducation, la fiscalit&#233; locale, la ma&#238;trise des sources d'&#233;nergie renouvelables, la pr&#233;servation de l'environnement terrestre et marin de La R&#233;union, la sauvegarde de son patrimoine culturel, le transport public int&#233;rieur de passagers et de marchandises ou la formation professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, depuis le 28 mars 2003, La R&#233;union se trouve plac&#233;e sous un r&#233;gime juridique humiliant, analogue &#224; celui de la curatelle. Faut-il ici pr&#233;ciser qu'il s'agit-l&#224;, par comparaison, d'un dispositif l&#233;gal d'assistance &#233;tabli dans les ordres juridiques internes afin de prot&#233;ger les &#171; majeurs incapables &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; En finir avec la curatelle &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? D&#232;s lors, peut-on s'&#233;tonner que l'article 73, alin&#233;a 5, ait &#233;t&#233; contest&#233;. La professeure Anne-Marie Le Pourhiet consid&#232;re, pour sa part, que la formule employ&#233;e par l'alin&#233;a 5 &#171; est terriblement in&#233;l&#233;gante et constitue, &#224; n'en point douter, une horreur constitutionnelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.-M. LE POURHIET, &#171; &#192; propos du nouvel article 73 de la Constitution &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne saurait &#233;tablir dans une &#233;tude scientifique une critique plus vip&#233;rine &#224; l'&#233;gard de l'amendement Virapoull&#233;. Le temps ne serait-il pas donc enfin venu de lib&#233;rer les initiatives r&#233;unionnaises des contraintes engendr&#233;es par une politique centralisatrice outranci&#232;re ? Autant dire qu'une r&#233;vision de la Constitution s'impose par recours au Parlement convoqu&#233; en Congr&#232;s &#224; Versailles en vertu de son article 89, alin&#233;a 3, afin d'abolir l'article 73, alin&#233;a 5.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. La critique positive du pouvoir normatif local attribu&#233; sur habilitation aux d&#233;partements fran&#231;ais d'Am&#233;rique par l'article 73, alin&#233;a 3, de la Constitution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;put&#233;e (LR), Nadia Ramassamy a r&#233;cus&#233; en 2018 l'int&#233;r&#234;t du pouvoir normatif local sur habilitation mis en &#339;uvre aux Antilles sur la base de l'article 73, alin&#233;a 3, en pr&#233;cisant que tr&#232;s peu de lois d'habilitation ont &#233;t&#233; vot&#233;es &#224; l'initiative de leurs repr&#233;sentants &#233;lus : &#171; Cette proc&#233;dure qui a pris en moyenne deux &#224; trois ans &#224; chaque fois est loin d'avoir port&#233; ses fruits &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. RAMASSAMY, &#171; Les bonnes raisons de garder l'amendement Virapoull&#233; &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout en minimisant d'embl&#233;e le bilan du pouvoir normatif local en application de l'article 73, alin&#233;a 3, la parlementaire r&#233;unionnaise fait valoir que &#171; l'utilisation faite par l'&#201;tat &#224; La R&#233;union de son pouvoir d'adaptation &#187; sur la base de l'article 73, alin&#233;a 1er, &#171; a &#233;t&#233; bien plus profitable que les r&#233;sultats obtenus par la Martinique et la Guadeloupe dans l'utilisation de leur pouvoir l&#233;gislatif adapt&#233; &#187;. Nadia Ramassamy signifie ainsi que La R&#233;union n'a nullement besoin d'un dispositif de transfert du pouvoir normatif national pour assurer son d&#233;veloppement &#233;conomique, social et culturel et que, par suite, il n'y a aucune raison s&#233;rieuse de remettre en cause l'amendement Virapoull&#233; qui vise &#224; conforter &#224; La R&#233;union le principe fondamental d'identit&#233; l&#233;gislative : un principe qu'elle pr&#233;sente comme &#233;tant &#224; la fois &#171; stabilisateur et unificateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il importe de r&#233;pondre promptement &#224; ces critiques. Certes, le fait qu'il y ait eu, &#224; ce jour, qu'un tout petit nombre de lois d'habilitation adopt&#233;es par le Parlement est exact. Mais ce r&#233;sultat peut s'expliquer. Il faut ici rappeler que le principe applicable dans les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, alin&#233;a 1er, est celui de l'identit&#233; l&#233;gislative, ainsi formul&#233; : &#171; Dans les d&#233;partements et les r&#233;gions d'outre-mer, les lois et r&#232;glements sont applicables de plein droit &#187;. C'est dire que le processus de d&#233;l&#233;gation du pouvoir normatif national ne peut &#234;tre que restreint. Comme l'exige l'article 73, alin&#233;a 3, il ne peut intervenir que &#171; dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;. Cette tr&#232;s importante limitation constitutionnelle du pouvoir normatif local sur habilitation aurait d&#251; pleinement rassurer le s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233; et la d&#233;put&#233;e Nadia Ramassamy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, on doit respecter les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 qui refusent de recourir au dispositif de transfert du pouvoir normatif national, d&#232;s lors que le recours &#224; ce dispositif est optionnel. Ce cas vise les &#233;lus mahorais qui s'en tiennent &#224; une application stricte du statut d&#233;partemental &#226;prement obtenu en 2011 et, par suite, au respect absolu du principe d'identit&#233; l&#233;gislative. En outre, le Parlement et le Gouvernement peuvent parfois refuser d'accorder la d&#233;l&#233;gation du pouvoir normatif national &#224; une collectivit&#233; pour des raisons diverses, li&#233;es par exemple &#224; la protection de l'environnement ou &#224; des pr&#233;somptions de corruption ou de mauvaise gestion. Le professeur Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien cite le cas de la Guyane qui n'a pu obtenir une habilitation &#224; &#171; intervenir dans le domaine de la loi en mati&#232;re mini&#232;re &#187;, &#171; notamment pour l'octroi de concessions &#187; aux fins d'exploitation de mines d'or&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. FONTAINE, &#171; Entretien avec Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, Pr&#233;sident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs et contrairement aux propos tenus par Nadia Ramassamy, les applications de l'alin&#233;a 3 dans les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 ont bien &#233;t&#233; profitables aux Antilles. Au besoin, en voici la d&#233;monstration en distinguant toutefois avant et apr&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de la loi organique du 27 juillet 2011 relative aux collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73. Si le dispositif de transfert du pouvoir normatif national a soulev&#233; peu d'engouement &#224; l'origine, chez les &#233;lus antillais, encore faut-il savoir pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 73, article 6, indique que les habilitations pr&#233;vues aux alin&#233;as 2 et 3 sont d&#233;cid&#233;es &#171; dans les conditions et sous les r&#233;serves pr&#233;vues par une loi organique &#187;. La loi organique du 21 f&#233;vrier 2007 a fix&#233; en ce domaine une proc&#233;dure similaire &#224; celle relative &#224; l'habilitation pouvant &#234;tre donn&#233;e aux collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, alin&#233;a 2, pour l'adaptation des lois &#171; dans les mati&#232;res o&#249; s'exercent leurs comp&#233;tences &#187;. La demande d'habilitation visant &#224; fixer les r&#232;gles applicables dans les DROM doit &#234;tre prise par une &#171; d&#233;lib&#233;ration motiv&#233;e &#187; de l'assembl&#233;e locale et &#234;tre transmise au repr&#233;sentant de l'&#201;tat dans la collectivit&#233; concern&#233;e ainsi qu'au Premier ministre. Celui-ci doit incontinent la porter &#224; la connaissance du Parlement et assurer sa publication au Journal officiel. Au plan juridique, la d&#233;lib&#233;ration de l'assembl&#233;e d&#233;lib&#233;rante rev&#234;t le caract&#232;re d'un acte administratif qui peut &#234;tre d&#233;f&#233;r&#233; au Conseil d'&#201;tat. Quant &#224; la loi d'habilitation, elle peut &#234;tre soumise au contr&#244;le du Juge constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette loi organique limitait la dur&#233;e des habilitations l&#233;gislatives &#224; deux ans. Dans un cadre jug&#233; bien trop court par les Domiens, les demandes d'habilitation ont &#233;t&#233; inexistantes jusqu'en 2007. Par la suite, celles qui ont &#233;t&#233; formul&#233;es par le conseil r&#233;gional de la Martinique dans le domaine du transport int&#233;rieur des passagers et des marchandises, en 2007 et 2008, n'ont pas re&#231;u de r&#233;ponse favorable. Mais d&#232;s l'ann&#233;e suivante et en en application de la proc&#233;dure originaire, la situation a &#233;volu&#233;. Pour une dur&#233;e de deux ann&#233;es &#224; compter de la promulgation de la loi du 27 mai 2009 pour le d&#233;veloppement &#233;conomique des Outre-mer et sur la base des dispositions de l'article 73, alin&#233;a 3, de la Constitution, le conseil r&#233;gional de la Guadeloupe a ainsi &#233;t&#233; habilit&#233; &#171; &#224; fixer les r&#232;gles permettant la cr&#233;ation d'un &#233;tablissement public r&#233;gional &#224; caract&#232;re administratif charg&#233; d'exercer les missions de service public de formation professionnelle qui lui seront d&#233;l&#233;gu&#233;es par la r&#233;gion &#187; (article 68).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jug&#233;e trop br&#232;ve par les Guadeloup&#233;ens et les Martiniquais, la dur&#233;e des habilitations a &#233;t&#233; revue &#224; la hausse par la loi organique du 27 juillet 2011 relative aux collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution. D&#233;sormais, cette dur&#233;e peut en principe atteindre 6 ans. En vertu de son article 4, l'habilitation est en effet &#171; accord&#233;e pour une dur&#233;e ne pouvant aller au-del&#224; du renouvellement de l'assembl&#233;e &#187;. Plus encore, &#171; lorsque l'habilitation a &#233;t&#233; accord&#233;e jusqu'au renouvellement de l'assembl&#233;e, elle peut encore &#234;tre prorog&#233;e de droit, une seule fois, pour une dur&#233;e ne pouvant aller au-del&#224; du prochain renouvellement par d&#233;lib&#233;ration motiv&#233;e de l'assembl&#233;e adopt&#233;e dans les six mois suivant son renouvellement &#187;. Par souci de simplification, l'article 4 de la loi organique du 27 juillet 2011 pr&#233;cise que l'habilitation est accord&#233;e par la loi &#171; lorsque la demande porte sur l'adaptation d'une disposition l&#233;gislative &#187;. Dans ce cas, elle vaut &#233;galement habilitation &#224; prendre les dispositions r&#233;glementaires d'application. Mais lorsque la demande ne porte que sur l'adaptation d'une disposition r&#232;glementaire, l'habilitation est &#171; accord&#233;e par d&#233;cret en Conseil d'&#201;tat &#187;. &#192; la suite de ces innovations, les demandes des &#233;lus antillais ont &#233;t&#233; faites sans appr&#233;hension et ont &#233;t&#233;, pour la plupart, accept&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relative aux collectivit&#233;s de Guyane et de Martinique, l'article 17 de la loi du 27 juillet 2011 a ainsi habilit&#233;, en application de l'article 73, alin&#233;a 3, le conseil r&#233;gional de la Guadeloupe &#171; &#224; fixer les r&#232;gle sp&#233;cifiques &#224; la Guadeloupe en mati&#232;re de ma&#238;trise de la demande d'&#233;nergie, de r&#233;glementation thermique pour la construction de b&#226;timents et de d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables &#187;. En vertu de l'article 18 de la m&#234;me loi et, derechef, sur la base de l'article 73, alin&#233;a 3, le conseil r&#233;gional de la Martinique a lui aussi &#233;t&#233; habilit&#233; &#171; &#224; fixer des r&#232;gles sp&#233;cifiques &#224; la Martinique en mati&#232;re de ma&#238;trise de la demande d'&#233;nergie, de r&#233;glementation thermique pour la construction de b&#226;timents et de d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables &#187;. En vertu de l'article 37 de la loi du 15 novembre 2013 portant diverses dispositions relatives aux outre-mer, le conseil r&#233;gional de la Martinique a de surcro&#238;t &#233;t&#233; habilit&#233;, en application de l'article 73, alin&#233;a 3, &#171; &#224; adapter et fixer des r&#232;gles sp&#233;cifiques &#224; la Martinique en mati&#232;re de transports int&#233;rieurs de passagers et de marchandises, terrestres et maritimes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, le conseil r&#233;gional de la Guadeloupe a sollicit&#233;, dans sa d&#233;lib&#233;ration du 22 janvier 2016, une demande de prorogation de l'habilitation l&#233;gislative qui lui a &#233;t&#233; accord&#233;e, en application de l'article 73, alin&#233;a 3, de la Constitution, &#171; en mati&#232;re de planification &#233;nerg&#233;tique, de ma&#238;trise de la demande d'&#233;nergie, y compris en mati&#232;re de r&#233;glementation thermique pour la construction de b&#226;timents et de d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables &#187;. Cette demande de prorogation, de droit, de l'habilitation l&#233;gislative &#233;manant du conseil r&#233;gional carib&#233;en doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme la preuve que le pouvoir normatif local sur habilitation reconnu aux collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, alin&#233;a 3, donne des r&#233;sultats probants dans le cadre d'une politique choisie qui m&#233;rite, par suite, d'&#234;tre poursuivie et m&#234;me amplifi&#233;e. Pour le professeur Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, &#171; cet exercice du pouvoir l&#233;gislatif et r&#233;glementaire par habilitation para&#238;t donc repr&#233;senter un instrument utile pour des collectivit&#233;s territoriales soucieuses de disposer d'une r&#233;elle capacit&#233; d'initiative locale sur leurs territoires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union dans le projet de r&#233;vision de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de ces exemples, certes peu nombreux mais tous convaincants, de surcro&#238;t &#233;trangers &#224; des finalit&#233;s politiciennes inavouables, contrairement aux craintes &#233;mises par Jean-Paul Virapoull&#233;, des exemples ne pr&#233;sentant, par suite, aucun risque de d&#233;rive statutaire vers un r&#233;gime d'autonomie ou vers l'ind&#233;pendance, ne serait-il pas enfin opportun d'abolir l'article 73, alin&#233;a 5, de la Constitution afin de permettre au DROM de La R&#233;union d'exercer la pl&#233;nitude de ses comp&#233;tences normatives sur un pied d'&#233;galit&#233; avec les autres collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 ? Ainsi est pos&#233;e la question de l'abolition de l'amendement Virapoull&#233;, m&#234;me si cette abolition &#8212; il faut &#224; cet &#233;gard garder les pieds sur terre &#8212; n'a nullement la pr&#233;tention d'&#234;tre la panac&#233;e et de r&#233;soudre tous les probl&#232;mes pos&#233;s &#224; La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_101227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;197&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/5a-gilets-jaunes-syndicats-saint-andre_51_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/5a-gilets-jaunes-syndicats-saint-andre_51_-3a83a.jpg?1780754913' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Manifestation de gilets jaunes et de syndicats le 23 f&#233;vrier 2019 &#224; Saint-Andr&#233;. La suppression de l'amendement Virapoull&#233; est &#233;galement un des mots d'ordre dans le mouvement social &#224; La R&#233;union.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. Les diverses tentatives des parlementaires r&#233;unionnais pour la suppression pure et simple de l'amendement Virapoull&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;vision de la norme supr&#234;me s'impose effectivement si l'on veut que les &#233;lus r&#233;unionnais disposent des m&#234;mes &#171; outils juridiques &#187; que ceux offerts par les Constituants de 2003 et de 2008 &#224; leurs homologues antillais et guyanais et puissent exercer un r&#233;el pouvoir normatif sur habilitation en application de l'article 73, alin&#233;a 3. La r&#233;vision constitutionnelle revendiqu&#233;e est jug&#233;e imp&#233;rative par les formations progressistes locales qui sont convaincues que La R&#233;union doit franchir le seuil crucial de la responsabilit&#233; au sein d'une R&#233;publique enfin apais&#233;e, d&#233;complex&#233;e et r&#233;ellement d&#233;centralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique r&#233;demptrice et compte tenu des exp&#233;riences en cours aux Antilles dans le domaine des habilitations l&#233;gislatives et r&#233;glementaires, deux propositions de lois constitutionnelles destin&#233;es &#224; doter la R&#233;union d'un pouvoir normatif sur habilitation ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es au Parlement, &#224; quelques semaines d'intervalle. D&#233;pos&#233;e au palais du Luxembourg le 9 avril 2013, la premi&#232;re proposition de loi constitutionnelle (n&#176; 487) &#233;mane du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s et elle est faite au nom du PCR. Enregistr&#233;e &#224; la pr&#233;sidence du palais Bourbon le 30 mai 2013, la seconde (n&#176; 1101) r&#233;sulte d'une intervention de la d&#233;put&#233;e Ericka Bareigts au nom du PS. Mais ces initiatives visant &#224; l'abrogation de l'alin&#233;a 5 n'ont pas abouti. Une troisi&#232;me proposition (n&#176; 114) ayant le m&#234;me objectif a &#233;t&#233; enregistr&#233;e &#224; la pr&#233;sidence du S&#233;nat le 27 octobre 2015 par Paul Verg&#232;s. Mais elle n'a pas davantage rencontr&#233; le succ&#232;s escompt&#233;. Par la suite, G&#233;lita Hoarau, la suppl&#233;ante de Paul Verg&#232;s, a repris le flambeau en obtenant, d&#232;s le 30 novembre 2016, l'enregistrement au S&#233;nat d'une quatri&#232;me proposition de loi constitutionnelle (n&#176; 165) portant abolition de l'alin&#233;a 5 : la requ&#234;te de G&#233;lita Hoarau visait &#224; &#233;tendre &#224; La R&#233;union la possibilit&#233; accord&#233;e &#224; la Guadeloupe, &#224; la Guyane et &#224; la Martinique &#171; de fixer les r&#232;gles applicables sur leur territoire dans des mati&#232;res limit&#233;es &#187; pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement. Mais cette ultime tentative du PCR contre l'amendement Virapoull&#233; a &#233;galement &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;union peut-elle vraiment demeur&#233;e fig&#233;e dans son statut de &#171; majeure incapable &#187; &#233;tabli par la loi constitutionnelle du 28 mars 2003, &#224; la suite du vote de l'affligeant amendement Virapoull&#233; ? En droit, rien ne peut l&#233;gitimer la prolongation d'un traitement &#171; &#224; g&#233;om&#233;trie variable &#187; pour les &#171; quatre vieilles &#187; d&#233;partementalis&#233;es dans la m&#234;me matrice &#233;galitaire consacr&#233;e par l'action combin&#233;e de la loi du 19 mars 1946 et de la Constitution du 27 octobre 1946. En derni&#232;re analyse, nous pouvons ici reprendre le credo de Paul Verg&#232;s contenu dans ses propositions de lois constitutionnelles, enregistr&#233;es au S&#233;nat en 2013 et 2015, et rappel&#233;, dans un esprit de continuit&#233; politique, par sa suppl&#233;ante Gelita Hoarau dans sa proposition de loi constitutionnelle, enregistr&#233;e au S&#233;nat le 30 novembre 2016 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Or, rien ne justifie ce traitement diff&#233;renci&#233; entre La R&#233;union et les autres d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer ; rien ne justifie que des pr&#233;rogatives accord&#233;es aux r&#233;gions et d&#233;partements de la Martinique, de la Guyane et de la Guadeloupe ne soient pas &#233;galement accord&#233;es au d&#233;partement et &#224; la r&#233;gion de La R&#233;union &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour l&#233;gitimer les r&#233;formes qui s'imposent &#224; La R&#233;union, il faut savoir que son statut de d&#233;partement est contestable dans la mesure o&#249;, d'apr&#232;s une &#233;tude de l'INSEE sur les niveaux de vie &#224; La R&#233;union publi&#233;e en 2019, 40 % des R&#233;unionnais vivent sous le seuil de pauvret&#233; avec des revenus inf&#233;rieurs &#224; 1050 euros mensuels, soit un pourcentage trois fois plus &#233;lev&#233; qu'en M&#233;tropole. Dans une proportion de l'ordre de 25 % (soit trois fois plus que dans l'Hexagone en 2020), la population active locale est priv&#233;e d'acc&#232;s durable &#224; l'emploi avec, pour encha&#238;nement in&#233;vitable, un accroissement des in&#233;galit&#233;s sociales, sans oublier le co&#251;t croissant de la vie, amplifi&#233; en 2022 par une inflation majeure cons&#233;cutive notamment au d&#233;clenchement par la Russie d'une guerre illicite contre l'Ukraine. Huguette Bello a bien r&#233;sum&#233; une situation catastrophique qui, de surcro&#238;t, a &#233;t&#233; aggrav&#233;e par la pand&#233;mie de la Covid-19. La Pr&#233;sidente du conseil r&#233;gional de La R&#233;union consid&#232;re que le score important r&#233;alis&#233; par la France insoumise (LFI) sous la houlette de Jean-Luc M&#233;lenchon &#8212; plus de 40 % des suffrages exprim&#233;s, au plan local, lors du premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 10 avril 2022 &#8212; ne fait que traduire dans les urnes &#171; l'expression de la gravit&#233; de la situation sociale et du sentiment d'exasp&#233;ration de la population &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. GUERMEUR, &#171; R&#233;action au QG d'Huguette Bello, Pr&#233;sidente de R&#233;gion. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne saurait &#234;tre plus clairvoyant sur la situation r&#233;elle de l'&#238;le de La R&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps n'est-il pas alors venu de r&#233;aliser les r&#233;formes n&#233;cessaires en faisant notamment sauter le super verrou constitutionnel que repr&#233;sente l'article 73, alin&#233;a 5 ? Certes, cette question a &#233;t&#233; pos&#233;e &#224; maintes reprises depuis l'entr&#233;e en vigueur de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003. Cependant, &#224; partir de 2017, l'amendement Virapoull&#233; n'est plus consid&#233;r&#233; comme un &#171; sujet tabou &#187; dans une grande partie de la classe politique r&#233;unionnaise, y compris dans celle qui se situe &#224; la droite de l'&#233;chiquier local. C'est un constat &#224; tous &#233;gards encourageant. Cet amendement qui a conduit &#224; l'incompr&#233;hensible article 73, alin&#233;a 5, donne m&#234;me aujourd'hui le sentiment d'&#234;tre un dispositif &#171; en sursis &#187;. C'est un fait qu'apr&#232;s le second tour des &#233;lections l&#233;gislatives du 19 juin 2022, marqu&#233; par un triomphe incontestable des formations progressistes r&#233;unionnaises, son abolition est de plus en plus souvent &#233;voqu&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; Plaidoyer pour une suppression diligente du m&#233;phistoph&#233;lique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. Les perspectives d'avenir dans le cadre des &#233;ventuelles r&#233;formes de la Constitution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'ouverture des Assises des Outre-mer &#224; Saint-Denis le 4 octobre 2017 avec la venue d'Annick Girardin, ministre des Outre-mer, le PCR avait fait valoir que l'heure &#233;tait venue d'entrer dans l'&#232;re de la &#171; responsabilit&#233; pour plus d'autonomie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. MARCHAL, &#171; Responsabilit&#233; pour plus d'autonomie : un rassemblement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ses dirigeants pr&#233;cisaient que des r&#233;formes s'imposaient pour donner, entre autres, &#224; La R&#233;union les m&#234;mes comp&#233;tences que celles qui ont &#233;t&#233; attribu&#233;es aux d&#233;partements fran&#231;ais d'Am&#233;rique par les Constituants de 2003 et de 2008. A priori, ce message semblait avoir &#233;t&#233; entendu. La question du statut des collectivit&#233;s ultramarines a &#233;t&#233; relanc&#233;e par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, lors de son d&#233;placement en Guyane. Dans un discours prononc&#233; &#224; Cayenne le 28 octobre 2017, Emmanuel Macron s'&#233;tait d&#233;clar&#233; pr&#234;t &#224; envisager des &#171; am&#233;nagements constitutionnels &#187; dans les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution, y compris l'abolition de l'alin&#233;a 5 : &#171; Si La R&#233;union veut revenir sur l'amendement Virapoull&#233;, je suis pr&#234;t &#224; le faire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. BOULLAND, &#171; Assise des Outre-mer. Macron promet des modifications (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les dirigeants du PCR, certains &#233;lus locaux du centre et de la gauche y sont d&#233;sormais favorables : Ericka Bareigts, ancien ministre du Pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande, puis d&#233;put&#233;e socialiste (PS) et, depuis 2020, maire de Saint-Denis (Nouvelle Gauche) ; Michel Dennemont qui a si&#233;g&#233; au S&#233;nat sous l'&#233;tiquette de La R&#233;publique en marche (LREM), de 2017 &#224; 2020, et qui milite depuis sous celle du Rassemblement des d&#233;mocrates progressistes et ind&#233;pendants (RDPI) ; le d&#233;put&#233; Jean-Hugues Ratenon qui a ralli&#233;, d&#232;s 2017, la France insoumise (LFI) ou Huguette Bello cr&#233;atrice en 2012 du parti progressiste Pour La R&#233;union (PLR) et Pr&#233;sidente du conseil r&#233;gional de La R&#233;union depuis 2021&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. FONTAINE, &#171; Congr&#232;s des r&#233;gions de France &#224; Vichy. Huguette Bello plaide (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pouvait-on pour autant consid&#233;rer comme gagn&#233;e la bataille engag&#233;e pour cette r&#233;forme souhait&#233;e par la gauche r&#233;unionnaise dans le cadre du premier quinquennat d'Emmanuel Macron ? Rien n'&#233;tait moins s&#251;r. Au cours de cette p&#233;riode, les &#233;lus de la droite locale qui, pour la plupart, se reconnaissent dans Les R&#233;publicains (LR) se sont montr&#233;s hostiles &#224; la remise en cause de l'article 73, alin&#233;a 5. Dans son entretien le 13 novembre 2017 avec le Premier ministre, &#201;douard Philippe, Didier Robert, Pr&#233;sident (LR) du conseil r&#233;gional de La R&#233;union, d&#233;clarait &#234;tre favorable &#224; une prise en compte des sp&#233;cificit&#233;s de La R&#233;union &#171; dans leur globalit&#233; &#187;. Pour y parvenir, Didier Robert avait soulign&#233; qu'il fallait trouver &#171; un v&#233;hicule l&#233;gislatif qui permette aux entreprises r&#233;unionnaises d'&#234;tre mieux int&#233;gr&#233;es &#224; leur environnement &#187;, sans avoir besoin de &#171; changer la Constitution actuelle &#187; : la formule restrictive du locataire de la &#171; Pyramide invers&#233;e &#187; visait en fait &#224; p&#233;renniser l'amendement Virapoull&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conforme aux discours prononc&#233;s &#224; la Martinique en 2000 et &#224; La R&#233;union en 2001 par le Pr&#233;sident Jacques Chirac, la strat&#233;gie du Pouvoir central avait, par la suite, &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;e dans le Livre Bleu Outre-mer, d&#233;voil&#233; au palais de l'&#201;lys&#233;e le 28 juin 2018. Issu des Assises des Outre-mer, ce document confirme le principe selon lequel le Gouvernement n'imposera rien &#224; qui que ce soit tout en &#233;tant dispos&#233; &#224; reprendre &#224; son compte tous les projets portant sur des r&#233;formes statutaires pourvu qu'ils soient initi&#233;s par les repr&#233;sentants &#233;lus des territoires p&#233;riph&#233;riques, y compris par ceux de La R&#233;union. Dans ce contexte ainsi balis&#233;, le Gouvernement a alors d&#233;pos&#233; un projet de loi constitutionnelle pour un renouveau de la vie d&#233;mocratique enregistr&#233; &#224; la pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e nationale le 29 ao&#251;t 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur les conseils de la droite r&#233;unionnaise &#171; conservationniste &#187;, le Gouvernement avait en quelque sorte donn&#233; le &#171; la &#187; dans son argumentaire pr&#233;sent&#233; au Conseil d'&#201;tat, d&#232;s le 6 avril 2018. Il indiquait que &#171; le d&#233;partement et la r&#233;gion de La R&#233;union continueront &#224; conna&#238;tre un r&#233;gime sp&#233;cifique, conform&#233;ment au choix op&#233;r&#233; en 2003 &#187;, puisque telle &#233;tait, &#224; cette date, la volont&#233; affich&#233;e par les parlementaires locaux. De fait, le projet de loi constitutionnelle de 2019 continue de faire un sort particulier &#224; La R&#233;union. Certes, son article 12 d&#233;clare que les alin&#233;as 2 et 3 de l'article 73 de la norme supr&#234;me sont remplac&#233;s par un nouvel alin&#233;a 2, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Sauf lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une libert&#233; publique ou d'un droit constitutionnellement garanti, les collectivit&#233;s r&#233;gies par le pr&#233;sent article peuvent, &#224; leur demande, &#234;tre habilit&#233;es, par d&#233;cret en conseil des ministres apr&#232;s avis du Conseil d'&#201;tat, &#224; fixer elles-m&#234;mes les r&#232;gles applicables sur leur territoire dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, l'article 12 n'interdit pas &#224; La R&#233;union d'agir dans le domaine de la loi ou du r&#232;glement sur habilitation. Mais comme l'indique notre &#233;minent et vigilant coll&#232;gue Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, &#171; cette possibilit&#233; est tout de m&#234;me fortement brid&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si le d&#233;partement et la r&#233;gion de La R&#233;union sont bien d&#233;sign&#233;s dans la Constitution, c'est avec des cons&#233;quences, une nouvelle fois, dommageables pour les R&#233;unionnais. Toujours en vertu de cet article 12, il est en effet d&#233;cid&#233; que les alin&#233;as 5 et 6 de l'article 73 sont remplac&#233;s par une nouvelle disposition, formul&#233;e de mani&#232;re restrictive : &#171; Pour le d&#233;partement et la r&#233;gion de La R&#233;union, les habilitations pr&#233;vues au deuxi&#232;me alin&#233;a s'appliquent uniquement dans les mati&#232;res relevant de leurs comp&#233;tences &#187;. Il en est ainsi alors m&#234;me que, pour les autres collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, les habilitations peuvent concerner des mati&#232;res situ&#233;es hors comp&#233;tence. D&#232;s lors, c'est un constat amer que l'on doit &#233;tablir. Le projet de loi constitutionnelle pour un renouveau de la vie d&#233;mocratique persiste dans le d&#233;ni en 2019 : la r&#233;gion monod&#233;partementale de La R&#233;union demeure toujours assimil&#233;e &#224; une &#171; majeure incapable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire alors en conclusion au moment o&#249;, dans le cadre du second quinquennat d'Emmanuel Macron commenc&#233; en 2022, le Pouvoir central pourrait peut-&#234;tre entrer dans une nouvelle phase hardie en mati&#232;re de d&#233;centralisation outre-mer, une phase de nature &#224; concerner, de surcro&#238;t, comme en 2003 l'ensemble des territoires ultramarins ? Le PCR se dit d&#233;termin&#233; &#224; poursuivre le combat pour l'abolition de l'amendement Virapoull&#233; au nom de l'&#233;galit&#233; des droits entre les collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution. Mais son combat est aussi d&#233;sormais celui d'une nouvelle gauche progressiste, plus jeune, beaucoup moins id&#233;ologique et surtout majoritaire parmi les &#233;lus qui repr&#233;sentent La R&#233;union &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Il en est ainsi &#224; la suite du succ&#232;s remport&#233; le 19 juin 2022, lors du second tour des &#233;lections l&#233;gislatives, par les candidats rang&#233;s sous la banni&#232;re de la Nouvelle union populaire &#233;cologique et sociale (NUPES). Reste &#224; esp&#233;rer que ces d&#233;put&#233;s &#8212; au nombre de six sur les sept si&#232;ges qui &#233;taient &#224; pourvoir &#8212; sauront parler d'une &#171; m&#234;me voix &#187; pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de La R&#233;union&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les six d&#233;put&#233;s concern&#233;s sont Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour agit avec efficacit&#233;, les d&#233;put&#233;s adoub&#233;s par la Nupes peuvent compter sur l'appui d'Huguette Bello qui a rappel&#233;, lors de sa rencontre &#224; l'&#201;lys&#233;e avec le Pr&#233;sident de la R&#233;publique le 7 septembre 2022, un principe fondamental pos&#233; dans &#171; La D&#233;claration de Fort-de-France &#187;. Dans ce document sign&#233; le 16 mai 2022, les &#233;lus des collectivit&#233;s ultramarines r&#233;gies par l'article 73 de la Constitution ont tenu &#224; pr&#233;ciser leur objectif : &#224; savoir &#171; conjuguer la pleine &#233;galit&#233; des droits &#187; de nos collectivit&#233;s &#171; avec la reconnaissance de nos sp&#233;cificit&#233;s, notamment par une r&#233;elle domiciliation des leviers de d&#233;cision au plus pr&#232;s de nos territoires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir .&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La &#171; D&#233;claration de Fort-de-France &#187; opte ainsi en faveur d'un transfert plus large, sinon g&#233;n&#233;ralis&#233;, du pouvoir normatif national au profit des collectivit&#233;s r&#233;gies par l'article 73, alin&#233;a 3, ou, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, en faveur d'une d&#233;l&#233;gation plus ample du pouvoir l&#233;gislatif et r&#233;glementaire &#224; la suite d'une habilitation &#233;manant, selon le cas, du Parlement ou du Gouvernement dans les mati&#232;res non r&#233;galiennes de l'&#201;tat qui, par nature, sont &#171; non transf&#233;rables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Pr&#233;sidente du conseil r&#233;gional de La R&#233;union, cette &#171; D&#233;claration &#187; inclut ipso facto l'abolition de l'alin&#233;a 5 qui sera, sans contredit, au c&#339;ur des pr&#233;occupations de sa pr&#233;sente mandature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. FONTAINE, &#171; Huguette Bello et les Pr&#233;sidents des collectivit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors qu'une r&#233;vision de la norme supr&#234;me de la Ve R&#233;publique est imp&#233;rativement envisag&#233;e pour la Nouvelle-Cal&#233;donie avant la fin du premier semestre 2024, nul doute qu'Huguette Bello profitera de cette &#171; fen&#234;tre d'opportunit&#233; &#187; pour faire passer les r&#233;formes jug&#233;es utiles pour La R&#233;union et tout particuli&#232;rement celle qui vise &#224; la suppression du m&#233;phistoph&#233;lique amendement Virapoull&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anonyme, &#171; Contribution de Paul Verg&#232;s aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie territoriale &#187;, T&#233;moignages, vendredi 5 octobre 2012, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. ANNETTE, &#171; Tribune libre. Appel &#224; la responsabilit&#233; &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, samedi 16 novembre 2002, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ANONYME, &#171; Huguette Bello : Nous devons aborder cette r&#233;forme de mani&#232;re responsable &#187;, T&#233;moignages, jeudi 21 novembre 2002, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable majeure &#187; par la Constitution &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, mercredi 23 octobre 2019, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; En finir avec la curatelle &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, vendredi 4 mai 2018, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A.-M. LE POURHIET, &#171; &#192; propos du nouvel article 73 de la Constitution &#187;, RFDA, septembre-octobre 2003, n&#176; 5, p. 890.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N. RAMASSAMY, &#171; Les bonnes raisons de garder l'amendement Virapoull&#233; &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, lundi 30 avril 2018, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. FONTAINE, &#171; Entretien avec Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, Pr&#233;sident de l'association des juristes en droit des outre-mer. Amendement Virapoull&#233; : La R&#233;union est un adulte sous tutelle &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, lundi 19 septembre 2022, p. 2-3 et notamment p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union dans le projet de r&#233;vision de la Constitution &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, mercredi 11 avril 2018, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E. GUERMEUR, &#171; R&#233;action au QG d'Huguette Bello, Pr&#233;sidente de R&#233;gion. La R&#233;union, terre d'insoumission &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, lundi 11 avril 2022, p. 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; Plaidoyer pour une suppression diligente du m&#233;phistoph&#233;lique amendement Virapoull&#233; &#187;, Le Quotidien de La R&#233;union, lundi 27 f&#233;vrier 2023, p. 2. P. PLANCHENAULT, &#171; Duel Selly&#8209;Ratenon premi&#232;re ?, Le JIR, lundi 24 avril 2023, p. 7. Pour Patrice Selly, le maire de Saint-Beno&#238;t, la question qui m&#233;rite aujourd'hui d'&#234;tre pos&#233;e aux R&#233;unionnais par la voie r&#233;f&#233;rendaire, c'est celle &#171; de savoir si oui ou non nous voulons supprimer l'amendement Virapoull&#233; qui nous place dans le m&#234;me cadre juridique que n'importe quel d&#233;partement de m&#233;tropole alors que nous avons nos sp&#233;cificit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. MARCHAL, &#171; Responsabilit&#233; pour plus d'autonomie : un rassemblement possible &#187;, T&#233;moignages, mercredi 18 avril 2018, p. 1-2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C. BOULLAND, &#171; Assise des Outre-mer. Macron promet des modifications profondes &#187;, Le Quotidien de La R&#233;union, dimanche 29 octobre 2017, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. FONTAINE, &#171; Congr&#232;s des r&#233;gions de France &#224; Vichy. Huguette Bello plaide pour la suppression de l'alin&#233;a pa kapab &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, vendredi 16 septembre 2022, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable majeure &#187; par la Constitution &#187;, pr&#233;c., p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les six d&#233;put&#233;s concern&#233;s sont Perceval Gaillard et Jean-Hugues Ratenon (LFI) ; Philippe Naillet (PS) ; &#201;meline K/Bidi, Karine Lebon et Fr&#233;d&#233;ric Maillot (GDR). S. FONTAINE et Y. GUILLOUX, &#171; Les groupes de d&#233;put&#233;s de La R&#233;union. Trois nuances de Nupes et une centriste &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, vendredi 24 juin 2022, p. 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.collectivitedemartinique.mq/wp-content/uploads/2022/05/Appel-de-Fort-de-France.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.collectivitedemartinique.mq/wp-content/uploads/2022/05/Appel-de-Fort-de-France.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. FONTAINE, &#171; Huguette Bello et les Pr&#233;sidents des collectivit&#233;s d'outre-mer re&#231;us &#224; l'&#201;lys&#233;e. Une nouvelle &#233;tape doit s'ouvrir &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, vendredi 9 septembre 2022, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Zoreils : une composante naturelle de la &#171; soci&#233;t&#233; arc-en-ciel &#187; de La R&#233;union</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/les-zoreils-une-composante-naturelle-de-la-societe-arc-en-ciel-de-la-reunion,106848</link>
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		<dc:date>2023-04-03T03:16:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; La R&#233;union, certaines personnes &#233;voquent parfois la th&#233;orie du grand remplacement et, plus souvent encore, la th&#232;se de la pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : deux concepts sulfureux formul&#233;s pour fustiger l'arriv&#233;e jug&#233;e envahissante de M&#233;tropolitains ou Zoreils dans l'espace pourtant multiculturel r&#233;unionnais. Mais que faut-il entendre par Zoreil ? On peut d&#233;finir le Zoreil comme un Europ&#233;en qui n'est pas n&#233; &#224; La R&#233;union, par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/3a-andre-oraison-2-2f023.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; La R&#233;union, certaines personnes &#233;voquent parfois la th&#233;orie du grand remplacement et, plus souvent encore, la th&#232;se de la pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : deux concepts sulfureux formul&#233;s pour fustiger l'arriv&#233;e jug&#233;e envahissante de M&#233;tropolitains ou Zoreils dans l'espace pourtant multiculturel r&#233;unionnais. Mais que faut-il entendre par Zoreil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons ici recours au mot Zoreil. Mais certain utilisent parfois celui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? On peut d&#233;finir le Zoreil comme un Europ&#233;en qui n'est pas n&#233; &#224; La R&#233;union, par opposition aux R&#233;unionnais fortement m&#233;tiss&#233;s et venus d'horizons divers : Cafres, Chinois, Comoriens, Cr&#233;oles blancs, Malabars, Malgaches, Mahorais ou Zarabes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	I. Les crit&#232;res contestables de distinction entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Le vocable Zoreil ne laisse pas indiff&#233;rent et il est m&#234;me urticant pour certains R&#233;unionnais qui n'h&#233;sitent pas &#224; simplifier en mettant tous les M&#233;tropolitains dans le m&#234;me panier et en les assimilant &#224; des n&#233;ocolonialistes qu'il faut stigmatiser au cri &#233;liminatoire de &#171; Zoreil deor &#187;. Mais la r&#233;alit&#233; n'est-elle pas plus complexe qu'il n'y para&#238;t ? Pour notre ami Guy Pignolet, les Zoreils ne forment certainement pas un bloc monolithique. Dans un courriel dat&#233; du 6 d&#233;cembre 2021, cette &#233;minente personnalit&#233; de La R&#233;union me fait remarquer qu'il serait judicieux d'&#233;tablir le d&#233;part entre les Zoreils-M&#233;tropolitains ou Zoreils-Zoreils et les Zoreils-R&#233;unionnais, encore appel&#233;s par les Cr&#233;oles les Zoreils-P&#233;i.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Zoreil-Zoreil est d&#233;fini comme un Europ&#233;en et le plus souvent comme un M&#233;tropolitain qui, pour des raisons g&#233;n&#233;ralement professionnelles, s'installe &#224; La R&#233;union pour quelques mois ou quelques ann&#233;es tout en songeant toujours &#224; revenir dans sa province natale dont il a une profonde nostalgie. Il s'agit au demeurant d'un sentiment respectable : il est normal de ne pas oublier son lieu de naissance, ses racines et l'endroit o&#249; l'on a v&#233;cu une partie de son existence et notamment sa jeunesse. &#192; La R&#233;union, le Zoreil-Zoreil n'est certainement pas un &#233;tranger en raison du statut de &#171; d&#233;partement fran&#231;ais &#187; attribu&#233; &#224; La R&#233;union par la loi du 19 mars 1946. Mais c'est un Fran&#231;ais qui reste avant tout dans son c&#339;ur un M&#233;tropolitain, quelle que soit la dur&#233;e de son s&#233;jour dans l'ancienne &#238;le Bourbon. Concr&#232;tement, le Zoreil-Zoreil est celui qui entend rester un Alsacien, un Basque, un Breton, un Corse, un Languedocien, un Lyonnais, un Marseillais, un Normand, un Parisien, un Picard ou un Proven&#231;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Zoreil-R&#233;unionnais ou Zoreil-P&#233;i est celui qui a d&#233;cid&#233; de s'installer &#224; La R&#233;union de mani&#232;re d&#233;finitive pour des raisons multiples : professionnelles mais aussi familiales et sentimentales. C'est un M&#233;tropolitain qui cherche &#224; adopter le mode de vie des R&#233;unionnais. Pour le Zoreil-P&#233;i, La R&#233;union n'est pas la terre d'un exil forc&#233; mais son pays, un pays qu'il aime et d&#233;fend avec la m&#234;me conviction que les R&#233;unionnais de souche. Ainsi, Guy Pignolet &#8212; un savant que nous rangeons sans conteste dans la cat&#233;gorie des Zoreils-Pei&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un courriel qu'il m'a adress&#233; le lundi 6 d&#233;cembre 2021, Guy Pignolet se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; donne au passage un int&#233;ressant exemple lorsqu'il d&#233;clare qu'on distingue ais&#233;ment les Zoreils &#171; &#224; la mani&#232;re dont ils parlent de leurs origines : les Zoreils-Zoreils disent qu'ils sont de Carpentras tandis que les Zoreils-R&#233;unionnais disent qu'ils viennent de Carpentras &#187;. On peut bien s&#251;r avaliser ce constat, au demeurant fort subtil. Mais un tel constat ne nous emp&#234;che nullement, dans une conception &#339;cum&#233;nique, de contester le clivage binaire entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	II. L'inacceptation de la distinction discriminatoire entre le Zoreil-Zoreil et le Zoreil-Pei&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Je m'interroge : moi qui suis n&#233; en Tunisie le 4 octobre 1941 et habite &#224; La R&#233;union depuis 1967 ne suis-je pas tout simplement un R&#233;unionnais, au m&#234;me titre que Paul Verg&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; Alors, ne suis-je pas un R&#233;unionnais ? &#187;, Le Quotidien de La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le fondateur du Parti communiste r&#233;unionnais (PCR), n&#233; lui aussi &#224; l'&#233;tranger en Tha&#239;lande le 5 mars 1925 et qui, pendant plusieurs d&#233;cennies, a anim&#233; la vie politique locale et propos&#233; &#8212; &#224; la suite de la r&#233;vision constitutionnelle du 28 mars 2003 &#8212; une s&#233;rie de r&#233;formes cr&#233;dibles en droit et n&#233;cessaires en fait pour La R&#233;union&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; Les derni&#232;res propositions du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s au plan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour r&#233;pondre &#224; cette question, je suis convaincu qu'il faut r&#233;cuser le d&#233;part certes original mais discriminatoire entre les Zoreils-Zoreils qui seraient condamnables et les Zoreils-pei qui seraient convenables. Pour d&#233;fendre une conception g&#233;n&#233;reuse et lib&#233;rale dans la &#171; soci&#233;t&#233; arc-en-ciel &#187; qu'incarne La R&#233;union depuis l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage le 20 d&#233;cembre 1848, je reviens &#224; ma premi&#232;re approche en m'appuyant sur la d&#233;finition du R&#233;unionnais &#233;manant d'un R&#233;unionnais de souche en la personne de Jean-Claude Fruteau. Dans une s&#233;rie d'interviews de personnalit&#233;s politiques et syndicales publi&#233;es le 14 mars 2012 dans la presse locale, l'ancien d&#233;put&#233;-maire socialiste de Saint-Beno&#238;t a donn&#233; du R&#233;unionnais une d&#233;finition non alambiqu&#233;e et qui devrait, par suite, &#234;tre admise par toutes les personnes de bonne foi. R&#233;dig&#233;e dans un style laconique, voici cette d&#233;finition que je fais mienne : &#171; Un R&#233;unionnais, c'est quelqu'un qui vit &#224; La R&#233;union, quel que soit son lieu de naissance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. CHASSAGNE, &#171; Pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : et si on finissait par trancher ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour consolider ma religion dans le cadre d'une conception universaliste, je me r&#233;f&#232;re &#233;galement &#224; l'opinion d'une figure d&#233;sormais incontournable de la vie politique locale en la personne de Bernard Grondin qui a &#233;t&#233; &#233;lu chef du Gouvernement de &#171; l'&#201;tat r&#233;unionnais &#187; par une poign&#233;e de militants nationalistes, le 5 novembre 2017. Au cours d'une habile interview r&#233;alis&#233;e par le journaliste David Chassagne, cette personnalit&#233; anticolonialiste et s&#233;cessionniste a en effet d&#233;fini en des termes particuli&#232;rement bien frapp&#233;s ce qui me para&#238;t &#234;tre le v&#233;ritable crit&#232;re de l'authentique R&#233;unionnais et cela, sans avoir &#224; faire une r&#233;f&#233;rence explicite &#224; la cat&#233;gorie sp&#233;cifique des M&#233;tropolitains ou Zoreils :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Pour moi, en tant qu'ind&#233;pendantiste, il y a une d&#233;finition identitaire. Si out papa et out maman l&#233; R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Si seulement un des deux parents est R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Si ou l&#233; n&#233; en France et out parent l&#233; R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais. Maintenant, si tu viens d'ailleurs et que tu habites La R&#233;union depuis longtemps (ou pas trop longtemps) et que ou vive en R&#233;unionnais, ou l&#233; R&#233;unionnais aussi. Nou l&#233; pas dans l'exclusion ! Le R&#233;unionnais que l'a arriv&#233; il y a 300 ans ou 200 ans ou moins, si i vive en R&#233;unionnais, l&#233; aussi R&#233;unionnais que mwin &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. CHASSAGNE, &#171; Un jour, La R&#233;union sera ind&#233;pendante &#187;, Le JIR (Dimanche), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En guise d'ultime r&#233;flexion, je reprends &#224; mon compte le beau slogan du regrett&#233; Laurent Verg&#232;s, fils de Paul Verg&#232;s et qui fut &#8212; comme son p&#232;re &#8212; d&#233;put&#233; du PCR. Plus encore, j'adh&#232;re au cri du c&#339;ur de toute personne qui aspire &#224; &#234;tre accueillie et reconnue dignement dans cette belle &#238;le de La R&#233;union, quelle que soit son appartenance ethnique, sa religion, la couleur de sa peau ou son lieu de naissance : &#171; Mi di zot tout : Nou l&#233; pa plis, nou l&#233; pa mwin, respekt a nou ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons ici recours au mot Zoreil. Mais certain utilisent parfois celui de Zoreille au f&#233;minin ou plus rarement encore celui de Zorey. Du terme de Zoreil a d&#233;riv&#233; celui de Zor&#233;ol : un enfant n&#233; d'une union entre un Zoreil et une Cr&#233;ole (ou vice-versa). Il existe plusieurs versions plus ou moins cr&#233;dibles quant &#224; l'origine de ce terme jug&#233; parfois p&#233;joratif pour nommer les habitants de l'Hexagone. Pour certains, le vocable est employ&#233; pour d&#233;signer les M&#233;tropolitains qui, en arrivant &#224; La R&#233;union, devaient tendre l'oreille pour bien comprendre leurs interlocuteurs cr&#233;oles. D'autres &#233;mettent l'hypoth&#232;se selon laquelle, lorsqu'ils posaient le pied sur l'ancienne &#238;le Bourbon, c'&#233;tait pour espionner la population locale en laissant tra&#238;ner leurs oreilles et rendre compte aux autorit&#233;s comp&#233;tentes de Paris. D'autres enfin ont pr&#233;tendu que lorsqu'ils d&#233;barquaient au Port de la Pointe des Galets, leurs oreilles devenaient rouges sous le soleil des tropiques. Dans son Lexique du parler cr&#233;ole de La R&#233;union (Paris, 1974), Robert Chaudenson classe toutefois le mot Zoreil dans la cat&#233;gorie des origines douteuses. Selon certains t&#233;moignages qu'il a pu recenser, ce terme &#233;tait m&#234;me inconnu avant le Premier Conflit mondial.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans un courriel qu'il m'a adress&#233; le lundi 6 d&#233;cembre 2021, Guy Pignolet se d&#233;finit lui-m&#234;me comme &#171; un R&#233;unionnais d'outre-mer, n&#233; en Normandie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; Alors, ne suis-je pas un R&#233;unionnais ? &#187;, Le Quotidien de La R&#233;union, dimanche 10 d&#233;cembre 2017, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; Les derni&#232;res propositions du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s au plan institutionnel &#187;, RRJDP, 2017, n&#176; 3, p. 1117-1153&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. CHASSAGNE, &#171; Pr&#233;f&#233;rence r&#233;gionale : et si on finissait par trancher ? &#187;, Le Journal de l'&#238;le de La R&#233;union, mercredi 14 mars 2012, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. CHASSAGNE, &#171; Un jour, La R&#233;union sera ind&#233;pendante &#187;, Le JIR (Dimanche), dimanche 26 novembre 2017, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Rivalit&#233;s et coop&#233;rations dans l'oc&#233;an Indien. Nouvelles perspectives &#187; : appel &#224; contributions</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/rivalites-et-cooperations-dans-l-ocean-indien-nouvelles-perspectives-appel-a-contributions,106518</link>
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		<dc:date>2023-02-23T05:11:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Prochain num&#233;ro &#224; para&#238;tre de la revue &#201;tudes internationales&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/mondialisation" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/zleca-rcep-2-3-01b45.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La revue &#201;tudes internationales lance un appel &#224; articles pour un num&#233;ro &#224; para&#238;tre et qui aura pour th&#232;me &#171; Rivalit&#233;s et coop&#233;rations dans l'oc&#233;an Indien. Nouvelles perspectives &#187;. Propos&#233; en lien avec le Centre de Recherche Politique de Madagascar, ce num&#233;ro sera coordonn&#233; par Christiane Rafidinarivo (IEP Madagascar/LCF UR/CEVIPOF Sciences Po) et Camille Escud&#233; (IEP Madagascar/CERI Sciences Po).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce num&#233;ro sp&#233;cial de la revue &#201;tudes internationales a l'ambition de proposer de nouvelles perspectives de recherches sur l'oc&#233;an Indien. Les auteurs sont invit&#233;s &#224; proposer des articles entrant en particulier dans les deux axes suivants. Ce num&#233;ro est coordonn&#233; par deux enseignants de l'Institut d'&#201;tudes politiques de Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'oc&#233;an Indien, une nouvelle fronti&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Dynamiques s&#233;curitaires et coop&#233;rations dans l'oc&#233;an Indien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le lien vers l'appel &#224; contribution avec pour &#233;ch&#233;ance l'envoi des r&#233;sum&#233;s au plus tard le 15 mars.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Radioscopie critique de la loi de d&#233;partementalisation du 19 mars 1946</title>
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		<dc:date>2022-10-28T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>



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&lt;p&gt;Au cours de son histoire qui commence avec sa prise de possession au nom du roi de France en 1642 et sa colonisation effective par le peuplement de son territoire en 1663, on entend souvent dire que La R&#233;union aurait d&#233;j&#224; connu deux bouleversements : celui de la libert&#233; avec l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage le 20 d&#233;cembre 1848 et celui de l'&#233;galit&#233; avec l'abolition du r&#233;gime colonial le 19 mars 1946. &lt;br class='autobr' /&gt; En v&#233;rit&#233;, si la premi&#232;re date ne soul&#232;ve pas d'objection, la seconde interpelle. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/andre_oraison-56a79.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au cours de son histoire qui commence avec sa prise de possession au nom du roi de France en 1642 et sa colonisation effective par le peuplement de son territoire en 1663, on entend souvent dire que La R&#233;union aurait d&#233;j&#224; connu deux bouleversements : celui de la libert&#233; avec l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage le 20 d&#233;cembre 1848 et celui de l'&#233;galit&#233; avec l'abolition du r&#233;gime colonial le 19 mars 1946.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, si la premi&#232;re date ne soul&#232;ve pas d'objection, la seconde interpelle. Notre th&#232;se vise &#224; d&#233;montrer que ce n'est pas le statut d&#233;partemental &#233;tabli uniquement au plan organisationnel et administratif par la loi du 19 mars 1946 qui est le crit&#232;re, en droit, de l'&#233;mancipation de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union (connues collectivement sous le nom des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;), mais le principe d'identit&#233; l&#233;gislative qui leur est reconnu applicable par la Constitution du 27 octobre 1946. Il s'agit-l&#224; d'un principe fondamental sans lequel leur d&#233;partementalisation n'aurait &#233;t&#233; ni une v&#233;ritable assimilation &#224; la Nation fran&#231;aise, ni une authentique d&#233;colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de d&#233;partementalisation a &#233;t&#233; revendiqu&#233; en 1945 par cinq &#233;lus ultramarins progressistes &#8211; Gaston Monnerville, d&#233;put&#233; radical-socialiste de la Guyane ; L&#233;opold Bissol et Aim&#233; C&#233;saire, d&#233;put&#233;s communistes de la Martinique ; L&#233;on de L&#233;pervanche et Raymond Verg&#232;s, d&#233;put&#233;s communistes de La R&#233;union &#8211; avant d'&#234;tre adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233;, mais de fa&#231;on &#233;dulcor&#233;e, par la premi&#232;re Assembl&#233;e nationale constituante dans la loi du 19 mars 1946. Cependant, le mot d'ordre d'assimilation qui triomphe au cours de l'ann&#233;e 1946 avec le concept de &#171; &lt;i&gt;d&#233;partementalisation-d&#233;colonisation&lt;/i&gt; &#187; ne r&#233;sulte pas d'une illumination qui aurait jailli apr&#232;s la Lib&#233;ration. Dans son rapport r&#233;dig&#233; le 26 f&#233;vrier 1946 au nom de la commission des Territoires d'outre-mer, le d&#233;put&#233;-maire de Fort-de-France, Aim&#233; C&#233;saire, souligne que l'assimilation invoqu&#233;e n'est nullement une &#171; &lt;i&gt;improvisation&lt;/i&gt; &#187; mais bien au contraire &#171; &lt;i&gt;l'aboutissement normal d'un processus historique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, cette probl&#233;matique se pose depuis que des d&#233;crets de la R&#233;volution fran&#231;aise ont divis&#233;, d&#232;s 1790, le territoire m&#233;tropolitain en d&#233;partements. &#201;manant de repr&#233;sentants ultramarins, des dol&#233;ances ont aussit&#244;t &#233;t&#233; formul&#233;es afin d'&#233;riger &#233;galement en d&#233;partements les plus anciennes colonies. En r&#233;ponse, la Constitution de la I&#232;re R&#233;publique du 22 ao&#251;t 1795 avait pr&#233;vu pour tous les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments du premier Empire colonial fran&#231;ais une assimilation &#224; la France hexagonale, avec l'instauration du statut d&#233;partemental. Jug&#233; &#233;galitariste, ce statut appara&#238;t comme la suite logique de l'abolition de l'esclavage prononc&#233;e dans les colonies par le d&#233;cret de la Convention du 4 f&#233;vrier 1794. Dans son article 7, la Constitution thermidorienne dispose que ces territoires p&#233;riph&#233;riques sont &#171; &lt;i&gt;divis&#233;s en d&#233;partements&lt;/i&gt; &#187;, dont ceux des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi 1er juillet 1798 compl&#232;te judicieusement cette Constitution en posant, dans son article 28, le principe logique d'une assimilation des territoires ultramarins au plan l&#233;gislatif. Mais cette r&#233;forme est abandonn&#233;e par la Constitution du 13 d&#233;cembre 1799 qui r&#233;introduit, sous le Consulat, le principe de la sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative dans toutes les colonies et cela, avant m&#234;me l'ignominieux r&#233;tablissement de l'esclavage par Bonaparte, en application de la loi du 20 mai 1802. Quant au statut d&#233;partemental, il est de nouveau r&#233;serv&#233; aux seuls territoires de la France m&#233;tropolitaine. Compl&#233;t&#233; par le principe d'identit&#233; normative, le statut de d&#233;partement ne reprendra vie outre-mer qu'avec l'adoption de la Constitution du 27 octobre 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, la r&#233;forme en faveur de la d&#233;partementalisation fut reprise &#224; l'Assembl&#233;e constituante charg&#233;e d'adopter, en 1848, une nouvelle Constitution. Lors de ses d&#233;bats, Victor Sch&#339;lcher avait vainement soumis un amendement visant &#224; transformer les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; en d&#233;partements. &#192; la veille de l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage dans toutes les colonies, une abolition d&#233;cid&#233;e par le Gouvernement provisoire de la IIe R&#233;publique en vertu du d&#233;cret du 27 avril 1848 et qu'il devait, pour sa part, rendre applicable &#224; La R&#233;union le 20 d&#233;cembre 1848, Joseph Sarda-Garriga, commissaire g&#233;n&#233;ral de la R&#233;publique, avait proph&#233;tis&#233; cette &#233;volution le 17 octobre 1848 : &#171; &lt;i&gt;Quand cette terre si &#233;minemment fran&#231;aise ne portera plus d'esclaves, elle formera, j'en ai l'assurance, dans la grande unit&#233; nationale, un d&#233;partement d'Outre-mer gouvern&#233; par les lois g&#233;n&#233;rales de la M&#233;tropole&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif visant &#224; &#233;riger les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; en d&#233;partements sur le mod&#232;le des d&#233;partements m&#233;tropolitains est repris sous la IIIe R&#233;publique par les Ultramarins qui r&#233;clament l'application de plein droit des lois nationales sur leurs territoires. De fait, plusieurs lois r&#233;publicaines accordent aux citoyens des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; des droits identiques &#224; ceux de la M&#233;tropole : c'est le cas des lois sur la libert&#233; de la presse et la libert&#233; de r&#233;union en 1881, sur la libert&#233; d'association en 1901 ou encore sur les libert&#233;s syndicales qui prennent corps entre 1884 et 1919. Une assimilation implicite &#224; la France europ&#233;enne &#233;tait ainsi engag&#233;e dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; en vue de les soustraire progressivement &#224; la discrimination coloniale. Le r&#233;sultat de cette &#233;volution est tel que l'architecture de ces colonies est plus proche en 1945 de celle des d&#233;partements hexagonaux que de celle des autres territoires d'outre-mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte &#233;volutif, on peut alors parfaitement comprendre les dol&#233;ances des Ultramarins qui surgissent sous la IIIe R&#233;publique pour converger sur le mot d'ordre d'assimilation. Cette exigence des &#233;lus d'outre-mer prendra une tournure d&#233;cisive en 1945, &#224; l'initiative des forces populaires locales, essentiellement communistes. Elle s'&#233;tait, entre temps, acc&#233;l&#233;r&#233;e dans les &#171; quatre vieilles &#187; pendant le Second Conflit mondial pour des raisons &#233;conomiques et sociales. Impliquant l'&#233;galit&#233; de droits avec les M&#233;tropolitains, le statut d&#233;partemental appara&#238;t alors comme le rem&#232;de miracle &#224; tous les maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si la d&#233;colonisation de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union par le biais de la d&#233;partementalisation a bien &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e, elle ne l'a pas &#233;t&#233; d'un seul coup mais en deux &#233;tapes : la premi&#232;re par la voie l&#233;gislative (I), la seconde par la voie constitutionnelle (II).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I. La premi&#232;re &#233;tape est celle d'une d&#233;colonisation partielle de La R&#233;union par la voie l&#233;gislative avec le vote de la loi du 19 mars 1946 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1945, la d&#233;partementalisation est l'objectif num&#233;ro un des &#233;lus des &#171; quatre vieilles &#187;. En ce sens, un proc&#232;s-verbal peut &#234;tre dress&#233; &#224; La R&#233;union &#224; la suite d'&#233;lections remport&#233;es par le Comit&#233; r&#233;publicain d'action d&#233;mocratique et sociale (CRADS). Constitu&#233; d&#232;s le 11 mars 1945 &#224; l'initiative du docteur Raymond Verg&#232;s sous la banni&#232;re d'un bin&#244;me impliquant une d&#233;colonisation atypique de La R&#233;union par l'instauration du statut d&#233;partemental et une &#233;galit&#233; de droits entre R&#233;unionnais et M&#233;tropolitains, notamment au plan social, le CRADS remporte les deux si&#232;ges de d&#233;put&#233;s aux &#233;lections l&#233;gislatives du 21 octobre 1945 qui reviennent &#224; L&#233;on de L&#233;pervanche et &#224; Raymond Verg&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 12 f&#233;vrier 1946, ces d&#233;put&#233;s d&#233;posent une proposition de loi visant &#224; &#233;riger La R&#233;union en d&#233;partement fran&#231;ais avant de participer, les 12 et 14 mars suivants, &#224; un vote unanime de l'Assembl&#233;e nationale constituante. C'est dans ce contexte qu'a &#233;t&#233; adopt&#233;e la loi du 19 mars 1946 qui met fin &#8211; d'apr&#232;s la version officielle &#8211; au r&#233;gime colonial 283 ans apr&#232;s le peuplement effectif de La R&#233;union en 1663 et 98 ans apr&#232;s l'abolition d&#233;finitive de l'esclavage en 1848. N&#233;anmoins, sans vouloir jouer les &#233;teignoirs, les f&#226;cheux, les g&#234;neurs, les importuns, les pisse-vinaigre, les rabat-joie ou les trouble-f&#234;te, on peut s'interroger avec le professeur Emmanuel Jos au sujet de la loi du 19 mars 1946, un texte l&#233;gislatif qui &#171; &lt;i&gt;fait partie de ces textes souvent &#233;voqu&#233;s mais en r&#233;alit&#233; mal connus&lt;/i&gt; &#187;. Peut-on s&#233;rieusement l'assimiler &#224; une victoire en mati&#232;re de d&#233;colonisation pour les habitants des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; ? Rien n'est moins s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, nous devons insister sur un point non n&#233;gligeable. La loi du 19 mars 1946 ne r&#233;sulte pas d'un projet gouvernemental mais de propositions de loi &#233;manant de parlementaires ultramarins, r&#233;guli&#232;rement &#233;lus. &#192; l'origine, ce sont trois propositions de loi qui sont d&#233;pos&#233;es &#224; l'Assembl&#233;e nationale constituante. Dat&#233;e du 17 janvier 1946 et pr&#233;sent&#233;e par Aim&#233; C&#233;saire et L&#233;opold Bissol, la premi&#232;re qui tend au classement comme d&#233;partements fran&#231;ais de la Guadeloupe et de la Martinique est enregistr&#233;e sous le num&#233;ro 295. Il faut noter que les d&#233;put&#233;s socialistes de la Guadeloupe &#8211; Eug&#233;nie &#201;bou&#233;-Tell et Paul Valentino &#8211; ne se sont pas associ&#233;s &#224; cette revendication. Le 12 f&#233;vrier 1946, deux autres propositions de loi sont d&#233;pos&#233;es. D'abord, celle qui est soutenue par Gaston Monnerville et vise au classement comme d&#233;partement de la Guyane fran&#231;aise est enregistr&#233;e sous le num&#233;ro 409.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, celle qui &#233;mane de L&#233;on de L&#233;pervanche et de Raymond Verg&#232;s et a trait au classement comme d&#233;partement de La R&#233;union est enregistr&#233;e sous le num&#233;ro 412. L'examen de ces propositions de loi par la commission des Territoires d'outre-mer dont le rapporteur est Aim&#233; C&#233;saire, d&#233;bute le 26 f&#233;vrier 1946. Ses travaux d&#233;bouchent sur une synth&#232;se des trois initiatives parlementaires qui conduit &#224; une proposition de loi unique accompagn&#233;e d'un nouveau rapport r&#233;dig&#233; par Aim&#233; C&#233;saire et aussit&#244;t remis aux minist&#232;res des Finances, de l'Int&#233;rieur et de l'Outre-mer. &#192; la suite des critiques &#233;manant de ces trois minist&#232;res, la commission des Territoires d'outre-mer se r&#233;unit de nouveau le 6 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette commission &#233;labore un ultime rapport qui &#233;lude la plupart des objections ou r&#233;serves des deux ministres socialistes : Marius Moutet, ministre de l'Outre-mer, et Andr&#233; Philip, ministre de l'&#201;conomie et des Finances. &#192; ces objections, il convient d'ajouter les amendements &#224; la proposition de loi unique qui ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s par Paul Valentino. Contrairement &#224; ses coll&#232;gues qu'il qualifie de &#171; &lt;i&gt;jacobins&lt;/i&gt; &#187;, le d&#233;put&#233; &#171; &lt;i&gt;girondin&lt;/i&gt; &#187; de la Guadeloupe plaide contre &#171; &lt;i&gt;une assimilation administrative&lt;/i&gt; &#187; des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; &#224; la R&#233;publique et en faveur d'un renforcement des comp&#233;tences de leurs conseils g&#233;n&#233;raux. R&#233;dig&#233; par Aim&#233; C&#233;saire, le rapport d&#233;finitif est adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; le 8 mars 1946 par la commission des Territoires d'outre-mer afin de justifier une proposition de loi unique comprenant trois articles dont l'article 3, tr&#232;s important, est ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s la promulgation de la pr&#233;sente loi, toutes les lois et tous les d&#233;crets applicables dans la m&#233;tropole seront automatiquement appliqu&#233;s dans ces nouveaux d&#233;partements, sauf dispositions contraires ins&#233;r&#233;es dans leur texte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article 3, le principe de l'assimilation de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union aux d&#233;partements m&#233;tropolitains est clairement consacr&#233; avec le principe corr&#233;latif de l'identit&#233; normative. Cet article consid&#232;re en effet que les d&#233;rogations &#224; la loi nationale ne peuvent &#234;tre que des exceptions. La proposition de loi unique pr&#233;sent&#233;e par Aim&#233; C&#233;saire &#224; la premi&#232;re Assembl&#233;e nationale constituante doit donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une vraie proposition de loi de d&#233;colonisation des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; : il en est ainsi dans la mesure o&#249; cette proposition de loi est en eurythmie avec les dol&#233;ances de la majorit&#233; des parlementaires ultramarins &#233;lus le 21 octobre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais par la suite, la situation va &#233;voluer dans un sens pr&#233;judiciable aux int&#233;r&#234;ts des &#171; quatre vieilles &#187;. La proposition de loi unique a en effet &#233;t&#233; contest&#233;e par le Gouvernement lors des d&#233;bats &#224; l'Assembl&#233;e nationale constituante, r&#233;unie en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re les 12 et 14 mars 1946, avant de devenir la fameuse loi du 19 mars 1946. Elle a subi des modifications qui nous emp&#234;chent de consid&#233;rer la loi du 19 mars 1946 comme une v&#233;ritable loi d'assimilation des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; &#224; la Nation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; ce sujet, on peut et on doit s'interroger : de quelle assimilation s'agit-il exactement avec le vote de ce texte l&#233;gislatif ? Par souci de clarification, il importe d'&#233;tablir le d&#233;part entre l'assimilation organisationnelle qui est spontan&#233;ment accord&#233;e aux Guadeloup&#233;ens, aux Guyanais, aux Martiniquais et aux R&#233;unionnais avec le statut d&#233;partemental, envisag&#233; stricto sensu &#224; la date du 19 mars 1946 (A), et leur assimilation juridique, pourtant rationnelle, qui leur est refus&#233;e en mati&#232;re l&#233;gislative (B).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	A) Le principe d'assimilation des &#171; quatre vieilles &#187; admis, d'embl&#233;e, au plan organisationnel et administratif &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;nonc&#233; dans l'article 1er de la proposition de loi du 8 mars 1946, le classement des &#171; quatre vieilles &#187; en d&#233;partements n'a soulev&#233; aucune objection de la part du Gouvernement et du Parlement. Cette attitude consensuelle des autorit&#233;s centrales n'est cependant pas surprenante. Comme le souligne Aim&#233; C&#233;saire &#224; l'Assembl&#233;e nationale constituante, lors de la s&#233;ance du 12 mars 1946, ces colonies sont d&#233;j&#224; des &#171; &lt;i&gt;territoires &#224; peu pr&#232;s assimil&#233;s &#224; la m&#233;tropole du point de vue administratif et politique&lt;/i&gt; &#187;. Depuis longtemps, elles sont consid&#233;r&#233;es comme des &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de fait&lt;/i&gt; &#187;, au moins au plan structurel. Par suite, leurs repr&#233;sentants &#233;lus ont tout simplement souhait&#233; &#224; l'Assembl&#233; nationale constituante que ces quatre &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de fait&lt;/i&gt; &#187; deviennent aussit&#244;t des &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de droit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi du 19 mars 1946 a consacr&#233; une nouvelle architecture pour les &#171; quatre vieilles &#187; en vertu de son article 1er, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les colonies de la Guadeloupe, de la Martinique, de la R&#233;union et la Guyane fran&#231;aise sont &#233;rig&#233;es en d&#233;partements fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;. Cependant, seul l'article 1er qui consacre leur assimilation au plan administratif &#8211; un acte sans conteste fondateur de la d&#233;partementalisation &#8211; demeure en vigueur. Les deux autres articles de la loi sont devenus caducs : l'article 2 qui avait un caract&#232;re transitoire d&#232;s le 1er avril 1948, et l'article 3 d&#232;s le 24 d&#233;cembre 1946 qui est la date d'application de la Constitution de la IVe R&#233;publique. &#192; ce sujet, notre coll&#232;gue Olivier Dup&#233;r&#233; donne son sentiment : &#171; &lt;i&gt;C&#233;l&#233;brer l'anniversaire de l'adoption de la loi du 19 mars 1946 implique de comm&#233;morer le seul principe pos&#233; par son article 1er&lt;/i&gt; &#187;. Autant dire que l'apport de cette loi est plut&#244;t modeste : son seul m&#233;rite a &#233;t&#233; de convertir en &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de droit&lt;/i&gt; &#187; des &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements de fait&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;	B) Le principe d'assimilation des &#171; quatre vieilles &#187; cat&#233;goriquement refus&#233; au plan l&#233;gislatif et r&#233;glementaire &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que penser alors des articles 2 et 3 qui compl&#232;tent la loi du 19 mars 1946, une loi que nous qualifions d&#233;sormais de pusillanime ? Si, dans son article 1er, l'alignement de l'organisation administrative des &#171; quatre vieilles &#187; sur celle des d&#233;partements de la France hexagonale ne pose absolument aucun probl&#232;me, il en va autrement pour le r&#233;gime l&#233;gislatif et r&#232;glementaire des quatre nouveaux d&#233;partements p&#233;riph&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 2 de la loi du 19 mars 1946 est ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; &lt;i&gt; Les lois et d&#233;crets actuellement en vigueur dans la France m&#233;tropolitaine et qui ne sont pas encore appliqu&#233;s &#224; ces colonies feront, avant le 1er janvier 1947, l'objet de d&#233;crets d'application &#224; ces nouveaux d&#233;partements &lt;/i&gt; &#187;. Cet article 2 &#233;carte d&#233;j&#224; le principe d'une application &#171; &lt;i&gt;de plein droit&lt;/i&gt; &#187; des lois et d&#233;crets en vigueur dans les d&#233;partements m&#233;tropolitains : s'il pr&#233;voit l'extension de la l&#233;gislation et de la r&#233;glementation existantes dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles &lt;/i&gt; &#187;, c'est au cas par cas. Autant dire qu'il proroge le principe traditionnel de sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative en subordonnant la l&#233;gislation et la r&#232;glementation ultramarines &#224; des d&#233;crets d'application, des d&#233;crets qui tarderont souvent &#224; venir. Comme le souhaitait le ministre de l'Outre-mer, Marius Moutet, l'article 2 de la loi con&#231;oit en effet une comp&#233;tence provisoire du Gouvernement qui est seul habilit&#233; &#224; agir par voie de d&#233;crets en mati&#232;re d'assimilation normative et ce, jusqu'&#224; une date butoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette date butoir avait &#233;t&#233; fix&#233;e par la commission des Territoires d'outre-mer &#224; trois mois pour les lois sociales, &#224; compter de l'entr&#233;e en vigueur de la loi de d&#233;partementalisation. Mais ce d&#233;lai initial ayant &#233;t&#233; jug&#233; trop court par Marius Moutet, la date limite pr&#233;vue &#224; l'article 2 de la loi a &#233;t&#233; report&#233;e au 1er janvier 1947. Encore faut-il noter que ce d&#233;lai initial, issu de l'article 2 de la loi du 19 mars 1946, n'a pas &#233;t&#233; respect&#233;. Saisi par le Gouvernement, le Parlement l'a prolong&#233; &#224; trois reprises. D'abord, la loi de finances du 23 d&#233;cembre 1946 proroge de six mois le d&#233;lai d'application fix&#233; par cet article 2 et porte sa date butoir au 1er juillet 1947. Puis, une loi du 26 juillet 1947 repousse cette date limite au 31 d&#233;cembre 1947. Enfin, la loi de finances du 6 janvier 1948 fixe l'expiration du d&#233;lai au 31 mars 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'article 3 de la proposition de loi qui est l'article principal, il a lui aussi &#233;t&#233; profond&#233;ment remani&#233; afin de restreindre les effets de la d&#233;partementalisation dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;, toujours pour des raisons comptables et financi&#232;res. Dans la loi du 19 mars 1946, l'article 3 est ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s la promulgation de la pr&#233;sente loi, les lois nouvelles applicables &#224; la m&#233;tropole le seront dans ces d&#233;partements, sur mention expresse ins&#233;r&#233;e aux textes&lt;/i&gt; &#187;. Dans cet article 3, tout est question de vocabulaire, m&#234;me si ce vocabulaire ne porte que sur un seul mot. Signifiant &#171; &lt;i&gt;&#224; l'exception de&lt;/i&gt; &#187;, la pr&#233;position &#171; &lt;i&gt;sauf&lt;/i&gt; &#187; qui figurait dans la proposition de loi unique adopt&#233;e par la commission des Territoires d'outre-mer a en effet &#233;t&#233; remplac&#233;e, dans la loi du 19 mars 1946, par la pr&#233;position &#171; &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; &#187;, &#224; la demande insistante de l'influent ministre socialiste de l'Outre-mer. Avec cette permutation d'une pr&#233;position par une autre qui a &#233;t&#233; personnellement impos&#233;e par Marius Moutet, on n'est nullement en pr&#233;sence d'une bagatelle, d'une simple broutille, peccadille ou v&#233;tille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre les deux r&#233;dactions est tout simplement abyssale, d&#232;s lors que la volont&#233; &#233;galitariste exig&#233;e par le rapporteur Aim&#233; C&#233;saire et la plupart des d&#233;put&#233;s ultramarins n'est pas prise en compte. Ainsi con&#231;u, l'article 3 de la loi du 19 mars 1946 signifie que les lois nouvelles adopt&#233;es pour prendre effet en M&#233;tropole n'ont nullement vocation &#224; &#234;tre appliqu&#233;es aussit&#244;t, imm&#233;diatement, sans d&#233;lai, sur-le-champ ou &#171; &lt;i&gt;de plein droit &lt;/i&gt; &#187; dans les d&#233;partements ultramarins. Ces lois ne peuvent y &#234;tre appliqu&#233;es qu'au cas par cas, apr&#232;s un examen approfondi et toujours &#171; &lt;i&gt;sur mention expresse ins&#233;r&#233;e aux textes&lt;/i&gt; &#187;. Compte tenu de la r&#233;daction de l'article 3, il est flagrant qu'&#224; la date du 19 mars 1946, le droit commun demeure l'exception au plan l&#233;gislatif dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; et le droit d&#233;rogatoire le principe ! D&#232;s lors, comment ne pas relever avec notre coll&#232;gue Fran&#231;ois Miclo que cette disposition &#8211; sugg&#233;r&#233;e par la commission de l'Int&#233;rieur et soutenue par l'ubiquiste ministre de l'Outre-mer &#8211; est pour le moins d&#233;concertante, &#171; &lt;i&gt;d&#232;s lors qu'elle maintient en vigueur le principe de sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative, contrairement au souhait des auteurs de la proposition de loi &lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'article 3 de la loi du 19 mars 1946 confirme l'article 1er qui conf&#232;re le titre de d&#233;partement &#224; la Guadeloupe, &#224; la Guyane, &#224; la Martinique et &#224; La R&#233;union. Mais par sa r&#233;daction qui appara&#238;t dans un sens tr&#232;s restrictif in fine, cet article 3 n'en fait en aucune fa&#231;on des &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements &#224; part enti&#232;re&lt;/i&gt; &#187; mais &#171; &lt;i&gt;des d&#233;partements enti&#232;rement &#224; part&lt;/i&gt; &#187;, ou plus pr&#233;cis&#233;ment encore, selon l'expression plus juste d'Aim&#233; C&#233;saire, &#171; &lt;i&gt;des d&#233;partements d'exception&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s lors qu'elle ne consacre pas le principe de l'identit&#233; pour la l&#233;gislation future, la r&#233;forme mise en &#339;uvre dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; par la loi du 19 mars 1946 demeure encore inachev&#233;e ou h&#233;mipl&#233;gique &#8211; pour ne pas dire purement platonique &#8211; &#224; la date pourtant jug&#233;e charni&#232;re et symbolique du 19 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adopt&#233;e n&#233;anmoins &#224; une &#233;trange unanimit&#233;, la m&#233;tamorphose juridique de l'article 3 de la proposition de loi unique fait suite &#224; une intervention du repr&#233;sentant du ministre des Finances qui n'h&#233;sitait pas &#224; d&#233;clarer, le 8 mars 1946, que cet article est &#171; &lt;i&gt;dangereux&lt;/i&gt; &#187; et devrait &#234;tre &#171; &lt;i&gt;supprim&#233;&lt;/i&gt; &#187; ! Pour le minist&#232;re des Finances, attach&#233; au principe de l'&#233;quilibre budg&#233;taire, les mesures pr&#233;vues dans l'article 3 de la proposition de loi &#233;taient de nature &#224; entra&#238;ner &#171; &lt;i&gt;un surcro&#238;t de d&#233;penses pour le budget m&#233;tropolitain&lt;/i&gt; &#187;. L'objection avanc&#233;e est qu'une telle r&#233;forme pourrait &#234;tre un gouffre financier pour la France de l'apr&#232;s-guerre, alors engag&#233;e dans une voie jug&#233;e prioritaire qui est celle de la reconstruction du pays. &#192; la commission des Territoires d'outre-mer, Aim&#233; C&#233;saire avait r&#233;torqu&#233;, d&#232;s le 8 mars 1946 que l'argument comptable avanc&#233; par le minist&#232;re des Finances &#233;tait &#171; &lt;i&gt;un argument colonialiste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les quatre d&#233;partements ultramarins sont effectivement assimil&#233;s aux d&#233;partements de la France m&#233;tropolitaine, au plan organisationnel et administratif &#224; la date du 19 mars 1946, force est d'admettre qu'ils conservent encore &#224; cette date, au plan l&#233;gislatif, un statut de type colonial qui, par d&#233;finition, est discriminatoire. Dans sa th&#232;se doctorale, Fran&#231;ois Miclo se demande m&#234;me si les parlementaires ultramarins n'ont pas &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;dup&#233;s, d&#232;s lors qu'ils acceptent un texte pratiquement inverse de celui qu'ils proposaient pour l'article 3&lt;/i&gt; &#187;. Notre coll&#232;gue donne &#224; ce sujet une explication plausible : &#171; &lt;i&gt; Le Ministre de la France d'Outre-mer fit valoir que ce r&#233;gime l&#233;gislatif serait transitoire en attendant une &#233;tude plus approfondie du r&#233;gime le mieux adapt&#233;. Il semble que cet argument ait emport&#233; l'adh&#233;sion, &#224; contrec&#339;ur, des d&#233;put&#233;s des vieilles colonies soucieux de voir la loi adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Rousse s'est lui aussi interrog&#233; sur l'attitude contradictoire des &#233;lus ultramarins : &#171; &lt;i&gt;On peut raisonnablement se poser la question de savoir pourquoi les initiateurs de la loi du 19 mars 1946 ne se sont pas battus pour protester contre la mutilation d'un texte qui r&#233;pondait aux aspirations des populations de leur pays &lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;ponse, l'historien de La R&#233;union avance son propre &#233;clairage : &#171; &lt;i&gt; Il est permis de penser qu'ils ont estim&#233; que le changement de statut des vieilles colonies pr&#233;vu &#224; l'article 1er de la loi constituait &#224; lui seul un pr&#233;cieux acquis obtenu &#224; un moment o&#249; l'Assembl&#233;e avait &#224; r&#233;gler d'innombrables probl&#232;mes et qu'en cons&#233;quence, il n'y avait pas lieu de prendre le risque de provoquer un ajournement &#224; une date ind&#233;termin&#233;e de l'examen de leur proposition de loi &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse est cr&#233;dible. Certes, en vertu de l'article 4 de la Loi constitutionnelle du 2 novembre 1945 portant sur l'organisation provisoire des pouvoirs publics, l'Assembl&#233;e nationale constituante dispose du pouvoir l&#233;gislatif et a comp&#233;tence pour voter des lois ordinaires. Cependant, elle est essentiellement charg&#233;e d'&#233;laborer une nouvelle Constitution. Or, cet objectif devait &#234;tre atteint &#171; &lt;i&gt;au plus tard, sept mois apr&#232;s la premi&#232;re r&#233;union de l'Assembl&#233;e&lt;/i&gt; &#187; (article 6). Dans ce contexte qui est manifestement celui de l'urgence, les d&#233;put&#233;s ultramarins pouvaient donc craindre que la loi de d&#233;partementalisation ne puisse &#234;tre adopt&#233;e avant que les membres de l'Assembl&#233;e nationale constituante ne se s&#233;parent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi du 19 mars 1946 n'est absolument pas une loi d'assimilation car elle ne consacre pas le principe cardinal d'identit&#233; pour la l&#233;gislation future qui est pourtant la cons&#233;quence d'une r&#233;elle d&#233;partementalisation. Dans son article 3, la loi maintient un principe situ&#233; aux antipodes de la d&#233;colonisation : celui de la sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative qui est en fait l'h&#233;ritage d'une tr&#232;s longue p&#233;riode coloniale discriminatoire, remontant &#224; l'Ancien R&#233;gime. Ainsi, le triomphe affich&#233; par les thurif&#233;raires inconditionnels de la loi du 19 mars 1946 doit &#234;tre temp&#233;r&#233; sur un point qui n'est nullement anodin. En r&#233;sum&#233;, cette loi est une loi amphibologique, une loi ambigu&#235; ou &#233;quivoque qui, d'un c&#244;t&#233;, &#233;rige chacune des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; au rang de d&#233;partement mais qui, de l'autre, maintient en vigueur un r&#233;gime de type colonial, d&#232;s lors que les lois futures n'y sont pas applicables &#171; &lt;i&gt;de plein droit&lt;/i&gt; &#187;. Comme les trois d&#233;partements fran&#231;ais d'Am&#233;rique, le premier d&#233;partement fran&#231;ais du bassin sud-ouest de l'oc&#233;an Indien est, &#224; la date cibl&#233;e du 19 mars 1946, un &#171; &lt;i&gt;d&#233;partement sans effet concret&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II. La seconde &#233;tape est celle d'une authentique d&#233;colonisation de La R&#233;union par la voie constitutionnelle &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par le r&#233;f&#233;rendum du 5 mai 1946, le peuple fran&#231;ais a rejet&#233; la proposition de loi constitutionnelle &#233;labor&#233;e le 19 avril 1946 par la premi&#232;re Assembl&#233;e nationale constituante, une proposition qui &#8211; un mois apr&#232;s le vote de la loi du 19 mars 1946 &#8211; s'&#233;tait prononc&#233;e, de mani&#232;re inattendue, dans son article 66, en faveur du principe d'identit&#233; l&#233;gislative dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;, &#224; l'initiative de la commission de la Constitution. Le r&#233;f&#233;rendum n&#233;gatif a conduit, le 2 juin 1946, &#224; l'&#233;lection d'une seconde Assembl&#233;e nationale constituante dont la mission vise toujours &#224; &#233;laborer une Constitution qui sera adopt&#233;e le 27 octobre 1946. C'est dire, avec notre coll&#232;gue Fran&#231;ois Miclo, que l'assimilation en droit des &#171; quatre vieilles &#187; incombe &#171; &lt;i&gt;autant, sinon plus&lt;/i&gt; &#187;, &#224; la Constitution du 27 octobre 1946 qu'&#224; la loi du 19 mars 1946 dans la mesure o&#249; les d&#233;put&#233;s ultramarins qui n'ont pu obtenir une &#171; totale satisfaction au plan l&#233;gislatif &#187; vont, quelques mois plus tard, &#171; &lt;i&gt;l'emporter au niveau constitutionnel&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fendue par les d&#233;put&#233;s des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;, la tendance assimilationniste s'est en effet impos&#233;e, d&#232;s lors que l'article 3 de la loi du 19 mars 1946 a &#233;t&#233; de facto abrog&#233; par l'article 73 de la Constitution de la IVe R&#233;publique ratifi&#233;e par le peuple fran&#231;ais, lors du r&#233;f&#233;rendum du 13 octobre 1946. C'est bien ce salutaire article 73 qui a enfin introduit le principe d'identit&#233; l&#233;gislative dans les d&#233;partements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La R&#233;union en les qualifiant, au passage, de &#171; &lt;i&gt;d&#233;partements d'outre-mer&lt;/i&gt; &#187; (DOM) par opposition &#224; la cat&#233;gorie des &#171; &lt;i&gt;territoires d'outre-mer&lt;/i&gt; &#187; (TOM), des collectivit&#233;s territoriales dot&#233;es de statuts particuliers, r&#233;gies par son article 74 et soumises au principe contraire de la sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative, les lois nationales n'y &#233;tant applicables que sur mention expresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de satisfaire les dol&#233;ances assimilationnistes des d&#233;put&#233;s ultramarins, le principe g&#233;n&#233;ral d'identit&#233; est en effet expos&#233; dans l'article 73 de la Constitution du 27 octobre 1946 en des termes &#224; la fois concis, explicites et imp&#233;ratifs. Les voici : &#171; &lt;i&gt;Le r&#233;gime l&#233;gislatif des d&#233;partements d'outre-mer est le m&#234;me que celui des d&#233;partements m&#233;tropolitains, sauf exceptions d&#233;termin&#233;es par la loi&lt;/i&gt; &#187;. En vertu de cette disposition, il est d&#233;sormais clairement acquis que le droit commun tant convoit&#233; au plan l&#233;gislatif devient enfin le principe dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; et le droit d&#233;rogatoire l'exception ! Le Parlement peut toujours exclure un ou plusieurs DOM du champ d'application d'une loi nationale pour une raison particuli&#232;re. Il en a le droit. Mais dans ce cas de figure, il doit l'indiquer et le justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien avec la Constitution de la IVe R&#233;publique qu'est r&#233;alis&#233;e, en droit, la d&#233;colonisation des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;. Cependant, le principe d'identit&#233; l&#233;gislative qui s'applique dans les d&#233;partements m&#233;tropolitains ne pourra l'&#234;tre dans les quatre d&#233;partements p&#233;riph&#233;riques qu'&#224; la date du 24 d&#233;cembre 1946, conform&#233;ment &#224; l'article 98 de la Constitution du 27 octobre 1946 qui fait co&#239;ncider son entr&#233;e en vigueur avec le jour de la premi&#232;re r&#233;union du Conseil de la R&#233;publique. Dans un avis du 29 avril 1947, le Conseil d'&#201;tat confirme que c'est bien l'application de l'article 73 de la Constitution du 27 octobre 1946 qui a entra&#238;n&#233; l'abrogation tacite de l'article 3 de la loi du 19 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir not&#233; &#171; &lt;i&gt;qu'il r&#233;sulte des termes de cet article 73 que les Constituants ont entendu assimiler les d&#233;partements d'outre-mer aux d&#233;partements m&#233;tropolitains &lt;/i&gt; &#187;, la juridiction du Palais-Royal d&#233;clare &#171; &lt;i&gt;que contrairement aux prescriptions de l'article 3 de la loi du 19 mars 1946 qui cesse de recevoir application depuis la date d'entr&#233;e en vigueur de la Constitution, les dispositions l&#233;gislatives adopt&#233;es par le Parlement depuis cette derni&#232;re date sont applicables de plein droit aux d&#233;partements d'outre-mer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil d'&#201;tat a encore tenu &#224; apporter une pr&#233;cision confirmative qui est la suivante : &#171; &lt;i&gt;Les lois vot&#233;es entre la promulgation de la loi du 19 mars 1946 et l'entr&#233;e en vigueur de la Constitution ne sont applicables aux d&#233;partements pr&#233;cit&#233;s que si une mention expresse a &#233;t&#233; ins&#233;r&#233;e dans chaque loi &lt;/i&gt; &#187;. C'est dire que pendant la p&#233;riode qui est comprise entre le 21 mars 1946 (date d'application de la loi du 19 mars 1946) et le 24 d&#233;cembre 1946 (date d'entr&#233;e en vigueur de la Constitution du 27 octobre 1946), &#171; &lt;i&gt;les lois nouvelles applicables &#224; la m&#233;tropole le seront dans ces d&#233;partements, sur mention expresse ins&#233;r&#233;e aux textes&lt;/i&gt; &#187;, en vertu des termes employ&#233;s par l'article 3 de la loi du 19 mars 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pendant encore neuf mois, c'est le maintien en vigueur dans les &#171; quatre vieilles &#187; du principe de la sp&#233;cialit&#233; l&#233;gislative remontant &#224; l'Ancien R&#233;gime et jug&#233; discriminatoire. C'est aussi admettre, de fa&#231;on implicite avec le Conseil d'&#201;tat, que la loi de d&#233;partementalisation du 19 mars 1946 demeure une &#171; loi coloniale &#187; ! D&#232;s lors, c'est bien au jour historique du 24 d&#233;cembre 1946 et non &#224; celui du 21 mars 1946 que l'on doit consid&#233;rer comme achev&#233;e, en droit, la d&#233;colonisation des &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187;. Quant &#224; leur d&#233;colonisation r&#233;elle, elle n'interviendra qu'un demi-si&#232;cle plus tard, sous la Ve R&#233;publique, &#224; la suite d'&#226;pres combats engag&#233;s par les d&#233;put&#233;s ultramarins et qui aboutiront &#224; l'application du principe cardinal de l'&#171; &#233;galit&#233; sociale individuelle &#187; au 1er janvier 1996. Cependant, d'importants efforts restent encore &#224; accomplir pour &#233;tablir une compl&#232;te &#233;galit&#233; entre Domiens et M&#233;tropolitains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;flexions terminales &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me titre que le jour radieux du 20 d&#233;cembre 1848 qui succ&#232;de &#224; la longue et sinistre nuit de l'esclavage, la date fondatrice de la d&#233;partementalisation de La R&#233;union, au plan juridique, ne devrait pas &#234;tre oubli&#233;e car c'est la seconde date essentielle dans son histoire. Faut-il ici pr&#233;ciser que, dans tous les pays qui ont &#233;t&#233; asservis, le jour anniversaire de leur &#233;mancipation ou d&#233;colonisation qui r&#233;sulte de leur accession &#224; la pleine ind&#233;pendance est reconnu et &#233;rig&#233; au rang de f&#234;te nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par mim&#233;tisme, certains &#233;lus ont propos&#233; de reconna&#238;tre la date du 19 mars 1946 et de la d&#233;clarer jour f&#233;ri&#233; et ch&#244;m&#233; pour les Domiens, au m&#234;me titre que celle du 20 d&#233;cembre 1848 qui est c&#233;l&#233;br&#233;e &#224; La R&#233;union comme &#171; jour f&#233;ri&#233; et ch&#244;m&#233; &#187; depuis le 20 d&#233;cembre 1983. En ce sens, on peut citer la proposition de loi du s&#233;nateur Paul Verg&#232;s, enregistr&#233;e le 12 f&#233;vrier 2016. Mais selon notre th&#232;se, c'est la date du 24 d&#233;cembre 1946 qui devrait &#233;ventuellement &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e comme &#171; &lt;i&gt;jour ch&#244;m&#233; et f&#233;ri&#233;&lt;/i&gt; &#187; car c'est la date &#224; laquelle le principe d'identit&#233; l&#233;gislative a vocation &#224; produire des effets de droit dans les &#171; &lt;i&gt;quatre vieilles&lt;/i&gt; &#187; d&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de la Constitution de la IVe R&#233;publique et de son article 73, un article au besoin confort&#233; &#8211; &#224; la suite de la r&#233;vision constitutionnelle du 28 mars 2003 &#8211; par l'article 73 de la norme supr&#234;me de la Ve R&#233;publique, ainsi r&#233;dig&#233; dans son alin&#233;a 1er : &#171; &lt;i&gt;Dans les d&#233;partements et les r&#233;gions d'outre-mer, les lois et r&#232;glements sont applicables de plein droit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; ORAISON, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre et Conseiller juridique du Mouvement R&#233;unionnais pour la Paix (MRPaix)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Conf&#233;rence du professeur Andr&#233; Oraison, le 26 octobre </title>
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		<dc:date>2022-10-18T05:14:00Z</dc:date>
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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_97682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/png/oraison.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/IMG/png/oraison.png' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Haro sur le m&#233;phistoph&#233;lique amendement Virapoull&#233; (Une r&#233;forme constitutionnelle n&#233;cessaire et prioritaire pour La R&#233;union : la suppression de l'alin&#233;a 5 de l'article 73 de la Constitution)</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/haro-sur-le-mephistophelique-amendement-virapoulle-une-reforme-constitutionnelle-necessaire-et-prioritaire-pour-la-reunion-la-suppression-de-l-alinea-5-de-l-article-73-de-la-constitution,105400</link>
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		<dc:date>2022-10-04T20:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Membre et conseiller juridique du Mouvement R&#233;unionnais pour la Paix (MRPaix)&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/andre-oraison-96e34.jpg?1780754913' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois territoires ultramarins r&#233;gis par l'article 73 de la Constitution de la Ve R&#233;publique sont d&#233;sormais dot&#233;s d'une collectivit&#233; territoriale unique (CTU), au lieu et place d'une r&#233;gion monod&#233;partementale : la Guyane, la Martinique et Mayotte. Deux autres territoires &#233;galement soumis &#224; l'article 73 &#8211; la Guadeloupe et La R&#233;union &#8211; auraient peut-&#234;tre int&#233;r&#234;t &#224; s'engager dans cette voie en application de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 qui fixe le nouveau statut des d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer (DROM)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. ORAISON, &#171; Quelques r&#233;flexions g&#233;n&#233;rales sur l'article 73 de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est le point de vue exprim&#233; le 4 octobre 2012 par Paul Verg&#232;s &#224; l'occasion des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie territoriale, organis&#233;s au S&#233;nat. Apr&#232;s avoir constat&#233; que La R&#233;union est une r&#233;gion monod&#233;partementale depuis l'entr&#233;e en vigueur de la loi de r&#233;gionalisation du 31 d&#233;cembre 1982 avec tous les effets n&#233;gatifs que ce statut comporte, le s&#233;nateur communiste avait d&#233;clar&#233; que, dans l'int&#233;r&#234;t bien compris de La R&#233;union, &#171; il nous faut donc faire comme en Martinique et en Guyane, qui ont opt&#233; pour une collectivit&#233; territoriale unique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ANONYME, &#171; Contribution de Paul VERG&#200;S aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, avant la concr&#233;tisation &#224; La R&#233;union d'une r&#233;forme statutaire qui ne semble pas encore m&#251;re dans l'opinion publique r&#233;unionnaise, une r&#233;vision plus cibl&#233;e de la Constitution s'impose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I.&lt;/strong&gt; Pour que les responsables &#233;lus de La R&#233;union aient les m&#234;mes comp&#233;tences et responsabilit&#233;s que leurs homologues antillais, guyanais et mahorais, il faut en effet que soit mis fin, au pr&#233;alable, &#224; l'incompr&#233;hensible amendement constitutionnel d&#233;pos&#233; par Jean-Paul Virapoull&#233;, &#224; l'&#233;poque s&#233;nateur-maire UMP de Saint-Andr&#233;, et qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; adopt&#233; par le Parlement, vise en fait &#224; limiter de mani&#232;re exorbitante, dans un alin&#233;a 5 de l'article 73, l'ampleur de la d&#233;centralisation &#224; La R&#233;union, alors m&#234;me que cette r&#233;organisation administrative a &#233;t&#233; souhait&#233;e et obtenue dans les autres DROM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pos&#233; le principe selon lequel &#171; les lois et r&#232;glements sont applicables de plein droit &#187; dans les DROM, l'alin&#233;a 1er de l'article 73 de la Constitution pr&#233;cise que ces lois et r&#232;glements &#171; peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caract&#233;ristiques et contraintes particuli&#232;res de ces collectivit&#233;s &#187;. Cet alin&#233;a n'est pas original car il &#233;tait d&#233;j&#224;, pour l'essentiel, contenu dans le texte initial de la norme supr&#234;me du 4 octobre 1958. D'embl&#233;e, il est apparu logique au Constituant que le droit commun m&#233;tropolitain puisse faire l'objet de mesures d'adaptation outre-mer pour tenir compte des situations sp&#233;cifiques locales. C'est dire que l'alin&#233;a 1er a vocation &#224; s'appliquer, &#224; l'origine, dans tous les DROM, y compris celui de La R&#233;union. Il en est de m&#234;me de l'alin&#233;a 2 de l'article 73, bien que celui-ci soit plus novateur comme on peut le constater : &#171; Ces adaptations peuvent &#234;tre d&#233;cid&#233;es par ces collectivit&#233;s dans les mati&#232;res o&#249; s'exercent leurs comp&#233;tences et si elles y ont &#233;t&#233; habilit&#233;es, selon le cas, par la loi ou par le r&#232;glement &#187;. Par contre, l'alin&#233;a 3 de l'article 73 de la Constitution a, pos&#233; un tr&#232;s grave probl&#232;me de conscience au s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233;. En voici la teneur : &#171; Par d&#233;rogation au premier alin&#233;a et pour tenir compte de leurs sp&#233;cificit&#233;s, les collectivit&#233;s r&#233;gies par le pr&#233;sent article peuvent &#234;tre habilit&#233;es, selon le cas, par la loi ou par le r&#232;glement, &#224; fixer elles-m&#234;mes les r&#232;gles applicables sur leur territoire, dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Constituant reconna&#238;t ainsi aux DROM la possibilit&#233; d'adopter des r&#232;gles l&#233;gislatives et r&#232;glementaires &#224; la suite d'une habilitation &#233;manant, selon le cas, du Parlement ou du Gouvernement, mais uniquement &#171; dans un nombre limit&#233; de mati&#232;res pouvant relever du domaine de la loi ou du r&#232;glement &#187;. Afin d'&#233;viter tout risque de d&#233;rive institutionnelle, des &#171; verrous constitutionnels &#187; ont &#233;t&#233; pr&#233;vus par l'article 73 de la Constitution, non seulement dans le troisi&#232;me alin&#233;a que nous venons de citer, mais plus encore dans le quatri&#232;me, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Ces r&#232;gles ne peuvent porter sur la nationalit&#233;, les droits civiques, les garanties des libert&#233;s publiques, l'&#233;tat et la capacit&#233; des personnes, l'organisation de la justice, le droit p&#233;nal, la proc&#233;dure p&#233;nale, la politique &#233;trang&#232;re, la d&#233;fense, la s&#233;curit&#233; et l'ordre publics, la monnaie, le cr&#233;dit et les changes, ainsi que le droit &#233;lectoral &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II.&lt;/strong&gt; Bien que nombreux et importants, ces &#171; verrous constitutionnels &#187; n'ont pas paru suffisants ou convaincants &#224; Jean-Paul Virapoull&#233;. Aussi, le s&#233;nateur saint-andr&#233;en a-t-il jug&#233; bon de d&#233;poser un amendement constitutionnel que l'on peut qualifier d'amendement &#171; int&#233;griste &#187;, d&#232;s lors qu'il vise &#224; compl&#233;ter l'article 73 de la Constitution par l'adjonction d'un alin&#233;a additionnel &#8211; l'affligeant alin&#233;a 5 &#8211; avec pour objectif de refuser un pouvoir normatif local et donc la possibilit&#233; de voter des &#171; lois pays &#187; sur le territoire de La R&#233;union, car de telles lois risquent de comporter &#8211; selon Jean-Paul Virapoull&#233; &#8211; une &#171; menace d'autonomie l&#233;gislative &#187;, une menace elle-m&#234;me assimil&#233;e par le s&#233;nateur &#171; &#224; l'antichambre de l'aventure et de l'ind&#233;pendance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D. CHASSAGNE, &#171; D&#233;bat sur la d&#233;centralisation hier soir au S&#233;nat. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Adopt&#233; par le Parlement apr&#232;s de nombreuses p&#233;rip&#233;ties et malgr&#233; la d&#233;sapprobation de Brigitte Girardin, alors ministre des Outre-mer, l'irrationnel et saugrenu &#171; amendement Virapoull&#233; &#187; a conduit au pol&#233;mique cinqui&#232;me alin&#233;a de l'article 73 de la norme supr&#234;me, ainsi formul&#233; en des termes autant lapidaires que p&#233;remptoires : &#171; La disposition pr&#233;vue aux deux pr&#233;c&#233;dents alin&#233;as n'est pas applicable au d&#233;partement et &#224; la r&#233;gion de La R&#233;union &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III.&lt;/strong&gt; En v&#233;rit&#233;, le cinqui&#232;me alin&#233;a de l'article 73 est consid&#233;r&#233;, &#224; juste titre, comme une &#171; h&#233;r&#233;sie constitutionnelle &#187;. C'est notamment l'opinion d'Huguette Bello qui a &#233;t&#233; l'une des premi&#232;res &#233;lues &#224; d&#233;noncer l'amendement Virapoull&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale et ce, d&#232;s le 20 novembre 2002 : &#171; &#192; La R&#233;union, des repr&#233;sentants politiques se sont mis &#224; jouer sur les peurs et les fantasmes et &#224; faire revivre la crainte du largage. Ils rejettent toute id&#233;e d'&#233;volution. Pire, ils ne veulent pas des possibilit&#233;s d'adaptation &#187;. Au nom du PCR, la formation au sein de laquelle elle milite encore en 2002, Huguette Bello devait pr&#233;ciser son exasp&#233;ration en des termes particuli&#232;rement bien frapp&#233;s. Les voici : &#171; C'est la coh&#233;rence m&#234;me de la r&#233;forme qui est mise &#224; mal. C'est l'Histoire qu'on insulte. C'est l'avenir qu'on fige. Et lorsque les difficult&#233;s appara&#238;tront pour adapter des dispositions l&#233;gislatives aux r&#233;alit&#233;s locales, il n'y aura pas d'autre alternative qu'une &#233;volution statutaire. Est-ce le but recherch&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ANONYME, &#171; Examen du projet de loi constitutionnelle sur l'organisation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Synonyme d'immobilisme par ses nombreux contempteurs, la pr&#233;tendue garantie impos&#233;e dans la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 par le s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233; et qui s'applique uniquement &#224; La R&#233;union est, en r&#233;alit&#233;, pr&#233;judiciable aux int&#233;r&#234;ts bien compris de sa population. Il en est ainsi, d&#232;s lors qu'elle emp&#234;che ses repr&#233;sentants &#233;lus de disposer d'un pouvoir l&#233;gislatif et r&#232;glementaire par habilitation, selon le cas, du Parlement ou du Gouvernement dans une s&#233;rie de mati&#232;res, certes, limit&#233;es en nombre et non r&#233;galiennes de l'&#201;tat, mais n&#233;anmoins hautement strat&#233;giques comme l'acc&#232;s au foncier, la fiscalit&#233; locale, le d&#233;veloppement des diverses sources d'&#233;nergie renouvelables, la pr&#233;servation de l'environnement terrestre et marin, la sauvegarde du patrimoine culturel local, le transport public int&#233;rieur de passagers et de marchandises ou encore la formation professionnelle et l'emploi. Faut-il ici pr&#233;ciser, pour enfoncer le clou, que le pouvoir normatif local, ainsi consacr&#233; par l'alin&#233;a 3 de l'article 73 de la Constitution, a d&#233;j&#224; donn&#233; des r&#233;sultats encourageants en Guadeloupe et &#224; la Martinique et ce dans plusieurs des domaines ci-dessus &#233;nonc&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que l'amendement Virapoull&#233; n'aurait jamais d&#251; &#234;tre vot&#233; par le Parlement car il vise &#224; p&#233;trifier ad vitam &#230;ternam, contre la logique, la rationalit&#233; et le bon sens, le statut d&#233;partemental dans la seule r&#233;gion monod&#233;partementale fran&#231;aise des Mascareignes. C'est dire &#233;galement qu'une r&#233;vision cibl&#233;e de la Constitution de la Ve R&#233;publique s'impose par un recours au Parlement convoqu&#233; en Congr&#232;s &#224; Versailles &#8211; sur la base de son article 89, alin&#233;a 3 &#8211; afin de le supprimer, d&#232;s lors qu'il traduit, selon la formule tout &#224; fait appropri&#233;e de Brigitte Girardin, un &#171; manque de confiance manifeste &#187; &#224; l'&#233;gard de la communaut&#233; r&#233;unionnaise dans son ensemble et de ses repr&#233;sentants &#233;lus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consulter l'interview de Mme Brigitte GIRARDIN, ministre des Outre-mer, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV.&lt;/strong&gt; En v&#233;rit&#233;, le temps n'est-il pas aujourd'hui venu d'affranchir les initiatives des &#233;lus de La R&#233;union des contraintes engendr&#233;es par une politique centralisatrice, une politique jug&#233;e en tout cas outranci&#232;re dans l'ancienne &#238;le Bourbon par les forces politiques de la gauche locale ? Pourquoi en effet vouloir toujours agiter la peur visc&#233;rale de l'aventure, la hantise du largage ou, a fortiori, le &#171; spectre de l'ind&#233;pendance &#187;, s'interroge pour sa part le professeur r&#233;unionnais Ferdinand M&#233;lin-Soucramanien, alors m&#234;me que ses compatriotes, &#171; dans leur tr&#232;s grande majorit&#233;, ne ressentent plus cette crainte irrationnelle et ont pleinement conscience de porter en eux la France et le Monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amendement Virapoull&#233; est fondamentalement humiliant dans la mesure o&#249; son initiateur r&#233;unionnais &#8211; en refusant de reconna&#238;tre un pouvoir normatif local &#224; son propre pays &#8211; place en quelque sorte La R&#233;union sous le r&#233;gime de la curatelle, un r&#233;gime l&#233;gal d'assistance qui vise &#224; prot&#233;ger dans les ordres juridiques internes ceux qu'on appelle les minus habens. D&#232;s lors, l'abolition de l'amendement Virapoull&#233; est bien la seule et urgente solution qui s'impose si l'on veut que les R&#233;unionnais ne soient plus trait&#233;s comme des Fran&#231;ais de second rang ou des &#171; majeurs incapables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;vision constitutionnelle que nous appelons ici de tous nos v&#339;ux appara&#238;t m&#234;me comme un pr&#233;alable &#224; la cr&#233;ation d'une collectivit&#233; territoriale unique destin&#233;e &#224; se substituer au d&#233;partement et &#224; la r&#233;gion de La R&#233;union. Elle est en outre n&#233;cessaire si l'on veut que les repr&#233;sentants r&#233;unionnais disposent des m&#234;mes comp&#233;tences et responsabilit&#233;s que leurs homologues guadeloup&#233;ens, guyanais, mahorais et martiniquais. Elle est enfin imp&#233;rative si l'on veut que les &#233;lus de La R&#233;union soient dot&#233;s d'une capacit&#233; d'initiative effective sur leur &#238;le et puissent enfin exercer un pouvoir l&#233;gislatif et r&#232;glementaire par habilitation, selon le cas, du pouvoir parlementaire ou de l'autorit&#233; gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V.&lt;/strong&gt; Une derni&#232;re question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e. L'amendement du s&#233;nateur Jean-Paul Virapoull&#233; qui appara&#238;t actuellement ind&#233;boulonnable pourra-t-il un jour &#234;tre jet&#233; dans la grande poubelle de l'histoire ? Ardemment souhait&#233;e par la gauche r&#233;unionnaise progressiste et ce, d&#232;s le vote de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003, une telle solution semble aujourd'hui r&#233;alisable &#224; la suite du succ&#232;s remport&#233; le 19 juin 2022, lors du second tour des &#233;lections l&#233;gislatives, par les candidats qui s'&#233;taient rang&#233;s sous la banni&#232;re de la Nouvelle union populaire &#233;cologique et sociale (NUPES), cr&#233;&#233;e &#224; l'initiative de Jean-Luc M&#233;lenchon (LFI)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. FONTAINE, &#171; La gauche place ses six d&#233;put&#233;s, Nathalie Bassire sauve son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nul doute que cette nouvelle g&#233;n&#233;ration de d&#233;put&#233;s de gauche, au nombre de six sur les sept si&#232;ges qui &#233;taient &#224; pourvoir, parlerons d'une m&#234;me voix pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts fondamentaux de La R&#233;union et obtenir &#8211; entre autres &#8211; la suppression de cette &#171; horreur constitutionnelle &#187; que repr&#233;sente, selon notre coll&#232;gue en col&#232;re, l'&#233;minente professeure Anne-Marie Le Pourhiet, l'inconvenant cinqui&#232;me alin&#233;a de l'article 73 de la Constitution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A.-M. LE POURHIET, &#171; &#192; propos du nouvel article 73 de la Constitution &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou, plus pr&#233;cis&#233;ment encore, le d&#233;raisonnable et m&#233;phistoph&#233;lique amendement Virapoull&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. ORAISON, &#171; Quelques r&#233;flexions g&#233;n&#233;rales sur l'article 73 de la Constitution de la Ve R&#233;publique, corrig&#233; et compl&#233;t&#233; par la loi constitutionnelle du 28 mars 2003. Les possibilit&#233;s offertes aux d&#233;partements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique) en mati&#232;re d'habilitation l&#233;gislative et l'exception insolite du d&#233;partement de La R&#233;union &#187;, RFDA, juillet-ao&#251;t 2003, n&#176; 4, p. 684-693.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ANONYME, &#171; Contribution de Paul VERG&#200;S aux &#201;tats g&#233;n&#233;raux de la D&#233;mocratie territoriale &#187;, T&#233;moignages, vendredi 5 octobre 2012, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D. CHASSAGNE, &#171; D&#233;bat sur la d&#233;centralisation hier soir au S&#233;nat. L'amendement Virapoull&#233; adopt&#233; &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, jeudi 7 novembre 2002, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ANONYME, &#171; Examen du projet de loi constitutionnelle sur l'organisation d&#233;centralis&#233;e de la R&#233;publique &#187;, T&#233;moignages, jeudi 21 novembre 2002, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Consulter l'interview de Mme Brigitte GIRARDIN, ministre des Outre-mer, in Le Quotidien de La R&#233;union, mercredi, 16 octobre 2002, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F. M&#201;LIN-SOUCRAMANIEN, &#171; La R&#233;union ne veut plus &#234;tre trait&#233;e en &#171; incapable majeure &#187; par la Constitution &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, mercredi 23 octobre 2019, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S. FONTAINE, &#171; La gauche place ses six d&#233;put&#233;s, Nathalie Bassire sauve son si&#232;ge &#187;, Le Quotidien de la R&#233;union, lundi 20 juin 2022, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A.-M. LE POURHIET, &#171; &#192; propos du nouvel article 73 de la Constitution &#187;, RFDA, septembre-octobre 2003, n&#176; 5, p. 890.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de la r&#233;surrection de l'&#201;tat souverain de Madagascar le 26 juin 1960 : la preuve par neuf apport&#233;e par le G&#233;n&#233;ral de Gaulle</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/a-propos-de-la-resurrection-de-l-etat-souverain-de-madagascar-le-26-juin-1960-la-preuve-par-neuf-apportee-par-le-general-de-gaulle,105193</link>
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		<dc:date>2022-09-14T21:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Madagascar</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tribune libre d'Andr&#233; Oraison, Professeur des Universit&#233;s, Juriste et Politologue, Membre et Conseiller juridique du Mouvement R&#233;unionnais pour la Paix (MRPaix)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/madagascar-madagasikara" rel="tag"&gt;Madagascar&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/rova-antanarivo-048_2017-03-24-6a2bf.jpg?1780754914' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Visible de tr&#232;s loin, le Palais de la Reine domine majestueusement la vall&#233;e de l'Ikopa et surplombe de mani&#232;re vertigineuse la ville d'Antananarivo. Cet &#233;difice imposant a &#233;t&#233; autrefois le puissant symbole d'un &#201;tat souverain au regard du droit international public positif avant que celui-ci ne devienne une colonie fran&#231;aise en application d'une loi vot&#233;e de mani&#232;re exp&#233;ditive par le Parlement fran&#231;ais, le 6 ao&#251;t 1896.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_62991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/rova-antanarivo-048_2017-03-24.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/rova-antanarivo-048_2017-03-24-7a027.jpg?1780754914' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'embl&#233;e savoir qu'&#224; la souverainet&#233; originelle que la France pr&#233;tend avoir &#233;tabli sur les &#238;les &#201;parses du canal de Mozambique par la voie de la d&#233;couverte g&#233;ographique et de l'occupation effective &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, le repr&#233;sentant de Madagascar aux Nations Unies a oppos&#233; la souverainet&#233; traditionnelle de Madagascar sur chacun des &#238;lots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 novembre 1979, Blaise Rabetafika a ainsi fait observer qu'avant la colonisation fran&#231;aise &#233;tablie en 1892 sur l'archipel des Glorieuses et en 1896 sur les trois &#238;lots Juan de Nova, Europa et Bassas da India, les &#238;les &#201;parses n'&#233;taient en aucun cas des res nullius ou territoires sans ma&#238;tre susceptibles d'appropriation par le premier occupant, comme le soutient la France. Pour le porte-parole du Gouvernement malgache au sein de l'Organisation mondiale, les &#238;les &#201;parses sont au contraire des prolongements insulaires naturels du territoire &#233;tatique malgache et plus pr&#233;cis&#233;ment &#8211; avant l'annexion de la Grande Ile par la France en 1896 &#8211; des d&#233;pendances du Royaume souverain de Madagascar en application d'un principe &#233;l&#233;mentaire bien connu dans la plupart des ordres juridiques internes selon lequel l'accessoire suit toujours la condition du principal (accessorium sequitur principale) : Voici au demeurant son cr&#233;do :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avant la colonisation, il existait d&#233;j&#224; un &#201;tat malgache ind&#233;pendant dont la souverainet&#233; avait &#233;t&#233; reconnue internationalement par l'Allemagne, l'Angleterre, les &#201;tats-Unis, la France et l'Italie. Juridiquement et naturellement, ces &#238;les &#233;taient des d&#233;pendances de l'&#201;tat souverain de Madagascar et leur prise de possession (par la France) &#233;tait d&#233;pourvue de base l&#233;gale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait historique que l'on doit consid&#233;rer comme incontestable : avant le vote de la loi d'annexion par le Parlement fran&#231;ais &#224; la date cibl&#233;e du 6 ao&#251;t 1896, la Grande Ile de Madagascar a servi de support &#224; un &#201;tat malgache ind&#233;pendant, un &#201;tat &#224; la fois structur&#233;, unificateur et centralisateur. Ses fondateurs ont &#233;t&#233; les rois Andrianampoinimerina et Radama Ier qui r&#233;gn&#232;rent respectivement de 1787 &#224; 1810 et de 1810 &#224; 1828.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les &#201;tats-Unis et d'autres grandes puissances europ&#233;ennes susmentionn&#233;es, la France a ainsi &#233;t&#233; conduite &#224; reconna&#238;tre officiellement, d&#232;s le XIXe si&#232;cle, la souverainet&#233; du Royaume de Madagascar en concluant avec lui plusieurs engagements internationaux. Ainsi, une convention franco-malgache, sign&#233;e le 12 septembre 1862 &#8211; dans laquelle la France reconna&#238;t Radama II comme Roi de Madagascar &#8211; institue une &#171; paix constante et amiti&#233; perp&#233;tuelle &#187; entre les deux pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. DESCHAMPS, Histoire de Madagascar, Paris, &#201;ditions Berger-Levrault, 1961, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par la suite, il est vrai, la France a &#233;limin&#233; l'&#201;tat malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration destructrice s'est effectu&#233;e en deux temps. D'abord, un trait&#233; de semi-protectorat a &#233;t&#233; impos&#233; &#224; la Reine Ranavalona III, le 17 d&#233;cembre 1885, &#224; Tamatave. En ce sens, l'article 2 de cet accord dispose tr&#232;s clairement : &#171; Un r&#233;sident, repr&#233;sentant le Gouvernement de la R&#233;publique, pr&#233;sidera aux relations ext&#233;rieures de Madagascar, sans s'immiscer dans l'administration int&#233;rieure des &#201;tats de Sa Majest&#233; la Reine &#187;. Ensuite, dans un second trait&#233; sign&#233; le 1er octobre 1895 avec la m&#234;me souveraine &#8211; apr&#232;s la prise de Tananarive par l'arm&#233;e fran&#231;aise &#8211; est institu&#233; un v&#233;ritable mais &#233;ph&#233;m&#232;re protectorat en vertu de son article 1er, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Le Gouvernement de Sa Majest&#233; la Reine de Madagascar reconna&#238;t et accepte le protectorat de la France avec toutes ses cons&#233;quences &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. BOITEAU, Contribution &#224; l'histoire de la nation malgache, Paris, &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au besoin, pour lever toute esp&#232;ce d'ambigu&#239;t&#233;, l'article 3 du trait&#233; franco-malgache apporte la pr&#233;cision suivante : &#171; Le Gouvernement de la R&#233;publique fran&#231;aise repr&#233;sentera Madagascar dans toutes ses relations ext&#233;rieures &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, la loi d'annexion vot&#233;e par le Parlement fran&#231;ais le 6 ao&#251;t 1896 a-t-elle mis brutalement fin &#224; l'existence du Royaume souverain de Madagascar. Mais il faut bien reconna&#238;tre qu'en d&#233;clarant express&#233;ment &#171; colonie fran&#231;aise l'&#238;le de Madagascar avec les &#238;les qui en d&#233;pendent &#187; sur le fondement de la contigu&#239;t&#233; g&#233;ographique, ce texte l&#233;gislatif fran&#231;ais, pour le moins lapidaire et p&#233;remptoire, confirmait purement et simplement l'unit&#233; organique de Madagascar et des &#238;les &#201;parses conform&#233;ment aux principes g&#233;n&#233;raux de la succession d'&#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gouvernement d'Antananarivo fait encore valoir que la revendication officielle et constante, au plan juridique, de l'archipel des Glorieuses et des &#238;lots Juan de Nova, Europa et Bassas da India par les responsables malgaches depuis 1972 est d'autant plus l&#233;gitime que la France a viol&#233; de mani&#232;re manifeste deux principes fondamentaux et compl&#233;mentaires du droit international de la d&#233;colonisation : le principe du droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes et celui de l'intangibilit&#233; des fronti&#232;res h&#233;rit&#233;es de la colonisation. La France a m&#233;connu ces principes d'essence coutumi&#232;re en d&#233;tachant autoritairement et dans le secret, par le d&#233;cret du 1er avril 1960, les &#238;les &#201;parses de la R&#233;publique autonome de Madagascar, &#224; la veille de sa r&#233;surrection en tant qu'&#201;tat ind&#233;pendant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour des &#233;tudes approfondies en droit international public et concernant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, comme preuve par neuf de l'existence d'un &#201;tat malgache pleinement souverain avant son annexion par la France par la loi sc&#233;l&#233;rate du 6 ao&#251;t 1896, on peut se r&#233;f&#233;rer &#224; une citation certes anecdotique mais &#244; combien c&#233;l&#232;bre. Lors de sa premi&#232;re visite officielle &#224; Tananarive, en sa qualit&#233; de dernier Pr&#233;sident du conseil de la IVe R&#233;publique, le G&#233;n&#233;ral De Gaulle pronon&#231;a le vendredi 22 ao&#251;t 1958 une phrase &#224; la fois historique et proph&#233;tique devant une foule immense et enthousiaste assembl&#233;e au stade municipal de Mahamasina, consid&#233;r&#233; par les historiens et les politologues de la Grande Ile comme &#171; l'ancien Champs de Mars de la monarchie M&#233;rina &#187; et un &#171; haut lieu de la m&#233;moire collective malgache &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. SPACENSKY, Madagascar, Cinquante ans de vie politique (de Ralaimongo &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En d&#233;signant de mani&#232;re ostensible la colline o&#249; est situ&#233; le Palais de la Reine qui surplombe la vall&#233;e de l'Ikopa, le G&#233;n&#233;ral de Gaulle d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Demain, vous serez de nouveau un &#201;tat comme vous l'&#233;tiez lorsque ce Palais &#233;tait habit&#233; &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Oraison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H. DESCHAMPS, Histoire de Madagascar, Paris, &#201;ditions Berger-Levrault, 1961, p. 174 et R. DELVAL, Radama II. Prince de la Renaissance malgache (1861-1863), Paris, &#201;ditions de l'&#201;cole, 1972, p. 385-392.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;P. BOITEAU, Contribution &#224; l'histoire de la nation malgache, Paris, &#201;ditions Sociales, 1958, p. 406-409 et p. 415-417.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour des &#233;tudes approfondies en droit international public et concernant directement le diff&#233;rend franco-malgache sur les &#238;les &#201;parses du canal de Mozambique, voir notamment A. ORAISON, &#171; Radioscopie critique de la querelle franco-malgache sur les &#238;les &#201;parses du canal de Mozambique (La succession d'&#201;tats sur l'archipel des Glorieuses et sur les &#238;lots Juan de Nova, Europa et Bassas da India) &#187;, Revue Juridique de l'Oc&#233;an Indien (RJOI), 2010, n&#176; 11, p. 147-233 ; A. ORAISON, &#171; Radioscopie critique du d&#233;cret fran&#231;ais du 1er avril 1960 (&#192; propos du diff&#233;rend franco-malgache sur les &#238;les Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India) &#187;, La Revue Juridique de Madagascar Conseil International (Revue MCI), 2015/2016, n&#176; 72-73 (Dossier Sp&#233;cial &#206;les &#201;parses), p. 47-57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A. SPACENSKY, Madagascar, Cinquante ans de vie politique (de Ralaimongo &#224; Tsiranana), Paris, Nouvelles &#201;ditions latines, 1970, p. 281 ; A. SAURA, Philibert Tsiranana (1910-1978). Premier pr&#233;sident de la R&#233;publique de Madagascar, tome I (&#192; l'ombre de De Gaulle), Paris, &#201;ditions L'Harmattan, 2006, p. 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plaidoyer pour la cr&#233;ation d'une &#171; zone d&#233;nucl&#233;aris&#233;e &#187; dans l'oc&#233;an Indien</title>
		<link>https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/plaidoyer-pour-la-creation-d-une-zone-denuclearisee-dans-l-ocean-indien,104268</link>
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		<dc:date>2022-05-24T05:27:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Oraison, Julie Pontalba</dc:creator>


		<dc:subject>A la Une de l'actu</dc:subject>
		<dc:subject>Chagos</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une &#233;tape pragmatique et pr&#233;alable en vue de la cr&#233;ation d'une &#171; zone de paix &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Mouvement R&#233;unionnais pour la Paix (MRPaix) souhaite sinc&#232;rement l'application de toutes les dispositions de la r&#233;solution 2832 (XXVI), adopt&#233;e le 16 d&#233;cembre 1971 par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies et contenant la &#171; D&#233;claration faisant de l'oc&#233;an Indien une zone de paix &#187;, une d&#233;claration qui vise notamment &#224; &#233;liminer de l'oc&#233;an Indien &#171; toutes les bases et installations militaires &#187; et &#171; toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.temoignages.re/politique/sciences-politiques/" rel="directory"&gt;Sciences politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.temoignages.re/a-la-une-de-l-actu" rel="tag"&gt;A la Une de l'actu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.temoignages.re/chagos" rel="tag"&gt;Chagos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L150xH100/arton104268-ec772.jpg?1780754914' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une &#233;tape pragmatique et pr&#233;alable en vue de la cr&#233;ation d'une &#171; zone de paix &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_63476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.temoignages.re/IMG/jpg/bombardiers_diego_garcia-2-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.temoignages.re/local/cache-vignettes/L500xH333/bombardiers_diego_garcia-2-3-91353.jpg?1780754914' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Des armes nucl&#233;aires peuvent circuler &#224; Diego-Garcia, base militaire &#224; l'origine de la d&#233;portation des Chagossiens.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement R&#233;unionnais pour la Paix (MRPaix) souhaite sinc&#232;rement l'application de toutes les dispositions de la r&#233;solution 2832 (XXVI), adopt&#233;e le 16 d&#233;cembre 1971 par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies et contenant la &#171; D&#233;claration faisant de l'oc&#233;an Indien une zone de paix &#187;, une d&#233;claration qui vise notamment &#224; &#233;liminer de l'oc&#233;an Indien &#171; toutes les bases et installations militaires &#187; et &#171; toute manifestation de la pr&#233;sence militaire des grandes puissances dans l'oc&#233;an Indien &#187;. N&#233;anmoins, un constat amer s'impose : bien qu'ayant &#233;t&#233; approuv&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par les &#201;tats participants, l'historique r&#233;solution 2832 est rest&#233;e lettre morte, comme 39 autres r&#233;solutions qui ont le m&#234;me objet et qui ont &#233;t&#233; vot&#233;es par l'organe pl&#233;nier de l'ONU entre 1972 et 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un demi-si&#232;cle exactement apr&#232;s l'adoption de la r&#233;solution 2832, les sp&#233;cialistes de la g&#233;opolitique ne peuvent que dresser un proc&#232;s-verbal d'&#233;chec du projet onusien visant &#224; &#233;riger l'oc&#233;an Indien en &#171; zone de paix &#187;. En 2022, cette r&#233;gion se pr&#233;sente comme une vaste zone de transit maritime. Mais c'est aussi une &#171; zone conflictuelle &#187; et, plus encore, une &#171; zone de convoitises &#187; pour de multiples raisons : &#233;conomiques, politiques, religieuses ou territoriales. Il en est notamment r&#233;sult&#233; depuis 1971 un renforcement des bases, installations militaires et services de soutien logistique des grandes puissances maritimes et nucl&#233;aires qui, en cas de conflits arm&#233;s, sont autant de menaces graves et directes pour les &#201;tats riverains de l'oc&#233;an Indien et leurs populations qui y vivent pacifiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut toutefois expliquer le fiasco onusien dans la mise en &#339;uvre de la r&#233;solution 2832. Vot&#233;es par l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale en vue de l'application de la &#171; D&#233;claration faisant de l'oc&#233;an Indien une zone de paix &#187;, les 39 r&#233;solutions pr&#233;cit&#233;es ne sont pas, au plan juridique, des d&#233;cisions mais de simples recommandations. C'est dire qu'elles sont d&#233;pourvues de force contraignante : leur objectif consiste seulement &#224; proposer aux &#201;tats membres de l'ONU un comportement donn&#233;. Par suite, ces &#201;tats ne commettent aucune illic&#233;it&#233; et n'engagent pas leur responsabilit&#233; en ne les respectant pas. D&#232;s lors, &#233;riger l'oc&#233;an Indien au rang d'une &#171; zone de paix &#187; &#8211; au sens o&#249; l'entend la r&#233;solution 2832, adopt&#233;e le 16 d&#233;cembre 1971 &#8211; implique que l'on tienne compte de ces r&#233;alit&#233;s incontournables ainsi que des exp&#233;riences positives qui ont &#233;t&#233; acquises dans d'autres r&#233;gions du globe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Les progr&#232;s historiques en mati&#232;re de d&#233;sarmement nucl&#233;aire sont menac&#233;s &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour avancer et pour obtenir des r&#233;sultats tangibles et d&#233;cisifs, le MRPaix propose ni plus ni moins de recourir &#224; un nouveau logiciel, plus cibl&#233;. Celui-ci repose sur le postulat selon lequel la principale menace qui p&#232;se aujourd'hui sur l'humanit&#233; est, sans contredit, la prolif&#233;ration des armes nucl&#233;aires. De surcro&#238;t, ce logiciel est justifi&#233; par l'observation franchement pessimiste d'Ant&#243;nio Guterres, l'actuel Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies, lorsqu'il d&#233;clare le 9 ao&#251;t 2020 &#8211; lors du 75e anniversaire du bombardement atomique de Nagasaki &#8211; que &#171; les progr&#232;s historiques en mati&#232;re de d&#233;sarmement nucl&#233;aire sont menac&#233;s, car le r&#233;seau d'instruments et d'accords visant &#224; r&#233;duire le danger des armes nucl&#233;aires et &#224; les &#233;liminer s'effondre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que cette tendance alarmante soit invers&#233;e et afin d'endiguer la menace nucl&#233;aire, il convient &#224; l'occasion de rappeler que le &#171; d&#233;sarmement g&#233;n&#233;ral et complet &#187; &#8211; un des objectifs majeurs de l'ONU &#8211; peut &#234;tre obtenu par la cr&#233;ation de &#171; zones de paix &#187; et plus pr&#233;cis&#233;ment encore par la cr&#233;ation de &#171; zones d&#233;nucl&#233;aris&#233;es &#187; dans les diverses parties du monde. Dans ce domaine, nous savons aussi que des progr&#232;s significatifs ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s par la voie conventionnelle, au cours de la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle et notamment dans l'H&#233;misph&#232;re Sud dont rel&#232;ve l'oc&#233;an Indien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Zones d&#233;nucl&#233;aris&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'Antarctique est d&#233;militaris&#233; en vertu du trait&#233; de Washington, un trait&#233; sign&#233; le 1er d&#233;cembre 1959 par le &#171; club des Douze &#187;. Sa neutralisation est clairement indiqu&#233;e dans son article 1er, ainsi r&#233;dig&#233; : &#171; Seules les activit&#233;s pacifiques sont autoris&#233;es dans l'Antarctique. Sont interdites, entre autres, toutes mesures de caract&#232;re militaire telles que l'&#233;tablissement de bases, la construction de fortifications, les man&#339;uvres ainsi que les essais d'armes de toutes sortes &#187;. Le Continent blanc est ainsi devenu, d&#232;s le 23 juin 1961, la premi&#232;re &#171; zone de paix &#187; effective et exhaustive de l'H&#233;misph&#232;re Sud, d&#232;s lors qu'il est soumis &#224; un double r&#233;gime permanent de d&#233;militarisation et de d&#233;nucl&#233;arisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique latine est la deuxi&#232;me &#171; zone de paix &#187; de l'H&#233;misph&#232;re Sud. Mais contrairement &#224; l'Antarctique qui fait l'objet d'un d&#233;sarmement int&#233;gral, la &#171; zone de paix &#187; cr&#233;&#233;e dans le sous-continent am&#233;ricain n'est que partielle : elle s'analyse seulement en une &#171; zone d&#233;nucl&#233;aris&#233;e &#187;. Dans le trait&#233; sign&#233; le 14 f&#233;vrier 1967 &#224; Tlatelolco, les &#201;tats Parties s'engagent &#224; ne pas tol&#233;rer la pr&#233;sence d'armes nucl&#233;aires sur leurs territoires respectifs et acceptent d'&#234;tre soumis au contr&#244;le de l'Organisme pour la prohibition des armes nucl&#233;aires en Am&#233;rique latine (OPANAL). Ce trait&#233; est compl&#233;t&#233; par deux protocoles additionnels concernant les territoires relevant de quatre puissances ext&#233;rieures &#224; l'Am&#233;rique latine &#8211; &#201;tats-Unis, France, Pays-Bas et Royaume-Uni &#8211; et les garanties accord&#233;es par les cinq puissances nucl&#233;aires officielles et membres permanents du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies qui s'engagent solennellement &#224; ne jamais utiliser les armes nucl&#233;aires dans la zone concern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un espace allant de l'&#201;quateur jusqu'aux limites de la zone couverte par le trait&#233; de Washington sur l'Antarctique, le Pacifique Sud est lui aussi devenu une &#171; zone d&#233;nucl&#233;aris&#233;e &#187;. Sign&#233; le 6 ao&#251;t 1985 par une douzaine d'&#201;tats, dont l'Australie et la Nouvelle-Z&#233;lande, le trait&#233; de Rarotonga qui l'institue est lui aussi compl&#233;t&#233; par trois protocoles adopt&#233;s le 8 ao&#251;t 1986. Ces protocoles concernent les territoires du Pacifique Sud relevant de trois puissances ext&#233;rieures &#224; cette r&#233;gion &#8211; &#201;tats-Unis, France et Royaume-Uni &#8211; ainsi que les garanties accord&#233;es par les cinq puissances nucl&#233;aires officielles sous le contr&#244;le de l'Agence internationale de l'&#233;nergie atomique (AIEA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre complet, il faut enfin mentionner le trait&#233; sur la &#171; zone exempte d'armes nucl&#233;aires en Afrique &#187; ou trait&#233; de Pelindaba (une petite localit&#233; sud-africaine qui abritait jadis un centre de recherche atomique, aujourd'hui d&#233;mantel&#233;). Sign&#233; au Caire le 11 avril 1996, ce trait&#233; pr&#233;voit la cr&#233;ation d'une &#171; zone d&#233;nucl&#233;aris&#233;e &#187; sur l'ensemble du continent africain tout en reconnaissant n&#233;anmoins aux &#201;tats Parties le droit d'utiliser l'&#233;nergie nucl&#233;aire &#224; des fins exclusivement pacifiques, toujours sous le contr&#244;le de l'AIEA. Trois protocoles au trait&#233; de Pelindaba concernent par ailleurs les territoires de l'Afrique relevant de deux puissances ext&#233;rieures &#224; ce continent &#8211; l'Espagne et la France &#8211; et portent, une nouvelle fois, sur les garanties accord&#233;es par les cinq puissances nucl&#233;aires officielles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Antarctique, Am&#233;rique latine, Pacifique Sud et Afrique territoires sans armes nucl&#233;aires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s l'Antarctique en 1959, l'Am&#233;rique latine en 1967 et le Pacifique Sud en 1985, c'est l'Afrique toute enti&#232;re qui devient en 1996 le quatri&#232;me secteur de l'H&#233;misph&#232;re Sud &#224; &#234;tre exempt d'armes nucl&#233;aires. D&#232;s lors, pourquoi diantre ne pourrions-nous pas parvenir au m&#234;me r&#233;sultat dans l'espace indianoc&#233;anique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir ainsi &#233;voqu&#233; des succ&#232;s tr&#232;s importants et irr&#233;fragables dans la plupart des secteurs de l'H&#233;misph&#232;re Sud, le MRPaix a acquis la conviction que l'oc&#233;an Indien a lui aussi vocation &#224; devenir une &#171; zone d&#233;nucl&#233;aris&#233;e &#187;, en tant qu'&#233;tape pragmatique et pr&#233;alable &#224; la cr&#233;ation d'une &#171; zone de paix &#187;, au sens plus vaste et plus ambitieux qui est celui de la v&#233;n&#233;rable r&#233;solution 2832. Cet objectif cibl&#233; peut et doit &#234;tre atteint, dans les meilleurs d&#233;lais, par la voie d'un engagement international multilat&#233;ral appropri&#233;, ouvert &#224; tous les &#201;tats riverains de l'oc&#233;an Afro-asiatique et &#233;tabli sur le mod&#232;le des trait&#233;s de Pelindaba, de Rarotonga et de Tlatelolco, c'est-&#224;-dire avec l'indispensable garantie des cinq membres permanents du Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julie Pontalba et Andr&#233; Oraison, &lt;br class='autobr' /&gt;
respectivement Pr&#233;sidente et Conseiller juridique du Mouvement R&#233;unionnais pour la Paix (MRPaix)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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