France, USA et Grande-Bretagne boudent la remise du Prix Nobel de la Paix à ICAN

Lutte contre les armes nucléaires

11 décembre 2017

La France, la Grande-Bretagne et les USA ont quasiment boycotté la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix hier à Oslo en refusant d’y envoyer leurs ambassadeurs comme ils le font tous les ans. Le Prix Nobel de la Paix 2017 a été attribué à ICAN, Campagne pour l’abolition des armes nucléaires, qui milite pour le traité d’interdiction de ces armes de destruction massive. France, Grande-Bretagne et USA ont refusé de signer ce traité.

ICAN est une coalition de 468 organismes non gouvernementaux qui milite pour le traité de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté par 122 pays en juillet dernier. Cependant, le texte n’a été signé par aucune des neuf puissances nucléaires mondiales.

Hier, l’ICAN a reçu à Oslo le Prix Nobel de la Paix. C’est Setsuko Thurlow, une survivante d’Hiroshima, qui a reçu le prix au nom de l’ICAN.

Contrairement à la tradition, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France n’avaient pas envoyé leurs ambassadeurs pour assister à cette cérémonie. Ce geste a marqué les esprits, comme l’indique un extrait d’un article de RFI :

« Face à cette attitude, la directrice de l’Ican, Beatrice Fihn, a eu des mots très durs lors de la cérémonie. « Il faut choisir entre deux résultats : la fin des armes nucléaires ou notre fin à nous », a-t-elle ainsi lancé.

« Que les Etats-Unis choisissent la liberté plutôt que la peur. Que la Russie choisisse le désarmement plutôt que la destruction. Que la Grande-Bretagne préfère l’Etat de droit à l’oppression », a-t-elle poursuivi, invitant les autres puissances nucléaires à faire de même. » »

Tentative de sabotage

Les détenteurs de l’arme testée par l’armée américaine sur des êtres humains à Hiroshima et Nagasaki n’ont pas empêché une survivante de ce crime de s’exprimer.

« Ils ont essayé de bien des façons de saboter, de discréditer ce que nous avons essayé de faire », a déclaré Setsuko Thurlow, lors d’une conférence de presse à Oslo. « Je suis désolée que cela se produise. Mais peut-être cela montre-t-il qu’ils sont vraiment ennuyés par le succès que nous avons connu jusqu’à présent », a-t-elle ajouté.

Une attitude que déplore aussi Jean-Marie Collin, représentant en France de l’Ican. « Cela pose véritablement problème sur les engagements qu’ils [les Etats, ndlr] doivent avoir pour aller vers un monde sans armes nucléaires. C’est principalement des considérations politiques de la part de ces Etats. Vous aurez toujours des défis de sécurité internationale. Sauf que les Etats-Unis, la France ou les Britanniques se sont engagés à un monde sans armes nucléaires. Ils se sont engagés à travers le traité de non-prolifération nucléaire. Ces Etats ont pris des engagements au moment où ils l’ont ratifié, mais aussi ces dernières années. »

Une rescapée d’Hiroshima

Hier, lors de la remise du Prix Nobel de la Paix, Setsuko Thurlow a pris la parole pour expliquer ce que subissent les victimes d’un bombardement atomique :

« Je n’avais que 13 ans lorsque les États-Unis ont largué la première bombe atomique sur ma ville, Hiroshima. Je me souviens encore vivement de ce matin-là. À 8 h 15, j’ai vu de la fenêtre un éclair blanc bleuté aveuglant. Je me rappelle avoir eu la sensation de flotter dans l’air, relate-t-elle. J’ai repris conscience dans le silence et les ténèbres, je me suis retrouvée coincée par le bâtiment effondré. J’ai commencé à entendre les faibles cris de mes camarades de classe : « Mère, aide-moi. Dieu, aide-moi ». »

M.M. avec RFI

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