Prix Nobel de la Paix pour ICAN : pour un monde sans bombe atomique

La Campagne pour l’interdiction des armes nucléaires récompensée : USA, Grande-Bretagne et France montrent leur désaccord

12 décembre 2017

Dimanche, ICAN a reçu le Prix Nobel de la Paix. Les partisans du désarmement ne peuvent que se féliciter de la récompense attribuée à la campagne pour la fin des bombes atomiques dans le monde. Les armes nucléaires font en effet peser un grave danger sur le monde. Leur utilisation par l’armée américaine à Hiroshima et Nagasaki a prouvé qu’elles pouvaient tuer instantément des dizaines de milliers de personnes, et laisser des séquelles à vie à un nombre encore plus important de victimes d’un bombardement nucléaire.

ICAN a reçu dimanche le Prix Nobel de la Paix. Cette cérémonie a clôturé la remise des prix 2017 de l’Institut Nobel. Elle s’est déroulée à Oslo en Norvège. Le Prix Nobel de la Paix remis à ICAN a été marquée par le quasi-boycott de la cérémonie par les trois plus importantes puissances nucléaires occidentales : les USA, la France et la Grande-Bretagne.

ICAN milite pour un monde sans armes nucléaires. Plusieurs initiatives ont été prises dans ce sens. Il y eut tout d’abord le traité de non-prolifération (TNP). Il visait à empêcher que des pays se dotent de bombes atomiques, mais n’interdit pas aux pays qui disposait de cette arme de destruction massive dans leur arsenal d’en posséder. Les premiers possesseurs de la bombe atomique, c’est-à-dire les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, n’avaient pas à appliquer ce qui était demandé aux autres pays. Ce traité a eu également une interprétation à géométrie variable. Israël a pu ainsi obtenir la bombe atomique sans encourir de sanctions internationales. Plus tard, l’Inde et le Pakistan ont bénéficié du même traitement. Tel n’a pas été le cas de la Corée du Nord qui utilise pourtant la même justification que l’Occident pour accéder à cette puissance de destruction : cette arme doit dissuader un autre pays de l’attaquer. Le cas de l’Iran est particulier. Il n’a jamais déclaré vouloir posséder l’armé nucléaire, mais a subi des sanctions internationales pour avoir développé une industrie de l’atome. Pour le moment, cette crise s’est réglée sur un plan diplomatique, avec une levée progressive des sanctions économiques.

USA, France et Grande-Bretagne mécontents

Mais ICAN ne se prononce pas uniquement contre la prolifération des armes nucléaire. Cette campagne vise l’éradication des bombes qui ont rayé de la carte Hiroshima et Nagasaki. C’est là que se situe sans doute la raison du geste de défiance sans précédent des USA, de la France et de la Grande-Bretagne. En effet, ces pays dépêchent habituellement leur ambassadeur à Oslo lors de la remise du Prix Nobel. Tel n’a pas été le cas cette fois-ci, ce qui a été relevé par la directrice d’ICAN : « Il faut choisir entre deux résultats : la fin des armes nucléaires ou notre fin à nous ».

La campagne menée par ICAN vise à l’application d’un traité adopté en juillet dernier par 122 pays de l’ONU. Ce traité demande l’abolition des armes nucléaires. Les pays détenteurs de ces armes de destruction massive ne l’ont pas signé, alors qu’ils sont d’accord pour signer le traité de non-prolifération.

La Réunion est dans une région particulièrement concernée par ce phénomène à plusieurs titres. Tout d’abord, le Parti communiste réunionnais soutient la lutte menée par les Chagossiens pour retourner dans leur pays. Ils ont été déportés de l’archipel des Chagos vers Maurice et les Seychelles au moment de la construction de la base militaire de Diego-Garcia, sur un territoire que les USA louent à la Grande-Bretagne. Cet accord lie deux puissances nucléaires. La base de Diego Garcia peut accueillir des avions, des bateaux et des sous-marins capables de transporter de lancer des missiles porteurs d’armes nucléaires.

L’Afrique du Sud a renoncé à ses bombes

Ensuite, un pays riverain de l’océan Indien a possédé la bombe atomique bien avant l’Inde. C’était l’Afrique du Sud lorsqu’elle était sous le régime de l’apartheid. Ce pouvoir raciste avait réussi à posséder l’arme atomique et l’avait testée au-dessus de l’océan Indien. Quand les Sud-Africains se sont libérés de l’apartheid, une des premières décisions a été de renoncer à la bombe atomique.

Cela montre qu’un pays peut détruire ses armes nucléaires. Et depuis que l’Afrique du Sud ne possède plus la bombe atomique, aucun pays ne l’a envahie. Un exemple à suivre pour tous les pays qui se sont dotés d’armes nucléaires.

M.M.

Dans la même rubrique

Lettre ouverte du Parti Communiste Réunionnais à Muriel Pénicaud, ministre du Travail
15 novembre 2018

Albert Ramassamy, un pionnier de la gauche à La Réunion ?
15 novembre 2018

« Un scrutin qui ne règle pas le problème de fond du pays. Dialogue nécessaire dans un pays coupé en deux »
5 novembre 2018

« Aux Réunionnais de définir et d’assumer leur plan de développement »
31 octobre 2018

Message du PCR au gouvernement : « Soyons des Réunionnais et Réunionnaises responsables »
29 octobre 2018

La Une

60 ans de l’AKFM : intervention du PCR
17 novembre 2018

Où sont passés les 2,9 milliards d’euros investis par la Région Réunion dans les routes et les transports ?
17 novembre 2018

Zistoir Tizan - Gran dyab : « La fèss an or » - promyé bout
17 novanm 2018

« Lo kor in moun lé pti, an touléka par raport son léspri »
17 novanm 2018

Solidarité entre les peuples
17 novembre 2018

2017 Témoignages
Contact | RSS 2.0