En souvenir d’Ary Payet

21 février 2018

Ary Payet est né le 21 février 1923 à Saint-Joseph. Deux décennies plus tard, au terme de ses études et du service militaire, il se retrouve à Saint-André où il effectuera la totalité de sa carrière dans l’Education nationale – de 1946 à 1979 – en tant qu’instituteur puis professeur de collège. Parallèlement à sa profession, Ary Payet s’implique dans la vie associative, syndicale, et politique.

Militant sportif, mais aussi de la laïcité, il œuvre durant de nombreuses années au sein de la FOL (Fédération des Œuvres Laïques). Organisation dont il est l’un des membres fondateurs. Ary Payet s’engage également dans le syndicalisme enseignant, au sein du SNI (Syndicat National des Instituteurs) où il est constamment au premier plan.

Mais c’est incontestablement son engagement politique et son combat au sein du PCR qui marqueront le plus les Réunionnais. Militant exemplaire siégeant au sein des instantes dirigeantes du Parti, Ary Payet va mener la lutte principalement dans l’Est de l’Ile, aux cotés des planteurs, des ouvriers et des plus démunis, et plus particulièrement à Saint-André où il sera candidat à diverses élections et où il lui a fallu faire preuve de courage pour faire face aux insultes de ses adversaires, à la violence, et à la répression.

Ary Payet était toujours animé par cette volonté de défendre la démocratie et les libertés, comme cet après midi de mai 1986 où avec plusieurs autres militants communistes, il était poursuivi devant la Justice pour s’être opposé aux nervis de Jean-Paul Virapoullé aux cantonales partielles d’août 1985. S’adressant alors au Président de la Cour d’Appel de Saint-Denis, Ary Payet avait déclaré : « Je ne suis coupable d’aucun crime, ni délit. Je suis un militant du Parti Communiste Réunionnais. Et si c’est à ce titre que je suis condamné, j’en serai fier ». Finalement, il avait été relaxé, ses camarades aussi.

Cette témérité dont il a fait preuve au cours de ses longues années de lutte, sa loyauté, sa fidélité inébranlable envers son Parti, lui avaient valu l’estime de la population, d’où sa brillante élection, trois ans plus tôt, en mars 1983, comme Maire de Sainte-Rose. Un mandat qui s’achèvera en mars 1989, après la trahison de son premier adjoint, le « célèbre » actuel maire de la commune, ex-giscardien, reconverti au socialisme au soir du 10 mai 1981 et macroniste heureux, depuis peu ! Ary Payet s’éteint trois mois plus tard, le 12 juin 1989. Il avait 66 ans. C’est le choc à Saint-André où la population ne s’est pas encore remise de la disparition brutale de Laurent Vergès survenue huit mois plus tôt, le 12 octobre 1988.

Presque 30 ans après sa disparition, l’image d’Ary Payet reste dans les mémoires de celles et ceux qui l’ont connu ou côtoyé. Tout comme ce dicton créole qu’il avait l’habitude de lancer à ses camarades : « Kont pa toujour dési baton gran-papa, pou travèrs la riviér ». Salut Ary.

Paul Dennemont

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