Logement social : inquiétude pour l’avenir

Bilan contrasté de la première année de la présidence Macron

26 avril 2018

Pour la Fondation Abbé Pierre, la politique menée par le gouvernement au pouvoir depuis un an est très contrastée en matière de logement. D’un côté, le « Plan logement pour tous » montre de bonnes intentions, mais la baisse de l’APL et la suppression de l’APL accession sont des attaques contre les plus pauvres. À cela s’ajoute l’inquiétude sur l’évolution du parc social, avec les importantes restrictions sur les subventions versées aux bailleurs sociaux, et la discussion d’un projet de loi qui prévoit la vente de 40.000 logements sociaux.

Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, a fait hier un bilan de la première année de la présidence Macron dans le domaine du logement, et a présenté les données du rapport pour la France. Emmanuel Macron s’était engagé à ce que personne ne soit plus obligé de vivre dans la rue. Mais les moyens sont-ils suffisants pour sortir de ce problème insupportable ? La Fondation note une hausse de 50 % du nombre de SDF entre 2001 et 2012, d’après les enquêtes menées par l’INSEE.

De plus, les décisions de justice pour résiliation de bail sont en augmentation de 50 % sur la même période. Enfin, la Fondation constate une augmentation de 140 % en 15 ans des expulsions avec le recours à la force publique. « C’est l’échec de la capacité à éviter les expulsions locatives », souligne Christophe Robert.

Il fait un bilan très mitigé de la première année du gouvernement. Ce dernier a lancé un plan quinquennal « pour le logement d’abord ». Il vise à favoriser l’accès direct au logement plutôt que les solutions d’urgence, afin que le logement soit le levier de la réinsertion. Cela se traduit par la construction de 40.000 LLS par an au lieu de 35.000, mais pas de chiffres pour les autres types de LS. Il prévoit aussi 40.000 mobilisations du parc privé pour mettre à disposition de personnes en difficulté, ainsi que la création de 10.000 places dans les maisons relais en 5 ans. Mais ce « Plan logement d’abord » doit être décliné. La Réunion n’a pas été retenue car le dossier n’était pas assez solide.
Par ailleurs, la Fondation est inquiète sur l’évolution du parc social, car un projet de loi actuellement en discussion prévoit la vente de 40.000 logements sociaux par an. Dans le même temps, le gouvernement applique une politique d’austérité à l’égard des bailleurs sociaux en réduisant les subventions de 800 millions d’euros en 2018 et 2019 et de 1,5 milliards en 2020.

« Le gouvernement a voulu faire des économies sur les APL, c’est inacceptable pour la Fondation Abbé Pierre car cela concerne des personnes en difficulté », souligne le délégué général, « or les APL ont évolué 2 fois moins vite que les loyers, trois fois moins vite que les charges ». Cette baisse de 5 euros est aggravée par un gel de l’APL.

La suppression de l’APL Accession à la propriété « est une volonté de faire des économies sur ceux qui n’ont pas grand-chose ou qui n’ont rien ». Car « l’accession sociale à la propriété permet de sortir de l’habitat indigne ».

M.M.

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