Sûr que « les cagnards du rond » n’ont pas apprécié les affirmations du gentleman de l’ovale

14 septembre 2007

Dans l’avion qui décolle de Paris, sitôt installé au-dessus des masses nuageuses qui vous privent de l’image magique des campagnes de France mais vous inondent des rayons d’un soleil qui paraît bien rapproché, vous disposez d’un peu plus de deux heures avant d’atterrir à Lisbonne. Nous sommes jeudi. Je suis dans cet avion.

Le magazine que j’ai entre les mains m’invite à de bien tranquilles réflexions, avant que ne commence ce vendredi à Horta capitale de l’île de Faial, dans l’archipel des Açores, le Séminaire sur « la situation des Pêches dans les Régions Ultra Périphériques à l’horizon 2013 ».

J’y lis : « Il fut un jour où tout roi n’était qu’un bébé sans défense, où tout chêne n’était qu’un gland, où toute vague puissante n’était qu’une paisible ondulation, où toute grande construction n’existait qu’à l’état de projet. Ce qui compte, ce n’est pas ce que vous êtes aujourd’hui, mais ce que vous deviendrez demain. » Je ne doute pas que c’est le genre de propos que Bernard Laporte a dû tenir à ses rugbymen au lendemain de la défaite de la France l’autre vendredi contre l’Argentine. Je ne doute pas non plus c’est sans doute beaucoup à lui que pensait également celui qui, dès le lundi 22 octobre - voire la veille - doit prendre place dans le fauteuil de Secrétaire d’État aux Sports. Les défaites d’aujourd’hui peuvent préparer à surmonter les difficultés de demain.

Un peu plus loin : « Soyez meilleur que vos ennemis en vous montrant aimable à leur égard, surtout s’ils ne le sont pas envers vous... ». Difficile de ne point être d’accord et de ne se pas dire que les amateurs de football, ce sport où l’instinct ne serait rien sans l’intelligence de ceux qui le pratiquent, auront beaucoup de mérite à se montrer aimables envers cet éditorialiste qui, samedi dernier, écrivait qu’il avait la veille, c’est-à-dire le jour du fameux match d’ouverture de la Coupe du Monde de Rugby, croisé « les doigts pour que la France gagne ses matchs, ce qui devrait vous (ses lecteurs) permettre de faire la différence entre les cagnards du rond et les gentlemen de l’ovale. »

Et puis cette troisième parole : « Lorsque nous faisons des cadeaux à nos enfants, nous aimons en faire de jolis paquets. Mais plus que tout, ce sont nos paroles que nous devons savoir empaqueter ». Ce qui m’a ramené à Jean-Louis Dupuis, le patron local de l’ORÉAL que j’avais rencontré lors des préparatifs de l’«  À Contre Courant  » de Maud Fontenoy. Jean-Louis m’avait alors confié que, à l’époque, pour Noël, son père, le courtier Jean-Marie Dupuis, lui demandait toujours de prendre le plus beau des cadeaux qu’il avait reçus et de le donner à une famille pauvre de Saint-Denis : « Ce geste chaque année renouvelé m’a beaucoup apporté dans la nécessité de relativiser nos malheurs à nous. J’ai appris à voir les efforts, les souffrances et les joies des autres... ».

Belle et bonne leçon, en effet...

R. Lauret


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus