APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Conséquence de la guerre monétaire lancée par Washington
23 septembre 2008, par

Après la faillite de Lehman Brothers et le rachat de Merill Lynch par Bank of America, Goldman Sachs et Morgan Stanley vont changer de statut. Leur fonctionnement sera régulé par la banque centrale américaine, la FED. En moins de quinze jours, les plus grandes banques d’affaires de Wall Street ont donc toutes perdu leur indépendance, et les survivantes sont désormais sous le contrôle de la Banque centrale des Etats-Unis, ou de Bank of America.
La crise financière poursuit le remodelage de la haute finance internationale. Les banques d’affaires de Wall Street sont désormais totalement réorganisées. Une semaine après la faillite de Lehman Brothers, Goldman Sachs et Morgan Stanley changent de statut : elles deviennent des holdings financières régulées par la Banque centrale des Etats-Unis, la FED.
Ce nouveau statut permet à ces deux banques d’acheter plus facilement des banques de détail. Mais elles auront désormais des comptes à rendre à la FED, qui est en mesure d’exiger des critères de contrôle de la gestion de leurs fonds propres.
« Cela crée le sentiment d’une plus grande sécurité et d’une supervision plus étroite. Cela rationalise vraiment le système de régulation. Voilà qui devrait être une bonne chose à la fois pour Goldman Sachs et Morgan Stanley », commente Chip MacDonald du cabinet d’avocats Jones Day.
Il est à noter que ce changement de statut permet également à ces deux banques d’affaires d’avoir le droit au soutien de fonds publics pour surmonter la crise financière. Autrement dit, le sauvetage de ces deux banques fait partie de la stratégie de Washington.
Dimanche, Henry Paulson, le secrétaire américain au Trésor, en a précisé les contours. Pour le moment, les hedge funds sont exclus de l’enveloppe de 700 milliards de dollars financée par une augmentation du déficit public des Etats-Unis. « Si la limite du plan est de 700 milliards, cela ne veut pas dire qu’on ira jusque-là, ni qu’on s’arrêtera là et qu’on ne demandera pas plus », a-t-il précisé. Et il a ajouté que ce plan de 700 milliards de dollars tient en seulement trois pages !
Il s’agit d’une vaste opération de rachat des créances douteuses des banques américaines par des fonds publics. Henry Paulson appelle les autres gouvernements à imiter ce plan. « Souvenez-vous que nous vivons dans un système mondial », a-t-il affirmé.
A deux mois de la fin du dernier mandat de George Bush, c’est donc un plan sans précédent d’apurement des créances douteuses de la finance américaine qui est en marche, financé par une augmentation de la dette publique.
Le FMI ne manquerait pas de critiquer sévèrement une telle opération si elle se déroulait dans n’importe que pays d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine. Mais dans cette affaire, le FMI est totalement court-circuité. N’est-ce pas un signe de la volonté de Washington de construire une nouvelle structure mondiale de la finance ?
Manuel Marchal
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