APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Sur une vingtaine d’années
7 mai 2008, par

On ne sait toujours pas pourquoi. Pourquoi, ici plus que partout ailleurs sur le territoire national, la hausse des prix est plus forte ? Est-ce vraiment justifié ? C’est à ces questions que l’Observatoire des prix devrait répondre. En attendant, les faits sont là, et ils ne datent pas d’aujourd’hui. Dans la dernière revue “Economie de La Réunion”, “Population et Ménages, nouvelles projections 2030”, l’Insee fait le bilan de l’évolution des prix à La Réunion sur une vingtaine d’années, en comparaison avec l’Hexagone et les autres DOM.
Dans la dernière revue “Economie de La Réunion”, “Populations et Ménages, nouvelles projections 2030”, l’Insee analyse l’évolution des prix de 1990 à 2007. Sans surprise, il constate que les prix ont progressé partout sur le territoire national, mais à La Réunion plus qu’ailleurs. « Depuis 1990, la hausse des prix a été plus forte à La Réunion que sur le territoire national et dans les autres DOM.(...) Entre 1990 et 2007, les prix observés à La Réunion ont augmenté de 43,2% (indice général), soit un rythme annuel de 2,1%. Dans le même temps, les prix relevés sur le territoire national (Métropole+DOM) n’ont cru que de 34,5% (soit une moyenne annuelle de +1,8%) ».
Comparée aux 3 autres DOM, La Réunion a connu une inflation plus remarquable sur cette période. Si la hausse des prix constatée en Martinique est a peine inférieure à celle de La Réunion, avec 42%, la Guadeloupe et la Guyane sont moins concernées par l’inflation. La Guadeloupe a connu une hausse des prix de 36,2% et la Guyane une hausse de 31,6%. Comment expliquer ces différences ? L’Insee ne le dit pas vraiment. Il constate simplement que la hausse a été « particulièrement forte » sur les 3 premières années, de 1990 à 1993, avant de se réduire jusqu’en 1999. C’est à ce moment-là que les évolutions se différencient dans chaque DOM, avec des progressions plus ou moins fortes. La Réunion se démarque alors nettement.
Pour l’année 2002, l’Insee justifie la forte progression grâce au cyclone Dina plus que par le passage à l’euro. « En 2002, La Réunion se distingue par une forte hausse qui trouve davantage son origine dans le passage du cyclone Dina que dans le passage à l’euro. Cette année-là, les prix des produits frais ont en effet augmenté de 25,6% en moyenne annuelle ».
Les loyers, le gaz et les carburants
L’Insee analyse alors la progression générale des prix. Les postes de dépense ont connu en effet des évolutions très variables. Ainsi, le prix du tabac a été multiplié par quatre de 1990 à 2007, soit une progression de 293,9%, mais ce poste de dépense, s’il pèse sur la hausse générale, n’est pas très important dans la consommation (seulement 2% de l’indice général). En revanche, deux postes pèsent fortement sur cette progression générale des prix. Tout d’abord, les loyers et les services associés au logement ont augmenté de 73,4%. Ensuite, les prix du gaz et des carburants ont progressé aussi de 72,8%. Cette étude ne prend évidemment pas en compte les récentes augmentations du prix du gaz et des carburants. Ce poste de dépense représente quand même près de 6% de l’indice général.
Les produits alimentaires représentent « 19,5% de la consommation du ménage réunionnais moyen ». La hausse sur la période 1990 et 2007 s’élève à 36,3%, avec une alternance des évolutions à la hausse ou à la baisse pour les produits frais. La hausse des prix des produits manufacturés atteint 24,9%. Ce sont les services qui ont progressé plus rapidement, avec +60,1% sur la période. Parmi ces services, les loyers et services rattachés, mais aussi les services de santé, avec 45,9%, et les transports et consommations, avec une augmentation de 49,2%.
Edith Poulbassia
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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