Di sak na pou di

Concertation sur la refondation de l’école : quelle prise en compte de la situation réunionnaise ?

Témoignages.re / 7 septembre 2012

La déclinaison académique de la concertation nationale pour la refondation a lieu ce jeudi 6 septembre 2012
Le besoin d’une réflexion moins hexagonale et plus spécifique à notre académie s’est exprimé lors des premières et nombreuses interventions sur les quatre grandes thématiques des ateliers : « La réussite scolaire pour tous, un système éducatif juste et efficace, les élèves au cœur de la refondation, et des personnels formés et reconnus ».
Jusqu’à la fin du mois de septembre, sur le plan national de nombreuses réunions, vont avoir lieu sur les évolutions possibles du système éducatif.
Outre l’éclairage et les propositions que nous pouvons formuler sur les enjeux nationaux du devenir du système éducatif, il nous semble incontournable d’engager une réflexion plus spécifique et approfondie sur les améliorations à apporter à notre système éducatif local.
Il importe selon nous que la situation particulière de La Réunion soit prise en compte et que nous ne soyons pas traités dans une logique de droit commun, car, ici plus qu’ailleurs, les indicateurs sont au rouge et notre système éducatif particulièrement anémié.

•Taux de chômage exorbitant : 30% et plus de 55% chez les jeunes de 15 à 24 ans. Moins de la moitié de la population en âge de travailler occupe effectivement un emploi (taux d’emploi des 15-64 ans 43%).
• Plus de 140.000 personnes perçoivent au moins un des minima sociaux, dont plus de 90.000 le RSA.
• Une précarisation de l’emploi inquiétante.
• Selon l’INSEE, un jeune réunionnais sur deux sort précocement du système scolaire sans aucun diplôme.
• Illettrisme dans notre académie : 28% des jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans sont illettrés, alors que ce taux est de 9% dans l’hexagone, soit trois fois moins.

• Quant aux résultats de l’évaluation des acquis des élèves de CM2, elle démontre une fois encore les difficultés particulières rencontrées par les élèves réunionnais : en français, 39% d’entre eux ont des acquis fragiles ou insuffisants, alors que ce taux est de 26% pour l’ensemble de la France ; en mathématiques, ce sont 48% des élèves qui présentent de sérieuses faiblesses, alors que le taux est de 30% pour l’ensemble national.

Ces quelques éléments dont la liste n’est pas exhaustive sont encore à ce jour ignorés,

Aussi, apporter notre contribution aux problématiques nationales, c’est bien et nous y sommes favorables, mais faire valoir plus spécifiquement les réalités de notre territoire pour y apporter les réponses adéquates, c’est mieux ! L’un ne devant pas s’opposer à l’autre, mais être d’approche complémentaire.

À défaut, le risque est grand de voir nos contributions exprimées ce jour complètement diluées dans la masse importante de toutes les contributions émises sur le plan national. Comment traduire concrètement sur notre territoire « la priorité donnée à l’école primaire » et comment lutter contre l’échec scolaire dans notre académie ? Que pourraient être les nouveaux rythmes scolaires ? Comment rendre l’école plus juste sur notre territoire ? Comment imaginer une nouvelle dynamique d’éducation prioritaire pour La Réunion ? Comment répondre à un taux d’illettrisme sans commune mesure avec les autres territoires ? L’Absentéisme ? Enseignement professionnel ? Etc.

En conséquence, la CGTR Éduc’action considère qu’il faut coupler l’initiative de concertation nationale avec l’organisation d’une concertation plus régionale qui donnerait lieu à des propositions locales, à un rapport qui serait complémentaire du rapport national bien que disjoint, car spécifique à la réalité de notre outre-mer.

Enfin, la CGTR Éduc’action rappelle qu’aucune décision ne devra être prise sans que les personnels de l’éducation n’y soient associés. Attachés à leur métier et à la réussite de leurs élèves, ce sont eux « les professionnels du terrain » qui « font tourner la machine », ce sont eux qui devront mettre en œuvre les réformes.

Aussi, la CGTR Éduc’action renouvelle-t-elle sa demande d’une journée banalisée pour accompagner et enrichir les concertations.


La CGTR Éduc’action


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