Di sak na pou di

Hymne à la forêt

Témoignages.re / 21 novembre 2011

La forêt a encore brûlé.
Depuis, un poids de fumée pèse sur mon âme meurtrie et décontenancée.
Je me ressaisis pour retrouver l’équilibre au travers de mes rêves.
Des fantômes calcinés hantent mes nuits et essaient de guider mon esprit vers des étendues infinies de jeunes pousses d’arbres verdoyants, s’étalant en effaçant les cendres dociles et nourricières, qu’une pluie fine et régulière a abondamment arrosées depuis plus d’un mois maintenant.
La nature, fidèle et savante, s’est remise en route juste après le passage de cette torride chaleur de flammes ardentes, qui ont dévoré violemment la moindre vie de verdure. Celle-ci trônait sur ces montagnes depuis des siècles, même peut-être des millénaires.
La forêt a encore brûlé.
Comme cette nature généreuse et savante, j’essaie de me mettre à l’œuvre pour penser à nouveau à ce beau et merveilleux manteau vert, qui sera là très bientôt, pour parer notre montagne : le Maïdo !
Je vis d’air, d’eau de pluie et de rosée.
Je ne connais plus le repos, de jour et de nuit, je suis à l’œuvre pour faire germer ces graines de tamarin, des milliards à pointer, bourgeons bientôt.
Nature, je suis rebelle à me refaire moi-même une santé, qui exaltera par ma beauté, ma paix, ma sérénité, tous ceux qui me verront germer, pousser, grandir. Et m’offrant généreusement à la pluie pour me féconder, au soleil pour me réchauffer, aux rosées, aux vents doux et violents pour m’endurcir, je me forge une carapace et une âme d’amour, tolérante à toutes épreuves pour partager, de la profondeur de mon silence et de ma paix, avec d’autres vies qui se joignent à moi.

 Franswa Tibère, poêt
Po êt ek zot tout ke le ker y saign’ si nout’ foré Maïdo
 


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