Quel avenir

La Réunion : 116 000 personnes en situation d’illettrisme

Selon une enquête de l’INSEE sur des données 2011

Témoignages.re / 25 octobre 2013

L’INSEE vient de présenter les résultats de l’enquête Information et vie quotidienne.
Réalisée en partenariat avec la préfecture. Cette enquête analyse notamment les difficultés des Réunionnais face à l’écrit. Force est de constater que 22,6% des 16-65 ans sont en situation dans l’illettrisme. Ce taux n’a pas bougé. Toutes ces personnes ont fréquenté pendant au moins 10 ans le système éducatif de la France. Voici le communiqué diffusé par l’INSEE à l’issue de la conférence de presse :

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En 2011 à La Réunion, 116 000 personnes sont en situation d’illettrisme, soit 22,6 % des 16 à 65 ans ayant été scolarisés en France. Face à l’écrit, les hommes sont deux fois plus en difficulté que les femmes. Les plus âgés, qui ont été scolarisés moins longtemps, sont également plus concernés que les jeunes. Les conditions de vie durant l’enfance sont déterminantes sur les compétences à l’écrit à l’âge adulte.

En 2011 à La Réunion, 22,6 % des personnes âgées de 16 à 65 ayant été scolarisées en France sont en situation d’illettrisme (7 % en France métropolitaine), soit 116 000 Réunionnais. Entre 2007 et 2011, le taux d’illettrisme n’a pas diminué. La population en situation d’illettrisme a cependant augmenté de 16 000 personnes en raison notamment de l’accroissement démographique.

Deux fois plus d’hommes en difficulté

30 % des hommes réunionnais sont en situation d’illettrisme contre 16 % des femmes. L’écart est beaucoup plus important qu’en France métropolitaine (3 points). Les hommes ont des difficultés particulièrement importantes dans la production de mots, 26 % des hommes étant en échec au test d’écriture contre 12 % des femmes. Les difficultés sont liées en partie aux habitudes de lecture durant l’enfance : 48 % des hommes ne lisaient jamais contre 30 % des femmes.

Un jeune sur sept en situation d’illettrisme

En 2011, 14 % des jeunes de 16 à 30 ans rencontrent de grandes difficultés face à l’écrit contre 33 % des personnes âgées de 50 à 59 ans et 39 % des 60 ans à 65 ans. Entre 2007 et 2011, le taux d’illettrisme ne baisse pas chez les plus jeunes, alors qu’il diminue sensiblement au-delà de 60 ans. Il passe de 52 % à 39 % suite notamment à la sortie du champ de l’étude des Réunionnais dont la durée de scolarité était la plus courte.

L’enfance : une période déterminante

L’apprentissage de la lecture et de l’écriture dépend fortement des conditions de vie durant l’enfance. Les Réunionnais issus de milieux modestes rencontrent plus de difficultés à l’écrit à l’âge adulte. Parmi les personnes dont les parents étaient en difficulté financière, 44 % sont en situation d’illettrisme en 2011.

Les habitudes de lecture durant l’enfance sont également un facteur déterminant : plus la pratique de la lecture est courante, plus les chances de maîtriser la langue française augmentent. Ainsi, 37 % des personnes qui ne lisaient jamais entre 8 et 12 ans rencontrent de grandes difficultés à l’écrit à l’âge adulte, contre 16 % des personnes qui lisaient de temps en temps.

Le rôle des parents dans l’apprentissage

La réussite de l’enfant dans l’apprentissage de la langue française dépend également des compétences des parents, notamment du diplôme du père ou de la mère. Par exemple, à l’âge adulte, 28 % des enfants dont la mère est non diplômée ont des difficultés à l’écrit contre seulement 3 % lorsque la mère a au moins un diplôme du secondaire (CAP, BEP, BAC ou supérieur).

La langue parlée durant l’enfance à la maison est aussi un facteur important quant à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en langue française. À La Réunion, 70 % des personnes de 16 à 65 ans scolarisées en France parlaient uniquement créole durant leur enfance. Parmi elles, 29 % ont de grandes difficultés à l’écrit à l’âge adulte. Les Réunionnais qui parlaient exclusivement français durant leur enfance rencontrent beaucoup moins de difficultés (3 % en situation d’illettrisme). Les Réunionnais qui parlaient le créole et le français sont également dans une situation plus favorable : seulement 8 % sont en grande difficulté.


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