Monde

Des bombes à sous-munitions stockées à Diego-Garcia

La Grande-Bretagne et les États-Unis marchent sur le droit international

Témoignages.re / 7 décembre 2010

Dans les 250.000 dépêches de la diplomatie US révélée par Wikileaks, il est indiqué que les gouvernements des États unis et de la Grande-Bretagne se sont entendus pour stocker à Diego-Garcia des bombes à sous-munitions. Le gouvernement britannique a pourtant signé un traité contre la prolifération de ce type de bombes. Voici des extraits d’un article de "l’Express" daté de jeudi dernier qui informe sur ce scandale.

« (…) Des bombes à sous-munitions (BASM), qui fonctionnent comme les mines anti-personnelles, ont été stockées sur la base militaire, selon le quotidien anglais “The Guardian”. Bien que Londres et Washington soient conscients que cette arme ne fait pas l’unanimité sur la scène mondiale, une « exemption temporaire » a été recherchée pour cet exercice. (…)
Transportées par bateaux, les bombes ont été stockées sur l’île avant de repartir par avions. « Ce serait mieux que le gouvernement américain et le gouvernement de Sa Majesté ne parviennent pas à un accord final sur cet arrangement temporaire, tant que le processus de ratification (du traité interdisant les BASM) n’est pas terminé au Parlement », fait ressortir un haut responsable du ministère britannique des Affaires étrangères, Nicholas Pickard, cité dans un mémo daté de mai 2009.
Le "Guardian" rappelle que la Grande-Bretagne a signé le traité pour la non-prolifération de ce type de bombes, qui fait davantage de victimes chez les civils, en décembre 2008. Ces BASM peuvent contenir plusieurs centaines de mini-bombes qui ont pour particularité de se disperser sur un vaste périmètre et de ne pas exploser immédiatement, ce qui fait d’elles des mines anti-personnelles. Au vu de leur spécificité, elles ont été interdites par la Convention d’Ottawa en 1997. L’Agence France Presse cite l’organisation Handicap International qui indique que depuis 1965, environ 100.000 personnes, dont 98% de civils, ont été tuées ou mutilées par ce type de bombes à travers le monde.
Selon des recherches, plus d’un quart des victimes de ces bombes sont des enfants, attirés par les formes et les couleurs de ces bombes à retardement ».


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