Pays émergents

La Corée du Sud élit la conservatrice Park Geun-hye

Élection présidentielle

Céline Tabou / 21 décembre 2012

Fille du dictateur Park Chung-hee, qui a dirigé le pays de 1961 jusqu’à son assassinat en 1979, Park Geun-hye a remporté la présidentielle qui s’est tenue dans le pays le 19 décembre. Après dépouillement de 90% des suffrages, avec 51,6% des voix contre 48% à son adversaire de centre-gauche, Moon Jae-In, du Parti démocratique uni (DUP), principale formation de l’opposition, elle devient la première présidente du pays.

À l’instar du Japon, la Corée du Sud a élu un candidat conservateur à la présidence. Signe d’un retour de la droite au pouvoir en Asie, le Japon et la Corée du Sud, qui étaient par le passé, les deux puissances économiques de la région, basées sur un modèle occidental, se voient gouverner aujourd’hui par des partis conservateurs, décidés à protéger leurs modèles.

L’expérience face de la présidence

Son élection est un symbole dans une société où les inégalités hommes-femmes restent très importantes. Députée de la ville de Daegu depuis 1998, sous l’étiquette du Grand Parti national, devenu en décembre 2011, le Saenuri (Nouvelle Frontière), elle est surnommée la « reine des élections ». Elle avait échoué, lors des élections de 2007, face à Lee Myung-bak, actuel président.

Park Geun-hye a remporté les primaires du parti conservateur en obtenant 84% des voix face à ses quatre rivaux masculins. Après avoir mené une campagne indépendante, elle a joué sur popularité dans la population et sa position de fille d’ancien président.

Ce dernier est arrivé au pouvoir par un putsch en 1961, ancien officier de l’armée impériale japonaise, Park Chung-hee a conservé son pouvoir jusqu’à son assassinat en 1979. Il instaura une dictature politique tout en développant économiquement la Corée du Sud. Après la mort de sa femme, assassinée par un Nord-Coréen en 1974, sa fille avait assumé le rôle de première dame à la Maison-Bleue, la présidence sud-coréenne, a indiqué l’Agence France Presse.

La "démocratisation économique"

Arrivée à son bureau de vote, elle a appelé à "ouvrir une nouvelle ère". "Je lui fais confiance, elle va sauver notre pays", a déclaré Park Hye-sook, une électrice de Park Geun-hye cité par “Le Monde”.

Pendant sa campagne, Park Geun-hye s’est engagée à mettre en place une "démocratisation économique", alors que les inégalités sociales et le chômage des jeunes progressent d’année en année. La croissance sud-coréenne est tombée de 3,6% en 2011 à probablement 2,5% en 2012. De plus, elle a d’ailleurs promis d’éradiquer la corruption endémique des milieux politiques, liée à l’affairisme ambiant et à une compétition exacerbée, dès l’école primaire.

Cette dernière a également indiqué qu’elle oeuvrerait contre les menaces extérieures. « Je ne tolérerai aucun acte qui puisse menacer notre peuple ou nuire à notre souveraineté », avait-elle déclaré lors de la campagne. Citant « les provocations et les menaces nucléaires » de la Corée du Nord, ainsi que les litiges territoriaux avec d’autres pays, une allusion directe au contentieux avec le Japon sur des îles en mer du Japon.

Céline Tabou


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