Edito

François Hollande va-t-il venir dans le climat laissé par ses ministres et député-e-s ?

Témoignages.re / 27 juin 2014

Tout le monde en parle comme si c’est quelque chose d’acquis. En tout cas, de nombreux indices portent à croire qu’après sa participation au sommet des chefs d’Etat de la COI, à Moroni, la capitale des Comores, il séjournera à La Réunion, les 25 et 26 juillet, avant de redécoller pour Paris.

En est-il contraint ou est-ce un souhait véritable de rencontrer les Réunionnais qui lui ont accordé leur confiance à 72% pour changer leur condition de vie ? A mi-mandat, sa visite serait un test intéressant. Car, c’est à La Réunion que les contradictions sociales sont les plus sévères, c’est donc à La Réunion que le « retournement de toutes les courbes » pourrait être spectaculaire et significatif. En d’autres termes, c’est ici que « le changement, maintenant », son slogan fétiche de campagne présidentielle, dispose de plus d’atouts de se réaliser. A condition qu’il en prenne personnellement conscience de l’importance des enjeux.

Jusqu’ici les éléments de ce changement, souhaité également par les Réunionnais, sont bien maigres. Par exemple, la première délégation ministérielle de son deuxième gouvernement, vient de nous quitter. Tout le monde s’attendait à des signes d’un changement, dans la manière de considérer les Réunionnais comme dans le traitement des dossiers. Si, les ministres de l’Intérieur et des Outre-Mer étaient en mission exploratoire pour baliser le terrain avant sa venue, le moins qu’on puisse dire, c’est que le bilan est bien mince. On peut même affirmer que ces visites ont été contre-productives.

En effet, l’intersyndicale n’a pas apprécié le refus de la ministre de les recevoir. Les dirigeants syndicaux l’ont fait savoir en conférence de presse. Les planteurs ont manifesté devant la préfecture car ils sont excédés par la rencontre qui a eu lieu à Paris entre l’usinier, les Députés socialistes et le gouvernement. Ils auraient aimé avoir des éclaircissements sur la suite de la disparition du quota sucrier. Les jeunes ont demandé de l’emploi, à La Réunion, pour les Réunionnais. Ils l’ont dit bruyamment. Le monde économique est très sceptique sur les mesures en faveur de l’entreprise. Or, le cœur de la visite visait à séduire les entrepreneurs en leur proposant un « Pacte de confiance ». Personne n’y a cru.

Restent alors les Député-e-s qui ont confisqué la victoire présidentielle de 2012. Ils ne font rien pour expliquer pourquoi le changement n’y est pas. C’est mal parti. Il est urgent de rétablir le dialogue social et politique. C’est tout l’enjeu de cette visite au sommet si on ne veut pas rater une occasion supplémentaire.

Ary Yée Chong Tchi Kan


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