Edito

Quand le PDG de Corsair fait la leçon au Président de Région

J.B. / 7 mai 2015

Hier, nous avons eu dans le JIR et le Quotidien l’interview du PDG de Corsair, Pascal de Izaguirre. On reste confondu devant autant de vantardise et de suffisance.

Tout d’abord, on apprend qu’il n’a pas réussi à vendre sa compagnie, car le profit n’était pas suffisant. Comme on a que son point de vue, on pourrait supposer que sa compagnie ne valait pas plus ; ce qui, pour un vantard, est quasiment une humiliation. Un indice, d’ailleurs… Il reconnaît que sa compagnie Corsair est déficitaire. « Nous nous approchons de l’équilibre », dit-il. « Corsair devrait être à l’équilibre ou proche de l’équilibre cette année » (JIR). Comment un acheteur pourrait-il s’aventurer dans une telle incertitude structurelle ?

Ce d’autant plus que cette perspective d’équilibre repose sur du sable mouvant. Lisez bien. « Huit de nos clients sur 10 qui viennent à l’agence Corsair ont un Bon de la Région. La continuité soutien l’activité et le trafic ». Cela veut dire que sans le financement public de la Région à sa compagnie, il serait encore plus dans la panade. Il souhaite, bien entendu, « un cadre stabilisé dans la pérennité afin d’avoir une certaine visibilité… » Mète encor la pa assez. Bénéficiant d’un tel soutien financier, son objectif est donc de dépasser les 24 % de part de marché.

Ce qui est clair, le progrès de sa compagnie ne repose pas sur des critères de compétitivité industrielle mais sur une rente publique. En d’autres temps et en d’autres lieux, ce genre d’opérateur aurait dénoncé l’intervention de la puissance publique. Voilà comment un vantard vient faire ses emplettes avec l’argent de la Région distribué généreusement par Didier Robert. Car, voyez nos voisins, il n’y a pas d’équivalent. A Maurice, à Madagascar ou aux Seychelles, la puissance publique n’accorde pas de rente financière aux compagnies qui desservent leur pays. Pourtant, les compagnies s’arrachent ces destinations non subventionnées.

C’est là qu’on mesure l’irresponsabilité de Didier Robert : prendre l’argent public pour enrichir les compagnies aériennes. Interrogée par le JIR, Mme la Commissaire Européenne, Corina Cretu, en visite à La Réunion, a déclaré que la continuité territoriale relevait de l’échelon national. En dehors de la Corse, la France refuse de financer les billets d’avion. Depuis cette déclaration, on s’attendait à une levier de bouclier mais en vain. Il ne manque plus qu’un contribuable réunionnais fasse un recours contre Didier Robert pour détournement de fonds publics en faveur des compagnies aériennes.

Une dernière leçon à tirer de l’interview du PDG de Corsair : un vantard peut en cacher un autre. En effet, après s’être bien servi de la manne de La Région, le représentant de Corsair dénonce l’œuvre inestimable et éternelle de Didier Robert : " les îles vanilles ». Il déclare sans ambages : " le concept sur le papier est très intéressant. On en parle depuis des années et rien de concret n’est encore sorti de cela ». Houla, ça doit faire mal du côté de la pyramide inversée ! Le PDG se permet de donner des leçons à celui qui permet à Corsair de ne pas sombrer davantage. « Si on avait une ligne Maurice-Réunion avec du choix et des tarifs, on développerait des combinés qui profiteraient à La Réunion. Aujourd’hui ce n’est pas possible. »

D’où notre conclusion : le Président de Région mérite-t-il ce mépris du PDG de Corsair ?


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