Droits humains

La Réunion célèbre les Femmes

Journée Internationale des droits des femmes

Céline Tabou / 10 mars 2014

Samedi 8 mars a été l’occasion pour La Réunion de fêter la Journée Internationale des droits des femmes, entre causeries, chants, conférences et évènements festifs, durant une journée les femmes ont été à l’honneur.

De nombreuses communes et institutions ont organisé des festivités pour cette journée. A la Médiathèque intercommunale Aimé Césaire à Sainte-Suzanne, film, concert et conférence ont été consacrés à la Femme et ses luttes pour son émancipation.

A savoir : 51,7% de la population est féminine à La Réunion, soit 428.300, un taux en progression, car d’ici 2030, elles seront 531.000 (53,3%) et 571.000 en 2040 (53,8%).

Violence et inégalité

La violence est devenue, au cours des dernières années, un thème central dans la société réunionnaise. Les cas de violences ne régressent pas, d’autant plus que les services de Police et de Gendarmerie ont enregistré quatre plaintes par jour, en 2012. Un chiffre inchangé depuis 2010. D’après le rapport de l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) de décembre 2013, près de 1.600 faits sont constatés dans le cadre de violences conjugales faites aux femmes.

L’an dernier, l’INSEE publiait une étude révélant que 21,5% des femmes ont subi une forme de violence dans un espace public, au cours des douze derniers mois. Ces violences prennent principalement une forme verbale (insulte, réflexion et sifflements, accompagnée d’actes de harcèlement sexuel. Au delà des violences, les femmes font face à un marché du travail difficilement accessible. 31,8% des femmes sont au chômage contre 27,5% des hommes.

Sur les 102.100 chômeurs recensés, 50,9% sont des femmes, soit un chômeur sur deux est de sexe féminin. D’après les données de l’institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), « cette situation perdure depuis de nombreuses années, mais l’écart s’accentue entre 2010 et 2011 », à l’instar de l’évolution du chômage à La Réunion.

Continuer le travail de sensibilisation

En dépit de ces situations extrêmement difficiles, « il y a de l’espoir », a expliqué Darma Seethanen, membre du Collectif pour l’Elimination des Violences Intra Familiales (CEVIF), présidé par Thérèse Baillif. A l’occasion de la conférence « L’égalité Femmes-Homme est ou n’est pas » à la Médiathèque Intercommunale Aimé Césaire (Sainte Suzanne), Myrose Hoareau, de l’Association « Etre ou paraitre » a posé les jalons de l’image de la femme dans les médias.

Lors de son intervention, intitulée « L’image de soi et le regard de l’autre », l’ex-miss Réunion (1979) a retracé son parcours de Miss, duquel elle est ressortie avec une image négative d’elle même. Le travail sera alors de reconstruire son image de soi. Une expérience partagée par de nombreuses femmes, en perte de confiance, d’estime ou sujette à des violences. La solution préconisée par les intervenants est l’éducation populaire, dès la petite école.

Pour Myrose Hoareau, « l’être humain a besoin de se connaitre et se reconnaitre à travers son Histoire, son pays et sa famille ». Un besoin de connaissance partagée par la salle, car aujourd’hui la femme objet n’est plus à différencier de la femme violentée. Car « l’image est un leurre qui gouverne les émotions », de fait, le travail de sensibilisation sera de changer l’image de la femme auprès des hommes mais aussi des femmes elles mêmes.

Pour l’un des intervenants, il est nécessaire de casser « les stéréotypes de la femme et de l’homme », car « la femme et l’homme sont différents sexuellement mais pas en comportement en société ». Cette déconstruction des stéréotypes passera donc par l’éducation populaire qui « permettra de réduire le fossé dans les inégalités entre homme et femme ». D’autant plus que « l’école contribue aux stéréotypes ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com