Luttes sociales

Jean-Marc Ayrault s’entretient avec les syndicats et le patronat

Premier rendez-vous social du gouvernement

Céline Tabou / 30 mai 2012

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a engagé les concertations avec les syndicats et le patronat, avec trois thèmes majeurs : l’emploi, les retraites et les salaires. Décidé à fixer l’agenda des réformes sociales, le gouvernement vient de lancer son « dialogue social rénové » qui devrait être la marque du quinquennat de François Hollande.

Entouré de Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif), Michel Sapin (Travail) et Marylise Lebranchu (Fonction publique), Jean-Marc Ayrault a reçu, mardi 29 mai à Matignon, François Chérèque (CFDT), Jean-François Roubaud (CGPME), Bernard Van Craeynest (CFE-CGC), Jean-Claude Mailly (FO), Bernard Thibault (CGT), Philippe Louis (CFTC), Jean Lardin (UPA) et Laurence Parisot (MEDEF). Par la suite, une conférence aura lieu à Matignon pour définir les chantiers à inscrire au menu de la grande conférence sociale, prévue avant le 14 juillet à l’Élysée.

L’emploi : « priorité du gouvernement »

Le mot d’ordre a été donné, le gouvernement a « l’ambition de réformer structurellement » la France, « mais dans le dialogue » avec les partenaires sociaux, a précisé, dimanche 27 mai sur Canal+, la porte-parole Najat Vallaud-Belkacem. L’objectif de ces entretiens est d’entendre les revendications des syndicats et du patronat, dont le souci principal reste l’emploi.
Avec un taux de chômage de près de 10%, l’emploi est la priorité du gouvernement, d’autant plus que des plans sociaux sont prévus dans de nombreuses entreprises telles que les télécoms, la grande distribution, la sous-traitance automobile. La CGT a d’ailleurs fourni au Premier ministre une « liste noire » de 46 entreprises en redressement ou en liquidation, ce qui représente près de 45.000 emplois menacés.

De son côté, la patronne du MEDEF, Laurence Parisot, a réfuté, en affirmant qu’il n’y a pas « plus de plans sociaux » que l’an dernier. Cette dernière a ajouté que « lutter contre les licenciements, c’est d’abord favoriser l’embauche. Et donc éviter toute mesure économique et sociale qui freine les embauches », en insistant sur le danger d’ajouter des « charges » nouvelles aux entreprises.

La CFDT a fait savoir que certains thèmes étaient de la responsabilité des partenaires sociaux, notamment la modernisation du dialogue social, la qualité de vie au travail, ainsi qu’une réforme du marché du travail qui prendrait en compte les contrats de génération, les accords compétitivité-emploi et l’emploi des jeunes.

Pour la CFTC, les thèmes principaux sont les retraites, le partage des profits (refonte de la participation), l’emploi et les plans sociaux, ainsi que la gouvernance des entreprises (participation des salariés aux décisions stratégiques).

Retraite à 60 ans et hausse du SMIC

Le décret sur les retraites est en préparation pour permettre un départ à 60 ans des salariés ayant commencé à travailler très tôt, mais les contours restent encore à préciser dans un contexte de lourde contrainte budgétaire.
A contrario des rapports avec Nicolas Sarkozy, les syndicats se réjouissent « de cette nouvelle ère de dialogue social sous l’égide d’un gouvernement de gauche ». Ce nouveau décret a suscité un tollé à droite et au MEDEF. La présidente du MEDEF a déclaré, dimanche 27 mai, que l’augmentation des prélèvements obligatoires serait « insupportable » pour les entreprises. Cette dernière a indiqué que l’augmentation des cotisations de retraite, envisagée à 0,1% par an, serait « totalement déraisonnable ».
A l’inverse, le leader de FO, Jean-Claude Mailly, entend presser le gouvernement de faire un effort supplémentaire en intégrant dans le calcul de ces retraites les périodes de « chômage et les fins de droit ».

Autre sujet sensible et de dissensions entre les partenaires sociaux et le gouvernement, la hausse du SMIC. Le ministre du Travail, Michel Sapin, a promis un geste, mais pas « de saut », en réponse aux inquiétudes des Petites et moyennes entreprises.
La CGT et FO plaident pour une hausse progressive de l’ordre de 250 à 300 euros. Alors que l’Union professionnelle artisanale (UPA) ne s’opposera pas à une augmentation « modérée » du SMIC, mais plaide pour une baisse du coût du travail.

D’autres dossiers restent à étudier pour tous les acteurs en présence, la formation professionnelle, le contrat de génération, l’égalité salariale homme/femme, autant de chantiers qui « devront précisément faire l’objet d’une négociation en termes de méthode et de calendrier », a souligné le Premier ministre.

Céline Tabou



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  • Bonjour. Je vous fait part de mon désaccord avec le fonctionnement de l’age des retraites et des conditions requises. J’ai 60 ans ,je devais partir en retraite le 1 juin de cet année. Avec les reformes cela n’est plus d’actualité. J’ai eu un parcours professionnel plein d’embuches ( a 30 ans je me suis fait opérer de problèmes osseux alors que je conduisais un bus, j’ai du arreter ,puis il y a eu le divorce ?je me suis retrouver travailleur handicape COTOREP ) .J’ai élevé mes trois enfants tout seul. J’ai fait des stages mais étant travailleur handicape on me refuse ; pendant ce temps la les années ont passées et maintenant pour ma retraite je n’ai pas assez cotise .Je crois qu’il y a des circonstances de vie qu’il faudrait prendre en compte. Cordialement

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