Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Publication de l’indice des prix à la consommation
14 janvier 2011, par

En 2010, l’inflation a dépassé 2,2%. Mais en 2011, la hausse des prix des céréales risque encore d’augmenter la pression. Si nous ne changeons pas rapidement de modèle, la situation des plus pauvres sera intenable.
L’INSEE vient de publier le dernier Indice des prix à la consommation. Il fait état d’une accélération considérable de l’inflation au mois de décembre : +1,2%. Selon l’institut, cette hausse vertigineuse est provoquée par la hausse des prix des transports, et celle de l’énergie. Toutes les marchandises consommées à La Réunion sont en effet transportées par des véhicules qui utilisent des produits dérivés du pétrole pour fonctionner. Cela signifie que toute hausse des prix des hydrocarbures décidée par l’État a de larges répercussions. C’est ce que rappelle le dernier indice des prix.
De janvier à décembre 2010, le prix des carburants a augmenté de 13%. Durant la même période, l’indice général a connu une croissance de 2,2%. C’est 0,4 de plus qu’en France où elle est à 1,8%, ce qui veut dire qu’à La Réunion, non seulement les prix sont plus élevés qu’en France, mais en plus ils augmentent plus vite. Cette situation ne peut qu’accroître la précarité de la majeure partie de la population qui avec des revenus dont les revalorisations sont décidées par l’État. Mais ces hausses sont calculées en fonction de l’inflation en France, pas à La Réunion. Et si l’inflation à La Réunion est plus importante qu’en France, alors c’est la perte de pouvoir d’achat.
Le gouvernement vient par exemple de décider une hausse des pensions de retraite de 2%. 2%, c’est également la valeur retenue par le gouvernement pour revaloriser le taux d’intérêt du Livret A, le seul placement de la majorité de la population.
Dans les deux cas, les 2% sont légèrement supérieurs au 1,8% de l’inflation en France. Donc en France, ces hausses ne provoquent pas théoriquement de perte de pouvoir d’achat. Mais il en est tout autrement dans notre pays. Avec une inflation à 2,2%, une revalorisation à 2% est une perte de pouvoir d’achat.
Mais l’inquiétude survient avec la hausse continue du prix des céréales. Des phénomènes climatiques extrêmes touchent d’importants exportateurs de céréales : la sécheresse en Russie l’an dernier et en Argentine maintenant ou les inondations en Australie actuellement. En France, le ministre de l’Agriculture a évoqué la possibilité pour la France de limiter ses exportations.
Tout cela a lieu dans un contexte de hausse générale de la population mondiale. La pression sur ces produits de première nécessité augmente, et les prix également.
En 2010, ces augmentations n’avaient pas encore eu lieu, et les prix se sont envolés dans le pays. 2011 sera donc une année difficile.
M.M.
Quelques prix moyens comparés
| Produit | Décembre 2009 | Décembre 2010 | Hausse |
| Riz long 2 kg | 3,07 euros | 3,05 euros | -1% |
| Poulet | 4,88 euros | 4,99 euros | 2% |
| Thon frais | 9,76 euros | 11,96 euros | 23% |
| Haricots rouge | 1,97 euro | 2,01 euros | 2% |
| Beurre | 2,28 euros | 2,53 euros | 11% |
| Pain | 1,20 euro | 1,28 euro | 7% |
| Bouteille de gaz | 18,00 euros | 19,89 euros | 11% |
Situation totalement différente en France
Selon un article publié hier par "la Tribune", l’inflation est beaucoup moins forte à La Réunion qu’en France. Résultat : les décisions prises par l’État concernant des revalorisations n’entraînent pas de perte de pouvoir d’achat en France, ce qui n’est pas le cas à La Réunion.
« Les prix à la consommation ont augmenté de 0,5% en France en décembre par rapport au mois précédent, ce qui porte l’inflation sur un an à 1,8%, annonce jeudi l’Insee. En novembre l’indice des prix à la consommation (IPC) avait augmenté de 0,1% d’un mois sur l’autre et de 1,6% en rythme annuel.
L’indice des prix harmonisé IPCH, qui permet une comparaison au niveau européen, ressort en hausse de +0,5% en décembre et de 2% sur un an. Les économistes interrogés par l’agence Reuters l’attendaient, en moyenne, en hausse de 0,4% sur un mois et de 1,9% sur un an.
Corrigé des variations saisonnières, l’indice des prix à la consommation (IPC) augmente de 0,4% en décembre (+1,8% sur un an).
L’IPC hors tabac ressort en hausse de 0,4% sur un mois et de 1,7% sur un an. Ce dernier qui sert de référence pour un éventuel relèvement du taux de rémunération du Livret A en février devrait faire grimper à 2% le taux du Livret A au 1er février.
"Cette hausse des prix du mois de décembre provient à la fois de la poussée des prix des produits pétroliers et de l’augmentation saisonnière des prix des services et des produits frais", explique l’Insee dans un communiqué.
Les prix de l’énergie ressortent en hausse de 1,9% sur un mois et de 12,5% sur un an.
Pour les produits alimentaires frais, la hausse est de 1,7% par rapport à novembre et de 9,4% sur un an ».
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